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Full text of "Bulletin"

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ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


BULLETIN 


TROISIÈME  SÉRIE 

VOL.  V  —  25me  ANNÉE  —  1898 


(Volume  XXV  de  la  Collection). 


ASSOCIATION  BELGE 


DE 

Photographie 

SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d’honneur  de  S.  A.  R.  Mgr  le  Prince  Albert  de  Belgique 


TROISIÈME  SÉRIE 

VOL.  V  -*•  25me  ANNÉE  1898 

(Volume  XXV  de  la  collection). 


BRUXELLES 

Rédaction  :  Ch.  Puttemans,  Palais  du  Midi. 
/ 

ÉMILE  BRUYLANT,  imprimeur-éditeur 

67,  RUE  DE  LA  RÉGENCE,  67 


1898 


Digitized  by  the  Internet  Archive 
in  2019  with  funding  fronï 
Getty  Research  Institute 


https://archive.org/details/bulletin2518unse 


Association  belge  de  Photographie 


SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d’honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 


N"  1.  —  25me  ANNÉE.  —  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  V.) 


Conseil  d’fldministration 

NT  été  admis  : 

1°  Membres  effectifs  : 

MM.  Agie,  Joseph,  rue  de  l’Amman, 
Anvers,  présenté  par  MM.  Lunden  et  Maes. 

Atjdouard  Deglaire,  Pablo,  calle  de 
las  Cortès,  373-375,  Barcelone  (Espagne),  pré¬ 
senté  par  MM.  Roman  Batllo  et  Vanderkin- 
dere. 


G  — 


Baar,  Paul,  rue  Lebeau,  4,  Liège,  présenté  par  MM.  E.  Beau- 
jean  et  Dupont. 

Bernimolin,  A.,  rue  Belvaux,  172,  Grivegnée,  présenté  par 
MM.  Beaujean  et  Goffart. 

Clement,  Paul,  rue  de  Tirlemont,  Louvain,  présenté  par 
MM.  J.  De  Walque  et  Georges  Clement. 

Descamps,  Emile,  substitut  du  procureur  du  roi,  rue  Garnier,  7, 
Tournai,  présenté  par  MM.  Peltzer  et  Duvelaar  van  Campen. 

Devaux,  Albert,  négociant,  rue  Godefroid,  Namur,  présenté 
par  MM.  Vassal  et  Jossart. 

Friedrichs,  Henri,  rue  de  Naples,  4,  Ixelles,  présenté  par 
MM.  Puttemans  et  Moens. 

Ganhy,  Gustave,  rue  Basse-Marcelle,  18,  Namur,  présenté  par 
MM.  Fallon  et  Mathieu. 

Habets,  Paul,  ingénieur,  avenue  Blonden,  17,  Liège,  présenté 
par  MM.  Oury  et  L.  Laoureux. 

Herremans,  Alfred,  rue  de  Flandre,  9,  Gand,  présenté  par 
MM.  Casier  et  Wauters. 

Hovelacque,  Maurice,  rue  Castiglione,  1,  Paris,  présenté  par 
MM.  Puttemans  et  Rutot. 

Jeanjean,  Marc,  sous-lieutenant  du  génie,  rue  Méan,  16,  Liège, 
présenté  par  MM.  Dupont  et  L.  Roland. 

Kemna,  G.,  professeur  à  l’Athénée,  rue  du  Saint-Esprit,  108, 
Liège,  présenté  par  MM.  L.  Laoureux  et  G.  Laoureux. 

Langlé,  Ch.,  fonctionnaire  des  télégraphes,  rue  de  la  Ruche,  49, 
Bruxelles,  .présenté  par  MM.  Marynen  et  Bronkhorts. 

Labouverie,  Jules,  ingénieur,  rue  d’Hornu,  27,  Wasmes,  pré¬ 
senté  par  MM.  Polet  et  Gautier. 

Leestmans,  Orner,  Marché-aux-Poulets,  47,  Bruxelles,  pré¬ 
senté  par  MM.  Puttemans  et  Vanderkindere. 

Matelot,  Paul,  rue  de  la  Cathédrale,  Liège,  présenté  par 
MM.  L.  Laoureux  et  Bourguignon. 

Parmentier,  Adolphe,  appareils  et  fournitures  photographiques, 
ch.  de  Wavre,  137,  présenté  par  MM.  A.  Dupont  et  Rousseau. 

Pauwels,  Maurice,  rue  Mercator,  58,  Anvers,  présenté  par 
MM.  V.  Selb  et  Maes. 


/ 


Puck-Chaudoir,  à  Hamoir,  présenté  par  MM.  L.  Laoureux  et 
O.  Lamarche. 

Roersch,  Charles,  docteur  en  médecine,  boulevard  de  la  Sau- 
venière,  114,  Liège,  présenté  par  MM.  E.  Beaujean  et  C.  Dupont. 

Slingeneyer  de  Goeswin,  André,  lieutenant  d’artillerie,  rue 
du  Commerce,  113,  Bruxelles,  présenté  par  MM.  Arnould  et 
Masui. 

Spaak,  Louis,  ingénieur,  quai  de  Fragnée,  Liège,  présenté  par 
MM.  G.  Laoureux  et  L.  Laoureux. 

Tackels,  Paul,  industriel,  rue  Saint-Pierre-Alost,  28,  Gand, 
présenté  par  MM.  D.  Tackels  et  J.  De  Nobele. 

Tanier,  Joseph,  rue  de  Bruxelles,  95,  Verviers,  présenté  par 
MM.  L.  Laoureux  et  Gilon. 

Uytterhoeven,  André,  lieutenant  d’artillerie,  rue  Hébette,  31, 
Namur,  présenté  par  MM.  Rousseau  et  Ad.  Dupont. 

Van  Oost,  Auguste,  rue  des  Violettes,  120,  Gand,  présenté 
par  MM.  J.  De  Nobele  et  A.  Goderus. 

Van  Temsche,  Odilon,  étudiant,  rue  Marie-Thérèse,  123,  Lou¬ 
vain,  présenté  par  MM.  Stalpaert  et  Cappellen. 

’SVüst,  Alexandre,  ingénieur,  rue  du  Chantier,  4,  Anvers,  pré¬ 
senté  par  MM.  Bouvart  et  Van  Bellingen. 

2°  Membre  associé  : 

M.  Feys,  ingénieur  des  mines,  boulevard  de  la  Sauvenière,  114, 
Liège,  présenté  par  MM.  Roersch  et  Beaujean. 


FÊTES  OU  XXVe  ADVERSAIRE 


Le  Conseil  d’administration  a  arrêté  dans  ses  grandes  lignes  le 
programme  des  fêtes  qui  seront  données  au  mois  de  mai  prochain, 
à  l’occasion  de  la  vingt-cinquième  année  de  la  fondation  de 
l’Association  belge  de  Photographie. 

Voici  ce  programme,  sauf  modifications  ultérieures  : 

Du  ie>-  au  3i  mai  :  Exposition  d’Art  photographique  au  Cercle 
Artistique  et  Littéraire  (Waux-Hall  du  Parc). 

Samedi  14  mai  :  Réception  des  délégués  étrangers.  —  Raout. 

Dimanche  iS  mai  :  Visite  de  la  ville.  —  Assemblée  générale.  _ 

Banquet. 

Lundi  16  mai  :  Réception  à  l’exposition.  —  Visite  de  la  ville.  — 
Soirée  de  projections  offerte  par  la  Section  de  Bruxelles. 

Mardi  ij  mai  :  Anniversaire  de  la  fondation.  —  Excursion  aux 
environs  de  Bruxelles.  —  Soirée  d’adieu. 

Un  Album-Souvenir  sera  publié  à  l’occasion  de  ces  fêtes;  d’un 
format  plus  grand  que  le  Bulletin ,  il  contiendra  une  série  d’articles 
inédits  sur  la  Photographie  et  un  résumé  de  l’histoire  des  vingt-cinq 
premières  années  de  l’Association. 

Il  sera  abondamment  illustré  de  phototypographies  dans  le 
texte  et  d’environ  dix  planches  hors  texte  dont  deux  ou  trois  en 
photogravure  d’après  les  épreuves  primées  au  concours  du 
31  octobre  dernier. 

Cet  album  sera  adressé  gratuitement  à  tous  les  membres  de 
l’Association,  effectifs  et  associés,  membres  d’honneur  et  hono¬ 
raires.  Des  exemplaires  reliés  seront  mis  à  la  disposition  des 
membres  au  prix  coûtant  de  la  reliure;  les  conditions  de  cette  sous- 


—  (J  — 


cription  seront  portées  à  la  connaissance  des  membres  dans  le 
prochain  Bulletin. 

Une  médaille  commémorative  nouvelle,  gravée  par  M.  Fer¬ 
nand  Dubois,  sera  remise  à  tous  les  exposants. 

Bijou  insigne.  —  Le  Conseil  d’administration  rappelle  à  MM.  les 
membres  de  l’Association  qu’il  a  été  créé  un  bijou  insigne,  réduc¬ 
tion  de  la  première  médaille  de  M.  Fernand  Dubois;  cet  insigne, 
qui  peut  se  porter  en  breloque,  est  à  la  disposition  des  membres, 
gravé  à  leur  nom,  au  prix  de  5  francs  en  argent  et  de  2  francs  en 
bronze.  Pour  les  obtenir,  s’adresser  à  M.  le  Secrétaire  général. 


A  nos  Lecfceuns 


otre  Association  franchira  bientôt  le  seuil  de 
la  vingt-cinquième  année  de  son  existence.  Le 
17  mai  prochain,  elle  célébrera  l’anniversaire  du 
jour  où,  quelques  amis,  mettant  en  commun 
leurs  aspirations  et  leurs  dévouements,  dépo¬ 
sèrent  dans  le  sol  cette  frêle  plante  devenue 
aujourd’hui  l’arbre  à  la  puissante  ramure  que  nous  connaissons. 

Ceux  qui  ont  le  culte  du  passé,  consultent  avec  fierté  leurs 
archives  de  famille  pour  y  retrouver  la  trace  des  pensées  comme 
l’histoire  des  générations  disparues.  A  ce  titre,  les  premières  années 
de  notre  Bulletin  évoquent  de  précieux  souvenirs  et  contiennent 
d'utiles  leçons,  tel  ce  premier  article  que  notre  vénéré  prédécesseur 
Gustave  De  Vylder  lançait  comme  un  programme  : 

«  Il  nous  paraît  que  cette  Association  »,  écrivait-il,  «  doit  exercer 
«  la  plus  salutaire  influence  sur  les  progrès  de  la  photographie  en 
«  Belgique. 

«  ...  Tous  ceux  qui  s’intéressent  sérieusement  à  l’honneur  artis- 
«  tique  de  notre  pa}rs,  doivent  désirer  voir  marcher  la  photographie 
«  belge  dans  la  voie  où  tant  d’autres  nations  voisines  l’ont  précédée, 
«  la  voie  du  progrès,  qui  est  celle  où  Y  art  photographique  marche 
«  résolument  aujourd’hui. 

«  C’est  par  des  expositions  photographiques  que  l’on  fera  dis- 
«  paraître  cet  absurde  préjugé  que  la  photographie  n’est  pas  un 
«  art,  mais  seulement  et  rien  qu’un  métier.  C’est  par  des  exposi- 


11  — 


«  tions  largement  organisées  que  les  photographes  belges  pourront 
«  montrer  qu’ils  sont  capables  de  produire  des  œuvres  d’un  vrai 
«  mérite,  et  qu’ils  feront  accepter  leur  art  par  ceux-là  mêmes  qui 
«  le  repoussent  encore  aujourd’hui. 

«  Sans  prétendre  que  le  fait  seul  de  l’Association  doive  inévita- 
«  blement  conduire  la  photographie  belge  vers  une  ère  nouvelle  de 
«  prospérité  et  d’éclat,  nous  sommes  fermement  convaincu  que 
«  dans  l’Association  se  trouvent  les  éléments  nécessaires  du  succès. 
«  C’est  à  ceux  qui  disposent  de  ces  éléments  à  les  pousser  vigou- 
«  reusement  vers  ce  but  commun  que  chacun  doit  avoir  à  cœur 
«  d’atteindre  :  la  réalisation  du  progrès  par  la  production  du  beau, 
«  le  développement  de  l’art  par  la  connaissance  des  merveilles 
«  qu’il  peut  produire... 

«  Nous  croyons  que  la  nouvelle  Association  photographique  est 
«  appelée  à  rendre  des  services  signalés.  Elle  groupera  en  un  fais- 
«  ceau  puissant  les  nombreux  éléments  de  succès  en  photographie 
«  que  renferme  la  Belgique;  elle  cherchera,  elle  aussi,  à  résoudre 
«  par  l’observation,  par  la  discussion,  par  l’expérience,  les  nom- 
«  breuses  questions  scientifiques  et  pratiques  qui  se  rattachent  à  la 
«  photographie.  Elle  appellera  la  photographie  nationale  à  se 
«  mesurer  avec  la  photographie  étrangère,  dans  des  expositions 
«  régulières,  faites  sur  une  large  échelle.  Par  ses  œuvres,  par  ses 
«  actes,  par  ses  écrits,  elle  attirera  sur  notre  art  l’attention  de 
«  ceux  qui  peuvent  l’utiliser  et  fournira  ainsi  aux  photographes 
«  sérieux,  dans  toute  l’étendue  de  son  action,  les  moyens  de  trou- 
«  ver  un  dédommagement  certain  de  leurs  peines,  une  récompense 
«  honorifique...  pour  leurs  travaux. 

«  L’avenir  est  à  l’Association  belge  de  photographie.  Nous 
«  espérons  bien  qu’elle  ne  faillira  pas  à  la  tâche  qui  lui  est 
«  imposée.  » 

Ce  magnifique  programme  a-t-il  été  réalisé?  L’Association 
a-t-elle  répondu  aux  espérances  déposées  dans  son  berceau?  Nous 
le  cro3rons  sincèrement,  et  l’histoire  de  ces  vingt-cinq  années  nous 
en  offre  la  preuve  irrécusable.  Nous  n’avons  pas  le  dessein  d’esquis¬ 
ser  ici  les  grandes  étapes  de  cette  période  :  les  fêtes  jubilaires  en 
fourniront  l’occasion  favorable.  Nous  désirons  seulement  mettre  en 


—  12  — 


regard  quelques  chiffres,  suffisamment  éloquents  pour  nous  dispen¬ 
ser  de  commentaires.  En  1874,  l’Association  comptait  148  membres 
fondateurs,  3  sections,  12  journaux  envoyés  en  échange  du 
Bulletin;  en  ce  moment,  700  membres  effectifs  et  honoraires, 
7  sections,  plus  de  80  périodiques  de  tous  genres  admis  à 
l’échange,  une  bibliothèque  contenant  environ  500  ouvrages  (nous 
ne  disons  pas  volumes),  un  Bulletin  hautement  apprécié  à  l’étran¬ 
ger,  des  illustrations  artistiques,  tel  est  l’inventaire  concis  dont 
notre  Société  a  le  droit  de  s’enorgueillir,  et  qui  témoigne  de  l’intel¬ 
ligence,  du  dévouement,  du  travail  et  de  l’union  de  ses  membres. 

Mais  si  nous  nous  plaisons  à  jeter  un  regard  de  satisfaction  sur 
le  passé  et  à  remercier  les  ouvriers  de  la  première  heure  comme 
ceux  de  la  dernière,  nous  ne  saurions  perdre  de  vue  cette  devise  : 
«  Noblesse  oblige  »,  ni  oublier  ce  cri  tombé  des  lèvres  d’un  artiste  : 
Semper  altior.  Si  notre  chère  Association  a  conquis  vaillamment 
une  des  premières  places  dans  le  monde  scientifique  et  artistique, 
notre  devoir  nous  commande  de  ne  rien  négliger  pour  l’y  maintenir. 
Sachons  parfois  sacrifier  des  idées  trop  personnelles  au  bien 
général  ;  prenons  une  part  active  aux  travaux  des  sections  ;  encou¬ 
rageons  toutes  les  initiatives;  travaillons  à  perfectionner  nos  pro¬ 
cédés,  à  produire  des  œuvres  vraiment  artistiques. 

Puissent  ces  idées  trouver  un  écho  fidèle  parmi  tous  les  membres 
de  1  Association  et  préparer  à  notre  Société  une  ère  constante  de 
prospérité  !  C  est  le  vœu  que  nous  formons  à  l’aurore  de  cette 
année  jubilaire,  en  y  joignant  pour  chacun  de  nos  confrères 
l’expression  de  nos  meilleurs  souhaits. 


Jos.  Casier. 


Section  d’Anvers 

SÉANCE  DU  13  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Maes,  président 


ont  présents  :  MM.  Bastyns, 
Bavais ,  Bouvart ,  Bourgeois , 
Brand,  Gife,  Goubau,  Lannoy, 
Lunden,  Maes,  Myin,  Omme- 
ganck,  Peyrot,  Selb,  Spilthoorn, 
Yanbellingen,  Van  Bever,  Van- 
"4L  I  i  a  -  Y\  denbroeck. 

M.  Maes  fait  part  de  la  perte  nouvelle  que  la  Section  vient  de 
subir  en  la  personne  de  M.  P. -G.  Van  Renterghem,  l’obligeant 
collègue  qui,  pendant  plusieurs  années,  prit  une  part  active  aux 
travaux  de  la  Section.  M.  Van  Renterghem  organisa  les  excursions 
nautiques  pendant  plusieurs  années  et  ht  don  du  drapeau  arboré  en 
ces  occasions. 

La  Section  prend  une  large  part  à  la  douleur  de  la  famille.  Il  est 
regrettable  que  M.  Maes  n’ait  été  avisé  du  décès  que  le  matin 
même  des  funérailles;  il  n’a  pu  en  conséquence  en  informer  les 
membres  de  la  Section. 

Le  président  annonce  que  la  Section  a  reçu  de  la  Section  de 
Gand  l’hommage  d’une  brochure  contenant  plusieurs  travaux  de  feu 
M.  De  Vylder;  de  M.  Hassreidter,  la  traduction  d’un  travail  de 
M.  Liesegang  sur  le  développement  des  épreuves  obtenues  par  noir¬ 
cissement  direct  sur  gélatino-chlorure  d’argent;  de  M.  Bellieni,  une 
brochure  descriptive  de  sa  photo-jumelle  simple  et  stéréoscopique. 


14  — 


M.  Maes  propose  de  voter  de  chaleureux  remerciements  à  ces 
donateurs.  ( Applaudissements .) 

A  propos  du  développement  des  papiers  au  gélatino-chlorure, 
M.  Maes  rappelle  qu’il  y  a  cinq  ans,  il  en  a  fait  la  démonstration 
en  séance. 

M.  Maes  se  plaint  ensuite  de  l’espèce  d’indifférentisme  qui 
semble  sévir  parmi  les  membres  de  la  Section,  mettant  ainsi  le 
bureau  dans  l’impossibilité  de  réaliser  ses  projets;  il  rappelle  les 
difficultés  qui  se  sont  présentées  pour  la  séance  de  projections 
donnée  en  mars  dernier;  le  nombre  peu  élevé  de  membres  qui  ont 
pris  part  à  l’excursion-concours  des  régates,  alors  que  de  nom¬ 
breux  collègues  des  Sections  de  Bruxelles  et  de  Gand  étaient  pré¬ 
sents.  Le  président  parle  encore  de  circonstances  du  même  genre, 
et  il  conclut  en  disant  que,  dans  ces  conditions,  il  croit  que  le 
bureau  n’a  plus  la  confiance  de  la  Section,  et  pour  sa  part,  déclare 
qu’il  n’acceptera  plus  de  nouveau  mandat  de  président.  Il  engage 
les  membres  à  s’entendre  à  cet  effet,  le  bureau  devant  être  renou¬ 
velé  à  la  séance  de  janvier. 

M.  Maes  fait  projeter  ensuite  une  superbe  série  de  cinquante 
vues  de  Suisse  mises  à  sa  disposition  par  M.  Bellieni  et  exécutées 
avec  la  photo-jumelle.  Toutes  les  vues  sont  faites  à  la  main,  sauf 
trois,  gorges  sombres,  posées  ;  elles  témoignent  toutes  de  l’excel¬ 
lence  de  l’appareil,  et  des  félicitations  et  remerciements  sont  votés 
par  acclamation  à  leur  auteur. 

I  ne  série  non  moins  belle,  due  à  M.  V.  Selb,  est  ensuite  passée 
sur  1  écran  et  très  vivement  admirée  aussi.  M.  Maes  demande  de 
voter  des  félicitations  au  collègue  dévoué,  infatigable  et  d’une 
valeur  si  supérieure.  ( Applaudissements .) 

La  séance  est  levée  à  11  heures. 


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Section  de  Bruxelles 

SÉANCE  DU  ÎO  NOVEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


T  aient  présents  :  MM.  D'  Gilbert,  de 
Blochouse,  Durieu,  Yermeiren,  Cap.  Pelt- 
zer,  Dewit,  Nyst,  Pollet,  Duvelaer,  Frennet, 
Vanderkindere ,  Rutot ,  D 1  Paternotte , 
Nopère,  De  Meuter,  Boitson,  Streich,  de 
Yinck,  Bidart,  Simoneau,  Bray,  Hanssens, 
Van  Lint,  Smeesters,  Maurin,  Keymeulen, 
D1  Paradis,  V.  Van  Beesen,  Lavalette, 
Bottiau,  Remacle,  Poupart,  Bronckhorst,  Langlé,  Avanzo,  Del- 
croix,  J.  Van  Beesen,  Broothaerts,  Robert,  Belot  et  Stadeler, 
secrétaire. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  27  octobre  est  lu  et  adopté 

M.  le  président  donne  lecture  des  décisions  du  jury  chargé  de 
juger  les  épreuves  présentées  pour  l’illustration  du  bulletin  jubi¬ 
laire  du  XXVe  anniversaire  de  l’Association  et  félicite  MM.  Boitson, 
Brecx  et  Keymeulen,  dont  les  œuvres  ont  été  primées. 

Répondant  à  une  interpellation  de  M.  Dewit,  M.  le  président  fait 
connaître  que  ce  serait  enlever  de  l’imprévu  que  d’exposer  les 
épreuves  choisies  à  ce  concours  ;  de  plus,  ces  épreuves,  une  fois 
exposées  à  Bruxelles,  devraient  faire  le  tour  des  Sections  et  le 
temps  ferait  défaut.  Cette  proposition  ne  semble  donc  pas  pouvoir 
être  prise  en  considération. 

M.  Stadeler  se  demande  si,  comme  cela  se  pratique  à  Liège,  la 


16  — 


Section  de  Bruxelles  ne  devrait  pas  émettre  son  avis  sur  les 
demandes  d’admission  de  membres  qui  parviennent  au  Comité 
central. 

Non,  répond  M.  le  président.  Ce  mode  est  en  effet  suivi  parla  Section 
de  Liège,  mais  pour  la  raison  que  les  délégués  de  province  peuvent 
être  empêchés  d’assister  aux  séances  du  Comité  central,  et  qu’ainsi, 
celui-ci  ayant  à  statuer  sur  une  demande  d’admission,  peut  être 
dépourvu  de  renseignements.  Dans  ce  cas  exceptionnel,  il  peut 
alors  se  reposer  sur  l’avis  de  la  Section  intéressée.  Cette  situa¬ 
tion  ne  se  présente  jamais  pour  la  Section  de  Bruxelles,  qui  est 
toujours  représentée  aux  séances  du  Comité  central  par  plusieurs 
de  ses  délégués.  Au  surplus,  il  croit  que  toute  sécurité  est 
obtenue  par  le  fait  de  la  signature  des  deux  parrains  respon¬ 
sables. 

M.  Stadeler  présente  à  l’assemblée  le  nouveau  photomètre  mixte 
Decoudun,  qui  doit  permettre  d’apprécier  le  temps  d’exposition 
pour  instantanés  et  pour  épreuves  posées.  Ce  photomètre  indique 
le  temps  de  pose  depuis  un  quart  de  seconde  jusqu’à  8",  avec  les 
plaques  extra  rapides  et  un  objectif  à  toute  ouverture  fj  10. 

Les  échantillons  de  Papier  Vélox  distribués  à  la  séance  précé¬ 
dente  ont  été  essayés  par  différents  membres.  MM.  Pollet, 
Delcroix  et  Dewit  ont  obtenu  de  bons  résultats. 

Il  est  distribué  des  échantillons  de  papier  de  la  maison  Schering 
de  Berlin,  à  MM.  De  Meuter,  Pollet,  Lacomblé,  Nyst,  Durieu, 
Bray  et  Delcroix,  qui  veulent  bien  se  charger  d’en  faire  l’essai. 

L’ordre  du  jour  portant  une  excursion,  sur  la  proposition  de 
M.  Delcroix,  il  est  décidé  de  parcourir  le  bois  dit  «  des  Capucins  », 
à  Tervueren. 

M.  Puttemans  fait  une  causerie  des  plus  intéressantes  sur  l’em¬ 
ploi  du  papier  à  l’albumine.  Se  basant  sur  sa  propre  expérience  et 
celle  de  M.  Klary,  de  Paris,  il  signale  à  l’assemblée  la  marche  que 
suit  cet  habile  opérateur  pour  obtenir  des  épreuves  à  l’argent  quasi 
inaltérables,  puisque  des  impressions  faites  il  y  a  dix  ans  sont  aussi 
brillantes  et  aussi  intenses  que  le  premier  jour. 

Cette  causerie,  ou  plutôt  cette  description  d’un  procédé  d’impres¬ 
sion  qui  semble  peu  en  faveur  auprès  des  amateurs,  bien  qu’il  soit 


—  17  — 


encore  et  toujours  l’un  des  meilleurs,  devrait,  semble-t-il,  être 
résumée  au  Bulletin. 

Quant  à  la  description  complète  et  détaillée,  elle  est  donnée  dans 
l’ouvrage  de  M.  Klàry,  intitulé  :  Traité  pratique  d'impression 
photographique  sur  papier  albuminé.  —  Paris.  Gauthier-Villars, 
1888. 

M.  Vanderkindere  rappelle  aux  membres  que  la  séance  annuelle 
du  21  novembre  1897  comportera  notamment  une  très  intéressante 
conférence  de  M.  de  Smet  du  Hayon,  président  du  Cercle  artis¬ 
tique  de  Gand. 

Il  est  ensuite  projeté  une  série  de  positives  très  remarquables. 
MM.  Lavalette  et  Pollet  nous  montrent  quelques  paysages, 
et  ensuite  M.  Dewit  présente  une  collection  de  clichés  pris  au 
Vieux-Bruxelles  avec  un  goût  parfait.  C’est  incontestablement  ce 
que  l’on  a  vu  de  mieux  exécuté  et  de  plus  artistique  de  cette  recons¬ 
titution  d’un  quartier  disparu  de  la  capitale.  Mais  tout  à  coup 
M.  Puttemans  nous  transporte  à  300  mètres  au-dessus  de  l’agglo¬ 
mération  bruxelloise  et  nous  révèle  les  superbes  panoramas  de  la 
capitale,  qu’il  a  obtenus  lors  de  l’excursion  photographique  en 
ballon.  Ces  documents,  du  plus  curieux  intérêt,  constituent  une 
véritable  révélation  pour  les  spectateurs. 

M.  Paradis  montre  quelques  monuments  et  coins  pittoresques 
de  Bruxelles,  tandis  que  M.  Paternotte  nous  ramène  avec  un  nou¬ 
veau  plaisir  en  Algérie,  dont  il  nous  a  fait  connaître  une  partie 
l’année  dernière. 

Toutes  ces  positives  sont  vivement  applaudies  et  l’assemblée  se 
sépare  à  10  1/2  heures. 


SÉANCE  DU  24  NOVEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 

Sont  présents  :  MM.  Vermeiren,  Magnien,  Paternotte,  Gilbert, 
Nyst,  Rutot,  Durieu,  Van  Campenhout,  Vanderkindere,  Smeesters, 
A.  Bray,  Boitson,  De  Raeymacker,  De  Raet,  Mratrigant,  Bidart, 

2 


—  18  — 


Dewit,  De  Vincke,  Simoneau,  Hofmans,  L.  Bray,  Pollet,  De  Meu- 
ter,  Slingeneyer,  J.  Van  Beesen,  Van  Lint,  Belot,  Delcroix, 
Bottiau,  Masson,  Wesemael,  Broothaerts,  V.  Van  Beesen,  Her- 
lant,  Colleye,  Bronkhorst,  Peltzer,  Arnould  et  Stadeler,  secré¬ 
taire. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  10  novembre  est  lu  et  adopté. 

M.  le  président  donne  lecture  d’une  lettre  de  M.  Jossart,  prési¬ 
dent  de  la  Section  de  Namur,  demandant  de  lui  faire  parvenir  une 
série  de  positives  pour  une  séance  de  projections  de  la  Section 
namuroise.  MM.  Peltzer,  Vanderkindere,  Gilbert  et  De  Raey- 
maeker  veulent  bien  s’inscrire  pour  faire  un  envoi  collectif  de 
quelques  clichés. 

Plusieurs  membres  qui  avaient  voulu  se  charger  de  faire  l’essai 
des  papiers  Schering  de  Berlin  se  sont  rebutés  devant  les  instruc¬ 
tions  rédigées  en  allemand  et  ont  renoncé  à  essayer  les  échantillons 
soumis.  Certainement  les  instructions  précitées  ne  sont  pas  absolu¬ 
ment  incompréhensibles  pour  la  plupart  des  membres,  mais,  en 
principe,  on  fait  remarquer  que  les  fabricants  pourraient  bien 
joindre  à  leurs  envois  des  formulaires  traduits  dans  la  langue  du 
pays  auquel  les  échantillons  sont  destinés. 

La  Section  adopte  la  proposition  d’adresser  une  lettre  de  remer¬ 
ciements  à  M.  de  Smet  du  Hayon  pour  l’intéressante  et  artistique 
conférence  qu’il  a  donnée  à  l’assemblée  générale  extraordinaire. 

Répondant  à  l’invitation  de  M.  le  président,  engageant  les  mem¬ 
bres  à  prendre  la  parole  en  séance,  M.  Vanderkindere  fait  les  com¬ 
munications  résumées  suivantes  : 

Objectif  stigmatic  Dallmeyer.  —  La  maison  Dallmeyer,  de 
Londres,  vient  de  créer  un  nouvel  objectif  dit  stigmatic,  série  II, 
qui  est  une  légère  modification  de  leur  objectif  à  portrait  stigmatic, 
breveté  en  1895.  Il  se  compose  de  cinq  lentilles.  La  combinaison 
antérieure  comprend  une  lentille  biconcave  cimentée  à  une  lentille 
biconvexe;  la  combinaison  postérieure  comporte  en  plus  la  cin¬ 
quième  lentille  composée  d’un  verre  mince  séparée  du  système  par 
une  légère  couche  d’air. 

Cette  combinaison  a  permis  à  MM.  Dallmeyer  de  construire  un 
objectif  qui  semble  réaliser  toutes  les  qualités  des  premières 


—  19 


marques  et  à  des  prix  de  beaucoup  inférieurs  à  ceux  connus.  De 
plus,  chaque  combinaison  peut  constituer  un  objectif  simple  don¬ 
nant  ainsi.,  combinés,  trois  foyers  dans  les  proportions  focales 
de  1,  1  1/2  et  2  et  pouvant  travailler  à  fj6,f/8  et  fj  11. 

L’objectif  couvre  nettement  la  plaque  immédiatement  supérieure 
à  celle  pour  laquelle  il  est  construit  même  lorsqu’il  est  décentré. 

Ainsi  l’objectif  n°  3  pour  9  X  12  a  parfaitement  couvert  des 
plaques  13  X  18  dont  M.  A'anderkindere  nous  montre  des  spéci¬ 
mens.  Cet  instrument  semble  donc  très  recommandable,  notamment 
pour  les  chambres  à  combinaisons  telles  que  celle  de  M.  Hofmans. 

L'acétone.  —  M.  Vanderkindere  fait  passer  quelques  phototypes 
négatifs,  développés  au  pyro-acétone  suivant  la  formule  Lumière. 
Il  se  déclare  très  satisfait  des  résultats  obtenus.  Il  préconise  de 
diluer  davantage  la  solution  pyrogallique  et  de  n’y  ajouter  qu’un 
demi-gramme  d’acétone  dans  100  cc.  d’eau.  En  cas  de  surexposition 
notamment,  3  ou  4  cc.  d’acétone  suffisent  ;  en  dépassant  cette  quan¬ 
tité,  on  risque  d’avoir  de  trop  fortes  intensités  avant  que  les  détails 
se  soient  révélés. 

M.  le  président  remercie  vivement  M.  Vanderkindere  de  ses  inté¬ 
ressantes  communications  (appl.'j;  il  engage  à  nouveau  tous  les 
membres  de  la  Section  à  faire  de  même  et  à  communiquer  les 
résultats  de  leurs  travaux  et  de  leurs  observations. 

Se  rappelant  le  grand  succès  obtenu  l’année  dernière  par  les  con¬ 
férences  de  M.  Rutot,  M.  le  président  l’a  prié  de  vouloir  bien 
reprendre  la  parole  sur  un  de  ces  nombreux  phénomènes  géolo¬ 
giques,  généralement  fort  peu  connus  des  profanes. 

M.  Rutot  a  pris  comme  sujet  de  causerie  :  les  Phénomènes  vol¬ 
caniques. 

Après  quelques  explications  préliminaires  sur  la  cause  de  ces 
phénomènes,  il  nous  fait  faire,  par  projections  photographiques, 
l’ascension  du  Vésuve.  Nous  en  voyons  d’abord  les  formes  géné¬ 
rales  vues  de  Naples  et  de  Pompéi,  puis,  en  montant,  nous  traver¬ 
sons  les  champs  de  lave,  pour  arriver  finalement  au  cratère  actif 

Ensuite  apparaissent  trois  vues  prises  au  paroxysme  de  la  grande 
éruption  de  1872,  terrifiante  de  grandeur. 

Des  volcans  anciens,  dont  les  éruptions  se  sont  produites  pen- 


dant  les  temps  géologiques,  M.  le  vice-président  projette  diverses 
vues  de  la  «  chaussée  des  Géants  »,  sur  la  côte  orientale  d’Irlande, 
où  la  lave,  en  se  refroidissant  lentement,  s’est  divisée  en  une  infinité 
de  prismes  du  plus  pittoresque  effet  et  connus  sous  le  nom  de 
basalte. 

Enfin,  pour  donner  une  idée  de  ce  qu’est  une  période  d’activité 
volcanique  dans  une  région  donnée,  M.  Rutot  présente  des  clichés 
des  environs  du  lac  Tarawera,  dans  la  Nouvelle-Zélande,  avant  et 
après  l’éruption  de  188G. 

Avant  cette  époque,  les  environs  du  lac  Tarawera,  avec  ses 
superbes  terrasses  blanches  et  roses,  étaient  considérés  comme  l’une 
des  merveilles  du  monde  ;  mais,  dans  la  nuit  du  9  au  10  juin  188G,  le 
mont  Tarawera,  avoisinant  le  lac,  se  fendit  et  donna  naissance  à  de 
nombreux  petits  cratères  projetant,  sans  discontinuer,  des  torrents 
de  vapeur,  des  cendres  et  des  pierres  qui  détruisirent  de  fond  en 
comble  les  incomparables  terrasses  de  Rotomohana. 

Après  l’éruption,  qui  n’avait  guère  duré  plus  de  quatre  à  cinq 
heures,  des  photographies  du  désastre  furent  prises,  et  alors  que 
tantôt  M.  Rutot  nous  émerveillait  par  la  splendeur  des  sites  visités, 
dont  heureusement  la  photographie  nous  a  conservé  le  souvenir, 
maintenant  ce  ne  sont  plus  que  des  ruines  au  milieu  d’une  contrée 
dévastée. 

M.  le  président  remercie  M.  Rutofdesa  savante  communication 
et  se  félicite  de  voir  combien  les  applications  de  la  photographie 
sont  vastes  et  intéressantes.  Il  y  a  quelques  jours,  dit-il,  M.  de 
Smet  du  Hayon  nous  montrait  d’une  manière  frappante  combien  la 
photographie  est  un  admirable  moyen  pour  arriver  à  nous  initier 
aux  grandes  œuvres  de  nos  maîtres,  à  en  faire  voir  les  beautés  d’en¬ 
semble  et  surtout  à  en  pénétrer  les  merveilles  d’exécution.  Aujour¬ 
d’hui  M.  Rutot  nous  a  montré  une  fois  de  plus  combien  dans  le 
domaine  de  la  science,  la  photographie  est  un  auxiliaire  utile, 
puisqu’elle  fait  réapparaître  à  nos  yeux  étonnés  des  sites  resplen¬ 
dissants  perdus  pour  toujours  et  dont  nous  pouvons  revoir  encore 
les  moindres  détails. 

J’aime  à  croire,  dit  M.  Puttemans,  que  cette  conférence,  qui  n’est 
pas  la  première  que  M.  Rutot  a  bien  voulu  nous  faire,  ne  sera  pas 


non  plus  la  dernière,  et  que  cet  hiver  encore  nous  aurons  le  plaisir  de 
l’entendre.  (Appl.  prolongés.) 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


SÉANCE  DU  8  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 

Sont  présents  :  MM.  Vermeiren,  Delevo}r,  Nyst,  Pollet,  Durieu, 
chev.  de  Creeft,  Paternotte,  Smeesters,  Simoneau,  Yanderkindere, 
Poupart,  Broothaerts,  Nopère,  Dewit,  Boitson,  Masson,  Van  Lint, 
Louvois,  Lavalette,  Bidart,  Remacle,  Suzor,  Ledure,  Frennet, 
Bronkhorst,  Langlé,  De  Raet,  Lacomblé,  Paradis,  Delcroix,  Gilbert, 
De  Raeymaeker  et  Stadeler,  secrétaire. 

Excusé  :  M.  Magnien. 

M.  le  président  fait  part  du  décès  de  MM.  Van  Renterghem  et 
Ach.  Sacré,  nos  confrères  d’Anvers  et  de  Gand,  auxquels  il  rend 
un  dernier  et  suprême  hommage. 

Faisant  suite  aux  types  de  papiers  Velox ,  M.  le  président 
annonce  que  le  prochain  Bulletin  contiendra  une  planche  sur 
Y  Electric  paper  fabriqué  par  la  Société  Beernaert,  de  Gand. 

D’autre  part,  la  maison  Van  Monckhoven  mettra  très  prochaine¬ 
ment  dans  le  commerce  un  papier  du  même  genre. 

En  attendant  cette  apparition,  M.  Puttemans  a  essayé  des  échan¬ 
tillons  de  papier  Eclair  de  cette  hrme,  et  il  est  parvenu  à  terminer 
complètement  50  épreuves  en  2  h.  30,  toutes  aussi  uniformes  les 
unes  que  les  autres. 

M.  le  président  attire  l’attention  des  membres  sur  de  petits  opus¬ 
cules  de  planches  instantanées  fort  intéressants,  qui  sont  mis  en 
vente  à  raison  de  15  centimes  l’exemplaire. 

M.  Vanderkindere  donne  lecture  d’un  article  de  la  Revue  des 
Deux  Mondes,  dû  à  la  plume  talentueuse  de  M.  de  la  Cizérane,  sur 
l’art  en  photographie.  M.  le  président  remercie  M.  Vanderkindere 
de  cette  intéressante  communication,  conçue  dans  un  esprit  artis¬ 
tique  et  bien  faite  pour  répondre  à  nos  aspirations. 


_  22  _ 

Il  est  déposé  pour  la  bibliothèque  de  la  Section  l’ouvrage  de 
M.  Liesegang,  traduit  par  notre  confrère  M.  Hassreidter,  sur 
le  Développement  des  papiers  photographiques  à  noircissement 
direct. 

Des  remerciements  seront  adressés  à  M.  Hassreidter  pour  son 
hommage. 

M.  Lacomblé  soumet  quelques  épreuves  tirées  sur  papiers  de  la 
maison  Schering  ;  les  unes  bonnes,  les  autres  laissant  beaucoup  à 
désirer. 

Avant  de  soumettre  à  la  critique  les  diapositives  des  épreuves 
qu’il  a  présentées  au  concours  d’illustrations,  M.  Dewit  déclare 
qu’il  ne  veut  en  rien  discuter  les  décisions  du  jury,  mais  bien  avoir 
l’avis  de  l’assemblée. 

Au  surplus,  dit  M.  le  président,  le  jury  a  eu  à  apprécier  des 
épreuves  et  non  pas  des  diapositives,  ce  qui  est  bien  différent. 

Les  clichés  présentés  par  M.  Dewit,  comprenant  des  paysages, 
des  marines  et  des  scènes  d’atelier,  montrent,  à  la  projection,  la 
technique  et  le  sens  artistique  de  notre  confrère.  Certaines  scènes 
d  atelier  sont  dignes  de  remarque  par  l’exécution,  le  modelé  et  la 
mise  en  page. 

Il  est  ensuite  projeté  des  positives  diverses,  et  notamment  de 
1  excursion  de  Tervueren,  dues  à  MM.  De  Raeymaeker,  Pollet, 
Delcroix,  \  anderkindere  et  Puttemans,  et  dont  quelques-unes 
obtiennent  un  grand  succès  par  la  beauté  d’exécution  et  l’expres¬ 
sion  d’art  qui  s’en  dégage. 

La  séance  est  levée  à  11  heures. 


Section  de  Qand 

SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Sacré,  vice-président 


résents  :  MM.  De  Kemmeter,  Sacré, 
Dr  De  Nobele,  De  Clercq,  De  Smet 
Raymond,  Casier,  Joseph  De  Smet, 
D’Hoy,  Wauters,  Servaes,  De  Breyne, 
Yanden  Hove,  Delbecq,  De  Beer, 
Morel,  Brunin,  Coupé,  Tyman,  général 
Van  Eechoute,  Yaerenberg. 

Excusé,  M.  Goderus. 

M.^Sacré  félicite  M.  J.  De  Smet  de  la  belle  conférence  qu’il  a 
donnée  à  la  réunion  extraordinaire  de  Bruxelles.  M.  Casier  joint 
ses  félicitations  à  celles  de  M.  Sacré.  (Applaudissements.) 

Remerciements  de  M.  De  Smet. 

L’assemblée  prie  M.  De  Smet  de  bien  vouloir  renouveler  sa  con¬ 
férence  dans  une  séance  extraordinaire  de  la  Section.  (Accepté.) 

Élections.  —  M.  D’Hoy  est  nommé  vice-président  de  la  Section 
en  remplacement  de  M.  Sacré,  vice-président  sortant.  M.  Charles 
Morel  est  nommé  secrétaire  adjoint,  en  remplacement  de  M.  De 
Clercq. 

M.  Canfyn  est  renommé  pour  un  nouveau  terme  aux  fonctions 
de  délégué  de  la  Section  auprès  du  Comité  central. 

Remerciements  des  élus. 

M.  De  Clercq  donne  lecture  d’une  lettre  à  lui  adressée  par  le 
délégué  de  la  Société  des  droits  d’auteurs  à  Gand,  qui  a  été  con¬ 
sulté  au  sujet  de  la  propriété  du  cliché  photographique.  D’après 
cette  lettre,  la  propriété  photographique  (en  tant  qu’œuvre  d’exé- 


—  24 


cution  par  les  procédés  de  la  photographie)  n’est  contestable  en 
aucun  point.  Une  loi  protégeant  les  œuvres  photographiques 
quelles  qu’elles  soient  existe  en  Autriche,  Allemagne,  Norvège  et 
Finlande. 

La  loi  du  22  mars  1886  ne  mentionne  pas  la  photographie.  Elle 
parle  d’œuvres  d’art  et  de  musique,  mais  ne  stipule  pas  la  photo¬ 
graphie. 

Mais,  dans  certains  cas,  les  œuvres  photographiques  peuvent 
être  assimilées  à  une  œuvre  artistique.  Ceci  est  évident,  car  il 
arrive  parfois  qu’une  photographie  pure  et  simple  présente  un 
caractère  artistique  beaucoup  plus  élevé  qu’une  œuvre  de  peinture 
ou  de  sculpture. 

La  Cour  de  Bruxelles  a  rendu  un  arrêt  dans  ce  sens.  (Voyez 
Journal  des  Tribunaux,  1893,  p.  1271,  et  aussi  la  Pasicrisie, 
1894,  II,  5.) 

C’est  le  cliché  qui  matérialise  la  création  photographique,  comme 
la  musique  écrite  matérialise  la  création  du  compositeur. 

Les  mêmes  règles  sont  donc  applicables  dans  les  deux  cas. 
Par  conséquent,  reproduire  une  photographie  constitue  un  acte 
illicite. 

Le  photographe  qui  reçoit  de  l’argent  pour  faire  la  photographie 
de  son  client,  n’est  pas  propriétaire  de  fait  du  cliché,  et  ne  peut  en 
reproduire  des  épreuves  qu’à  son  corps  défendant;  s’il  le  fait  et 
expose  ces  épreuves  ou  les  vend,  ou  les  donne,  sans  permission 
écrite  de  son  client,  celui-ci  peut  poursuivre  le  photographe  pour 
abus. 

La  reproduction  d’une  photographie  ne  peut  non  plus  se  faire 
qu’aux  risques  et  périls  du  reproducteur,  et  les  agrandissements 
ou  réductions  de  photographies  privées  ne  sont  permis  que  sur 
titre  écrit  du  propriétaire  du  cliché. 

M.  Coupé  présente  à  la  Section  la  stéréo-jumelle  de  Krauss.  Cet 
appareil  est  vivement  admiré  par  les  membres  de  la  Section  ;  il  est 
construit  de  telle  sorte  qu’on  peut  écarter  les  deux  tubes  d’après  la 
distance  des  deux  yeux;  en  outre,  chaque  jumelle  doit  se  mettre 
au  point  séparément,  le  S3^stème  optique  est  très  soigné  et  la  coïn¬ 
cidence  des  images  est  rigoureuse. 


M.  Coupé  montre  encore  une  boîte  imaginée  par  lui  pour  le 
transport  des  diapositives  à  projection.  Celles-ci  sont  placées  verti¬ 
calement  dans  la  boîte  et  glissées  par  ordre  dans  des  rainures,  de 
telle  sorte  que  la  plaque  repose  dans  le  sens  de  la  largeur.  Ce  qui 
constitue  la  partie  réellement  pratique  dans  cet  accessoire,  c’est 
qu’il  renferme  un  double  fond,  dans  lequel  on  glisse  un  peu  avant  de 
projeter  les  diapositives  une  pierre  réfractaire  chauffée;  ainsi,  les 
plaques  sont  légèrement  chauffées,  et  au  moment  de  la  projection, 
on  n’y  voit  plus  se  déposer  cette  buée  si  désagréable,  que  con¬ 
naissent  trop  bien  tous  ceux  qui  s’occupent  de  projections. 

M.  Coupé  recommande  les  plaques  antihalo  de  Sandell,  à  couche 
triple;  il  regrette  qu’elles  ne  soient  pas  plus  employées  par  les 
amateurs  et  montre  les  superbes  résultats  qu’il  a  obtenus  au  moyen 
de  ces  plaques. 

M.  Sacré  distribue  une  collection  d’échantillons  de  papiers  posi¬ 
tifs  de  la  maison  Schering,  de  Berlin. 

La  maison  Yan  Monckhoven  offre  également  aux  membres  de  la 
Section  des  échantillons  de  son  nouveau  papier  Eclair. 


. . . . * . . . . . . . . . mu  i  un  m  i  m  nu  mil  il . .  i  il  nu  mm  llllll  Ml  '  I  llllll  II  111 III 1 1 1 1 1 1  limmuimi  1 1 1  iVfi  rr  I 


Section  de  Liège 


SÉANCE  DU  26  NOVEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 


ont  présents  :  MM.  A.  de  Vaux, 
Noaillon,  Dacier,  Grenson,  Hass- 
reidter,  Goffart,  Labouverie, 
Decharneux,  Ronchesnes,  de 
Koninck,  de  Sagher,  G.  Laou- 
reux,  Jacques,  Baar,  Loiseau, 
Guérette,  Détaillé,  Olivier,  Por¬ 


tai,  Dohmen,  Van  Beneden,  J.  Braconier,  Cerfontaine,  G.  Oury, 
Habets,  Beaujean,  M.  Laloux,  Max  Lohest  et  Dupont,  secrétaire. 

Quelques  personnes  étrangères  à  la  Section  assistent  aussi  à  la 
réunion. 

1°  Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  adopté. 

2°  La  Section  décide  d’adhérer  à  Y  Album  international  des 
sociétés  de  photographie,  aux  conditions  énoncées  dans  le  prospec¬ 
tus  du  comité  promoteur. 

3°  Divers.  —  Le  président  fait  part  à  la  Section  de  certaines  déci¬ 
sions  prises  à  l’assemblée  générale  extraordinaire  tenue  à  Bruxelles 
le  21  courant.  M.  Roland  profite  de  l’occasion  pour  signaler  le  bril¬ 
lant  succès  remporté  récemment  par  notre  confrère,  M.  Marissaux, 
dans  le  concours  organisé  pour  l’illustration  du  Bulletin. 

4°  La  Section  ratifie  les  présentations  de  : 

MM.  Paul  Baar  et  Roersch,  présentés  par  MM.  Beaujean  et 
Dupont  ; 

M.  Joseph  Panier,  par  MM.  L.  Laoureux  et  Gilon  ; 

M.  Puck  Chaudoir ,  par  MM.  L.  Laoureux  et  O.  Lamarche; 


—  27  — 


M.  Paul  Habets,  par  MM.  L.  Laoureux  et  G.  Oury. 

5°  Causerie  par  M.  Oscar  Loiseau  sur  la  microphotographie . 

M.  Loiseau,  qui  avait  monté  dans  l’auditoire  la  fort  complète 
installation  qu’il  emploie  pour  ses  travaux  de  microphotographie, 
nous  initie  d’une  manière  très  claire  à  la  façon  dont  il  procède  pour 
ses  agrandissements  d’infiniment  petits  et  surtout  de  diatomées  aux¬ 
quelles  il  semble  avoir  réservé  ses  préférences.  Après  avoir  démon¬ 
tré  à  ses  auditeurs  son  appareil  dans  ses  diverses  parties,  M.  Loiseau 
fait  circuler  des  clichés  et  des  tirages  sur  papier  de  diatomées,  parmi 
lesquels  il  en  est  qui  constituent  de  véritables  difficultés,  même  pour 
un  opérateur  très  au  courant  de  cette  branche  si  intéressante  de  la 
photographie.  Cette  causerie  qui  ne  constitue  en  quelque  sorte 
que  la  partie  théorique  de  la  question,  sera  continuée  à  la  séance 
prochaine  par  la  projection  de  plusieurs  séries  de  diapositives. 

M.  Loiseau  est  vivement  félicité,  au  nom  de  la  Section,  par  le 
président. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


SÉANCE  DU  ÎO  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

De  nombreuses  personnes  étrangères  à  la  Section  assistant  à  la 
séance,  les  membres  n’ont  pas  signé  la  liste  de  présence  et  le  prési¬ 
dent  s’excuse  de  devoir,  avant  de  donner  la  parole  à  M.  Loiseau, 
régler  certaines  questions  administratives,  et  ce  afin  de  ne  pas 
entraver  la  marche  régulière  de  nos  réunions. 

Le  secrétaire  fait  donc  la  lecture  du  procès-verbal  de  la  séance 
du  26  novembre,  lequel  est  adopté  sans  observations. 

M.  Roland  fait  part  à  nos  confrères  du  décès  de  M.  Achille  Sacré, 
de  la  Section  de  Gand.  Une  lettre  de  condoléance  a  été  envoyée  par 
ses  soins  à  nos  collègues  gantois. 

M.  Hassreidter  fait  don  à  la  bibliothèque  de  la  Section  d’un 
exemplaire  de  l’ouvrage  :  le  Développement  des  papiers  photogra¬ 
phiques  à  noircissement  direct ,  qu’il  a  traduit  de  M.  Liesegang.  Des 
remerciements  et  des  félicitations  sont  adressés  à  notre  confrère. 


-  28  — 


I>c\  Section  ratifie  les  présentations  de  M.  Kemna ,  patronné  par 
MM.  L.  et  G.  Laoureux;  celle  de  M.  Paul  Matelot ,  par  MM.  Bour¬ 
guignon  et  L.  Laoureux,  et  celle  de  M.  F.  Michel ,  déjà  membre  de 
l’Association. 

Le  président  donne  ensuite  la  parole  à  M.  Loiseau,  qui  termine  la 
causerie  intéressante  et  instructive  qu’il  avait  commencée  le 
25  novembre  sur  la  microphotographie. 

Notre  confrère  traite  spécialement  des  infiniment  petits.  Il  parle 
d  abord  du  microscope  au  point  de  vue  de  ses  applications  dans  les 
différentes  sciences,  en  biologie,  zoologie,  botanique,  etc. 

L  étude  au  microscope  du  monde  des  microzoaires  est  du  plus 
haut  intérêt,  et  M.  Loiseau  nous  le  prouve  en  nous  parlant,  par 
exemple,  de  la  production  par  segmentation  ou  division.  La  photo¬ 
graphie  vient  beaucoup  en  aide  au  microscope,  et  cela  pro¬ 
cure  à  1  amateur  un  délassement  certainement  comparable  à  celui 
qu  éprouvent  ceux  qui  s’adonnent  à  la  stéréoscopie  et  qui  refont  en 
imagination  devant  leur  stéréoscope  un  voyage  intéressant  qu’ils  ont 
tait,  1  appareil  photographique  à  la  main.  Cet  exposé  étant  fait,  le 
conférencier  projette  sur  1  écran  une  série  de  150  diapositives,  et  leur 
projection  est  accompagnée  de  quelques  mots  d’intéressantes  expli¬ 
cations  sur  l’objet  représenté,  sur  l’éclairage  employé  et  sur  le  gros¬ 
sissement  obtenu.  C’est  ainsi  que  nous  voyons  des  insectes,  des 
coupes  dans  des  tissus  végétaux  et  une  longue  série  de  diatomées 
dont  un  grand  nombre  sont  ravissantes  et  dont  les  dimensions  con¬ 
fondent  1  imagination.  On  obtenait  en  effet  des  grossissements 
allant  jusque  3,000  diamètres  sur  les  diapositives  projetées  et 
00,000  diamètres  sur  l’écran. 

M.  Loiseau  ayant  terminé  sa  causerie,  le  président  lui  adresse,  au 
nom  de  la  Section,  ses  plus  chaleureux  remerciements  et  fait  rés- 
soitir  surtout  le  travail  énorme  auquel  a  dû  se  livrer  notre  sympa¬ 
thique  confrère  pour  arriver  à  un  pareil  résultat. 

Nous  ne  finirons  pas  ce  compte  rendu  sans  adresser  également  nos 
remerciements  à  MM.  Cerfontaine  et  Labouverie  qui  ont  bien  voulu 
se  charger  tâche  extrêmement  fatigante  —  de  faire  paraître  sur 
1  écran  les  travaux  de  M.  Loiseau. 

La  séance  est  levée  à  10  1/4  heures. 


Section  de  Louvain 

SÉANCE  DU  17  NOVEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  De  Walque,  président 


ont  présents  :  MM.  De  AValque, 
président;  Clément,  De  Walque 
Joseph,  Janssens,  comm1  Pavard, 
Edm.  Peeters,  Ranwez  et  l’abbé 
Stalpaert. 

L’ordre  du  jour  comportant  le 
renouvellement  du  Comité,  M.  Ran¬ 
wez  demande  la  parole  et  propose 
de  maintenir  le  bureau.  Il  rappelle 
la  perte  énorme  subie  par  le  décès 
du  regretté  vice-président  et  pro¬ 
pose,  pour  le  remplacer,  le  com¬ 
mandant  Pavard,  un  des  membres  les  plus  assidus  et  digne  de 
succéder  à  feu  le  R.  P.  Yan  Tricht.  ( Applaudissements .)• 

Le  commandant  Pavard  remercie  M.  Ranwez  et  accepte  la  can¬ 
didature. 

«  En  arrivant  à  la  séance  de  ce  soir  »,  dit  M.  le  président,  «  j’avais 
la  ferme  intention  de  ne  plus  accepter  le  renouvellement  de  mon 
mandat.  Mes  occupations  journalières  et  surtout  les  travaux  à  l’uni¬ 
versité  me  prennent  tout  mon  temps.  J’avais  espéré  trouver  un  peu 
de  repos  en  me  déchargeant  de  la  présidence  de  la  Section,  je 
comptais  et  je  compte  encore  sur  vos  bons  offices  pour  m’accordre 
un  peu  de  liberté  en  choisissant  un  autre  président,  par  exemple  le 


—  30  — 


commandant  Pavard  qui,  on  sait  sa  compétence,  pourrait  admira¬ 
blement  diriger  la  Section  ». 

I>e  commandant  Pavard  remercie  M.  le  president  des  paroles 
bienveillantes  qu’il  vient  de  lui  adresser  et  déclare  ne  pouvoir 
accepter  la  candidature  présidentielle.  «  Mieux  que  tout  autre  », 
dit-il,  «  vous  pourrez  maintenir  la  Section  dans  la  bonne  voie  où 
elle  se  trouve,  et  s  il  arrive  que,  par  suite  de  trop  d’occupations, 
il  vous  soit  impossible  d’assister  à  une  séance,  je  déploierai  tous 
mes  efforts  pour  le  bien-être  de  la  Section  ». 

A  l’unanimité,  sont  nommés  : 

Président  :  M.  le  professeur  Fr.  De  Walque. 

^  ice-président  :  M.  le  commandant  Pavard. 

Secrétaire  :  M.  l’abbé  Stalpaert. 

Secrétaire'adjoint  :  M.  le  comte  du  Bois  d’Aische. 

Bibliothécaire  :  M.  J.  Van  Grinderbeeck. 

Concours  de  V Association.  Les  succès  obtenus  à  l’exposition  de 
1  Association  par MM.  Pavard  et  Van  Grinderbeeck  donnent  l’occa¬ 
sion  à  M.  l’abbé  Stalpaert  de  proposer  à  la  Section  de  voter  des 
félicitations  aux  lauréats.  {Applaudissements.') 

Jetons  de  présence.  M.  le  président  rappelle  les  jetons  de  pré¬ 
sence  en  retard  et  engage  les  membres  à  ne  pas  trop  retarder 
1  exécution  de  leurs  promesses. 

Présentation  d  un  nouveau  membre.  M.  l’abbé  Stalpaert  pro¬ 
pose  la  candidature  de  M.  Van  Temsche.  (Acceptée.) 

Après  une  causerie  sur  différents  sujets,  et  notamment  sur  la 
proposition  du  commandant  Pavard  de  rendre  les  excursions  plus 
instructives  en  supprimant  les  concours,  il  est  10  heures  quand  le 
président  déclare  la  séance  levée. 


Ve  EXPOSITION  INTERNATIONALE 

DE 

PHOTOGRAPHIE  ARTISTIQUE 

ORGANISÉE  A  HAMBOURG 

par  la  Gesellschaft  \ur  Fôrderung  der  Amateur  Photographie 


A  Ve  Exposition  an¬ 
nuelle  est  terminée, 
et  si  nous  jetons  un 
coup  d’œil  sur  les 
expositions  passées 
de  la  Société  ham¬ 
bourgeoise,  nous  re¬ 
marquons  qu’il  n’y  a  que  quelques  associations  en  Europe  qui 
y  prennent  part.  Ce  sont  les  mêmes  qui  exposent  à  Paris,  à 
Bruxelles  et  à  Londres  :  en  tout,  il  n’y  en  a  que  cinq,  fort  petit 
nombre  si  on  le  compare  à  la  multitude  de  sociétés  photographiques 
qui  s’abstiennent  de  paraître  dans  ces  manifestations  internatio¬ 
nales.  Les  sociétés  qui  dirigent  le  mouvement  artistique  sur  le 
terrain  photographique  sont  le  Caméra  Club  de  Vienne,  le  Photo 
Club  de  Paris,  le  Linked  Ring  à  Londres,  Y  Association  belge  de 
Photographie  et  la  Gesellschaft  \ür  Fôrderung  der  Amateur 
Photographie  à  Hambourg,  et  toutes  ces  sociétés  organisent  à  peu 
près  annuellement  des  expositions  internationales  uniquement  artis¬ 
tiques.  Incontestablement,  ce  sont  ces  expositions  qui  sont  la  cause 


par  ERNEST  JUHL 


du  succès  de  ces  cinq  sociétés,  succès  qui  ne  se  montrent  pas  seule¬ 
ment  dans  le  grand  nombre  de  membres  qui  les  composent,  mais, 
ce  qui  a  beaucoup  plus  d’importance,  dans  la  haute  qualité  des 
œuvres  de  quelques-uns  de  leurs  membres. 

Dans  chaque  société,  il  n’v  a  qu’une  petite  minorité  qui  s’occupe 
d'art  ;  cela  est  facile  à  comprendre  lorsqu’on  songe  que  les  talents 
sont  des  exceptions  aux  règles. 

Les  expositions  ont  cette  utilité  immense  d’aiguillonner  les  ama¬ 
teurs  et  les  professionnels  et  de  leur  faire  produire  ce  qu’ils  peuvent 

demieux.  J’ai  pour 
appuyer  cette  opi¬ 
nion  des  témoigna¬ 
ges  éclatants.  En¬ 
tre  autres,  l’exem¬ 
ple  des  frères  H.  et 
Oscar  Hofmeister , 
de  la  Société  ham¬ 
bourgeoise  ,  qui 
ont  été  tellement 
impressionnés  par 
nos  expositions  an¬ 
nuelles  que,  dans 
le  court  espace  de 
deux  ans,  on  les  a 
vus  modifier  complètement  leur  manière  de  faire  et  passer  de  ces 
épreuves  documentaires  propres  et  luisantes  aux  tableaux  puis 
sants  et  superbes  qu’ils  exposaient  cette  année-ci.  Leurs  épreuves 
supportent  maintenant  parfaitement  le  voisinage  de  bons  tableaux, 
ce  qui,  jusqu’ici,  était  vraiment  rare  pour  des  photographies. 

Un  grand  nombre  de  membres  de  la  Société  hambourgeoise, 
séduits  par  les  œuvres  des  frères.  Hofmeister,  se  sont  également  mis 
à  travailler  la  gomme  bichromatée  et  à  produire  des  épreuves  d’ex¬ 
position  qui  démontrent  le  talent  de  leurs  créateurs  et  le  sérieux  de 
leurs  efforts,  ce  dont  ils  sont  certes  redevables  aux  expositions. 

Je  veux  parler  —  sans  décrire  les  œuvres  inconnues  du  lecteur  — 
de  MM.  Einbeck,  Gross,  Korner,  AVieck,  Trinks  et  Brandt. 


R.  Crespin. 


—  33  — 


Le  Caméra  Club  de  Vienne  avait  envoyé  une  collection  d’œuvres 
qui  furent  toutes  admirées  à  bon  droit,  tant  au  point  de  vue  artis¬ 
tique  que  technique.  Celles  qui  excitèrent  le  plus  la  curiosité  furent 
naturellement  les  épreuves  à  la  gomme  bichromatée  en  trois  cou¬ 
leurs  de  Kühn  et  du  DrHenneberg,  et  l’on  admirait  la  perfection  de 
ces  premières  épreuves  que  ces  artistes  étaient  parvenus  à  réussir 
dans  le  court  espace  de  six  mois,  épreuves  qui,  même  au  point  de 
vue  artiste,  étaient,  déjà  satisfaisantes.  Il  a  fallu  à  ces  trois  hommes 
un  véritable  courage  pour  ne  pas  se  laisser  rebuter  par  de  trop 
réelles  difficultés  techniques,  et  il  convient  de  leur  en  rendre  hom¬ 
mage. 

Celui  qui  connaît  les  obstacles  qu’il  y  a  à  surmonter  pour  obtenir 
une  épreuve  monochrome  à  la  gomme  bichromatée,  n’aura  qu’une 
idée  bien  faible  de  l’accumulation  de  difficultés  qui  s’opposent  à 
l’obtention  d’une  semblable  épreuve  en  trois  couleurs.  D’abord, 
trois  négatifs  du  même  paysage,  obtenus  avec  des  poses  très  diffé¬ 
rentes  par  suite  de  l’emploi  de  verres  colorés;  ensuite,  un  choix 
habile  de  couleurs  convenant  à  l’impression  à  travers  des  écrans 
colorés  complémentaires;  enfin,  la  partie  la  plus  délicate  :  trois 
impressions  à  la  gomme  bichromatée  qui  se  superposent  exacte¬ 
ment,  qui  doivent  réussir  toutes  les  trois  et  qui  doivent  permettre 
la  vision  des  trois  couches.  Mais  ces  messieurs  de  Vienne  ont 
brillamment  résolu  le  problème  ;  des  artistes  même  étaient  charmés 
et  contents  de  ces  résultats  inattendus. 

Le  professeur  Mratzek,  malheureusement,  fut  empêché  d’exposer 
chez  nous  ses  premiers  essais  d’impression  en  trois  couleurs  ;  mais 
il  a  travaillé  en  commun  avec  MM.  Henneberg  et  Kühn  à  la  solution 
de  ce  problème,  et  le  monde  photographique  doit  à  ces  trois  artistes 
les  premières  photographies  en  couleurs  obtenues  uniquement  par 
des  procédés  photographiques.  Mais  il  est  juste  de  reconnaître  que 
l’impulsion  avait  été  donnée  déjà  depuis  des  années  par  M.  le  pro¬ 
fesseur  H. -AV.  Vogel,  grâce  à  son  procédé  d’impression  à  la  presse 
en  trois  couleurs. 

Il  faut  encore  citer  parmi  les  exposants  du  Caméra  Club  :  le 
comte  Chotek,  le  commandant  David,  le  comte  Esterhazy,  le  baron 
Albert  de  Rothschild,  le  D1  Strakosch  et  le  chevalier  von  Schoeller, 


3 


34 


ce  dernier  avec  une  bonne  étude  de  nature  morte  en  trois  couleurs, 
à  la  gomme  bichromatée. 

Le  Photo  Club  de  Paris  était  aussi  bien  représenté  cette  année; 
ainsi  que  la  liste  suivante  l’indique,  il  ne  manquait  aucun  nom 


O.  Scharf. 


éminent  :  René  Le  Bègue,  Paul  Bergon,  Georges  Berteaux, 
Mme  Binder-Mestro,  Paul  Bourgeois,  Maurice  Brémard,  MelIe  Ant. 
Bucquet,  Maurice  Bucquet,  Robert  Demachy,  René  Ledard, 
E.  Matthieu,  Paul  Naudot,  C.  Puyo. 

Les  œuvres  étaient  toutes  de  bon  goût  et,  comme  elles  ont  figuré 
à  la  dernière  exposition  du  Photo  Club  de  Paris,  je  les  suppose 
connues  du  lecteur. 

A  citer  encore  parmi  les  exposants  de  France  :  MM.  Dubreuil, 
Dumont  et  Pauli  (1),  de  la  Société  photographique  de  Lille. 

Le  Linked  Ring  de  Londres  n’avait  que  quelques  représentants 
à  notre  exposition;  le  Salon  photographique  organisé  par  ce  club 
s’ouvre  malheureusement  à  la  même  époque  que  notre  exposition, 


(1)  L’Association  belge  de  Photographie  peut  également  revendiquer 
M.  Robert  Pauli,  un  Gantois  et  qui  est  membre  fondateur  de  la  Société. 

(A.  JL).  L.  R.) 


—  35  — 

r 

et  ainsi  nous  sommes  privés  d’une  grande  partie  des  œuvres 
anglaises.  Nous  avions  cependant  des  cadres  de  MM.  Evelyn 
Barron,  John  Carpenter,  Karl  Greger  et  Arthur  Russell,  de 
Londres;  Lumsden  Brown,  d’Edimbourg;  Page  Croft,  de  Bir¬ 
mingham;  Charles  Job,  de  Lindfield,et  Fred.  Marsh,  deHenley  o/T. 

La  Gesellschaft  pir  Pflege  der  Photographie  de  Leipzig  s’est 
montrée  pour  la 
première  fois  à 
notre  exposition 
avec  ses  trois  ama¬ 
teurs  les  plus  forts, 

MM.  Fichte,  Pro- 
essdorf  et  Schnei¬ 
der.  Ces  messieurs 
de  Leipzig  mon¬ 
trent  un  talent  très 
sérieux  et  l’on  peut 
s’attendre  à  voir 
encore  d’autres  ar¬ 
tistes  photographes  grandir  sous  peu. 

De  même  la  Deutsche  Gesellschaft  von  Freunden  der  [Photo¬ 
graphie  de  Berlin  a  fait  beaucoup  de  progrès,  grâce  aux  exemples 
donnés  par  la  grande  exposition  de  Berlin  en  1896  et  les  expositions 
annuelles  de  Hambourg.  On  peut  citer  parmi  ses  membres 
Meiie  Hildegard  Lehnert,  Mme  Lessing,  née  Marschall  von  Biebers- 
tein,  la  comtesse  Oriola  et  M.  Otto  Rau,  un  des  plus  anciens 
artistes  photographes  d’Allemagne. 

Tournons-nous  maintenant  vers  Y  Association  belge  de  Photo¬ 
graphie,  une  des  plus  anciennes  sociétés  s’occupant  de  photographie 
artistique.  Les  œuvres  qu’elle  nous  montre,  venues  de  tous  les 
coins  de  la  Belgique,  peuvent  certes  être  mises  en  parallèle  avec 
celles  des  Viennois  et  des  Hambourgeois,  aussi  bien  au  point  de 
vue  du  goût  qu’au  point  de  vue  de  la  manière  dont  sont  rendus  et 
l’éclairage  et  la  perspective  aérienne.  L’œuvre  la  plus  méritoire  des 
Belges  est  représentée  par  un  effet  de  brouillard  de  M.  R.  Ickx, 
de  Courtrai,  qui  l’emporte  de  beaucoup  sur  toutes  les  tentatives 


Ch.  Puttemacs. 


36  — 


pareilles  de  rendre  les  contours  délicats,  et  l’atmosphère  flocon¬ 
neuse,  légère,  impénétrable  d’un  paysage  no}é  dans  le  brouillard. 

M.  M.  Vanderkindere,  de  Bruxelles,  nous  a  envoyé  cette 
année-ci  trois  épreuves  qui  marquent  un  grand  progrès  sur  les 
œuvres  exposées  la  première  fois.  Nous  notons  spécialement  son 
Brouillard  d'hiver ;  les  saules  aux  branches  dénudées  s’enfoncent 

légèrement  dans 
la  blanche  buée, 
et  les  troncs  des 
arbres  ne  se  dé¬ 
tachent  pas  trop 
en  noir  sur  le 
fond. 

M.  Désiré  De 
Clercq,  de  Gram- 
mont,  un  artiste 
du  contre-jour 
qui  nous  est  con 
nu  depuis  1893, 
nous  a  envoyé  de 
nouvelles  variations  de  son  genre  favori,  des  ouvriers  au  travail 
dans  leur  atelier  sombre  et  bas  de  plofond,  et  une  étable  avec  deux 
vaches  aussi  photographiées  à  contre-jour.  Toutes  les  œuvres  de 
cet  amateur  excellemment  bien  doué  méritent  notre  éloge.  Outre 
les  difficultés  qu’il  y  avait  à  surmonter  pour  réussir  un  cliché  dans 
un  endroit  aussi  obscur,  entrait  encore  en  ligne  de  compte  le 
mouvement  perpétuel  de  la  queue  des  vaches,  alors  qu’une  instan¬ 
tanée  n’était  guère  possible. 

Les  scènes  champêtres  de  M.  L.  Misonne  rappellent  les  œuvres 
du  grand  peintre  de  paysans,  Millet,  sans  cependant  qu’on  puisse 
leur  reprocher  une  imitation  quelconque;  dans  son  Chemin  pou¬ 
dreux,  il  parvient,  avec  un  lourd  chariot  soulevant  des  nuages  de 
poussière,  à  éviter  l’effet  souvent  désagréable  d’ombres  trop  noires 
et  à  donner  à  son  tableau  la  sensation  de  l’atmosphère  qui  aurait 
manqué  sans  cela. 

L’Association  belge  de  Photographie  était  encore  représentée  de 


D.  Van  den  Hove. 


façon  très  remarquable  par  MM.  Albert  Canfyn,  Jos.  Casier, 
M.  Declercq,  Ch.  Dewit,  Ch.  Gaspar,  A.  de  Gryse,'  F.  Michel, 
R.  Rousseau,  Edm.  Sacré  et  G.  Vandale.  Je  fatiguerais  le  lecteur 
si  je  devais  parler  de  toutes  les  œuvres,  et  je  devrais  le  faire  pour 
être  juste  envers  tous  les  membres  de  l’Association  qui  avaient 
exposé.  Il  nous  manquait  malheureusement  cette  année  les  œuvres  de 
MM.  Alexandre  et 
Edouard  Hannon, 
dont  nous  avions 
conservé  un  si 
agréable  souvenir. 

Avant  de  ter¬ 
miner,  permettez- 
moi  de  revenir  en¬ 
core  sur  l’utilité 
de  ces  expositions, 
soit  qu’elles  éta¬ 
blissent  un  jury 
pour  n’admettre 
que  les  œuvres  ar¬ 
tistes,  soit  qu’elles  n’invitent  à  exposer  que  les  membres  des  cinq 
clubs  visés  plus  haut,  comme  dans  l’organisation  adoptée  à  Ham¬ 
bourg.  Ces  «  Salons  »  n’agissent  pas  seulement  sur  les  amateurs  et 
le  grand  public,  ils  auront  aussi  une  influence  heureuse  sur  les 
photographes  de  profession  en  les  invitant  à  donner  un  caractère 
personnel  à  leurs  œuvres.  Aujourd’hui  en  effet  quelle  que  soit  la 
distance  qui  les  sépare,  tous  les  photographes  professionnels  des 
grandes  villes  produisent  des  œuvres  qui  ont  un  même  air  de 
famille.  Les  exceptions  confirment  cette  règle  :  seules,  la  Belgique 
et  l’Angleterre  peuvent  se  vanter  de  posséder  des  photographes 
professionnels  doués  d’un  réel  sens  artiste,  et  je  suis  persuadé  qu’en 
Belgique  on  doit  en  trouver  la  cause  dans  l’action  bienfaisante  de 
la  vaillante  Association  belge  de  Photographie. 


M.  Vanderkindere. 


Développement  des  plaques  photographiques 

AU  GÉLATINO-BROMURE  D’ARGENT 

DONT  L’EXPOSITION  EXACTE  EST  INCERTAINE 


uivant  les  travaux  tout  récents  du 
baron  de  Hübl,  les  données  publiées 
dans  notre  dernier  numéro  sur  le 
développement  à  la  glycine  doivent 
être  modifiées  lorsqu’il  s’agit  du  déve¬ 
loppement  des  plaques  dont  on  ignore  absolument  la  durée  de  la 
pose. 

On  procède  alors  comme  suit  : 

La  plaque  est  immergée  dans  un  bain  composé  de 

1,000  cm3  d’eau; 

12  cm5  bain  concentré  ; 

2  cm3  bromure  de  potassium  à  10  p.  c. 

Sa  température  ne  doit  pas  être  supérieure  à  10° C;  le  cas  échéant, 
on  refroidira  la  cuvette  au  moyen  de  morceaux  de  glace.  On 
prend  note  du  temps  qui  s’écoule  jusqu’à  l’apparition  des  premières 
traces  d’image. 

Si  elles  apparaissent  en  15  à  30  minutes,  la  plaque  peut  être 
considérée  comme  normalement  exposée;  du  moins  la  surexposition 
ne  sera  pas  trop  considérable;  dans  ce  cas,  on  achève  le  dévelop¬ 
pement  dans  le  bain,  ce  qui  prendra  trois  quarts  d’heure  à  une 
heure. 


Si  l’image  apparaît  en  moins  de  dix  minutes,  la  surexposition  à 
été  considérable  (au  moins  500  fois  trop  de  pose).  On  retire  la 
plaque  immédiatement  du  bain,  et  on  l’introduit  dans  une  cuvette 
contenant  un  développateur  plus  concentré,  riche  en  bromure  et 
refroidi  au  moyen  de  glace  : 

A.  100  cm5  d’eau  ; 

,  4  cm3  bain  concentré; 

4  cm3  bromure  de  potassium  à  10  p.  c. 

Si,  au  contraire,  les  premières  traces  d’image  ne  sont  pas  visibles 
au  bout  de  30  minutes,  l’exposition  a  été  courte.  On  peut  continuer 
le  développement  dans  le  même  bain,  et  l’opération  sera  achevée 
en  une  heure  à  une  heure  et  demie;  ou  bien,  on  achève  le  déve¬ 
loppement  dans  un  bain  dilué,  travaillant  rapidement. 

Dans  ce  but,  on  transportera  la  plaque,  sans  la  rincer  préala¬ 
blement  dans  un  bain  composé  de 

B.  100  cm5  d’eau; 

2  cm3  bain  concentré  ; 

2  cm3  solution  de  soude  caustique  à  10  p.  c. 

Les  données  communiquées  relatives  aux  surexpositions  que  l’on 
peut  corriger  au  cours  du  développement  s’entendent  pour  la  pho¬ 
tographie  d’objets  présentant  certains  contrastes  et  pour  l’emploi 
de  plaques  permettant  d’atteindre  un  certain  degré  d’opacité.  Elles 
ont  été  fournies  par  une  série  d’essais  faits  avec  des  plaques 
Lumière,  en  photographiant  un  paysage  éclairé  par  le  soleil,  donc 
dans  des  conditions  relativement  favorables. 

Par  des  temps  sombres,  ou  pour  des  vues  lointaines,  la  marge  de 
la  durée  d’exposition  ne  pourra  être  que  de  la  moitié  ou  du  tiers; 
car,  dans  ces  cas,  il  s’agit  de  ne  pas  diminuer  davantage  les  faibles 
oppositions  qu’offre  la  vue,  chose  inévitable,  si  la  surexposition  est 
considérable. 

Aussi  ces  données  n’ont-elles  une  valeur  réelle  que  si  la  plaque 
dont  le  temps  d’exposition  sert  de  point  de  comparaison  aux 
plaques  surexposées  n’a  vraiment  reçu  que  juste  le  temps  de  pose 
nécessaire. 


40 


Si  l’on  expose  1/2  seconde  et  une  autre  fois  10  secondes,  il  se 
peut  que  la  première  plaque  donne  un  excellent  résultat,  tandis 
que  la  seconde  ne  vaudra  absolument  rien;  mais  il  ne  faut  pas 
en  déduire  qu’une  surexposition  de  20  fois  ne  peut  pas  être  corrigée 
au  cours  du  développement  à  la  glycine.  Car  il  se  peut  que  l’expo¬ 
sition  de  1/2  seconde  équivaille  déjà  à  une  surexposition  notable,  et 
que  la  marge  soi  non  pas  de  1/2  à  10  secondes,  mais  de  1/50  à 
5  secondes. 

(Photographùche  Rundschau ,  novembre  1897.) 

V.  H. 


Pelliculisation  des  clichés 


a  pelliculisation  des  clichés  étant 
le  point  de  départ  d’une  foule 
d’applications  tant  dans  la  prati¬ 
que  courante  de  la  photographie 
que  dans  la  plupart  de  ses  appli¬ 
cations  industrielles,  il  n’est  pas 
étonnant,  dès  lors,  que  cette  opé¬ 
ration  ait  déjà  préoccupé  beau¬ 
coup  de  chercheurs.  C’est  surtout  dans  les  circonstances  suivantes 
que  la  nécessité  d’avoir  un  cliché  retourné  se  fait  le  plus  sentir  : 

Dans  les  impressions  aux  mixtions  colorées  ou  aux  poudres 
impalpables,  telles  la  photographie  au  charbon,  la  photocéramique 
et  la  photographie  vitrifiée  sur  émail,  où  les  opérations  seraient 
simplifiées  par  la  suppression  des  transferts  provisoires; 

Dans  l’impression  des  stéréoscopies,  où  la  transposition  ne  serait 
plus  nécessaire; 

Dans  la  photographie  si  commode  et  si  avantageuse,  sur  papiers 
négatifs  au  gélatino-bromure  d’argent,  qui  a  été  abandonnée,  sans 
doute  à  cause  des  nombreuses  opérations  par  lesquelles  il  fallait 
faire  passer  l’épreuve  négative  pour  l’avoir  dans  son  vrai  sens  et 
avec  la  résistance  voulue  ; 

Enfin,  dans  la  photocollographie,  la  photoplastographie  et  autres 
procédés  photo-mécaniques,  où  l’usage  du  phototype  retourné 
s’impose  sous  peine  de  produire  des  images  à  rebours,  etc.,  etc.... 

Bien  des  formules  et  des  tours  de  mains  ont  été  donnés,  qui  ne 


42 


résolvent  qu’imparfaitement  la  question,  et  qui,  généralement, 
sont  compliqués,  délicats,  parfois  même  dangereux,  à  cause  des 
dégagements  délétères  qu’ils  occasionnent  (acides  fluorhydrique, 
chlorh}  drique,  etc.),  et  avec  lesquels  la  réussite  n’est  rien  moins 
que  certaine.  Encore,  la  plupart  du  temps,  la  pellicule  s’en- 
roule-t  elle,  dans  les  bains,  au  point  d’être  difficilement  utilisable, 
ou  s’y  agrandit-elle  et  le  reste-t-elle,  de  sorte  que  les  multiples 
opérations  étant  terminées,  l’image  se  trouve  affaiblie  proportion¬ 
nellement  à  l’augmentation  de  sa  surface. 

La  méthode  suivante,  outre  qu’elle  est  très  simple  et  de  réussite 
certaine,  même  avec  les  plaques  à  fines  couches,  ne  présente  aucun 
des  désagréments  signalés  précédemment.  Toutefois,  nos  essais 
n  a}rant  pas  porté  sur  des  verres  silicatés,  nous  ne  pouvons  assurer 
que  les  plaques  de  l’espèce  se  prêtent  avec  succès  au  traitement 
que  nous  allons  indiquer. 

Le  cliché,  après  avoir  été  bien  lavé  à  la  façon  ordinaire,  pour 
éliminer  les  dernières  traces  d’hyposulfite,  et  étant  encore  mouillé, 
sera  plongé,  et  y  restera  une  minute,  dans  le  bain  suivant,  la 
cuvette  étant  agitée  pendant  toute  la  durée  de  l’immersion  : 

Eau . 100 

Aldéhyde  formique . 30 

Glycérine  anglaise .  4 

Il  sera  ensuite  retiré  et  mis  à  sécher  sans  aucune  espèce  de 
lavage. 

Si  le  cliché  à  pelliculer  avait  déjà  été  séché,  on  devrait  le 
ramollir  dans  l’eau  en  l’y  laissant  séjourner  au  préalable  un  demi- 
jour,  au  moins;  on  le  formalinerait  et  sécherait,  comme  ci-dessus, 
avec  cette  différence  que  l’immersion  devrait,  au  lieu  d’une  minute, 
en  durer  3  ou  4.  Enfin,  on  pourrait  se  dispenser  complètement  de 
ramollir  la  gélatine  à  la  condition  de  prolonger  l’immersion  pendant 
10  à  15  minutes  dans  le  bain  de  formol.  La  première  méthode  est 
toutefois  la  meilleure. 

Lne  fois  bien  sec,  le  cliché  recevra  une  ou  mieux  deux  couches 
d  un  enduit  au  celluloïd,  la  seconde  n’étant  appliquée  qu’après  que 
la  première  aura  parfaitement  séché.  Le  séchage  des  couches  étant 


complet,  il  suffira,  pour  enlever  la  pellicule,  d’inciser  la  gélatine  au 
canif,  sur  tout  le  pourtour  de  la  plaque,  à  un  demi-centimètre  des 
bords,  par  exemple,  de  façon  que  la  lame  atteigne  bien  le  verre; 
chauffant  ensuite  légèrement  la  plaque,  et  soulevant  un  angle  de  la 
pellicule  avec  une  fine  lame,  il  n’y  a  plus  qu’à  la  tirer  doucement, 
elle  quittera  le  verre  à  la  façon  des  papiers  aristotypes  que  l’on 
détache  des  glaces  sur  lesquelles  on  les  a  mis  sécher  pour  les 
émailler;  nous  obtenons  de  la  sorte  notre  phototype  sur  une 
nouvelle  couche-support,  fine,  solide,  et  suffisamment  résistante 
pour  les  besoins  photographiques. 

On  pourrait  remplacer  l’enduit  au  celluloïd  par  une  couche  de 
collodion,  ou  de  gélatine  dissoute  dans  de  l’eau,  coulée  à  chaud,  à 
la  manière  du  collodion,  et  mise  à  figer  sur  un  support  horizontal  à 
vis  callantes;  mais  ces  moyens  présentent  l’inconvénient  de  procurer 
une  couche  protectrice  ou  trop  fragile,  ou  hygrométrique  et  exten¬ 
sible,  ce  qu’il  faut  éviter  sous  peine  de  déformer  l’image  en  tout  ou 
en  partie,  et  de  s’exposer,  en  hiver,  à  voir  la  pellicule  et  le  papier 
sensible  adhérer  ensemble  et  même  se  souder. 

Si  l’on  voulait  rendre  la  pellicule  plus  épaisse,  ou  si,  pour  une 
cause  quelconque,  on  voulait  la  soustraire  au  contact  des  liquides  et 
des  gaz,  si  l’on  voulait  encore  en  rendre  la  conservation  indéfinie, 
car  la  formaline  possède  la  propriété  de  modifier  à  la  longue  l’état 
physique  de  la  gélatine  qui  a  été  soumise  à  son  action,  la  gélatine 
qui  constitue  le  cliché,  devrait  être  emprisonnée  complètement  entre 
deux  couches  de  celluloïd.  Pour  cela,  après  que  la  pellicule  aurait 
reçu  l’enduit  d’un  côté,  et  qu’on  l’aurait  détachée,  il  faudrait  la 
mettre  à  plat,  gélatine  au-dessus,  sur  une  glace  bien  propre 
(en  prenant  des  précautions  pour  ne  pas  l’enrouler,  et  qu’elle  reste 
bien  plane),  et  la  recouvrir  d’une  couche  de  vernis,  comme  on  l’a 
fait  pour  l’autre  côté. 

Un  autre  moyen  de  vernir  la  seconde  face,  meilleur,  mais  plus 
compliqué,  consisterait,  une  fois  la  pellicule  enlevée  du  verre,  à 
laver  et  bien  ramollir  la  gélatine  dans  de  l’eau  glycérinée  et  à 
l’appliquer  sans  eau,  gélatine  en  dessous,  à  la  façon  des  papiers  à 
émailler,  raclage  compris,  sur  une  autre  glace  propre,  recouverte 
directement  de  celluloïd-vernis,  lequel,  après  avoir  bien  séché, 


44 


aurait  été  recouvert  lui-même  d’une  couche  de  collodion  à 
émaillage.  Pour  que  la  réussite  soit  complète,  il  faut,  lors  de 
l’application  du  collodion,  comme  pour  l’émaillage  du  reste,  choisir 
le  moment  où  le  pyroxyle,  venant  de  faire  prise,  n’a  pas  encore 
séché;  le  négatif  étant  appliqué  sur  le  verre  ainsi  préparé,  il  n’y  a 
plus  qu’à  laisser  sécher  le  tout,  inciser  ensuite  et  enlever  la  pelli¬ 
cule  qui  sera  beaucoup  plus  solide,  et  en  même  temps  imper¬ 
méable  à  la  plupart  des  liquides. 

L’enduit-vernis  se  compose  d’une  dissolution,  à  la  consistance 
des  vernis  photographiques  ordinaires,  de  celluloïd  débité  en  ban¬ 
delettes,  dans  de  l’acétate  d’amyle  additionné  de  20  p.  c.  d’acétone. 

Ce  vernis,  qui  s’étend  à  froid,  à  la  façon  du  collodion,  sèche  assez 
lentement;  aussi,  il  est  à  recommander  de  n’enlever  les  pellicules, 
ou  de  n’appliquer  une  seconde  couche  de  vernis,  qu’une  douzaine 
d’heures  après  l’application  de  la  première.  On  peut  abréger  le 
séchage  en  incorporant  une  certaine  quantité  de  collodion  au 
vernis.  Ce  collodion  peut  être  du  collodion  normal  ou  du  collodion 
épais  de  la  pharmacopée  dans  lequel  il  n’est  entré  que  de  l’alcool 
strictement  absolu,  sans  quoi  il  pourrait  se  produire  des  stries 
qu’on  ne  saurait  plus  faire  disparaître,  mais  qui  ne  présentent 
cependant  pas  un  trop  grand  inconvénient.  Pour  notre  part,  nous 
préférons  attendre  un  peu  plus  et  n’employer  que  le  celluloïd  pur 
dont  la  spécialité  est  l’imperméabilité,  qualité  dont  ne  jouit  pas  à 
un  aussi  haut  degré  le  mélange  avec  le  collodion.  C’est  du  reste  sur 
la  pénétrabilité  assez  grande  du  pyroxyle,  que  sont  basés  tous  les 
procédés  dans  lesquels  le  collodion  a  un  rôle  à  remplir  (collodions 
sec  ou  humide,  collodio-chlorure  ou  bromure  d’argent  pour  les 
plaques  et  collodio-chlorure  ou  celloïdine  pour  les  papiers). 

Le  vernis  au  celluloïd  pur  présente  de  nombreuses  qualités  :  il  est 
diaphane,  très  adhérent,  se  prépare  aisément  et  rapidement,  est 
très  résistant,  ne  s’écaille  ni  ne  s’éraille  pas,  ne  se  laisse  pas  blan¬ 
chir  par  les  liquides  comme  les  vernis  aux  résines,  soustrait 
complètement  les  négatifs  et  leurs  retouches  à  la  destruction 
spontanée  à  laquelle  ils  sont  voués  plus  ou  moins  rapidement. 

Pour  le  préparer,  se  servir  de  photot}rpes  ratés  sur  films 
d  Eastman  ou  de  Blair,  ou  mieux,  acquérir  une  douzaine  de  pelli- 


45  — 


cules  sensibles  de  1’  «  Actien  Gesellschaft  für  anilin  Fabrikation  » 
et  les  utiliser  dans  une  détective;  de  cette  façon,  on  aura  la 
certitude  d’avoir  des  épreuves  manquées  qui  fourniront  le  celluloïd 
nécessaire,  permettant,  étant  dépouillé  de  sa  gélatine  et  bien  lavé, 
de  préparera  bon  compte  une  certaine  quantité  de  vernis  avec  lequel 
on  pourra  pelliculer  les  autres  bons  phototypes  de  la  douzaine.  Ces 
phototypes,  étant  enlevés  à  leur  tour  de  leur  support,  fourniront 
une  nouvelle  quantité-réserve  de  celluloïd,  de  quoi  permettre  de 
faire  suffisamment  de  vernis  pour  les  besoins  de  plusieurs  années. 

Les  principaux  avantages  que  les  pellicules  offrent  sur  les  plaques 
sont  : 

Leur  légèreté,  leur  non-fragilité,  le  peu  de  place  qu’elles  pren¬ 
nent,  leur  flexibilité,  etc.,  qui  permettent  de  les  manipuler  sans 
courir  le  risque  de  les  briser  :  c’est  ainsi  qu’on  peut  les  transpor¬ 
ter,  les  envoyer  par  la  poste  dans  une  enveloppe  à  lettres  ordinaire, 
en  mettre  plusieurs  centaines  en  poche  en  s’encombrant  et  se  char¬ 
geant  moins  que  si  l’on  n’avait  qu’une  douzaine  de  plaques  de  la 
même  dimension,  et  sans  craindre  de  les  détériorer; 

La  faculté  de  pouvoir  les  imprimer  avec  autant  de  finesse  aussi 
bien  d’un  côté  quç  de  l’autre  ; 

Le  cliché  sur  verre  qui  tombe,  est  généralement  brisé  de  telle 
façon  qu’il  est  perdu  à  jamais  ;  avec  la  pellicule,  rien  de  semblable 
n’est  à  appréhender  :  au  contraire,  un  cliché- verre  est-il  fendu  ou 
étoilé,  pour  autant  que  la  gélatine  ne  soit  pas  déchirée,  en  le  pelli- 
culant  avec  précaution,  on  pourra  récupérer  l’image  et  en  imprimer 
autant  d’épreuves  que  s’il  ne  lui  était  arrivé  aucun  accident  ; 

Dans  le  procédé  au  charbon,  le  double  transfert  est  inutile,  il  n’y 
a  qu’à  imprimer  à  l’envers; 

Faisant  de  même  pour  la  stéréographie,  la  transposition  et  tous  les 
châssis  spéciaux  pour  ce  genre  de  tirage  n’ont  plus  de  raison  d’être; 

Dans  la  photographie  industrielle,  elle  simplifie  considérablement 
les  opérations. 

Aussi  recommandons-nous  de  recourir  plus  souvent  à  ce  moyen 
de  conservation  dont  l’effet  secondaire  sera  de  diminuer  l’encombre¬ 
ment  que  comporte  nécessairement  la  conservation  des  clichés. 

R.  Rousseau. 


Renforçage  physique  des  phototypes  négatifs 


N  rendant  compte,  il  y  a  quelques  jours, 
d’une  nouvelle  méthode  de  renforçage 
d’après  le  Photogram,  nous  écrivions  que 
je  n’avais  pas  réussi  avec  la  formule  nou¬ 
velle,  donnée  par  le  Bulletin ,  comme 
extraite  du  Photograplnsch.es  Wochen- 
blatt,  que  cette  formule  était  erronée  et 


qu’en  tout  cas  elle  contenait  une  quantité  trop  minime  de  nitrate 
d’argent  pour  pouvoir  agir  comme  renforçateur. 

Dans  le  British  Journal  of  Photography  plusieurs  correspon¬ 
dances  rendent  compte  des  mêmes  résultats  négatifs. 

Cette  nouvelle  formule,  qui,  en  définitive,  n’est  qu’une  vieille  for¬ 
mule  habillée  de  neuf,  est  encore  une  de  ces  réinventions  qui,  dans 
le  monde  photographique,  se  publient  journellement,  de  ces  œufs  de 
Colomb  auxquels  nous  devons  renvoyer  si  souvent  ces  pseudo- 
inventeurs.  C’est  encore  le  cas  ici. 

La  formule  donnée  par  le  Bulletin  comme  extraite  du  Pliotogra- 
phisches  Wochenblatt  est  cependant  exactement  transcrite;  nous 
l’avons  collationnée  d’après  l’original.  Voici  : 


Eau  distillée .  1,000  cc. 

Sulfoc}ranure  d’ammonium .  480  gr. 

Nitrate  d’argent .  20  — 

Sulfite  de  soude .  240  — 

Hyposulfite  de  soude .  48  — 

Solution  de  bromure  de  potassium  à  10  p.c.  00  gouttes 


—  47  — 


Pour  renforcer,  prenez  : 


Solution  ci-desssus .  G  cc. 

Rodinal .  2  — 

Eau .  14  — 


Voilà  bien  la  formule  exacte  donnée  par  M.  Gœdicke  comme 
venant  de  lui,  d’après  le  Bulletin ,  mais  que  M.  Gœdicke  déclare 
lui-même  tenir  de  M.  Hans  Schmidt,  qui  en  serait  l’inventeur. 

Mais  le  procédé  Hans  Schmidt  n’est  qu’une  invention  de 
M.  J.  B.  B.  Wellington,  publiée  dans  Y  Almanach  de  1889  et 
1890.  Et,  recherches  faites,  M.  J.  B.  B.  Wellington  n’aurait  que 
réinventé  celle  de  M.  Howard  Farmer,  en  y  apportant,  il  est  vrai, 
quelques  modifications.  Rendons  à  César  ce  qui  appartient  à  César, 
et  procédons  par  ordre. 

La  première  idée,  due  à  M.  Howard  Farmer,  est  ainsi  décrite 
par  lui  dans  le  Photographie  News  et  reproduite  dans  le  Bulletin 
de  l'Association  belge  1888,  page  121,  comme  une  méthode  perfec¬ 
tionnée  de  renforçage  à  l'argenf.  Faut-il  en  conclure  qu’elle 
existait  déjà?  Il  faut  le  croire,  puisque  M.  Farmer  la  donne  comme 
méthode  perfectionnée.  La  voici  pour  ceux  qui  l’auraient  oubliée  : 


N°  1.  Nitrate  d’argent . 1  partie. 

Eau  (distillée) . 12  parties. 

N°  2.  Bromure  de  potassium  .  .  .  3/4  partie. 

Eau . 2  parties. 

N°  3.  Hyposulfite  de  soude.  ...  2  — 

Eau . G  — 


Ajouter  n°  2  à  n°  1,  et  après  avoir  lavé,  par  décantation,  le  préci¬ 
pité  de  bromure  d’argent,  faites-le  dissoudre  en  agitant  dans  n°  3  ; 
le  liquide  trouble  ainsi  obtenu  est  filtré  et  mis  de  côté  jusqu’au 
lendemain  pour  en  décanter  la  partie  claire  ;  puis  on  l’allonge  avec 
de  l’eau  jusque  170  cc.,  et  on  le  garde  pour  l’usage.  Pour  renforcer 
une  plaque  ;  laver  après  fixage,  puis  plonger  dans 

Pyrosulfite  . . 40  gouttes. 

Eau . 50  gr,  70. 

De  la  solution  à  l’argent ....  G0  gouttes. 


-  48  — 


On  y  ajoute  immédiatement,  avant  de  s’en  servir,  environ 
30  gouttes  d’une  solution  d’ammoniaque  à  10  p.  c.  Si  l’argent  ne 
montre  pas  de  tendance  à  la  réduction,  ajouter  plus  d’ammoniaque 
ou,  si  la  réduction  s’opère  de  suite,  en  employer  moins  ;  ici  c’est  le 
bromure  d’argent  qu’on  dissout  dans  l’hyposulfite  pour  servir  de 
corps  au  renforçage.  Ne  trouvez-vous  pas  qu’il  vaudrait  alors 
autant  se  servir  d’un  bain  fixateur  à  l’hyposulfite  qui  serait  saturé 
de  bromure  d’argent  dissous? 

L’essai  que  j’en  ai  fait  a  conduit  à  un  voile  jaune  et  à  un  préci¬ 
pité  dans  la  couche  de  gélatine.  C’est  probablement  pour  éviter 
cette  précipitation  de  soufre,  que  M.  Wellington  a  introduit  dans 
la  solution  argentique  le  sulfocyanure  d’ammonium  et  dissout  le 
nitrate  d’argent  directement. 

M.  Wellington,  reprenant  les  idées  de  Farmer  dans  Y  Almanach 
de  1889,  p.  575,  donne  sous  le  titre  «  Un  renforçateur  à  l’argent 
perfectionné  pour  plaques  au  gélatino  bromure  »,  la  formule  sui¬ 


vante  : 

Dissoudre  nitrate  d’argent . 10  gr. 

Dans  eau . 96  cc. 


Ajouter  à  cette  solution  24  grammes  de  sulfocyanure  d’ammo¬ 
nium  ;  il  se  forme  un  précipité  qui  se  redissout.  On  y  ajoute  de 
l’eau  pour  faire  480  cc.  ;  il  se  forme  alors  un  nouveau  précipité 
que  l’on  dissout  de  nouveau  en  ajoutant  à  la  solution  de  l’hyposulfite 
de  soude.  C’est  la  solution  de  réserve. 

Pour  renforcer,  on  prend  de  la  solution  de  réserve  48  cc.,  et  on  y 
ajoute  : 

Solution  acide  pyrogallique.  .  0  gr,  3. 

sulfite  de  soude  .  .  12  gr. 
ammoniaque  .  .  .  1  ou  2  gouttes, 
bromure . 3  à  11  — 

Le  tout  d’après  la  formule  ordinaire  de  développement. 

Dans  Y  Almanach  de  1890,  M.  Wellington  donne  une  nouvelle 
modification  de  sa  méthode. 

Il  a  trouvé,  dit-il,  que  l’argent  se  précipite  et  est  littéralement 


—  49  — 


perdu  lorsqu’on  le  mélange  directement  avec  le  sulfocyanure  et 
l’hyposulfite  ;  il  engage  à  tenir  les  solutions  séparées. 

Il  faut,  en  outre,  que  la  couche  de  gélatine  soit  bien  durcie  à 
l’alun  de  chrome,  pour  empêcher  qu’elle  ne  se  ramollisse  sous 
l’action  du  sulfocyanure. 

Ma  formule  actuelle  est  celle-ci,  dit-il  : 


A.  Nitrate  d’argent 
Eau  . 


15  gr. 
180  cc. 


B.  Sulfocyanure  d’ammonium 
Hyposulfite  de  soude  . 

Eau  ....... 


30  gr. 
30  — 
180  cc. 


Prenez  parties  égales  de  A  et  de  B  ;  versez  B  dans  A  jusqu’à  ce 
que  le  précipité  formé  soit  redissous. 

A  chaque  48  cc.  de  cette  solution,  ajoutez  0,3  gr.  acide  pyrogal¬ 
lique  et  2  à  3  gouttes  d’ammoniaque.  L’ammoniaque  donne  de 
l’intensité. 

Le  renforçage  prend  une  vingtaine  de  minutes.  On  lave,  on  fixe 
et  on  relave  comme  d’ordinaire. 

Vous  voyez  que  la  formule  réinventée  par  Schmidt  diffère  peu 
de  celle-ci,  sauf  la  quantité  de  nitrate  d’argent. 

La  question  du  renforçage  des  clichés  était  à  l’ordre  du  jour  de 
l’Union  internationale  de  photographie  en  1897  à  Bruxelles.  Si 
la  relation  donnée  par  le  British  Journal ,  n°  1947,  p.  552,  est 
exacte,  M.  Balagny  y  aurait  communiqué  une  méthode  qui 
ressemble  quelque  peu  à  celle  de  Wellington  et  de  Schmidt.  Heu¬ 
reusement  il  ne  l’a  pas  qualifiée  de  méthode  nouvelle ,  il  la  déclare 
très  digne  d’attention 

Une  solution  de  25  p.  c.  de  sulfite  de  soude  est  ajoutée  goutte  à 
goutte  à  une  solution  à  5  p.  c.  de  nitrate  d’argent.  Il  se  forme 
d’abord  un  précipité  qui  se  dissout  à  mesure  qu’on  y  ajoute  du  sul¬ 
fite  en  solution.  Quand  elle  est  éclaircie  et  limpide,  la  solution  est 
prête  à  l’usage.  Le  cliché,  exempt  d’hyposulfite,  est  blanchi  dans 
cette  solution  pour  se  développer  à  l’hydroquinone  ou  au  pyrogallol. 

La  différence  ici  consiste  en  ce  que  l’hvposulfite  doit  être  entière¬ 
ment  éliminé,  tandis  que,  dans  les  formules  précédentes,  ce  point 


4 


difficile  à  réaliser  est  moins  important.  Nous  n’avons  pas  encore 
eu  le  temps  d’expérimenter  cette  dernière  formule.  Mais  après 
essai,  nous  y  reviendrons.  M.  Balagny  avait  raison  de  ne  pas  donner 
sa  formule  comme  nouvelle,  parce  que  déjà  en  1879,  dans  le  Year 
Bank  ofi  photography,  p.  155,  nous  trouvons  : 

RENFORÇATEURS. 

Renforçage  aux  sulfites.  —  Une  solution  de  sulfite  de  potassium 
d’une  force  indéterminée,  la  couleur  verte  indiquant  qu’elle  est 
assez  forte,  versée  dans  une  cuvette  verticale,  dans  laquelle  on 
plonge  le  cliché  fixé,  convertit  l’image  en  sulfite  d’argent,  qui  est 
de  couleur  non  actinique,  et  donne  ainsi  de  l’intensité  sans  aug¬ 
menter  le  dépôt  d’argent.  Cette  formule  est  très  emplo3^ée  par  les 
opérateurs  américains. 

Au  temps  du  collodion,  le  renforçage  se  faisait  par  l’acide  p}rro- 
gallique  acidifié  et  le  nitrate  d’argent,  on  avait  alors  abandonné  le 
bichlorure  de  mercure  comme  instable.  Il  est  vrai  que  le  fixage  se 
faisait  au  cyanure  de  potassium,  et  que  l’élimination  de  ce  dernier 
par  lavage  était  opéré  en  très  peu  de  temps. 

Mais  voilà  justement  deux  corps  qu’il  faudrait  bannir  à  tout  prix 
du  laboratoire  :  le  cyanure  de  potassium  et  le  bichlorure  de  mer¬ 
cure,  deux  corps  extradangereux,  poisons  très  violents  à  cause  des 
accidents  qu’ils  peuvent  occasionner. 

Le  cyanure,  heureusement,  ne  s’emploie  plus,  remplacé  qu’il  est 
par  l’hyposulfite  pour  les  plaques  au  gélatino-bromure. 

Il  nous  reste  le  bichlorure  de  mercure,  qui,  malheureusement, 
après  avoir  été  abandonné  pour  le  collodion,  est  revenu  pour  le 
gélatino-bromure.  Outre  ses  défauts  de  poison  violent,  il  est  de 
plus  instable,  et  sauf  la  méthode  de  renforçage  de  Chapman  Jones, 
les  clichés  renforcés  au  bichlorure  jaunissent  dans  un  temps  plus  ou 
moins  long  et  sont  fatalement  perdus. 

Il  faut  donc  que  les  recherches  portent  sur  une  méthode  de  ren¬ 
forçage  à  l’argent,  dans  le  genre  du  renforçage  à  l’acide  pyro¬ 
gallique,  pour  le  procédé  au  collodion.  Le  progrès  qu’on  avait  fait 
dans  ce  procédé  est  perdu  pour  le  gélatino-bromure,  puisqu’il  a 


—  51  — 


fallu  retourner  à  la  méthode  du  bichlorure,  déjà  abandonnée  pour 
le  collodion. 

Mais,  avec  le  collodion,  la  couche  sensible  contenait  de  l’iodure 
d’argent  avec  un  peu  de  bromure,  et  le  développement  était  acide  et 
le  renforçage  également,  tandis  que  pour  la  gélatine,  la  couche 
sensible  se  compose  de  bromure  d’argent  avec  un  peu  d’iodure 
(formule  Abney),  et  le  développement  est  alcalin. 

Le  renforçage  pour  ce  motif  devrait-il  être  alcalin  aussi  ? 

Si  l’on  transforme  le  cliché  terminé  en  bromure  d’argent  et  qu’on 
redéveloppe  celui-ci  après  l’avoir  exposé  à  la  lumière,  on  obtient 
un  renforçage  à  la  condition,  de  le  redévelopper  par  un  dévelop- 
pateur  alcalin. 

Si  l’on  transforme  le  cliché  en  chlorure  d’argent,  soit  par  l’acide 
chlorhydrique  ou  le  bichlorure  de  mercure,  qu’on  le  redéveloppe 
après  une  légère  insolation,  il  faut  employer  encore  le  développateur 
alcalin.  Notons  cependant  que  dans  le  renforçage  au  bichlorure  de 
mercure,  outre  l’argent,  on  est  en  présence  de  mercure  qui  devient 
métallique  par  le  développement. 

Ne  pourrait-on  convertir  la  couche  d’argent  métallique  formant 
le  cliché  dans  le  procédé  au  gélatino-bromure  en  iodure  d’argent 
(parfaitement),  et  le  renforcer  en  le  développant  par  l’acide  pyra- 
gollique  acide  avec  adjonction  de  nitrate  d’argent? 

Poser  la  question,  c’est  presque  la  résoudre;  c’est  dans  ce  sens 
que  nous  expérimentons  en  ce  moment;  nous  aurons  à  vous  rendre 
compte  sous  peu  de  nos  expériences,  de  nos  succès  probables  ou  de 
nos  insuccès  définitifs. 

Nous  ne  prétendons  pas  avoir  inventé  une  méthode  nouvelle, 
car  des  expériences  ont  déjà  été  faites  dans  cette  voie. 

En  1884,  dans  le  British  Almanach,  p.  236,  nous  trouvons  de 
MM.  Wratten  et  Wainreight  une  formule  de  renforçage  à  l’iodure. 
La  voici  : 

D’abord,  mouillez  la  plaque  avec  de  l’eau,  puis  versez-y  une 
solution  d’iode  et  d’iodure  de  potassium,  couleur  de  cherry  pâle, 
pendant  une  ou  deux  minutes,  puis  versez-y  assez  de  A  pour  cou¬ 
vrir  la  plaque  et  l’y  laisser  pendant  le  même  temps.  Maintenant, 
reversez  dans  un  verre  à  expérience  la  solution  A  et  y  ajoutez  de  B. 


Mélangez  bien,  reversez  le  tout  sur  la  plaque  et  balancez  continuel¬ 
lement  celle-ci  jusqu’à  ce  qu’elle  soit  assez  renforcée. 


Sol.  A.  Protosulfate  de  fer . 

15  gr. 

Gélatine  et  acide  acétique  (ci-dess). 

40  gouttes 

Eau . 

480  cc. 

Sol.  B.  Nitrate  d’argent . 

10  gr. 

Acide  acétique  cristallisable.  .  . 

10  gouttes. 

Eau . 

480  cc. 

La  gélatine  acide  acétique  se  compose  de  : 

Gélatine . 

15  gr. 

Acide  acétique  cristallisable. 

180  cc. 

Eau . 

2400  cc. 

Voilà  une  formule  connue  et  pratiquée,  mais  qui  demande  à  être 
un  peu  améliorée  pour  pouvoir  passer  dans  la  pratique  courante. 
Si  nos  expériences  en  cours  sont  couronnées  de  succès,  nous 
n’aurons  pas  inventé  l’œuf  de  Colomb,  ni  une  méthode  nouvelle  de 
renforçage,  nous  aurons  seulement  habillé  à  la  mode  du  jour  une 
méthode  existant  déjà,  et  que  nous  aurons  peut-être  rendue  plus 
pratique. 

Désiré  Declercq. 


9"  A  A  fis  A  Æ  A  l5S  A  A  A  A  A  a  Æ\  a  Æ\  A  AS  A  AS  A  Æ\  A  AS  A  A\  A  AS  A  /À  A  A  AS  I -P 


Sur  ur?  mécanisme 


POUR  APPAREIL  A  PROJECTIONS  ANIMÉES 


ingénieux  appareil  de  MM.  Lumière, 
le  cinématographe,  a  été  le  point  de 
départ  de  nombreuses  combinaisons  en 
vue  d’arriver  au  même  résultat,  le  dépla¬ 
cement  intermittent  d’une  bande  pellicu- 
laire. 


Parmi  les  mécanismes  proposés  ou 


réalisés  dans  ce  même  but,  les  uns  emploient  comme  organe  de 
déplacement  une  roue  dentée  engrenant  avec  les  perforations  de  la 
pellicule,  d’autres  agissent  sur  la  pellicule  elle-même,  d’autres 
enfin  reposent  sur  l’emploi  de  pointes  animées  d’un  mouvement 
alternatif  et  pénétrant  dans  les  perforations. 

Nous  avons  décrit  précédemment  (1)  un  mécanisme  d’entraî¬ 
nement  applicable  à  ce  dernier  mode  de  déplacement  qui,  comme 
on  le  sait,  caractérise  le  cinématographe  de  MM.  Lumière.  Ce 
mécanisme  donne  un  temps  d’arrêt  égal  aux  trois  quarts  du  temps 
total,  et  ne  comporte  qu’une  seule  came  et  un  seul  mobile  à  mouve¬ 
ment  alternatif. 

Nous  nous  proposons  aujourd’hui  de  décrire  un  mécanisme  dans 
lequel  le  déplacement  ne  dure  que  le  r  du  temps  total.  Nous  ne 

O 


(  1  )  Bulletin  de  l'Association  belge  de  Photographie ,  mai  1897,  p.  355. 


54 


choisissons  d’ailleurs  que  comme  exemple  cette  valeur  -  car  le 


même  dispositif  peut  aussi  bien 

donner  ^  ou  7  ou  ^  ou  toute  autre 
o  4  o 

fraction  dont  le  dénominateur  est  un 
nombre  entier. 

La  figure  1  représente  schémati¬ 
quement  ce  mécanisme. 

L’organe  d’entraînement  est  fixé 
à  l’extrémité  F  d’un  levier  t  dont 
l’autre  extrémité  I)  est  articulée  à 
une  biellette  b ,  mobile  autour  du 
point  fixe  C.  La  tige  t  est  articulée 
en  E  à  un  maneton  solidaire  d’une 
roue  dentée  S,  engrenant  avec  une 
autre  roue  fixe  G  dentée  intérieure¬ 
ment  et  ayant  un  nombre  de  dents 
égal  à  cinq  fois  celui  de  S.  La  roue  S 
est  d’ailleurs  entraînée  par  une  mani¬ 
velle  m,  solidaire  de  l’axe  A.  Le  point  E 
décrivant  une  hypoc}rcloïde,  le  point  F 
décrit  une  courbe  dont  la  forme  géné¬ 
rale  est  celle  de  la  figure  2  et  dont  la 
partie  AB,  rectiligne  ou  sensiblement 
rectiligne,  est  utilisée  pour  l’entraîne¬ 
ment  de  la  pellicule.  Il  n’est  pas  néces¬ 
saire  de  fixer  les  pointes  directement 
sur  le  levier  t.  Dans  les  cas  où  l’incli¬ 
naison  de  celui-ci  est  jugée  trop  grande, 
on  peut  les  fixer  sur  un  mobile  spécial 
articulé  au  levier  t  et  monté  de  façon 
que,  dans  son  mouvement,  il  reste  sen¬ 
siblement  parallèle  à  lui-même. 

Malgré  l’intérêt  qui  s’attache  à  ré¬ 
duire  la  durée  du  déplacement,  il  ne 


faut  pas  se  dissimuler  que,  avec  les  bandes  de  celluloïd  employées 
actuellement,  on  ne  saurait  aller  bien  loin  dans  cette  voie  sans  com¬ 
promettre  la  sécurité  de  la  bande  pelliculaire. 

Pour  fixer  les  idées  à  ce  sujet,  nous  chercherons  à  évaluer  l’effort 
de  traction  à  exercer  sur  la  pellicule,  dans  le  cas  où  l’appareil  donne¬ 
rait  quinze  images  par  seconde  et  où  la  durée  du  déplacement  serait 

de  ~  seulement  du  temps  total. 

Autrement,  la  durée  d’une  période  serait  ~  de  seconde,  et  la 


durée  du  déplacement 


1 

Î5Ô 


de  seconde. 


Nous  supposerons  que  la  partie  de  la  bande  à  entraîner  d’un 
mouvement  discontinu  correspond  à  dix  images,  et  que  chacune  de 
ces  images  n’a  que  20mm  de  haut  ;  dans  ces  conditions,  la  partie  de 
la  pellicule  intéressée  dans  le  mouvement  intermittent  pèse  envi¬ 
ron  lsr,5,  si  l’on  suppose  qu’il  s’agit, d’une  pellicule  ordinaire  ayant 

environ  35mm  de  large  et  de  millimètre  d’épaisseur. 


Le  mode  d’entraînement  le  plus  favorable  à  une  bonne  conser¬ 
vation  de  la  pellicule  est  l’entraînement  à  accélération  constante, 
c’est-à-dire  à  effort  constant.  La  vitesse  maxima  doit  être  atteinte 


en  ,3.-^  de  seconde,  avec  un  espace  parcouru  de  10mm.  On  en  déduit 
l’accélération 

2e 


=  2  x  0,01  x  hoo* 
=  1800 


et  la  force  correspondante 

F  =  mg 

0,0015  X  1800 
9,81 

0k, 275 


Or,  nous  avons  essayé  à  quel  effort  pouvait  résister  une  de  ces 


—  36  — 


bandes  en  celluloïd,  en  la  soumettant  à  une  traction  prenant  son 
point  d’appui  sur  les  perforations.  Ces  perforations  consistaient  en 
deux  trous  circulaires  de  3mm  de  diamètre,  dont  l’axe  était  à  4mm  du 
bord  de  la  pellicule.  L’essai  a  été  fait  dans  les  conditions  les  plus 
favorables,  en  ce  sens  que  la  pièce  engagée  dans  les  perforations 
était  le  poinçon  même  qui  avait  servi  à  les  percer.  La  pellicule  s’est 
rompue  (ou  plus  exactement  s’est  déchirée  dans  les  perforations,  en 
cédant  dans  le  sens  opposé  à  l’effort),  sous  une  force  de  2k,05 
à  2k,25,  soit  en  moyenne  2k,15. 

Ainsi,  dans  les  conditions  ci-dessus,  la  pellicule  travaillerait  déjà 

au  -  de  sa  charge  de  rupture,  et  cela  en  supposant  qu’il  n’existe 

aucun  frottement  sur  la  bande,  et  que  l’arrêt  de  la  pellicule  soit 
donné  par  le' mécanisme  d’entraînement,  agissant  sur  le  bord  opposé 
des  perforations. 

Il  est  possible  que,  par  l’emploi  de  perforations  d’une  forme 
mieux  étudiée  et  par  l’usage  d’une  matière  plus  résistante  que  le 
celluloïd,  on  arrive  à  réduire  pratiquement  la  durée  de  déplacement 
que  nous  avions  prise  comme  exemple;  il  était  toutefois  intéressant 
de  constater  que,  dans  les  conditions  que  nous  avons  supposées, 
c’est  un  cas  limite.  La  résistance  à  la  rupture  de  la  pellicule  pro¬ 
prement  dite  étant  environ  quinze  fois  la  résistance  au  déchirement 
que  nous  avons  indiquée  ci-dessus,  il  n’est  pas  douteux  —  et  peut- 
être  des  inventeurs  Font-ils  déjà  réalisé  —  que  l’on  puisse  donner 
aux  perforations  une  forme  mieux  appropriée  que  celle  que  nous 
avons  citée  et  qui  est  suffisante  pour  les  vitesses  ordinaires. 


F.  Drouin. 


1 

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REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


British  Journal  of  Photography. 

(N*  1913) 

Nuages ,  filtre-écran.  —  M.  Neuhauss  donne  comme  liquide  pour  filtre-écran, 
c’est-à-dire  pour  verser  dans  une  cuvette  à  faces  parallèles  : 

Sulfate  de  cuivre . 44  gr. 

Bichromate  de  potassium.  .  ■  4,27 

Acide  sulfurique. .  8  gouttes; 

Eau . .  227  à  500  cc. 

(N°  1915.)': 


Virage  au  platine.  —  M.  Lainer,  de  Vienne,  donne  la  formule  suivante  : 


Eau . 100  cc. 

Acide  phosphoriq  ue .  2,5  cc. 


Solution  de  chloroplatinite  de  potassium  à  10  p.  c.  2  cc. 

Fixer  à  l’hyposulflte  de  soude  à  10  p.  c.,  après  avoir  bien  enlevé  l’acide 
phosphorique  par  un  bon  lavage. 

(N°  19.18  ) 

Renforçage.  —  D’abord  éliminer  les  dernières  traces  d’hyposullite  du  cliché 
au  moyen  de 

Alun  de  chrome  ........  5  gr. 

Acide  chlorhydrique . 20  cc. 

Eau . 500  cc. 

bien  laver,  blanchir  dans  le  bichlorure  de  mercure  à  4  p.  c.,  laver  avec  soin; 
de  ce  lavage  dépend  la  réussite.  Mettre  le  cliché  dans  une  solution  à  10  p.  c.  de 
chlorure  de  sodium,  laver  et  redévelopper  au  moyen  de 

A  Métol . ‘ .  5  gr. 

Sulfite  de  soude . 30  gr. 

Bromure  de  potassium .  0,50. 

Eau .  300  cc. 


—  58  — 


B  Carbonate  de  soude . 30  gr. 

Eau .  300  ce. 


Cour  le  développement,  on  prend  3  parties  de  A  et  une  de  B. 

(N  ’  1922.) 

Virage  rouge.  —  Au  moment  de  s’en  servir  verser 


n°  I  Prussiate  jaune  de  potassium  .  .  .  .  0,5  gr. 

Eau  . .  200  ce. 

dans  n°  Il  Nitrate  d’urane .  2  gr. 

Sulfocyanure  d’ammonium . 10  gr. 

Acide  acétique .  2  gr. 

Eau . 200  ce. 

Si  es  lumières  sont  voilées,  on  peut  les  éclaircir  avec 

Eau . 500  cc. 

Carbonate  de  soude .  1  gr. 


(N°  1923.) 

Halo.  —  Voici  une  formule  pour  faire  des  feuilles  de  gélatine  qu’on 
applique  au  dos  de  ses  plaques  pour  empêcher  le  halo  et  qu’on  enlève  avant  de 


développer  : 

Eau . 100  cc. 

Gélatine . 15  gr. 

Glycérine . 12  gr. 

Ocre  rouge  finement  pulvérisée  ...  15  gr. 


faire  dissoudre  la  gélatine  et  après  dissolution  y  incorporer  les  autres 
ingrédients,  remuer  et  brasser  bien  le  tout  et  passer  à  la  mousseline;  on  verse 
la  solution  sur  une  glace  talquée  dans  la  proportion  de  7  cc.  par  100  c.  carrés 
de  surface.  Après  15  minutes  de  prise  on  plonge  la  glace  dans  une  solution  de 
foi  maline  à  5  p.  c.  pendant  15  minutes,  on  lave  et  on  sèche,  on  coupe  et  on 
enlève  la  pellicule.  Pour  la  fixer  sur  la  plaque,  on  enduit  le  dos  de  celle-ci  de 


Eau . 125  cc. 

Gomme  arabique . 75  gr. 

Glycérine . 12  gr. 

Acide  salicylique .  0,5  gr. 

et  on  y  applique  la  pellicule  qui  adhère  parfaitement. 

Pour  de  grandes  plaques,  on  prend  : 

Métagélatine . 100  cc. 

Gélatine .  0,60  gr. 

Ocre  rouge . 30  gr. 


I 


—  59  — 


La  métagélatine  s'obtient  en  faisant  bouillir  pendant  plusieurs  heures  12  gr. 
de  gélatine  dans  100  ce.  d’eau. 

On  applique  cette  solution  avec  une  brosse  ou  une  toufVe  de  coton. 

Écrans  jaunes.  —  Pour  les  plaques.orthochromatiques  à  l’érythrosine  on  fait 
l’écran  suivant  : 


Acridine  jaune .  10  gr. 

Alcool . ISO  cc. 

et 

Fuchsine .  S  gr. 

Alcool . 100  cc. 


à  un  collodion  neutre  à  2  p.  c.  de  pyroxyline,  on  ajoute  20  cc.  d’acridine  jaune 
et  8  cc.  de  fuchsine  en  solution  ci-dessus. 

Essai  du  sulfite  de  soude.  —  Quelques  gouttes  de  chlorure  de  baryum  donnent 
un  précipité  blanc  qui  se  redissout  dans  l’acide  chlorhydrique;  s’il  ne  s’y 
dissout  pas,  on  se  trouve  en  présence  du  sulfate  de  soude;  si  le  papier 
au  phénolphthaléine  se  colore  en  rouge,  le  sulfite  contient  du  carbonate  de 
soude. 

Étiquettes  pour  flacons.  —  Écrire  sur  le  verre  avec  :  verre  soluble  (silicate 
de  potasse)  2  parties  d’une  solution  à  40  p.  c.  et  1  partie  de  soude  caustique; 
se  servir  d’une  plume  métallique;  laisser  sécher  à  peu  près,  et  puis  saupoudrer 
avec  du  noir  de  lampe  ou  du  sulfate  de  baryte,  etc. 

(N°  1924.) 

Clichés  jaunes  par  renforçage  au  bichlorure  de  mercure.  —  M.  lljinsky  dit 
que  ces  taches  proviennent  d’un  fixage  imparfait.  11  recommande  de  plonger  le 
cliché  dans  un  bain  d’urane  et  de  renforcer  jusqu’à  ce  que  les  lumières  soient 
bleues  et  les  ombres  voilées.  On  lave  ensuite  le  cliché  jusqu’à  ce  que  toute 
apparence  graisseuse  ait  disparu,  et  on  plonge  dans  un  bain  dilué  d’ammonia¬ 
que.  Le  cliché  sera  noir-gris  et  perdra  peu  en  intensité.  On  peut  répéter  le  traite¬ 
ment  plusieurs  fois. 

(N°  1925.) 

Écran  jaune.  —  Ducos  du  Hauron  donne  la  formule  suivante  : 

On  couvre  une  plaque  18  X  24  avec 

Acide  picrique  . 

Gélatine  .  .  . 

Glycérine  .  . 

Eau  distillée  • 


0,60  gr. 
7,00  gr. 
0,50  gr. 
50  cc. 


—  (50  — 


(N“  1927.) 

Noir  pour  cuivre.  —  On  noircit  les  objets  en  cuivre  de  la  manière  suivante  : 
liien  nettoyer  le  cuivre  et  le  plonger  dans 

Eau . .  .  100  cc. 

Chlorure  ferrique  sol.  (40°  Bi .  .  .  .  50  ce. 

Prussiate  jaune  de  potasse .  5  gr. 

laver,  chauffer,  frotter  avec  de  l’huile  de  lin  et  polir  avec  un  chilien. 

(N°  1929.) 

Neutralité.  —  ln  bain  est  réellement  neutre  d’après  M.  Lescœur,  si  le  papier 
a  la  phénolphthaléine  reste  incolore  et  que  le  papier  de  tournesol  bleu  com¬ 
mence  à  rougir. 

Aluminium  noirci.  —  Pour  noircir  l’aluminium,  on  procède  ainsi  :  laver  le 
métal  d’abord  à  la  soude  pour  enlever  toute  trace  de  graisse.  L’enduire  ensuite 
d’albumine  préparée  d’un  blanc  d’œuf  battu  en  neige  et  qu’on  a  laissé  reposer. 
L’albumine  étant  sèche,  on  chauffe  le  métal  graduellement  au  rouge.  11  se  forme 
une  croûte  sur  le  métal,  laquelle  en  tombant  laisse  celui-ci  d’un  beau  noir. 
Urane.  -  Renforçage.  —  Nouvelle  formule  qu’on  dit  être  excellente  et  donner 


une  grande  opacité  : 

Eau .  2,880  cc. 

Acétate  d’urane .  -120  gr. 

Acide  acétique  •  •  • .  240  cc. 

Acide  formique .  240  cc. 

Ferricyanure  de  potassium  ....  50  gr. 


(N"  1939.) 

Procédé  A'rtigue.  —  M.  Raphaels  propose  de  remplacer  la  gomme  arabique 
par  la  colle  de  poisson  Lepage  dans  la  préparation  du  papier  Artigue  : 


Colle  de  poisson . 5  gr. 

Couleur  pour  aquarelles  en  tubes  . 10  gr. 

Solution  saturée  de  bichromate  de  potassium  .  .  .  23  cc. 


On  étend  cotte  solution  sur  le  papier  en  couche  très  mince,  on  laisse  sécher; 
le  papier  s’imprime  dans  le  même  temps  que  le  papier  au  chlorure  d’argent. 

(N°  4944,1 

Halo.  —  On  peut  à  peu  de  frais  fabriquer  des  feuilles  anti  halo,  il  suffit  de 
prendre  du  papier  dans  lequel  on  emballe  les  plaques  et  de  l’enduire  d’une 
couche,  de 


Eau  .  . 
Gélatine 
Glycérine 


75  cc. 

10  gr. 
00  cc. 


—  61 


Dans  cette  solution  on  incorpore  de  l’ocre  rouge  finement  pulvérisée. 

Ces  feuilles  se  collent  sur  le  dos  des  plaques;  elles  restent  toujours  poisseuses. 

(N°  1946.) 

Halo.  —  Papier  anti  halo.  —  D1'  Prédit  recommande  de  doubler  au  dos  les 
plaques  avec  du  papier  à  fabriquer  les  Heurs  artificielles  de  couleur  rouge 
foncé.  Coupé  à  la  grandeur  voulue,  ce  papier  est  enduit  de  parafine  et  collé 
sur  le  dos  des  plaques,  ou  bien  encore  enduit  d’huile  de  ricin  ou  de  toute  autre 
huile  qui  a  le  même  indice  de  réfraction  que  le  verre,  soit  à  peu  près  D  =  l,o4. 


Halo.  —  Collodion  anti  halo.  —  Voici  la  formule  de  ce  collodion  qu’on  verse 
sur  le  dos  des  plaques  : 


Coton  poudre . 

....  1  gr 

Alcool  méthylique ..  .  .  . 

....  12  gr 

Ether  méthylique  .  .  .  . 

....  36  gr 

Couleur  Magenta . 

.  93  gr 

Vernis  mat . 

•  •  ■  •  24  gr 

hlimmalcur  d'hyposulfite.  —  D’après  M.  Mercier,  qui  a  mis  dans  le  commerce 
le  sel  iodé  sec,  on  élimine  entièrement  l’hyposulfitc  par  le  bain  suivant  : 


Induré  de  potassium  .  •  .  •  .  4  gr. 

Carbonate  de  soude .  1  gr. 

Sel  de  cuisine .  30  gr. 

Eau . .  1 ,000  cc. 

ou  bien 

Iode  en  poudre .  3  gr. 

Carbonate  de  soude  ......  30  gr. 

Eau . -,  1,000  cc. 


(N’  1947.) 

Renforçage  à  L’argent.  —  En  attendant  que  nous  recevions  le  compte  rendu 
de  la  Session  tenue  à  Bruxelles  par  l’Union  internationale  de  Photographie, 
nous  recevons"via  Londres  une  révélation  qui  y  fut  faite  par  M.  Balagny. 

Il  s’agit  d’une  formule  de  renforçage  à  l’argent  qu’on  dit  très  digne  d’atten¬ 
tion. 

A  une  solution  de  5  p.  c.  de  nitrate  d’argent  on  ajoute  goutte  à  goutte  une 
solution  à  23  p.  c.  de  sulfite  de  soude;  il  se  forme  d’abord  un  précipité  qui  se 
redissout  à  mesure  qu’on  y  ajoute  du  sulfite;  aussitôt  que  la  solution  est  claire 
et  incolore,  elle  est  prête  à  l’usage.  Le  cliché,  entièrement  débarrassé  d’hypo- 
sulfite,  est  blanchi  dans  la  solution  de  sulfite  et  se  développe  à  l’hydroquinone 
ou  à  l’acide  pyrogallique.  A  retenir  et  surtout  à  essayer. 


Noir  pour  fer  et  pour  acier.  —  Pour  donner  une  couleur  noire  mate  au  fer  et 
à  l’acier,  on  plonge  les  objets  bien  nettoyés  dans  : 


Bichlorure  de  mercure  .  . 

•  •  4 

parties. 

Chlorure  cuivrique .... 

2 

)) 

Acide  chlorhydrique  .  .  . 

12 

» 

Alcool . 

10 

)) 

Eau . 

.  100 

» 

On  les  retire,  on  les  sèche  et  on  les  suspend  alors  pendant  une  demi-heure 
dans  l’eau  bouillante.  On  peut  répéter  l’opération. 

Dêveloppateur  sec.  —  M.  Bani,  de  Pise  recommande  : 

A.  Métol . 15  gr. 

Hydroquinone . 40  gr. 

lconogène . 25  gr. 

Acide  borique . 10  gr. 

Bien  mélanger  et  renfermer  dans  un  flacon  de  verre  orange  bien  bouché. 

B.  Sulfite  de  soude . 100  gr. 

Borax . 25  gr. 

Sucre  de  lait . 25  gr. 

Pour  l’usage  : 

Poudre  A .  3  gr. 

Poudrei? .  4  gr. 

Eau . 100  ce. 


(Nc  1948.) 

Nouvel  objectif  Goerz.  —  MM.  Goerz  et  von  Hoegh  ont  calculé  et  exécuté  un 
nouvel  objectif  de  5  lentilles  accolées.  Cet  objectif  paraît  simple  d’après  la 
figure  de  l’article,  il  est  à  grande  ouverture,  mais  on  ne  donne  ni  le  foyer  ni  le 
prix.  Le  prix  surtout,  celui-ci  augmente  avec  chaque  création  nouvelle,  il 
double,  triple,  quadruple,  etc. 

Le  Planar,  nouvel  objectif  de  Zeiss,  est  déjà  au  quadruple  de  ses  premiers 
instruments.  Il  semble  que  plus  il  y  a  de  lentilles, 'plus  il  y  a  de  rapidité  et 
plus  rapidement  augmente  le  prix.  Bientôt  ces  chefs-d’œuvre  d’optique  seront 
l’apanage  seul  des  milliardaires  américains,  et  un  simple  particulier  devra  se 
contenter  des  formes  anciennes,  qui  certes  ne  sont  pas  aussi  mauvaises  qu’on 
semble  le  croire  et  sont  à  un  prix  raisonnable. 

(N°  1951.) 

Papier  albuminé.  —  Connaît  pas,  disent  les  jeunes,  est-ce  du  celluloïde? 
Quoi?  Non,  c’est  notre  ancien  ami,  le  papier  qui  fut  le  compagnon  obligé  du 


—  63 


procédé  au  collodion.  Ce  papier,  qui  a  encore  ses  adorateurs,  semble  vouloir 
revivre.  M.  Zoller,  à  Vienne,  vient  de  faire  des  expériences  tendant  à  rendre  à 
ce  vieux  serviteur  son  ancien  lustre  et  de  plus  à  augmenter  encore  ce  lustre 
sous  le  nom  de  «  Phosphalbien  »  ou  «  Protalbin  ».  Ils  ont  créé  ou  inventé  un 
papier  dont  le  lustre  serait  encore  supérieur  à  tout  ce  qui  existe;  il  serait 
enduit  d’une  émulsion  à  l’alcool,  serait  très  stable  et  ne  contiendrait  pas  de 
soufre.  Attendons  et  voyons.  P.  D. 


PROGRAMME 

du  vingt  et  unième  concours  du  Journal  des  Voyages 


Premier  trimestre  de  1897-1898 


Le  motif  proposé  est  le  suivant  :  Scène  d'une  industrie  locale. 

Les  motifs  que  nous  proposerons  au  cours  de  l’année  1898  seront  les  suivants  : 

Vingt-deuxième  concours  '2e  trimestre.  —  N°  66  du  6  mars).  Coin  de  rempart 
ou  de  fortification  ; 

Vingt-troisième  concours  (3e  trimestre.  —  N°  79  du  8  juin).  Scène  de  gare  : 

Vingt-quatrième  concours  (4e  trimestre.  —  N"  92  du  4  septembre).  Bords 
d’un  canal; 

Vingt-cinquième  concours  (l°‘‘  trimestre  de  1898-1899.  —  N  108  du  4  décem¬ 
bre).  Intérieur  pris  dans  un  monument  célèbre. 

Le  programme  relatif  à  chacun  de  ces  concours  sera  publié  en  temps  et  lieu. 
Nous  rappelons  à  nos  lecteurs  que  tout  le  monde,  soit  abonné,  soit  acheteur  au 
numéro,  peut  prendre  part  à  ce  concours. 


Frédéric  Dieeaye. 


JOURNAUX  REÇUS 


Belgique. 

Bulletin  de  V Académie  royale  des  Sciences,  nÜS  9,  10,  11. 
Bulletin  de  la  Société  de  Microscopie,  n°  1. 

L’Objectif,  année  1897. 

Ciel  et  Terre,  nos  19,  20. 

Revue  de  V  Université  de  Bruxelles,  n°  3. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  377,  378,  379,  380. 

La  Presse  universelle,  nos  10,  11. 

Revue  bibliographique  belge,  n°  1 1 . 

Allemagne. 

Deutsche  Photographcn  Zeitung,  nos  50,  51,  52,  1. 
Photographisches  Archiv,  n°  S16. 

Der  Amateur-Photograph,  n°  12. 

Photograpliisclic  Mittheilungen,  n°  18. 

Photographisches  Centralblatt,  nos  23,  24. 
Photographische  Chronïk,  nos  50,  51,  52. 
Photographisches  Wochenblatt,  nos  49,  50,  51,  52. 
Prahtischer  Rathgeber,  nos  23,  24. 

Bas  Atelier  des  Photographen,  n°  1. 

Autriche. 

Photographische  Correspondent ,  n°  447. 

Wiener  Photographische  Blütter,  n°  12. 

Danemark. 

Beretninger  fra  Dansk  fotografisk  Forening,  n°  12. 

États-Unis. 

Anthony’ s  Bulletin,  n°  12. 

St-Louis  Photographer,  n°  12. 

Wilson’s  Magazine,  n°  492. 

La  Revista  cientifira  Hispano-Americana,  n°  12. 


—  66  — 


France. 

Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie ,  n°  22. 

Moniteur  de  la  Photographie,  n°  24. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  S3. 

Photo-Gazette,  n°  2. 

Photo-Journal,  n°  95. 

Le  Nord-Photographe,  n°  12. 

Le  Monde  photographique,  n°  32. 

Ombres  et  Lumière,  nos  29,  30. 

Photo-Revue,  n°  9. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaise  de  Photographie,  15  novembre,  15  dé¬ 
cembre. 

Bulletin  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la  France,  n°  10. 

L’ Avenir  photographique,  nos  71,  72. 

Bulletin  de  la  Société  Havraise  de  Photographie,  nos  8,  9,  10. 

Bulletin  de  l’Association  des  Amateurs  photographes  de  Dijon  et  de  la, 
Bourgogne,  n°  12. 

La  Science  illustrée,  n°s  524,  525,  526. 

La  Science  en  famille,  n°  26. 

Grande-Bretagne. 

British  Journal  of  Photography,  nos  1962,  1963,  1964. 

Photographie  News,  nos  102,  103,  104. 

The  Photographie  Journal,  nos  3,  4. 

Journal  of  the  Caméra  Club,  n°  139. 

Photography,  nos  474,  475,  476. 

The  Amateur  Photographer,  nos  688,  689,  690. 

The  Practical  Photographer,  n°  96. 

Process  Work  and  the  Printer,  n°  55. 

The  Photogram,  n°  49. 

Italie. 

Rivista  scientifico-artistica  di  Fotografia,  n°  11. 

Il  Progresso  fotografico,  nos  11,  12. 

La  Tribuna  illustrata,  n°s  49,  50,  51,  52. 

Suisse 

Revue  suisse  de  Photographie,  n°  11. 

La  Photo-Revue  suisse,  n°  12. 


( 


NOS  ILLUSTRATIONS 


Un  Reître.  —  L’épreuve  de  notre  confrère  M.  Robert  Pauli 
figurait  à  l’Exposition  de  Courtrai,  où  ce  superbe  agrandissement 
a  été  justement  remarqué  et  choisi  pour  l’illustration  du  Bulletin. 

La  réduction  en  photogravure  a  été  faite  par  la  maison 
J.  Malvaux,  de  Bruxelles,  qui  nous  montre  une  fois  de  plus  que  ce 
procédé  de  reproduction  lui  est  aussi  familier  que  la  phototypo¬ 
graphie. 

Lettrines  de  MM.  Bidart,  Boschmans,  Ch.  Dupont,  A.  Lei- 
rens,  Maes,  Puttemans,  Rousseau,  Selb,  Vanderkindere  et  Van 
Grinderbeeck. 

Illustrations  dans  le  texte  de  MM.  R.  Crespin,  Ch.  Putte¬ 
mans,  O.  Scharf,  D.  Van  den  Hove  et  M.  Vanderkindere. 


Erratum.  —  Rendons  à  César  ce  qui  appartient  à  César... 
Dans  le  n°  12  de  1897,  article  Nos  Illustrations ,  nous  avons  attribué 
la  paternité  de  La  Causette  au  puits  à  M.  Van  Bellingen.  L’auteur 
de  cette  planche  est  M.  Bellemans,  de  la  Section  d’Anvers,  ainsi 
que  le  porte  du  reste  la  reproduction  en  photo  typographie. 


I 


NÉCROLOGIE 


Acbüie  Sact*é 

Nous  avons  le  regret  d’annoncer  à  nos  lecteurs  le  décès  d’un  des 
membres  les  plus  dévoués  de  la  Section  de  Gand.  M.  Achille 
Sacré  vient  de  succomber  à  l’âge  de  40  ans  au  mal  qui  le  minait 
déjà  depuis  longtemps. 

Professionnel  habile,  il  faisait  partie  d’une  famille  dont  le  nom 
est  bien  connu  de  tous  ceux  qui  s’occupent  d’art  photographique. 

Confrère  aimable  et  dévoué,  il  était  toujours  prêt  à  rendre 
service  ou  à  donner  un  conseil  utile  et  pratique. 

Nous  présentons  nos  sincères  compliments  de  condoléances  à  sa 
famille  éplorée  ;  puisse  cet  hommage  adoucir  le  chagrin  que  leur 
cause  cette  perte. 

A.  G. 


P.hG.  Va t)  ïRetitettej hem 

La  Section  d’Anvers,  si  éprouvée  déjà  en  ces  derniers  temps, 
vient  de  faire  une  perte  nouvelle  en  la  personne  de  M.  P. -G.  Van 
Renterghem,  décédé  à  la  suite  d’une  longue  et  cruelle  maladie. 

Van  Renterghem,  à  l’abord  un  peu  fruste,  était  l’obligeance  et 
la  bonté  mêmes.  Il  a  rendu  de  grands  services  à  la  Section  en 
organisant  les  excursions  nautiques  sur  l’Escaut  et  en  Zélande  et 
avait  offert  le  pavillon  arboré  en  ces  circonstances. 

Un  grand  nombre  de  membres  de  l’Association  le  connurent 
aussi,  car  il  était  il  y  a  quelques  années  de  toutes  les  réunions,  de 
toutes  les  assemblées  et  excursions. 

Van  Renterghem  s’est  beaucoup  servi  de  la  photographie  dans 
ses  fonctions  d’inspecteur  d’une  société  d’assurances  maritimes. 


—  69  — 


Chaque  fois  qu’un  sinistre  était  signalé,  il  partait  muni  de  ses 
appareils.  Il  photographiait  les  avaries  et,  en  cas  de  contestations 
ou  de  demandes  de  dommages  exagérées,  il  présentait  au  tribunal  ses 
épreuves  et  n’avait  aucune  peine  à  convaincre  les  juges. 

Indépendamment  de  ces  photographies,  Van  Renterghem  a  exé¬ 
cuté  un  nombre  considérable  de  paysages  variés;  il  travaillait 
beaucoup  la  pellicule  et  il  était  intéressant  de  voir  avec  quelle 
dextérité  il  développait  et  maniait  des  films  souvent  de  grandes 
dimensions. 

Van  Renterghem  laissera  à  ses  collègues  et  amis  le  meilleur 
souvenir. 

J.  M. 


SOMMAIRE 


Conseil  d'administration.  —  Membres  admis 

Fctcs  du  XXVe  anniversaire . 

A  nos  lecteurs . 

Extraits  des  procès-verbauœ  des  séances  des  sections. 

Section  d'Anvers.  —  Séance  du  13  décembre  1897. 

Décès  de  M.  Van  Rentergliem.  — •  Hommages 

Développement  des  papiers  au  gélatino-chlorure.  —  Situation 
morale  de  la  Section.  —  Projections  .  . 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  10  novembre  1897. 

Concours  d  illustration  du  numéro  jubilaire.  —  Présentation  des 
membres . 

Photomètre  Decondun.  —  Papier Velox.  —  Papier  Schering.  _ 

Excursion.  —  Causerie  de  M.  Puttemans  sur  l’emploi  du  papier 
albuminé . 

Séance  annuelle.  —  Projections . 

Séance  du  24  novembre  1897. 

Séance  de  projections  de  la  Section  de  Namur.  —  Remerciements 
a  M.  de  Smetdu  Haj'on.  —  Objectif  stigmatic  Dallmeyer 

L’acétone.  —  Causerie  avec  projections  de  M.  Rutot  sur  les  Phéno¬ 
mènes  volcaniques . 

Séance  du  8  décembre  1897. 

Décès  de  MM.  Van  Renterghem  et  Achille  Sacré.  —  Electric  paper. 
—  Papier  Éclair.  —  L'art  en  photographie  par  M.  de  la  Cizérane. 

Hommage.  —  Papier  Schering.  —  Projections . 

Section  de  Garni.  —  Séance  du  2  décembre  1897. 

Félicitations  a  M.  J.  de  Smet.  —  Élections.  —  La  propriété  du 
cliché  photographique . 

Stéréo-jumelle  de  Krauss . 

Boîte  pour  le  transport  des  diapositives.  —  Plaques  Sandell.  - 
Papier  Schering.  —  Papier  Éclair  .... 


TABES. 

5 

8 

10 

18 

14 

15 

IG 

17 

18 
19 

21 

22 

23 

24 

25 


71  — 


PAGES. 

Section  de  Liège.  —  Séance  du  2G  novembre  1897. 


Album  international  des  Sociétés  photographiques.  — Félicitations 

à  M  Marissiaux.  —  Présentations  de  membres .  20 

Causerie  par  M.  O.  Loiseau  sur  la  microphotographie .  27 

Séance  du  10  décembre  1897. 


Décès  de  M.  Achille  Sacré.  —  Hommage .  27 

Présentation  de  membres.  —  Causerie  de  M.  O.  Loiseau  sur  la 

microphotographie .  28 

Section  de  Louvain.  —  Séance  du  17  novembre  1897. 


Renouvellement  du  bureau .  29 

Concours  d’illustration.  —  Jeton  de  présence.  —  Présentation  d’un 
membre.  —  Excursions .  30 


V''  Exposition  internationale  de  photographie  artistique  organisée  ci 
Hambourg  par  la  «  Gesellschaft  zur  Fôrderung  der  Amateur  Photo¬ 
graphie  »,  par  Ernest  J uhl . 

Développement  des  plaques  photographiques  au  gélatino-bromure  dont 

V exposition  exacte  est  incertaine . 

Pelliculisation  des  clichés,  par  R.  Rousseau . 

Renforçage  physique  des  phototypes  négatifs,  par  D.  Declercq  .  .  . 

Sur  un  mécanisme  pour  appareil  à  projections  animées,  par  F.  Drouin. 
Revue  des  journaux  photographiques . 

British  Journal  of  Photography . 

N°  1913.  —  Nuages,  filtre-écran . 

N°  1915.  —  Virage  au  platine . 

N°  1918.  —  Renforçage . 

N°  1922.  —  Virage  rouge . 

N°  1923.  —  Halo . 

Écrans  jaunes.  —  Essai  du  sulfite  de  soude.  —  Étiquettes 

pour  flacons . 

N°  1924.  —  Clichés  jaunes  pour  renforçage  au  bichlorure  de  mer¬ 
cure  . 

N°  1925.  —  Écran  jaune . 

N°  1927.  —  Noir  pour  cuivre . 

N°  1929.  —  Neutralité.  —  Aluminium  noirci.  —  Urane,  Renfor¬ 
çage  . 

N°  1939.  —  Procédé  Artigue  , . 

N°  1944.  —  Halo . 

N°  1946.  —  Halo.  —  Collodion  anti-halo.  —  Eliminateur  d’hypo- 
sulfite . a  ....  . . 


31 


38 

41 

46 


57 

57 

57 

58 
58 


59 

59 

60 

60 

60 

60 

61 


-  72  — 


PAGES. 

N°  1947.  —  Renforçage  à  l’argent .  61 

Noir  pour  fer  et  pour  acier.  —  Développateur  sec  .  .  62 

N°  1948.  —  Nouvel  objectif  Goerz .  62 

N°  1951.  —  Papier  albuminé .  62 

Programme  du  vingt  et  unième  concours  du  Journal  des  Voyages  .  .  64 

Journaux  reçus .  65 

Nos  illustrations .  67 

Nécrologie.  —  Achille  Sacré.  —  P. -G.  Van  Renterghem .  68 

Sommaire. 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


LE  COUCHER  DU  SOLEIL 

_ _ VWT  flY 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


Association  belge  de  Photographie 


SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d'honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 


N°  2.  —  25me  ANNÉE.  —  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  Y.) 


Conseil  d’fldministfation 

NT  été  admis  : 

Membres  effectifs  : 

MM.  Backeland,  Léo,  docteur  en 
sciences,  New-York  (États-Unis),  présenté 
par  MM.  Puttemans  et  Nvst. 

Cumont,  Alfred,  2e,  rue  du  Luxem¬ 
bourg,  Bruxelles,  présenté  par  MM.  De 
Meuter  et  Vanderkindere. 


G 


—  74  — 


Delcoigne,  Georges,  10,  avenue  Louise,  Bruxelles,  présenté 
par  MM.  Broothaerts  et  Vanderkindere. 

Delva,  Victor,  60,  rue  de  Molenbeek,  Laeken,  présenté  par 
MM.  Puttemans  et  Suzor. 

de  Penéranda,  Alphonse,  17,  rue  d’Idalie,  Bruxelles,  présenté 
par  MM.  Vanderkindere  et  Peltzer. 

d’Oultremont,  Adhémar  (comte),  sénateur,  17,  rue  de  la  Loi, 
Bruxelles,  présenté  par  MM.  Parmentier  et  Vanderkindere. 

Dupret,  Georges,  130,  rue  Ro3rale,  Bruxelles,  présenté  par 
MM.  V.  Selb  et  Vanderkindere. 

Ernotte,  12,  rue  de  Spa,  Bruxelles,  présenté  par  MM.  Putte¬ 
mans  et  Suzor 

Hunter,  Michel,  25,  rue  Haringrode,  Anvers,  présenté  par 
MM.  Lannoy  et  Maes. 

Jacobs,  Joseph,  pharmacien,  8,  rue  des  Bogards,  Louvain, 
présenté  par  MM.  Peeters  et  F.  De  Mralque. 

Simon,  René,  20,  rue  Verbist,  Bruxelles,  présenté  par  MM.  Put¬ 
temans  et  Suzor. 


Japy  de  la  3e  Exposition  d’flrt  Photographique 


Le  jury  de  l’Exposition  qui  s’ouvrira  le  1er  mai  au  Cercle 
artistique  de  Bruxelles  est  composé  comme  suit  : 

Président,  M.  Jos.  Casier,  président  de  V Association  belge  de 
Photographie.  —  Membres  :  MM.  Ch.  Hermans,  artiste  peintre; 
F.  Khnopff,  artiste  peintre,  secrétaire  du  Cercle  artistique  et  lit¬ 
téraire  de  Bruxelles;  Jos.  Maes,  président  de  l’Union  internatio¬ 
nale  de  photographie:  G.  Oury,  amateur  photographe;  Charles 
Puttemans,  président  de  la  Section  de  Bruxelles  de  l’Association; 


—  75  — 


Edm.  Sacré,  photographe;  A. -J.  Wauters,  professeur  à  l’Aca¬ 
démie  des  Beaux-Arts  de  Bruxelles,  membre  de  la  commission 
directrice  des  musées  royaux  de  peinture  et  de  sculpture.  — 
Secrétaire,  M.  Marcel  Vanderkindere,  secrétaire  général  de 
Y  Association  belge  de  Photographie. 


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ASSOCIATION  BELGE 

DE 

PHOTOGRAPHIE 

SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d’honneur  de  S.  A.  R.  Mgr  le  Prince  Albert  de  Belgique 


STATUTS 


CHAPITRE  PREMIER. 

1.  La  société  prend  le  titre  de  :  Association  belge  de  Photogra¬ 
phie. 

2.  Son  but  est  purement  artistique  et  scientifique.  Elle  poussera 
au  développement  des  progrès  photographiques  par  des  réunions 
périodiques,  des  communications,  l’essai  des  nouveaux  procédés, 
des  expositions,  et,  si  les  ressources  le  permettent,  par  la  publica¬ 
tion  des  faits  les  plus  intéressants. 

3.  Le  siège  de  l’Association  est  à  Bruxelles.  Chaque  année,  une 
assemblée  générale  extraordinaire  réunira  les  membres  dans  une 
ville  du  pays  à  désigner  dans  l’assemblée  générale  précédente. 

4.  L’Association  ne  pourra  être  dissoute  qu’à  la  majorité  des 
trois  quarts  des  membres.  Dans  ce  cas,  tout  ce  qui,  dans  les  archives 


de  l’Association,  pourrait  avoir  un  intérêt  pour  l’art  et  la  science 

/ 

photographiques  sera  remis  dans  un  dépôt  de  l’Etat,  soit  musée, 
soit  bibliothèque. 

5.  Aucune  modification  ne  pourra  avoir  lieu  au  présent  chapitre 
des  statuts. 


CHAPITRE  II. 

ADMISSIONS.  —  DÉMISSIONS. 

G.  L’Association  se  compose  de  membres  effectifs,  de  membres 
d’honneur,  de  membres  honoraires  et  de  membres  associés.  Le 
nombre  des  membres  d’honneur  et  celui  des  membres  honoraires 
seuls  sont  limités. 

7.  Le  titre  de  membre  de  l’Association  ne  peut  être  pris  dans 
aucune  enseigne,  marque,  étiquette,  prospectus,  carte  ou  adresse, 
facture,  prix  courant  et  généralement  dans  aucune  publication, 
quelle  qu’en  soit  la  forme,  se  rattachant  au  commerce  et  à  l’indus¬ 
trie. 

8.  Les  membres  effectifs  sont  admis  par  le  Conseil  d’administra¬ 
tion,  sur  la  proposition  de  deux  membres.  Ils  sont  soumis  à  une 
cotisation  annuelle  de  vingt  francs,  payable  par  anticipation,  et  à 
un  droit  d’entrée  de  dix  francs.  Seuls,  ils  peuvent  faire  partie  du 
Conseil  d’administration. 

9.  Le  titre  de  membre  d’honneur  pourra  être  accordé  à  toute 
personne  qui,  par  ses  travaux  ou  de  toute  autre  manière,  aura 
contribué  au  progrès  de  la  photographie.  Les  membres  d’honneur 
sont  nommés  en  assemblée  générale,  sur  la  présentation  du  Conseil. 
Leur  nombre  est  limité  au  quart  de  celui  des  membres  effectifs.  Ils 
n’ont  pas  voix  délibérative. 

10.  Les  membres  honoraires  sont  choisis  par  le  Conseil  parmi  les 
personnes  qui,  par  leurs  travaux  ou  de  toute  autre  manière,  auront 
rendu  des  services  à  l’Association  belge  de  Photographie.  Le 
nombre  en  est  limité  au  dixième  de  celui  des  membres  effectifs.  Ils 
sont  exempts  de  toute  cotisation,  mais  n’ont  pas  voix  délibérative. 

11.  Les  membres  effectifs,  d’honneur  et  honoraires  reçoivent 
seuls  toutes  les  publications  de  l’Association. 


—  78 


12.  Les  membres  associés  sont  admis  par  le  Conseil  d’administra¬ 
tion,  sur  la  présentation  de  deux  membres.  Toutefois,  pour  les 
enfants  des  membres,  la  présentation  signée  par  le  père  ou  la  mère 
suffira. 

Les  membres  associés  payent  une  cotisation  annuelle  de  dix  francs, 
sans  droit  d’entrée.  Ils  peuvent  assister  aux  séances,  prendre  part 
aux  concours  et  aux  expositions.  Ils  ne  reçoivent,  en  fait  de  publi¬ 
cations  de  l’Association,  que  les  illustrations  hors  texte  du  Bul¬ 
letin  qui  leur  seront  remises  aux  séances  de  la  Section  à  laquelle  ils 
appartiennent.  Ils  ont  droit  de  vote  l’année  qui  suit  celle  de  leur 
admission. 

Après  un  terme  de  trois  ans,  ils  auront  la  faculté  de  demander 
leur  inscription  comme  membres  effectifs  sans  être  soumis  au  droit 
d’entrée.  Toutefois,  ce  délai  n’est  pas  applicable  aux  enfants  des 
membres  qui  seront  reçus  membres  effectifs  sur  leur  demande  visée 
par  le  président  de  la  Section  à  laquelle  ils  appartiennent,  en  payant 
la  cotisation  annuelle  ordinaire  sans  droit  d’entrée. 

13.  Toute  nouvelle  admission  sera  annoncée  dans  la  plus  pro¬ 
chaine  séance  et  publiée  dans  le  Bulletin. 

14.  La  démission  de  membre  de  l’Association  devra  être  adressée 
par  écrit  au  secrétaire  général  avant  le  1er  décembre,  de  chaque 
année. 

15.  Le  membre  démissionnaire  ne  pourra  être  réadmis  avant  un 
intervalle  de  deux  ans  et  aura  à  acquitter  de  nouveau  le  droit 
d’entrée. 

16.  Tout  membre  qui,  après  présentation  de  la  quittance  et  deux 
avis  du  trésorier  donnés  à  quinze  jours  de  distance,  n’aurait  pas 
acquitté  sa  dette  ou  toute  autre  somme  dont  il  serait  redevable  à 
l’Association,  sera  rayé  d’office.  Ces  radiations  seront  annoncées  à 
l’assemblée  générale. 

17.  L’exclusion  d’un  membre  ne  pourra  être  prononcée  qu’à 
l’unanimité  du  Conseil. 

Le  membre  exclu  a  le  droit  de  recourir  à  la  prochaine  assemblée 
générale. 

Le  membre  exclu  ne  peut  plus  être  réadmis  à  faire  partie  de 
l’Association. 


—  79  — 


CHAPITRE  III. 

ADMINISTRATION. 

18.  L’Association  est  administrée  par  un  Conseil  composé  de  : 

1°  Un  président; 

2°  Deux  vice-présidents  ; 

8°  Un  secrétaire  général  ; 

4°  Un  trésorier; 

5°  Six  commissaires  élus  par  l’assemblée  générale  ; 

ü°  De  commissaires  élus  directement  par  chacune  des  Sections 
de  l’Association,  à  raison  d’un  commissaire  par  Section. 

19.  Le  président  est  élu  pour  trois  ans.  Il  peut  être  réélu  pour 
un  nouveau  terme  de  trois  ans  après  lequel  il  n’est  pas  immédiate¬ 
ment  rééligible. 

20.  Les  vice-présidents  sont  nommés  pour  trois  ans  et  peuvent 
être  réélus  à  l’expiration  de  leur  mandat. 

21.  Les  commissaires  sont  nommés  pour  un  an  et  sont  rééli¬ 
gibles. 

22.  Les  membres  du  Conseil  nommés  en  remplacement  de 
membres  décédés  ou  démissionnaires  achèvent  le  mandat  de  ces 
derniers. 

28.  Le  secrétaire  général  et  le  trésorier  sont  nommés  pour  un 
terme  de  cinq  ans  et  peuvent  être  réélus. 

24.  Les  élections  ont  lieu  à  la  pluralité  des  voix. 

25.  Le  président  règle  l’ordre  du  jour  et  a  la  police  des  séances. 
Il  signe  les  diplômes  et  tous  les  actes  de  l’Association;  il  fait  de 
droit  partie  de  toutes  les  commissions  et  députations. 

26.  En  cas  d’absence  du  président,  il  sera  remplacé  par  l’un  des 
vice-présidents. 

27.  Le  secrétaire  général  règle  les  procès-verbaux  et  tient  la  cor¬ 
respondance.  A  l’ouverture  de  chaque  séance,  il  donne  lecture  du 
procès-verbal  de  la  séance  précédente,  puis  de  la  correspondance, 
et  fait  encore  connaître  l’ordre  du  jour.  Il  signe  les  diplômes  et  tous 
les  actes  de  l’Association  et  fait  partie  de  toutes  les  commissions  et 
députations.  Annuellement,  à  la  séance  du  mois  d’avril,  il  présentera 


—  80  — 


un  rapport  général  sur  les  travaux  et  les  relations  de  l’Association. 
Il  est  chargé  des  convocations,  publications  et  archives  de  l’Asso¬ 
ciation. 

I  n  secrétaire  adjoint,  choisi  parmi  les  membres  de  l’Association, 
pourra  être  nommé  par  les  soins  du  Conseil. 

28.  Le  trésorier  inscrit  toutes  les  recettes  et  dépenses,  par  ordre 
de  date,  dans  un  registre  coté  et  paraphé  par  le  président.  Il  veille 
à  la  rentrée  des  cotisations  et  présente  chaque  année  un  budget  et 
un  rapport  sur  la  situation  financière  de  l’ Association. 

II  fera  connaître  l’état  de  la  caisse  chaque  fois  que  le  Comité  le 
demandera. 

29.  Le  trésorier  ne  payera  que  les  mandats  approuvés  par  le 
Conseil  et  signés  par  le  président  et  le  secrétaire  général. 

30.  Toute  dépense  extraordinaire  dépassant  cinq  cents  francs 
devra  être  autorisée  par  l’assemblée  générale. 

CHAPITRE  IV. 

FORMATION  DE  SECTIONS. 

3L  Dans  le  but  de  faciliter  les  travaux,  l’Association  est  divisée 
en  Sections. 

32.  Chaque  fois  que  dans  une  localité  il  y  aura  dix  membres 
adhérents,  il  pourra  être  créé  une  Section. 

Chaque  Section  nomme  son  bureau. 

Le  secrétaire  fera  parvenir  mensuellement  et  en  temps  opportun 
au  secrétaire  général  le  résultat  des  travaux  de  la  Section. 

Les  procès-verbaux  qui  ne  seraient  pas  parvenus  au  secrétaire 
général  endéans  les  deux  mois  qui  suivent  la  date  de  la  séance,  ne 
seront  plus  insérés  au  Bulletin. 

34.  Chaque  Section  arrêtera  elle-même  son  règlement  d’ordre 
intérieur. 

CHAPITRE  V. 

RÉUNIONS. 

55.  Une  assemblée  générale  ordinaire  aura  lieu  à  Bruxelles, 
chaque  année,  dans  le  courant  du  mois  d’avril. 


—  81 


8(3.  Outre  cette  assemblée  générale,  on  pourra  en  convoquer 
d’autres  sur  la  proposition  du  Conseil  ou  de  sept  membres  de  l'Asso¬ 
ciation. 

37.  Les  décisions  des  assemblées  générales  ne  peuvent  porter 
que  sur  des  objets  à  l’ordre  du  jour;  elles  se  prennent  à  la  pluralité 
des  voix,  sauf  le  cas  de  modification  au  présent  règlement.  Ces 
modifications  devront  être  présentées  par  quinze  membres  ou  par  le 
Conseil  dans  une  assemblée  générale.  Elles  seront  portées  à  la  con¬ 
naissance  des  membres  de  l’Association  par  la  voie  du  Bulletin  et 
par  celle  d’une  circulaire  qui  pourra  être  en  même  temps  la  lettre 
de  convocation  à  une  nouvelle  assemblée  générale,  à  réunir  endéans 
les  deux  mois  qui  suivent  l’assemblée  dans  laquelle  la  proposition 
de  modification  aux  statuts  a  été  faite.  Il  sera  pris,  après  discussion 
dans  cette  assemblée,  une  décision  sur  cette  proposition  à  la  simple 
pluralité  des  voix. 

38.  Chaque  Section  tiendra  mensuellement  au  moins  une  réunion, 
dont  elle  fixera  le  jour.  Tous  les  membres  de  l’Association  ont  le 
droit  d’assister  aux  réunions  des  diverses  Sections. 

39.  Le  Conseil  nommera  des  commissions  à  l’effet  de  vérifier  et 
d’expérimenter  les  communications  faites  en  Section.  Ces  commis¬ 
sions  présenteront  dans  le  plus  bref  délai  un  rapport  à  la  Section 
intéressée. 


CHAPITRE  VI. 

PUBLICATIONS. 

40.  L’Association  publiera  sous  le  titre  de  :  Bulletin  de  l Asso¬ 
ciation  belge  de  Photographie  une  revue  mensuelle  illustrée  conte¬ 
nant  :  1°  un  extrait  des  procès-verbaux  des  séances  des  diverses 
Sections;  2°  les  communications  faites  par  les  membres;  3°  le 
résumé  des  travaux  publiés  en  dehors  de  l’Association. 

4L  La  rédaction  de  ce  Bulletin  est  placée  sous  la  surveillance  du 
Conseil  d’administration,  et  rien  n’y  sera  publié  sans  son  assenti¬ 
ment. 

42.  Les  travaux  publiés  dans  le  Bulletin  seront,  autant  que  pos¬ 
sible,  insérés  dans  l’ordre  de  leur  présentation. 


—  82 


43.  L’Association  n’assume  aucune  responsabilité  pour  les  opi¬ 
nions  émises  dans  les  travaux  qu’elle  publie. 

44.  Les  épreuves,  revues  et  corrigées,  seront  renvoyées  dans  la 
huitaine  au  secrétaire  général.  Ce  délai  expiré,  le  secrétaire  général 
est  autorisé  à  passer  outre  et  à  donner  le  bon  à  tirer  conformément 
au  manuscrit. 

45.  Tous  les  membres  pratiquant  la  photographie  sont  invités  à 
confier  annuellement  au  Comité  quelques-uns  de  leurs  clichés. 

4(3.  Le  Comité  nommera  une  commission  de  trois  membres  char¬ 
gée  de  recevoir  ces  clichés  après  examen  d’une  épreuve. 

47.  Tout  auteur  d’une  planche  hors  texte  publiée  au  Bulletin 
rece\  ra  a  ingt-cinq  exemplaires  de  cette  planche  tirés  sur  papier 
grand  format. 

48.  Tous  les  cas  non  prévus  dans  les  présents  statuts  seront  tran¬ 
chés  par  le  Conseil  d  administration,  qui  en  fera  rapport  à  la  plus 
prochaine  assemblée  générale. 


Section  d’Anvers 

SÉANCE  DU  17  JANVIER  1898 

Présidence  de  M.  Maes,  président 


ont  présents  :  MM.  Ba¬ 
vais,  Bellemans,  Bourgeois, 
Brarid,  Colon,  Gife,  Hahn, 
Homblé,  Janssens,  Lannoy, 
Lunden,  Maes,  Myin, 
Nieuwland,  Peyrot,  San- 
ders,  Selb,  Spiers,  Spilt- 
hoorn,  Vanbellingen,  van  Bever,  Vandenbroek,  Van  Meerbeck. 

Excusé  :  M.  Keusters. 

En  l’absence  du  secrétaire  adjoint,  le  lieutenant  Lannoy  est 
invité  à  remplir  ces  fonctions. 

M.  Maes  donne  lecture  des  comptes  de  l’année  1897,  clôturant 
par  une  encaisse  de  501  fr.  2  c.  Les  comptes  sont  approuvés. 

L’ordre  du  jour  porte  la  formation  du  bureau  pour  1898. 
M.  Maes  dit  que  la  Section  d’Anvers  a  été  constituée  en  décembre 
1887  et  qu’elle  compte  par  conséquent  on/e  années  d’existence. 
Pendant  ces  on/e  années,  M.  Maes  a  été  nommé  président;  il  croit 
que  l’heure  de  la  retraite  a  sonné  ;  il  rappelle  ses  déclarations  de  la 
séance  précédente  et  pense  qu’une  autre  direction  serait  utile  à  la 


Section. 

M.  Lunden  s’associe  aux  paroles  de  M.  Maes. 

L’assemblée  remercie  par  acclamation  MM.  Maes  et  Lunden 
du  dévouement  qu’ils  n’ont  cessé  de  montrer  à  la  Section. 


—  84  — 


Le  président  suspend  la  séance  pour  permettre  aux  membres  de 
délibérer.  MM.  Maes  et  Lunden  se  retirent. 

A  la  reprise  de  la  séance,  il  est  procédé  au  vote.  Prennent  place 
au  bureau  :  MM.  Vanbellingen,  Brand  et  Lannoy. 

Votants  :  21. 

S’abstiennent  :  MM.  Maes  et  Lunden. 

Bulletins  blancs  :  4. 


Président  :  M.  Maes 

16 

voix. 

Divers  : 

1 

voix 

Vice-président  :  M.  Lunden 

15 

id. 

Id. 

o 

id. 

Secrétaire  :  M.  Lannoy 

16 

id. 

Id. 

2 

id. 

Secrétaire  adjoint  :  M.  Keusters  10 

id. 

Id. 

7 

id. 

MM.  Maes  et  Lunden  déclarent  qu’en  présence  de  ce  vote,  ils 
persistent  dans  leur  résolution,  malgré  les  démarches  faites  auprès 
d’eux  pendant  la  suspension  de  la  séance,  et  malgré  les  vives  ins¬ 
tances  de  MM.  Vanbellingen  et  autres.  L’assemblée  décide  de 
remettre  l’élection  à  quinzaine.  L’ancien  bureau  conservera  la 
direction  à  titre  provisoire. 

On  passe  au  troisième  point  à  l’ordre  du  jour  :  le  papier  Velox 
de  la  Nepera  O,  dont  le  représentant  à  Bruxelles,  Mme  veuve 
Gecele,  avait  mis  des  spécimens  et  des  pochettes  de  papiers  et 
développateurs  à  la  disposition  de  la  Section.  M.  Maes  dit  les  avan¬ 
tages  de  ce  papier;  il  fait  remarquer  la  simplicité  des  manipulations 
et  procède  à  l’impression  et  développement  de  quelques  épreuves  à 
la  lumière  d’un  bec  Auer.  Les  résultats  sont  fort  appréciés. 

Il  est  procédé  ensuite  à  la  projection  de  superbes  vues  de 
M.  Bourgeois,  dont  «  le  Coup  de  canon  «  fait  sensation,  de 
MM.  Myin  et  Spiers.  Pour  terminer  la  séance,  les  vues  de  M.  Maes, 
«  ’N  oyage  en  Hollande  »,  excitent  l’admiration.  Des  remerciements 
sont  votés  à  ces  messieurs. 


Section  de  Bruxelles 

SÉANCE  DU  22  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


rÉsents  :  MM.  Durieu,  De 
Vinck,  Yermeiren,  Nopère, 
Paternotte,  Magnien,  Nyst, 
Avanzo,  Poupart,  Vanderkin- 
dere,  Pollet,  De  Raeymacker, 
Herbet,  de  Raet,  De  Meuter, 
Manne,  Dewit,  Rutot,  Boitson, 
Bronkhorst,  Bottiau,  Bayart, 
Frennet,  Van  Lint,  Broothaerts,  Smeesters,  Hofmans,  Paradis, 
Ledure,  Duvelaer,  Delcroix,  Suzor  et  Stadeler,  secrétaire. 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  8  décembre  est  lu  et  adopté. 

M.  le  président  annonce  qu’il  a  obtenu  des  différentes  sociétés  qui 
usent  en  commun  du  local  de  l’Association,  une  participation  dans 
les  frais  d’appropriation  du  local.  C’est  ainsi  que  la  société  des 
électriciens  a  fait  placer  un  rideau  qui  permettra  d’obtenir  l’obscu¬ 
rité  dans  la  salle  lorsqu’il  s’agira  d’organiser  des  matinées  de  pro¬ 
jections.  De  son  côté,  l’Association  belge  des  chimistes  fera  l’achat 
de  15  chaises  et  enfin  M.  le  directeur  de  l’Ecole  industrielle  y 
ajoutera  15  autres  chaises. 

La  Section  de  Gand  fait  don  à  la  Section  de  Bruxelles  d’un 
exemplaire  des  Revues  photographiques  de  feu  M.  De  Vylder.  Des 


—  86 


remerciements  seront  adressés  à  la  Section  donatrice  pour  cet  hom¬ 
mage. 

M.  Stadeler  signale  les  lacunes  et  les  non-sens  que  présente  la 
table  générale  des  matières  publiée  dans  le  Bulletin  de  décembre 
dernier.  Telle  qu’elle  est  conçue,  sans  ordre  et  sans  méthode,  cette 
table  ne  peut  être  d’aucune  utilité,  car  elle  est  des  plus  incomplètes 
et  ne  donne  aucune  idée  de  la  matière  contenue  dans  notre  organe. 

A  son  avis,  elle  doit  être  refondue  sur  un  nouveau  plan  et  les 
articles  devraient  être  indiqués  par  ordre  analytique  et  non  alpha¬ 
bétique. 

Cette  coordination  constitue  évidemment  un  travail  très  long, 
mais  il  s’impose,  car  telle  que  la  table  est  conçue  aujourd’hui  elle 
est  incomplète  et  conséquemment  inutile. 

M.  Puttemans  reconnaît  le  bien-fondé  des  critiques  faites,  et  cette 
fois,  comme  l’année  dernière,  il  a  eu  la  main  forcée  pour  ne  pas 
retarder  la  publication  du  Bulletin ,  et  il  assure  que  des  instructions 
seront  données  à  l’auteur  de  la  table  pour  que  celle-ci  soit  dressée 
de  manière  à  être  consultée  avec  fruit. 

A  propos  des  excursions  photographiques,  M.  Vanderkindere 
voudrait  voir  tracer  un  grand  itinéraiie  qui  serait  ensuite  fractionné 
suivant  le  temps  à  consacrer  à  chacune  de  nos  excursions.  Ainsi  on 
unirait  l’intérêt  photographique  à  l’intérêt  géographique  des  con¬ 
trées  traversées. 

Précisément,  dit  M.  le  président,  la  Section  organisera  l’année 
prochaine  une  excursion  dans  toute  la  vallée  de  la  Semois,  depuis 
l’amont  jusqu’à  l’aval.  Cette  excursion  durera  huit  à  dix  jours. 
Plusieurs  adhérents  se  sont  déjà  fait  inscrire,  et  il  la  recommande 
chaudement  aux  amateurs. 

M.  De  Meuter  présente  une  photo-jumelle  à  double  combinaison 
pour  plaques  Yerascope  ou  pellicule  Pocket-Kodak  qui  offre  de  très 
sérieux  avantages.  Il  présente  en  outre  un  nouveau  stéréoscope 
combiné  de  façon  à  s’appliquer  à  toutes  les  vues,  ainsi  que  des 
plaques  Taekels,  de  Cand,  dont  MM.  De  Raeymaeker,  Bavaert  et 
Dewit  se  chargent  de  faire  l’essai. 

M.  le  président  clôture  la  soirée  par  des  expériences  de  dévelop¬ 
pement  d’épreuves  tirées  sur  papier,  électrique  de  la  Beernaert’s  C'A 


87  — 


de  Gand.  Les  membres  remarquent  combien  ce  papier  se  manie 
facilement,  avec  rapidité  et  sûreté. 

La  formule  employée  par  M.  Puttemans,  dans  les  expériences 
qui  viennent  d’être  faites,  intéressera  les  amateurs;  c’est  pourquoi 
nous  la  donnons  ci-après  : 

Sulfite  de  soude  anhydre  ...  50  gr. 

Eau  distillée  ou  de  pluie.  .  .  .  1,000  gr. 

Amidol .  4  gr. 

Bromure  de  potassium  à  10  p.  c.  .  2,5  c3. 

L’amidol,  étant  fort  soluble,  on  l’introduit  dans  le  sulfite  au  fur 
et  à  mesure  des  besoins.  ( Applaudissements .) 

La  série  de  projections  continue  à  être  des  plus  intéressantes.  On 
applaudit  les  débuts  très  remarqués  de  M.  Nopère  dont  quelques 
clichés  de  la  Semois  sont  des  mieux  traités,  ainsi  que  M.  Delcroix, 
qui  nous  révèle  quelques  jolis  coins  de  l’étranger.  M.  le  Dr  Paradis 
revendique  ses  droits  de  priorité,  dit-il,  en  projetant  une  série 
d’affiches  illustrées  de  nos  murs.  Mais  le  succès  est  surtout  pour  les 
sites  de  M.  Boitson  que  nous  connaissions  déjà  comme  un  portrai¬ 
tiste  de  talent,  ainsi  que  pour  de  nombreux  et  superbes  paysages 
animés  de  M.  Puttemans.  Des  chevaux  en  chemin  creux,  notam¬ 
ment,  font  grande  impression  et  sont  très  applaudis. 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


SÉANCE  DU  12  JANVIER  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 

Sont  présents  :  MM.  Nopère,  Paradis,  Rutot,  Nyst,  Watrigant, 
Vermeiren,  Manne,  Frennet,  Simoneau,  Gilbert,  Bidart,  Durieu, 
Delevoy,  Vanderkindere,  Broothaerts,  Delcroix,  Smeesters,  Hof- 
mans,  Marynen,  Pollet,  Remacle,  Lavalette,  de  Raet,  Evely,  Des¬ 
camps,  Boitson,  Bronkhorst,  Suzor,  J.  Van  Beesen,  Belot,  V .  Van 
Beesen,  De  Raeymacker  et  Stadeler,  secrétaire. 

M.  le  président  montre  deux  résultats  bien  différents  obtenus  sur 


Electi  ic  paper  de  la  firme  Beernaert  :  l’un  avec  le  bain  normal 
recommandé,  1  autre  avec  ce  même  bain  additionné  de  1  p.  c.  de 
bain  fixateur.  Cette  dernière  épreuve  est  de  beaucoup  la  plus  déli¬ 
cate  des  deux. 

La  firme  A  an  Monckhoven  a  fait  parvenir  des  pochettes  de  papier 
Eclair  qui  sont  distribuées  aux  membres  pour  essai. 

M.  Rutot  annonce  que  notre  confrère  M.  Hovelacque  veut  bien 
nous  faire  une  séance  de  projections  relatives  a  son  récent  voyage 
en  Algérie  et  en  Tunisie.  (. Applaudissements .) 

Cette  séance  est  fixée  au  dimanche  23  janvier  et  aura  lieu  dans  le 
local.  Afin  d  éviter  1  encombrement,  il  est  décidé  que  chaque  mem¬ 
bre  n  aura  le  droit  d’inviter  qu’une  seule  personne. 

M.  Suzor,  représentant  de  la  maison  Jougla,  à  Bruxelles,  montre 
les  résultats  obtenus  au  moyen  des  plaques  et  pellicules  radiogra¬ 
phiques  préparées  par  cette  maison.  Ces  résultats  sont  très  remar¬ 
quables  et  très  supérieurs  à  ceux  obtenus  avec  les  plaques 
ordinaires.  Ces  plaques  et  pellicules  sont  d’une  extrême  sensibilité 
aux  ray  ons  X  et  elles  donnent  avec  des  finesses  remarquables  les 
détails  les  plus  minutieux  des  objets  radiographiés. 

AI.  le  président  remercie  Al.  Suzor  pour  ses  très  intéressantes 
communications  et  pour  les  superbes  épreuves  qu’il  a  fait  circuler. 

L  assemblée  s  occupe  des  grandes  lignes  de  la  prochaine  séance 
publique  de  projections. 

Le  théâtre  communal  étant  cette  année  éclairé  à  l’électricité,  il 
sera  a  raisemblablement  fait  usage  de  cet  éclairage  pour  les  projec¬ 
tions. 

Al.  le  président  se  charge  d’examiner  une  modification  introduite 
à  la  lanterne  de  projections  par  notre  confrère  M.  Selb,  et  M.  le 
secrétaire  se  rendra  au  théâtre  communal  pour  prendre  les  disposi¬ 
tions  relatives  à  la  lumière. 

M.  le  président  fait  appel  aux  membres  pour  les  engager  à  pro¬ 
duire  leurs  positives  et  il  annonce  que  la  prochaine  séance  sera  par¬ 
ticulièrement  consacrée  à  la  projection  des  clichés  déjà  présentés  et 
de  ceux  non  encore  projetés. 

La  séance  est  levée  à  10  heures,  la  section  n’ayant  pu  disposer  du 
local  habituel  de  ses  réunions. 


Section  de  Qand 

SÉANCE  DU  13  JANVIER  1898 
Présidence  de  M.  Goderus,  président 


ssistaient  à  la  séance  : 
M  M .  Brunin ,  Casier , 
Coupé,  Delebecque,  De 
Nobele,  De  Breyne,  L.  De 
Clercq,  M.  De  Clercq, 
D’Hoy,  Goderus,  De 
Moor,  De  Keyser,  Lei- 
rens,  Servaes,  Tyman, 
Vanden  Hove ,  général 
Van  Eechout,  Van  Loo  et  Van  Houte. 

Toute  la  séance  est  occupée  par  une  causerie  accompagnée  de 
démonstrations  faites  par  le  D1  De  Nobele  sur  les  rayons  X  et  leurs 
applications. 

L’orateur  montre  les  différentes  phases  par  lesquelles  a  passé  la 
science  avant  d’arriver  au  résultat  actuel.  Il  montre  avec  expé¬ 
riences  à  l’appui  les  modifications  que  présente  l’étincelle  électrique 
quand  on  la  fait  jaillir  dans  des  tubes  où  le  vide  est  poussé  de  plus 
en  plus  loin,  en  commençant  par  les  tubes  de  Geissler,  pour  arriver 
aux  tubes  de  Crookes,  qui  produisent  les  rayons  cathodiques,  et 
aboutir  au  tube  de  Hittorf,  où  le  vide  complet  est  obtenu  et  dans 
lequel  l’étincelle  ne  passe  plus  du  tout. 

L’orateur  démontre  également  comment  déjà  avant  Rontgen 
Lénard  était  parvenu  à  produire  les  fameux  rayons  X  et  avait 
impressionné  une  plaque  photographique  par  leur  moyen,  mais 


i 


—  90  — 


n’avait  pu  interpréter  sa  découverte.  Il  fallut  que  deux  ans  plus 
tard  Rontgen  en  renouvelant  les  expériences  de  Lénard  reconnût 
ces  nouveaux  rayons  qui  traversent  tous  les  corps  en  raison  inverse 
de  leur  densité  et  se  distinguent  des  rayons  cathodiques  en  ce  qu’ils 
ne  se  laissent  pas  dévier  par  l’aimant. 

Le  Dr  De  Nobele  fit  alors  fonctionner  ses  appareils  et  montra 
successivement  sur  l’écran  fluorescent  le  contenu  d’un  porte-mon¬ 
naie,  d’une  boîte  avec  différents  objets,  une  paire  de  lunettes  dans 
leur  étui,  le  squelette  de  la  main,  du  bras,  etc.,  ainsi  que  l’examen 
des  organes  thoraciques  :  cœur,  poumons,  foie,  diaphragme,  que 
tous  les  assistants  purent  parfaitement  reconnaître. 

A  la  suite  de  ces  démonstrations,  M.  De  Nobele  projeta  une  col¬ 
lection  de  diapositives  de  differents  sujets  pris  par  lui  à  l’aide  des 
rayons  X,  notamment  des  mains  avec  des  balles  de  revolver  ou  des 
aiguilles;  grâce  à  la  radiographie,  balles  et  aiguilles  furent  facilement 
extraites,  des  fractures  de  différents  os,  des  luxations,  la  photogra¬ 
phie  du  squelette  d’un  fœtus  en  entier,  etc.  Toutes  ces  épreuves 
sont  très  bien  réussies.  Passant  aux  applications  industrielles  des 
rayons  X,  il  montre  comment  on  peut  reconnaître  le  vrai  diamant  du 
faux,  comment  on  peut  trouver  dans  un  lingot  d’aluminium  des 
soufflures,  et  reconnaître  dans  des  roches  aurifères  la  présence  de 
l’or,  déceler  la  falsification  du  safran  avec  le  sulfate  de  baryte,  de 
la  farine  avec  le  plâtre,  reconnaître  que  des  cheveux  sont  teints, 
voir  si  des  cartouches  sont  chargées  avec  de  la  poudre  noire  ou 
blanche,  etc. 

Pour  terminer,  l’auteur  donne  quelques  aperçus  sur  les  accidents 
qu’on  a  cru  pouvoir  attribuer  aux  rayons  X  et  les  applications  thé¬ 
rapeutiques  qu’on  en  a  fait,  il  cite  notamment  un  cas  d’arthrite  du 
genou  qu’il  a  traité  de  cette  manière  et  qui  lui  a  donné  un  résultat 
inespéré. 

A  la  fin  de  la  séance,  M.  Goderus  distribue  un  jeton  de  présence 
qu’il  a  tait  sur  papier  «  Electric  »  de  la  Beernaert’s  Ciu  avec  un 
négatif  de  M.  Van  Loo.  On  ne  sait  qui  l’on  doit  le  plus  complimen¬ 
ter,  ou  l’auteur  du  phototype  ou  celui  qui  en  a  tiré  un  si  bon  parti 
à  l’impression.  On  croit  voir  une  véritable  gravure. 


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Section  de  Liège 

SÉANCE  DU  17  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 


ont  présents  :  MM.  Détaillé, 
Zeyen,  de  Koninck,  Gren- 
son ,  Labouverie ,  Beau  - 
jean,  Ronchesne,  Loiseau, 
Bronne,  Goffart,  Bernimo- 
lin,  Kemna,  Jacques,  De- 
charneux,  Henroz,  Matelot, 
A.  de  "\  aux,  J.  de  ^  aux,  G.  Laoureux,  Crespin,  J.  Braconier, 
Dresse,  Baron  de  Selys,  Cerfontaine,  Ledent,  L.  Laoureux,  Comte 
de  Brigode  Kemlandt,  P.  Lhoest,  Noaillon,  Hassreidter,  Portai, 
Dohmen,  P.  Baar,  Ghinijonet,  Dacier,  Petry,  H.  Chaudoir, 
Graindorge  et  Dupont. 

Le  secrétaire  fait  la  lecture  du  procès-verbal  de  la  séance  du  10, 
lequel  est  adopté. 

Quelques  confrères  demandent  que  la  clôture  du  concours  de 
diapositives  soit  postposée  au  31  janvier.  —  Adopté. 

Le  président  donne  lecture  de  quelques  pièces  de  correspondance 
et  annonce  que  la  Section  de  Gand  fait  hommage  à  la  Bibliothèque 
de  la  Revue  photographique  de  M.  de  Vylder.  Des  remerciements 
sont  adressés  au  donateur. 

Ordre  du  jour  :  Changement  de  local  et  achat  d'un  appareil 
de  projection.  —  Quelques  confrères  avaient  proposé  que  la  Section 
réinstallât  ses  pénates  à  l'Institut  chimique,  où  l’on  pouvait  avoir 
sous  la  main  les  produits  nécessaires  aux  manipulations  photogra¬ 
phiques.  Cette  proposition  en  entraînait  une  autre  qui  était  l’achat 


—  92  — 


d’une  lanterne  de  projection,  dont  la  Section  avait  pu  se  passer 
tant  qu’elle  pouvait  disposer  de  celle  installée  dans  le  luxueux  audi¬ 
toire  de  zoologie. 

Les  deux  questions  ayant  été  mûrement  examinées  depuis  le  jour 
où  il  en  fut  fait  mention  pour  la  première  fois,  le  pour  et  le  contre 
ayant  été  pesés,  on  passe  au  vote  sur  ces  deux  propositions.  Elles 
sont  adoptées.  Le  Comité  chargé  de  faire  l’étude  préliminaire  de 
l’achat  de  la  lanterne  dit  que  la  dépense,  y  compris  l’achat  de 
l’écran,  se  montera  à  environ  300  francs.  L’essai  de  la  lanterne  aura 
lieu  à  la  prochaine  séance. 

Démonstration  du  papier  Velox.  —  MM.  Roland  et  Ronchesne 
font  devant  l’auditoire  la  démonstration  de  ce  papier.  Les  résultats 
dont  chacun  ont  pu  se  rendre  compte  sont  très  brillants.  Une 
pochette  d’échantillon  de  ce  papier  est  remise  à  chacun  des  mem¬ 
bres  présents,  avec  prière  de  l’expérimenter. 

Papier  négatif  de  Moll.  —  M.  Hassreidter,  qui  a  essayé  ce  pro¬ 
duit,  en  a  obtenu  d’assez  bons  résultats,  étant  surtout  donné  le 
manque  d’habitude  qu’il  possédait  dans  la  manipulation  de  ce  papier. 
Notre  confrère  montre  des  négatifs  obtenus,  ainsi  que  les  positifs 
qu’il  en  a  tirés. 

On  termine  la  séance  par  la  projection  de  quelques  diapositives 
de  MM.  J.  Braconier,  Ledent  et  Dupont,  et  avant  de  se  séparer 
les  membres  de  la  Section  se  rassemblent  pour  examiner  et  admirer 
les  agrandissements  de  M.  E.  Beaujean.  Notre  confrère  a  eu  l’heu¬ 
reuse  idée  d’agrandir  plus  de  cent  clichés  obtenus  à  la  photo¬ 
jumelle  Carpentier  au  cours  d’un  voyage  qu’il  a  fait  en  Bavière,  au 
Tyrol  et  à  Venise.  Ces  agrandissements,  en  21  X  28  sur  papier 
Morgan,  sont  admirablement  réussis  et  constituent,  pour  M.  Beau¬ 
jean,  un  souvenir  charmant  de  ses  voyages.  Leur  auteur  est  vive¬ 
ment  félicité. 


SÉANCE  DU  14  JANVIER  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

Ont  signé  la  liste  de  présence  : 

MM.  Dohmen,  Portai,  Zeyen,  Noaillon,  Hassreidter,  L.  Laou- 


93  — 


reux,  Grégoire,  Marissiaux,  Decharneux,  Matelot,  Grenson,  Dacier, 
Ronchesne,  A.  de  Vaux,  J.  de  Vaux,  Henroz,  P.  Lhoest,  Schoon- 
broodt,  de  Koninck,  Kemna,  Labouverie,  G.  Oury,  Beaujean, 
Dumoulin,  A.  Détaillé,  Davreux,  Philippart,  Loiseau,  Goffart, 
Bernimolin,  J.  Braconier,  Jacques,  Crespin,  Bronne,  Graindorge 
et  Dupont. 

La  Section  inaugurait  le  local  mis  à  sa  disposition  par  M.  de 
Koninck,  à  l’Institut  chimique. 

Après  quelques  communications,  le  président,  faisant  allusion 
aux  superbes  épreuves  déposées  sur  le  bureau  par  M.  Marissiaux, 
engage  les  membres  à  se  préparer  dès  aujourd’hui  à  l’Exposition 
d’art  qu’organise  l’Association  en  mai  prochain,  à  Bruxelles. 

Il  propose  ensuite  de  voter  des  remerciements  à  M.  le  professeur 
van  Beneden  pour  la  large  et  gracieuse  hospitalité  que  la  Section  a 
reçue  pendant  trois  ans  dans  les  locaux  de  l’Institut  de  zoologie. 
Il  remercie  aussi  M.  Cerfontaine  qui,  pendant  le  cours  de  ces  trois 
années,  a  sacrifié  à  la  Section  bon  nombre  de  ses  soirées,  avec  une 
bonne  grâce  qu’il  se  plaît  à  reconnaître.  Le  président  félicite  M.  de 
Koninck  d’avoir  spontanément  rouvert  ses  portes  à  la  Section. 
Ces  propositions  sont  accueillies  par  des  applaudissements  una¬ 
nimes. 

Le  secrétaire  donne  ensuite  lecture  du  procès-verbal  de  la  der¬ 
nière  séance.  —  Adopté. 

M.  Dupont  expose  les  résultats  qu’il  a  obtenus  dans  l’essai  qu’il 
a  fait  du  papier  Éclair  Van  Monckhoven.  Il  distribue  ensuite  des 
échantillons  de  ce  papier  et  prie  les  membres  d’expérimenter  à  leur 
tour  ce  produit  et  de  faire  part  des  résultats  obtenus. 

Le  papier  Velox  distribué  à  la  séance  précédente  a  été  essayé 
par  plusieurs  confrères,  qui  s’en  sont  trouvés  satisfaits. 

M.  L.  Jacques  montre  le  nouveau  Folding-Pocket-Kodak  de  la 
Compagnie  Eastman,  ainsi  que  de  petites  épreuves  obtenues  au 
moyen  de  cet  appareil. 

Présentations.  —  M.  Louis  Spaak,  ingénieur,  présenté  par 
MM.  L.  et  G.  Laoureux,  comme  membre  effectif,  et  M.  Feys,  par 
MM  Beaujean  et  Roersch,  comme  membre  associé. 

Le  grand  attrait  de  la  séance  résidait  dans  l’examen  et  l’essai  de 


la  lanterne  de  projection,  dont  l’acquisition  était  proposée.  M.  Hass- 
reidter  annonce  que  la  dépense  totale  s’élèvera  à  335  francs. 

Avant  d’essayer  l’instrument,  M.  Jottrand,  de  la  Compagnie 
oxhydrique  de  Bruxelles,  fait  la  démonstration  de  la  lampe  employée. 
Il  nous  en  fait  la  description  complète  en  nous  montrant  les  princi¬ 
pales  particularités  qu’elle  présente. 

Les  résultats  donnés  par  la  lanterne  sont  excellents,  et  sur  la 
proposition  du  président,  la  section  en  décide  l’achat. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


* 


Section  de  Louvain 

SÉANCE  DU  15  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  De  Walque,  président 


T  AIENT  présents  : 
MM.  De  Walque, 
président;  Clément, 
Jos.  De  Walque, 
Janssens,  Edm.  Pee- 
ters,  Ranwey,  Van 
Gehuchten,  Van  Grin- 
derbeeck,  l’abbé  Stal- 
paert. 

MM.  Pavard,  du 
Bois  d’Aissche,  de  Bruynet  Famenne  se  font  excuser. 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/4  heures. 

M.  le  président  fait  part  à  la  Section  de  la  démission  de  M.  Ber- 
nauda  et  transmet  une  demande  d’un  membre  qui  désire  être 
dispensé  pendant  un  an  de  payer  sa  cotisation  par  suite  de  son 
départ  pour  l’Amérique.  Cette  demande  sera  adressée  au  secrétariat 
général. 

M.  le  président  voudrait  voir  figurer  à  l’ordre  du  jour  de  chaque 
séance  une  causerie  sur  un  sujet  ayant  rapport  à  la  photographie; 
il  engage  vivement  les  membres  à  satisfaire  à  ce  vœu  du  bureau, 
certain  que  par  là  les  séances  de  la  Section  de  Louvain  gagneront 
en  intérêt  et  seront  de  plus  en  plus  fréquentées.  Plusieurs  membres 


96  — 


s’engagent  à  fournir  pour  les  séances  ultérieures  quelques  petites 
causeries. 

M.  Stalpaert  promet  de  donner  à  la  séance  de  janvier  quelques 
renseignements  sur  le  développement  des  papiers  à  noircissement 
direct. 

Le  second  point  à  l’ordre  du  jour  portait  sur  certaines  réformes 
à  introduire  dans  les  excursions  photographiques.  Ces  excursions 
avaient  habituellement  pour  objet  des  concours,  et  par  là  même 
étaient  fort  peu  pratiques  au  point  de  vue  de  l’instruction  photo¬ 
graphique  ;  il  est  donc  décidé  que  désormais  elles  auront  lieu  sans 
concours  et  que  chacun  mettra  tout  en  œuvre  pour  être  utile  à  ses 
collègues.  Il  y  aura  de  cette  façon  une  instruction  mutuelle. 

Séance  de  projections .  Cette  question  est  ajournée  à  la  séance  de 
janvier. 

M.  le  président  fait  ensuite  passer  une  photographie  radiogra¬ 
phique  très  bien  réussie.  On  y  trouve  une  barre  d’aluminium,  pré¬ 
sentant  des  taches  blanches  (ces  taches  révèlent  la  présence  de 
soufflures  à  l’intérieur  du  métal),  une  clef  anglaise,  une  serrure, 
différentes  médailles  et  pièces  de  monnaie,  une  montre  ouverte,  etc. 
Avec  un  peu  de  bonne  volonté  on  distingue  la  frappe  de  la  grande 
médaille.  Il  montre  aussi  une  photographie  directe  de  ces  mêmes 
objets,  et  l’on  peut  constater  que  dans  la  radiographie  certains 
d’entre  eux,  tels  que  jetons  en  ébonite,  gutta-percha,  n’apparaissent 
plus. 

M.  Jos.  de  Walque  distribue  comme  jeton  de  présence  «  un  sous- 
bois  aux  Eaux-douces  »  très  bien  réussi  et  qui  vaut  à  l’auteur 
„  d’unanimes  félicitations. 

M.  Van  Grinderbeeck  distribue  quelques  échantillons  de  nou¬ 
velles  plaques  Graffe  et  Jougla  ainsi  que  du  papier  Velox  et 
Electric.  Il  montre  ensuite  une  œuvre  admirablement  réussie  : 

«  le  portrait  du  P.  Van  Tricht,  sur  plaque  opale  au  bromure  », 
ainsi  qu’un  nouveau  genre  de  pellicule  servant  à  la  photocollo- 
graphie,  pouvant  s’imprimer  dans  les  deux  sens.  Quelques  diaposi¬ 
tives  sur  verre  mat  Graffe  et  Jougla,  tons  chauds,  sont  aussi  très 
remarquées. 

L’ordre  du  jour  étant  épuisé,  la  séance  est  levée  à  10  heures. 


97  - 


SÉANCE  DU  5  JANVIER  1S98 

Présidence  de  M.  De  Walque,  président 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/4  heures. 

Y  assistent  :  MM.  De  Walque,  président;  Clément,  Jos.  de 
Walque,  Janssens,  Famenne,  Pavard,  Ranwez,  Savoné  et  Stal- 
paert. 

Se  font  excuser  :  MM.  Cappellen,  De  Bruyn,  Peeters  et  Van 
Grinderbeeck. 

M.  le  président  est  chargé  de  se  mettre  en  rapport  avec  le  secré¬ 
taire  sortant  pour  régler  la  remise  des  épreuves  hors  texte  de  1897 
qui  n’ont  pas  encore  été  distribuées  aux  ayants  droit. 

M.  le  secrétaire  dépose  sur  le  bureau  divers  opuscules,  envoyés 
par  M.  le  secrétaire  de  l’Association,  et  destinés  à  la  bibliothèque 
de  la  Section,  ainsi  que  quelques  numéros  manquant  à  la  collection 
du  Bulletin. 

Sur  la  proposition  de  M.  le  président,  la  Section  décide  d’adhérer 
à  la  publication  de  l’album  international  des  sociétés  photogra¬ 
phiques,  édité  par  la  Société  génevoise  de  Photographie. 

M.  le  président  remet  pour  la  bibliothèque  un  exemplaire  de  la 
Revue  photographique ,  par  G.  De  Vylder.  Des  remerciements 
seront  adressés  à  la  Section  de  Gand,  pour  l’envoi  gracieux  de  ce 
souvenir  d’un  des  membres  fondateurs  de  l’Association. 

M.  Stalpaert  donne  quelques  détails  sur  les  expériences  qu’il  a 
faites  quant  au  développement  des  papiers  par  noircissement  direct. 
Il  est  loin  d’être  satisfait  des  résultats  obtenus  avec  le  papier 
celloïdin.  Ceux  donnés  par  le  papier  aristotype  sont  un  peu  plus 
favorables.  Il  est  toutefois  possible  qu’en  virant  les  papiers  après 
les  avoir  développés,  on  arriverait  à  des  résultats  bien  meilleurs.  En 
résumé,  le  système,  d’après  lui,  offre  plus  d’inconvénients  que 
d’avantages. 

M.  Stalpaert  montre  ensuite  quelques  photographies  d’étincelles 
électriques  obtenues  directement  sur  papier  celloïdin.  Il  lui  a  été 
permis  de  constater,  en  recouvrant  le  papier  d’un  verre  transparent, 
que  la  trace  laissée  sur  le  papier  ne  provient  aucunement  de  la 
lumière  produite  par  l’étincelle  de  la  machine  Wimshurst,  mais  bien 


—  98  — 


d’une  décomposition  des  sels  d’argent  par  l’électricité.  M.  le  prési¬ 
dent  engage  vivement  M.  Stalpaert  à  continuer  ses  recherches  en 
ce  sens. 

M.  Stalpaert  présente  encore  quelques  diapositives  Beernaert, 
«  Insensibles  »  au  gelatino-chlorure  d’argent.  Ces  plaques  peuvent 
se  virer  comme  le  papier  et  présentent  alors  des  tons  très  riches  et 
très  différents. 

M.  le  président  distribue  des  échantillons  de  papier  «  Éclair  » 
Van  Monckhoven,  en  priant  les  membres  d’en  faire  l’essai  et  d’en 
donner  les  résultats  à  la  prochaine  séance. 

M.  Pavard  distribue  comme  jeton  de  présence  «  ses  chevaux  de 
labour  »,  phototype  primé  au  concours  de  Bruxelles. 

Les  félicitations  de  l’assemblée  ne  manquent  pas  et  affirment  le 
succès  du  lauréat. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


Section  de  Namur 

SÉANCE  DU  1er  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Jossart,  président 


résents  :  MM.  Ad.  Dupont, 
Gilles,  Jossart,  Mathieu, 
Michaux,  Rousseau,  Suars, 
Vassal,  Beghin,  Chisogne, 
Gilson  et  Joseph  Fallon. 

Le  procès-verbal  de  la 
réunion  du  17  novembre  est 
lu  et  approuvé. 

Le  secrétaire  dépose  sur  le  bureau  les  fascicules  expédiés  par  le 
Comité  central,  et  remet  aux  membres  associés  les  tirés  à  part  des 
illustrations  du  Bulletin. 

La  Section  décide  de  donner  une  séance  publique  de  projections, 
au  Kursaal  de  Namur,  au  profit  des  œuvres  de  la  Crèche  et  des 
Petites  Sœurs  des  pauvres;  dans  cette  séance,  le  R.  P.  Lucas, 
donnera,  en  outre,  une  conférence  avec  projections  radiographiques. 
Elle  aura  lieu  le  21  janvier  1898. 

Expériences  avec  le  papier  «  Vélo. x  ».  —  La  maison  Gecele,  de 
Bruxelles,  concessionnaire  pour  la  vente  de  ce  papier  en  Belgique, 
avait  bien  voulu  nous  envoyer  son  représentant  pour  nous  expliquer 
les  manipulations  de  ce  papier. 

Après  exposition  de  divers  clichés  à  la  lumière  d’un  bec  de  gaz 
ordinaire,  avec  des  poses  variant  de  deux  à  cinq  minutes,  suivant 
l’intensité  des  clichés,  le  représentant  de  la  maison  Gecele  a  pro¬ 
cédé  au  développement  de  ces  épreuves. 

Les  tons  obtenus  avec  ce  papier  sont  beaux  et  purs,  et  se  prêtent 


—  lüü  — 


admirablement  à  certains  genres.  Ce  papier  offre  de  sérieux  avan¬ 
tages  et  par  sa  facilité  de  développement  et  par  ses  manipulations  à 
la  lumière  diffuse,  ce  qui  supprime  les  inconvénients  de  la  chambre 
noire. 

M.  le  président  remercie,  au  nom  de  la  Section,  la  maison  Gecele 
de  son  intéressante  communication,  et  remet,  de  la  part  de  cette 
maison,  aux  membres  des  échantillons  de  papier,  du  développateur 
métol-hydroquinone  et  des  épreuves  obtenues  avec  le  Yelox. 


SÉANCE  DU'  15  DÉCEMBRE  1897 
Présidence  de  M.  Jossart,  président 

Présents  :  MM.  Rousseau,  Suars,  Vassal,  Jossart,  Mathieu, 
Tiange,  Gilles,  Beghin,  Michaux,  Gobert,  Chisogne,  Gilson  et 
Jos.  Fallon. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  1er  décembre  est  lu  et  approuvé. 

M.  le  secrétaire  dépose  sur  le  bureau  les  ouvrages  «  Du  dévelop¬ 
pement  des  papiers  photographiques  à  noircissement  direct»,  de 
M.  Hassreidter,  et  la  «  Revue  photographique  »,  de  M.  G.  de 
Vylder. 

La  Section  prie  M.  le  secrétaire  de  remercier  M.  Hassreidter  et 
la  Section  photographique  de  Gand  de  leurs  intéressants  envois. 

M.  Rousseau  distribue  aux  membres  des  échantillons  du  déve- 
loppateur  «  ortol  ». 

M.  Suars,  trésorier,  dépose  sur  le  bureau,  avec  les  pièces  à 
l’appui,  les  comptes  des  recettes  et  dépenses  de  l’exercice  1897. 

Ces  comptes  portent  en  recettes  .  .  .  fr.  505,32 

et  en  dépenses .  487,89 

d’où  boni  sur  l’exercice  1897  .  17,43 

Ces  comptes,  tels  qu’ils  sont  proposés  par  le  trésorier,  sont  adoptés. 

On  passe  ensuite  à  l’élection  du  bureau  pour  l’exercice  1898. 

MM.  Jossart,  Vassal,  Fallon  et  Suars  sont  désignés  respecti¬ 
vement  comme  président,  vice-président,  secrétaire  et  secrétaire 
adjoint  de  la  Section  de  Namur.  M.  Jossart  est,  en  outre,  désigné 
comme  délégué  au  Comité  central. 


Epreuves  d’Expositiot) 


e  Caméra  Club  de  Vienne 
organise  cet  hiver,  à  l’oc¬ 
casion  des  fêtes  du  jubilé 
de  l’empereur  François- 
Joseph,  qui  va  célébrer 
bientôt  le  L°  anniversaire 
de  son  règne,  une  série  d’ex¬ 
positions  consacrées  aux 
œuvres  des  artistes  de 
l’Allemagne,  de  l’Autriche,  de  la  France,  de  la  Belgique,  de  l’An¬ 
gleterre  et  de  l’Amérique.  Commencées  le  1er  janvier,  ces  exposi¬ 
tions  se  continueront  tous  les  mois  jusqu’au  25  avril. 

L’Exposition  consacrée  aux  œuvres  françaises  et  belges  sera 
ouverte  du  1er  au  25  mars.  Le  Comité  du  Caméra  Club  de  Vienne 
a  adressé  une  très  flatteuse  invitation  à  l’Association  belge  de 
Photographie,  et  nous  avons  été  très  heureux  de  pouvoir  envoyer  à 
nos  amis  de  Vienne  une  collection  choisie  parmi  les  meilleures 
œuvres  exposées  par  nos  membres  en  ces  dernières  années. 


A  l’occasion  de  ces  expositions,  le  Caméra  Club  a  joint  à  ses 
cartes  d’invitation  une  courte  notice  sur  les  différents  procédés  mis 
aujourd’hui  à  la  disposition  des  artistes  photographes,  en  faisant 
ressortir  ceux  qui  conviennent  le  mieux  pour  une  exposition.  A  la 


—  102 


veille  de  notre  Exposition  jubilaire  du  mois  de  mai,  il  nous  paraît 
intéressant  et  utile  de  reproduire  cette  notice,  qui  renferme  plus 
d’un  conseil  que  nous  engageons  nos  membres  à  mettre  à  profit. 

«  Les  moyens  qu’utilisent  aujourd’hui  les  photographes  ama¬ 
teurs  sont,  entre  autres,  les  suivants  : 

«  Pendant  la  pose,  c’est-à-dire  pendant  la  création  du  négatif,  le 

photographe  s’ef¬ 
force  de  concen¬ 
trer  sur  l’objet 
principal  toute 
son  attention ,  aus¬ 
si  bien  par  la  mise 
au  point  que  par 
l’éclairage,  et  de 
laisser  dans  le  va 
gue  l’accessoire. 
Pour  arriver  à  ce 
résultat,  il  fallait 
se  délivrer  des  ob¬ 
jectifs  modernes 
qui  donnent  une  image  parfaitement  nette,  et  éclairent  uniformé¬ 
ment  la  plaque  jusque  dans  les  angles,  et  chercher  d’autres 
moyens;  on  y  est  arrivé  par  l’emploi  de  lentilles  simples,  non 
corrigées  (objectifs  simples,  verres  à  lunette,  etc.).  Les  négatifs 
ainsi  obtenus  ont  un  caractère  tout  autre  que  ceux  qu’on  pouvait 
voir  jusqu’ici  et  ne  supportent  pas  la  retouche  telle  qu’on  l’a  com¬ 
prise  jusqu’ici;  ils  peuvent  être  transformés  en  positifs  de  nature 
très  différente,  positifs  qui  seuls  doivent  présenter  au  public 
1  image  cherchée  par  1  amateur.  Ici  s’ouvre  un  large  champ  pour 
les  capacités  artistiques  et  pour  les  productions  pleines  de  goût  et 
de  vie. 

«  Les  anciens  papiers  brillants,  tels  que  ceux  à  l’albumine,  au 
bromure,  salés,  etc.,  conviennent  fort  peu  à  l’obtention  d’œuvres 


A.  Degryse. 


-  103  — 


artistiques,  principalement  pour  les  grandes  épreuves;  même  les 
papiers  rendus  mats  pour  complaire  aux  amateurs,  ne  sont  pas 
recommandables,  sauf  peut-être  pour  l’obtention  de  petites  épreuves, 
où  ils  donnent  de  bons  résultats.  Bien  préférable  à  ces  papiers  est 
le  papier  platine  qui,  grâce  au  choix  du  grain  du  papier,  donne  déjà 
de  très  beaux  résultats  pour  de  grandes  épreuves.  Par  l’adjonction 
de  sels  chimiques,  il  est  possible  d’obtenir  encore  d’autres  tons 
que  le  ton  noir-bleu,  tels  que  le  brun,  le  sépia  et  le  rouge,  qui  sont 
d’aspect  plus 
agréable.  Mais 
ici  les  résultats 
ne  contentent 
pas  tous  les 
amateurs  et  l’on 
a  cherché  des 
procédés  plus 
complets  et  ca¬ 
pables  de  don¬ 
ner  plus  de  mo¬ 
dulations.  On  a 
beaucoup  em¬ 
ployé  le  papier 
au  charbon,  qui 

est  superbe  pour  les  très  grandes  épreuves.  Le  choix  des  couleurs 
est  beaucoup  plus  grand.  On  prépare  l’épreuve  en  imprimant  sous 
le  négatif  une  couche  de  gélatine  colorée  et  rendue  sensible  à  la 
lumière.  Le  dépouillement  se  fait  dans  l’eau  chaude  après  l’opéra¬ 
tion  assez  délicate  du  transfert  de  l’image  sur  un  support  conve¬ 
nable.  Ce  procédé  n’est  malheureusement  pas  très  simple  et  il  ne 
permet  pas  le  dépouillement  partiel  de  certaines  parties,  ce  qui  est 
souvent  très  désirable.  Le  papier  velours  Artigue,  un  papier  au 
charbon  sans  transfert,  est  un  peu  plus  pratique. 

«  l  n  pas  beaucoup  plus  considérable  a  été  fait,  grâce  à  la  gomme 
bichromatée,  qui  est  un  procédé  idéal  par  sa  simplicité  et  ses  capa¬ 
cités  extraordinaires  de  variations  et  qui  donne  à  l’artiste  le  plus 
de  moyens  de  faire  valoir  sa  personnalité.  La  couleur  désirée,  mêlée 


F.  D’Hont. 


—  104  — 


à  de  la  gomme  et  à  du  bichromate  de  potasse,  est  étendue  sur  le 
papier  que  l’on  juge  le  meilleur;  on  expose  sous  le  négatif  et  l’on 


dépouille  à  l’eau.  Ce  procédé  donne  des  œuvres  très  complètes,  mais 


elles  sont  encore  plus  captivantes  si  l’on  obtient  trois  clichés  diffé¬ 
rents  sur  des  plaques  spéciales  imprimées  à  travers  des  écrans  colo¬ 
rés  appropriés.  Trois  épreuves  ainsi  obtenues  donnent  une  image 
bleue,  une  image  rouge  et  une  image  jaune.  Si  donc  on  imprime 
alors  l’une  au-dessus  de  l’autre  ces  trois  images  dans  ces  trois  cou¬ 
leurs  primaires,  ou  en  une  seule  couleur,  on  obtient  des  images  en 
couleurs  naturelles,  ou,  ce  qui  est  la  dernière  nouveauté,  l’impres¬ 
sion  en  une  couleur  par  combinaison  de  morceaux  de  négatifs.  Ce 
stade  est  encore  dans  l’enfance,  mais  cependant  on  a  déjà  pu  voir 
dans  les  expositions  des  épreuves  très  intéressantes  de  cette  espèce. 
Et  il  y  a  lieu  de  remarquer  que  c’est  principalement  à  Vienne  que  ce 
procédé  a  été  travaillé.  Il  a  certes  un  grand  avenir  devant  lui.  » 


M. 


lia  Photographie  est-elle  an  Art  ? 


ous  désirons  appeler  l’attention  de  nos  lecteurs 
sur  un  article  intitulé  la  Photographie  est-elle 
un  art ?  qui  a  paru  dans  la  Revue  des  Deux 
Mondes  du  1er  décembre  dernier,  sous  la 
signature  de  M.  Robert  de  la  Sizeranne. 
L’autorité  de  l’auteur,  doublement  renommé 
tant  comme  critique  d’art  que  comme  litté¬ 
rateur,  est  incontestable.  Son  article  sera  lu 
avec  un  plaisir  délicat  par  tous  les  amateurs 
de  beau  style  et  de  pur  et  clair  français.  Nous 
autres,  photographes,  y  trouverons  en  plus  l’étude  lucide  et  précise 
d’une  question  longtemps  controversée,  étude  dont  les  conclusions 
ne  seront  point  pour  nous  déplaire. 

M.  de  la  Sizeranne  a  divisé  nettement  son  article  en  quatre 
points  ou  plutôt  en  quatre  questions.  Après  avoir  constaté  dans  un 
court  avant-propos  les  tendances  nouvelles  de  certains  photo¬ 
graphes  de  différentes  nationalités,  il  se  demande  :  premièrement, 
pourquoi  la  photographie,  tout  à  l’heure  à  côté  de  l’art,  se  trouve 
aujourd’hui  si  près  de  ses  confins;  secondement,  si  la  part  de  per¬ 
sonnalité  de  l’opérateur  dans  les  manipulations  chimiques  ou 
autres  est  plus  grande  qu’auparavant;  troisièmement,  si  cette  part 

8 


—  106  — 


est  suffisante  pour  que  l’épreuve  en  résultant  puisse  être  considérée 
comme  personnelle  ;  quatrièmement,  si  c’est  du  côté  naturaliste  ou 
idéaliste  que  se  portent  ces  nouvelles  tendances. 

La  première  partie  de  l’article  traite  des  défauts  reconnus  des 
photographies.  M.  de  la  Sizeranne  passe  en  revue  les  exagérations 
de  perspective,  la  fausse  traduction  des  couleurs,  l’enregistrement 
minutieux  des  détails  inutiles  et  la  monotonie  du  rendu  photo¬ 
graphique,  puis 
il  se  demande  si 
c’est  la  photogra¬ 
phie  ou  bien  plu¬ 
tôt  les  photogra¬ 
phes  qui  méritent 
les  justes  repro¬ 
ches  de  l’artiste 
à  cet  égard,  et 
dans  une  page 
d’une  cruelle  vé¬ 
rité,  il  nous  mon¬ 
tre  le  photogra¬ 
phe  fier  de  cer¬ 
tains  de  ces  défauts,  ignorant  les  autres,  paresseux  devant  ceux 
qu’il  reconnaît  jusqu’au  jour  «  où  des  hommes  d’un  goût  plus  sûr 
sont  venus  et  ont  laissé  là  les  dogmes  photographiques  ».  Alors 
«  des  œuvres  fines,  délicates,  harmonieuses  ont  paru  ».  Les  ciels  se 
sont  animés,  leur  crudité  blanche  s’est  teintée,  le  détail  s’est  fondu, 
la  perspective  s’est  corrigée.  Mais,  et  c’est  ici  que  commence  la 
deuxième  partie  de  l’étude,  la  suppression  de  ces  défauts  n’est  pas 
suffisante  pour  constituer  une  œuvre  d’art,  il  faut  «  la  présence 
pressentie  ou  reconnue,  non  d’une  machine,  mais  d’une  main 
d’ouvrier  ». 

Ici  M.  de  la  Sizeranne  accumule  avec  franchise  toutes  les  objec¬ 
tions  qui  ont  été  faites  contre  la  personnalité  de  l’épreuve  photo¬ 
graphique.  Mais  il  fait  observer  que  beaucoup  de  ces  arguments 
sont  basés  sur  une  comparaison  entre  la  peinture  et  la  photogra¬ 
phie,  choses  qui  ne  sont  point  comparables,  et  il  se  borne  à  exa- 


> 


Ch.  Gaspar. 


107  — 


miner  si,  dans  la  photographie,  «  l’artiste  intervient  assez  souvent 
pour  qu’il  y  ait  de  sa  part  production  et  non  simplement  reproduc¬ 
tion  »,  et  il  admet  que  cette  intervention  peut  se  produire  à  trois 
moments  différents  :  au  moment  de  la  composition,  au  moment  du 
développement  du  négatif  (gamme  générale  de  tonalité)  et  au 
moment  de  l’apparition  de  l’épreuve  positive.  D’après  lui,  c’est 
dans  cette  dernière  manipulation 
que  la  personnalité  de  l’auteur 
pourra  davantage  se  faire  sentir. 

Il  passe  en  revue  les  papiers  à 
noircissement  direct,  à  dévelop¬ 
pement  et  à  dépouillement,  et 
c’est  à  ces  derniers,  papier  Ar- 
tigue  et  surtout  papier  à  la 
gomme  bichromatée,  qu’il  re 
connaît  la  plus  grande  souplesse 
et  la  plus  grande  obéissance  à  la 
vision  personnelle  de  l’auteur. 

Dans  la  troisième  partie, 

M.  de  la  Sizeranne  analyse  en 
délicat  littérateur  et  en  critique 
savant  les  œuvres  qui  l’ont  par¬ 
ticulièrement  intéressé  aux  der¬ 
nières  expositions,  entre  autres 
celles  de  MM.  Craig  Annan, 

Puyo,  Brémard,  Le  Bègue,  Colard,  Bergon,  Bucquet,  Maskell, 
Ballif,  Da  Cunha,  Sutcliffe,  Henneberg,  Alexandre,  Hannon, 
Watsek,  etc.,  puis,  revenant  à  la  question  de  personnalité,  il  cite 
encore  une  objection  sérieuse,  celle  de  la  multiplication  de  l’épreuve 
identique  opposée  à  l’exemplaire  unique  de  l’œuvre  d’art,  et  il 
prouve  que  certaines  épreuves,  celles  à  la  gomme  bichromatée,  par 
exemple,  ne  sont  pas  et  ne  peuvent  pas  être  identiques.  «  Ce  sont 
des  répliques  si  l’on  veut,  ce  ne  sont  pas  des  duplicata.  »  Et, 
d’autre  part,  l’empreinte  personnelle  peut  être  assez  différente 
entre  les  œuvres  de  deux  photographes  pour  empêcher  toute  con¬ 
fusion  possible  entre  leurs  productions. 


L.  Pavard. 


—  108 


Enfin  l’auteur  aborde  une  question  délicate,  celle  de  l’utilité  dis¬ 
cutable  d’un  nouveau  procédé  d’interprétation  en  monochrome 
quand  il  y  en  a  déjà  d’autres  qui  lui  ressemblent  et  qui  sont  accep¬ 
tés.  Et  il  prouve  que  cette  utilité  existe  en  raison  de  certaines  qua¬ 
lités  spéciales  à  la  photographie,  qualités  qui  ne  se  trouvent  que 
rarement  dans  d’autres  procédés;  ce  sont  la  pureté  absolue  du 
dessin,  la  délicatesse  de  transition  de  la  lumière  à  l’ombre  et 

la  possibilité  de 
saisir  par  l’instan¬ 
tanéité  certains 
mouvements  ra¬ 
pides  et  certains 
effets  transitoi¬ 
res.  (Il  est  bien 
entendu  que  ces 
qualités  ne  sont 
pas  considérées 
comme  inhéren¬ 
tes  à  toute  pho¬ 
tographie,  mais 
simplement  pos¬ 
sibles  à  obtenir  par  la  photographie.) 

Nous  sommes  arrivés  à  la  quatrième  partie  de  l’article  où  M.  de 
la  Sizeranne  discute  les  tendances  du  nouveau  mouvement.  Sont- 
elles  naturalistes  ou  idéalistes  ?  Elles  sont  idéalistes.  Les  photo¬ 
graphes  de  la  nouvelle  école,  au  lieu  de  se  laisser  entraîner  par  le 
document  chronophotographique,  en  ont  été  plutôt  effrayés  ;  au 
lieu  de  vouloir  nous  imposer  ce  que  voit  l’objectif  et  ce  que  nous  ne 
voyons  pas,  ils  ont  essayé  de  ne  lui  laisser  voir  que  ce  que  nous 
croyons  être  l’expression  du  beau  et  ce  que  nous  voyons.  Ils  se 
sont  soumis  aux  règles  les  plus  classiques  de  l’art,  —  leurs  écrits 
le  montrent  et  leurs  œuvres  le  prouvent,  —  la  complication  exa¬ 
gérée  du  rendu  photographique  les  a  fait  réagir  et  se  rejeter  du 
côté  de  la  simplicité.  «  Ils  aiment  la  nature,  ils  écoutent  ce  qu’elle 
dit  et  elle  leur  dit  parfois  ce  qu’elle  ne  dit  pas  à  d’autres.  » 

Ce  compte  rendu  rapide  et  imparfait  ne  peut  donner  qu’une  idée 


A.  Sacré. 


—  109  — 


générale  du  plan  admirablement  développé  par  M.  de  la  Sizeranne 
dont  l’article  ne  compte  pas  moins  de  trente-deux  pages  de  la  Revue. 
Nous  sommes  certains  que  les  photographes  l’ont  déjà  lu  ou  vont  le 
lire  ;  il  ne  nous  reste  donc  qu’un  mot  à  ajouter  sur  l’impression  que 
nous  en  avons  recueillie. 

M.  de  la  Sizeranne,  malgré  sa  connaissance  très  sûre  et  très 
approfondie  de  la  technique  photographique,  n’est  pas  photographe 
dans  le  sens  pratique  du  terme,  son  opinion  ne  peut  donc  être 
soupçonnée  de  partialité.  Bien  au  contraire,  il  fait  plutôt  partie  du 
camp  opposé.  Il  a  vécu  dans  la  contemplation  des  chefs-d’œuvre  de 
la  peinture,  de  la  sculpture  et  du  dessin,  ses  œuvres  littéraires  le 
prouvent  ;  son  goût  et  son  jugement  font  foi  dans  les  milieux  artis¬ 
tiques  les  plus  exclusifs.  Nous  aurions  plutôt  à  craindre  la  sévérité 
de  son  œil  habitué  à  l’expression  la  plus  haute  de  l’art  par  des 
moyens  autrement  souples  que  les  nôtres.  Si  donc  il  a  trouvé,  sans 
sollicitation  de  notre  part  et  au  simple  hasard  d’une  promenade  à 
travers  une  de  nos  expositions,  que  la  photographie,  conduite  de 
certaine  façon,  pouvait  lui  donner  certaines  sensations  se  rappro¬ 
chant  de  celles  qu’il  avait  éprouvées  dans  d’autres  milieux,  et  que 
même  à  ces  sensations  déjà  ressenties  venaient  s’en  ajouter  de  nou¬ 
velles,  provoquées  par  certaines  qualités  de  rendu  particulières  au 
procédé  photographique,  nous  pouvons  en  tirer  un  précieux  encou¬ 
ragement;  simple  encouragement  au  travail,  hâtons-nous  de  le 
dire,  car  il  serait  funeste  à  l’avenir  de  la  photographie  pictoriale, 
comme  il  serait  contraire,  il  me  semble,  aux  intentions  de  l’auteur, 
de  considérer  comme  un  fait  accompli  ce  qui  n’est  qu’un  premier 
essai  de  transformation. 

La  possibilité  de  cette  tranformation  nous  est  clairement  démon¬ 
trée  par  l’article  de  M.  de  la  Sizeranne;  que  pouvons-nous  deman¬ 
der  de  plus  pour  le  moment?  Mais  nous  trouvons  aussi  dans  cet 
article  la  preuve  bien  évidente  que  nous  n’entrerons  pas,  si  peu  que 
ce  soit,  dans  le  domaine  de  l’art  sans  avoir  eu  à  peiner  du  même 
labeur  assidu  que  les  autres  et  plus  antiques  laboureurs  de  ces 
terres  ardues  à  défricher.  La  grande  erreur  du  photographe  est  de 
croire  que  la  vision  et  l’imagination  artistique  se  vendent  en  même 
temps  que  la  chambre  noire.  Ce  n’est  pas  seulement  la  technique 


110 


du  dessin  et  de  la  peinture  que  l’artiste  apprend  pendant  ses 
longues  années  d’académie.  Nous  dessinons  du  premier  coup,  nous 
autres  photographes,  combien  d’entre  nous  se  préoccupent-ils 
d’apprendre  le  reste  ? 

Robert  Demachy. 

{Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris.) 


SUR  IiR  VALEUR  PRATIQUE 

DES  PRINCIPALES  ALDÉHYDES  OU  ACÉTONES 

COMMK  SUCCÉDANÉS  DES 

ALCALIS  DANS  LES  DEVELOPPATEURS  ALCALINS 
Par  MM.  LUMIÈRE  Frères  &  SEYEWETZ 


/  , 

ous  avons  montré,  dans  des  études 
précédentes  (1),  que  l’acétone  pouvait 
être  utilisée  pratiquement  avec  de 
notables  avantages,  comme  succédané 
des  alcalis  dans  certains  développa- 
teurs  alcalins.  Nous  nous  sommes  pro¬ 
posé  de  rechercher  si  les  principales 
aldéhydes,  ou  acétones  autres  que 
l’acétone  ordinaire  (dimethylcétone),  étaient  susceptibles  de  jouer 
le  même  'rôle  que  cette  substance  et  pouvaient  être  utilisées  pra¬ 
tiquement  dans  le  développement  de  l’image  latente. 

1°  Développement  a  la  formaldéhyde. 

D’une  façon  générale,  nous  avons  remarqué  que  la  formal¬ 
déhyde  H— CHO  pouvait  produire  des  effets  analogues  à  ceux  que 
donne  l’acétone  en  utilisant  des  doses  de  réactif  beaucoup  plus 
faibles  que  pour  cette  substance,  pourtant  les  résultats  obtenus  sont 
plutôt  comparables  à  ceux  que  donnent  les  alcalis  caustiques  qu’à 


(1)  Bulletin  de  l’ Association  belge  de  Photographie,  1897,  n°  10,  p.  03"2. 


—  112 


ceux  que  fournissent  les  alcalis  carbonatés.  C’est  pourquoi  sans 
doute  la  formaldéhyde  ne  peut  être  utilisée  pratiquement,  comme 
on  verra  plus  loin,  qu’avec  les  révélateurs  pouvant  supporter  l’ad¬ 
dition  des  alcalis  caustiques,  sans  quoi  elle  donne  infailliblement 
du  voile  et  les  solutions  s’oxydent  à  l’air  avec  une  très  grande 
rapidité. 

a.  Acide  pyrogallique.  —  L’addition  de  formaldéhyde  à  un 
révélateur  normal  à  l’acide  pyrogallique  et  au  sulfite  de  soude  ne 
renfermant  pas  de  carbonate  alcalin,  donne  dans  tous  les  cas, 
quelles  que  soient  les  quantités  respectives  de  formaldéhyde  et  de 
sulfite  de  soude,  du  voile  et  peu  d’opposition  dans  les  demi-teintes, 
le  cliché  reste  gris.  En  augmentant  de  plus  en  plus  la  quantité  de 
sulfite,  l’action  réductrice  est  de  plus  en  plus  faible.  Par  contre, 
elle  augmente  progressivement  avec  la  teneur  en  formaldéhyde  ; 
mais  l’intensité  du  voile  s’accroît  également,  ainsi  que  la  tendance 
au  décollement  de  la  couche,  action  propre,  comme  on  le  sait,  à 
l’emploi  de  la  formaldéhyde. 

Un  quart  de  centimètre  cube  de  la  solution  de  formaldéhyde 
commerciale  à  40  p.  c.  suffit  déjà  pour  donner  au  révélateur  à  l’acide 
pyrogallique  une  action  réductrice  assez  énergique,  mais  néanmoins 
inutilisable  pour  les  raisons  données  plus  haut. 

En  ajoutant  au  révélateur  des  quantités  convenables  de  formal¬ 
déhyde  et  de  sulfite  de  soude,  on  arrive  à  réduire  à  leur  minimum 
les  inconvénients  que  nous  avons  signalés,  mais  dans  tous  les  cas 
le  révélateur  est  inférieur  à  celui  préparé  avec  l’acétone.  Voici 
néanmoins  la  formule  qui  nous  a  donné  les  meilleurs  résultats  : 


Eau . 100 

Sulfite  anhydre . 5 


Acide  pyrogallique . 1  gr. 

Formaldéhyde  commerciale  à  40  p.  c.  .  0cc,5 

L’altération  des  solutions  pendant  le  développement  est  très 
rapide  et  avec  des  rapports  convenables  entre  la  formaldéhyde  et 
le  sulfite  de  soude  (2  p.  c.  de  formaldéhyde  et  3  p.  c.  de  sulfite),  la 
solution  absorbe  l’oxygène  de  l’air  aussi  rapidement  que  l’acide 
pyrogallique  et  les  alcalis  caustiques  et  se  colore  en  violet. 


—  113  — 


b.  Paramidophénol .  —  La  formaldéhyde  utilisée  à  la  place  de 
la  lithine  caustique  dans  un  révélateur  au  paramidophénol  donne 
des  résultats  peu  intéressants,  analogues  du  reste  à  ceux  que 
fournit  l’acétone,  à  cause  de  la  faible  solubilité  du  paramidophénol 
dans  le  mélange.  Pour  cette  raison,  quelles  que  soient  les  propor¬ 
tions  relatives  de  formaldéhyde  et  de  sulfite,  le  pouvoir  réduc¬ 
teur  est  toujours  inférieur  à  celui  du  révélateur  normal  à  la  lithine 
caustique,  mais,  dans  aucun  cas,  on  n’obtient  du  voile  comme  dans 
le  révélateur  à  l’acide  pyrogallique. 

c.  Hydroquinone.  —  Les  résultats  que  l’on  obtient  avec  la  for¬ 
maldéhyde  et  l’hydroquinone  sont  particulièrement  intéressants, 
car  ils  permettent  de  bénéficier  des  avantages  qu’a  fait  ressortir 
M.  Balagny,  dans  sa  formule  de  développement  à  l’hydroquinone 
et  à  la  potasse  caustique,  sans  avoir  à  redouter  les  accidents  que 
peuvent  déterminer  les  alcalis  caustiques.  Nous  avons  recherché 
méthodiquement  d’une  part  l’influence  du  sulfite  de  soude,  d’autre 
part  l’action  de  quantités  croissantes.de  formaldéhyde  sur  le  déve¬ 
loppement.  Nous  avons  trouvé  que  dans  une  solution  d’hydroqui- 
none  à  1,5  p.  c.  renfermant  2  cc.  de  formol,  le  pouvoir  réducteur 
diminuait  très  légèrement  à  mesure  que  la  quantité  de  sulfite  aug¬ 
mentait,  mais  la  tendance  au  voile  noir  ou  jaune  est  de  plus  en  plus 
faible. 

Quant  à  la  teneur  en  formol,  elle  ne  saurait  être  supérieure  à 
2  p.  c.,  sous  peine  d’obtenir  pour  un  pouvoir  réducteur  un  peu  plus 
grand  une  tendance  de  plus  en  plus  marquée  au  voile  jaune  ou  noir. 
En  faisant  varier  enfin  simultanément  le  sulfite  de  soude  et  la  for¬ 
maldéhyde,  nous  avons  pu  établir  la  formule  de  développement 
suivante,  qui  donne  un  révélateur  aussi  énergique  que  celui  préparé 


avec  les  alcalis  caustiques  : 

Eau . 100 

Sulfite  de  soude  anhydre . 15 

Formaldéhyde  commerciale  à  40  p.  c.  .  2  cc. 

Hydroquinone . 1  gr.  5. 


Le  révélateur  ainsi  préparé  possède  une  énergie  réductrice  bien 
supérieure  à  celle  fournie  par  l’acétone.  Les  clichés  développés 


114 


présentent  des  oppositions  très  marquées  entre  les  noirs  et  les 
blancs.  La  dureté  du  développement  propre  à  l’hydroquinone  se 
manifeste  ici  comme  avec  les  alcalis  caustiques.  Ce  mode  de  déve¬ 
loppement  pourra  donc  être  utilement  employé  dans  la  gravure  au 
trait.  La  gélatine  ne  subit  pas  d’altération  comme  avec  les  alcalis 
caustiques  et  conserve  sa  solidité  primitive. 

2°  Développement  a  l’aldéhyde  ordinaire. 

L’aldéhyde  ordinaire  CH3  —  CHO  se  comporte  vis-à-vis  des 
révélateurs  précédents  d’une  façon  absolument  identique  à  la  for¬ 
maldéhyde.  Les  résultats  obtenus  sont  donc  également  compa¬ 
rables  à  ceux  produits  avec  les  alcalis  caustiques.  La  quantité 
d’aldéhyde  ordinaire  nécessaire  pour  produire  le  même  résultat 
qu’un  poids  donné  de  formaldéhyde,  correspond  à  peu  près  au  rap¬ 
port  existant  entre  les  poids  moléculaires  des  deux  substances. 

Voici  la  formule  du  révélateur  à  /’ hydroquinone  et  à  l'aldéhyde 


ordinaire  : 

Eau . 100 

Sulfite  de  soude  anhydre . 15 

Aldéh}  de  ordinaire  à  50  p.  c.  .  .  3  cc. 

Hydroquinone .  1  gr.  5. 


Avec  l'acide  pyrogallique  et  l'aldéhyde  ordinaire,  voici  la  for¬ 
mule  qui  donne  les  meilleurs  résultats,  quoique  notablement  infé¬ 
rieurs  à  ceux  que  fournit  l’acétone  : 

Eau . 100 

Sulfite  de  soude  anhydre .  5 

Aldéhyde  ordinaire  à  50  p.  c.  .  .  .  Occ.,5 

Acide  pyrogallique .  1  gr. 

3°  Développement  aux  aldéhydes  et  acétones  aromatiques 

Afin  de  voir  s’il  est  possible  de  tirer  parti  des  aldéhydes  aroma¬ 
tiques  dans  le  développement,  nous  avons  essayé  de  les  substituer 
aux  alcalis  dans  les  révélateurs  précédents. 

Nous  avons  trouvé  que  non  seulement  leur  utilisation  pratique 


est  très  difficile,  mais  souvent  même  impossible  par  suite  de  leur 
faible  solubilité  et  quelquefois  de  leur  insolubilité  complète  dans 
l’eau  alcoolique,  mais  il  est  intéressant  pourtant  de  signaler  l’ac¬ 
tion  de  ces  substances  comparativement  à  celles  dérivées  de  la  série 
grasse. 

Parmi  ces  corps,  nous  avons  essayé  en  solution  alcoolique  ajou¬ 
tée  au  révélateur  : 

La  benzaldéhy  de  .  .  .  C6H5  —  CHO 

L’acétophénone  .  .  .  C6H6  —  CO  —  CH  ’ 

La  benzophénone  .  .  .  C6H5  —  CO  —  C6H5 

Aucune  d’elles  n’est  susceptible  de  recevoir  la  moindre  utilisa¬ 
tion  pratique,  quoique  la  benzaldéhyde  donne  pourtant  dans  cer¬ 
tains  cas  des  résultats  assez  bons,  mais  inférieurs  à  ceux  obtenus 
avec  les  carbonates  alcalins.  L’emploi  de  ces  substances  ne  présente 
donc  pas  d’intérêt. 

Néanmoins,  il  est  intéressant  de  constater  que  ces  diverses  subs¬ 
tances  à  fonction  aldéhydique  peuvent,  grâce  à  leur  propriété  de 
former  plus  ou  moins  facilement  avec  le  sulfite  de  soude  en  présence 
du  corps  phénolique  des  combinaisons  bisulfitiques,  produire 
d’une  façon  plus  ou  moins  énergique  avec  les  divers  révélateurs 
alcalins  le  développement  de  l’image  latente. 

Cas  de  la  paraldéhyde.  —  La  paraldéhyde,  qui  est  considérée 
comme  formée  par  3  molécules  d’aldéhyde  condensées,  et  dont  la 
formule  est 

(CH3  —  CHO)3 

ne  donne  pas  de  combinaison  bisulfitique.  Il  était  donc  à  prévoir, 
si  la  réaction  se  passe  comme  nous  l’avons  indiquée,  que  cette 
substance,  malgré  ses  autres  analogies  avec  les  aldéhydes,  ne  pût 
être  substituée  aux  alcalis  dans  les  révélateurs  alcalins.  L’expé¬ 
rience  a  confirmé  nos  prévisions,  car,  dans  aucun  cas,  la  paraldéhyde 
ajoutée  au  sulfite  de  soude  dans  les  révélateurs  alcalins  n’a  pu  pro¬ 
duire  le  développement  de  l’image  latente. 

Conclusions.  —  En  résumé,  la  formaldéhyde  et  l'aldéhyde 
ordinaire  sont  les  seules  substances  qui  pourront,  en  dehors  de 


116 


l'acétone,  dont  nous  avons  indiqué  les  avantages  pour  le  dévelop¬ 
pement  à  l’acide  pyrogallique,  être  utilisées  pratiquement. 

Leur  emploi  est  particulièrement  indiqué,  ainsi  que  nous  l’avons 
vu,  dans  le  révélateur  à  l’hydroquinone  où  ces  aldéhydes  présentent 
tous  les  avantages  des  alcalis  caustiques  sans  en  avoir  les  incon¬ 
vénients. 


LES  RÉVÉLATEURS  POUR  PAPIER  VELOX 

par  le  D>  Léo  BAEKELAND 


ans  le  numéro  du  mois 
de  novembre  1897,  j’ai 
eu  l’honneur  de  publier 
quelques  généralités  sur 
le  papier  Yelox. 

Cette  fois,  je  décrirai 
les  révélateurs  qui  conviennent  le  mieux  pour  le  développement 
de  ce  papier. 

S’il  est  vrai  que  tous  les  révélateurs  peuvent  donner  des  résultats 
plus  ou  moins  satisfaisants  avec  ce  papier,  il  convient  cependant  de 
faire  remarquer  que  les  meilleurs  résultats  ne  sont  certains  qu’avec 
quelques  formules  qui  ont  été  publiées  par  la  Nepera  Chemical  C°. 
Le  choix  de  ces  formules  n’a  pas  été  fait  à  la  légère  ;  il  est  le  résul¬ 
tat  de  plusieurs  années  d’expérience. 

Le  révélateur  à  l’oxalate  ferreux  a  été  abandonné  depuis  long¬ 
temps  à  cause  du  fait  qu’il  faut  des  solutions  séparées  et  que  la 
solution  de  fer  se  conserve  médiocrement  dans  les  conditions  ordi¬ 
naires. 

De  plus,  il  nécessite  des  lavages  et  des  soins  dont  on  peut 
se  dispenser  entièrement  en  employant  des  révélateurs  organi¬ 


ques. 

Parmi  ceux-ci,  il  y  en  a  trois  qui  ont  donné  pleine  satisfac¬ 
tion. 


118  — 


En  voici  les  formules  : 


RÉVÉLATEUR  A  L’AMIDOL. 

Eau . 100  cc. 

Sulfite  de  soude  cristallisé  pur . 10  gr. 

Amidol .  1  gr. 

Solution  à  10  p.  c.  de  bromure  de  potassium ...  4  gouttes. 

RÉVÉLATEUR  AU  MÉTOL. 

Eau .  200  cc. 

Métol .  1  gr. 

Sulfite  de  soude  cristallisé . 10  gr. 

Carbonate  de  soude  sec .  o  gr. 

Solution  â  10  p.  c.  de  bromure  de  potassium.  .  .  15  gouttes. 


RÉVÉLATEUR  MÉTOL-HYDROQUINONE. 


Eau . 

Métol  ....  . 

Sulfite  de  soude  cristallisé . 

Hydroquinone . 

Carbonate  de  soude  sec . 

Solution  à  10  p.  c.  de  bromure  de  potassium. 
*  ou  quantité  double  de  carbonate  de  soude  cristallisé. 


300  cc. 

0,5  gr. 

15  gr. 

2  gr. 

13  gr.  * 

10  gouttes. 


La  quantité  de  bromure  peut  varier  selon  la  pureté  des  produits 
employés  et  la  température  du  bain  ;  si  elle  est  insuffisante,  l’épreuve 
sera  grise  ou  voilée;  s’il  y  a  trop  de  bromure,  les  épreuves  auront 
un  ton  brun  ou  verdâtre. 

Les  épreuves  auront  également  des  noirs  verdâtres  si  le  révéla¬ 
teur  est  trop  faible  ou  s’il  a  eu  l’occasion  de  s’oxyder  à  l’air. 

Un  révélateur  concentré  et  frais,  contenant  exactement  assez  de 
bromure  pour  maintenir  de  beaux  «  blancs  »,  donnera  les  meilleurs 
résultats.  Un  tel  révélateur  seul  produira  ces  beaux  noirs  vigoureux, 
bleu  violacé.  Si  l’on  n’observe  pas  ces  précautions,  les  épreuves 
auront  un  tout  autre  aspect.  Les  ombres  seront  d’un  noir  indécis, 
quelquefois  vert  sale.  Si  le  révélateur  est  très  affaibli,  le  ton  peut 
aller  jusqu’au  brun  et  même  au  rouge  orangé.  La  production  de  ces 


—  119  — 


derniers  tons  nécessite  cinq  ou  six  fois  autant  d’exposition  et  le 
développement  devient  très  long.  Nous  pouvons  dire  que  tous  ces 
tons  produits  par  des  révélateurs  épuisés,  oxydés  ou  dilués,  ne  sont 
pas  désirables  et  produisent  des  images  altérables. 

Parmi  les  trois  formules  indiquées  plus  haut,  celle  à  base  de 
métol  hydroquinone  (métol-quinol)  est  la  plus  économique  et  donne 
les  résultats  les  plus  uniformes.  Elle  produit  un  liquide  qui  se  con¬ 
serve  très  bien  si  l’on  a  soin  de  le  tenir  dans  des  flacons  remplis  et 
bien  bouchés.  Elle  peut  servir  également  pour  développer  des 
plaques  sèches  au  gélatino-bromure. 

Quand  on  prépare  du  métol-quinol,  il  est  avantageux  de  faire 
plusieurs  litres  de  solution  à  la  fois  et  d’en  remplir  ensuite  des 
petits  flacons  contenant  chacun  100  cc.  environ.  Si  ces  flacons 
sont  bien  bouchés  et  si  on  les  remplit  jusqu’au  goulot,  il  n’y  a  plus 
grand  risque  d’oxydation,  surtout  si  l’on  conserve  ces  flacons  hori¬ 
zontalement,  comme  si  c’étaient  des  bouteilles  de  vin,  ce  qui 
empêche  l’entrée  de  l’air  par  le  bouchon. 

On  parvient  ainsi  à  conserver  cette  solution  parfaitement  incolore 
pendant  des  années  et  l’on  a  constamment  à  sa  disposition  un 
excellent  révélateur. 

Il  est  très  nécessaire  de  n’employer  que  des  produits  purs.  Du 
carbonate  ne  contenant  ni  chlorures  ni  sulfates.  Le  sulfite  surtout 
doit  être  de  bonne  qualité.  Ce  dernier  produit  contient  très  souvent 
du  sulfate  par  suite  d’oxydation.  Du  sulfite  sulfaté  peut  produire  les 
résultats  les  plus  bizarres  dans  le  développement  du  papier  Yelox. 

En  dehors  de  ces  recommandations  essentielles  et  élémentaires, 
rien  n’est  plus  facile  que  d’obtenir  constamment  de  bons  résultats. 

Dans  un  article  prochain,  j’aurai  l’occasion  de  passer  en  revue  les 
différentes  méthodes  pratiques  pour  étendre  le  révélateur  sur 
l’épreuve. 

(Laboratoire  de  la  Nepera  Chemical  C°. 

Nepera  park.,  N. -Y.,  décembre  1897). 


procédé  au  gélatino-bromure 

DONNANT  COURAMMENT  LES  25°  AAARNECKE 

POUR  PLAQUES  EXTRA-SENSIBLES 
par  M.  A.  BLANC  (de  Lavai,) 


es  personnes  qui  ont  étudié 
les  procédés  au  gélatino-bro¬ 
mure  d’argent,  ont  dû  remar¬ 
quer  qu’aucune  des  formules 
publiées  dans  le  Bulletin  et 
ailleurs  ne  peut  donner  cou¬ 
ramment  la  sensibilité  des  plaques  extra-rapides  du  commerce. 

Elles  ont  dû  également  remarquer  que  les  plaques  préparées  selon 
ces  diverses  formules  donnent,  en  général,  une  couche  très  spon¬ 
gieuse  possédant  les  défauts  remarqués  à  ce  sujet  par  M.  Pellet 
dans  sa  communication  à  la  société,  du  5  février  dernier. 

Généralement  les  bonnes  plaques  extra-sensibles  du  commerce 
marquent  2.)°  M  arnerke  et  leur  couche  demeure  mince,  relative¬ 
ment,  à  la  suite  des  divers  bains.  Elle  semble  même  repousser  l’eau 
à  la  manière  d’un  corps  gras. 

De  mon  côté,  j’ai  observé  qu’une  trop  grande  spongiosité  de  la 
couche  était  1  une  des  causes  du  voile  vert,  sinon  l’unique. 

Comme  il  ne  viendra  a  la  pensée  de  personne  de  préparer  soi- 
même  ses  plaques,  sinon  pour  étudier,  je  ne  décrirai  pas  le  procédé 
complet  que  j’emploie,:  ce  serait  bien  inutile;  mais  ce  que  je  ne  crois 
pas  inutile,  c’est  de  faire  connaître  les  deux  principes  à  observer 


—  121  — 

pour  obtenir  une  extrême  sensibilité  et  une  couche  se  gonflant  aussi 
peu  que  possible  sous  l’action  des  divers  bains. 

Premier  principe  : 

Il  est  absolument  nécessaire  que  toute  la  gélatine  soit  employée  à 
la  fois  pendant  toute  la  durée  de  la  maturation,  et  qu’aucune  partie 
n’en  soit  ajoutée  après  coup  à  l’émulsion  une  fois  mûrie,  sous  peine 
d’abaisser  considérablement  la  sensibilité. 

Second  principe  : 

Traitement  de  l’émulsion  mûrie  par  l’alcool. 

Pour  la  préparation  de  l’émulsion,  je  m’y  prends  ainsi  : 

Je  prends  30  gr.  de  gélatine,  je  suppose  ;  je  fais  gonfler  une  demi- 
heure  cette  gélatine  et  la  dissous  au  bain-marie. 

A  la  gélatine  fondue,  j’ajoute  50  cc.  d’une  solution  d’alun  à  satu¬ 
ration. 

Il  se  produit  aussitôt  un  magma  visqueux  qui  s’enroule  autour  de 
la  baguette  de  verre  qui  sert  d’agitateur;  pour  rétablir  la  liquidité 
convenable,  j’ajoute  quelques  pincées  d’acide  citrique  en  poudre  ;  le 
bain-marie  est  tenu  très  chaud  et  il  est  préférable  de  remuer  long¬ 
temps  plutôt  que  d’ajouter  trop  d’acide. 

Je  coule  ensuite  ma  gélatine  dans  une  cuvette  de  porcelaine; 
quand  elle  est  figée,  je  la  détache  et  je  la  lave  à  fond. 

Ce  traitement  préalable  de  la  gélatine,  outre  qu’il  contribue  à 
augmenter  la  sensibilité,  a  pour  effet  capital  de  donner  de  la  dou¬ 
ceur  aux  clichés  et  permet  d’emplo}rer  le  procédé  à  l’ammoniaque 
et  une  basse  température  pour  la  maturation.  On  sait  que  ce  procédé 
a  une  tendance  à  donner  des  clichés  durs. 

Voici  maintenant  ma  formule  : 


A  .  Gélatine  préparée  comme  ci-dessus  .  .  .  50  gr.  (1) 

Bromure  d’ammonium . 15  gr. 

Eau  distillée . 50  cc. 

B.  Nitrate  d’argent  cristallisé . 20  gr. 

Eau  distillée . 150  cc. 


Ammoniaque  pure  jusqu’à  redissolution  du  précipité. 


(  1  )  0'1  n’oubliera  pas  que  cette  gélatine  a  augmenté  considérablement  de  poids. 


9 


_  122  _ 


A  étant  fondu,  j’ajoute  B  d’un  seul  coup,  je  mélange,  puis  j’ajoute 
le  reste  de  la  gélatine  préparée. 

Je  fais  mûrir  au  bain-marie  à  40°;  la  maturation  passe  alors  par 
les  phases  suivantes  d’observation  à  travers  la  couche  ;  on  a 

1°  Ciel  et  disque  du  soleil  bleus,  flamme  bleue  :  clichés  vigoureux  ( 

2°  Ciel  verdâtre,  flamme  verdâtre  :  clichés  doux,  très  détaillés  ; 

3°  Ciel  grisâtre,  disque  du  soleil  rose,  flamme  couleur  naturelle  : 
clichés  gris. 

Ces  phases  se  succèdent  avec  des  durées  diverses  ;  la  première  se 
produit  souvent  sur  le-champ.  Généralement,  il  suffit  d’une  heure 
ou  une  heure  et  demie  pour  atteindre  la  seconde  phase,  qui  semble 
être  la  meilleure. 

La  maturation  achevée,  l’émulsion  est  figée  et  convenablement 
lavée,  puis  égouttée;  on  la  couvre  d’une  couche  d’alcool  et  on  la 
laisse  une  nuit  en  cet  état. 

L’émulsion  est  encore  une  fois  lavée  après  décantation  de  l’alcool  ; 
il  ne  reste  plus  qu’à  la  couler  sur  les  plaques. 

L’alcool  a  durci  les  grumeaux  d’émulsion  ;  si  les  plaques  ont  été 
bien  préparées,  elles  ont  toutes  les  qualités  des  plus  sensibles  du 
commerce. 

Le  chauffage  de  l’émulsion  à  l’eau  bouillante  ne  permettrait  pas 
1  emploi  de  toute  la  gélatine;  employée  en  trop  grande  quantité,  la 
maturation  se  fait  mal  ou  demanderait  une  si  longue  durée  que  la 
gélatine  serait  décomposée. 


(Bulletin  de  la  Société  française  de  photographie.) 


Réactions  caf*acfcérûstiqües 

DES  HÉVÉIiflTEURS  LES  PLUS  COKHUS 

par  i.e  D'  M.  ANDRESEN 


e  nombre  des  développateurs  s’est,  dans 
ces  dernières  années,  si  fortement 
accru,  que  le  praticien  tirera  un  profit 
réel  de  la  connaissance  des  réactions 
les  plus  caractéristiques  de  chacune 
des  substances  révélatrices. 

A  l’aide  du  tableau  que  nous  avons 
dressé  dans  ce  but,  et  dans  lequel  nous  avons  fait  figurer  même  des 
révélateurs  dont  l’emploi  pratique  n’a  été  que  passager,  on  pourra 
faire  la  recherche  de  la  composition  d’une  préparation  quelconque, 
mise  dans  le  commerce  sous  une  dénomination  fantaisiste  comme 
cela  se  pratique  couramment. 

Nous  recommandons,  pour  effectuer  les  recherches,  de  suivre 
une  voie  systématique;  le  corps  à  caractériser  doit  être  soumis  à 
un  examen  méthodique,  afin  de  pouvoir  conclure  à  la  présence 
ou  à  l’absence  de  telle  ou  telle  substance,  et  de  procéder  finale¬ 
ment  à  certaines  réactions  spéciales,  caractéristiques  des  corps 
présents. 

La  marche  des  'recherches  varie  suivant  que  la  préparation  à 
examiner  se  présente  à  l’état  solide  ou  sous  forme  liquide 


—  124  — 


A.  La  préparation  a  examiner  est  solide. 

On  essaye  de  dissoudre  1  gramme  environ  de  la  substance  dans  de 
l’eau  froide  (100  cm3). 

a.  La  substance  est  insoluble.  —  Faire  la  recherche  de  la  glycine 
et  du  diamidooxydiphényle  : 

1°  La  substance  est  soluble  en  ajoutant  un  peu  de  sulfite  de  soude 
cristallisé  et  du  carbonate  de  potasse  :  Glycine.  Pour  s’en  con¬ 
vaincre,  essayer  de  dissoudre  la  substance  dans  l’eau  additionnée 
d’acide  chlorhydrique  (la  glycine  est  soluble);  puis  au  moyen  d’acide 
acétique  (la  glycine  est  insoluble).  La  solution  acidulée  d’acide  sul¬ 
furique,  traitée  par  une  solution  de  bichromate  de  potassium  (1:15) 
doit  dégager  l’odeur  du  quinone; 

2°  La  substance,  même  additionnée  de  sulfite  de  soude  et  de 
carbonate  de  potasse,  reste  insoluble  dans  l’eau  :  Diamidooxydi¬ 
phényle.  Se  convaincre  par  la  solubilité  de  la  substance  dans  l’eau 
acidulée  d’acide  acétique;  l’essai  par  oxydation  (au  moven  du 
bichromate)  ne  doit  pas  donner  lieu  au  dégagement  de  l’odeur 
caractéristique  du  quinone. 

(3.  La  substance  est  complètement  soluble.  —  On  devra  recher¬ 
cher  tous  les  révélateurs,  à  l’exception  des  deux  substances  prénom¬ 
mées. 

On  prépare  une  solution  aqueuse  en  dissolvant  1  gramme  de  la 
substance  dans  100  cm3  d’eau,  en  ajoutant  ensuite  5  grammes 
environ  de  sulfite  de  soude,  puis  10  grammes  de  carbonate  de 
potasse  : 

1°  Il  se  forme  une  poudre  fine,  cristalline  :  ParamidophénoL 
[  :  procéder  aux  réactions  spéciales  de  ce  corps  :]  ; 

2°  La  solution  reste  limpide,  mais  se  colore  d’une  certaine  façon  : 
amidol,  iconogène,  triamidophénol,  pyrogallol  et  diamidorésorcine  : 

a.  La  coloration  produite  est  bleue  :  Amidol  [  :  faire  les  réactions 
caractéristiques  de  l’amidol  :  ]  ; 

(3.  La  coloration  produite  est  jaune  d'or  et  ne  change  pas  en 
l’abandonnant  pendant  quelque  temps  au  contact  de  l’air  :  Icono- 
GÈNE  [  :  faire  les  réactions  caractéristiques  de  ce  corps  :  ]  ; 

7.  La  coloration  obtenue  est  verdâtre,  surtout  en  multipliant  le 


contact  de  l’air  (agiter  le  flacon  mi-plein),  et  cette  coloration  vire 
au  brun  en  ajoutant  à  la  solution  quelques  gouttes  de  soude  caus¬ 
tique  :  Triamidophénol  [  :  faire  la  réaction  au  chlorure  ferri¬ 
que  :  ]  ; 

o.  La  solution  prend  une  coloration  brunâtre,  s’accentuant  au 
contact  de  l’air  :  pyrogallol  ou  diamidorésorcine.  On  ajoute  quel¬ 
ques  gouttes  de  soude  caustique  : 

aa.  La  coloration  brunâtre  persiste  et  s’accentue  rapidement  : 
Pyrogallol  ; 

bb.  La  coloration  brunâtre  vire  au  bleu  :  Diamidorésorcine. 

3°  La  solution  reste  claire  et  limpide  (sans  coloration)  :  pyroca- 
téchine,  hydroquinone,  métol,  ortol,  paramidophénol  (si  la  solution 
est  assez  étendue),  paraphénylène-diamine.  Voir,  au  moyen  d’un 
essai  spécial,  si  la  substance  soumise  à  l’ox}rdation  au  moyen  de 
bichromate  et  d’acide  sulfurique  dégage  l’odeur  caractéristique  du 
quinone  : 

«.  Il  n’y  a  pas  de  formation  de  quinone  :  Pyrocatéchixe 
[  :  faire  les  réactions  au  chlorure  ferrique  et  à  l’acétate  de 
plomb  :  ]; 

S.  Il  y  a  formation  de  quinone  :  hydroquinone,  métol,  ortol, 
paramidophénol,  paraphénylène-diamine. 

La  solution  aqueuse  est  additionnée  d’acide  sulfurique  jusqu’à 
réaction  nettement  acide,  et  l’on  extrait  ensuite  à  l’éther. 

aa.  L'extrait  éthérique  abandonne  au  fur  et  à  mesure  de  l’évapo¬ 
ration  un  résidu  cristallisé  en  aiguilles  longues  :  Hydroquinone, 
Ortol. 

Si  l’hydroquinone  résultant  provient  de  l’ortol,  la  substance  pri¬ 
mitive  donne  à  l’oxydation  la  coloration  rouge  bordeaux  renseignée 
dans  le  tableau; 

bb.  Il  n’v  a  pas  de  résidu  notable  après  l’évaporation  de  l’éther  : 
métol,  paramidophénol,  paraphénylène-diamine. 

On  dissout  la  substance  à  analyser  dans  l’eau  (1  :  20);  on  ajoute 
un  peu  d’acide  sulfurique  dilué,  puis  on  refroidit  la  solution  en  y 
projetant  un  morceau  de  glace,  et,  enfin,  on  ajoute  autant  d’une 
solution  concentrée  de  nitrite  (potassique?)  jusqu’à  ce  qu’on  perçoive 
nettement  l’odeur  de  l’acide  nitreux  (anhydride  nitreux)  ; 


a«.  Il  se  dépose  un  corps  sous  forme  d’aiguilles  entremêlées  : 
Métol  (faire  les  réactions  spéciales)  ; 

(5S.  Il  ne  se  forme  aucun  dépôt  :  paramidophénol,  paraphénylène- 
diamine.  A  la  solution  additionnée  de  nitrite  on  ajoute  une  solution 
(rendue  alcaline  au  moyen  de  soude  caustique)  d’acide  «-naphtol- 
î-disulfonique  [  :  connu  aussi  sous  le  nom  d’acide  d’Andresen  :  ]  : 

I.  La  couleur  azotée  ainsi  obtenue  est  d’une  nuance  rouge  pon¬ 
ceau  :  Paramidophénol. 

II.  La  couleur  azotée  est  rouge- violet  :  Paraphénylène- 
DI  AMINE. 


B.  La  préparation  a  examiner  est  en  solution  aqueuse. 

Comme  en  général  les  solutions  aqueuses  des  substances  dévelop- 
patrices  ne  se  conservent  bien  qu’en  présence  de  sulfites,  on  cons¬ 
tatera  toujours  ces  derniers  dans  les  bains  préparés.  Pour  s’en 
convaincre,  il  suffit  d’ajouter  un  peu  d’acide  sulfurique;  il  se  déga¬ 
gera  l’odeur  caractéristique  de  l’anhydride  sulfureux. 

Pour  la  recherche  des  constituants  d’un  bain  révélateur,  on  en 
verse  une  petite  quantité  dans  une  capsule  et  l’on  ajoute  un  peu 
d’une  solution  concentrée  de  soude  caustique. 

a.  Le  liquide  prend  une  coloration  intense  au  cojitact  de  l' air  : 

a.  La  coloration  obtenue  est  bleue  :  Diamidorésorcine. 

Une  petite  quantité  de  la  solution  primitive  est  additionnée  d’acide 
sulfurique  dilué,  on  fait  bouillir  pour  chasser  l’anhydride  sulfureux, 
on  ajoute  quelques  gouttes  d’une  solution  de  chlorure  ferrique,  et, 
enfin,  on  étend  d’eau.  Il  se  produit  une  coloration  caractéristique 
dont  il  est  fait  mention  dans  notre  tableau; 

(3.  La  solution,  au  contact  de  l’air,  se  colore  rapidement  en  brun  : 
pyrogallol,  amidol,triamidophénol. 

Une  petite  quantité  de  la  solution  à  examiner  est  versée  dans  une 
capsule,  puis  on  ajoute  du  carbonate  de  potasse  en  quantité  consi¬ 
dérable  : 

1°  La  solution  se  colore  en  bleu  :  Amidol.  Pour  s’en  convaincre, 
on  procède  comme  il  a  été  dit  à  propos  de  la  diamidorésorcine,  ou 
bien  on  fait  l’expérience  suivante  :  on  prépare  un  extrait  éthérique 


—  127 


de  la  solution  primitive,  on  fait  évaporer  l’éther,  on  reprend  le 
résidu  par  l’eau  et  l’on  ajoute  enfin  un  peu  de  chlorure  ferrique;  la 
coloration  obtenue  serait  rouge  s’il  s’agissait  d’amidol  ; 

2°  La  solution,  abandonnée  au  contact  de  l’air,  se  colore  en  brun  : 
Pyrogallol.  Comme  contre-épreuve,  on  procède  comme  suit  : 
une  petite  quantité  de  la  solution  à  examiner  est  additionnée  d’acide 
chlorhydrique  jusqu’à  réaction  acide;  on  extrait  ensuite  à  l’éther; 
le  résidu  fixe,  obtenu  après  l’évaporation  de  l’éther,  est  repris  par 
l’eau.  Dans  la  solution  aqueuse,  on  verse  une  solution  concentrée 
de  sulfate  ferreux  [:  transformé  partiellement  en  sulfate  ferrique  :  |. 
Voir,  pour  la  coloration  obtenue,  les  renseignements  que  donne 
notre  tableau; 

3°  La  solution  prend  une  coloration  vert  sale  :  Triamidophénol. 
Si  c’est  le  cas,  la  solution  sulfitée  primitive  doit  être  d’une  colora¬ 
tion  jaunâtre.  Procéder,  pour  s’en  assurer,  à  la  réaction  au  chlorure 
ferrique,  comme  il  a  été  indiqué  pour  la  diamidorésorcine. 

b.  L'addition  de  soude  caustique  ne  produit  pas  de  changement 
de  coloration  notable  :  pyrocatéchine,  diamidooxydiphényl,  icono- 
gène,  glycine,  hydroquinone,  métol,  ortol,  paramidophénol,  para- 
phénylène-diamine. 

Une  partie  de  la  solution  à  examiner  est  additionnée  peu  à  peu 
d’acide  chlorhydrique,  tout  en  agitant  à  l’aide  d’une  baguette  de 
verre.  On  observe  s’il  se  forme  un  dépôt  ou  si  le  dépôt  éventuel¬ 
lement  formé  se  redissout  ou  non  dans  un  excès  d’acide  chlorhy¬ 
drique  : 

«.  Il  se  forme  un  précipité  blanc  :  diamidooxydiphényl,  icono- 
gène,  glycine,  paramidophénol  : 

1°  Le  précipité  obtenu  ne  se  redissout  pas  dans  l’acide  chlorhy¬ 
drique  : Iconogène; 

2°  Le  précipité  obtenu  se  redissout  dans  l’excès  d’acide  :  diami¬ 
dooxydiphényl,  glycine,  paramidophénol  : 

«a.  Le  précipité  obtenu  ne  se  dissout  pas  dans  de  l’acide  acétique 
concentré  :  Glycine  ; 

pp.  Le  précipité  obtenu  se  redissout  dans  un  excès  d’acide  acé¬ 
tique  :  paramidophénol,  diamidooxydiphényl. 

Une  petite  quantité  de  la  solution  à  examiner  est  additionnée 


—  128  — 


d’acide  sulfurique  dilué,  on  fait  bouillir  pour  chasser  l’anhydride 
sulfureux  mis  en  liberté,  et,  à  la  solution  bouillante,  on  ajoute  un 
peu  de  bichromate  de  potasse  ; 

77.  Il  se  dégage  l’odeur  du  quinone  :  Paramidophénol  ; 

SS.  Il  n’y  a  pas  dégagement  de  l’odeur  de  quinone  :  Diamidodi- 

PHÉNYL. 

{3.  L'addition  d'acide  chlorhydrique  ne  produit  pas  de  préci¬ 
pité  :  pvrocatéchine,  hydroquinone,  métol,  ortol,  paraphénylène- 
diamine. 

Une  partie  de  la  solution  primitive  est  acidulée  au  moyen  d’acide 
chlorhydrique,  et  l’on  prépare  un  extrait  éthérique  : 

1°  Après  évaporation  de  l’éther,  il  s’est  formé  un  résidu  :  pyro- 
catéchine,  hydroquinone,  ortol  : 

a.  Le  résidu,  soumis  à  l’oxydation,  dégage  l’odeur  du  quinone  : 
hydroquinone,  ortol.  Une  petite  quantité  de  la  solution  primitive 
est  rendue  acide  au  moyen  d’acide  sulfurique;  on  fait  bouillir  pour 
chasser  l’acide  sulfureux  et  l’on  oxyde  au  bichromate  potassique. 
S’il  se  produit  la  coloration  rouge  dont  parle  le  tableau,  on  se 
trouve  en  présence  d’ORTOL,  sinon  on  a  affaire  à  I’Hydroqui- 
none  ; 

[3.  Le  résidu,  soumis  à  l’oxydation,  ne  dégage  pas  l’odeur  du 
quinone  :  Pyrocatéchine  (faire  les  réactions  à  l’acétate  de  plomb 
et  au  chlorure  ferrique). 

2°  Après  évaporation  de  l’éther,  il  n’y  a  pas  de  résidu  :  métol, 
paraphénylène-diamine.  Une  partie  de  la  solution  à  examiner  est 
additionnée  d’acide  sulfurique  dilué;  puis,  on  fait  bouillir  pour 
chasser  l’anhydride  sulfureux;  enfin,  à  la  solution  refroidie  au 
moyen  d’un  morceau  de  glace,  on  ajoute  de  la  solution  de  nitrite, 
jusqu’à  ce  qu’on  perçoive  nettement  l’odeur  de  l’anhydride  nitreux. 

a.  Après  addition  de  nitrite,  il  se  forme  un  dépôt  cristallin 
(nitroso-métol)  :  Métol.  Faire  la  réaction  à  l’acide  </-naphtol-s-disul- 
fonique  [:  en  solution  alcalino-caustique  :],  qui  ne  doit  pas  produire 
de  coloration  rouge; 

p.  La  solution  additionnée  de  nitrite,  versée  dans  une  solution 
alcalino-caustique  d’acide  *-naphtol-;'-disulfonique  produit  une  cou¬ 
leur  rouge-violet  :  Paraphénylène-diamine. 


—  129  — 


Dans  ce  qui  précède,  nous  avons  donné  la  marche  à  suivre  lors¬ 
qu’il  s’agit  d’examiner  un  révélateur  ne  contenant  qu’une  seule 
substance  révélatrice  ;  le  procédé  se  complique  davantage  s’il  y  a 
deux  ou  plusieurs  substances  réductrices  contenues  dans  la  matière 
à  examiner. 

Néanmoins,  les  données  du  tableau  conduiront  au  but,  surtout  si 
l’expérimentateur  est  à  même  de  se  tracer  la  voie  à  suivre,  en 
s’appuyant  sur  les  données  communiquées. 

Traduit  par  V.  H. 

de  Pholographische  Correspondent,  n"  448. 


130 


Réactions  des  ré^v 


NOM 

COMMERCIAL. 

DÉSIGNATION 

SCIENTIFIQUE. 

FORMULE  DE  CONSTITUTION. 

FORME 

DES  CRISTAUX. 

POINT 

DE  FUSION. 

SOLUBI 

Amidol. 

Chlorhydrate 
du  2.4  —  Dia- 
mido-phénol. 

V 

X 

OH 

A: 

Y1 

4  H*  H 

H1  Hcl 

cl 

Aiguilles  in¬ 
colores. 

Se  décompo¬ 
se  à  la  chaleur 
sans  fondre. 

Facilei 
soluhled 
presque 
lubie  d* 
et  dans  1’ 

Pyrocaté- 

chine. 

1.2  Dioxy- 
benzol. 

N 

4 

OH 

X 

K 

OH 

A 

Lamelles  lar¬ 
ges  (:  ex  ben¬ 
zol  :)  Aiguilles 
prismatiques 
[:  ex  eau  :] 

104°. 

Facile 
soluble 
l’eau,  l’ai 
l’éther. 

Solubl 
le  benzo 

Diamido- oxy- 
diphényl. 

Diamido-oxy- 

diphényl. 

OH 

N*H2 

.  N  H2 

r  > 

Aiguilles  en¬ 
tremêlées  (:  ex 
eau  :) 

148». 

Facilei 
soluble 
l'alcool, 
acétique 
lallisable 
l’eau  c! 

dillicile 
soluble  il 
benzol  e 
froide. 

Diamido- 

résorcine. 

Chlorhydrate 
du  4. G  —  Dia¬ 
mido  -  résorci  - 
ne. 

N  HCL 

A 

N 

DH 

SyAoH 

H  d 

Tables 

rhomboédri- 

ques. 

Se  décompo¬ 
se  a  la  chaleur 
sans  fondre. 

Facilei 
solubled 
dillicile 
soluble 
cool  et  1 

182  — 


NOM 

COMMERCIAL. 

DÉSIGNATION 

SCIENTIFIQUE. 

FORMULE  DE  CONSTITUTION. 

FORME 

DES  CRISTAUX. 

POINT 

DE  FUSION. 

S 

Iconogène. 

Sel  sodique 
de  l’acide  o.\  — 
amido  —  — 

naphlol  —  ps 
—  sulfonique. 

Xi 

SozoM  y 

N  H2- 

X 

V 

/o» 

Tables  rhom- 
biques. 

Perd  à  110° 
•2  1 12  molécules 
d’eau  de  cris¬ 
tallisation. 
Chauffé  au  de¬ 
là,  il  se  décom¬ 
pose  sans  fu¬ 
sion  préalable. 

SC 

cl 

II 

fi¬ 

sc 

ce 

SC 

r 

il 

r 

s 

c 

r 

p 

nr 

fi 

ti 

b 

7. 

s 

t 

n 

e 

e 

s 

c 

1 

n 

n 

f 

s 

1 

i 

( 

1 

q 

s 

Glycine. 

Para-oxyphé- 

nylglycine. 

0 

> 

,h  y 

n<ch1cooh 

Lamelles  rcs- 
semblant  au  mi¬ 
ca. 

Fond  en  se 
décomposant. 

Hydroquinone. 

-1.4 —  Dioxy- 
benzol. 

0  H 

sX 

V 

*o 

y 

X 

H 

Aiguilles  ou 
longs  prismes 
hexagonaux. 

109°. 

Métol. 

Sulfate  du  mé- 
thyl-para-ami- 
dophônol. 

N 

/ 

n<chï 

OH 

X 

Y 

Hî-S( 

JLs  « 

y 

\ 

Aiguilles  ou 
prismes. 

La  base  libre 
cristallise  en 
longues  aiguil¬ 
les. 

Se  décompo¬ 
se  sans  fondre 
préalablement. 

La  base  libre 
fond  à  87°. 

Ortol. 

Mélange  de 
sulfate  du  mé- 
Ihyl-ortho-ami- 
dopliénol  et 
d’hydroquino- 
ne. 

OH  C 

yVt 

AyX  X 

OH 

?  H 

J" 

Le  sulfate  du 
méthyl  -  ortlio  - 
amidophénol 
cristallise  en 
tables  rhombi- 
ques  ou  en  pris¬ 
mes. 

Le  sulfate  du 
méthyl  -  ortho- 
amidophéno! 
se  décompose  à 
la  chaleur  sans 
fusion  préala¬ 
ble. 

La  hase  libre 
fond,  en  se  dé¬ 
composant,  à 
80°. 

(*)  Lu  coloration  verte  que  possèdent  souvent  les  bains  achetés  dans  le  commerce  provient  d  une  teneur  en 


134 


NOM 

COMMERCIAL. 


DÉSIGNATION 

SCIENTIFIQUE. 


FORMULE  DE  CONSTITUTION 


FORME 

DES  CRISTAUX. 


POINT 

DE  FUSION. 


Chlorhydrate 
du  1.4  —  ami- 
do-phénol. 


Paramido- 

phénol. 


N  H1  H  Cl 


Chlorhydrate 
du  1.4  —  para- 
phénylène-dia- 
mine. 


Paraphény- 
lène  -  diamine. 


Triamidc- 

phénol. 


Chlorhydrate 
du2.4.6— Tria- 
mido-phénol. 


N  H^H  Cl 


Prismes. 


La  base  libre 
cristallise  en 
lamelles. 


Tablettes  tri- 
cimes. 


La  solution 
éthérique  de  la 
base  libre  aban¬ 
donnée  à  la 
cristallisation 
donne  des  cris¬ 
taux  en  tables. 

La  solution 
aqueuse  fournit 
des  cristaux 
monoclines.qui 
setransforment 


peu  a  peu  en 
lamelles  rhom- 
biqnes. 


Aiguillesbril- 
lantes  incolo¬ 
res. 


Aiguilles. 


Se  décompo¬ 
se  sans  fondre. 

La  base  libre 
fond  à  184°  en 
se  décompo¬ 
sant. 


Se  décompo¬ 
se  sans  fondre 


La  base  libre 
fond  à  14G°. 


Fond  à  132» 


Se  décompo¬ 
se  sans  fusion 
préalable. 


so 

I 

so 

CO 


es 

so 

cil 

di 

l’ï 

se 

l’a 

ci 

bl 


sc 


Fc 

lu 

cc 

da 


es 

so 

Fa 

th 

cil 

bl 


so 

Fe 

et 


so 

Fe 

cil 

bf 

CO 


flflDlOTIJlT  CHASSflGNE 

L.  Schrank.  Photogr.  Correspondes,  n°  448 


a  société  anonyme  baptisée  «  Ra- 
diotint  Limited  »  a  vu  le  jour  à 
Londres,  en  mai  1897  ;  les  bonnes 
fées  qui  ont  présidé  à  sa  naissance 
l’ont  dotée  de  l’exploitation  com¬ 
merciale  du  procédé  Dansac  et 
Chassagne.  Si  l’on  examine  au¬ 
jourd’hui  la  façon  adroite  avec 
laquelle  cette  affaire  est  menée, 
on  est  tenté  de  croire  que  les  pro¬ 
messes  ridicules  dont  les  journaux 
anglais  se  sont  faits  l’écho,  et  qui 
ont  produit  parmi  le  monde  photographique  une  effervescence  con¬ 
sidérable,  ne  sont  en  somme  rien  d’autre  qu’une  réclame  raffinée, 
qu  un  tour  joué,  et  le  nom  de  Chassagne  était  dans  la  bouche  de  * 
tous  ceux  qui  marchaient  sous  la  bannière  de  la  photographie. 

La  réaction  n’a  pas  tardé  à  se  produire  lorsqu’on  connut  l’état  de 
choses  véritable,  et  aujourd’hui  on  est  autant  enclin  à  juger  le 
Radiotint  au-dessous  de  sa  valeur  réelle,  qu’on  exaltait  autrefois  les 
merveilles  qu’il  promettait. 

AI  étant  laissé  séduire  par  une  invitation  élégamment  imprimée, 
je  me  suis  rendu  au  local,  non  moins  élégant,  d’un  de  nos  plus 
beaux  quartiers  de  la  ville,  où  deux  gentes  demoiselles  parisiennes 
étaient  en  train  de  colorier  des  photographies  de  Reutlinger  et 


—  137  — 


d’autres.  Elles  vendaient  là  aussi  de  très  belles  boîtes  à  couleurs  et 
donnaient  à  tout  le  monde  les  renseignements  désirés. 

En  cinq  minutes,  —  temps  normal,  —  un  portrait  format  boudoir 
est  achevé.  Les  Rose  Bonheur  modernes  sont  assises  près  d’une 
élégante  petite  table,  ornée  de  quatre  petits  godets  ;  dans  le  pre¬ 
mier  il  y  a  de  l’albumine,  dans  l’autre  un  liquide  rose-éosine,  dans 
le  troisième  du  vert  jaune  sale  et  dans  le  quatrième  un  bleu  foncé. 

Les  photographies  servant  aux  expériences  sont,  cela  se  conçoit, 
irréprochables,  car  une  modification  des  contours  de  l’image  est 
chose  impossible,  puisque  aucune  des  couleurs  nommées  ne  couvre 
suffisamment.  Les  préparatifs  sont  vite  faits.  La  demoiselle  enduit, 
au  moyen  d’un  large  blaireau,  tout  le  portrait  d’albumine  liquide; 
lorsque  le  papier  s’est  imbibé  d’une  façon  égale,  elle  enlève  l’excès 
à  l’aide  de  papier  buvard.  Puis,  avec  un  pinceau  plus  petit,  elle 
enduit  le  visage  du  portrait  d’une  teinte  bleue;  on  peut  même 
dépasser  les  contours  dans  le  cas  où  il  y  a  un  fond  nuageux.  Nou¬ 
veau  séchage  par  le  papier  buvard,  ensuite  vient  le  jaune,  également 
sur  tout  le  visage,  encore  du  papier  buvard  et,  enfin,  vient  le  rose. 
Là  où  l’on  désire  des  tons  plus  saturés,  comme  pour  les  lèvres, 
l’orbite  des  yeux,  on  procède  par  plusieurs  couches.  Les  couleurs 
composées  comme  le  brun-capucine,  le  vert-vert,  s’obtiennent  par  le 
mélange  des  couleurs  ou  par  leur  superposition.  Certains  verts, 
—  préférés  par  les  impressionistes  pour  les  effets  printaniers  — 
n’existent  pas  dans  la  gamme  de  M.  Chassagne;  mais  on  peut  dis¬ 
crètement  s’aider  par  d’autres  couleurs  d’aniline. 

C’est  un  plaisir  tout  particulier  de  voir  sortir  les  différents  tons  et 
de  voir  les  couleurs  s’étaler  en  couches  d’une  uniformité  surpre¬ 
nante;  on  s’étonne  du  talent  que  l’on  a  et  qu’on  était  loin  de  soup¬ 
çonner. 

La  Compagnie  Kodak  a  dit  jadis  :  Poussez  sur  le  bouton,  nous 
ferons  le  reste.  Ces  demoiselles  semblent  vous  dire  :  Achetez  une 
boîte  à  couleurs  du  Radiotint  pour  10  francs  ou  pour  15  francs,  et 
demain  vous  serez  un  peintre  accompli  ;  si  le  sens  des  couleurs  vous 
est  inné  et  si  vous  mettez  30  francs,  vous  atteindrez  au  célèbre 
Markart. 

Mais  trêve  aux  plaisanteries.  Le  Radiotint  s’annonce  comme  un 


10 


—  138  — 


moyen  pratique  pour  les  amateurs  non  initiés  aux  secrets  de  l’im¬ 
pression  en  couleur  à  la  gomme  bichromatée,  s’ils  veulent  obtenir 
des  effets  agréables  pour  leurs  diapositifs,  pour  colorier  des  agran¬ 
dissements  sur  papier  au  bromure  d’argent  et  d’autres  travaux  de 
ce  genre.  Cela  vaut  qu’on  fasse  un  essai  et  qu’on  fasse  venir  des 
échantillons. 

Les  images  se  conservent  vaillamment  à  la  lumière  du  jour  et 
pendant  des  semaines,  mais  ne  les  exposez  pas  au  soleil. 

Curieux  de  savoir  si  les  couleurs  ne  faiblissent  pas  par  la  chaleur 
de  l’appareil  de  projection,  je  fis  des  recherches.  A  Berlin,  dans  un 
cas  de  conscience  de  ce  genre,  on  consulte  le  Manuel  de  Pizzighelli  ; 
moi,  par  courtoisie  internationale,  je  considère  le  traité  de  Vogel 
comme  le  Coran  infaillible  où  s’entasse  la  sagesse  des  peuples. 
Mais,  comme  tout  faisait  prévoir  que  l’objet  de  mes  recherches 
devait  se  trouver  dans  le  volume  non  encore  paru,  je  consulte  les 
Mittheilungen.  Là,  que  vois-je,  page  295?  «  Les  couleurs  analysées 
au  spectroscope  sont  identiques  à  l’indigotine,  à  l’éosine  et  à  l’acide 
picrique  mélangé  de  bleu  de  Bavière;  elles  représentent  la  valeur  de 
quelques  pfennigs.  »  Pour  quelques  pfennigs  on  ne  peut  pas  vouloir 
l’immortalité  ! 

Sur  cela,  une  tristesse  morne  s’empara  de  moi,  tout  comme  il  y 
a  trente  ans,  lorsque  je  vis  pâlir  les  premières  photographies  tein¬ 
tées  aux  couleurs  d’aniline.  Un  ami  d’alors  m’a  consolé  en  me 
disant  :  «  Une  fleur  est-elle  moins  belle  parce  qu’elle  doit  se  faner 
bientôt?  » 

Mais  qui  consolera  les  actionnaires  de  la  «  Radiotint  Limited  », 
fondée  au  capital  de  2  millions  500,000  francs,  s’ils  voyaient,  par 
hasard,  leurs  belles  actions  perdre  leurs  couleurs? 


Traduit  par  Y.  H. 


REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


The  Photogram. 

(N°  48.) 

Photographie  de  poissons  vivants.  —  Le  D1'  R.  W.  Shufeldt  nous  montre  une 
série  très  intéressante  de  poissons  photographiés  dans  leur  aquarium.  Pour 
réussir,  il  faut  que  le  soleil  éclaire  l’aquarium  et  profiter  d’un  moment  d’immo¬ 
bilité  d’un  poisson;  la  grande  difficulté  est  la  mise  au  point,  le  poisson  ne 
restant  pas  dans  le  même  plan. 

Les  épreuves,  très  réussies,  montrent  qu’on  peut  surmonter  la  difficulté  avec 
de  la  patience. 

L’auteur  conseille,  quand  c’est  possible,  de  mettre  les  poissons  dans  un  petit 
aquarium  placé  de  telle  façon  qu’il  se  détache  complètement  sur  le  ciel. 
On  couvre  les  extrémités  de  l’aquarium  de  papier  blanc  et  l’on  tient  au-dessus 
de  l’eau  un  carton  ou  un  parasol.  La  lumière  doit  venir  par  derrière,  de  manière 
à  éclairer  le  poisson  vivement.  L’auteur  a  réussi  à  photographier  ainsi  instanta¬ 
nément  un  groupe  de  vingt  poissons-lune  ( Lepomis  gibbosus). 

M.  V. 


The  Practical  Photographer. 

(N°  96.) 

Conseils  aux  portraitistes. 

1°  La  pose  doit  être  aisée  et  la  position  ne  peut  être  naturelle  que  si  le  modèle 
est  à  son  aise; 

2°  L’expression  doit  être  naturelle  et  une  attention  particulière  doit  être 
accordée  aux  yeux  qui  doivent  suivre  l’inclinaison  du  visage; 

3°  L’éclairage  ne  doit  pas  être  général,  mais  il  sera  vigoureux  sur  une  partie 
du  visage  et  modifié  en  valeurs  correctes  sur  le  reste; 

4°  L’arrangement  le  plus  naturel  des  mains  est  obtenu  lorsqu’elles  sont 
occupées.  En  aucun  cas  elles  ne  seront  posées  de  façon  symétrique; 

3°  L’essentiel  dans  un  portrait  est  le  caractère,  et  le  public  doit  être  guidé 
plutôt  par  le  caractère  que  par  une  mine  flattée  et  être  conquis  plus  par 


140  — 


l’apparence  réelle  que  par  les  exemples  de  retouche  qui  donnent  à  la  figure 
l’aspect  d’une  bille  de  billard; 

G"  L’objectif  sera  mis  au  point  sur  le  visage  et  le  reste  du  corps  sera  laissé 
plus  diffus,  de  manière  qu’il  ne  soit  qu’un  accessoire  à  la  figure.  C’est  pourquoi 
il  faut  employer  un  grand  diaphragme; 

7°  Afin  de  faciliter  la  pose  et  l’expression,  il  faut  que  le  modèle  trouve  autour 
de  lui  des  objets  familiers  lui  rappelant  son  intérieur,  autant  que  possible; 

8°  Le  photographe  doit  avoir  des  manières  aisées  et  entretenir  une  conver¬ 
sation  agréable  pendant  toute  l’entrevue  afin  de  faire  oublier  le  plus  possible 
l’opération; 

9°  Le  photographe  doit  étudier  la  physionomie  et  doit  admirer  la  beauté 
dans  sa  plus  haute  expression. 

(N°  97.) 

L’éclairage  de  l’atelier.  —  L’auteur  recommande  de  n’éclairer  l’atelier  que  par 
une  baie  qui  n’aura  en  dimensions  maximum  que  10  pieds  carrés.  L’ouverture 
commencera  à  2  pieds  du  sol  pour  ne  pas  dépasser  14  pieds  au-dessus  du  plan¬ 
cher.  Les  verres  mats  à  la  fenêtre  sont  préférables.  Les  stores  seront  absolument 
opaques  ;  quatre  stores  suffisent,  deux  s’enroulant  par  en  haut,  deux  par  en  bas. 
La  couleur  recommandée  pour  l’atelier  est  le  gris,  qui  ne  donne  pas  de  lumière 
réfléchie. 

Temps  de  pose.  Voici  un  moyen  donné  par  M.  R.  Liesegang  de  déterminer 
exactement  si  un  négatif  a  été  correctement  posé  ou  non. 

Examinez  le  côté  gélatine  du  négatif,  et  puis  le  côté  verre,  sous  un  certain 
angle,  et  contre  un  fond  noir  : 

1°  Si  le  côté  gélatine  montre  une  image  positive  et  le  côté  verre  pas,  la  plaque 
a  été  sous-exposéc; 

2°  Si  le  contraire  se  présente,  c’est-à-dire  si  le  positif  se  montre  du  côté  verre, 
il  y  a  forte  surexposition; 

3°  S’il  n’y  a  pas  d’image  positive  ou  si  une  image  de  force  égale  se  voit  des 
deux  côtés,  la  pose  a  été  correcte,  surtout  dans  le  dernier  cas. 

M.  V. 


Photography. 

(N°  4G9.) 

Projections.  —  Andrew  Pringle  recommande  les  plaques  au  collodion  pour  la 
projection.  On  peut  obtenir  avec  elles  des  tons  chauds  sans  pousser  la  pose 
tellement  loin  que  l’on  ait  à  craindre  le  voile,  mais  il  faut  les  préparer  soi-mème, 
car  elles  ne  se  conservent  que  quelques  jours.  Voilà  le  hic!  Car  l’amateur 
aujourd’hui  aime  à  ne  rien  préparer  lui-même,  pas  même  son  révélateur! 


—  141 


Il  y  a  pourtant  des  plaques  au  collodion  qui  sont  recommandables  et  que 
l’on  trouve  toutes  préparées.  Ce  sont  celles  de  la  Birmingham  Dry  Plate  C°  faites 
d’après  la  recette  du  D1'  llill  Norris. 

Le  révélateur  recommandé  est  l’oxalate  de  fer,  6  parties  d’oxalate  pour  une  de 
fer,  quelques  gouttes  de  bromure  de  potassium.  Le  fixage  se  fait  toujours  dans 
le  cyanure  de  potassium. 

Le  ton  chaud  est  obtenu  en  renforçant  la  plaque  au  biehlorure  de  mercure, 
puis  au  métabisulflte  de  potassium.  Le  renforcement  à  l’argent  est  aussi  très 
recommandable. 

(N°  -473.) 

U.  P.  Robinson  cl  le  Linked  Ring.  —  Ce  numéro  nous  apprend  que  le 
célèbre  photographe  H.  P.  Robinson,  un  des  fondateurs  du  Salon  de  Londres, 
a  donné  sa  démission  de  membre  du  Linked  Ring ,  parce  que  le  Comité  avait 
admis  au  Salon  et  mis  en  place  d’honneur  une  épreuve  de  M.  üemachy  repré¬ 
sentant  une  dame  du  demi-monde  fumant  à  table  une  cigarette.  M.  Demachy 
avait  intitulé  son  œuvre  :  Une  Idée  pour  une  affiche. 

Dans  une  lettre  adressée  à  Y  Amateur  Photographer  du  26  novembre  dernier, 
M.  H.  P.  Robinson  critiquait  vivement  cette  œuvre,  et  il  ajoutait  que  le  Salon 
n’avait  pas  été  fondé  pour  y  exhiber  des  idées  pour  des  affiches,  mais  bien 
pour  «  l’exposition  exclusive  d’œuvres  complètes  faites  par  la  photographie  ». 

Les  défenseurs  de  M.  Demachy  ont  répondu  un  peu  vertement  à  cette  manière 
de  voir  (voir  article  de  M.  Horsley  Hinton  dans  Y  Amateur  Photographer ,  p.  434). 

L’issue  de  l’affaire  nous  est  racontée  de  la  façon  suivante  :  «  Tout  cela  à 
propos  d’une  certaine  idée  pour  une  affiche  qui  fut  mise  à  la  place  d’honneur 
dans  une  exposition  et  qui  a  causé  la  défection  dans  une  certaine  société  d’un 
membre  important  et  enthousiaste  ». 

Si  l’on  songe  que  le  Linked  Ritvi  fut  fondé  par  des  mécontents  de  la  Royal 
Photographie  Society ,  ainsi  que  nous  l’apprenait  M.  Wellord  il  y  a  quelque 
temps,  on  verra  qu’à  son  tour  le  Linked  Ring  a  ses  mécontents.  Et  celui  qui 
vient  de  l’abandonner  n’est  certes  pas  le  premier  venu.  Il  y  a  un  an  et  demi,  à 
la  convention  de  Leeds,  M.  IL  P.  Robinson,  président  du  Congrès,  avait  prononcé 
un  superbe  discours  tout  entier  consacré  à  la  glorification  des  fondateurs  du 
Salon,  seul  refuge  de  l’art  photographique! 

Aujourd’hui  tout  est  changé.  Le  temps  des  petites  chapelles  serait-il  passé? 

(N®  475.) 

Effets  de  soleil  dans  les  diapositives.  —  11  est  rare  qu’on  obtienne  un  résultat 
satisfaisant.  Il  faut  éviter  avant  tout  le  verre  transparent.  Même  les  plus  fortes 
lumières  doivent  être  légèrement  teintées;  il  faut  des  détails  dans  les  fortes 
lumières  et  des  détails  dans  les  ombres.  Le  défaut  git  souvent  dans  le  négatif; 
frappé  par  l’éclat  des  objets  éclairés  par  le  soleil,  on  néglige  les  points  sombres 
et  l’on  pose  trop  peu.  l’ne  fois  de  plus,  faut-il  répéter  la  règle  :  poser  pour  les 


—  142 


ombres,  les  lumières  viendront  bien  toutes  seules,  et  employer  un  révélateur 
lent  qui  fasse  sortir  les  détails  avant  de  bloquer  les  lumières.  Donc  beaucoup 
d’alcali  et  du  bromure  pour  éviter  le  voile. 

(N°  476.) 

Lippmann.  —  Le  professeur  Lippmann  a  donné  en  décembre  une  séance  de 
démonstration  de  son  procédé  de  photographie  des  couleurs,  à  la  Society  of 
Arts  de  Londres,  sous  les  auspices  de  la  Royal  Photographie  Society.  Son 
succès  a  été  très  considérable. 

(N®  478.) 

Photographies  métalliques.  —  Nous  avons  pu  voir  dernièrement  à  Bruxelles 
plusieurs  photographies  aux  superbes  reflets  métalliques.  Photography  décrit 
ainsi  le  procédé  qui,  breveté,  est  exploité  par  le  Mel allie  Pboto-printing  Syn¬ 
dicale  :  «En  apparence,  les  photographies  ressemblent  à  des  épreuves  en  argent, 
or,  bronze,  etc.,  sur  une  base  d’ébonite.  Le  procédé  semble  être  une  combi¬ 
naison  d’un  procédé  à  transfert  et  d’un  procédé  aux  poudres. 

Une  pellicule  de  matière  hygroscopique  bichromatée  est  imprimée  sous  un 
négatif,  puis  une  poudre  métallique  est  appliquée  de  la  façon  ordinaire  et  la 
pellicule  est  ensuite  transférée  et  vernie.  Les  résultats  sont  superbes.  Ce  pro¬ 
cédé  a  été  inventé  par  un  M.  Fowler.  M.  V. 


The  Amateur  Photographer. 

(N“  683.) 

F.  R.  P.  S.  et  F.  R.  C.  S.  —  Les  Anglais  aiment  beaucoup  à  faire  suivre 
leur  nom  du  titre  delà  société  dont  ils  sont  membres,  nom  qu’ils  écrivent 
toujours  en  employant  seulement  les  initiales.  A  la  veille  de  notre  exposition,  il 
n’est  peut  être  pas  inutile  d’expliquer  ces  signes  cabalistiques. 

F.  U.  1*.  S.  signifie  Fcllovv  royal  Photographie  Society; 

F.  U.  C.  P.  signifie  Fcllovv  royal  College  of  Pbysicians; 

F.  R.  C.  S.  signifie  Fcllovv  royal  College  of  Surgeons. 

(N"  686.) 

Renforçateur  pour  diapositives.  —  Un  excellent  renforçateur  qui  n’altère  en 
rien  la  couleur  originale  du  cliché  est  le  suivant  : 

N°  1.  Acide  pyrogallique .  4  gr. 

Acide  citrique . 10  gr. 

Eau .  300  cc. 


N°  2.  Nitrate  d’argent  . 
Eau  distillée  .  . 


6  gr. 

100  ce. 

Le  cliché  doit  être  bien  lavé;  toute  trace  d’hyposulfite  doit  avoir  disparu,  puis 
on  le  trempe  dans  un  bain  composé  ainsi  : 

N°  1 . 30  cc. 

^Tn  2 . 3  ou  (3  gouttes. 

Lorsque  le  bain  se  colore,  il  faut  le  rejeter.  Si  le  cliché  est  recouvert  après 
l’opération  d’une  légère  couche  laiteuse,  on  le  remet  un  instant  dans  la  cuvette 
d’hyposulfite.  jyj,  y 


Caméra  Notes. 

(N°  3  ) 

Caméra  Notes.  —  Le  nouvel  organe  du  Caméra  Club  de  New-York,  dont  nous 
avons  annoncé  l’apparition,  s’est  d’emblée  placé  parmi  les  bulletins  des  sociétés 
de  photographie  les  mieux  réussis.  Il  parait  tous  les  trois  mois,  et  chaque 
numéro  contient  deux  photogravures.  Jusqu'ici,  il  nous  a  surtout  fait  connaître 
les  œuvres  des  artistes  européens;  nous  espérons  que  bientôt,  grâce  à  lui,  les 
photographes  amateurs  des  États-Unis  marcheront  sur  les  traces  de  leurs 
confrères  du  vieux  continent,  et  que  le  Caméra  Notes  nous  fera  connaître  des 
œuvres  américaines.  Déjà  nous  avons  eu  l’occasion  d’ailleurs  d’y  rencontrer 
quelques  épreuves  de  M.  Alfred  Stieglitz,  l’artiste  vice-président  du  Caméra  Club. 

Le  ri"  3  nous  apporte  une  photogravure  de  M.  R  Eickemeyer  junior,  qui  n’est 
pas  un  inconnu  pour  nous.  Dans  un  article  consacré  à  cette  illustration, 

M.  Eickemeyer  nous  apprend  comment  on  obtient  une  œuvre  photographique. 
L’artiste  ne  doit  pas,  avec  sa  chambre  à  main,  courir  la  campagne  au  hasard, 
croquant  ce  qui  se  présente  à  lui.  Il  doit  chercher  ses  sujets,  étudier  une 
contrée,  et  lorsqu'il  a  enfin  trouvé  le  site  qui  lui  convient,  il  doit  y  revenir 
aussi  longtemps  que  l’œuvre  obtenue  ne  répond  pas  à  son  rêve.  Les  mômes 
principes  sont  applicables  aux  études  de  genre,  et  l’auteur  nous  conte  comment, 
pendant  plusieurs  dimanches  consécutifs,  il  est  retourné  dans  la  même  ferme 
pour  photographier  la  même  vieille,  assise  dans  le  même  coin,  jusqu’à  ce 
qu’en  fin  il  ait  été  satisfait  du  résultat  obtenu.  Cette  genèse  d’une  œuvre  est  très 
intéressante,  et  nous  attirons  sur  elle  l’attention  de  nos  artistes.  Trop  souvent 
le  photographe  se  contente  de  prendre  des  croquis,  sans  avoir  la  patience  de 
créer  une  œuvre.  Les  croquis  sont  utiles,  amusants,  mais  ils  restent  des  - 
croquis,  c’est-à-dire  une  chose  passagère  non  achevée  que  l’on  garde  pour  soi. 

On  n’expose  pas  des  croquis.  On  expose  des  œuvres.  Et  les  œuvres  ne  viennent 
pas  toutes  seules.  M.  V. 


—  144 


Saint-Louis  and  Canadian  Photographer. 

(Nu  11.) 

Agrandissements.  —  Voici  un  moyen  de  développer  les  papiers  au  bromure 
pendant  la  pose.  Nous  ne  l’avons  pas  essayé  parce  que  nous  n'avons  pas  grande 
confiance  en  son  efficacité.  Mais  si  quelqu’un  veut  le  faire,  il  nous  fera  grand 
plaisir  en  nous  disant  s’il  a  réussi. 

Lorsque  le  papier  au  gélatino-bromure  est  en  place  devant  l’objectif,  recou¬ 
vert  d’un  verre  jaune,  on  l’enduit  du  révélateur  auquel  on  a  mélangé  un  peu 
de  glycérine.  On  enlève  ensuite  le  verre  jaune,  et,  assure-t-on,  l’image  appa¬ 
raît  lentement.  Lorsqu'elle  est  à  point,  on  remet  le  verre  jaune,  on  enlève  le 
papier,  on  le  lave  et  on  le  fixe. 

M.  V. 


American  Amateur  Photographer. 

(N°  12.) 

Un  nouveau  venu  parmi  nous.  —  11  est  bien  illustré  et  imprimé  avec  soin, 
comme  tous  les  ouvrages  américains.  Nous  notons  en  passant  dans  une  corres¬ 
pondance  d’Angleterre,  que  l’exposition  photographique  de  Glasgow  a  été 
visitée  par  28,500  personnes  et  qu’elle  laisse  un  boni  de  500  liv.  st.,  soit 
12,500  francs. 

Puisse  notre  exposition  de  mai  arriver  aux  mômes  résultats  et  le  public 
bruxellois  suivre  l’excellent  exemple  que  leur  donne  le  brave  peuple  écossais. 
11  est  à  remarquer  que  l’exposition  a  reçu  pendant  le  jour  4,500  visiteurs  et 
24,000  le  soir.  A  retenir! 

M.  V. 


Anthony’s  Photographie  Bulletin. 

(N°  4.) 

Traits  noirs  sur  papier  blanc.  —  Le  papier  à  dessin  satiné  est  enduit  de  la 


composition  suivante  : 

Gomme  arabique . 100  gr. 

Bichromate  de  potasse . 40  gr. 

Eau .  300  cc. 


11  est  préférable  d’ajouter  à  l’eau  un  demi-gramme  de  carbonate  de  soude  du 
commerce.  Cette  mixture  est  étendue  au  moyen  d’un  blaireau  et  le  papier  est 
séché  comme  d’habitude. 


—  145  — 


Après  l’insolation,  l’impression  apparnit  en  lignes  jaunes  foncées  sur  un  fond 
brunâtre.  Le  papier  est  soumis  à  un  premier  lavage,  qui  doit  être  effectué  avec 
beaucoup  de  délicatesse;  puis  il  est  continué  à  l’aide  d’une  éponge,  jusqu’à  ce 
que  les  lignes  apparaissent  complètement  sous  l’action  dissolvante  de  l’eau.  Le 
papier  est  enlevé  du  bain,  séché  préalablement  entre  du  papier  buvard,  puis 
exposé  à  l’air. 

L’impression  est  recouverte  en  ce  moment  au  moyen  d’une  éponge  de  la 
composition  suivante  : 


Gomme  laque . 

Noir  de  fumée . 

Esprit  de  vin  du  commerce 


et  pour  terminer  on  trempe  l’image  dans  un  bain  d’acide  chlorhydrique  (dilué ?> 
durant  environ  20  minutes. 

Le  papier  blanchit  sous  l’action  de  l’acide  et  les  lignes  apparaissent  en  noir. 
Le  papier  est  nettoyé  à  la  brosse  et  rincé  dans  de  l’eau  propre. 


(N°  7.) 


Tubes  de  Crookes.  — 11  est  connu  des  radiographes  que  les  tubes  de  Crookes, 
après  un  usage  plus  ou  moins  prolongé,  perdent  leur  propriété.  MM.  Irrcland 
et  Hvvlett  suggèrent  le  moyen  suivant  pour  y  obvier.  Il  consiste  à  envelopper 
l’extrémité  cathodique  de  l’ampoule  de  coton  ou  de  ruban  humide,  dont  l’un 
des  bouts  entoure  et  touche  l’extrémité  cathodique  du  tube,  tandis  que  l’autre 
est  attaché  au  fd  conducteur  cathodique. 

On  prétend  que  l’etfet  de  cette  application  est  immédiat,  et  qu’un  tube 
ainsi  traité,  qui  refusait  d’émettre  encore  des  rayons,  marchait  comme  au¬ 
paravant.  Le  coton  ou  le  ruban  doit  être  entouré  avec  beaucoup  de  soin,  de 
manière  à  ne  pas  laisser  pendre  des  fragments  de  fibre.  La  partie  anodique 
doit  être  entourée  de  la  môme  façon. 


Wilson’s  Photographie  Magazine. 


(N°  486.) 


Pour  s’assurer  de  la  valeur  réelle  des  couleurs  dans  les  photographies  de 
paysages.  —  Une  grande  faute,  qui  peut  être  imputée  à  presque  tous  les  photo¬ 
graphes  paysagistes,  est  de  ne  pas  se  rendre  compte  de  la  valeur  des  couleurs. 

Toutes  les  couleurs  n’ont  pas  sur  la  plaque  sensible  la  môme  action  que  sur  la 
rétine  de  notre  œil.  Maintes  couleurs  qui  nous  paraissent  sombres,  affectent  la 


14G  — 


plaque  avec  plus  d’éclat,  tandis  que  d’autres  qui  apparaissent  à  l’œil  très  claires 
n'ont  qu’un  effet  très  superficiel  sur  la  plaque.  Mais  la  plus  grande  contradiction 
règne  pour  le  violet,  l’indigo  et  le  bleu,  lesquels  ont  chimiquement  le  plus 
d’action  et  font  paraître  tel  objet  en  blanc  dans  la  photographie.  Les  plus  noirs 
qui  sont  :  les  verts,  oranges,  jaunes  et  rouges  ont  à  peu  près  le  même  effet 
chimique  et  visuel.  Si  le  photographe  était  capable  de  se  représenter  ces  rayons, 
la  valeur  correcte  des  couleurs  serait  rendue.  L’auteur  essayera,  dit-il,  de 
démontrer  aussi  brièvement  que  possible  comment  on  peut  obtenir  ces  résul¬ 
tats.  11  faudra  se  graver  dans  l’esprit  que  presque  tous  les  objets  colorés 
réfléchissent  au  moins  un  des  sept  rayons  formant  la  lumière  blanche.  Tel  étant 
le  cas,  il  est  possible  d’éliminer  une  partie  de  ces  rayons  et  d’en  avoir  assez 
pour  faire  une  peinture.  Les  rayons  qui  sont  à  éliminer,  sont  ceux  qui  ont  plus 
de  pouvoir  chimique  que  d’intensité  usuelle,  tels  sont  :  les  violets,  les  indigos 
et  les  bleus,  dans  quelques  cas  une  partie  des  verts. 

On  peut  séparer  les  rayons  violets  des  rayons  bleus,  en  faisant  passer  ces 
rayons  au  travers  d’un  écran  formé  d’une  dissolution  de  bichromate  de.potasse. 
Cette  liqueur  a  la  propriété  de  tout  absorber,  excepté  le  vert  sombre,  l’orangé, 
le  jaune  et  le  rouge,  et  est  appelée  pour  cette  raison  filtre  à  rayons.  11  existe 
naturellement  d’autres  sortes  de  filtres,  formés  de  verres  jaunes;  les  résultats 
obtenus  avec  ceux-ci  sont  rarement  corrects,  parce  que  tous  laissent  passer  une 
partie  des  rayons  violets. 

Pour  le  paysagiste,  il  est  avantageux  que  la  solution  de  bichromate  de  potasse 
soit  contenue  dans  une  espèce  de  cellule  formée  de  deux  verres  d’optique 
parfaitement  plans  et  à  surfaces  parallèles  que  l’on  cimente  en  y  laissant  une 
séparation  au  moyen  d’un  anneau.  Un  tel  écran  peut  se  fixer  devant  n’importe 
quel  objectif.  Pour  l’usage  de  ce  fitre,  la  véritable  proportion  entre  la  lumière 
et  l’ombre  est  maintenue  dans  le  paysage.  La  véritable  perspective  de  la  scène 
est  accentuée  par  l’émission  correcte  de  l’intensité  de  l’ayant  et  de  l’arrière 
plan.  Des  masses  de  verdure  de  différentes  couleurs  se  représentent  en  relief: 
la  valeur  normale  du  ciel  apparaît  et  s’il  y  a  des  nuages,  ceux-ci  se  reproduisent 
en  détail  et  avec  leur  intensité  naturelle. 

11  est  presque  impossible  de  reproduire  des  paysages  de  printemps  ou 
d’automne,  des  effets  de  neige  ou  des  montagnes,  sans  l’interposition  d’un  tel 
écran.  Comme  les  rayons  actiniques  ne  traversent  que  difficilement  le  filtre,  il 
est  avantageux  de  n’employer  que  des  plaques  spécialement  sensibilisées  pour 
ces  rayons.  Comme  ces  plaques  se  trouvent  dans  le  commerce  au  même  prix 
que  les  plaques  ordinaires,  on  devrait  les  employer  invariablement  pour  le 
paysage. 

(N°  488.) 

Le  gaz  acétylène  pour  Le  portrait.  —  Le  Caméra  Club  de  Sainte-Catherine 
(Ontario,  Canada)  a  installé  un  atelier  éclairé  au  gaz  acétylène  et  a  obtenu  plein 
succès.  La  lumière  est  produite  par  un  faisceau  de  trente  brûleurs,  dont  chacun 


—  147  — 


consomme  un  pied  cube  par  heure  et  arrangé  de  telle  façon  que  la  lumière  peut 
être  disposée  à  volonté.  Avec  un  objectif  rapide  pour  portrait,  un  négatif  peut 
être  obtenu  en  deux  ou  trois  secondes  de  pose. 

L'acide  citrique  comme  retardateur  est  préconisé  pour  remplacer  le  bromure 
de  potassium,  quand  on  fait  usage,  bien  entendu,  du  métol  comme  révélateur. 
Il  paraît  qu’une  solution  d’acide  acétique  à  10  p.  c.  donne  plus  d’opposition  et 
n’affecte  pas  matériellement  la  durée  du  temps  de  développement. 


A.  L. 


Bibliographie 


En  Normandie.  —  Tel  est  le  titre  d’un  •  charmant  album  de  45  épreuves  en 
phototypographie  que  vient  de  publier  M.  Joseph  Casier,  président  de  V Associa¬ 
tion  belge  de  Photographie. 

Ces  épreuves,  toutes  des  plus  remarquables  et  des  plus  intéressantes,  consti¬ 
tuent  des  souvenirs  archéologiques  d’un  voyage  fait  en  Normandie  au  mois 
d’août  1895. 

Nous  recommandons  cet  album,  malheureusement  tiré  à  un  nombre  très 
restreint  d’exemplaires,  aux  amateurs  de  belles  reproductions  de  monuments 
et  à  tous  ceux  qui  s’intéressent  à  l’archcologie. 

Les  planches  phototypographiques  ont  été  exécutées  par  M.  Malvaux  et 
l’impression  a  été  particulièrement  soignée  par  M.  Buelens,  deux  Bruxellois 
dont  il  n’est  plus  besoin  de  faire  l’éloge.  Ch.  P. 

Manuel  abrégé  de  Photographie  à  l'usage  des  débutants,  par  F.  Panajou.  — 
Paris,  Gauthier- Villars  et  fds,  1898. 

Le  besoin  se  faisait  vivement  sentir  d’un  petit  traité  pratique,  exact,  complet 
et  abrégé  de  photographie.  11  n’en  existe  en  effet  qu’une  vingtaine;  le  vingt  et 
unième  sera  le  bienvenu.  Parmi  les  bons  conseils  que  donne  l’auteur  et  qui 
sortent  un  peu  de  la  banalité  courante,  nous  notons  ceux-ci  :  11  ne  faut  jamais 
photographier  un  paysage  quand  il  n’y  a  pas  de  soleil  !  il  faut  toujours  avoir  le 
soleil  dans  le  dos!  !  il  est  excellent  de  glacer  ses  épreuves!  !  !  il  est  préférable 
d’employer  des  révélateurs  automatiques!  !  !  ! 

Ah!  pauvres  nous!  pauvres  Horsley,  Hinton,  Robinson,  Graig-Annan  et  tous 
les  artistes  photographes,  que  n’avez-vous  eu  des  leçons  de  M.  Panajou?  Jamais 
on  ne  vous  aurait  vu  commettre  l’hérésie  de  photographier  avec  le  soleil  en 
face,  ni  imprimer  vos  clichés  sur  un  papier  mat  rugueux. 

Ah  !  M.  Panajou,  leur  pardonnerez-vous  jamais?  M.  V. 

Traité  pratique  du  développement ,  par  A.  Londe.  3e  édition,  entièrement 
refondue.  —  Paris,  Gauthiers-Villars  et  fils,  1898. 

Au  moins. voici  un  livre  sérieux  et  nous  sommes  heureux  de  voir  le  succès 
de  cet  excellent  traité  qui  en  est  à  sa  troisième  édition.  L’auteur  a  considérable- 


149 


ment  développé  le  chapitre  relatif  à  l’organisation  du  laboratoire.  Les  photo¬ 
graphes  trouveront  là  des  renseignements  très  utiles.  Nous  n’aurions  qu’une 
critique  de  détail  à  faire.  M.  Londe  recommande,  pour  boucher  les  grandes 
ouvertures,  l’emploi  de  couvertures  de  laine.  Ces  étoffes  ont  l’inconvénient 
d’amasser  la  poussière,  et  nous  préférons  do  beaucoup  une  double  enveloppe 
de  papier  brun  d’emballage  collé  sur  une  toile  claire. 

Toute  la  partie  relative  aux  divers  révélateurs  est  écrite  par  quelqu’un  qui 
connaît  à  fond  son  sujet.  Nous  recommandons  spécialement  les  chapitres 
relatifs  au  révélateur  à  l’acide  pyrogallique  et  à  la  conduite  du  développement. 
Ils  renferment  une  foule  de  bons  conseils  dont  chacun  pourra  faire  son  profit. 

M.  Y. 


The  American  Anmuü  of  Photography  and  Photographie  Times  Almanac  for 

1898, 300  illustrations.  —  TbeScovill  and  Adams  Company  of  New-York,  U.  S. 

Dewbarn  et  Ward,  à  Londres. 

Les  Américains,  plus  encore  que  les  Anglais,  ont  la  spécialité  des  beaux 
livres.  Pour  75  cents  (3  fr.  75  c.),  ils  vous  offrent  nn  annuaire  de  400  pages, 
renfermant  300  illustrations  admirablement  imprimées.  Le  texte  qui  accom¬ 
pagne  ces  illustrations  est  très  varié  et  l’ensemble  forme  un  volume  d'un  grand 
intérêt. 

M.  V. 


Chimie  photographique  à  l'usage  des  débutants ,  traduit  de  l’allemand  et  annoté 
par  le  professeur  J.  Maupeikal.  Un  vol.  in-8°  jésus  avec  figures.  —  Paris, 
librairie  Cautbier-Yillars  et  fils,  1898. 

Ce  livre  est  destiné  à  ceux  pour  lesquels  les  opérations  chimiques  de  la 
photographie  présentent  des  mystères  qui  semblent  inexplicables.  11  a  la  pré¬ 
tention  de  les  expliquer. 

Dans  un  tel  livre,  il  ne  faut  pas  être  trop  méticuleux.  A  côté  des  théories  et 
des  hypothèses  qu'on  donne,  il  ne  faut  pas  trop  mentionner  les  considérations 
qui  peuvent  leur  être  opposées.  Chacun  le  comprend.  Aussi  cet  ouvrage  a-t-il 
une  allure  un  peu  dogmatique.  D’un  autre  côté,  on  a  volontairement  laissé 
ignorer  au  lecteur  des  phénomènes  qui  ne  sont  pas  encore  suffisamment 
étudiés,  ou  pour  lesquels  ont  doit  attendre  à  bref  délai  un  changement  d’expli¬ 
cation. 

Non  seulement  ce  livre  est  écrit  pour  les  débutants,  mais  encore  il  suppose 
que  le  lecteur  ne  sait  rien  de  la  chimie,  telle  qu’on  l’enseigne  aujourd’hui. 
Pour  les  expériences  de  cours  qui  habituellement  accompagnent  une  leçon 
orale  et  aident  à  la  retenir,  le  lecteur  pourra  y  suppléer  par  des  travaux 


—  150  — 


pratiques  effectués  au  moyen  des  produits  chimiques  courants  employés  en 
photographie. 

Les  théories  vieillies  ont  été,  pour  la  plupart,  passées  sous  silence.  Les 
procédés  (comme  le  collodion  humide)  qui  aujourd’hui  ont  été  supplantés  par 
d’autres,  ne  sont  indiqués  que  brièvement. 


L'Optique  photographique ,  par  P.  Moëssard,  lieutenant-colonel  du  génie, 
ancien  élève  de  l’école  polytechnique.  Un  vol.  grand  in-8°  avec  149  figures.  — 
Paris,  librairie  Gauthier-Villars  et  fils,  1898. 

L’objectif  est,  de  tous  les  appareils  qui  composent  le  matériel  opératoire  de 
la  photographie,  le  plus  important  et  le  plus  délicat. 

Au  point  de  vue  théorique,  les  conditions  spéciales  et  rigoureuses,  imposées 
à  1  objectif  photographique,  font  de  sa  construction  un  des  problèmes  les  plus 
ardus  et  les  plus  compliqués  qu’aient  à  résoudre  les  opticiens. 

Cet  objectif  doit,  en  effet,  produire  une  image  réelle  :  1°  bien  plane ;  2° em¬ 
brassant  un  champ  considérable ,  qui  peut  aller  jusqu’à  90®  d’ouverture;  3°  d’une 
netteté  aussi  grande  et  aussi  constante  que  possible ,  d’une  extrémité  à  l’autre  du 
champ  focal,  dans  toutes  les  parties  de  ce  champ  et  pour  des  objets  situés  à  des 
distances  très  différentes  de  l’appareil  ;  4°  d’une  clarté  telle  qu’une  pose  excessi¬ 
vement  courte  suffise  pour  produire  l’impression  désirée;  5°  rigoureusement 
achromatique,  et  enfin  6"  exempte  de  toute  déformation. 

Or,  cet  objectif  reçoit  les  rayons  lumineux,  que  lui  envoient,  en  nombre 
infini  et  dans  toutes  les  directions,  les  objets  éclairés,  en  face  desquels  il  est 
placé;  ces  rayons  le  traversent  en  se  brisant  plusieurs  fois  et  en  se  décompo¬ 
sant,  à  chaque  brisure,  en  une  infinité  de  rayons  élémentaires,  correspondant 
aux  diverses  régions  du  spectre  solaire.  Ce  sont  ces  rayons  dont  il  s’agit,  à  leur 
sortie  de  l’appareil,  d  etudier  le  groupement  et  de  régler  la  condensation  de 
façon  à  satisfaire  le  mieux  possible  aux  multiples  conditions  qui  viennent 
d’ètre  énoncées. 

Cest  cette  étude  que  l’auteur  présente  aujourd’hui  au  public  amateur  de 
photographie. 


Deutsclier  Photographen-Kalender  1898.  —  K.  Schwicr,  éditeur  à  Weimar. 

L’annuaire  de  M.  K.  Schwier  a  été  divisé  en  deux  volumes.  Le  premier 
contient,  comme  les  années  précédentes,  de  nombreuses  recettes,  tables  et 
renseignements  divers  utiles  aux  photographes  professionnels  ou  amateurs. 
Cette  partie  a  été  soigneusement  tenue  au  courant  des  progrès  réalisés. 

Le  second  volume  contient  la  liste  des  membres  des  sociétés  photogra¬ 
phiques  de  l’Allemagne  et  de  l’Autriche. 


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JOURNAUX  REÇUS 


Belgique. 

Bulletin  de  /’ Académie  royale  des  Sciences,  n°  12. 

L'Objectif,  lre  année,  2e  année  nos  20,  27,  28,  29,  30,  31,  32,  33. 
Ciel  et  Terre,  nos  21,  22,  23. 

Revue  bibliographique  belge,  n°  12. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  n™  381,  382,  383,  3S4,  385. 

La  Presse  universelle,  n°  12. 


Allemagne. 

Deutsche  Photographen  Zeitung,  nos  2,  3,  4,  5,  0. 

Der  Amateur-Photngraph,  n°  1. 

Photographische  Mittheilungen,  nos  19,  20,  21. 

Photogrnphischcs  Centralblatt,  nos  1,  2. 

Photographisclic  Chronik,  nos  2,  3,  4,  5. 

Photograjihischcs  Wochenblatt,  nos  1,  2,  3,  4,  5. 

Prahtischer  Rathgcber,  nos  I,  2. 

Internationale  Photographische  Monatsschrift  fur  Medisin,  nos  12,  1. 
Phntngraphischc  Rundschau,  nos  1,  2. 

Die  Kunst  in  der  Photngrapkie,  nos  5,  0. 

Dus  Atelier  des  Photngraphcn,  n°  2. 


Autriche. 

Phntngraphischc  Correspondent,  nos  448,  449. 
Wiener  Photographische  Blütter,  n°  1. 

Wiener  Freie  Photographen- Zeitung,  n°  1. 

Danemark. 

Beretninger  fra  Dansh  fotografish  Forening,  n°  1. 

États-Unis. 

Anthnny's  Bulletin,  n°  1. 

St-Louis  Phntngraphcr,  n°  1. 


Wilson’s  Magazine ,  n°  493. 

American  Amateur  Photographier,  nos  12,  1. 

Caméra  Notes,  n°  3. 

France. 

Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  nos  23,  24,  1. 

Moniteur  de  la  Photographie,  nos  2,  3. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  84. 

Photo-Gazette,  n°  3. 

Bulletin  de  la  Société  Lorraine  de  Photographie,  n°  4. 

Photo- Journal,  n°  96. 

Bulletin  de  l’Associatio?i  des  Amateurs  photographes  de  Dijon  et  de 
Bourgogne,  n°  1. 

Le  Photogramme,  n°  7. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaisc  de  Photographie,  15  janvier. 

Le  Nord-Photographe,  nos  1,  2. 

La  Photographie,  nos  1,  2. 

Gazette  du  Photographe  amateur,  nos  57,  5S. 

La  Photographie  française,  n°  12. 

Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  nos  11,  12. 

Bulletin  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la  France,  n°  1 . 

La  Alise  au  Point,  n°  1 . 

Photo-Revue,  n°s  9  bis,  10,  10  bis. 

Bulletin  de  la  Société  Havraise  de  Photographie,  n°  1. 

Bulletin  du  Photo-Club  Caennais,  n°  3. 

Le  Monde  ph o tograph ique,  n°  33. 

La  Science  illustrée,  n°s  527,  528,  529,  530,  531,  532. 

La  Science  en  famille,  nos  27,  28,  29. 

Grande-Bretagne. 

British  Journal  of  P hotography,  n°*  1965,  1966,  1967,  1968,  1969,  1970. 
Photographie  News,  n°*  105,  106,  107,  108,  109  110. 

Journal  of  the  Caméra  Club,  nos  140,  141. 

Photography,  n°*  477,  478,  479,  480,  481,  482. 

The  Amateur  Photographcr,  n°s  691,  692,  693,  694,  695,  696. 

The  Practical  Photographier,  n°  97. 

Process  Work  and  the  Printer,  nos  56,  57. 

The  Photogram,  n°  50. 

Italie. 

Il  Dilettante  di  Fotografia,  nos  9 2 1  93. 

Rivista  scientifico-artistica  di  Fotografia,  n°  12. 


—  153 


Pays-Bas. 

Tijdschrift  voor  Photographie,  n°  12. 

Suisse 

Revue  suisse  de  Photographie,  n°  12. 

La  Photo-Revue  suisse,  n°  1. 

Central- Anzeiger  fiir  die  Graphischen  Gciccrbe,  n°  32. 


NOS  ILLUSTRATIONS 


A  Heyst.  —  Cette  jolie  vue  de  la  plage  de  Heyst  est  de  notre 
confrère  M.  G.  ServTaes,  de  la  Section  de  Gand.  Elle  figurait  à 
l’Exposition  de  Courtrai,  où  elle  a  attiré  l’attention  du  jury  pour 
le  choix  des  épreuves  destinées  à  l’illustration  du  Bulletin. 

La  reproduction  en  phototypographie  sort  des  ateliers  de  M.  Mal¬ 
vaux,  à  Bruxelles. 


Le  Coucher  du  soleil.  —  Impression  sur  papier  Velox  d’un 
phototype  de  M.  Langill,  de  New-York. 

Nous  devons  cette  planche  à  la  Nepera  C y,  de  New- York,  à 
laquelle  nous  adressons  tous  nos  remerciements. 


Illustrations  dans  le  texte  de  MM.  Degryse,  F.  d’Hont, 
Ch.  Gaspar,  L.  Pavard  et  de  notre  regretté  confrère  Achille  Sacré. 


Lettrines  de  MM.  Bidart,  Ch.  Dupont,  Maes,  Puttemans, 
Rousseau,  Van  Grinderbeeck  et  Van  Oost. 


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NECROLOGIE 


Le  docteur  Bttecx 


otre  Association  et  la  Section  de  Bruxelles  en 
particulier  viennent  de  faire  une  perte  nouvelle 
et  des  plus  considérable. 

Le  docteur  René  Brecx  a  succombé,  le 
25  janvier,  à  la  maladie  qui  depuis  plusieurs 
mois  le  tenait  éloigné  de  nos  travaux. 

La  mort  l’a  frappé  jeune  encore,  à  peine  âgé  de  quarante-six  ans, 
alors  que  l’avenir  semblait  être  à  lui. 

D’un  caractère  foncièrement  bon  et  aimable,  le  docteur  Brecx  ne 
comptait  que  des  amis  au  sein  de  notre  Association,  à  laquelle  il 
était  excessivement  dévoué,  et  où  sa  perte  sera  vivement  ressentie. 

Malgré  les  occupations  absorbantes  de  sa  profession  de  médecin 
dans  laquelle  il  s’était  créé  une  brillante  et  nombreuse  clientèle,  le 
docteur  Brecx  consacrait  à  la  photographie,  sa  distraction  favorite, 
les  quelques  heures  de  loisir  dont  il  pouvait  disposer. 

Il  était  parmi  les  plus  forts  lanternistes  de  la  Section  de  Bru¬ 
xelles,  dont  les  membres  ont  conservé  le  souvenir  des  superbes  dia¬ 
positives  qu’il  faisait  projeter  dans  les  séances.  Rappelons  cette 
remarquable  et  nombreuse  série  de  vues  de  Norvège,  qui  eurent 
tant  de  succès  dans  les  réunions  de  l’année  dernière. 

Le  docteur  Brecx  s’était  aussi  occupé  de  cette  étude  si  attachante 
de  la  reproduction  des  fleurs  et  était  arrivé  à  des  résultats  très 
remarquables.  Il  y  a  peu  de  temps,  alors  que  notre  regretté  con¬ 
frère  était  déjà  gravement  atteint  par  la  maladie,  le  jury  du  con¬ 
cours  d’illustration  du  numéro  jubilaire  lui  décernait  une  récom¬ 
pense  bien  méritée  pour  une  charmante  étude  de  pavots. 

Puissent  les  regrets  que  laisse  notre  excellent  et  sympathique 
confrère  adoucir  quelque  peu  la  douleur  des  siens,  dont  un  dévoue¬ 
ment  de  tous  les  instants  n’a  pu  avoir  raison  de  la  cruelle  affection 
qui  devait  l’emporter  î  Ch.  Puttemans. 


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PAGES. 


Conseil  d' administration.  —  Membres  admis .  73 

Jury  de  la  3e  Exposition  d’Art  photographique .  .  .  74 

Statuts  de  l'Association .  76 

Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  d'Anvers.  —  Séance  du  J 7  janvier  1898. 

Comptes  de  Tannée  1897.  —  Élection  du  bureau  pour  1898  ....  S3 
Le  papier  Veloœ.  —  Projections .  84 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  22  décembre  1897. 

Local  de  l’Association.  —  Hommage .  85 

Table  des  matières  du  Bulletin.  —  Excursions.  —  Photo-jumelle  et 
stéréoscope  de  M.  De  Meuter.  —  Plaques  Tackels.  —  Electric 

Paper  de  la  Beernaert’s  Cy .  86 

Projections .  87 

Séance  du  12  janvier  1898. 

Electric  Paper  de  la  Beernaert’s  Cy.  —  Papier  Éclair  de  la  maison 
Van  Monckhoven.  —  Séance  intime  de  projections.  —  Plaques 
et  pellicules  radiographiques  de  la  maison  Jougla.  —  Séance 
publique  de  projections .  88 

Section  de  Garni.  —  Séance  du  13  janvier  1898. 

Causerie  de  M.  le  Dr  De  Nobele  sur  les  rayons  X  et  leurs  appli¬ 
cations  .  89 

Jeton  de  présence .  90 

Section  de  Liège.  —  Séance  du  17  décembre  1897. 

Concours  de  diapositives.  —  Changement  de  local  et  achat  d’un 

appareil  de  projections .  91 

Démonstration  du  papier  Velox.  —  Papier  négatif  de  Moh.  —  Pro¬ 
jections  .  92 

Séance  du  14  janvier  1898. 


Exposition  de  l’Association.  —  Remerciements.  —  Papiers  Éclair  et 
Velox.  —  Folding-Pocket-Kodak.  —  Présentations  de  membres. 

—  Essai  de  lanterne  de  projections .  93 


157  — 


PAGES. 

Section  de  Louvain.  —  Séance  du  15  décembre  1897. 

Démission.  —  Demande  de  congé.  —  Causeries .  95 

Excursions  photographiques.  —  Radiographie.  —  Jeton  de  présence. 

—  Papiers  Velox  et  Electric.  —  Plaques  Jougla.  —  Portrait  du 
P.  Van  Tricht .  96 

Séance  du  5  janvier  1898. 

Album  international  des  Sociétés  photographiques.  —  Hommage. 

—  Développement  des  papiers  par  noircissement  direct.  —  Photo¬ 
graphies  d’étincelles  électriques .  97 

Diapositives  Beernaert.  —  Papier  Éclair.  —  Jeton  de  présence.  .  98 

Section  de  Namur.  —  Séance  du  1er  décembre  1897. 

Séance  de  projections.  —  Papier  Veloœ .  99 

Séance  du  15  décembre  1897. 

Hommages.  —  Dêveloppateur  Ortol.  —  Comptes  de  l’exercice  1897. 

—  Élection  du  bureau . 100 

Épreuves  d'Eœposition .  101 

La  Photographie  est-elle  un  Art  ?  par  Robert  Demaehy . 105 

Sur  la  valeur  pratique  des  principales  aldéhydes  ou  acétones  comme 
succédanés  des  alcalis  dans  les  développateurs  alcalins,  par 

MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz . 111 

Les  révélateurs  pour  papier  Velox,  par  le  D1'  Léo  Baekeland  .  .  .  117 

Procédé  au  gélatino-bromure  donnant  couramment  les  25 0  Warnerche 

pour  plaques  extra-sensibles,  par  M.  A.  Blanc .  120 

Réactions  caractéristiques  des  révélateurs  les  plus  connus,  par  le 

D1'  M.  Andresen . 123 

Radiotint  Chassague,  par  L.  Schrank . 136 

Revue  des  journaux  photographiques . 

The  Photogram. 

N°  48.  —  Photographie  de  poissons  vivants . 139 

The  Practical  Photographer. 

N°  99.  —  Conseils  aux  portraitistes . 139 

N°  97.  —  L’éclairage  do  l’atelier.  —  Temps  de  pose . 140 

Photography . 

N°  469.  —  Projections .  140 

N°  473.  —  H. -P.  Robinson  et  le  Linked  Ring . 141 

N°  475.  —  Effets  de  soleil  dans  les  diapositives . 141 

Nu  476.  —  Lippmann . 142 

N°  478.  —  Photographies  métalliques . 142 


158 


PAGES. 

The  Amateur  Photographe?' . 

N°  683.  -  F.  R.  P.  S.  et  F.  R.  G.  S . . 142 

N°  686.  —  Renforçateur  pour  diapositives  .  . . 142 

Caméra  Notes. 

N°  3.  —  Caméra  notes . 143 

Saint-Louis  and  Canadian  Pholographer.  \ 

N°  11. — Agrandissements.  .  144 

American  Amateur  Photographcr . 

N°  12.  —  Un  nouveau  venu . 144 

Anthony' s  Photographie  Bulletin. 

N°  4.  —  Traits  noirs  sur  papier  blanc . 144 

N°  7.  —  Tubes  dq  Crookes . 145 

Wilson's  Photographie  Magazine. 

N°  486.  —  Pour  s’assurer  de  la  valeur  réelle  des  couleurs  dans  les 

photographies  de  paysages . 145 

N°  48S.  —  Le  gaz  acétylène  pour  le  portrait . 146 

L’acide  citrique  comme  retardateur . 147 

Bibliographie . 14g 

Journaux  reçus . 151 

Nos  illustrations . 154 

Nécrologie.  —  Le  docteur  René  Brecx . 155 

Sommaire. 

■  1?  m-,  .AV  -À  .  ■  V y  ' 

•  •  "1  J  1  '  «  ’ 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


Phototype  A.  De  Gryse. 


L’AIEULE. 


Phototypographie  J.  Malvaux. 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


V.  Sell). 


Jongleur  indien. 


Phototypographie  J.  Malvaux. 


Association  belge  de  Photographie 

SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d  honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 

N°  3.  —  25me  ANNÉE.  —  VOL.  XXV. 

(3e  série.  —  VOL.  V.) 


Conseil  d’Administration 

été  admis  : 

Membres  effectifs  : 

MM.  Degroex,  Ch.,  lieutenant  d’artil¬ 
lerie,  15,  rue  du  Poivre,  Tirlemont,  présenté 
par  MM.  Arnould  et  Slingeneyer  de  Goes- 
win. 

de  Hemptinne,  Joseph,  Steppe  Stede, 
Saint-Denis- Vestrem-lez-Gand,  présenté  par 
MM.  Casier  et  Canfyn. 


12 


160  — 


de  Lozanne,  Karel,  appareils  et  fournitures  photographiques, 
7,  Marché-aux-Œufs,  Anvers,  présenté  par  MM.  Keusters  et 
A.  Bourgeois. 

Dumoulin,  Auguste,  président  du  Sport  nautique,  boulevard  de 
la  Sauvenière,  Liège,  présenté  par  MM.  Beaujean  et  L.  Roland. 

Féron,  Albert,  ingénieur  à  la  Société  anonyme  l’Oxhydrique, 
93,  avenue  de  la  Toison  d’Or,  Bruxelles,  présenté  par  MM.  Yan- 
derkindere  et  Vanderborght. 

Fonseca,  A.  Francisco,  à  Lisbonne,  présenté  par  MM.  Ribeiro 
et  Vanderkindere. 

Lefebvre  de  Sardans,  Stanislas,  57,  rue  Stévin,  Bruxelles, 
présenté  par  MM.  Rutot  et  Puttemans. 

Morel  de  Boucle  Saint-Denis,  Ch.,  9,  Coupure,  Gand,  pré¬ 
senté  par  MM.  De  Nobele  et  Casier. 

Mouton,  Ch. -Simon,  employé,  20,  rue  Van  Bemmel,  Saint- 
Josse-ten-Noode-Bruxelles,  présenté  par  MM.  Broothaerts  et  Van 
Beesen. 

Orlay  de  Karm  a  (Mlle),  Eugénie,  22, rue  delle  Quatro  Fontane, 
Rome,  présentée  par  MM.  Casier  et  Vanderkindere. 

Simons,  Amédée,  étudiant,  10,  avenue  Marie-Henriette,  Anvers, 
présenté  par  MM.  Maes  et  Myin. 

2°  Membres  associés  : 

MM.  Anspach,  Lucien,  professeur  à  l’Université  libre,  83,  rue 
d’Arlon,  Bruxelles,  présenté  par  MM.  Vanderkindere  et  Pelt/er. 

De.tace,  Alphonse,  docteur  en  médecine,  au  Val-Saint-Lambert, 
présenté  par  MM.  de  Vaux  et  C.  Dupont. 


Assemblée  générale  ordinaire. 

L’Assemblée  générale  ordinaire  se  tiendra,  conformément  à 
l’article  35  des  statuts,  le  dimanche  17  avril  prochain,  à  3  heures, 
au  Palais  du  Midi,  à  Bruxelles. 

ORDRE  DU  JOUR  : 

1°  Lecture  du  procès-verbal  de  l’Assemblée  générale  extraordi¬ 
naire  tenue  à  Bruxelles  le  21  novembre  1897; 


101 


~')  Rapport  du  secrétaire  général  sur  la  situation  morale  et 
matérielle  de  l’Association  pendant  l’année  1897  ; 

3°  Rapport  du  trésorier  sur  la  situation  financière  : 

f  * 

Election  des  membres  du  Conseil  d’administration  : 

A.  Un  président  sortant  :  M.  Jos.  Casier,  rééligible; 

B.  Deux  vice-présidents  sortants  :  MM.  Jos.  Maes  et 

Massange  de  Louvrex,  rééligibles  ; 

C.  Un  trésorier; 

D.  Six  commissaires,  en  remplacement  de  MM.  Lunden, 

Nyst,  Orban-Viot,  H.  Peltzer,  Puttemans,  sortants  et 
rééligibles,  et  de  M.  V.  Selb,  sortant  et  non  rééligible 
(M.  Selb  a  été  désigné  comme  délégué  au  Conseil  par  la 
Section  d’Anvers,  en  remplacement  de  M.  Stappers, 
décédé); 

E.  Exposition  et  fêtes  du  XXVe  anniversaire; 

F.  Jeton  de  présence. 


Numéro  jubilaire. 

Ainsi  que  nous  l’avons  annoncé  dans  le  Bulletin,  n°  1,  p.  8,  le 
Conseil  d’administration  a  décidé  de  mettre  en  souscription  des 
exemplaires  reliés  du  numéro  jubilaire  qui  doit  paraître  en  mai. 

Le  Comité  a  confié  la  reliure  de  ce  numéro  spécial,  qui  aura  le 
format  21  X  -7,  à  M.  Paul  Claessens  fils,  relieur-doreur  de 
S.  A.  R.  la  comtesse  de  Flandre,  à  Bruxelles. 

Le  prix  de  la  reliure  en  pleine  toile  anglaise  a  été  fixé  à  4  fr.  50  c. 
pour  la  Belgique  et  5  francs  pour  l’étranger  (port  et  emballage 
compris). 

Les  exemplaires  reliés  qui  seraient  retirés  directement  aux 
locaux  des  Sections,  seront  délivrés  au  prix  de  3  fr.  50  c. 

On  est  prié  d’adresser  les  souscriptions,  avant  le  1er  avril,  à 
M.  le  secrétaire  général,  97,  avenue  Brugmann,  Bruxelles. 


FÊTES  OU  XXVe  flflNlVEÊSRlHE 

DE  L’ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 

sous  le  protectorat  du  Roi 

et  la  présidence  d’honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique 
Oneja nîsées  à  Bruxelles  en  Mai  1898 

PROGRAMME 

Samedi  30  avril,  à  2  heures,  ouverture  solennelle  de  la  IIIe  expo¬ 
sition  dWrt  photographique  dans  les  salons  du  Cercle  Artistique  et 
Littéraire  de  Bruxelles  (Waux-Hall  du  Parc). 

L’Exposition  sera  ouverte  au  public  tous  les  jours  de  9  à  5  heures, 
depuis  le  dimanche  1er  mai  jusqu’au  mardi  31  mai,  inclusivement. 

Samedi  14  mai.  —  Réception  des  délégués  étrangers,  à  8  h.  1/2 
du  soir,  à  l’Hôtel  Ravenstein,  rue  Ravenstein  (Montagne  de  la 
Cour. 

Raout  offert  aux  invités  et  aux  membres  de  l’Association  belge 
de  Photographie. 

Dimanche  i5  mai.  —  A3  heures,  Assemblée  générale  au  siège 
de  l’Association,  Palais  du  Midi,  École  industrielle  (boulevard  du 
Hainaut). 

ORDRE  DU  JOUR  : 

1°  Discours  d’ouverture  du  président  de  l’Association  ; 

2°  Rapport  du  secrétaire  général  sur  les  travaux  de  l'Association 
pendant  les  vingt-cinq  années  écoulées; 

3°  Remise  des  récompenses  aux  auteurs  des  épreuves  primées  au 
concours  du  31  octobre  1897,  ouvert  pour  l’illustration  du 
numéro  jubilaire  de  l'Association  ; 

4°  Remise  d’un  jeton  de  présence. 


—  1(53 


A  G  heures  du  soir,  banquet. 

Lundi  16  mai.  —  A  10  heures  du  matin,  réunion  du  Congrès  au 
siège  de  l’Association,  Palais  du  Midi. 

ORDRE  DU  JOUR  : 

1°  Discours  d'installation; 

2°  Vérification  des  pouvoirs  des  délégués  ; 

3°  Projet  de  fédération  des  Sociétés  photographiques  pour 
l’organisation  des  expositions,  etc.  :  rapporteur  M.  Vander- 
kindere,  secrétaire  général  de  l’Association. 

A  2  heures,  réception  à  l’Exposition,  au  Cercle  Artistique  et 
Littéraire,  rue  de  la  Loi,  des  délégués  étrangers. 

A  8  h.  1/2,  soirée  de  projections  offerte  aux  membres  du  Congrès 
et  organisée  par  les  soins  de  la  Section  bruxelloise  de  l’Association 
belge  de  Photographie. 

Mardi  ij  mai.  —  Anniversaire  de  la  fondation  de  l’Association. 

Excursion  aux  environs  de  Bruxelles. 

Le  programme  de  cette  journée  sera  remis  à  tous  les  adhérents. 


Section  d’Anvers 

SÉANCE  DU  31  JANVIER  1898 
Présidence  de  M.  Maes,  président 


ont  présents  :  MM.  Maes,  Lun- 
den,  Van  Bellingen,  Keusters, 
Van  Bever,  Bourgeois,  Agie, 
Niemvland,  Hunter,  Selb,  Gife, 
Brand,  Bouvart,  Hahn,  Vanden- 
broeck,Vandevelden,  Myin,  Van 
Croyck,  Pauwels,  Van  Meer- 
beeck,  Peyrot,  Lannoy,  Georges  Bavais,  Homblé,  Willenz,  Spiers, 
Bastyns,  Spilthoorn. 

MM.  Colon  et  Bellemans  se  font  excuser. 

M.  le  président  fait  ressortir  l’importance,  au  point  de  vue  de 
l’art  photographique,  de  l’année  1898.  Il  parle  de  l’exposition 
prochaine  célébrant  le  25e  anniversaire  de  l’Association.  Il  espère 
que  les  membres  auront  à  cœur  de  représenter  dignement  la 
Section  d’Anvers  et  d’y  envoyer  des  œuvres  de  valeur. 

Quelques  pochettes  de  papier  Éclair,  fabriqué  par  la  maison  Van 
Monckhoven,  sont  distribuées  aux  membres,  qui  admirent  une  fort 
belle  épreuve  affichée  au  local. 

L’assemblée  aborde  ensuite  la  nomination  du  bureau  pour  1898, 
ajournée  lors  de  la  dernière  séance.  Un  président  et  un  vice- 
président  doivent  être  nommés. 

M.  Lunden,  au  nom  d’amis  de  la  Section  qui  sont  venus  lui 


1(55  — 


parler,  demande  à  M.  Maes  de  bien  vouloir  accepter  cette  fois 
encore  le  mandat  de  président.  Il  dit  que  lors  de  l’anniversaire  de 
l’Association,  il  faut  à  la  tête  de  la  Section  un  président  dont  le 
talent  et  les  avis  aient  de  l’autorité.  D’autre  part,  les  rares  oppo¬ 
sants  n’ayant  pas  présenté  de  candidat,  M.  Maes  ne  peut  se 
dérober  plus  longtemps  aux  désirs  de  la  grande  majorité. 

L’assemblée  passe  au  vote. 

Votants  :  24;  bulletins  blancs  :  2. 

M.  Maes,  président,  obtient  21  voix  et  1  bulletin  blanc. 

M.  Lunden,  vice-président,  obtient  21  voix  et  1  bulletin  blanc. 

MM.  Maes  et  Lunden  remercient  et  promettent  tout  leur 
dévouement  à  la  Section,  comme  par  le  passé. 

La  question  des  commissaires  est  ensuite  discutée.  M.  Colon  a 
fait  parvenir  une  lettre  dans  laquelle  il  nie  l’importance  des  com¬ 
missaires  et  prie  l’assemblée  de  ne  plus  renouveler  son  mandat. 
Après  discussion,  MM.  Selb  et  Gife  sont  nommés  commissaires. 

M.  Selb  est  nommé  à  l’unanimité  commissaire  délégué  de  la 
Section  au  Comité  central. 

Le  bureau  est  donc  définitivement  constitué  comme  suit  : 

Président  :  M.  Jos.  Maes. 

Vice-président  :  M.  Alb.  Lunden. 

Secrétaire  :  M.  P.  Lannoy. 


Secrétaire  adjoint  :  M.  L.  Keusters. 

Commissaires  :  MM.  Selb  et  Gife. 

Commissaire  délégué  :  M.  Selb. 

Il  est  ensuite  question  de  la  composition  des  ordres  du  jour. 

On  propose  pour  la  prochaine  séance  de  faire  des  agrandisse¬ 
ments. 

Quelques  membres  demandent  que  chacun  apporte  ses  insuccès 
photographiques  afin  qu’ils  puissent  être  étudiés. 

M.  Bastyns  montre  aux  membres  2  pieds  en  aluminium  et 
M.  Draye,  de  Merxem,  une  chambre  photographique  (genre  Kodak 
foiding)  avec  obturateur  à  rideau  fort  admirée. 

Des  projections  de  M.  Bourgeois  (Environs  de  Merxem  et 
Manœuvres  navales  sur  l’Escaut),  de  M.  Hunter  (Espagne),  de 
M.  Bellieni  (Indo-Chine  et  Japon)  obtiennent  un  vif  succès. 


Section  de  Bruxelles 

SÉANCE  DU  26  JANVIER  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


l’ouverture  de  la  séance,  le 
président  signale  la  présence  de 
MM.  Jos.  Maes  et  Selb,  de  la 
Section  d’Anvers,  et  les  invite 
à  prendre  place  au  bureau. 
Présents  :  MM.  Jos.  Maes, 
V.  Selb,  Anspach,  Vanderkindere,  Nopère,  Delcroix,  Boitson, 
Dewit,de  Raevmaekers,  Swolfs,  Ernotte,  Rutot,  Simoneau,  Peltzer, 
Vermeiren,  Lavalette,  Demeuter,  Franck,  Bottiau,  Langlé,  Smee- 
sters,  Hofmans,  Van  Lint,  Broothaerts,  Bidart,  Durieu,  Frennet, 
Paradis,  Ledure,  Poupart,  Marynen,  Evely,  Avanzo,  Masson  et 
Nyst,  faisant  fonctions  de  secrétaire. 

Excusés  :  MM.  Stadeler  et  Magnien. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

Le  président  fait  part  à  la  Section  du  décès  du  D1  Brecx,  un  des 
membres  les  plus  dévoués  et  des  plus  assidus  à  nos  séances.  Il 
rappelle  les  succès  obtenus  par  notre  regretté  confrère  par  ses  dia¬ 
positives  en  tous  genres  et  ses  clichés  de  fleurs  toujours  si  applaudis. 
Il  engage  les  membres  à  assister  nombreux  aux  funérailles  de 
M.  Brecx,  qui  doivent  avoir  lieu  le  lendemain. 

Il  constate  avec  satisfaction  les  beaux  résultats  obtenus  à  la  Con¬ 
férence  avec  projections  donnée  le  23  par  notre  confrère  M.  Hove- 


107  — 


lacque  et  expressément  venu  de  Paris  pour  nous  montrer,  dans  tous 
ses  détails,  la  Tunisie  et  l’Algérie. 

A  la  suite  d’abus  d’entrée  constatés  à  cette  séance,  M.  le  prési¬ 
dent  rappelle  à  nouveau  aux  membres  la  nécessité  de  se  conformer 
dorénavant  aux  décisions  prises  pour  ces  réunions. 

Le  président  dépose  sur  le  bureau  des  cartes  d’invitation  pour  la 
soirée  de  projections  que  le  Photo-Club  donnera  le  28  janvier  au 
Théâtre  communal. 

Le  choix  des  positives  apportées  par  les  membres  étant  remis  à 
quinzaine,  MM.  Maes  et  Selb  passent  à  la  lanterne  disposée  au 
fond  de  la  salle,  pour  expliquer  le  fonctionnement  du  disque  ou 
châssis  circulaire  et  de  la  pince  obturateur  placée  sur  l’appareil. 
Ils  montrent  les  avantages  de  cette  disposition,  dont  une  descrip¬ 
tion  a  été  donnée  par  M.  Selb  dans  le  Bulletin  du  mois  d’avril, 
page  269.  Puis  défile  successivement  sur  l’écran  un  choix  complet 
de  superbes  clichés  exécutés  par  MM.  Maes  et  Selb,  deux  maîtres 
de  la  diapositive. 

M.  Selb  regrette  le  fonctionnement  défectueux  de  la  pince  obtu¬ 
rateur,  qui  a  dû  être  remplacée  à  la  hâte  par  suite  d’un  accident 
arrivé  le  matin  et  dont  conséquemment  il  n’a  pas  été  donné  d’ap¬ 
précier  les  avantages.  Il  attribue  également  les  irrégularités  de  la 
lumière  qui  ont  contrarié  les  projections  à  la  dimension  des  char¬ 
bons  qu’ils  emploient  et  qui  sont  destinés  à  des  courants  de 
110  volts  plus  intenses  que  ceux  dont  dispose  la  Section. 

Le  président  remercie  MM.  Maes  et  Selb,  et  les  applaudissements 
de  l’assemblée  leur  prouvent  encore  combien  leurs  œuvres  ont  été 
appréciées. 

La  séance  est  levée  â  10  h.  1/2. 


SÉANCE  DU  9  FÉVRIER  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 
La  séance  est  ouverte  à  8  h.  1/2. 

Présents  :  MM.  Nopère,  Duvelaar,  Nyst,  Lavalette,  Rutot, 
Bernard,  Durieu,  De  Raeymaeker,  Vermeiren,  Delevoy,  Dewit, 


de  Raet,  Magnien,  Boitson,  Bidart,  Bottiau,  Poupart,  Bronckhorts, 
Smeesters,  Maurin,  Delva,  Baisieux,  Frennet,  A.  Bray,  Vander- 
kindere,  Delcroix,  Franck,  Louvois,  Paradis,  Gilbert,  Belot  et 
Stadeler,  secrétaire. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

Mme  veuve  Brecx  remercie  les  membres  de  la  Section  pour  les 
nombreux  témoignages  de  sympathie  qu’ils  lui  ont  témoignés  à 
l’occasion  du  décès  de  son  mari,  notre  regretté  confrère. 

M.  Fallon,  secrétaire  de  la  Section  de  Namur,  remercie  les  mem¬ 
bres  de  la  Section  de  Bruxelles  qui  ont  bien  voulu  prêter  à  leurs 
confrères  namurois  des  positives  destinées  à  la  soirée  de  projections 
organisée  par  cette  Section. 

M.  Vanderkindere  attire  l’attention  de  l’assemblée  sur  le  premier 
fascicule  de  l’Album  des  sociétés  photographiques  qu’il  dépose  sur 
le  bureau. 

M.  le  président  distribue  à  ce  sujet  des  bulletins  de  souscription 
et  fait  l’éloge  de  ce  premier  numéro,  très  bien  composé,  et  qui  fait 
bien  augurer  de  la  valeur  de  cette  publication  artistique. 

Une  discussion  générale  s’ouvre  au  sujet  de  la  nouvelle  disposi¬ 
tion  préconisée  pour  les  lanternes  de  projections  par  M.  Selb, 
notre  distingué  confrère  de  la  Section  d’Anvers.  Il  ressort  de  cette 
discussion  que  la  disposition  n’a  pas  fonctionné  au  gré  de  son 
auteur  par  suite  d’un  accident  survenu  au  dernier  moment.  Les 
alternatives  de  lumière  et  d’obscurité  que  ce  dispositif  provoque 
n’ont  pas  paru  favorables  à  l’auditoire,  qui  continue  à  porter  ses 
préférences  vers  les  projections  par  «  dissolving  ». 

L’ordre  du  jour  appelle  la  discussion  sur  l’organisation  de  la 
soirée  publique  de  projections. 

Les  dispositions  suivantes  sont  prises  :  la  séance  aura  lieu  le 
11  mars  et,  comme  antérieurement,  au  Théâtre  communal.  La  pro¬ 
jection  des  clichés  se  fera  au  moyen  de  la  lumière  électrique. 

Contrairement  à  ce  qui  s’est  produit  l’année  dernière,  M.  Sta¬ 
deler  pense  que  les  membres  ont  droit  aux  bonnes  places  et  gratui¬ 
tement  avant  le  public.  Il  estime  que  chaque  membre  devrait  pou¬ 
voir  disposer  de  places  gratuites  numérotées  en  dehors  des  billets 
pouvant  donner  droit  aux  places  payantes. 


Cette  manière  de  voir  est  partagée  par  l’assemblée.  Deux  places 
réservées  de  parterre  et  de  premier  balcon  seront  mises  à  la  dispo¬ 
sition  des  membres  qui,  de  plus,  disposeront  de  trois  invitations 
susceptibles  d’être  échangées  contre  des  places  payantes. 

La  première  partie  de  la  séance  publique  comprendra  un  voyage 
en  Tunisie  et  en  Algérie  au  moyen  des  clichés  de  nos  confrères 
MM.  Hovelacque  et  Paternotte.  La  seconde  partie  sera  consacrée 
à  des  clichés  variés  et  inédits. 

M.  Belot  remet,  à  titre  d’essai,  des  plaques  «  Gem  »  pour  por 
traits,  projections  et  instantanés. 

Il  est  projeté  une  série  de  positives  présentées  en  vue  de  la 
séance  publique,  qui  fait  augurer  que  cette  soirée  sera  des  plus 
intéressante  et  des  plus  artistique. 

La  séance  est  levée  à  10  h.  1/2. 


SÉANCE  DU  23  FEVRIER  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

La  séance  est  ouverte  à  8  heures  et  demie. 

Sont  présents  :  MM.  Franck,  Avanzo,  Vermeiren,  Lefebvre  de 
Sardans,  Paulus,  de  Raet,  Rutot,  Nopère,  Magnien,  Van  Lint, 
Hofmans,  Boitson,  Vanderkindere,  Bidart,  Hanssens,  Dewit, 
Peltzer,  Simoneau,  Cumont,  Nyst,  Wihlein,  Masure,  Broothaerts, 
Remacle,  Simon,  Féron,  Paradis,  Durieu,  Bernard,  Lavalette, 
Delcroix,  Bronckhorst,  Langlé,  Valentyns,  Delevov,  Frennet, 
Poupart  et  Stadeler,  secrétaire. 

Le  secrétaire  donne  lecture  du  procès-verbal  de  la  séance  du 
i)  février  qui  est  lu  et  adopté. 

MM.  Lavalette  et  Dewit  ont  essayé  les  plaques  «  Gem  »  et  ils 
s’en  déclarent  fort  satisfaits.  Elles  seront  au  surplus  projetées  à 
l’issue  de  la  séance. 

M.  Magnien  a  essayé  les  échantillons  de  papier  «  Éclair  »  de  la 
firme  Van  Monckhoven,  et  il  déclare  avoir  obtenu  de  très  beaux 
résultats. 

M.  Vanderkindere  fait  une  causerie  sur  le  développement  en 
cuvette  verticale,  qu’on  lira  avec  intérêt  dans  le  présent  Bulletin. 


170  — 


M.  le  président  remercie  M.  Vanderkindere  de  son  intéressante 
communication. 

MM.  Peltzer,  Valentyns,  Lefebvre  de  Sardans,  Masure  et 
Delcroix  veulent  bien  se  charger  de  faire  l’essai  d’un  nouveau 
révélateur  «  le  Diogène  »  de  la  Actien  Gesellschaft  für  Anilin 
Fabrikation,  de  Berlin. 

M.  le  président  rappelle  l’excursion  qui  figure  au  programme  des 
fêtes  du  XXVe  anniversaire  de  l’Association  et  demande  que  les 
membres  étudient  dès  à  présent  ce  qui  pourrait  être  organisé  à  cette 
occasion. 

MM.  Féron  et  Jottrand,  de  la  Société  l’Oxhydrique,  de  Bru¬ 
xelles,  présentent  un  nouveau  système  de  chalumeau  dont  la  des¬ 
cription  sera  donnée  au  Bulletin. 

M.  le  président  remercie  MM.  Féron  et  Jottrand  pour  leur 
démonstration,  qui  sera  complétée  à  la  prochaine  séance  par  l’appli¬ 
cation  aux  projections.  Il  constate  que  le  chalumeau  donne  une 
très  belle  lumière  et  d’une  grande  fixité. 

Il  est  ensuite  procédé  à  la  projection  des  positives  présentées  en 
vue  de  la  séance  publique  et  dont  le  nombre  ne  fait  qu’accroître. 

La  séance  est  levée  à  10  heures  et  demie. 


Section  de  Gand 

SÉANCE  DU  3  FÉVRIER  1898 

Présidence  de  M.  Goderus,  président 


T  aient  présents  :  MM.  Canfyn,  Brunin, 
Boute,  Casier,  de  Moor,  De  Nobele, 
Delebecque,  De  Beer,  D’Hoy,  Coupé, 
Declercq,  D>  De  Nobele,  de  Keyser,  Lei- 
rens,  Sacré,  Goderus,  Servaes,  Heins, 
général  van  Eechout,  de  Breyne,  Her¬ 
mann,  Vanden  Hove. 

M.  Goderus  engage  la  Section  à  organiser  une  séance  publique 
de  projections  dans  le  genre  de  celle  qui  eut  lieu  il  }r  a  deux  ans  au 
Grand  Théâtre  et  qui  obtint  le  succès  que  l’on  sait.  Il  propose 
de  choisir  comme  local  la  salle  des  fêtes  du  Cercle  artistique  et 
littéraire. 

Cette  proposition  est  acceptée  et  l’on  décide  d’organiser  cette 
séance  dans  le  courant  du  mois  d’avril. 

M.  Casier  rappelle  aux  membres  de  la  Section  le  programme  des 
fêtes  jubilaires  de  l’Association,  qui  auront  lieu  à  Bruxelles  dans  le 
courant  du  mois  de  mai.  Il  fait  part  des  différentes  fêtes  qui  seront 
organisées  à  cette  occasion  et  engage  vivement  les  membres  à 
assister  au  banquet,  de  nombreux  délégués  étrangers  ayant  déjà 
accepté  l’invitation  de  l’Association. 

M.  D’Hoy  présente  les  appareils  de  la  nouvelle  Compagnie  belge 
l’Oxhydrique.  Il  montre  successivement  : 


1°  Les  tubes,  qui  tous  sont  munis  d’un  robinet  valve  permettant 
de  débiter  les  gaz  sans  devoir  recourir  à  un  régulateur.  Ces  tubes 
sont  construits  de  telle  sorte  qu’ils  peuvent  se  tenir  debout  sans 
support  spécial  ; 

2°  Le  régulateur,  qui  présente  sur  les  anciens  l’avantage  de  pou¬ 
voir  obtenir  la  pression  que  l’on  désire; 

3°  Le  nouveau  chalumeau  oxhydrique  donnant  un  pouvoir 
éclairant  de  500  à  600  bougies  ; 

4°  Les  nouveaux  crayons  de  zircone  et  de  magnésie,  remplaçant 
les  anciens  crayons  de  chaux  et  ramenant  l’incandescence  à  un 
point,  grand  avantage  pour  l’agrandissement  au  point  de  vue  de  la 
netteté  de  l’image  projetée.  Ces  crayons  peuvent  servir  pendant 
deux  à  deux  heures  et  demie. 

Le  prix  des  gaz  sera  d’environ  50  p.  c.  meilleur  marché  que  celui 
des  autres  fabriques.  La  lumière  oxhydrique  ne  reviendra  plus,  de 
cette  façon,  qu’à  1  fr.  50  c.  l’heure. 

Ce  dernier  argument  est  bien  fait  pour  répandre  rapidement 
l’emploi  de  ces  tubes. 

M.  D’Hoy  est  remercié  pour  son  intéressante  communication. 

M.  Canfyn  communique  un  moyen  de  préserver  toutes  les  photo¬ 
graphies  des  souillures,  taches,  etc...,  qu’elles  subissent  trop 
souvent  quand  elles  sont  exposées  non  recouvertes  d’un  verre. 

Il  emploie  à  cet  effet  un  produit  connu  des  aquarellistes  sous  le 
nom  de  fixatif  J. -G.  Vibert. 

Le  fixatif,  employé  à  deux  couches  sur  la  photographie  au  moyen 
d’une  brosse  douce,  se  sèche  en  quelques  minutes  et  ne  laisse 
aucune  trace.  Il  emprisonne  et  rend  indélébile  la  retouche  et  per¬ 
met,  après  ce  traitement,  d’enlever  toutes  taches,  même  d’encre  ou 
d’huile,  en  lavant  la  photographie  ainsi  fixée  avec  de  l’eau  et  du 
savon. 

Il  convient  parfaitement  pour  les  agrandissements  qui,  traités  par 
ce  procédé,  peuvent  être  exposés  sans  verre,  quitte  à  les  laver 
quand  ils  sont  trop  souillés.  M.  Canfyn  passe  à  la  démonstration 
sur  deux  épreuves  au  platine;  l’une,  traitée  par  le  fixatif,  est 
maculée  d’encre,  qui  s’enlève  parfaitement  par  un  lavage;  l’autre, 
non  traitée  par  le  procédé,  est  irrémédiablement  perdue. 


—  173  — 

M.  Coupé  se  rappelle  un  fixatif  analogue  employé  pour  conserver 
les  gravures  et  qui  est  fait  de  gomme-laque  blanche  en  solution 
avec  de  l’eau  boratée. 

Les  membres  présents  n’ayant  pas  encore  terminé  leurs  essais 
avec  les  papiers  Eclair  de  Van  Monckhoven  et  les  papiers  de  la 
maison  Schering,  distribués  à  une  séance  antérieure,  il  sera  rendu 
compte  du  résultat  de  leurs  expériences  à  la  séance  prochaine. 

A  la  fin  de  la  séance,  on  fait  des  essais  de  projections  avec  des 
diapositives  apportées  par  différents  membres.  On  a  surtout  remar¬ 
qué  les  effets  de  nuages  et  les  reproductions  de  monuments  de 
M.  Casier;  les  marines  et  paysages  de  MM.  Leirens,  De  Nobele  et 
Servaes;  les  reproductions  de  M.  Delebecque,  ainsi  que  les  vues  de 
M.  Goderus,  rappelant  les  coins  les  plus  intéressants  de  l’exposition 
de  poupées  qui  eut  lieu  récemment  à  Gand.  Tous  ces  messieurs 
ont  été  félicités  et  les  membres  présents  font  des  vœux  pour  voir  se 
renouveler  plus  fréquemment  ces  séances. 


Section  de  Liéc|e 

SÉANCE  DU  28  JANVIER  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 


T  aient  présents  :  MM.  J. 
Braconier,  Kemna,  Jacques, 
Labouverie,  Détaillé,  A.  de 
Vaux,  Bronne,  de  Koninck, 
Bernimolin,  G.  Laoureux, 
Philippart,  Loiseau,  Goffart, 
Matelot,  Ronchesne,  Dacier, 
L.  Laoureux,  Marissiaux, 
Henroz,  Grenson,  G.  Oury,  Hassreidter,  Ze}ren,  Davreux,  Crespin 
et  Dupont. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  réunion  est  lu  et  adopté. 

Le  président  fait  quelques  communications  et  rappelle  ce  qui  a 
été  publié  dans  le  numéro  de  janvier  du  Bulletin,  concernant  la 
célébration  du  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  l’Association. 

On  aborde  ensuite  l’ordre  du  jour. 

1°  Changement  du  jour  des  réunions.  — -  Proposition  motivée 
par  le  tait  que  le  vendredi,  de  5  à  7  heures,  il  se  donne  un  cours  à 
l’auditoire  de  chimie.  Il  est  décidé  que  les  séances,  tant  intimes 

qu  ordinaires,  auront  lieu  dorénavant  le  mardi,  jour  qui  paraît 
réunir  la  plupart  des  suffrages  ; 

1°  Nomination  du  comité  chargé  du  fonctionnement  de  la  lan¬ 
terne. —  MM.  Grenson,  Hassreidter,  Kemna,  Labouverie,  L.  Laou¬ 
reux  et  Ronchesne  veulent  bien  se  charger  de  cette  besogne; 

d°  Acquisition  pour  la  bibliothèque  de  la  Section.  —  Le  procédé 


à  la  gomme  bichromatée  ou  photo-aquateinte,  par  Maskell  et 
Demachy.  —  Proposition  adoptée  ; 

4°  Présentation.  —  M.  Aug.  Dumoulin,  président  du  Royal 
Sport  Nautique,  présenté  par  MM.  Beaujean  et  Roland.  —  La 
Section  ratifie  cette  présentation  ; 

5°  M.  Ronchesne  fait  la  démonstration  du  développement  phy¬ 
sique  des  papiers  à  noircissement  direct.  Il  analyse  au  préalable  en 
quelques  mots  l’ouvrage  de  M.  Liesegang,  dont  notre  confrère 
M.  Hassreidter  a  publié  récemment  une  traduction;  puis  il  passe 
à  la  pratique  du  procédé  en  développant  quelques  épreuves  sur 
papier  Lumière  ; 

6°  Pour  terminer  la  séance,  M.  Jacques  fait  passer  quelques 
belles  épreuves  radiographiques  qui  sont  fort  admirées. 

La  séance  est  levée  à  9  h.  1/4. 


SÉANCE  DU  8  FÉVRIER  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

Assistaient  à  la  séance  :  MM.  de  Koninck,  Bronne,  A.  de  A  aux, 
Crespin,  G.  Oury,  J.  Braconier,  de  Spirlet,  Noaillon,  Détaillé, 
Grenson,  Ronchesne,  L.  Laoureux,  Goffart,  Loiseau,  Bernimolin, 
Kemna,  Olivier,  Labouverie,  Ziane,  Portai,  Dohmen,  Dacier, 
Rocour,  Mottard,  Henroz,  J.  de  Vaux,  Corin,  Philippart,  Dejace, 
Dumoulin,  Beaujean  et  Dupont. 

La  lecture  du  procès-verbal  de  la  dernière  réunion  ne  donne  lieu 
à  aucune  observation.  En  conséquence,  ce  procès-verbal  est  adopté. 

Le  président  donne  lecture  de  quelques  pièces  de  correspondance. 
Il  fait  ratifier  par  la  Section  la  dépense  nécessitée  par  l’impression 
du  catalogue  de  la  bibliothèque,  dépense  qu’il  a  cru  devoir  autoriser 
dans  un  but  de  propagande  utile.  Notre  bibliothécaire,  M.  Ron¬ 
chesne,  s’excuse  d’avoir,  par  distraction,  violé  l’article  3  du  règle¬ 
ment  de  la  bibliothèque,  en  omettant  de  signaler  au  catalogue  les 
donateurs  de  certains  volumes.  Ceux  d’entre  ces  messieurs  présents 
lui  pardonnent  généreusement  cet  oubli,  et  il  est  entendu  qu’à  la 
première  réimpression,  celui-ci  sera  réparé.  Ceci  dans  l’intérêt 
même  de  la  bibliothèque. 


13 


Pour  la  troisième  fois,  le  président  engage  les  membres  à  parti¬ 
ciper  à  l’exposition  d’art  photographique  que  l’Association  orga¬ 
nise  pour  fêter  le  XXVe  anniversaire  de  sa  fondation.  A  ce  sujet, 
M.  Noaillon  tient  à  protester  parce  que  les  Sections  n’ont  pas  été 
invitées  à  contribuer  en  partie  à  la  formation  du  jury.  M.  de  Vaux 
transmettra  cette  observation  au  Comité  central. 

Décisions  à  prendre  concernant  la  séance  annuelle  de  projec¬ 
tions.  —  En  principe,  on  décide  que  la  Section  donnera,  comme 
chaque  année,  une  séance  publique  au  profit  d’œuvres  de  bienfai¬ 
sance.  Le  Comité  est  invité  à  trouver  du  nouveau.  La  première 
partie  de  cette  séance  sera  réservée  aux  clichés  des  membres  de  la 
Section,  la  seconde  comprendra  des  œuvres  étrangères.  On  prendra, 
à  une  prochaine  réunion,  les  mesures  de  détail  que  cette  séance 
comporte. 

Projection  de  quelques  diapositives  de  M.  le  professeur  Kemna. 
—  M.  Kemna  fait  passer  sur  l’écran  un  lot  d’environ  cinquante 
diapositives,  dont  la  plupart  lui  servent  à  la  démonstration  de  ses 
cours  :  entre  autres,  la  série  d’opérations  nécessaires  à  l’industrie 
du  pétrole;  d’autres,  documentaires,  relatives  à  l’historique  des 
moyens  d’éclairage,  depuis  la  vulgaire  chandelle  avec  ses  mou- 
chettes,  jusqu’au  bec  de  gaz,  enfin  plusieurs  clichés  de  vues 
d’Anvers. 

Le  président  adresse  des  remerciements  à  M.  Kemna. 

Concours  de  diapositives.  —  Les  concours  ne  sont  pas  très  en 
faveur  auprès  de  nos  confrères  ;  celui-ci  n’a  pas  démenti  les  précé¬ 
dents. 

Néanmoins,  le  président  propose  les  conditions  que  devront 
réunir  les  lots  de  clichés  pour  être  primés.  Cependant,  la  lanterne 
ne  fonctionnant  pas  encore  d’une  façon  satisfaisante,  on  remet  à  la 
prochaine  séance  le  jugement  proprement  dit  de  ce  concours. 

Acquisition  pour  la  bibliothèque.  —  Traité  pratique  des  agran¬ 
dissements  photographiques,  par  Trutat.  —  Adopté. 

Présentation.  —  Comme  membre  associé  :  M.  Alph.  Dejace, 
docteur  en  médecine  au  Val-Saint-Lambert,  présenté  par  MM.  A.  de 
Vaux  et  Dupont.  —  Présentation  ratifiée. 

La  séance  est  levée  à  9  h.  3/4. 


Secbioti  de  ï^arnut* 

SÉANCE  DU  5  JANVIER  1898 
Présidence  de  M.  Vassal,  vice-président. 


T  aient  présents  :  MM.  De¬ 
vaux,  Suars,  Rousseau, 
Vassal,  Michaux,  Tiange, 
Beghin  et  Joseph  Fallon. 

MM.  Ad.  Dupont,  Jos- 
sart  et  Mathieu  s’étaient 
fait  excuser  de  ne  pouvoir 
assister  à  cette  réunion. 
Après  la  lecture  et  l’ap¬ 
probation  du  procès-verbal  de  la  séance  du  15  décembre  dernier, 
M.  le  secrétaire  dépose  sur  le  bureau  les  publications  mensuelles 
expédiées  par  le  Comité  central. 

Il  donne  ensuite  connaissance  d’une  lettre  de  la  maison  Van 
Monckhoven  le  priant  de  remettre  aux  membres  des  échantillons  du 

r 

papier  «  Eclair  ». 

M.  Rousseau  fait  ensuite  circuler  une  série  d’épreuves  obtenues 
sur  nouveau  papier  albuminé  anglais,  papier  excessivement  brillant 
et  d’un  travail  facile,  et  remet  ensuite  aux  membres  des  échantil¬ 
lons  du  papier  «  Electric  »  de  la  Compagnie  Beernaert. 

SÉANCE  DU  2  FÉVRIER  1898 
Présidence  de  M.  Jossart,  président. 

Présents  :  MM.  Jossart,  Parmentier,  Devaux,  Tiange,  Michaux, 
Vassal,  Beghin,  Gauhv,  Chisogne,  Jos.  Fallon  et  Uytterhoeven. 


178 


Le  procès-verbal  de  la  réunion  des  5  et  19  janvier  est  lu  et 
approuvé. 

M.  le  président  remercie  les  membres  et,  en  particulier, 
MM.  Suars  et  Rousseau  de  leur  concours  pour  l’organisation  et  la 
réussite  de  la  séance  publique  de  projections  qui  a  eu  lieu  au  Kur- 
saal  de  Namur,  le  vendredi  21  janvier  dernier. 

Il  constate  que  cette  séance  a  réussi  tant  au  point  de  vue  de  la 
bonne  marche  des  appareils  que  du  choix  des  clichés  envoyés  par 
les  membres  de  la  Section  de  Namur  et  de  la  Section  de  Bruxelles. 

Cette  séance  était  donnée  au  profit  d’œuvres  charitables  de  la 
ville  de  Namur  et  était  rehaussée  par  la  conférence  qu’avait  bien 
voulu  donner  le  R.  P.  Lucas,  professeur  à  la  faculté  des  sciences 
du  collège  Notre-Dame  de  la  Paix  de  Namur,  «  sur  les  Rayons  X  ». 

Le  R.  P.  Lucas  a  tenu  sous  le  charme  de  sa  parole  éloquente  la 
foule  des  auditeurs  et  les  a  initiés  aux  mystères  des  rayons  X. 
Cette  conférence  a  vivement  intéressé  le  public  qui  s’en  est  allé 
enchanté  et  heureux  d’avoir  pu  pénétrer  dans  le  domaine  scienti¬ 
fique  des  rayons  Rontgen. 

M.  Parmentier  fait  ensuite  circuler  une  série  d’épreuves  obtenues 
sur  papier  «  Platino-Bromide  Eliott  and  Sons  »,  ainsi  que  des  clichés 
obtenus  au  moyen  des  plaques  «  Sandell  »  à  couches  multiples. 

Il  remet  aux  membres  des  épreuves  et  des  échantillons  de  plaques 
«  Sandell  »,  de  papier  au  platino-bromure,  de  papier  à  la  celloïdine 
«  Barnett  »  et  de  papier  albuminé  anglais. 

M.  le  président  remercie  M.  Parmentier  de  son  intéressante  com¬ 
munication. 


Section  de  Bruxelles 


INAUGURATION 

DES  MATINÉES  DE  PROJECTIONS  PHOTOGRAPHIQUES 


e  dimanche  2H  janvier, 
à  4  heures  de  l’après- 
midi,  la  Section  de 
Bruxelles  a  inauguré 
les  matinées  de  pro¬ 
jections  photogra¬ 
phiques,  récemment 
adoptées  par  un  vote 
de  l’assemblée. 

Pour  cette  séance 
inaugurale, la  Section 
a  eu  le  bonheur  de  posséder  un  de  ses  nouveaux  membres, 
M.  Maurice  Hovelacque,  docteur  ès  sciences  de  Paris,  qui  a  bien 
voulu  montrer  à  ses  confrères  un  choix  fait  parmi  650  clichés  pris 
au  cours  du  Congrès  de  l’Association  pour  l’avancement  des 
sciences,  tenu  il  y  a  deux  ans  en  Algérie  et  en  Tunisie. 

Notre  confrère  a  fait,  d’une  traite,  le  trajet  de  Paris  à  Ivairouan, 
la  ville  sainte,  dont  il  nous  montre  les  remparts,  les  portes,  les 
marchés,  les  mosquées  et  des  instantanées  d’une  procession  de 
fanatiques  Aissaouas,  pleines  de  couleur  locale. 


180  — 


De  Kairouan,  notre  confrère  a  mené  son  auditoire  à  Sousse,  puis 
de  M’Saken,  au  désert,  jusque  El  Djem,  où  se  trouvent  les  ruines 
grandioses  du  splendide  amphithéâtre  romain,  rival  du  Colysée  de 
Rome. 

Ensuite,  Tunis  nous  est  apparu  avec  ses  rues  si  pittoresques, 
ses  bazars,  ses  mosquées,  ses  marchés  pleins  d’animation. 

Aux  portes  de  Tunis  se  trouve  l’antique  Carthage  disparue  et 
qui  reparaît  de  nos  jours,  grâce  aux  fouilles  actives  qui  y  sont 
faites. 

A  Sidi  Tabet,  une  fantasia  arabe  a  été  donnée  devant  les  con¬ 
gressistes,  et  M.  Hovelacque  en  a  profité  pour  croquer  les  épisodes 
caractéristiques. 

Bizerte,  Souk,  El  Arba  ont  ensuite  défilé  devant  nous,  nous 
menant  à  Tebessa,  au  milieu  de  merveilleuses  ruines  romaines  et 
principalement  de  celles  du  monastère  avec  basilique  des  premiers 
temps  de  l’ère  chrétienne. 

Constantine  s’offre  après  à  nos  regards  avec  sa  magnifique 
gorge  du  Rummel,  taillée  à  pic  sur  300  mètres  de  hauteur,  offrant 
à  chaque  instant  les  aspects  les  plus  pittoresques. 

De  Constantine  nous  passons  aux  deux  villes  romaines  Lam- 
bessa  et  Timgad,  aux  ruines  majestueuses,  puis  traversant  les 
magnifiques  gorges  d’El  Kantara,  nous  poussons  une  pointe  au 
village  indigène  de  Tilatou,  aux  huttes  en  pierres  si  bizarres. 

Enfin,  voici  le  Vieux  Biskra,  qui  possède  encore  toute  sa  couleur 
locale  et  son  pittoresque  intense,  malheureusement  bien  menacés 
aujourd’hui. 

Après  Biskra,  Sidi  Okba,  les  gorges  du  Chabet,  Bougie,  la 
Grande  Kabylie,  Alger,  Oran,  Tlemcen  et  leurs  environs  sont, 
successivement  projetés,  montrant  leurs  sites  si  différents  et  si 
caractéristiques. 

138  positives  ont  ainsi  défilé  devant  nos  yeux  sans  qu’une  trace 
de  fatigue  apparaisse  dans  l’auditoire,  grâce  aux  intéressantes 
explications  données  par  notre  bienveillant  confrère. 

Le  voyage  si  long  et  si  mouvementé  est  terminé  et  les  chaleureux 
applaudissements  des  membres  de  la  Section  et  de  leurs  invités 
montrent  combien  le  plaisir  et  l’intérêt  ont  été  intenses  et  soutenus. 


—  181  — 


M.  Puttemans,  président,  félicite  et  remercie  ensuite  vivement 
M.  Hovelacque  de  la  brillante  suite  de  positives  qu’il  vient  de  nous 
montrer.  Il  fait  remarquer  combien  la  perfection  technique  jointe 
au  sentiment  artistique  arrive  à  produire  des  impressions  de  réalité 
et  de  vie. 

Non  seulement  les  vues  de  M.  Hovelacque  sont  vigoureuses  et 
pleines  de  lumière,  mais  elles  ont  su  rendre,  avec  un  rare  bonheur, 
le  mouvement  des  rues  et  des  marchés.  Dans  les  instantanées,  pas 
de  ces  poses  bizarres  antiartistiques  que  l’on  constate  trop  souvent; 
toutes  les  figures,  largement  drapées,  sont  prises  avec  un  naturel  et 
une  expression  étonnantes,  formant  de  chaque  positive  un  véritable 
tableau  bien  pondéré  et  de  grande  allure. 

L’auditoire  s’est  retiré  enchanté  de  cette  première  séance,  et 
M.  Buis,  bourgmestre  de  Bruxelles,  grand  connaisseur  en  matière 
d’art,  a  vivement  félicité  notre  confrère  de  la  brillante  réussite  de 
ses  souvenirs  de  voyage. 


Le  Procédé  à  la  gomme  bichromatée  " 

par  James  PACKHAM 


ntroduction.  —  Bien  que  ce 
procédé  ait  été  indiqué  il  y  a 
près  d’un  demi-siècle,  il  n’a 
été  vraiment  pratiqué  que 
depuis  un  an  ou  deux.  Il  a 
été  condamné  de  façon  absolue 
par  beaucoup  de  photographes 
éminents,  et  même  par  ceux 
qui  admettent  les  résultats  hardis  et  nouveaux.  D’autre  part, 
quelques  amateurs,  qui  sont  également  éminents,  l’ont  adopté  avec 
grande  satisfaction,  et  il  y  en  a  beaucoup  plus  encore  qui  cherchent 
à  connaître  tous  les  secrets  de  la  pratique  de  ce  procédé. 

Il  faut  avant  tout  admettre  que  quoique  ce  soit  un  procédé  qui  se 
laisse  bien  conduire,  c’est  certes  l’un  des  plus  difficiles,  et  je  ne 
voudrais  engager  à  1’essayer  que  l’amateur  le  plus  soigneux  et  le 
plus  persévérant,  car,  pour  réussir,  il  faut  la  plus  grande  habileté. 
Mais  si  quelqu’un  veut  produire  une  œuvre  photographique  dans 


(1)  Voyez  Bulletin  de  /’ Association  belge  de  Photographie ,  aimées  1896,  p.  761, 
et  1897,  p.  252;  voyez  aussi  :  le  Procédé  à  la  gomme  bichromatée  ou  Aqua- 
teintc ,  par  Alfred  Maskeia  et  Robert  Demachy.  —  Paris,  Gauthier-Villars. 


—  183  — 

une  note  absolument  personnelle,  il  n’y  a  pas  de  méthode  qui  lui 
en  donne  autant  les  moyens. 

Je  n’ai  pas  l’intention  de  défendre  ici  le  procédé  et  de  le  recom¬ 
mander  à  l’exclusion  de  tout  autre  procédé  d’impression.  J’ai  seu¬ 
lement  l’inten¬ 
tion  de  vous 
apporter  les 
résultats  d’ex¬ 
périences  con¬ 
duites  avec 
beaucoup  de 
soin  et  de 
montrer  com¬ 
ment  j’ai  fait 
pour  réussir  ; 
mes  recher¬ 
ches  ont  été 
conduites  avec 

l’intention 
d’arriver  à 

connaître  sous  quelles  conditions  une  combinaison  de  gomme 
bichromatée  et  de  couleur  ou  de  couleurs  donne  les  meilleurs  résul¬ 
tats.  Je  crois  aussi  pouvoir  ajouter  que  j’ai  de  sérieux  motifs  de 
croire  que  ce  procédé  donne  des  épreuves  permanentes,  ce  qui 
est  encore  pour  lui  une  excellente  recommandation. 

Le  procédé  à  la  pomme.  —  Le  procédé  pur  et  simple  à  la  gomme 
bichromatée  ne  doit  pas  être  confondu  avec  une  seule  des  autres 
méthodes  chromiques.  Il  n’est  pas  identique  au  procédé  du  papier 
velours  d’Artigue  ;  quoique  ce  dernier  soit  aussi  un  procédé  pig¬ 
mentaire  direct,  il  est  matériellement  différent  de  celui  dont  nous 
nous  occupons  ici.  Avec  le  papier  Artigue,  le  résultat  essentiel 
de  la  méthode  dépend  de  la  pureté  des  blancs;  ceci  est  assuré  par 
la  solubilité  d’un  substratum  qui  semble  être  une  combinaison  de 
gélatine,  etc. 


Abbé  Motus. 


—  184 


Avec  la  méthode  à  la  gomme  bichromatée,  il  est  souvent  égale¬ 
ment  désirable  d’obtenir  des  blancs  purs,  mais  il  n’y  a  pas  de 
médium  protecteur  spécial.  Cependant,  une  action  semblable  se 
produit,  sinon  le  papier  serait  coloré  dans  les  blancs  par  suite  de  la 
pénétration  de  la  matière  colorante  dans  les  fibres  du  papier  ;  nous 
présumons  que  cet  inconvénient  est  grandement  évité  par  l’emploi 
de  la  nouvelle  méthode,  qui  consiste  à  saturer  le  papier  d’une  solu¬ 
tion  de  sels  chromiques  aussi  forte  que  possible,  avant  d’y  étendre 
la  couche  de  gomme  colorée. 

Les  cellules  ou  tissus  capillaires  des  fibres  du  papier  sont  proba¬ 
blement  remplis  d’une  formation  cristalline  du  sel,  et  lorsque  le 
mélange  de  gomme  colorée  est  appliqué  sur  le  papier,  ces  cristaux 
forment  une  sorte  d’obstacle  à  l’introduction  de  la  couleur  dans  le 
corps  même  du  papier.  La  solution  de  gomme  est  en  effet  d’une 
consistance  suffisante  pour  tenir  les  molécules  de  couleur  en  sus¬ 
pension,  mais  pas  assez  fluide  pour  dissoudre  et  éliminer  le  sel  du 
bichromate. 

Les  atomes  de  couleurs  sont  entouiés  de  gomme  et  ne  viennent 
pas  en  contact  immédiat  avec  le  papier  aussi  longtemps  que  le 
développement  n’a  pas  commencé. 

Par  l’effet  de  la  lumière  sur  cette  mixture  sensible,  une  certaine 
portion  de  la  gomme  est  rendue  plus  ou  moins  insoluble;  cela 
dépend  du  temps  de  pose,  de  l’intensité  de  la  lumière,  de  l’épaisseur 
de  la  couche  pigmentaire  et  du  caractère  du  négatif.  Au  dépouille¬ 
ment,  la  gomme  colorée  qui  n’a  pas  été  insolée  est  dissoute,  laissant 
sur  le  papier  plus  ou  moins  de  pigment,  suivant  l’épaisseur  de  la 
couche  insolubilisée. 

Choix  du  papier.  —  Arrivons  maintenant  à  la  pratique  du  pro¬ 
cédé.  Il  faut  avant  tout  considérer  le  choix  d’un  papier  convenable, 
le  caractère  du  sujet  et  l’effet  désiré. 

Il  y  a  à  notre  disposition  un  grand  nombre  de  papiers  qui  don¬ 
nent  des  résultats  variés.  Il  y  en  a  qui  absorbent  la  solution  de 
bichromate  et  sont  d’une  belle  teinte  orange  lorsqu’ils  sont  secs  ; 
ils  peuvent  être  employés  s’ils  ne  se  laissent  pas  trop  pénétrer  par 
la  solution  de  gomme  colorée.  Cependant,  lorsqu’on  désire  de  la 


douceur  et  des  lumières  pas  trop  brillantes,  une  certaine  absorption 
de  couleur  est  parfois  un  avantage.  Les  papiers  fortement  encollés, 
spécialement  avec  de  la  gélatine  ou  de  l’amidon,  donnent  des  blancs 
plus  purs,  beaucoup  de  détails,  mais  ont  une  tendance  à  la  dureté. 
Entre  ces  deux  espèces,  il  y  a  toute  une  gamme  de  papiers  donnant 
cette  grande  variété  qui  fait 
l’agrément  du  procédé  à  la 
gomme. 

Voici  quelques-uns  des  plus 
aisés  à  travailler  et  qui  donnent 
une  bonne  gradation  dans  les 
résultats.  Ils  sont  faciles  à 
obtenir  chez  les  marchands  de 
produits  pour  aquarelle  et  ne 
sont  pas  chers. 

Le  Michallet  est  un  papier 
fort,  de  belle  qualité,  vergé,  à 
marques  reconnaissables.  Il  est 
assez  rude  de  texture  avec  une 
série  de  lignes  fines  transver¬ 
sales  assez  serrées.  Une  autre 
série  de  lignes  plus  espacées  et 
malheureusement  trop  visibles 
coupe  les  premières  à  angle  droit.  Ce  papier  se  laisse  bien  tra¬ 
vailler  ;  il  absorbe  la  solution  de  bichromate  et  se  laisse  couvrir 
d'une  couche  égale  et  fine  de  gomme  colorée. 

Le  papier  Allongé  est  plus  fort;  il  possède  d’un  côté  un  grain 
très  fin  et  très  régulier  et  est  très  approprié  au  procédé. 

Le  Lallane  est  plus  léger;  il  se  rapproche  du  Michallet,  mais  il 
est  plus  fin  dans  sa  texture. 

Le  papier  à  cartouche  anglais  se  travaille  bien  aussi  ;  il  a,  comme 
l’ Allongé,  un  côté  à  grain  fin,  mais  il  est  plutôt  trop  encollé,  ce 
qui  donne  une  tendance  à  la  dureté  ;  mais  on  obtient  avec  lui  des 
blancs  parfaits. 

Le  papier  Whatman  donne  des  résultats  excellents,  et  les  numé¬ 
ros  très  grenus  conviennent  aux  effets  hardis. 


Grâce  aux  avantages  du  nouveau  procédé  de  sensibilisation, 
d’autres  papiers  conviennent  encore.  Les  papiers  fins,  satinés,  sont 
difficiles  à  manipuler,  mais  lorsqu’on  a  un  peu  d’habileté,  ils  peuvent 
être  employés  avantageusement  dans  certains  cas.  On  verra  que  la 
plupart  des  papiers  d’aquarelle  ont  deux  surfaces  distinctes  que 
l’on  peut  choisir  à  volonté,  quoique  le  côté  grenu  se  laisse  mieux 
travailler. 


Sensibilisation.  —  Lorsque  le  choix  du  papier  est  fait,  il  s’agit 
de  le  sensibiliser,  en  d’autres  termes,  de  le  saturer  complètement 
avec  une  solution  de  bichromate  de  potasse.  Cette  solution  doit 
être  dans  les  proportions  d’une  partie  de  sel  dissoute  dans  dix  par¬ 
ties  d’eau. 

La  saturation  du  papier  doit  être  complète  et  l’on  y  arrive 
plus  facilement  en  coupant  les  feuilles  en  quatre.  Mais  avant  de  le 
couper,  il  est  bon  de  marquer  le  dos  de  chaque  morceau  d’une  croix 
au  crayon,  afin  que  tous  soient  enduits  de  gomme  du  même  côté. 

La  solution  de  bichromate  à  saturation  a  une  tendance  à  se  cris¬ 
talliser  dans  le  flacon.  Si  cela  se  présente,  il  y  aura  avantage  à 
chauffer  le  liquide  pour  redissoudre  les  cristaux.  On  verra  que  les 
papiers  fortement  encollés  seront  imprégnés  plus  également  si  l’on 
élève  la  température  du  bichromate  à  environ  17°  C. 

On  a  dit  que  deux  minutes  suffisent  pour  imprégner  le  papier, 
mais  cela  n’est  pas  assez  ;  car  si  la  solution  ne  pénètre  pas  égale¬ 
ment  et  complètement,  on  aura  des  épreuves  inégales. 

Lorsque  vous  avez  coupé  le  nombre  voulu  de  morceaux  de  papier, 
vous  versez  dans  une  cuvette  assez  de  solution  de  bichromate 
pour  couvrir  le  fond.  Vous  prenez  ensuite  une  première  feuille  que 
vous  marquez  du  n°  1  et  vous  faites  flotter  les  deux  faces  alter¬ 
nativement  sur  le  liquide,  en  veillant  à  ce  qu’il  n’y  ait  pas  de  bulles 
d’air.  Vous  laissez  alors  la  feuille  dans  la  cuvette  avec  le  numéro 
au-dessus  et  vous  prenez  la  deuxième  feuille,  et  ainsi  de  suite  jus¬ 
qu’à  ce  que  toutes  les  feuilles  soient  immergées.  Vous  prenez  alors 
la  dernière  feuille  et  la  placez  au-dessous  des  autres,  en  regardant 


187  — 


encore  s’il  n’y  a  pas  de  bulles  d’air.  Vous  continuez  à  procéder 
ainsi  jusqu’à  ce  que  le  n°  1  apparaisse  au  dessus.  Vous  levez  alors 
la  feuille  doucement,  la  faites  égoutter  et  la  suspendez  par  un  angle 
à  une  corde  ou  tout  autre  support,  et  vous  fixez  au  dessous  un  petit 
morceau  de  papier  Joseph  qui  absorbera  tout  le  surplus  de  la 
solution. 

Le  séchage  doit  se  faire  dans  le  laboratoire,  à  la  lumière  inacti- 
nique,  et,  dès  ce  moment,  on  ne  doit  plus  soumettre  le  papier  ni 
à  la  lumière  blanche,  ni  à  la 
vapeur  d’eau. 

Ainsi  préparé,  il  se  conserve 
longtemps,  à  moins  qu’il  ne 
soit  fortement  encollé.  On  s’a¬ 
perçoit  de  la  détérioration  du 
papier  lorsqu’il  perd  sa  belle 
couleur  orange  ou  jaune  et  qu’il 
devient  d’un  brun  gris. 

Il  y  a  d’autres  moyens 
d’employer  le  sel  de  chrome, 
nous  les  indiquerons  plus 
tard. 


Gomme.  —  Il  faut  ensuite 
procéder  au  choix  de  la  solu¬ 
tion  de  gomme.  Il  y  a  plusieurs  espèces  de  gommes,  mais  une 
seule  semble  adaptée  à  ce  procédé  si  l’on  veut  de  bons  résultats. 
C’est  la  gomme  acacia  du  Soudan,  connue  sous  le  nom  de  gomme 
arabique;  onia  prendra  en  morceau  et  jamais  en  poudre.  On  la  dis¬ 
sout  pour  faire  la  solution  de  réserve  dans  la  proportion  de  4  par¬ 
ties  de  gomme  pour  10  parties  d’eau  froide.  Si  la  gomme  est  brisée 
en  petits  morceaux  et  qu’on  agite  le  liquide,  tout  sera  fondu  en 
une  soirée.  Enlevez  les  impuretés  qui  surnagent  en  filtrant  à  travers 
une  fine  mousseline. 

Pour  travailler  facilement,  on  prend  une  quantité  de  GO  grammes 


—  188  — 


de  gomme  dissoute  dans  140  ce.  d’eau.  On  la  conserve  dans  un 
flacon  bien  bouché,  à  large  goulot. 

-$:o:e 

Couleurs.  —  Nous  avons  ainsi  sensibilisé  notre  papier  et  préparé 
le  mucilage.  Nous  devons  maintenant  choisir  la  couleur,  la  mélanger 
à  la  gomme  et  en  enduire  le  papier. 

C’est  ici,  semble-t-il,  que  beaucoup  d’amateurs  ont  rencontré  des 
difficultés  dans  le  procédé.  Mais  il  n’y  a  pas  de  raisons  pour  qu’il 
y  en  ait  eu  de  sérieuses.  C’est  plutôt  une  question  d’habitude  et 
d’observance  stricte  de  travailler  toujours  dans  les  mêmes  con¬ 
ditions  avec  des  quantités  connues.  Je  conseillerai  d’abord  de 
n’employer  que  trois  couleurs.  Elles  se  travaillent  facilement  et 
vous  apprendrez  vite  à  connaître  les  caractéristiques  de  votre 
mélange.  Les  couleurs  en  tubes  et  autres  couleurs  d’aquarelle 
sont  composées  d’éléments  si  variables,  que  les  résultats  en  les 
employant  sont  toujours  incertains;  de  plus,  il  est  difficile  de 
prendre  des  quantités  toujours  égales  de  couleur  en  pâte  ou  en 
gâteau. 

Je  conseille  donc  l’emploi  de  poudres,  et  les  couleurs  les  plus 
employées  sont  le  noir  végétal  ainsi  que  les  ocres  rouge  et  jaune  ;  avec 
ces  couleurs,  on  peut,  par  combinaisons,  varier  les  teintes  à  l’infini. 

Je  recommande  aussi  de  mesurer  toujours  exactement  les  quan¬ 
tités  de  poudre  et  d’en  prendre  note  soigneusement.  Vous  trou¬ 
verez  aussi  qu’il  est  bon  de  numéroter  chaque  combinaison,  d’en 
couvrir  un  morceau  de  papier,  de  l’impressionner  et  d’en  dépouiller 
une  partie  ;  on  laisse  de  plus  une  portion  blanche  sur  laquelle  on 
inscrit  ses  notes.  En  procédant  ainsi,  on  peut  toujours  obtenir  des 
duplicata  dans  la  teinte  exacte  ou  faire  telles  modifications  que  l’on 
juge  nécessaires. 


Mélange  de  la  gomme  et  des  poudres.  —  Pour  mélanger  la 
gomme  et  la  poudre,  prenez  15  cc.  de  la  solution  de  gomme  à 
4  pour  10  d’eau,  à  laquelle  vous  ajoutez  15  cc.  d’eau,  de  manière 
à  avoir  une  solution  de  gomme  à  2  pour  10.  Mélangez  bien.  Je 


—  189  - 


dirai  plus  loin  pourquoi  je  recommande  de  faire  la  solution  de 
réserve  à  4  pour  10. 

Pesez  alors  0,8  gramme  de  noir  végétal  en  poudre  et  versez-le  sur 
une  plaque  de  marbre  ou  de  verre  d’environ  30  c3.  Sur  le  petit  tas 
de  poudre,  versez  quelques  gouttes  de  la  solution  de  gomme,  et 
avec  un  couteau  à  palette,  écrasez  soigneusement  la  pâte  jusqu’à  ce 
qu  elle  soit  dans  sa  plus  grande  finesse.  Cela  prendra  de  cinq  à  dix 
minutes  ;  et  de  la  réussite  de  l’opération  dépendra,  en  grande  partie, 
1  échelle  des  gradations  dans  l’épreuve.  Prenez  la  pâte  avec  le 
couteau,  mettez-la  dans  une  soucoupe  et  versez  plus  dégommé  sur 
la  plaque  deverre; 
on  arrive,  avec  un 
peu  de  pratique,  à 
enlever,  toute  la 
pâte  qui  y  était 
restée  adhérente  ; 
on  verse  alors  le 
restant  des  30  cc. 
de  gomme  dans  la 
soucoupe  et  l’on 
malaxe  le  tout  avec 
la  brosse  à  étendre. 

La  brosse  la 
meilleure  pour 
étendre  le  mucilage  sur  le  papier  est  la  brosse  à  peindre  à  l’huile  de 
deux  pouces  de  large. 


D.  Van  den  Hove. 


Etend  âge.  —  Prenez  maintenant  une  planche  à  dessiner  bien 
égale  et  couvrez-la  de  deux  épaisseurs  de  fort  papier  buvard.  Fixez 
dessus  une  de  vos  feuilles  bichromatées,  qui  doit  être  absolument 
sèche,  en  mettant  le  côté  marqué  en  dessous.  Tout  ceci  se  fait  à  la 
lumière  jaune. 

Mélangez  bien  la  mixture  de  gomme  colorée  avec  le  pinceau; 
essuvez-le  contre  le  bord  de  la  soucoupe  et  étendez  également  la 
couleur  sur  le  papier  en  croisant  les  couches  une  ou  deux  fois. 


190  — 


Vous  verrez  alors  que  le  papier  s’est  fortement  étendu;  enlevez 
les  pointes  et  retendez  doucement,  puis  remettez  les  pointes. 

Prenez  maintenant  une  large  brosse  douce  en  poils  de  blaireau  de 
4  pouces.  Tenez-la  verticalement  entre  deux  doigts,  très  légère¬ 
ment,  et  passez  très  rapidement  sur  la  gomme,  en  tout  sens,  jus¬ 
qu’à  ce  qu’elle  commence  à  sécher,  et  que  le  papier  soit  recouvert 
d’une  mince  couche  de  couleur  semi-transparente.  Avec  un  peu 
d’habitude,  on  arrive  facilement  à  promener  comme  il  faut  le  blai¬ 
reau,  ou  plutôt  à  l’agiter  au-dessus  de  la  gomme  de  manière  à 
obtenir  une  couche  régulière,  sans  stries  ni  marques. 

Sans  doute,  beaucoup  de  mécomptes  se  sont  produits  par  suite  de 
l’emploi  d’une  trop  grande  quantité  de  couleur.  Il  est  étonnant 
comme  il  en  faut  peu.  J’ai  obtenu  d’excellents  résultats  avec  0,5  gr. 
de  noir  végétal  délayé  dans  30  cc.  de  la  solution  diluée  de  gomme, 
et  je  double  rarement  cette  quantité,  même  lorsque  des  ombres  très 
fortes  sont  réclamées;  comme  je  l’ai  dit  plus  haut,  toutes  les  teintes 
peuvent  être  obtenues  en  mélangeant  les  couleurs  désignées 
ci-dessus.  Les  ocres  et  les  terres  d’ombre,  les  sépias  et  les  terres 
de  Sienne  doivent  être  employées  à  raison  de  2  à  3  grammes  par 
30  cc.  de  la  solution  de  gomme. 

Séchage.  —  Pour  voir  si  le  papier  a  été  correctement  couvert, 
coupez-en  un  petit  morceau,  faites-le  sécher  et  faites-le  flotter  face 
en  dessous  sur  de  l’eau  froide.  Toute  la  couche  doit  se  dissoudre 
dans  l’eau,  tout  au  moins  en  agitant  un  peu  celle-ci  ou  avec  un  léger 
frottement  du  blaireau. 

Il  vaut  mieux  laisser  sécher  spontanément  le  papier,  après  l’avoir 
couvert  de  la  mixture  ;  mais  si  l’on  désire  le  garder  quelques  jours, 
il  faut  le  faire  sécher  doucement  devant  le  feu  avant  de  le  mettre 
dans  un  portefeuille. 

J’ai  conseillé  de  faire  la  solution  de  gomme  à  4  pour  10,  d’abord 
parce  qu’elle  se  conserve  mieux  ainsi,  et  ensuite  parce  qu’on  peut 
encore  s’en  servir  suivant  l’ancienne  méthode,  dans  laquelle  on 
mélange  en  une  fois  la  gomme,  le  bichromate  et  la  couleur,  sans 
sensibiliser  au  préalable  le  papier  :  on  prend,  dans  ce  cas,  15  cc.  de 
la  solution  concentrée  de  gomme,  15  cc.  de  la  solution  de  bichro¬ 
mate  à  10  pour  100,  et  on  y  malaxe  la  couleur. 


—  191 


Impression.  —  Le  temps  de  pose,  comme  on  l’a  dit  plus  haut, 
dépend  beaucoup  de  l’intensité  de  la  lumière.  L’impression  se  fera 
dans  une  forte  lumière  diffuse,  et  non  pas  au  soleil;  comme  règle, 
il  faudra  deux  ou  trois  degrés  d’un  actinomètre  Burton  pour  un 
papier  non  recouvert  d’une  couche  trop  épaisse,  et  en  employant 
le  côté  jaune  du  papier  dont  on  a  découpé  une  bande.  Les  couleurs 
rouges  et  brunes  demandent  plus  de  pose  que  les  noires.  L’ex¬ 
périence  seule 
pourra  amener  à 
connaître  l’expo¬ 
sition  exacte. 

La  pose  peut 
être  jugée  suffi¬ 
sante  lorsque  les 
principales  om¬ 
bres  apparais¬ 
sent  teintées  par 
transparence. 

La  surexposi¬ 
tion  donne  de  la 
douceur,  et  si 

elle  est  poussée  trop  loin,  obscurcit  complètement  les  demi-teintes 
et  les  hautes  lumières. 

Avec  la  sous-exposition,  les  demi-teintes  sont  complètement 
solubles. 


E.  Stadeler. 


Dépouillement.  —  Le  développement  n’est  pas  difficile,  mais  il 
est  susceptible  d’une  grande  variété  dans  son  traitement.  Mettez 
l’épreuve  imprimée,  face  en  dessous,  dans  une  cuvette  profonde 
remplie  d’eau  froide,  et  laissez-la  flotter  ainsi  cinq  ou  dix  minutes. 
Levez  alors  avec  soin  un  coin.  On  peut  généralement  se  faire  déjà 
une  idée  du  traitement  subséquent  à  lui  faire  subir. 

Si  la  mixture  dans  les  fortes  lumières  et  les  demi-teintes  com¬ 
mence  à  se  soulever,  le  traitement  devra  être  très  doux.  Si  rien  ne 
se  soulève  encore,  si  ce  n’est  sur  les  bords  protégés  par  le  châssis, 

14 


—  192  — 


vous  pouvez  croire  à  une  pose  pleine.  Laissez,  dans  ce  cas,  flotter 
encore  lepreuve  pendant  cinq  à  dix  minutes,  ou  même  plus,  en 
changeant  l’eau  pour  enlever  le  bichromate.  Ne  laissez  pas  le  côté 
coloré  de  l’épreuve  toucher  le  fond  de  la  cuvette,  et  ne  la  placez 
jamais  face  en  dessus  à  moins  de  la  rincer  fréquemment;  vous  auriez 
sinon  des  taches  qu’il  serait  impossible  d’enlever.  Si  la  pose  a  été 
correcte,  vous  aurez  maintenant  une  idée  de  l’aspect  général  de 
l’épreuve. 

Enlevez-la  de  l’eau  et  fixez-la  sur  une  planchette  un  peu  plus 
grande  que  le  papier.  Si  l’épreuve  est  sous-exposée,  en  versant 
tout  doucement  de  l’eau  dessus,  vous  enlèverez  tout  l’excès  de  cou¬ 
leur;  mais  si  quelques  parties  résistent  à  l’action  de  l’eau,  attaquez- 
les  très  légèrement  avec  un  blaireau  large,  en  commençant  par  les 
bords  et  1  avant-plan.  De  temps  à  autre  versez  de  l’eau  sur  le  tout 
pour  enlever  les  particules  détachées. 

Les  parties  claires  de  l’épreuve  seront  maintenant  à  point  ; 
seules,  les  ombres  résistent  encore.  Frottez-les  doucement  avec  une 
brosse  un  peu  dure.  Tenez  la  brosse  toujours  bien  mouillée  et 
arrosez  fréquemment  l’épreuve.  S’il  y  a  des  nuages  dans  le  négatif, 
en  traitant  le  ciel  avec  prudence,  on  les  conservera. 


Opéi  ations  finales.  A  ous  avez  maintenant  une  épreuve  qui 
vous  montre  enfin  une  image  complète.  Restent  les  opérations 
finales  que  quelques-uns  prétendent  n’être  plus  du  domaine  de 
la  photographie  ;  quoi  qu’il  en  soit,  c’est  de  l’application  habile  de 
poudre  ou  du  travail  au  pinceau  que  dépend  maintenant  grande¬ 
ment  le  succès  de  l’œuvre. 

Un  petit  coup  ici,  un  petit  coup  là  éclairciront  les  parties  trop 

opaques,  en  travaillant  toujours  avec  des  blaireaux  de  différents 
formats. 

Parfois  1  impression  aura  été  trop  loin,  et  le  pinceau  ne  suffira 
pas.  On  emploiera  alors  avec  prudence  de  l’eau  chaude,  bouillante 
même,  ou  bien  un  mince  jet  d  eau  tel  qu’en  donne  un  vaporisateur. 

En  fait,  il  n  y  a  pas  de  limites  dans  les  différentes  manipulations 
qu  on  peut  faire  subir  à  l’épreuve,  mais  il  faut  cependant  ne  pas 


—  193  — 


enlever  trop,  car  on  ne  pourrait  admettre  l’application  des  couleurs 
à  la  brosse. 


Fixage.  —  Après  le  développement  complet  de  l’image,  il  reste 
une  dernière  opération  à  faire  pour  enlever  toute  trace  de  bichro¬ 
mate  de  potasse.  On  passe  l’épreuve  dans  un  bain  clarifiant  com¬ 
posé  d’alun,  de  sulfite  de  soude  ou  même  d’hyposulfite  de  soude  ; 
le  degré  de  concentration  a  peu  d’importance  si  on  lave  encore 
quelques  minutes  l’épreuve.  Si  l’épreuve  a  été  imprimée  faiblement, 
on  emploiera  une  solution  étendue,  on  s’assurera  qu’elle  n’est  pas 
acide  et  on  lavera  peu. 

L’épreuve  doit  sécher  spontanément.  N’essayez  pas  de  la  sécher 
entre  des  feuilles  de  buvard. 

Je  terminerai  ici  cet  article,  craignant  que  vous  ne  trouviez  que 
j’ai  fait  une  très  longue  histoire  d’un  sujet  très  simple. 

(Traduit  pour  le  Bulletin  par  M.  Y.) 


Le  développement  moderne 

par  Alfred  WATKINS  (i) 


e  pouvons-nous  pas  échapper 
à  l’esclavage  des  formules? 
N’est-ce  pas  un  fait  que  chacun 
de  nos  amis  emploie  un  révé¬ 
lateur  composé  de  façon  diffé¬ 
rente,  et  chacun  ne  trouve-t-il 
pas  que-  son  révélateur  donne 
les  résultats  qu’il  désire?  Nos 
experts  les  plus  instruits  dans  les  questions  de  développement, 
lorsque  à  bout  de  conseils  ils  sentent  la  triste  conviction  qu’après 
tout  ils  n’ont  pas  donné  d’instructions  exactes  aux  commençants, 
ne  dissimulent-ils  pas  le  vague  de  leurs  informations  par  la  remarque 
inutilement  impertinente  que  l’ingrédient  le  plus  important  dans 
le  révélateur  est  l’intelligence  ? 

Il  y  a  certainement  quelques  principes  simples  qui  entrent  en 
ligne  de  compte.  Il  y  a  cinq  ans,  j’ai  essayé  par  des  expériences 
comparatives  très  soigneuses  (plusieurs  centaines)  de  m’assurer  de 
l’influence  exacte  de  chaque  composant  du  révélateur  et  de  voir 
quelle  action  il  peut  exercer  sur  les  résultats. 


(I)  Extrait  OC  Anthony' s  Animal. 


—  195  — 


Je  ne  puis  pas  essayer  de  donner  ici  d’une  façon  détaillée  les 
résultats,  mais  sommairement  je  suis  arrivé  à  ceci  : 

Qu’on  peut  exercer  une  certaine  action  sur  les  résultats  ( a .  pour 
les  sous-expositions)  en  omettant  le  bromure  de  potassium  ou  en 
n’en  employant  qu’une  trace,  et  (b.  pour  les  surexpositions)  en 
employant  beaucoup  de  bromure  depuis  le  commencement  ;  que 
tous  les  révélateurs  amènent  la  même  quantité  de  détails  si  leur 
action  est  suffisamment  prolongée. 

Que  les  variations  dans  la  quantité  d’alcali,  ou  d’agent  révélateur, 
altèrent  seulement  la  rapidité  du  développement  (excepté  s’il  y  a 
production  de  voile). 

Que  lorsque  tous  les  détails  ont  apparu,  aucune  modification  ou 
altération  du  révélateur  ne  peut  changer  la  marche  du  développe¬ 
ment,  mais  bien  sa  rapidité  (excepté  s’il  y  a  production  de  voile). 
En  d’autres  termes,  qu’aucun  tâtonnement  dans  le  développement, 
addition  d’alcali,  etc.,  ne  donne  de  meilleur  résultat  que  si  l’on  con¬ 
tinue  avec  le  révélateur  tel  qu’on  l’a  employé  au  début. 

Que,  quel  que  soit  le  révélateur  employé,  on  passe  par  certains 
degrés  de  contrastes  et  que  le  grand  pouvoir  du  développement 
consiste  à  s'arrêter  au  degré  exact. 

En  tout  cas,  les  contrastes  augmentent  à  mesure  que  s’avance  le 
développement  jusqu’à  une  limite  qui  dépend  de  la  qualité  de  la 
plaque. 

Que  le  point  sur  lequel  les  révélateurs  diffèrent  est  la  relation 
entre  l’apparition  de  l’image  et  l’obtention  de  la  densité  d’impres¬ 
sion.  Une  classe  de  révélateurs  (le  métol,  le  rodinal,  etc.,  par 
exemple)  fait  apparaître  vite  les  détails  et  la  densité  vient 
lentement;  une  autre  classe  (acide  pyrogallique  concentré,  hydro- 
quinone,  etc.)  amène  les  détails  d’une  manière  relativement  lente, 
les  fortes  lumières  ayant  déjà  gagné  une  intensité  considérable. 

Que  ces  deux  classes  de  révélateurs  donnent  des  résultats 
identiques,  si  on  les  arrête  au  même  point  lorsque  tous  les  détails 
sont  sortis. 

Manière  de  procéder. 

1.  Choisissez  un  révélateur  qui,  avec  une  plaque  donnée,  fait 
venir  la  densité  en  un  temps  raisonnable,  et  cependant  pas  assez 


rapide  pour  travailler  sans  crainte  de  voile,  et  ne  l’abandonnez  pas 
avant  de  bien  connaître  lorsqu’il  y  a  sous  ou  surexposition. 

2.  Arrêtez  le  développement  au  degré  qui  donne  le  contraste 
convenable. 

Quand  faut-il  arrêter  le  développement? 

Le  principal  contrôle  des  résultats  se  rencontre  donc  dans  la 
durée  du  développement.  L’ancienne  méthode  consistait  à  regarder 
la  plaque  par  transparence  contre  la  lumière  rouge;  c’est  là  un 
procédé  défectueux  qui  amène  beaucoup  d’erreurs.  Dans  mes 
essais,  j’ai  trouvé  que  le  développement  se  faisait  en  des  temps 
réguliers  et  qu’on  peut  le  comparer  à  un  voyage  ;  si  nous  observons 
le  temps  qu’il  nous  a  fallu  pour  accomplir  une  partie  du  voyage, 
nous  pouvons  calculer  le  temps  qu’il  nous  faudra  pour  l’accomplir 
tout  entier. 

La  première  période  du  voyage  s’écoule  ici  entre  le  moment  où 
l’on  verse  le  révélateur  sur  la  plaque  et  celui  où  l’on  voit  apparaître 
l’image  ;  la  seconde  période  s’écoule  entre  le  moment  où  l’image 
apparaît  et  le  moment  où  la  densité  requise  est  atteinte.  Il  y  a  une 
relation  constante  entre  ces  deux  périodes,  de  sorte  que  lorsque 
nous  connaissons  le  temps  qui  s’est  passé  dans  la  première,  nous 
pouvons  en  déduire  le  temps  qu’il  faudra  à  la  seconde,  en  multi¬ 
pliant  le  premier  temps  par  un  certain  nombre,  le  facteur  multipli¬ 
cateur.  Ce  nombre  dépend  du  révélateur  et,  dans  une  mesure  plus 
étroite,  de  la  plaque.  Il  n’est  pas  modifié  (ce  qui  est  important)  par 
les  variations  dans  la  température,  par  la  quantité  d’alcali  ou  par  une 
dilution  plus  forte  (excepté  pour  l’acide  pyrogallique  et  l’amidol). 

L’emploi  du  facteur. 

Lne  montre  peut  servir  à  mesurer  le  développement  par  ma 
méthode,  mais  l’eichronomètre  est  plus  commode.  C’est  une  petite 
horloge  avec  un  cadran  de  10  minutes  et  un  simple  calculateur  pour 
multiplier  le  temps  d’apparition  par  le  facteur. 

Lorsque  votre  révélateur  est  prêt  et  que  la  plaque  est  dans  la 
cuvette,  vous  mettez  l’aiguille  de  l’eichronomètre  au0(ou,  avec  une 
montre,  vous  attendez  que  l’aiguille  des  secondes  touche  GO)  et  vous 


197  — 


versez  le  révélateur  sur  la  plaque.  Vous  notez  le  moment  précis  où 
apparaissent  les  premières  traces  de  l’image,  et  ce  temps  multiplié 
par  le  facteur  que  vous  a  fait  connaître  l’expérience  ou  quelques 
renseignements  d’autrui  vous  donne  le  temps  total  du  développe¬ 
ment.  Donc  si  l’image  met  une  minute  à  apparaître  et  que  le  facteur 
est  5,  vous  arrêterez  le  développement  cinq  minutes  après  avoir 
versé  le  révélateur  sur  la  plaque. 

Très  souvent,  le  temps  d’apparition  est  une  fraction  de  seconde, 
et  alors  l’eichronomètre  donne  le  temps  total  sans  calcul,  comme  on 
est  obligé  de  le  faire  avec  une  montre.  Lorsque  l’image  apparaît, 
couvrez  la  cuvette,  que  vous  agitez  de  temps  à  autre  jusqu’à  ce  que 
le  temps  total  soit  passé,  alors  lavez  le  cliché  et  fixez-le  sans  l’exa¬ 
miner. 

Variations  dans  la  pose. 

Avec  une  plaque  de  bonne  qualité,  une  grande  latitude  est  possible 
(1  à  10  ou  plus)  dans  certaines  limites,  et  si  le  développement  est 
mesuré  par  cette  méthode,  les  épreuves  positives  de  ces  négatifs 
seront  identiques.  Cependant  les  négatifs  qui  ont  eu  plus  de  pose 
seront  beaucoup  plus  denses  que  ceux  qui  en  ont  eu  moins.  L’ancienne 
méthode  tendait  plutôt  à  trop  développer  (dureté)  les  sous-exposi- 
tions  et  à  trop  peu  développer  (faiblesse)  les  surexpositions. 

Le  facteur. 

Ceci  ne  doit  pas  être  considéré  comme  une  valeur  fixe,  inalté¬ 
rable,  mais  comme  un  moyen  de  vous  garder  dans  vos  expériences. 
Si,  par  exemple,  le  facteur  5  avec  un  certain  révélateur  vous  donne 
trop  de  contrastes,  essayez  le  facteur  4.  Des  plaques  à  émulsions 
différentes  exigeront  souvent  aussi  quelques  variations  dans  le 
facteur. 

Le  révélateur  à  employer. 

Peu  importe  lequel.  Mais  si  vous  craignez  une  sous-exposition 
ou  une  forte  surexposition,  procédez  comme  il  est  dit.  Une  augmen¬ 
tation  de  bromure  diminue  le  facteur,  et  son  omission  augmente  le 
facteur  nécessaire  pour  obtenir  un  certain  contraste.  Avec  l’acide 


198 


pyrogallique  ou  l’amidol,  la  dilution  de  la  solution  altère  le  facteur. 
En  d’autres  termes,  un  faible  révélateur  au  pyrogallol  développe 
l’image  dans  le  même  temps  exactement  qu’un  révélateur  plus  éner¬ 
gique,  mais  ce  dernier  amène  bien  plus  vite  la  densité.  Dans  tous  les 
autres  révélateurs,  la  dilution  n’altère  pas  le  facteur,  et  le  temps 
d’apparition  de  l’image  est  toujours  également  proportionnel  au 
temps  total  du  développement. 

Le  révélateur  au  pyrogallol-ammoniaque  ne  peut  pas  être  mesuré 
par  cette  méthode,  à  cause  de  la  nature  volatile  de  l’alcali. 

Liste  des  facteurs. 

l.Pyrogallol-soude,  0,2  gr.  par  lOOcc.  d’eau, 0,1  gr.  bromure  11 


2.  »  0,4  gr.  »  0,2  gr.  »  G 

3.  »  0,5  gr.  «  0,3  gr.  »  5  1/4 

4.  »  0,8  gr.  »  0,4  gr.  »  4  1/2 

5-  »  1  gr.  »  0,8  gr.  »>  3  3/4 

Hydroquinone  (soude  caustique  ou  carbonate)  ...  51/2 

Iconogène  .  9 

Métol . 28 

Glycine  .  14 

Amidol  0,4  gr.  dans  100  cc.  d’eau . 18 

Pyrogallol-métol  (impérial) . 13 

Rodinal . 49 

Métol-hjdroquinone .  13 


La  liste  ci-dessus  n’est  donnée  que  comme  guide  pour  un  premier 
essai,  et  le  facteur  sera  changé  au  gré  du  photographe. 

Pour  les  négatifs  de  ciels,  employez  des  facteurs  de  moitié  environ 
de  ceux  ci-dessus;  pour  paysages  de  neige  ou  de  glace,  environ  2/3. 

Une  variation  dans  la  quantité  de  bromure  modifie  généralement 
le  facteur,  une  augmentation  de  celui-ci,  fait  descendre  le  facteur. 

Pour  augmenter  les  contrastes  dans  l’épreuve,  augmentez  le  fac¬ 
teur,  et  pour  les  diminuer,  diminuez  ce  facteur. 

Il  vaut  mieux  travailler  en  vue  d’un  contraste  défini  dans 
1  épreuve  qu’en  vue  d’une  densité  définie  dans  les  fortes  lumières 
du  négatif.  N’espérez  pas  avoir  des  négatifs  uniformes  pour  l’im- 


199 


pression  sans  mesurer  exactement  vos  temps  de  pose,  ce  pourquoi 
un  photomètre  peut  être  un  guide  utile. 

Sous-exposition. 

Lorsqu’on  s’aperçoit,  après  l’apparition  des  premiers  détails, 
qu’il  y  a  sous-exposition,  il  n’y  a  aucun  avantage  à  ajouter  de 
l’alcali  ou  à  modifier  le  révélateur  en  quoi  que  ce  soit.  La  chose 
importante  est  d’éviter  un  trop  long  développement  et  de  s’arrêter 
au  moment  indiqué  par  le  facteur.  Un  négatif  transparent  peut 
donner  une  belle  épreuve;  un  négatif  opaque,  jamais.  Mais  lorsque 
vous  savez  d’avance  qu’il  y  a  eu  sous-exposition  —  comme  dans  la 
plupart  des  travaux  à  la  détective,  il  y  a  certainement  avantage  à 
employer  un  révélateur  sans  bromure,  si  la  plaque  peut  le  suppor¬ 
ter.  Les  facteurs  pour  le  pyrogallol-soude  sans  bromure  sont  à  peu 
près  le  double  de  ceux  qui  ont  été  indiqués. 

Surexposition. 

On  peut  obtenir  de  très  bons  négatifs  malgré  la  surexposition,  à 
condition  de  ne  pas  arrêter  le  développement  trop  tôt  afin  d’avoir 
de  la  densité.  Dans  les  très  fortes  surexpositions,  il  y  a  cependant 
avantage  à  n’employer  qu’un  très  faible  multiplicateur  :  1,5  gr. 
d’acide  pyrogallique  et  0,5  gr.  de  bromure  pour  100  cc.  d’eau  avec, 
mettons  3  gr.  de  carbonate  de  soude,  conviennent  dans  ce  cas. 
Pour  obtenir  le  plein  effet  de  ce  révélateur  qui  semble  éviter  le 
halo,  il  faut  l’employer  dès  le  début. 

(Traduit pour  le  Bulletin  parM.  V.) 


ur  les  substitutions  alliées 


DANS  LES  GROUPES  DE  LA  FONCTION  DÉVELOPPATRICE 


PAR  MM.  LUMIÈRE  FRERES  ET  SEYEWETZ 


es  auteurs  qui  ont  étudié 
les  relations  existant 
entre  la  constitution 
des  développateurs  aro¬ 
matiques  et  leur  pro¬ 
priété  de  révéler  l’ima¬ 
ge  latente  photogra¬ 
phique,  sont  arrivés  à 
des  conclusions  iden¬ 
tiques  relativement  à  l’influence  des  substitutions  alkylées  sur 
les  propriétés  révélatrices  des  substances  dont  la  fonction  dévelop- 
patrice  est  constituée  uniquement  par  des  groupes  phénoliques. 
«  Les  propriétés  révélatrices  ne  subsistent  alors  que  s’il  reste  dans 
la  molécule  au  moins  deux  oxhydriles  intacts  en  position  ortho  ou 
para.  » 

Dans  le  cas  des  amidophénols  ou  des  pol}ramines,  les  opinions  des 
auteurs  ont  été  divergentes  (1),  et  jusqu’ici  la  question  n’avait  pas 
été  élucidée  d’une  façon  assez  complète  pour  qu’on  pût  tirer  des 
conclusions  certaines. 


(1)  A.  et  L.  Lumière,  les  Développateurs  organiques  en  photographie,  p.  19; 
Andresen,  Photographische  Mittheilungen.  Novembre  1891. 


201 


Nous  avons  repris  l’étude  de  cette  question  pour  les  paradérivés, 
partant  des  deux  composés  initiaux,  la  paraphénylène  diamine  et  le 
paramidophénol,  et  examinant  ce  que  deviennent  les  propriétés 
développatrices  de  ces  substances  quand  on  y  substitue  successi¬ 
vement  un  ou  plusieurs  radicaux  méthylés  par  exemple. 

Dans  ce  but,  nous  avons  expérimenté  les  corps  suivants  : 


(1)  Monométhylparaphénylène  diamine.  .  .  . 

(2)  Diméthylparaphénylène  diamine  asymétrique 

(3)  Tétraméthylparaphénylène  diamine.  .  .  . 

(4)  Monométhylparamidophénol . 

(5)  Diméthylparamidophénol . 

(6)  Paraanisidine . 


CG  H4 
C6  H4 
Cc  II 4 
C6  II4 
CG  114 
CH  H4 


/NHfClhj  (1) 
\NH4  (4) 

^N(CH5)2  (1) 
\N  H-  (4) 

(C  II3)2  (1) 
\N  (C  H  ’)2  (4) 

^OH  (1) 
\NH  (C  U3)  (4) 

^OH  (1) 
\N(CH3)2  (4) 

C  H3  (1) 
\N  H2  (4) 


Il  résulte  de  nos  essais  que  les  substances  n<«  1,  2,  3,  4  et  5  sont 
des  développateurs  de  l’image  latente;  ceux  ne  renfermant  que  des 
groupes  amidogènes,  substitués  ou  non,  tels  que  les  corps  n°«  1,  2 
et  3,  peuvent  même  fonctionner  comme  révélateurs  sans  addition 
d’alcali,  simplement  en  présence  du  sulfite  de  soude.  Par  contre,  le 
composé  n°  6  donne  des  résultats  négatifs  au  développement. 

Ce  que  nous  avons  observé  pour  des  substitutions  méthylées  doit 
sans  doute  avoir  également  lieu  pour  toute  autre  substitution  jouant 
un  rôle  analogue  dans  les  groupes  amidogènes  ou  oxhvdriles, 
ainsi  C-  HA,  C5  H7,  etc. 

De  plus,  comme  nous  avons  toujours  vu  jusqu’ici  les  isomères 
ortho  substitués  jouir  des  mêmes  propriétés  développatrices  que  les 
composés  substitués  en  para,  on  pourra  admettre  par  extension  que 
l'on  obtiendra  probablement  avec  les  orthodiamines  ou  orthoami- 
dophénols  substitués  des  résultats  analogues  à  ceux  que  donnent 
les  composés  en  para.  On  peut  donc  déduire  des  expériences  pré¬ 
cédentes  : 

1°  Que  les  substitutions  alkylées  effectuées  dans  les  groupes  de 


—  202  — 


la  fonction  développatrice  des  diamines  ne  détruisent  pas  cette 
fonction,  quel  que  soit  le  nombre  des  substitutions; 

2°  Dans  les  amidophénols,  la  perte  du  pouvoir  développateur  se 
produit  toutes  les  fois  que  la  substitution  a  lieu  dans  le  groupement 
phénolique,  en  supposant  qu’il  ne  reste  pas  dans  la  molécule  un 
autre  groupement  oxhydrile  en  position  para  ou  ortho  par  rapport 
à  l’amidogène. 

Ces  conclusions  sont  rationnelles  si  l’on  remarque  que  les  substi¬ 
tutions  alkylées  effectuées  dans  un  groupe  amidogène  diminuent, 
mais  ne  détruisent  nullement  les  propriétés  basiques  de  ce  groupe. 
De  plus,  elles  n’empêchent  jamais  sa  transformation  en  groupe 
quinonique  par  oxydation. 

Lorsqu’un  oxhydrile  est  éthérifié,  il  perd,  au  contraire,  complè¬ 
tement  ses  propriétés  phénoliques,  et  il  n’y  a  rien  d’étonnant  que, 
dans  ce  cas,  la  propriété  développatrice  ne  subsiste  plus. 


Le  développement  en  cuvette  verticale (" 


■y."  ^ 

e  commerce  nous  offre  un  très  grand  nombre 
de  photomètres  ou  actinomètres  qui  sont 
destinés,  d’après  leurs  inventeurs,  à  indi¬ 
quer  d’une  façon  exacte  le  temps  de  pose. 
Ces  instruments  peuvent  avoir  une  certaine 
utilité,  pour  les  débutants  notamment, 
mais  je  pense  qu’il  est  bien  peu  de  photo¬ 
graphes  qui  s’en  servent,  et  que  ceux  qui 
en  possèdent  un  l’oublient  généralement 
chez  eux,  lorsqu’ils  sortent  avec  leur 
appareil. 

Poser  toujours  d’une  façon  exacte  est  un  idéal  auquel  personne 
n’arrive  jamais,  dans  les  travaux  de  plein  air  surtout. 

Il  faut  donc  trouver  un  remède  pour  les  erreurs  d’exposition  ;  et 
ce  remède  existe  heureusement.  Je  ne  vous  apprendrai  rien  de 
neuf  en  vous  disant  qu’elles  se  corrigent  par  un  développement 
raisonné. 

En  employant  un  révélateur  lent,  très  dilué,  dont  on  puisse  varier 
la  composition  suivant  les  effets  que  l’on  recherche,  on  arrive  à 
obtenir  de  bons  négatifs  de  plaques  qui  ont  reçu  des  poses  très 


(1)  Communication  faite  à  la  Section  de  Bruxelles,  en  la  séance  du  23  février. 


—  204  — 


variables.  Un  des  révélateurs  qui  conviennent  le  mieux  à  cette  fin 
est  l’acide  pyrogallique,  dont  l’élasticité  est  proclamée  par  tous  ceux 
qui  s’en  servent. 

Les  auteurs  vous  apprennent  d’autre  part  que  plus  la  pose 
d’une  plaque  sensible  a  été  courte,  plus  le  développement  devra  être 
mené  avec  douceur  et  lenteur.  Il  faut  arriver  à  faire  sortir  le  maxi¬ 
mum  de  détails  avec  le  minimum  d’intensité,  afin  de  ne  pas  obtenir 
un  négatif  heurté. 

Ici  encore  le  révélateur  à  l’acide  pyrogallique  convient  parfaite¬ 
ment,  mais  le  développement  bien  mené  est  souvent  d’une  lenteur 
telle,  qu’il  lasse  ses  plus  enthousiastes  partisans.  De  plus,  l’acide 
pyrogallique  a  le  défaut  de  s’oxyder  rapidement,  et  il  n’est  pas  rare 
que  la  solution  soit  absolument  impropre  au  développement,  avant 
que  la  plaque  soit  arrivée  à  l’intensité  convenable. 

Parmi  les  nouveaux  révélateurs  il  y  en  a  plusieurs  qui  n’offrent 
pas  l’inconvénient  de  s’oxyder  aussi  rapidement,  et  l’on  nous  a 
signalé  dernièrement  les  éminentes  qualités  de  la  glycine  (1),  qui 
permet  un  développement  excessivement  lent  sans  danger  de  voile, 
et  sans  que  la  solution  montre  la  moindre  coloration.  La  glycine 
convient  donc  fort  bien  au  développement  des  plaques  qui  ont  reçu 
un  minimum  de  pose,  soit  la  pose  instantanée  de  la  plupart  des 
appareils  à  main. 

Mais  demander  à  l’amateur  qui  rentre  chez  lui  le  soir  avec  un 
châssis-magasin  chargé  de  12,  18  ou  même  24  plaques  exposées 
(car  l’amateur  aujourd’hui  attache  beaucoup  d’importance  à  la 
quantité),  lui  demander  qu’il  mette  une  demi-heure  à  développer 
chaque  plaque,  c’est  lui  demander  l’impossible,  et  le  faire  revenir 
immédiatement  aux  révélateurs  rapides,  malgré  leur  grave  défaut 
de  ne  développer  convenablement  que  les  plaques  qui  ont  reçu  une 
exposition  correcte. 

On  a  donc  cherché  à  combiner  deux  intérêts  qui  semblaient 
opposés  :  l’intérêt  du  photographe  .qui  demande  à  sortir  le  plus 
vite  possible  de  son  laboratoire,  et  l’intérêt  du  cliché  qui  demande 


(1)  Bulletin  de  l'Association  belge  de  Photographie ,  années  1897,  p.  700  à  76ü2, 
et  1898,  p.  38. 


—  205  — 


à  être  développé  le  plus  lentement  possible.  Et  l’on  a  inventé  le 
développement  vertical. 

*  * 

Dans  ce  système,  qui  n’est  pas  nouveau,  on  place  dans  une 
cuvette  pareille  à  la  cuve  à  laver  les  plaques  verticalement  les  unes 
à  côté  des  autres  ;  on  les  recouvre  du  révélateur  dilué  et  on  les 
laisse  se  développer  toutes  seules  pendant  une  heure,  deux  heures, 
dix  heures....  Si  l’on  a  soin  de  mettre. un  couvercle  sur  la  cuvette, 
on  peut,  sans  crainte  de  voiler  les  plaques,  sortir  du  laboratoire  et 
vaquer  à  d’autres  occupations. 

Différents  systèmes  de  cuvettes  verticales  ont  été  mis  dans  le 


commerce,  les  unes  en  porcelaine,  les  autres  en  carton  verni.  La 
maison  J.  Hauff  et  C°,  de  Feuerbach,  vient  de  mettre  en  vente  un 
nouveau  système  de  cuvette  qui  semble  très  pratique. 

C’est  une  cuvette  en  zinc  contenant  un  panier  en  zinc  à  rainures 
qui  glisse  à  l’intérieur  de  la  cuvette  et  qu’on  soulève  à  l’aide  de  deux 
tiges  de  cuivre.  Ces  tiges,  lorsque  le  panier  est  relevé,  peuvent  se 
rabattre.  On  peut  ainsi  prendre  aisément  les  plaques,  sans  tremper 
les  doigts  dans  le  liquide.  Les  dessins  ci-dessus  feront  comprendre 
aisément  la  disposition  très  pratique  de  la  cuvette. 

Ces  cuvettes  peuvent  contenir  8  plaques  13  X  18  ou  12  plaques 
9  X  !-•  On  recommande  les  solutions  suivantes  pour  le  développe¬ 
ment  : 


206 


a.  Pour  plaques  9  :  12  cm. 


Eau  chaude .  200  cm71. 

Glycine .  3  gr. 

Sulfite  de  soude  cristallisé  ....  3  gr. 

Carbonate  de  soude  cristallisé  ...  45  gr. 

Après  dissolution  complète  : 

Eau  froide .  .  .  1,300  cm5 

b.  Pour  plaques  13  X  13  cm. 

Eau  chaude .  400  cm5. 

Glycine .  5  gr. 

Sulfite  de  soude  cristallisé  ....  5  gr. 

Carbonate  de  soude  cristallisé ...  75  gr. 

Après  dissolution  complète  : 

Eau  froide . 2,100  cm5 


Il  ne  faut  pas  employer  plus  de  sulfite  de  soude,  sinon  les  plaques 
pourraient  jaunir. 

Il  va  de  soi  que  si  la  quantité  d’eau  indiquée  ci-dessus  ne  couvrait 
pas  complètement  les  plaques,  il  faudrait  en  mettre  plus;  cela 
dépend  du  nombre  de  plaques  mises  dans  la  cuvette. 

Après  avoir  versé  le  révélateur  dans  la  cuvette,  on  soulève  le 
panier  et  l’on  rabat  les  deux  tiges  de  cuivre  qui  maintiennent  ainsi 
le  panier  en  l’air.  On  place  dans  les  rainures  les  plaques  exposées, 
après  les  avoir  époussetées  avec  le  blaireau.  On  relève  alors  les 
deux  tiges  et  on  laisse  descendre  le  panier  jusqu’au  fond  de  la  cuve. 
Afin  de  bien  mélanger  le  révélateur  et  d’empêcher  les  bulles  d’air 
de  se  fixer  à  l’émulsion,  on  monte  et  descend  plusieurs  fois  le  panier  ; 
puis  on  met  le  couvercle,  et  l’on  peut  quitter  le  laboratoire. 

Les  plaques  vont  maintenant  se  développer  plus  ou  moins  vite 
selon  l’exposition  qu’elles  ont  reçue.  De  temps  à  autre,  on  observe 
la  marche  du  développement.  On  relève  le  panier,  et  on  examine 
chaque  plaque  à  la  lumière  rouge.  Celles  qui  semblent  suffisamment 
développées  sont  retirées,  lavées  et  fixées;  les  autres  sont  replongées 
dans  le  bain. 


—  207  — 


Une  plaque  qui  a  reçu  30  fois  trop  de  pose  sera  développée  en 
1.)  minutes  environ;  une  plaque  qui  a  eu  une  pose  normale  le  sera 
en  30  minutes;  les  plaques  ainsi  exposées  seront  terminées  de  une 
à  trois  heures. 

Pour  les  plaques  à  pose  instantanée  on  peut  réduire  de  moitié  la 
quantité  de  carbonate  de  soude,  afin  d’éviter  la  dureté.  Le  dévelop¬ 
pement  sera  naturellement  plus  long  dans  ce  cas. 

Il  est  bon  de  ne  pas  retirer  les  plaques  trop  tôt  du  révélateur,  car 
elles  baissent  un  peu  au  fixage.  On  aura  soin  de  ne  pas  introduire 
d  hyposullite  dans  le  révélateur,  sinon  on  aurait  un  voile  jaune. 

Les  négatifs  ainsi  développés  se  distinguent  par  leur  clarté,  leur 
grain  fin  et  l’absence  de  voile. 

Après  avoir  retiré  toutes  les  plaques  on  verse  le  révélateur  —  qui 
peut  encore,  au  besoin,  servir  pour  une  nouvelle  série  —  on  rince 
soigneusement  la  cuvette  et  son  panier,  et  on  les  laisse  sécher. 

Comme  on  le  voit,  cette  méthode  est  très  pratique,  très  commode, 
et  elle  nous  a  donné  des  résultats  excellents. 

M.  Vanderkindere. 


15 


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REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


The  Amateur  Photographer. 

(N°  692.) 

Photographie  au  clair  de  lune.  —  A  fl  16  avec  des  plaques  rapides  une  pose  de 
10  à  15  minutes  donne  un  bon  négatif  lorsque  la  lune  est  pleine.  La  meilleure 
époque  est  l’hiver,  notamment  octobre,  février  et  mars.  La  grande  difficulté  est 
de  percer  les  ombres.  On  y  arrive  assez  bien  les  jours  où  la  lune  est  voilée  de 
temps  à  autre  par  des  nuages.  Alors  la  lumière  diffuse  agit  suffisamment  pour 
imprimer  des  détails  dans  les  parties  non  éclairées.  Mais  si  l’on  n’emploie  que 
la  lumière  diffuse,  on  n’aura  qu’un  cliché  plat,  sans  opposition. 

Platine.  —  Un  moyen  de  sauver  les  épreuves  qui  ont  eu  trop  de  pose.  Si  l’on 
s’aperçoit  de  l’excès  de  pose  avant  de  retirer  l’épreuve  du  châssis,  on  continuera 
à  imprimer  jusqu’à  ce  que  l’image  soit  venue  tout  entière,  comme  dans  un 
papier  à  noircissement  direct,  et  l’on  se  contente  de  fixer  dans  le  bain  d’acide 
chlorhydrique  sans  employer  d’oxalate  de  potasse. 

(N°  693.) 

Ortol.  —  Un  nouveau  révélateur  fabriqué  par  MM.  J.  Hauff  et  C°. 

M.  Andrew  Pringle  en  lait  un  grand  éloge.  On  prépare  en  solutions  : 


A.  Eau .  1.000  cc. 

Métabisulfite  de  potasse  ....  7,5  gr. 

Ortol .  15  gr. 

B.  Eau .  1.000  cc. 

Carbonate  de  soude .  120  gr. 

Sulfite  de  soude .  180  gr. 


On  emploie  les  deux  solutions  en  parties  égales  pour  le  révélateur  normal. 
Le  liquide  a  une  couleur  plus  brune  que  la  solution  de  métol  ou  d’amidol  et  sa 
coloration  se  rapproche  de  l’acide  pyrogallique.  L’ortol  est  très  sensible  au 
bromure  de  potassium.  Son  activité  est  également  fortement  augmentée  par 
l’adjonction  d’un  alcali.  Si  l’on  veut  une  forte  intensité,  on  peut  employer  la 


—  209  — 


potasse  caustique.  Andrew  Pringle  a  développé  plusieurs  plaques  très  rapides 
avec  des  proportions  égales  d’une  solution  d’ortol  et  d’une  solution  à  2  p.  c-  de 
potasse  caustique  sans  bromure,  et  n’a  pas  obtenu  de  voile. 

Le  mélange  des  deux  solutions  reste  longtemps  à  peu  près  incolore  et  peut 
servir  à  développer  plusieurs  plaques. 

En  résumé,  M.  Pringle,  qui  est  une  autorité,  reconnaît  à  ce  nouvel  agent  réduc¬ 
teur  une  élasticité  plus  grande,  si  c’est  possible,  qu’à  l’acide  pyrogallique,  dont 
il  semble  devoir  être  un  sérieux  rival.  Il  a  le  mérite  de  ne  pas  voiler  les  plaques 
et  d’ètre  très  sensible  au  bromure  et  aux  alcalis.  A  essayer. 

(N°  697.) 


Révélateur  pour  positives  à  projection.  —  John  A.  Hodges  recommande  spé¬ 
cialement  l’acide  pyrogallique,  puis  l’oxalate  de  fer,  puis,  en  troisième  lieu, 
l’hydroquinone. 

Voici  la  composition  du  révélateur  au  pyrogallol  qui  donne  des  tons  chauds  : 


Sulfite  de  soude . 

.  .  28 

gr. 

Eau  distillée . 

.  .  1.000 

cc. 

Acide  citrique . 

.  .  7 

cc. 

Bromure  de  potassium  .  .  . 

.  .  2 

gr. 

Acide  pyrogallique . 

.  .  2 

gr. 

On  remarquera  la  grande  quantité  d’acide  citrique  et  de  sulfite  de  soude,  et 
la  petite  quantité  d’acide  pyrogallique.  Cette  proportion  seule  donne  des  tons 
chauds  avec  une  plaque  bien  exposée. 

Cette  solution  se  conserve  très  longtemps.  Au  moment  où  l’on  veut  s’en 
servir,  on  y  ajoute  une  minime  quantité  d’ammoniaque,  soit  environ  6  ce.,  puis 
100  ce.  de  la  solution  de  pyrogallol. 


The  Photographie  Journal. 

(N°  2.) 

Négatifs  renversés.  —  On  place  un  cliché  non  verni  dans  : 


Eau .  300  ce- 

Solution  de  potasse  caustique  1:3..  15  cc. 

Formaline .  4  cc. 


Après  cinq  minutes  d’immersion,  la  plaque  est  retirée  et  lavée  sous  le  robinet 
et  placée  dans  un  bain  de  : 


Eau . 

Acide  chlorhydrique 


300  cc. 
10  à  15  cc. 


—  210  — 


Après  cinq  minutes,  la  pellicule  se  détache  facilement, on  la  laisse  llotter  dans 
l’eau  et  on  la  reporte  a  l’envers  sur  la  plaque  dont  on  l’a  enlevée  et  on  laisse 
•  sécher  (formule  de  A.  Lavner). 

D.  D. 


British  Journal  of  Photography. 


(N°  1957.) 

Ortol.  —  L’ortol  est  un  nouveau  développateur  de  IlaulT;  encore  un  ol  de  plus 
dans  la  série  déjà  connue.  En  voici  la  formule  donnée  par  la  maison  Hauff. 


Solution  A  ; 

Eau . 480  cc. 

Métabisullite  de  potasse .  3,50  g'r. 

Ortol .  7,50  gr. 

Solution  B  : 


Eau  ....  .  .  ....  125  oc. 

Sulfite  de  soude  cristallisé .  8,40  gr. 

Carbonate  de  soude  cristallisé  ■  .  .  8,40  gr. 

l’ourles  portraits,  prenez  une  partie  de  A  et  une  partie  de  B:  pour  les  pay¬ 
sages,  une  partie  de  A,  une  partie  de  B  et  une  partie  d’eau.  En  été,  ajoutez  4  à 
8  gouttes  d’une  solution  de  Bromure  de  potassium  à  10  p.  c. 

Vernis.  -  Vernis,  quoi ,  me  disent  des  amateurs  et  des  professionnels, 
connais  pas.  A  quoi  ça  sert-il ?  c’est  inutile,  je  ne  sais  pas  même  comment 
l’employer.  C’est  possible,  mais  les  vieux  du  collodion  connaissent  les  vernis, 
savent  s’en  servir,  parce  qu’alors  tout  cliché  devait  être  verni,  sous  peine  d’être 
rayé  à  la  première  impression.  Voici  quelques  formules  pour  ceux  qui  emploient 
les  vernis  et  pour  ceux  qui  désireraient  les  employer. 

Vernis  mat  —  La  meilleure  formule  serait  : 


Sandaraque .  90  gr. 

Mastic .  125  gr. 

Éther .  1.200  cc. 

Benzine .  590  cc. 

Dissoudre  d’abord  les  résines  dans  l’éther  et  puis  ajouter  la  benzine.  Si  l’on 
chauffe  le  cliché,  ce  vernis  devient  très  dur. 

Lainer  remplace  la  benzine  par  le  toluène  : 

Sandaraque .  10  parties. 

Éther .  100  » 

Toluène . 35  à  40  » 


—  211  — 


Ternis  à  retoucher.  —  On  peut  préparer  ces  vernis  à  l’essence  de  térében¬ 
thine  ou  à  la  benzine  ou  un  mélange  des  deux.  L’essence  de  térébenthine 
met  plus  de  temps  à  sécher  : 

Dammar . 

Essence  de  térébenthine  (du  commerce). 

ou  bien 

Dammar . 

Caoutchouc  pur . 

Benzine . 

ou  bien  : 

Dammar . 

Essence  de  térébenthine. . 

Benzine . 

Essence  de  lavande . 

Vernis  noir  : 


Bitume .  10  parties. 

Cire  jaune  en  copeaux . {  » 

Noir  d’ivoire) . .  .  2  » 

Essence  de  térébenthine.  .  .  .  100  » 


Laisser  digérer  pendant  trois  heures  et  secouer  pour  faire  dissoudre  au  bain 
marie. 

Formule  de  Flick  : 


Sandaraque  . 

Alcool  absolu . 

Nigrosine  (solution  alcoolique  à  5  p.  e.) 

■  ■  10  parties. 

•  •  100  » 

.  .  10  » 

Vernis  mat  noir  : 

Eau . 

Borax . . 

Comme  laque . 

Glycérine . 

100  parties. 

15  » 

30  » 

15  » 

Dissolvez  à  chaud  et  ajoutez  : 

Noir  d’aniline . 

60  parties. 

Vernis  à  froid.  —  De  Valenta  : 

Sandaraque  . 

Essence  de  lavande . 

Alcool . 

18  parties. 

1  partie 

100  parties 

Vernis  ammoniacal  : 

Gomme  laque . 

Alcool  absolu  ammoniacal  .  .  . 

8  parties. 

100  » 

1  partie. 
5  parties. 

20  parties. 
2,5  » 
500  « 

10  parties. 
75  » 

75  « 

’  2  » 


—  212 


Vernis  à  l’acétone  : 


De  Valenta 


Copal  de  Zanzibar  .  .  . 

.  .  .  30 

parties. 

Ambre . 

.  .  .  5 

)) 

Éther  . 

.  .  .  300 

» 

Acétone . 

.  .  .  200 

» 

Chloroforme . 

.  .  .  20 

)) 

Sandaraque  . 

.  .  .  100 

parties. 

Benzine . 

.  .  •  400 

» 

Acétone . 

.  .  .  400 

)) 

Alcool  absolu  .... 

•  .  .  200 

)) 

(N°  1959.) 


Bouquet  de  virages.  —  Aux  amateurs  d’épreuves  argentiques,  brillantes  et 
autres,  voici  des  formules  de  virages  avec  des  métaux  divers  : 


Chlorure  de  palladium .  1  gr. 

Chlorure  de  sodium .  d  gr. 

Eau . 100  cc. 


Quand  les  sels  sont  dissous,  ajouter  10  cc.  acide  acétique  et  400  cc.  d’eau. 
Vire  au  noir,  mais  les  blancs  jaunissent  un  peu,  ce  qu’on  peut  enlever  avec  une 


solution  d’ammoniaque  à  5  p.  c. 

MM.  Kelly  et  Humbly  donnent  : 

Chloropalladinate  de  potasse  .  .  .  0,4  gr. 

Chlorure  de  sodium .  4  gr. 

Acide  citrique .  4  gr. 

Eau .  1.000  cc. 


Vire  du  sépia  au  noir. 

Le  chlorure  double  de  rhodium  et  de  sodium  donne  une  couleur  rouge  brique. 


L’iridium  donne  un  bon  ton  violet  avec  la  formule  : 

Tartrate  neutre  de  soude .  0,15  gr. 

Chlorure  d’iridium  et  de  potassium  .  .  1,50  gr. 

Eau  distillée . 100  cc. 


Faire  bouillir  pendant  dix  minutes,  ajouter  400  cc.  d’eau  et  10  cc.  acide 
acétique. 

L’osmium  donne  un  ton  bleu  dans  les  demi  teintes  et  brun  dans  les 


ombres  : 

Chlorure  d’ammonium  et  d’osmium.  .  1  gr. 

Chlorate  de  sodium .  8,04  gr. 

Succinate  de  sodium .  4  gr. 

Acide  succinique .  12  gr. 

Eau .  1.000  cc. 


—  213  — 


Le  bismuth  donne  une  couleur  brune  : 

Nitrate  acide  de  bismuth .  20  gr. 

Acide  acétique .  100  cc. 

Eau  distillée .  1 .000  cc. 

Tons  carmins,  d’après  Mercier. 

Une  épreuve  virée  à  l’or,  fixée  et  bien  lavée,  traitée  par  : 

Bichlorure  de  mercure  ....  0,25  gr. 

Chlorure  de  sodium .  5  gr. 

Eau  distillée .  1.000  cc. 

Donne  un  ton  carmin. 


D.  D. 


Wiener  photographische  Blâtter. 

(Octobre  1897.) 

Renforcement  des  platinotypies.  —  On  prépare  une  solution  concentrée 
d’acide  gallique  et  une  solution  de  nitrate  d’argent  à  10  p.  c.  Pour  le  renforce¬ 
ment  on  prend  : 

50  cm5  de  solution  d’acide  gallique. 

2  »  »  de  nitrate  d’argent. 

50  »  d’eau. 

10  gouttes  d’acide  acétique  cristallisable. 

La  copie  doit  avoir  séjourné  un  certain  temps  dans  l’eau  pour  que  le  papier 
s’imbibe  plus  facilement.  Le  renforçateur  ne  se  conserve  pas.  (Ne  pourrait-on 
pas  l’additionner  de  colle  de  poisson  comme  Liesegang  le  préconise  pour  le 
développement  des  papiers  à  l’argent  ?)  —  Si  la  vigueur  désirée  est  obtenue,  on 
lave  la  copie  dans  deux  ou  trois  eaux  acidulées  d’acide  acétique.  —  En  trai¬ 
tant  par  le  bain  suivant,  on  substitue  du  platine  à  l’argent  déposé  : 

1  gr.  choroplatinite  de  potasse. 

15  cm3  d’acide  phosphorique. 

600  cm3  d’eau. 

Vue  par  transparence,  l’image  doit  paraitre  complètement  noire;  finalement 
on  lave  une  demi-heure  à  l’eau. 

Des  copies  sous-exposées,  traitées  de  cette  façon,  acquièrent  trop  de  con¬ 
trastes;  il  ne  faut  donc  faire  subir  un  renforcement  qu’aux  copies  présentant 
suffisamment  de  détails  dans  les  lumières. 

(Septembre  1897.) 

Copies  par  contact  sur  papier  au  gélatino-bromure.  —  L’auteur  de  l’article  qui 
vante  les  qualités  de  ce  genre  de  papier  dit  qu’il  est  avant  tout  nécessaire  de 


faire  usage  d’un  développateur  souple.  —  Comme  tel,  il  préconise  le  bain  à  la 
glycine,  préparé  comme  suit  : 


I.  Eau . 100  cm3. 

Sulfite  crist.  .  .  .  5gr. 

Glycine .  1  gr. 

II-  Eau . 100  cm3. 

Carbonate  de  potasse.  20  gr. 


Moins  on  prend  dépotasse  et  plus  on  prend  d’eau,  plus  l’image  sera  harmo¬ 
nieuse;  plus  on  prend  de  potasse  et  plus  le  bain  est  concentré,  plus  aussi 
l’image  sera  brillante.  Une  addition  de  bromure  ralentit  l’action  du  bain  et 
conserve  les  blancs  purs,  mais  il  faut  augmenter  la  pose  dans  ce  cas. 

Si  le  papier  donne  gris,  exposez  suffisamment  longtemps  et  ajoutez  beaucoup 
de  bromure.  Le  résultat  sera  une  image  brillante. 

D’ordinaire  (Papier  Eastman  C°)  on  développe  avec  un  mélange  de  100  cm3 
n°  I  et  10  cm3  n°  IL  —  En  prenant  100  cm3  I,  25  cm3  II  et  100  cm3  d’eau,  la 
teinte  delà  copie  sera  plus  grise,  et  l’image  sera  plus  dure. 

Si  le  négatif  est  gris  et  faible,  prenez  100  cm3  I,  50  cm3  II  et  75  cm3  d’eau. 
En  ajoutant  2  à  5  gouttes  de  bromure  on  augmentera  le  brillant  de  l’image. 

Le  ton  noir-gravure  et  le  ton  sépia  s'obtiennent  facilement  avec  le  papier  pla- 
tino-bromure  d’Eastman. 

Les  négatifs  très  faibles  doivent  être  exposés  à  la  lumière  faible  d’une  lampe  à 
pétrole.  —  Les  négatifs  durs  doivent  être  imprimés  à  la  lumière  du  jour,  pen¬ 
dant  très  peu  de  temps  et  en  couvrant  le  châssis-presse  d’une  feuille  de  papier 
blanc.  Pour  le  développement  de  ce  genre  de  papier  on  recommande  : 


A.  Eau  distillée . 100  cm3. 

Oxalate  neutre  de  potasse  ■  .  .  33  gr. 

B.  Eau  . . 100  cm3. 

Sulfate  de  fer  crist . 30  gr. 

Acide  sulfurique . 6-10  gouttes. 

C.  Eau . 100  cm3. 

Bromure . 10  gr. 


Après  exposition,  on  plonge  le  papier  dans  l’eau,  puis  on  développe  dans  un 
mélange  de 

6  parties  A, 

1  partie  2?, 
quelques  gouttes  C. 

L’image  apparaît  lentement,  vigoureusement  et  avec  beaucoup  de  brillant. 

Dès  que  les  noirs  sont  suffisamment  intenses,  on  jette  le  bain  et  on  traite  a 
trois  reprises  différentes  (de  minute  en  minute)  par  de  l’eau  acidulée  d’acide 
acétique  [1,000  :  5]. 


Puis  on  fixe  pendant  dix  minutes  dans  un  bain  d’hyposulfite  de  soude 
à  20  p.  c.,  on  lave  bien  et  l’on  sèche. 

Pour  sépia,  on  imprime  plus  vigoureusement. 

,  Les  copies  séchées  sont  ensuite  traitées  dans  le  bain  de  virage-sépia  suivant  : 

Eau  bouillante.  .  .  1,000  cm3. 

llyposulüte  de  soude.  150  gr. 

Alun .  15  gr. 

On  dissout  d’abord  l’hyposulfite,  puis  l’alun.  Ne  pas  filtrer  la  solution 
laiteuse.  —  Un  bain  de  quelques  jours  agit  mieux  qu’un  bain  neuf.  Les 
meilleurs  résultats  s’obtiennent  avec  un  bain  chaud  (44  à  48°  C  et  si  l’on  vire 
pendant  30  à  40  minutes.  Après  le  virage  on  traite  la  copie  par  un  bain  d’alun 
(3  p.  c.)  tiède,  on  lave  soigneusement,  puis  on  sèche. 

(Décembre  1807.) 

Sur  L’efficacité  de  L’emploi  des  écrans  rouges  pour  Lanternes  de  chambre]  noire. 
—  Des  essais  sur  différents  écrans  rouges  du  commerce  (verre,  étoiles,  etc.)  ont 
été  faits  par  un  amateur  viennois,  en  vue  d’établir  le  degré  de  sûreté  qu’ils 
offrent  contre  le  voile  des  plaques  pendant  le  développement.  Voici,  par  ordre 
d’efficacité,  l’énumération  des  différents  produits  qu’on  utilise  pour  les  lan¬ 
ternes  rouges  : 

1°  Verre  teinté  dans  la  masse  fabriqué  par  Putzler  à  Pcnzig  (Silésie). 

2°  Étoffe  «  Cherry  »  en  double  couche- 

3°  Verre  rubis-cobalt  du  Dr  Miethe. 

4°  Plaque gélatinée,  teintée  au  bichromate  d’argent. 

5°  Étoffe  «  Cherry  »  simple  couche. 

G°  Verre  rouge  à  l’oxyde  cuivreux  (non  teinté  dans  la  masse). 

7°  Étoffe  «  Christy-Ruby  »,  couche  double, 

8°  Plaque  au  collodion  et  teintée  à  l’aurantia  et  au  rose-bengale 
(formule  du  D1'  E.  Vogel). 

9°  Étoffe  «  Christy-Ruby  »,  simple  couche. 

L’expérimentateur  ajoute  que  plus  un  écran  est  de  couleur  sombre,  plus  il  est 
efficace  ;  il  n’en  existe  aucun  qui  réunisse  une  grande  transparence  aux  autres 
qualités  spectroscopiques. 


Praktischer  Rathgeber. 

(N0  22.) 

Un  amateur  qui  Ldclie  la  musique  et  chasse  pour  la  photographie.—  Nous  lisons 
l’annonce  suivante  :  A  échanger  contre  appareil  photographique  1  cythare  de 
concert,  presque  neuve,  une  boite  à  musique 'rouleau  de  30  cm  de  long)  et  un 
fusil  de  tir.  —  Nous  souhaitons  à  ce  brave  homme  qu’il  ne  souhaite  jamais 


rentrer  en  possession  des  objets  qu’il  offre  de  cœur  léger  en  échange  d’un  appa¬ 
reil  photographique. 


Amateur-Photograph. 

(N°  131.) 


Encre  indélébile  pour  écrire  sur  verre . 

Essence  de  lavande  ...  60  cm3 

Copal  pulvérisé  ....  8  gr. 

Noir  de  fumée . 1  gr. 

Indigo . 0,2  gr. 


On  dissout  le  copal  dans  l’huile  légèrement  chauffée,  puis  on  ajoute  les  autres 
substances. 

Neige  comme  réflecteur.  —  La  voûte  des  églises  vient  bien  mieux  en  photo¬ 
graphie  par  un  temps  de  neige  qu’autrement  ;  la  surface  blanche  reflette  beau¬ 
coup  de  lumière  vers  le  haut. 


Photographische  Rundschau. 

(Décembre  1897.) 

Nuages.  —  Faites  usage  d’un  obturateur  qui  permet  de  donner  plus  de  pose 
aux  avant-plans  qu’au  ciel.  —  Des  instruments  pareils  se  trouvent  chez  tous  les 
fournisseurs. 

Ce  n’est  en  somme  qu’un  clapet  s’ouvrant  de  bas  en  haut,  et  actionné  par 
une  poire  en  caoutchouc.  On  règle  la  pression  sur  la  poire  de  manière  à  donner 
suffisamment  de  pose  aux  avant-plans,  et  beaucoup  moins  au  ciel.  —  Le  clapet 
doit  cependant  ne  jamais  rester  complètement  immobile. 

[Nous  nous  sommes  toujours  prononcés  contre  les  obturateurs  qui  donnent  la 
pose  égale  à  toutes  les  parties  d’un  paysage  ;  pour  le  photographe-paysagiste,  ce 
genre  d’instrument  n’est  pas  rationnel.  —  (Note  du  traducteur.)] 

Diapositives  aux  tons  pourpres.  —  Employer  le  développement  suivant  : 


A.  Glycine . 0,4  gr. 

Carbonate  de  soude  ...  3,0  gr. 
Bromure  de  potassium  .  .  0,23  gr. 

Eau . 100  cm3. 

B.  Sulfite  de  soude  ....  17  gr. 

Acide  pyrogallique  .  .  .  2,3  gr. 

Eau . 100  cm3. 

Acide  sulfurique  ....  2à3gouttes. 


217  — 


La  plaque  exposée  est  introduite  d’abord  dans  le  bain  A  (1  partie  du  bain),  et 
elle  y  reste  pendant  une  demi-minute;  puis  on  ajoute  3/4  parties  de  B.  —  Pas 


de  virage  ultérieur. 

Diapositives  bleues.  —  (Bain  de  virage.) 

I.  Sulfocyanure  d’ammonium  ....  13  gr. 

Eau .  1.000  cm5. 

Carbonate  de  soude  sec .  0,2  gr. 

II.  Chlorure  d’or .  3gr. 

Eau . 100  cm5 . 


Prendre  100  cm5  de  n°  I,  puis  ajouter  6  à  8  gouttes  den°  II. 

Travailler  à  une  température  d’environ  15°  C. 

V.  H. 


Amateur  Photographe  de  Saint-Pétersbourg. 

(N°  1.) 

Une  méthode  de  préparation  des  plaques  diapositives.  —  M.  Bogorodsky, 
membre  du  Club  des  photographes  à  Hazan,  propose  de  prendre  la  gélatine 
Coignet,  50  gr.,  et  de  la  mettre  dans  60  cc.  d’eau  ordinaire.  Quand  la  gélatine 
est  gonflée,  on  la  chauffe  en  prenant  la  précaution  de  ne  pas  porter  l’eau  à 
l’ébullition,  puis  on  filtre  à  travers  du  coton  hydrophile.  On  en  verso  une 
quantité  déterminée  sur  la  glace  légèrement  chauffée  et  on  aide  à  l’extension 
au  moyen  d’une  baguette  en  verre.  12  plaques  13  X  18  demandent  10  gr.  de 
gélatine;  cela  fait,  on  laisse  les  plaques  sécher  et  on  peut  les  conserver  dans  cet 
état  indéfiniment.  Pour  sensibiliser,  on  prépare  une  solution  à  2  p.  c.  de 
chlorure  d’ammonium  dans  laquelle  on  plonge  la  plaque  pendant  3  à  4 minutes, 
pas  plus,  puis  on  rince  plusieurs  fois  (1.5)  et  on  sèche  les  plaques  de  nouveau. 
Après  ce  dernier  séchage,  on  prépare  une  solution  à  10-15  p.  c.  d’azotate 
d’argent  et  on  y  plonge  les  plaques;  la  durée  de  l’Immersion  ne  doit  pas 
dépasser  1  ou  2  minutes.  Après  avoir  rincé  la  plaque  trois  ou  quatre  fois, 
on  la  sèche  à  l’obscurité,  après  quoi  elle  est  prête  pour  l’usage.  Le  grain  en 
est  extrêmement  fin. 

(Nu  7.) 

Impression.  —  On  conseille  d’imprimer  à  travers  une  trame  de  soie  très 
légère  ou  à  travers  un  verre  mince;  on  imprime  jusqu’à  ce  que  les  détails 
principaux  deviennent  visibles  et  puis  on  finit  l’impression  comme  à  l’ordinaire. 
La  photocopie  ainsi  obtenue  est  très  douce. 

(N°  9.) 

Nouveau  virage-fixaqe.  —  M.  Plussnïne  propose  un  nouveau  virage-fixage 
dont  il  dit  le  plus  grand  bien. 


—  218  — 


Jiau .  100  cc. 

Chlorure  d’or .  \  gr> 

IL  Eau . .  •  1,000  cc. 

Ilyposullite  de  soude  ....  005  nT 


On  imprime  fortement  parce  que  la  photocopie  baisse  après  le  virage.  Avant 
le  virage  on  lave  les  photocopies  pendant  une  demi-heure  dans  plusieurs  eaux. 
On  commence  à  virer  dans  un  bain  formé  de  : 


^au . 200  cc. 

Carbonate  de  soude .  3  gP> 

dans  lequel  on  verse  8  cc.  de  la  solution  I.  Cela  suffit  pour  20-30  photocopies 
13  X  18.  Ce  virage  11e  se  conserve  pas  plus  de  deux  heures.  Les  phototypes 
virent  au  commencement  en  2  ou  3  minutes,  et  puis  ce  temps  se  prolonge  jus- 
qu  a  0  ou  0  minutes.  Quand  les  photocopies  commencent  à  devenir  bleuâtres 
on  les  plonge  dans  un  bain  composé  ainsi  : 

Solution  n°  II . 130  ce. 

Solution  n°  1 .  9  cc- 


On  lave  comme  d’ordinaire. 


Ce  virage  combiné  donne  les  tons  noir-violet. 


Joui  nal  russe  de  Photographie  de  Saint-Pétersbourg. 

(N°  1.) 

Rien  de  spécial  dans  le  journal.  Comme  prime,  il  continue  à  publier  le  travail 
médit  de  M.  Erjcmsky  :  «Conditions  et  procédés  de  la  photographie  du  portrait  », 
un  ouvrage  très  bien  rédigé  par  l’auteur. 

(N"  2.) 

Un  article  sur  la  photographie  stéréoscopique. 

(N°  4.) 

Inc  magnifique  illustration  due  à  M.  Erjemsky,  représentant  un  chemina 
travers  bois. 


Memento  des  Expositions 


Association  belge  de  Photographie. 

Pour  rappel,  l’Exposition  du  XXVe  anniversaire  s’ouvrira,  au 
Cercle  artistique  et  littéraire,  Waux-Hall  du  Parc,  à  Bruxelles, 
le  samedi  30  avril,  à  2  heures,  pour  se  fermer  le  31  mai.  Toutes 
les  inscriptions  et  demandes  de  renseignements  doivent  être  adres¬ 
sées  au  secrétaire  général,  97,  avenue  Brugmann,à  Bruxelles.  Les 
membres  qui  auraient  égaré  les  formules  d’adhésion  et  d’envoi 
peuvent  réclamer  un  duplicata  à  la  même  adresse.  Les  adhésions 
seront  reçues  jusqu’au  15  avril,  date  extrême. 


Société  Lorraine  de  Photographie,  à  Nancy. 

La  Société  lorraine  de  Photographie,  à  l’occasion  du  congrès  de 
l’Union  nationale  des  Sociétés  photographiques  de  France,  orga¬ 
nise  du  28  mai  au  13  juin  1898  une  Exposition  et  une  excursion  dans 
les  Vosges. 

L’Exposition  comprendra  les  reproductions  photographiques  de 
tous  les  genres,  aussi  bien  artistiques  que  documentaires;  de  plus, 
il  y  aura  des  catégories  spéciales. 

Les  exposants  recevront  un  mémorial  de  l’Exposition  à  leur 
nom. 

Le  règlement  de  l’Exposition  doit  être  réclamé  à  M.  le  secrétaire 
de  la  Société  Lorraine,  M.  V.  Burtin,  24,  rue  Sellier,  à  Nancy. 

Royal  Photographie  Society. 

Ainsi  que  nous  l’avons  déjà  annoncé,  l’Exposition  photographique 
internationale  organisée  par  notre  consœur  de  Londres  se  tiendra 


—  220  — 


au  Palais  de  Cristal,  du  27  avril  au  14  mai  1898.  Il  ne  sera  accordé 
aucune  récompense. 

Adresser  toutes  les  demandes  à  The  Secretary  Royal  Photogra¬ 
phie  Society,  12,  Hanover  Square,  Londres  W. 


Le  Ve  Salon  international  de  Photographie  du  Photo- 

Club  de  Paris  aura  lieu  à  Paris,  galerie  des  Champs-Elysées  (avenue 
des  Champs-Elysées,  72),  du  3  au  29  mai. 

L  ouverture  du  Salon  coïncide  malheureusement  avec  notre 
Exposition.  Mais  le  Comité  du  Photo-Club  a  été  obligé  de  prendre 
cette  date,  la  salle  n’étant  pas  libre  plus  tôt. 

Les  membres  de  l’Association  qui  voudraient  exposer  à  Paris, 
sont  priés  d’adresser  leurs  œuvres,  avant  le  ier  avril ,  au  Palais  du 
Midi,  à  l’adresse  du  secrétaire  général,  qui  se  chargera  de  les 
expédier  en  bloc  au  Photo-Club. 

Pour  tous  renseignements ,  s'adresser  au  secrétaire  général  du 
Photo-Club,  44,  rue  des  Mathurins,  à  Paris. 


PROGRAMME 

du  vingt-deuxième  concours  du  Journal  des  Voyages 

Deuxième  trimestre  de  1898 


Le  motif  proposé  est  le  suivant  :  Coin  de  rempart  oïl  de  fortification. 

Les  motifs  que  nous  proposerons  au  cours  de  l’année  1898  seront  les  suivants  : 

Vingt-troisième  concours  (3e  trimestre.  —  N°  79  du  5  juin'.  Scène  de  gare ; 

Vingt-quatrième  concours  (4e  trimestre.  —  N°  92  du  4  septembre).  Bords 
d'un  canal; 

Vingt-cinquième  concours  (1er  trimestre  de  1898-1899.  —  N°  105  du  4  décem¬ 
bre)-  Intérieur  pris  dans  un  monument  célèbre. 

Le  programme  relatif  à  chacun  de  ces  concours  sera  publié  en  temps  et  lieu. 
Nous  rappelons  que  tout  le  monde,  soit  abonné,  soit  acheteur  au  numéro,  peut 
prendre  part  à  ces  concours. 

Frédéric  Dim.àye. 


H 


Bibliographie 


Die  Kunst  in  der  Photographie,  publié  par  Franz  Goerke. 

Julius  Becker,  éditeur.  Berlin,  1897. 

La  première  année  de  cette  superbe  publication  de  luxe  s’est  terminée  par  un 
numéro  double,  consacré  aux  photographes  anglais.  M.  A.  Horsley  Hinton  a 
réuni,  pour  31.  Goerke,  une  collection  fort  belle  de  quelques-unes  des  meil¬ 
leures  œuvres  de  ses  compatriotes,  et  leur  reproduction  en  photogravure  a  été 
exécutée  avec  un  soin  tout  particulier  par  MM.  Meisenbach,  ftiffarth  et  C°,  de 
Berlin.  Parmi  les  meilleures  planches,  nous  pouvons  citer  La  Dame  en  blanc , 
de  Craig  Annan;  Au  Port ,  de  Frank  31.  Sutcliffe;  deux  portraits  de  W.  Crooke 
et  L’Éceil  du  jour,  de  A.  Horsley  Hinton. 

Ce  numéro  clôture  dignement  le  premier  volume  de  cet  ouvrage,  qui  devrait 
se  trouver  dans  les  mains  de  tous  les  amis  de  l’art  photographique.  3Iieux  que 
tous  les  articles,  les  trente-six  planches  en  photogravure  du  premier  volume 
montrent  les  progrès  de  la  photographie  dans  tous  les  pays,  et  nous  sommes 
heureux  devoir  que  l’Association  belge  de  Photographie  y  tient  un  rang  des 
plus  honorables. 

M.  V. 


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jouiRisfAux  n^ç us 


Belgique. 

Bulletin  de  V Académie  royale  des  Sciences ,  n°  1. 
L’Objectif,  nos  34,  35. 

Bulletin  de  la  Société  de  Microscopie,  n°  11. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Belgique,  1897-1898,  nos  13,  14. 
Ciel  et  Terre,  nos  24,  1. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  386,  387,  388,  389,  390. 

Revue  bibliographique  belge,  n°  1. 

La  Presse  universelle,  nos  1,  2. 


Allemagne. 

Deutsche  Photographen  Zeitung,  nos  7,  8,  9,  10,  11. 

P hotographisclie  Rundschau,  n°  3. 

Der  Amateur-Photograph ,  nos  2,  3. 

Photographische  Mittheïlungen,  nos  22,  23. 

Photographisclie  Chronik,  nos  7,  8,  9,  10,  11. 

Pliotograplüsches  Wochenblatt,  nos  6,  7,  8,  9,  10. 

Internationale  Photographische  Monatsschrift  fier  Medizin ,  n°  2. 
Photographisches  Centralblatt,  nos  3,  4. 

Bas  Atelier  des  Photographen,  n°  3. 

Praktischer  Rathgeber,  nos  3,  4,  5. 

Autriche. 

Photographische  Correspond enz,  n°  450. 

Wiener  Photographische  Blütter,  nos  2,  3. 

Wiener  Freie  Photographen- Zeitung,  n°  2. 

Danemark. 

Beretninger  fra  Dansk  fotografisk  Forening,  n°  2. 

16 


» 


—  224  — 

États-Unis. 


Anthony  s  Bulletin,  nos  2,  3. 

American  Amateur  Photographer,  n°  2. 

St-Louis  Photographer,  nos  2,  3. 

Wilson  s  Magazine,  n°  494. 

Revista  cientifica  Hispano-Amcricana,  n°  2. 

France. 

Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  nos  2,  3,  4. 

Moniteur  de  la  Photographie,  nos  4,  5. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  85. 

Le  Photogramme,  n°  1. 

Photo-Gazette,  n°  4. 

L’ Amateur-Photographe,  nos  1,  2,  3,  4,  5,  6. 

Photo-Journal,  n°  97. 

Le  Photogramme,  n°  2. 

Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  n°  1. 

Le  Nord-Photographe.  Mars. 

Photo-Revue,  nos  11,11  bis. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaise  de  Photographie,  15  février. 

La  Photographie,  n°  3. 

L' Avenir  photographique,  n°  73. 

Bulletin  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la  France,  n°  2. 

Bulletin  de  l’Association  des  Amateurs  photographes  de  Dijon  et  de  la 
Bourgogne,  nos  2,  3. 

Le  Monde  photographique,  n°  34. 

Bulletin  de  la  Société  Eavraise  de  Photographie,  n°  2. 

Gazette  du  Photographe  amateur,  n°  59. 

Science  illustrée,  nos  533,  534,  535,  530,  537. 

La  Science  en  famille,  nos  30,  31. 

Grande-Bretagne. 

British  Journal  of  P hotography ,  nos  1971,  1972,  1973,  1974,  1975. 
Photographie  News,  nos  111,  112,  113,  114,  115. 

The  Photographie  Journal,  nos  5,  6. 

Journal  of  the  Caméra  Club,  n°  142. 

Photography,  nos  483,  484,  485,  486,  487. 

The  Amateur  Photographer,  nos  697,  698,  699,  700,  701. 

The  Pliotogram,  n°  51. 

Process  Work  and  the  Printer,  n°  58. 


4 


—  225  — 

Italie. 

Il  Progresso  fotografico,  nos  1,  2. 

Il  Dilettante  di  Fotografia,  n°  94. 

Rivista  scientifco-artistica  di  Fotografia,  n°  1. 

Suisse. 

Revue  suisse  de  Photographie,  n°  1 . 

Album  international  des  Sociétés  Photographiques ,  n°  1. 
La  Photo-Revue  suisse,  n°  2. 


^  Dos  Illustrations  <* 


L’Aïeule.  —  Phototype  de  M.  Degryse,  de  la  Section  de 
Courtrai. 

Jongleur  indien.  —  D’après  un  phototype  de  M.  V.  Selb,  de 
la  Section  d’Anvers. 

Les  reproductions  en  phototypographie  ont  été  exécutées  par 
M.  J.  Malvaux,  de  Bruxelles. 

Illustrations  dans  le  texte  de  MM.  Ch.  Dewit,  abbé 
Motus,  E.  Stadeler,  D.  Van  den  Hove  et  H.  AViener. 

Lettrines  de  MM.  Boschmans,  Ch.  Dupont,  A.  Leirens, 
F.  Poupart,  Ch.  Puttemans,  V.  Selb  et  D.  Van  den  Hove. 


NECROLOGIE 


A.  GaüfcJiierïMYiliaRs 

M.  A.  Gauthier-Villars,  membre  d’honneur  de  l’Association,  est 
décédé  à  Paris,  à  l’âge  de  09  ans. 

C’est  à  M.  Gauthier-Villars  que  l’on  doit  la  création  de  cette 
bibliothèque  photographique  connue  de  tous  les  amateurs  et  pro¬ 
fessionnels.  En  éditant  les  travaux  si  nombreux  et  si  variés  qui 
constituent  l’ensemble  de  nos  connaissances  en  ce  qui  concerne  l’art 
et  la  science  photographiques,  M.  Gauthier-Villars  a  rendu  d’in¬ 
contestables  services  à  tous  ceux  qui  s’intéressent  à  la  photo¬ 
graphie  et  a  droit  à  une  grande  part  des  progrès  réalisés. 

L’Association  belge  de  Photographie,  appréciant  toute  l’impor¬ 
tance  de  ces  services,  avait,  par  un  vote  unanime,  appelé  M.  Gau¬ 
thier-Villars  à  prendre  place  parmi  ses  Membres  d’Honneur. 


Méfiai  Æe  Boiiniet* 

Henri  De  Bonnier,  que  la  mort  nous  a  enlevé  le  7  janvier  dernier, 
était  parmi  les  plus  anciens  membres  de  l’Association. 

D’abord  collaborateur  de  MM.  Jonniaux  frères,  à  Liège,  De 
Bonnier  vint  s’installer  à  Bruxelles  et  y  reprit  la  maison  Deltenre- 
Walker,  qui  avait  à  cette  époque  en  quelque  sorte  le  monopole  des 
articles  photographiques  dans  la  capitale. 

De  Bonnier  était  surtout  connu  des  anciens  membres  de  notre 
Association  aux  réunions  de  laquelle  il  n’assistait  plus  guère. 
Tous  ceux  qui  ont  été  en  relation  avec  lui,  conserveront  de  cet 
excellent  confrère  le  meilleur  souvenir. 


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so^vqvtAiiRE 


Conseil  d'administration.  —  Membres  admis 

Assemblée  générale  ordinaire . 

Num  éro  ji  t  bi  la  ire . 

Fêtes  du  XX  Ve  anniversaire . 


PAGES. 

159 

160 
161 
162 


Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  d’Anvers.  —  Séance  du  31  janvier  1898. 

XXVe  anniversaire  de  l’Association.  —  Papier  Éclair.  -  Nomina¬ 
tion  du  bureau . • 

Ordres  du  jour  des  séances.  —  Présentation  d’appareils.  —  Pro¬ 
jections  . 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  26  janvier  1898. 

Décès  du  Dr  Brecx.  —  Conférence  de  M.  Hovelacque 

Démonstration  du  disque  obturateur  pour  projections  de  M.  Selb. 

Séance  du  9  février  1898. 

Remerciements  de  Mme  veuve  Brecx.  —  Remerciements  de  la 
Section  de  Namur.  —  Album  des  sociétés  photographiques.  — 
Discussion  au  sujet  du  disque-obturateur  de  M.  Selb.  —  Soirée 
de  projections.  .  . . 

Plaques  Gem.  —  Projections . 

Séance  du  23  février  1898. 

Plaques  Gem.  — Papier  Éclair.  —  Le  développement  en  cuvette 
verticale . 

Révélateur  Diogène.  —  Excursion.  —  Chalumeau  de  la  Compagnie 
V  Oxhydrique.  —  Projections . 

Section  de  Garni.  —  Séance  du  3  février  1898. 

Soirée  de  projections.  —  Fêtes  jubilaires  de  l’Association.  — 
Appareils  de  la  Compagnie  V Oxhydrique . 

Emploi  du  fixatif  Vibert . 

Projections . 

Section  de  Liège.  —  Séance  du  28  janvier  1898. 

Fêtes  jubilaires  de  l’Association.  —  Changement  du  jour  des 
réunions.  —  Comité  chargé  du  fonctionnement  de  la  lanterne. 


164 

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_  220 _ 


PAGES. 

—  Acquisition  pour  la  bibliothèque . 174 

Présentation  d’un  membre.  —  Démonstration  du  développement 
physique  des  papiers  à  noircissement  direct  —  Epreuves  radio¬ 
graphiques . 175 

Séance  du  8  février  1898. 

Catalogue  de  la  bibliothèque . 175 

Exposition  de  l’Association.  —  Séance  annuelle  do  projections.  — 
Projections.  —  Concours  de  diapositives.  —  Bibliothèque.  — 

Présentation  d’un  membre . 176 

Section  de  Namur.  —  Séance  du  5  janvier  1898. 

Papier  Éclair.  —  Épreuves  de  M.  Rousseau.  —  Papier  Electric  .  .  177 

Séance  du  2  février  1898. 

Remerciements.  —  Soirée  de  projections  du  21  janvier.  —  Épreuves 
sur  papier  Elliott  and  Sons.  —  Plaques  Sandell.  —  Papier 

Barnett . 178 

Section  de  Bruxelles.  —  Inauguration  des  matinées  de  projections 

photographiques . 179 

Le  procédé  à  là  gomme  bichromatée,  par  James  Packham . 182 

Le  développement  moderne,  par  Alfred  Watkins . 194 

Sur  les  substitutions  alhylées  dans  les  groupes  de  la  fonction  déve- 

loppatrice,  par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz . 200 

Le  développement  en  cuvette  verticale,  par  M.  Vanderkindere  .  .  .  203 

Revue  des  journaux  photographiques . 

The  Amateur  Photographer. 

N°  692.  —  Photographie  au  clair  de  lune.  —  Platine . 208 

N°  693.  —  Ortol . 208 

N°  697.  —  Révélateur  pour  positives  à  projection . 209 

The  Photographie  Journal. 

N°  2.  —  .Négatifs  renversés . 209 

British  Journal  of  Photography . 

N°  1957.  —  Ortol.  —  Vernis . 210 

N°  1959.  —  Bouquet  de  virages . 212 

Wiener  photographische  Blcitter. 

Octobre  1897.  —  Renforcement  des  platinotypies . 213 

Septembre  1897.  —  Copies  par  contact  sur  papier  au  gélatino¬ 
bromure  . 213 

Décembre  1897.  —  Sur  l’efficacité  de  l’emploi  des  écrans  rouges 

pour  lanternes  de  chambres  noires.  .  .  .  215 

Praktischer  Rathgeber. 

N°  22.  —  Un  amateur  qui  biche  la  musique  et  chasse  pour  la  photo¬ 
graphie  . 215 


—  230  — 


PAGES. 

Amateur -Photograph. 

N°  131.  —  Encre  indélébile  pour  écrire  sur  verre.  —  Neige  comme 


réflecteur . 216 

Photo graphiscli  e  R  un  d  s  ch  au . 

Décembre  1897.  —  Nuages.  —  Diapositives  aux  tons  pourpres  .  .  216 

Diapositives  bleues . 217 

Amateur  Photographe  de  Saint-Pétersbourg. 

N°  1.  —  Une  méthode  de  préparation  des  plaques  diapositives  .  .  217 

N°  7.  —  Impression . . 217 

N°  9.  —  Nouveau  virage-fixage . 217 

Journal  russe  de  Photograpjhie  de  Saint-Pétersbourg. 

Nos  l,  2,  4.  —  Prime.  —  Photographie  stéréoscopique.  —  Illus¬ 
tration  . 218 

Memento  des  Expositions . 219 

Programme  du  vingt-deuxième  concours  du  Journal  desYoyages  .  .  221 

Bibliographie . 222 

Journaux  reçus . 223 

Nos  illustrations . 226 

Nécrologie.  —  A.  Gautliier-Villars.  —  Henri  De  Bonnier . 227 

Sommaire. 


Association  belge  do  Photographie  1898 


GIBOULEES  EN  CAMP1NE. 


Association  belge  de  Photographie 

SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d'honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 

N°  4.  —  25mc  ANNÉE.  —  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  V.) 


Conseil  d’fldffîinistration 


NT  été  admis  : 

Membres  effectifs  : 

MM.  Coemans,  Amédée,  7,  rue  Laurent 
Delvaux,  à  Gand,  présenté  par  MM.  De 
Nobele  et  Casier.  G 

de  Mendonça,  Alfredo  A,  63,  30,  rue 
d’Algeria, Lisbonne,  présenté  par  MM.Ribeiro 
et  Dos  Santos. 


17 


—  232  — 


Fonson,  George,  photographe,  3  et  5,  rue  Saint-Bernard, 
Bruxelles,  présenté  par  MM.  Marynen  et  Bronkhorst.  B 

Hoedemaker,  A. -S,  50,  rue  de  la  Province  Sud,  Anvers,  pré¬ 
senté  par  MM.  Bourgeois  et  de  Lozanne.  A 

Hombach,  Fernand,  ingénieur  à  Hulst  (Hollande),  présenté  par 
MM.  Keusters  et  de  Lozanne. 

Jottrand,  Félix,  ingénieur,  château  de  Waterloo,  à  Waterloo, 
présenté  par  MM.  A.  Feron  et  Ch.  Puttemans.  B 

Lamarche-Dumont,  Alfred,  industriel,  121,  avenue  d’Avroy, 
Liège,  présenté  par  MM.  Ch.  Rocour  et  L.  Roland.  L 

Orban,  Lionel,  rentier,  46,  rue  Crespel,  Bruxelles,  présenté  par 
MM.  Peltzer  et  Hanssens.  B 

Van  Berkestyn,  Jacques,  56,  rue  Ommeganck,  Anvers,  pré¬ 
senté  par  MM.  Keusters  et  de  Lozanne.  A 


Troisième  Exposition  d’Art  photographique 


Malgré  la  fâcheuse  coïncidence  de  quatre  expositions  interna¬ 
tionales  pendant  le  mois  de  mai,  à  Londres,  à  Paris,  à  Nancy  et  à 
Bruxelles,  nous  sommes  heureux  de  pouvoir  annoncer  que  le 
Conseil  d’administration  a  reçu  un  très  grand  nombre  d’adhésions 
des  meilleurs  photographes  du  pays  et  de  l’étranger.  L’Exposition 
s’annonce  comme  devant  être  un  très  grand  succès. 

Au  1er  avril  plus  de  250  adhérents  avaient  annoncé  leur  envoi. 

On  verra,  pour  la  première  fois  en  Belgique,  les  œuvres  à  la 
gomme  bichromatée  de  la  jeune  école  allemande  qui  s’est  formée  à 
Hambourg  sous  l’impulsion  intelligente  de  la  Gesellschaft  $ur 
Forderung  der  Amateur  Photographie. 

Nous  avions  espéré  pouvoir  réunir  aussi  les  œuvres  les  plus 
marquantes  du  Caméra  Club  de  Vienne.  Malheureusement,  elles 
avaient  été  promises  déjà  au  Photo  Club  de  Paris.  Néanmoins  un 
assez  grand  nombre  d’amateurs  autrichiens  nous  ont  annoncé  des 
envois  sérieux,  notamment  M.  le  chevalier  von  Schoeller,  président 
du  Caméra  Club. 


—  233  — 


D’Angleterre,  comme  toujours,  les  adhésions  viennent  très  nom¬ 
breuses,  et  l’Exposition  britannique  attirera  certes,  cette  fois  encore, 
l’attention  par  sa  richesse  et  sa  perfection. 

Nos  confrères  français  feront  également  de  nombreux  envois,  et 
avec  M.  Maurice  Bucquet,  le  très  aimable  président  du  Photo  Club 
de  Paris  à  leur  tête,  ils  défendront  l’honneur  de  la  photographie 
française. 

La  Russie,  l’Italie,  la  Suisse,  la  Hollande  et  le  Portugal  seront 
aussi  représentés. 

Enfin,  la  Belgique  n’est  pas  restée  en  arrière.  Plus  de  70  adhé¬ 
sions  sont  parvenues  au  comité  de  la  part  de  nos  collègues.  Nous 
écrivons  ces  lignes  pour  leur  rappeler  que  les  délais  sont  expirés  et 
que  nous  espérons  qu’à  l’heure  où  paraîtra  ce  bulletin,  tous  les 
envois  seront  parvenus  au  Cercle  Artistique. 

Le  jury  va  se  réunir  dans  quelques  jours,  et  le  placement  devra 
marcher  rondement,  car  l’Exposition  sera  inaugurée  le  samedi 
30  avril,  à  2  heures  et  demie.  Elle  sera  ouverte  au  public  tous  les 
jours  jusqu’au  soir,  du  1er  au  31  mai. 


flSSoçiflTioo  Gei*Ge 

DE 

PHOTOGRAPHIE 

sons  le  Protectorat  (le  S,  M,  le  Roi 


S.  A.  R.  MONSEIGNEUR  LE  PRINCE  ALBERT  DE  BELGIQUE 

PRÉSIDENT  D’HONNEUR 


CONSEIL  D’ADMINISTRATION 

Président  : 

M.  Jos.  CASIER,  91,  rue  des  Rémouleurs,  Gand. 

Vice-présidents  : 

MM.  Jos.  Maes,  33,  rue  Rembrandt,  Anvers. 

Massange  de  Louvrex,  amateur,  château  de  Saint-Gilles, 
Liège. 

Commissaires  : 

MM.  Canfyn,  Alb.,  amateur,  3,  place  du  Lion  d’Or,  Gand. 
Lunden,  Alb.,  amateur,  à  Deurne  lez- Anvers. 

Nyst,  A.,  chimiste  à  l’administration  des  Monnaies, 
71,  avenue  de  Cortenberg,  Bruxelles. 

De  Gryse,  A.,  amateur,  boulevard  de  Lille,  Courtrai. 
de  Vaux,  B.,  amateur,  15,  rue  des  Anges,  Liège. 

Jossart,  amateur,  rue  Lucien  Namèche,  Namur. 


—  235  — 


MM.  Orban-Viot,  E.,  amateur,  3,  place  Rouveroy,  Liège. 

Peltzer,  H.,  capitaine  commandant  d’artillerie,  22,  avenue 
Marnix,  Bruxelles. 


Puttemans,  Ch. ,  professeur  de  chimie  à  l’École  industrielle, 


59,  rue  du  Moulin,  Bruxelles. 

Rutot,  A.,  conservateur  au  Musée  d’histoire  naturelle, 
177,  rue  de  la  Loi,  Bruxelles. 

Selb,  Y.,  amateur,  45,  avenue  Moretus,  Anvers. 

J.  van  Grixderbeeck,  amateur,  23,  rue  de  Namur,  à  Lou¬ 


vain. 


Trésorier  ad  intérim  : 


M.  A.  NYST.  71,  avenue  de  Cortenberg,  à  Bruxelles. 

Secrétaire  général  : 

M.  M.  VANDERKINDERE,  97,  avenue  Brugmann, 

à  Bruxelles. 

Secrétaire- adjoint  bibliothécaire  : 

M.  Alb.  ROBERT,  chimiste  adjoint  au  Laboratoire  de  la  ville, 
palais  du  Midi,  Bruxelles. 

Les  séances  du  conseil  ont  lieu  à  Bruxelles,  le  dernier  mercredi 
de  chaque  mois,  à  2  heures. 


Sections  de  l’Association 


Section  d’Anvers  : 


MM.  Jos.  Maes,  président. 

Alb.  Lunden,  vice-président. 
P.  Lannoy,  secrétaire. 


MM.  L.  Keusters,  secrétaire-adjoint. 
V.  Selb,  commissaire. 

L.  Gife,  id. 


Les  membres  se  réunissent  le  premier  lundi  de  chaque  mois,  io,  rue  Gramaye 
(place  de  Meir). 

Section  de  Bruxelles  : 


MM.  Ch.  Puttemans,  président. 
A.  Rutot,  vice-président. 


MM.  Stadeler,  secrétaire. 

Alb.  Robert,  secrétaire-adjoint. 


Les  membres  de  la  section  se  réunissent  le  deuxième  et  le  quatrième  mercredi 
de  chaque  mois,  à  8  heures  précises  du  soir,  au  local  de  l’Association,  École 
industrielle.  Palais  du  Midi,  boulevard  du  Hainaut. 

Section  de  Courtrai  : 


MM.  F.  D’Hont,  président. 

Vanden  Steene,  vice-président. 
M.  Declercq,  id. 


MM.  R.  Ickx,  secrétaire. 

M.  Claeys,  secrétaire-adjoint. 
Messeyne,  trésorier. 


Les  membres  de  la  section  se  réunissent  le  deuxième  lundi  de  chaque  mois,  à 
6  1/2  heures,  à  l’École  industrielle,  rue  de  Lille. 

Section  de  Gand  : 


MM.  A.  Goderus,  président. 

C.  D’Hoy,  vice-président. 
Dr  De  Nobele,  secrétaire. 


MM.  Abbé  Coupé,  bibliothécaire. 

Ch.  Morel  de  Boucle  Saint- 
Denis,  secrétaire-adjoint. 


Les  membres  de  la  section  se  réunissent  le  premier  jeudi  de  chaque  mois,  à 
8  heures  précises  du  soir,  à  l’École  industrielle  (classe  de  photographie). 


—  237 


Section  de  Liège  : 

MM.  L.  Roland,  président.  MM.  Ch.  Dupont,  secrétaire. 

A.  Noaillon,  vice-président.  Ronchesne,  secr.-adj.,  bibliothécaire. 

Les  membres  de  la  section  se  réunissent  les  2e  et  4e  mardis  de  chaque  mois  à 
8  heures  précises  du  soir  dans  l’auditoire  de  l'Institut  Chimique,  place  de  l’Uni¬ 
versité,  et  les  Ier  et  3e  mardis  en  séance  intime  au  local  de  la  Taverne  Grüber, 
entrée  par  la  rue  de  l’Official. 

Section  de  Louvain  : 


MM.  F.  De  Walque,  /««toi.  MM.  le  Comte  A.  du  Bois  d’Aische, 

Commandant  L.  Pavard,  vice-prés t  secrétaire-adjoint. 

Abbé  Staelpaert,  secrétaire-trés r  J.  van  Grinderbeek,  bibliothécaire. 

Les  séances  de  la  section  ont  lieu  le  premier  mercredi  de  chaque  mois,  à 
8  1/2  heures  du  soir. 

Section  de  Namur  : 


MM.  Ed.  Jossart,  président.  MM.  J.  Fallon,  secrétaire. 

R.  Rousseau,  vice-président.  Ern.  Suars,  secrétaire-adjoint. 

Les  membres  de  la  section  se  réunissent  le  premier  et  le  troisième  mercredi  de 
chaque  mois,  à  8  1/2  heures  du  soir,  au  Café  Rubens,  place  d’ Armes. 


Liste  des  Membres 

1898 


S.  IVt.  le  l?oi,  Protecteur» 

S.  A.  1?.  IVLonseigueUi*  le  Pniuce  Altoent  de  Belgique 

Président  d’Houueuf» 


Membres  d' honneur . 

1.  Abney,  AV.  de  W.,  capitaine,  Willeslie  House,  AVitherby 

Road,  London,  S.  AV. 

2.  Bolas,  60,  Grove  Park  Terrace,  Chiswick-London. 

3.  D av anne,  82,  rue  des  Petits-Champs,  Paris. 

4.  de  Blochouse,  Alex.,  ingénieur,  33,  rue  de  Milan,  Bruxelles. 

5.  Eder  (le  D1  J.-M.),  K.  K.  Lehr.  und  A^ersuchanstallt  fiir  Pho¬ 

tographie  und  Reproduction,  AA7estbahnhofstrasse,  AAlen. 

6.  Fabre,  18,  rue  Fermât,  Toulouse. 

7.  Janssen,  directeur  de  l’Observatoire  d’astronomie  physique, 

à  Meudon  (France). 

8.  Lippmann,  G. ,  membre  de  l’Institut,  10,  rue  de  l’Éperon,  Paris. 

9.  Rousselon,  au  «  Home  »  Cobourg  (département  du  Calvados), 

France. 

10.  Sebert  (Général),  Administrateur  de  la  Compagnie  des  forges 

et  chantiers  de  la  Méditerranée,  14,  rue  Brémontier,  Paris. 

11.  Vidal,  3,  rue  Scheffer,  Passy-Paris. 


—  239 


12.  Voüel,  H.-W.,  8,  Schinkelstrasse,  Grünewald,  Berlin. 

13.  Warnerke, Léon, SilverHowe, ChampionHill (London, S. E.). 

Membres  honoraires. 

1.  Jaspar,  J.,  électricien,  12,  rue  Jonfosse,  Liège. 

2.  Cerfontaine,  M.,  chef  de  travaux  à  l’Institut  zoologique, 

Liège. 

Membres  correspondants. 

1.  Bucquet,  Maurice,  12,  rue  Paul  Baudry,  Paris. 

2.  Otto,  Wilh.,  photographe,  Schadowstrasse,  42,  Düsseldorf. 

Membres  effectifs. 

Les  noms  précédés  d’un  astérisque  sont  ceux  des  membres 
fondateurs. 

Les  lettres  A  (Anvers^,  B  (Bruxelles  ,  G  (Courtrai),  G  (Gand), 
L  (Liège),  Lo  (Louvain)  et  N  (Namur)  indiquent  les  sections 
auxquelles  les  membres  appartiennent. 

L  Adler,  Adolphe,  négociant  en  diamants,  7,  rue  Conscience, 
Anvers.  A 

2.  Agie,  Joseph,  rue  de  l’Amman,  Anvers.  A 

3.  Alexandre,  photographe,  14,  place  du  Musée,  Bruxelles.  B 

4.  Amatt  t.fr,  Antonio,  Consejo  de  Ciento,  344,  ‘la,  Barce¬ 

lone. 

5.  Angenot,  C.,  Institut  supérieur  de  commerce,  Anvers.  A 

(3.  Anspach,  Henri,  83,  rue  d’Arlon,  Bruxelles.  B 

7.  Anthero  d’Araujo,  rue  Fernandes  Thomar,  328,  Bolhao- 

Porto,  Portugal. 

8.  Arnould,  Henri,  lieutenant  d’artillerie,  43,  rue  Froissard, 

Bruxelles.  B 

9.  Audouard  Deglaive,  Pablo,  Galle  de  las  Cortès,  373- 

375,  Barcelone  (Espagne). 

10.  Avanzo,  D.,  représentant  de  la  maison  Gécèle,  86,  Mar- 

ché-aux-Herbes,  Bruxelles.  P 

IL  Baar,  Paul,  4,  rue  Lebeau,  Liège.  L 

12.  Backeland,  Léo,  Dr  en  sciences,  Nepera  Parle,  New- 
York  (États-Unis). 


—  240  — 

13.  Baisieux,  Jules,  fabricant  de  plaques  photographiques, 

95,  chaussée  de  Haecht,  Bruxelles.  *  B 

14.  Balagny,  11,  rue  Salneuve,  Paris. 

15.  Bardin,  Jean,  pharmacien-chimiste,  40,  rue  de  l’Écuyer, 

Bruxelles.  B 

16.  Bartholomé,  Jules,  docteur,  Fléron.  L 

17.  Bastyns,  Edm.,  droguiste,  29,  rue  des  Tanneurs,  Anvers.  A 

18.  Batllo,  Roman,  Rembla  Estudios,  3,  Almacen,  Barce¬ 

lone  (Espagne). 

19.  Baut,  Philippe,  Digue  de  la  Petite-Lys,  Courtrai.  C 

20.  Bavais,  Georges,  113,  rue  Kronenburg,  Anvers.  A 

21.  Bavais,  Joseph,  14,  avenue  Quinten-Metsys,  Anvers.  A 

22.  Bayart,  Paul,  19,  rue  des  Halles,  Bruxelles.  B 

23.  Beaujean,  247,  rue  Basse-Wez,  Liège.  L 

24.  Bede,  Émile,  ingénieur,  37,  rue  Philippe-le-Bon,  Bruxelles.  B 

25.  Béguin,  Henri,  horloger,  32,  rue  de  l’Ange,  Namur.  N 

26.  Bekaert,  Eugène,  Thourout.  C 

27.  Bellemans,  Louis,  12,  Marché-aux-Œufs,  Anvers.  A 

28.  Belot,  Ch.,  24,  rue  du  Poinçon,  Bruxelles.  B 

29.  Bennert,  L.,  43,  avenue  Plantin,  Anvers.  A 

30.  Bennert,  V.,  39,  rue  Jourdan,  Bruxelles.  B 

31.  Berge,  Albert,  professeur  agrégé  de  l’Université  libre  de 

Bruxelles,  122,  rue  de  la  Poste,  Bruxelles.  B 

32. * Bernard,  Eug.,  280,  rue  Royale,  Bruxelles.  B 

/  33.  Bernimolin,  A.,  172,  rue  Belvaux,  Grivegnée.  L 

35.  Bidart,  Eugène,  14,  rue  de  Suisse,  Bruxelles.  B 

36.  Bodart,  Émile,  ingénieur,  27,  Canal,  Louvain.  Lo 

37.  Boitson,  181,  rue  Masui,  Laeken.  B 

38.  Boone,  Félix,  5,  avenue  Quinten-Metsys,  Anvers.  A 

39.  Bordet,  Lucien,  101,  boulevard  Saint-Germain,  Paris. 

40.  Boscheron,  Léon,  brasseur,  1,  rue  du  Coq,  Liège.  L 

4L  Bossut,  H.,  30,  rue  du  Pélican,  Bruxelles.  B 

42.  Bottiau,  Henri,  57,  rue  Saint-Josse,  Saint- Josse-ten- 

Noode.  g 

43.  Boucquillon,  G.,  11,  rue  Van  Schoonbeke,  Anvers.  A 

44.  Bourgeois,  Aristide,  71,  rue  de  Merxem,  Anvers.  A 

; 


—  241 


45.  Bourgeois,  Paul,  ingénieur,  43,  rue  des  Augustins,  Liège.  L 

46.  Bourgois,  Ern.,  10,  rue  du  Chasseur,  Bruxelles.  B 

47. * Bourguignon,  J.,  Aywaille,  province  de  Liège.  L 

43.  Boute,  Eugène,  6,  rue  du  Soleil,  Gand.  G 

49.  Bouvart,  Jules,  18,  rue  Verdussen,  Anvers.  A 

50.  Bovier,  Léon,  168,  boulevard  Anspach,  Bruxelles.  B 

51.  Braconier  de  Macar,  boulevard  d’Avroy,  Liège.  L 

52.  Braconier,  Yvan,  rue  Hazinelle,  Liège.  L 

53.  Braconier,  Raymond,  rue  Hazinelle,  Liège.  L 

54.  Brahm,  11,  rue  Province-Sud,  Anvers.  A 

55.  Brand,  opticien,  10,  Pont-de-Meir,  Anvers.  A 

56.  Bray,  Albert,  docteur  en  sciences,  48,  rue  de  Namur, 

Bruxelles.  B 

57.  Brigode,  Henri,  131,  chaussée  de  Charleroi,  Saint- 

Gilles.  B 

58.  Bronkhorts,  Ph.-J.,  56,  boulevard  du  Nord,  Bruxelles.  B 

59.  Bronne,  Louis,  40,  rue  Darchis,  Liège.  L 

60.  Broothaerts,  Théophile,  37,  rue  Henri  Maus,  Bruxelles.  B 

61.  Brunin,  Henri,  255,  Coupure,  Gand.  G 

62. *Cadot-Paltzer,  A.,  26,  avenue  de  l’Astronomie, 

Bruxelles.  B 

63.  Cambier,  Henri,  industriel,  Ath.  L 

64. *Candèze,  Ernest,  docteur  en  médecine,  Glain  (Liège).  L 

65.  Canfyn,  Alb.,  3,  place  du  Lion-d’Or,  Gand.  G 

66.  Cartuyvels  de  Collaert,  Paul,  château  de  la  Plante, 

Namur.  N 

67.  Casier,  Joseph,  91,  rue  des  Remouleurs,  Gand.  G 

68.  Ceurvorst,  G.,  61,  avenue  Cogels,  Berchem  (Anvers).  A 

69.  Charbo,  J. -B.,  professeur  à  l’École  militaire,  84,  rue 

Dailly,  Bruxelles.  B 

70.  Chaudoir,  H.,  113,  boulevard  de  la  Sauvenière,  Liège.  L 

71.  Chisogne,  Adolphe,  29,  rue  de  Bruxelles,  Namur.  N 

72.  Claeys,  Maurice,  candidat  notaire,  rue  Léopold,  à 

Courtrai.  C 

73.  Clays-Desmet,  Alfred,  distillateur,  5,  rue  du  Cumin, 

Gand.  G 


_  242  _ 


74.  Claisse,  Eugène,  40,  rue  Faider,  Bruxelles.  B 

75.  Claude,  Joseph,  géomètre,  35,  rue  Haut-des-Tawes, 

Liège.  L 

76.  Clément,  G.,  élève  ingénieur,  11,  rue  de  Tirlemont,  Lou¬ 

vain.  Lo 

77.  Clément,  Paul,  rue  de  Tirlemont,  Louvain.  Lo 

78.  Coemans,  Amédée,  7,  rue  Laurent  Delvaux,  Gand.  G 

79.  Cogels,  Henri,  181,  avenue  des  Arts,  Anvers.  A 

80.  Colard,  H.,  4,  rue  de  la  Banque,  Bruxelles.  B 

81.  Colleye,  Adrien,  20,  rue  des  Drapiers,  Bruxelles.  B 

82.  Colon,  Henri,  19,  rue  des  Douze-Mois,  Anvers.  A 

83.  Coosemans,  Guillaume,  entrepreneur,  78,  rue  du  Moulin, 

Saint- Josse-ten-Noode.  B 

84.  Corin,  Joseph,  docteur  en  médecine,  rue  Ferdinand- 

Nicolay,  Seraing.  L 

85.  Cornelis,  Ernest,  17,  avenue  Marie-Thérèse,  Anvers.  A 

86.  Cosson,  capitaine  commandant  du  génie,  5,  rue  de 

l’Arsenal,  Charleroi.  B 

87.  Coupé  (l’abbé),  33,  rue  Courte-des-Violettes,  Gand.  G 

88.  Crespin,  notaire,  Seraing.  L 

89.  Cumont,  Alfred,  2b,  rue  du  Luxembourg,  Bruxelles.  B 

90.  Dacier,  Léopold,  photographe,  Société  Cockerill, 

Seraing.  L 

91.  Damanet,  avocat,  126,  avenue  Louise,  Bruxelles.  B 

92.  D’Andrimont,  Paul,  ingénieur,  à  Micheroux,  Liège.  L 

93.  Dansaert  (Mme  A.),  452,  avenue  Louise,  Bruxelles.  B 

94.  Dansaert,  Em.,  avocat,  5,  place  du  Petit-Sablon, 

Bruxelles.  B 

95. *Davreux,  77,  rue  Vondel,  Bruxelles.  B 

96. *Davreux,  major  d’artillerie,  103,  rue  Fond-Saint-Ser- 

vais,  Liège.  L 

97.  de  Baugnies,  Jules,  professeur  à  l’Athénée,  Huy.  N 

98.  De  Beer,  Alphonse,  fabricant,  17,  boulevard  d’Akker- 

gem,  Gand.  G 

99.  De  Behr,  Victor,  4,  rue  de  l’Écuyer,  Bruxelles.  B 

100.  de  Breyne,  J.,  6,  rue  Longue-des-Pierres,  Gand.  G 


—  243  — 


101.  de  Brigode-Kemlandt  (comte),  45,  boulevard  d’Avroy, 

Liège.  L 

102.  de  Brouwer,  Jacques,  15,  rue  de  la  Porte  de  Bruges, 

Gand.  G 

103.  De  Bruyn,  P.,  sous-lieutenant  au  10e  de  ligne,  133,  rue 

de  Bruxelles,  Louvain.  Lo 

104.  Decancq,  Prosper,  fabricant  de  plaques  photographi¬ 

ques,  rue  du  Couvent,  Courtrai.  C 

105.  De  Castro-Lima,  Arthur,  197,  Caïxa  do  Correio,  Rio 

de  Janeiro  (Brésil). 

106.  Decharneux,  Em.,  négociant,  35,  rue  Darchis,  Liège.  L 

107.  Dechenne,  Guillaume,  libraire,  20,  rue  du  Persil, 

Bruxelles.  B 

108.  Declerck,  André,  négociant,  rue  de  Groeninghe,  Cour¬ 

trai.  C 

109.  Declerck,  Maurice,  Heule  près  Courtrai.  C 

110. *Declercq,  Désiré,  notaire,  Grand’Place,  Grammont.  G 

111.  De  Clercq,  Jules,  juge  de  paix,  à  Flobecq.  B 

112.  De  Clercq,  Louis,  60,  rue  Yan  Lokeren,  Ledeberg  lez- 

Gand.  G 

113.  Declercq,  Marcel,  109,  rue  de  Belle-Vue,  Gand.  G 

114.  de  Co'ck,  Bois  du  Renard,  Ath.  B 

115.  De  Coen,  A.,  23,  boulevard  Bischoffsheim,  Bruxelles.  B 

116.  De  Creeft,  Guillaume  (Ecuyer),  ingénieur  agricole, 

66,  rue  Mercelis,  Ixelles.  B 

117.  de  Dorlodot  (chanoine  Henry),  professeur  à  l’Univer¬ 

sité,  18,  rue  Léopold,  Louvain.  Lo 

118.  de  Favereau,  Ern.,  rentier,  Tongres.  L 

119.  De  Fooz,  Constantin,  60,  rue  Hayeneux,  Herstal-Liége.  L 

120.  de  Giey,  Guillaume  (baron),  conseiller  provincial,  ch⬠

teau  de  Weilen  Falaën.  N 

121.  Degroux,  Ch.,  lieutenant  d’artillerie,  15,  rue  du  Poivre, 

Tirlemont.  Lo 

122.  Degryse,  Albert,  fabricant  de  toiles,  boulevard  de  Lille, 

Courtrai.  C 

123.  Dehasse,  Ernest,  28,  boulevard  Piercot,  Liège.  L 


—  244 


124.  DE  Hemptinne,  Joseph,  Steppe  Stede,  Saint-Denis- 

Westrem  lez-Gand.  G 

125.  de  Jamblinne  de  Meux  (baron),  capitaine  commandant 

aux  carabiniers,  48,  square  Ambiorix,  Bruxelles.  B 

126.  De  Kemmeter,  Ad.,  ingénieur,  9,  rue  du  Gouverne¬ 

ment,  Gand.  G 

127.  de  Keyser,  ingénieur  de  Gosson-Lagasse,  Jemeppe- 

Liége.  L 

128.  de  Keyser,  Destelbergen,  G 

129.  De  Knop,  Eugène,  avocat,  rue  Léopold,  Louvain.  Lo 

130.  De  Koninck,  L.-L.,  professeur  à  l’Université,  1b,  quai 

de  l’Université,  Liège.  L 

131. *de  Lalieux  de  la  Rocq,  château  de  Miremont,  Feluy.  B 

132.  de  Laminne  (Mlle  Ernestine), 20,  boulevard  Piercot,  Liège.  L 

133.  de  Lanier-Van Monckhoven,  20,  chaussée  de  Courtrai, 

Gand.  G 

134. * Delà veleye,  21,  place  de  Louvain,  Bruxelles.  B 

135.  Delcoigne,  Georges,  236,  chaussée  de  Charleroi, 

Bruxelles.  B 

136.  Delcroix,  Ernest,  25,  rue  du  Congrès,  Bruxelles.  B 

137.  Delebecque,  Léon,  16,  quai  au  Bois,  Gand.  G 

138.  Delevoy,  Léon,  16,  rue  de  la  Paille,  Bruxelles.  B 

139.  De  Lhoneux,  F.,  au  château  d’Amée,  Velaine  (Jambes).  N 

140.  de  Lozanne,  Karel,  appareils  et  fournitures  photogra¬ 

phiques,  7,  Marché-aux-Œufs,  Anvers.  A 

141.  Delva,  Victor,  60,  rue  de  Molenbeek,  Laeken.  B 

142.  de  Macar,  J.,  ingénieur,  château  d’Embourg,  par 

Chênée.  L 

143.  De  Man,  photographe,  38,  chaussée  d’Ixelles,  Bruxelles.  B 

144.  De  Manet,  S.,  professeur  à  l’Université,  rue  de 

Namur,  Louvain.  Lo 

145.  de  Marcqde  Tiège  (baron),  98,  rue  Belliard,  Bruxelles.  B 

146.  de  Meeus  (comte),  10,  rue  Raikem,  Liège.  L 

147.  de  Meeus  (comte  H. -F.),  25,  rue  du  Vertbois,  Liège.  L 

148.  de  Mendonça,  Alfredo,  A.,  63,  30,  rue  d’Algérie,  Lis¬ 

bonne. 


—  245  - 

149.  De  Meuter,  Edouard,  fabricant  d’appareils  photogra¬ 

phiques,  53,  rue  de  la  Régence,  Bruxelles.  B 

150.  de  Moffarts,  Adolphe  (baron),  château  d’Houchenée, 

Nandrin.  L 

151.  de  Moffarts,  Armand  (baron),  château  de  Nieuwen- 

hoven  Saint-Trond.  L 

152.  de  Moor,  François,  235,  Coupure,  Gand.  G 

153.  De  Neck,  Joseph,  284,  rue  Royale,  Bruxelles.  B 

154.  de  Nieuland  de  Pottelsberghe  (vicomte),  rue  de 

l’Agneau,  Gand.  G 

155.  De  Nobele,  Jules,  docteur,  61,  rue  Neuve-Saint-Pierre, 

Gand.  G 

156.  *De  Patoul,  colonel  en  retraite,  18,  rue  Locquenghien, 

Bruxelles.  B 

157.  De  Pénéranda,  Alphonse,  17,  rue  d’Idalie,  Bruxelles.  B 

158.  de  Prémorel,  Jules,  château  de  Bleid,  Signeulx 

(province  de  Luxembourg).  N 

159.  De  Raet,  Edouard,  industriel,  5,  rue  des  Fabriques, 

Bruxelles.  B 

160.  De  Raeymacker,  Frédéric,  30,  rue  de  la  Buanderie, 

Bruxelles.  B 

161.  De  Rechter,  ingénieur,  7,  avenue  de  la  Toison-d’Or, 

Bruxelles.  *  B 

162.  Deridder, Gérard,  42,Montagne-aux-Herbes-Potagères, 

Bruxelles.  B 

163.  de  Rosen,  Edg.  (baron),  Elgerend,  Tongres.  L 

164.  de  Ruffo-Bonneval  (comte),  9,  rue  Haute,  Bruges.  B 

165.  Descamps,  Emile,  substitut  du  procureur  du  roi,  7,  rue 

Garnier,  Tournai.  B 

166.  deSchokalsky,  Jules,  lieutenant-colonel  de  la  marine  im¬ 

périale  russe,  144,  Canal  Catherine,  Saint-Pétersbourg. 

167.  de  Sélys,  R.  (baron),  36,  boulevard  de  la  Sauvenière, 

Liège.  L 

168.  De  Smet,  Emile,  58,  boulevard  du  Château,  Gand.  G 

169.  De  Smet,  Firmin,  propriétaire,  château  de  Schouwbroeck, 

Vinderhaute  lez-Gand.  G 


—  24G  — 

170.  De  Smet,  Joseph,  président  du  Cercle  artistique,  22, 

chaussée  de  Courtrai,  Gand. 

171.  De  Smet,  Raymond,  16,  rue  de  la  Station,  Gand. 

172.  Desoer,  Jacques,  étudiant,  boulevard  Frère-Orban, 

Liège. 

173.  de  Spirlet-Gernaert,  Victor,  9,  rue  Nysten,  Liège  ; 

(en  été)  château  de  Provedromm,  par  Vielsalm. 

174.  Détaillé,  Armand,  comptable,  128,  rue  de  l’Eglise, 

Ougrée. 

175.  Détaillé,  Hubert,  chimiste,  directeur  des  hauts  four¬ 

neaux  et  minières  de  la  Société  métallurgique  de 
Taganrog,  hôtel  de  l’Europe,  à  Taganrog  (Russie). 

176.  de  Thier,  Alphonse,  administrateur  du  Comptoir  d’es¬ 

compte  de  la  Banque  Nationale,  président  du  Photo 
Club  de  Verviers,  81,  rue  Courte-du-Pont,  Verviers. 

177.  De  Tiège,  capitaine  commandant,  rue  des  Peignes, 

Anvers. 

178.  Devaux,  Albert,  négociant,  rue  Godefroid,  Namur. 

179.  de  Vaux,  B.,  ingénieur  des  mines,  15,  rue  des  Anges, 

Liège. 

180.  De  Vincke,  221,  rue  Royale,  Bruxelles. 

181.  De  Vos,  docteur  en  médecine,  21,  place  Sainte-Elisabeth, 

Gand. 

182.  De  Vylder,  Aug.,  boulevard  du  Jardin-Zoologique, 

Gand. 

183.  De  Waele,  Hector,  93,  rue  Royale,  Bruxelles. 

184. * De  Walque,  Fr.,  professeur  à  l’Université,  26,  rue  des 


Joyeuses- Entrées,  Louvain.  Lo 

185.  *De  Walque,  G.,  professeur  à  l’Université,  17,  rue  de  la 

Paix,  Liège.  L 

186.  de  W andre  (Mme),  rue  Paul-Devaux,  Liège.  L 

187.  Démit,  Charles,  27,  rue  Le  Corrège,  Bruxelles.  B 

188.  D’Hont,  Frédéric,  directeur  du  laboratoire  communal, 

Courtrai.  C 

189.  d’Hoy,  photographe,  27,  rue  Courte-du-Jour,  Gand.  G 

190.  Dobbelaere,  Julien,  industriel,  rue  de  Buda,  Courtrai.  C 


^  ^  O  O 


247  — 


191.  Dohmen,  Ch.,  42,  rue  Régnier,  Liège.  L 

192.  dos  Santos,  Camillo,  24,  Largo  do  Corpo  Santo, 

Lisbonne. 

193.  d’Otreppe  de  Bouvette  (baron),  5,  rue  des  Carmes, 

Liège.  L 

194.  d’Oultremont  (comte  Adhémar),  sénateur,  17,  rue  de 

.  la  Loi,  Bruxelles.  B 

195.  Draye,  Jacques,  fabricant  d’appareils  photographiques, 

à  Merxem  lez- An  vers.  A 

196.  Dresse,  Robert,  35,  boulevard  Piercot,  Liège.  L 

197.  Drory,  Alf.,  19,  Gitschinerstrasse,  Berlin,  S. 

198.  Drosten,  Robert,  49,  rue  du  Marais,  Bruxelles.  B 

199.  Du  Bois,  Jacques,  73,  rue  Yonck,  Bruxelles.  B 

200.  du  Bois  d’Aische  (comte  Adrien),  73,  boulevard  de 

Tirlemont,  Louvain.  Lo 

201.  du  Cii astel (comte),  Albéric,  château  delaHavette,  Spa.  L 

202.  Dujardin,  Léon,  Mouscron'.  C 

203.  Dumoulin,  Auguste,  président  du  Sport  nautique,  boule¬ 

vard  de  la  Sauvenière,  Liège.  L 

204.  Dumoulin,  François,  fabricant  d’armes,  99,  rue  Saint- 

Laurent,  Liège.  L 

205.  Dupont,  Adolphe,  commissionnaire-expéditeur,  36,  rue 

de  Fer,  Namur.  N 

206.  Dupont,  Charles,  lieut.  d’infant.,  26,  rue  Yillette,  Liège.  L 

207.  Dupret,  Georges,  130,  rue  Royale,  Bruxelles.  B 

208.  Durieu,  Hyacinthe,  43,  rue  Henri  Maus,  Bruxelles.  B 

209.  du  Ry  Van  Steelant  (Mlle),  19,  avenue  Louise, 

Bruxelles.  B 

210.  Duvelaar  van  Campen,  avocat,  rue  de  l’Esplanade,  Ath.  B 

211.  Ernotte,  12,  rue  de  Spa,  Bruxelles.  B 

212.  Evely,  Léon,  65,  rue  des  Comédiens,  Bruxelles.  B 

213.  Fallon,  Joseph,  avocat,  14,  rue  Basse-Marcelle,  Namur.  N 

214.  Famenne,  Paul,  étudiant  en  médecine,  69,  rue  de 

Tirlemont,  Louvain.  E° 

215.  Fabronius,  Édouard,  photographe,  11,  rue  Neuve, 

Bruxelles.  B 

1S 


—  248  — 

216.  Féron,  Albert,  ingénieur  à  la  Société  anonyme  l’Oxhy- 

drique,  93,  avenue  de  la  Toison-d’Or,  Bruxelles.  B 

217.  Fonseca,  A.  Francisco,  7,  rue  Largo  Municipio,  Lis¬ 

bonne  (Portugal). 

218.  Fonson,  Georges,  photographe,  3  et  5,  rue  Saint-Ber¬ 

nard,  Bruxelles.  B 

219.  Fontaine,  Jean-Pierre,  ingénieur,  17,  rue  des  Quatre-  . 

Bras,  Bruxelles.  B 

220.  Fontaine,  Léon,  23,  avenue  des  Arts,  Bruxelles.  B 

221.  Fraeys,  Ernest,  propriétaire,  50,  rue  au  Beurre, 

Ypres.  G 

222.  Fraikin,  Paul,  Chairière-sur-Semois.  B 

223.  Français,  E.,  opticien,  84,  quai  Jemmapes,  Paris. 

224.  Franck,  Arthur,  32,  rue  de  l’Ascension,  Bruxelles.  B 

225.  François,  Fernand,  24,  avenue  Rogier,  Liège.  L 

226.  Frennet,  Jules,  constructeur  d’appareils  photogra¬ 

phiques,  rue  de  l’Arbre-Bénit,  113,  Bruxelles.  B 

227.  Friedrichs,  Henri,  4,  rue  de  Naples,  Ixelles.  B 

228.  Ganhy,  Gustave,  18,  rue  Basse-Marcelle,  Namur.  N 

229.  Gaspard,  Charles,  8,  rue  de  l’Hôtel-de-ville,  Arlon.  B 

230.  Gaumont,  Léon,  ingénieur  constructeur,  57,  rue  Saint- 

Roch,  Paris. 

231.  Gautier,  Alphonse,  propriétaire,  Woluwe-Saint-Pierre.  B 

232.  Gazet,  Henri,  8,  rue  de  la  Limite,  Bruxelles.  B 

233. *Géruzet,  Alf.,  35,  rue  de  l’Écuyer,  Bruxelles.  B 

234.  Gevaert,  Liévin,  photographe,  Vieux-Dieu.  A 

235.  Ghilain,  ingénieur,  319,  rue  Sainte-Marguerite,  Liège.  L 

236.  Ghinijonet,  Émile,  ingénieur,  Seraing.  L 

237.  Gife,  Louis,  78,  avenue  des  Arts,  Anvers.  A 

238.  Gilbert,  Théodore,  docteur  en  médecine,  26,  avenue 

Louise,  Bruxelles.  B 

239.  Gillard,  Auguste,  secrétaire  général  de  la  Vieille-Mon¬ 

tagne,  21,  rue  Sainte-Marie,  Liège.  ‘  L 

240.  Gilon,  Ernest,  sénateur,  Verviers.  L 

241.  Gilson,  Ernest,  pharmacien,  23,  rue  de  Bruxelles, 

Namur.  N 


—  249  — 


242.  Gilson,  Eugène,  professeur,  53,  boulevard  du  Château, 

Gand.  G 

243.  Gilson,  G.,  professeur  à  l’Université,  95,  rue  de  Namur, 

Louvain.  Lo 

244.  Gobert,  Joseph,  pharmacien,  rue  Émile Cuvelier,  Namur.  N 

245.  Goblet  d’Alviella  (comte),  10,  rue  Faider,  Bruxelles.  B 

246.  Goderus,  Armand,  avocat,  8,  rue  du  Poivre,  Gand.  G 

247.  Godin,  Albert,  6,  rue  de  l’Applée,  Huy.  N 

248.  Goetghebeur,  Eugène,  hôtel  du  Lion  d’Or,  Blanken- 

berghe.  G 

249.  Goffart,  ingénieur,  rue  des  Yennes,  Liège.  L 

250.  Goubau,  Stanislas,  huissier,  81,  rue  du  Péage,  Anvers.  A 

251.  Graindorge,  Joseph,  étudiant,  102,  rue  du  Paradis, 

Liège.  L 

252.  Grégoire,  Charles,  étudiant  en  droit,  64,  boulevard  de 

la  Sauvenière,  Liège.  L 

253.  Grégoire,  Oscar,  ingénieur,  58,  rue  d’Arlon,  Bruxelles.  B 

254.  Grenson,  Joseph,  docteur  en  médecine,  25,  rue 

Souverain-Pont,  Liège.  E 

255.  Grossé,  Godefroid,  41,  rue  des  Guillemins,  Liège.  L 

256.  Guerette,  Édouard,  ingénieur,  10,  rue  Charles  Morren, 

Liège.  L 

257.  Guilleminot,  René,  chimiste,  Chantilly  (Oise). 

258.  Gunther,  photographe,  33,  rue  Neuve,  Bruxelles.  B 

259.  Habets,  Paul,  ingénieur,  avenue  Blonden,  17,  Liège.  L 

260.  Hahn,  Ch.,  34,  avenue  des  Arts,  Anvers.  A 

261. *Hannon,  Ed.,  43,  rue  de  la  Concorde,  Bruxelles.  B 

262.  Hanssens,  Maurice,  54,  rue  Bosquet,  Bruxelles.  B 

263.  Hassreidter,  V.,  ingénieur,  Trooz,  Liège.  L 

264.  Heins,  Maurice,  avocat,  78,  rue  de  Loo,  Gand.  G 

265.  Herbet,  Arthur,  366,  chaussée  de  Waterloo,  Bruxelles.  B 

266.  Herlant,  Léon,  11,  rue  du  Luxembourg,  Bruxelles.  B 

267.  Hermans,  Gustave,  photographe,  91,  rue  Dierckxsens, 

Anvers. 

268.  Hermans,  Ch.,  artiste  peintre,  278,  avenue  Louise, 

Bruxelles.  E 


—  250  — 


2G9:  Herremans,  Alfred,  9,  rue  de  Flandre,  Gand.  G 

270.  Herrmann,  W.,  18,  rue  Vandermerschen,  Bruxelles.  B 

271.  Herry,  George,  22,  rue  Courte-du-Marais,  Gand.  G 

272.  Hervé,  Émile,  à  Trooz  (Liège).  L 

273.  Hesbain,  capitaine  pensionné,  35,  rue  du  Trône, 

Bruxelles.  B 

274.  Hilgers,  G.,  place  de  Bronckart,  Liège.  L 

275.  Hoedemaker,  A. -S.,  50,  rue  Province  Sud,  Anvers.  A 

270.  Hofmans,  Ch.,  fabricant  d’appareils,  50,  rue  du  Viaduc, 

Bruxelles.  B 

277.  Hombach,  Fernand,  ingénieur,  à  Hulst  (Hollande). 

278.  Homblé,  Ch.,  10,  rue  Edelinck,  Anvers.  A 

279.  Hovelacque,  Maurice,  1,  rue  Castiglione,  Paris. 

280.  Huberti,  Alphonse,  professeur  à  l’Université,  268,  rue 

Rogier,  Bruxelles.  B 

281.  Huffmann,  M.,  8,  rue  Markgrave,  Anvers.  A 

282.  Hunter,  Michel,  25,  rue  Haringrode,  Anvers.  A 

283.  Heybrechts,  Ern.,  88,  avenue  des  Arts,  Anvers.  A 

284.  Hye,  Albert,  8,  Coupure,  Gand.  G 

285.  Ickx,  Romain,  directeur  de  banque,  1,  rue  Porte- 

d’Eau,  Courtrai.  C 

286.  Jacobs,  Joseph,  pharmacien,  81,  rue  des  Bogards, 

Louvain.  Lo 

287.  Jacques,  Léon,  27,  rue  Vinâve  d’Ile,  Liège.  L 

288.  Jamme,  Jules,  avocat,  rue  Jonfosse,  Liège.  L 

289.  J anne-Mouton  (Mme),  52,  boulevard  Frère-Orban, 

Liège.  L 

290.  Janssens,  Léon,  au  Canal,  Louvain.  Lo 

291.  Janssens,  Wynand,  architecte,  2,  rue  de  Florence, 

Bruxelles.  B 

292.  Janssens,  L.-F.,  31,  Marché-aux-Chevaux,  Anvers.  A 

293.  Jeanjean,  Marc,  sous-lieutenant  du  génie,  16,rueMean, 

Liège.  L 

294.  Jossart,  Ed.,  rue  Lucien  Namèche,  Namur.  N 

295.  Jottrand,  Félix,  ingénieur,  château  de  Waterloo,  à 

Waterloo.  B 


296.  Kemna,  G.,  professeur  à  l’athénée,  108,  rue  du  Saint- 

Esprit,  Liège.  L 

297.  Keppenne,  notaire,  place  Saint-Jean,  Liège.  L 

298.  Keusters,  Léon,  Canal  des  Récollets,  Anvers.  A 

299.  Krauss,  Eugène,  opticien,  21,  rue  d’Albouy,  Paris. 

300.  Kriegsman,  photographe,  rue  du  Chêne,  Anvers.  A 

301.  Kymeulen,  A.-J., fabricant  de  papiers  photographiques, 

34,  rue  Vanderstichelen,  Molenbeek-Bruxelles.  B 

302.  Labouverie,  George,  pharmacien,  r.  Ferdinand  Nicolay, 

Ougrée.  ^ 

303.  Labouverie,  Jules,  ingénieur,  27,  rue  d’Hornu,  à 

Wasmes. 

304.  LacomblÉ,  Adolphe,  avocat,  1 ,  rue  Capouillet,  Bruxelles.  B 

305.  Lagrave,  Louis,  négociant  en  vins,  12,  rue  de  la  Judith, 

Libourne  (Gironde,  France). 

306. *Laho,  professeur,  18,  rue  d’Allemagne,  Bruxelles.  B 

307.  Laloux,  Auguste,  23,  boulevard  d’Avrov,  Liège.  L 

308.  Laloux,  Edmond,  étudiant,  12,  avenue  Rogier,  Liège.  L 

309.  Laloux,  Maurice,  13,  avenue  Rogier,  Liège.  L 

310.  Lamarche,  Jules,  industriel,  28,  avenue  Rogier,  Liège.  L 

311.  Lamarche,  Oscar,  au  château  de  Hamoir.  L 

312.  Lamarche,  Richard,  41,  rue  Louvrex,  Liège.  L 

313.  Lamarche-Dumont,  Alfred,  industriel,  avenue  d’Avroy, 

Liège.  L 

314.  Lange,  Henri,  notaire  à  Marchin.  C 

315.  Lange,  Louis,  ingénieur  architecte,  31,  rue  du  Collège, 

NT 

INamur. 

316.  LanglÉ,  Ch.,  49,  rue  de  la  Ruche,  Bruxelles.  B 

317.  Lannoy,  Paul,  10,  rue  Mercator,  Anvers.  A 

318. *Laoureux,  7,  rue  Bertholet,  Liège.  L 

319.  Laoureux,  Georges,  10,  rue  de  la  Cathédrale,  Liège.  L 

320.  Laurent,  ingénieur,  102,  rue  du  Marais,  Bruxelles.  B 

321.  Lavalette-Weinknecht,  206,  avenue  Louise,  Bruxelles.  B 

322.  Lecomte- Falleur,  Jacques,  38,  rue  Frère-Orban, 

Jumet.  B 

323.  Ledent,  J.,  avocat,  135,  avenue  d’Avroy,  Liège.  L 


—  252  — 


324.  Ledocte,  George,  industriel,  Gembloux.  B 

325.  Ledresseur,  Ch.,  professeur  à  l’Université,  79,  rue 

Yoer  des  Capucins,  Louvain.  Lo 

326.  Ledure,  Ed.,  69,  rue  delà  Madeleine,  Bruxelles.  B 

327.  Leestmans,  Orner,  47,  Marché-aux-Poulets,  Bruxelles.  B 

328.  Lefèbre  de  Sardans,  Stanislas,  57,  rue  Stévin, 

Bruxelles.  B 

329.  Leirens,  Alph.,  29,  boulevard  Frère-Orban,  Gand.  G 

330.  Leirens,  L.,  ingénieur,  23,  boulevard  Frère-Orban, 

Gand.  G 

331.  Lejeune,  Vincent,  482,  Marché-aux-Chevaux,  Anvers.  A 

332.  Lessenne-Legrand,  Henri,  photographe,  2,  rue  de 

Courtrai,  Mouscron.  C 

333.  Leuba,  J  ,  73,  Honegwell  Road,  Wandsworth  Common, 

S.  W.,  London. 

334.  Lhoest,  Paul,  place  Rouveroy,  Liège.  L 

335.  Libbrechts,  Maurice,  directeur  adjoint  de  la  Poudrerie 

Royale  de  Wetteren,  à  Wetteren.  G 

336.  Lohest,  Max,  ingénieur,  49,  Mont  Saint  Martin,  Liège.  L 

337.  Lohest,  Maximin,  industriel,  57,  rue  Albert  de  Cuyck, 

Liège.  L 

338.  Loiseau,  O.,  directeur  de  l’usine  à  zinc  d’Ougrée.  L 

339.  L’Olivier,  Henri,  ingénieur,  21,  rue  des  Quatre-Vents, 

Bruxelles.  B 

** 

340.  Louvois,  Adrien,  photographe,  51,  chaussée  de  Louvain, 

Saint-Josse-ten-Noode.  B 

341.  Lovens,  9,  rue  Saint-Thomas,  Liège.  L 


342.  Lumière,  Auguste,  fabricant  de  plaques  photogra¬ 

phiques,  Lyon. 

343.  Lumière,  Louis,  fabricant  de  plaques  photographiques, 


Lyon. 

344. *Lunden,  Albéric,  Deurne  lez- Anvers.  A 

345.  Maege,  Octave,  négociant,  rue  du  Persil,  Courtrai.  C 

346.  Maere,  Joseph,  25,  rue  Longue-des-Pierres,  Gand.  G 

347. * Maes,  Jos.,  33,  rue  Rembrandt,  Anvers.  A 

348.  Magis,  Louise  (Mlle),  9,  quai  de  l’Industrie,  Liège.  L 


253  — 


349.  Magnien,  Charlemagne,  dessinateur,  25,  rue  Tasson- 

Snel,  Bruxelles.  B 

350.  Mairesse,  L.,  marchand  d’appareils  photographiques, 

406,  rue  des  Ponts  de-Comines,  Lille. 

351.  Malvaux,  Alfred,  43,  rue  de  Launoy,  Molenbeek- 

Bruxelles.  B 

352.  Manne,  Jules,  14,  rue  du  Bronze,  Anderlecht-Bruxelles.  B 

353.  M arissi aux,  Gustave,  étudiant,  plateau  de  Cointe, Liège.  L 

354.  Marynen,  J.,  39,  Montagne-aux-Herbes-Potagères, 

T) 

Bruxelles. 

355.  Masoero,  Pietro,  photographe,  rue  Caserna  di  Caval- 

leria,  Vercelli  (Italie). 

356.  Massange,  Antoine,  château  de  Saint-Gilles,  près  de 

Liège.  L 

357.  Massange,  Émile,  310,  rue  Royale,  Bruxelles.  B 

358.  Massange  de  Louvrex,  F.,  château  de  Saint-Gilles, 

Saint-Gilles  lez-Liège.  B 

359.  Massange,  Fernand,  château  de  Saint-Gilles,  Liège.  L 

360.  Massaux,  A.,  191,  avenue  d’Auderghem,  Bruxelles.  B 

361.  Masson,  Ch.,  directeur  du  laboratoire  d’analyses  de 

l’État,  à  Gembloux.  B 

362.  Mast  de  Maeght,  Ch.,  avocat,  33,  rue  du  Hainaut, 

Gand.  G 

363.  Masui,  H.,  16,  rue  Vautier,  Bruxelles.  B 

364.  Masure,  George,  expert  comptable,  9,  rue  de  la  Pépi¬ 

nière,  Bruxelles.  B 

365.  Matelot,  Paul,  30,  rue  de  la  Cathédrale,  Liège.  L 

366.  Mathien,  Ch.,  docteur  en  médecine,  à  Cointe  (Sclessin).  L 

367.  Mathieu,  J.,  marchand-tailleur,  10,  rue  Basse-Marcelle, 

Namur.  N 

368.  Mativa,  à  Sarolay-Visé.  L 

369.  Maurin,  François,  photographe,  61,  rue  du  Marché-au- 

Charbon,  Bruxelles.  B 

370.  May  d’Oliveira,  Alfredo,  Tabelliao,  rua  da  Victoria, 

Lisbonne. 

371.  Mayers,  Josef,  15,  rue  du  Robinet,  Anvers.  A 


254  — 


372.  Melcher,  H.,  18,  rue  Coenraets,  Saint-Gilles-Bruxelles.  B 

373.  Mercier,  P.,  chimiste,  95,  rue  Le  Mercier,  Paris. 

374.  Mertens,  J.,  356,  chaussée  de  Turnhout,  Borgerhout- 


Anvers.  A 

375 .  * Metdepennin gen ,  44,  boulevard  du  Jardin  zoologique, 

Gand.  G 

376.  Michel,  Fernand,  négociant,  73,  rue  de  Fer,  Namur.  L 

377.  Michielssens,  Adrien,  283,  avenue  Louise,  Bruxelles.  B 

378.  Minette,  Edmond,  21,  avenue  Rogier,  Liège.  L 

379.  Misonne,  Léonard,  ingénieur,  Gilly.  B 

380.  Moeliær,  Nicolas,  1,  rue  Montoyer,  Bruxelles.  B 

381.  Moens,  Charles,  2,  rue  du  Prince- Albert,  Ixelles- 

Bruxelles.  B 

382.  Montefiore-Levi,  George,  35,  rue  de  la  Science, 

Bruxelles.  B 

383.  Morel  de  Boucle  Saint-Denis,  Charlie,  9,  Coupure, 

Gand.  q 

384.  Mosselman  (Mme  Valentine),  39,  rue  Juste-Lipse, 

Bruxelles.  B 

385.  Moulin,  Emile,  candidat  notaire,  28,  rue  Lesbroussart, 

Ixelles.  B 

386.  Mottard,  J.,  9,  quai  de  Maestricht,  Liège.  L 

387.  Motus  (l’abbé),  professeur  au  petit  séminaire  de  Flo- 

reffe,  à  Floreffe.  N 

388.  Mouton,  Ch. -Simon,  20,  rue  Yan  Bemmel,  Bruxelles.  B 

389.  Muller,  Charles,  36,  boulevard  Piercot,  Liège.  L 

390.  Muller,  Othon,  Cloyes,  Eure-et-Loir  (France). 

391.  Myin,  George,  étudiant,  16,  Longue  rue  des  Claires, 

Anvers.  a 

392.  Nadar,  Paul,  51,  rue  d’Anjou,  Paris. 

393.  Nagelmaekers,  Alfred,  ingénieur,  rue  du  Pot-d’Or, 

Liège.  L 

394.  Neefs,  Léon,  industriel,  97,  rue  de  Bruxelles,  Louvain.  Lo 

395.  Nieuwland,  Louis,  négociant,  18,  Longue  rue  de  l’Hô¬ 

pital,  Anvers.  A 

396.  Noaillon,  ingénieur,  Chênée-Liége.  L 


—  255  — 

397.  Nolf,  Stanislas,  rue  de  la  Lys,  Courtrai.  C 

398.  Nopère,  Léopold,  candidat  notaire,  18,  place  Loix, 

Saint-Gilles-Bruxelles.  B 

399.  Nothomb  (baron),  48,  avenue  Louise,  Bruxelles.  B 

400.  Nothomb,  L.,  91,  avenue  Louise,  Bruxelles.  B 

401.  Nuel,  professeur  à  l’Université,  28,  rue  Louvrex, 

Liège.  ^ 

402.  Nypels,  président  de  la  Société  des  Amateurs  photo¬ 

graphes,  8,  Singel,  Maestricht. 

403.  Nys,  Édouard,  fabricant  de  plaques  photographiques, 

boulevard  du  Midi,  Courtrai.  C 

404.  Nyst,  Alfred,  121,  rue  de  Fragnée,  Liège.  L 

405.  Nyst,  Arthur,  71,  avenue  de  Cortenberg,  Bruxelles.  B 

40G.  Octors  (Mme),  21,  rue  des  Échevins,  Ixelles.  B 

407.  Olivier,  Étienne,  chimiste,  123,  rue  de  Fragnée, 

Liège.  L 

408. *Ommeganck,  25,  rue  aux  Laines,  Anvers.  A 

409.  Orban,  Lionel,  46,  rue  Crespel,  Bruxelles.  B 

410.  Orban,  Paul,  5,  avenue  Rogier,  Liège.  L 

411.  Orban-Viot,  Ernest,  3,  place  Rouveroy,  Liège.  L 

412.  Orlay  de  Karwa,  Eugénie  22,  rue  delle  Quatro 

Fontane,  Rome. 

413.  Osy  de  Zegwaart,  (baron)  Alfred,  au  gouvernement 

provincial,  Anvers.  A- 

414. *Oury,  G.,  chalet  du  Val-Benoît,  Liège.  L 

415.  Oury,  Paul,  39,  rue  Wazon,  Liège.  L 

416.  Paradis,  Charles,  docteur  en  médecine,  25,  place  Sainc- 

telette,  Molenbeek-Saint-Jean.  B 

417.  Parmentier,  Adolphe,  appareils  et  fournitures  photo¬ 

graphiques,  137,  chaussée  de  Wavre,  Ixelles. 

418.  Parmentier,  Paul,  95 a,  chaussée  d’Haecht,  Bruxelles. 

419.  Paternotte,  J.,  docteur,  23,  rue  A.  Yandenpeere- 

boom,  Bruxelles.  B 

420.  Pauli,  Robert,  ingénieur  du  gaz,  25,  rue  Saint-Sébas¬ 

tien,  Lille. 

421.  Paulus,  Ernest,  407,  rue  du  Progrès,  Bruxelles.  B 


M  « 


256 


422.  Pauwels,  Maurice,  58,  rue  Mercator,  Anvers.  A 

423.  Pauwels,  François,  fabricant  de  cadres,  37,  chaussée 

d’Anvers,  Bruxelles.  B 

424.  Pavard,  Lucien,  capitaine  commandant  d’artillerie, 

51,  boulevard  de  Diest,  Louvain.  Lo 

425.  Peeters,  Ch.,  libraire-éditeur,  20,  rue  de  Namur,  Lou¬ 

vain.  Lo 

426.  Peeters,  Ed.,  agent  de  charbonnages,  21,  rue  des 

Bogards,  Louvain.  Lo 

427.  Peltzer,  H.,  capitaine  commandant  d’artillerie,  22,  ave¬ 

nue  Marnix,  Bruxelles.  B 

428.  Penninck,  Auguste,  15,  rue  des  Écoles,  Verviers.  L 

429.  Perin,  Camille,  Masnuy-Saint-Jean,  Mons.  B 

430.  Peters,  E.,  7,  rue  de  la  Madeleine,  Bruxelles.  B 

431.  Petitclerc,  Paul,  17,  rue  de  l’Aigle-Noir,  Vesoul 

(Haute-Saône). 

432.  Petry,  Albert,  102,  quai  Orban,  Liège.  L 

433.  Peyrot,  Pierre,  33,  rue  Vieille-Bourse,  Anvers.  A 

434.  Philippart,  A.,  ingénieur,  111,  avenue  d’Avroy,  Liège.  L 

435.  Philippe,  Ch.,  205,  rue  de  la  Loi,  Bruxelles.  B 

436.  Philippe,  Jules,  négociant  en  articles  photographiques, 

10,  Cours  de  Rives,  Genève. 

437.  Picquet,  J.,  architecte-expert,  9,  rue  de  Lausanne, 

Bruxelles.  B 

438.  Piot,  Guillaume,  agent  de  la  Banque  Nationale,  à 

Ostende.  B 

439. *Plucker,  major  d’artillerie,  19,  rue  Brandt,  Anvers.  A 

410.  Polet,  Alfred,  2,  rue  Fétis,  Mons.  B 

441.  Pollet,  G.,  34,  rue  Gaucheret,  Bruxelles.  B 

442.  Portal,  Eugène,  50,  rue  Sainte-Marguerite,  Liège.  L 

443.  Poupart,  Félix,  20,  rue  de  l’Alliance,  Saint- Josse-ten- 

Noode.  B 

444.  Preud’homme,  Ernest,  34,  rue  des  Palais,  Bruxelles.  B 

445.  Puck-Chaudoir,  à  Hamoir.  L 

r 

446.  Puttemans,  Charles,  professeur  de  chimie  à  l’Ecole 

industrielle,  59,  rue  du  Moulin,  Bruxelles.  B 


—  257  — 


447. *Raeymaeckers,  Raymond,  121,  rue  delà  Loi,  Bruxelles.  B 

448.  Ranwez,  Fernand,  professeur  à  l’Université,  56,  rue  de 

Tirlemont,  Louvain.  Lo 

449.  Regnier,  Jean-Henri,  39,  boulevard  Frère-Orban,  Liège.  L 

450.  Remacle,  Félix,  négociant,  3,  rue  de  l’Amigo,  Bruxelles.  B 

451.  Renette,  Louis,  industriel,  49,  rue  des  Joyeuses- 

Entrées,  Louvain.  Lo 

452.  Renson,  Julien,  Matagne-la-Petite,  par  Mariembourg.  N 

453.  Ribeiro,  J. -J.,  opticien,  222,  rua  Auréa,  Lisbonne. 

454.  Rigaux,  Jules,  rue  du  Congrès,  Bruxelles.  B 

455.  Rinskopf,  G.,  19,  rue  du  Miroir,  Gand.  G 

456.  Riston,  Victor,  président  de  la  Société  Lorraine  de 

Photographie,  à  Malzéville,  Nancy. 

457.  Robert,  Albert,  chimiste  adjoint  au  laboratoire  de  la 

ville,  Palais  du  Midi,  Bruxelles.  B 

458.  Rocour,  Ch.,  docteur,  42,  rue  Féronstrée,  Liège.  L 

459.  Rodberg,  5,  rue  Ransonnet,  Liège.  L 

460.  Roersch,  Charles,  docteur  en  médecine,  114,  boulevard 

de  la  Sauvenière,  Liège.  L 

461.  Roland,  Alph.,  constructeur,  47,  rue  Brogniez,  Bru¬ 

xelles.  B 

462.  Roland,  Léon,  77,  rue  Bonne-Nouvelle,  Liège.  L 

463.  Ronchesne,  G.,  pharmacien,  530,  rue  Saint-Léonard, 

Liège.  L 

464.  Roose,  A.,  docteur  en  médecine,  rue  de  la  Paix, 

Courtrai.  C 

465. *Roselle,  lieutenant-colonel  retraité,  41  bis,  petite  rue  ^ 

des  Chevaliers,  Saint-Trond.  B 

466.  Rousseau,  René,  stagiaire  du  génie,  rue  Mazy,  Jambes, 

Namur.  N 

467.  Roussel,  Henri,  opticien,  fabricant,  10,  rue  Villehar- 

douin,  Paris. 

468.  Roux,  Frédéric,  chimiste,  fabricant  de  produits  photo¬ 

graphiques,  6,  rue  Choron,  Paris. 

469. *Rutot,  conservateur  au  musée  d’histoire  naturelle, 

177,  rue  de  la  Loi,  Bruxelles.  B 


—  258 


470.  Sabbe,  Henri,  21,  rue  Gounod,  Anvers.  A 

471.  Sacré,  Edmond,  photographe,  1,  rue  de  la  Calandre, 

Gand. 

472.  Sacré,  Henri,  constructeur,  87,  rue  Blaes,  Bruxelles. 

478.  Sainctelette,  Max,  29,  quai  de  Willebroeck,  à  Molen- 

beek-Saint-Jean. 

474.  Sanders,  Th.,  125,  Longue  rue  Neuve,  Anvers. 

475.  S avoné,  imprimeur,  rue  de  Malines,  Louvain. 

476.  Schaltin,  Joseph,  industriel,  26,  rue  de  Fragnée,  Liège. 

477.  Schanu,  photographe,  Borna  (Congo). 

478.  Scheen  (l’abbé),  curé  à  Wônck,  Roclenge. 

479.  Schleicher  (D1),  22,  rue  Quellin,  Anvers. 

480.  Schwartz,  J.,  avocat,  69,  chaussée  de  Charleroi, 

Bruxelles. 

481.  Selb,  Victor,  45,  avenue  Moretus,  Anvers. 

482.  Serulier-Plumkett,  Armand,  20,  rue  du  Persil, 

Bruxelles. 

488.  Servaes,  Gustave,  droguiste,  5,  place  du  Sablon,  Gand. 

484.  Silva,  Adolpho,  21,  calcada  do  Forno  Figolo,  Lisbonne. 

485.  Simon,  René,  60,  avenue  Michel-Ange,  Bruxelles. 

486.  Simonau,  artiste  peintre,  85,  rue  de  Hennin,  Bruxelles. 

487.  Simons,  Amédée,  étudiant,  10,  avenue  Marie-Henriette, 


Anvers.  A 

488.  Slingeneyer  de  Goeswin,  André,  lieutenant  d’artil¬ 

lerie,  113,  rue  du  Commerce,  Bruxelles.  B 

489.  Smeesters,  Jean,  43,  rue  Notre-Dame  du  Sommeil, 

Bruxelles.  B 

490.  Snyers,  Jules,  34,  rue  de  Cologne,  Bruxelles.  B 

491.  Somzé,  Cosme,  ingénieur,  22,  rue  des  Palais,  Bruxelles.  B 

492.  Spaak,  Louis,  ingénieur,  quai  de  Fragnée,  Liège.  L 

493.  Spiers,  B.,  156,  boulevard  Léopold,  Anvers.  A 

494. *Spitaels,  château  d’Onkerzeele,  Grammont.  G 

495.  Springuel-Preud’homme,  industriel,  Huy.  L 

496.  Stadeler,  Ernest,  13,  rue  des  Comédiens,  Bruxelles.  B 

497.  Stalpaert,  Eug.  (abbé),  professeur  au  Collège  Saint- 

Pierre,  11,  rue  des  Récollets,  Louvain.  L 


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259  — 


498. *Storms,  R.,  8,  rue  de  la  Pépinière,  Anvers.  A 

499.  Streich,  Max,  301,  rue  du  Progrès,  Bruxelles.  B 

500.  Suars,  Ernest,  boulevard  d’Herbatte,  Namur.  N 

501.  Sugg  (Dr),  139,  Coupure,  Gand.  G 

502.  Suter,  E.,  opticien,  Bâle  (Suisse). 

503.  Suzor,  George,  directeur  de  la  maison  Jougla,  8,  rue  de 

la  Collégiale,  Bruxelles.  B 

504.  Swaen,  Aug.,  professeur  à  l’Université,  rue  de  Pitteurs, 

Liège.  L 

505.  Swolfs,  Alphonse,  négociant,  33,  rue  de  l’Évêque,  Bru¬ 

xelles.  B 

506.  Tackels,  Dominique,  21,  boulevard  Léopold,  Gand.  G 

507.  Tackels,  Paul,  industriel,  28,  rue  Saint-Pierre-Alost, 

Gand.  G 

508.  Tanier,  Joseph,  95,  rue  de  Bruxelles,  Verviers.  L 

509.  Tessaro,  30,  Marché-aux-Herbes,  Bruxelles.  B 

510.  Thomas,  Benjamin,  93,  avenue  Isabelle,  Anvers.  A 

511.  Tomson,  Henri,  25,  rue  de  Joie,  Liège.  L 

512.  Touiæt,  Alfred,  boulevard  d’Anvers,  Bruxelles.  B 

513.  Tournât,  capitaine,  5,  rue  Durlet,  Anvers.  A 

514.  *  Tournât,  H.,  20,  avenue  des  Arts,  Bruxelles.  B 

515.  T’Serclaes  (baron),  32,  rue  Blanche,  Bruxelles.  B 

516.  t’Serstevens,  G.,  à  Ittre  (Brabant).  B 

517.  Turlot,  10,  rue  d’Hooghvorst,  Bruxelles.  B 

518.  Ttman,  Hippolyte,  8,  rue  des  Foulons,  Gand.  G 

519.  Uttterhoeven,  André,  lieutenant  d’artillerie,  31,  rue 

Hébette,  Namur.  N 

520.  Valenttns,  F. -Xavier,  assureur,  6,  rue  de  Savoie, 

Bruxelles  (Sud).  B 

521.  Van  Assche,  Guillaume,  36,  rue  Basse-des-Champs, 

Gand.  G 

522.  Van  Beesen,  Victor,  négociant  en  bois,  14,  rue  Terre- 

Neuve,  Bruxelles.  B 

523.  Vanbellingen,  Gustave,  16,  rue  Edelinck,  Anvers.  A 

524.  Van  Beneden,  professeur  à  l’Université,  quai  des 

Pêcheurs,  Liège. 


L 


—  260  - 

525.  Van  Berkestyn,  Jacques,  56,  rue  Ommeganck,  Anvers.  A 

526.  Van  Bever,  Alfred,  lieutenant  d’artillerie,  41,  rue 


Mirœus,  Anvers.  A 

527.  Van  Campenhout,  J.-M.,  240,  avenue  Brugmann, 

Uccle-Bruxelles.  B 

528.  Van  Cuyck,  Émile  (fils),  37,  Marché-aux- Souliers, 

Anvers.  A 

529.  Vandale,  Gustave,  rue  de  Bréda,  Gourtrai.  C 

530.  Van  den  Abeele,  Maurice,  176,  avenue  des  Arts, 

Anvers.  A 

531.  Van  den  Berg,  Ed.,  2,  rue  Eugène  Simonis,  Liège.  L 

532.  Van  den  Berghe,  Jules,  directeur  du  laboratoire  pro¬ 

vincial,  Roulers.  C 

533.  Vandenbroeck,  Henri,  16,  Marché-aux-Souliers, 

Anvers.  A 

534.  Vanden  Hove,  Désiré,  28,  quai  au  Bois,  Gand.  G 

535.  Vandenschrieck,  Jules,  147,  chaussée  d’Anvers, 

Bruxelles.  B 

536.  Vanden  Steene,  Em.,  imprimeur-lithographe,  4,  bou¬ 

levard  du  Chemin  de  fer,  Courtrai.  C 

537.  Vanden  Wyngaert,  Eugène,  16,  avenue  des  Arts, 

Anvers.  A 

538.  Vanden  AV yngaert,  Aug.,  82,  Longue  rue  d’Argile, 

Anvers.  A 

539.  Vanderborght,  J.,  33,  place  de  l’Industrie,  Bruxelles.  B 

540.  Vander  Haegen,  A.,  60,  rue  des  Champs,  Gand.  G 

541.  Vanderkindere,  Marcel,  97,  avenue  Brugmann,  Bru¬ 

xelles.  B 

542.  Vanderzypen,  Léon,  11,  boulevard  d’Avroy,  Liège.  L 

543.  Vandeveld,  Ern.,  26,  rue  Marie-Thérèse,  Bruxelles.  B 

544.  Vande  Velde,  Arn.,  58,  rue  de  la  Vallée,  Gand.  G 

545.  Vandevelden,  162,  avenue  Mosselman,  Anvers  A 

546.  Van  Drunen,  James,  9,  rue  des  Champs-Elysées, 

Bruxelles.  B 

547  . * v an  Eechout,  lieutenant  général,  6,  place  Saint-Pierre, 

Gand.  (3 


—  261  — 


548.  Van  Eersel,  (chevalier)  Léop.,  lieutenant-colonel  d’état- 

major,  70,  Vieille  Route,  Anvers. 

549.  Van  Gehuchte,  professeur  à  l’Université,  36,  rue  Léo¬ 

pold,  Louvain. 

550.  Van  Grinderbeek,  Jules,  23,  rue  de  Namur,  Lou¬ 

vain. 

551.  van  Halen,  Frans,  2,  rue  d’Hooghvorst,  Schaerbeek- 

Bruxelles. 

552.  Van  Houtte,  Hector,  pharmacien,  rue  Longue-des- 

Violettes,  Gand. 

553.  Van  Lint,  François,  20,  rue  des  Étangs-Noirs,  Molen- 

beek-Saint-Jean. 

554.  Van  Loo,  Charles,  photographe,  74,  rue  de  Flandre, 

Gand. 

555.  Van  Loo,  Henri,  négociant,  25,  quai  de  la  Gare,  Gand. 

556.  Van  Meerbeeck,  Gustave,  39,  rue  des  Capucines,  Anvers. 
557  Van  Neck,  Louis,  appareils  photographiques,  10,  Klap- 

dorp,  Anvers. 

558.  Van  Oost,  Auguste,  120,  rue  des  Violettes,  Gand. 

559.  Van  Overstraeten,  Albert,  notaire,  107,  rue  de  Tirle- 

mont,  Louvain. 

560.  Van  Temsche,  Odilon,  étudiant,  123,  rue  Marie- 1  hérèse, 

Louvain. 

561.  Van  Vyve,  Albert,  docteur  en  médecine,  136,  rue  Carnot, 

Anvers. 

562.  Varenbergh,  Alfred,  avocat,  11,  rue  du  Lac,  Gand. 

563  Varlet,  Lucien,  74,  rue  du  Collège,  V erviers. 

564.  Vassal,  Henri,  pharmacien,  22,  rue  Notre-Dame, 

Namur. 

565.  Vercruysse,  Louis,  industriel,  3,  rue  du  Greffe,  Cour- 

trai. 

566.  Vercruysse,  Stanislas,  propriétaire,  place  des  Eperons 

d’Or,  Courtrai. 

567.  VerhaeghedeNaeyer,  1, Vieux-Marché-aux-Moutons, 

Gand. 

568.  Verhoost,  Ch.,  10,  rue  des  Confédérés,  Bruxelles. 


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B 


262  — 


569.  Vermeiren,  Édouard,  8,  rue  des  Pierres,  Bruxelles.  B 

570.  Vogelvanger,  ingénieur,  Hulst  (Hollande). 

571.  von  der  Beke,  Max,  27,  rue  du  Robinet,  Anvers.  A 

572.  von  Winniwarter,  A.,  professeur  à  l’Université,  place 

Sainte-Véronique,  Liège.  L 

573.  Vrydags,  Louis,  8,  rue  Saint-André,  Anvers.  A 

574.  Waefelaer,  Adolphe,  4,  rue  de  l’Écuyer,  Bruxelles.  B 

575. * Watrigant,  Alphonse,  7,  avenue  Louise,  Bruxelles.  B 

576.  Wauters,  Paul,  3,  rue  de  Flandre,  Gand.  G 

577.  Wegerhoff,  Paul,  ingénieur  chimiste,  20,  Albrech- 

strasse,  Wiesbaden  (Allemagne). 

578.  Wesemael,  Joseph,  59,  chaussée  de  Gand,  Molenbeek- 

Saint-Jean.  B 

579.  Wettstein,  photographe,  Verviers.  L 

580.  Weustenraad,  ingénieur,  Villa  Kaujel,  Limmel,  par 

Maestricht. 

581.  Whettnall  (baron),  ministre  de  Belgique,  à  Londres, 

S.  W.,  18,  Harrington  Gardens. 

582.  Wibin-Gillard,  My-Hamoir  (prov.  de  Liège).  L 

583.  Wicard,  Édouard,  20,  rue  des  Puits  l’Eau,  Tournai.  B 

584  Wiener,  Herman,  292,  rue  Rogier,  Bruxelles.  B 

585.  Wihlein,  Adolphe,  capitaine  commandant  d’artillerie, 

rue  Joseph  II,  Bruxelles.  B 

586.  Willems,  docteur,  2,  rue  des  Brasseurs,  Louvain.  Lo 

587.  Willenz,  Jules,  55,  rue  Albert,  Anvers.  A 

588. *Woos,  Eug.,  114,  rue  Sainte-Marguerite,  Liège.  L 

589.  WiiST,  Alexandre,  ingénieur,  4,  rue  du  Chantier,  Anvers.  A 

590.  Wyns,  Gustave,  88,  rue  du  Progrès,  Bruxelles.  B 

591. *Zeyen,  photographe,  boulevard  de  la  Sauvenière,  Liège.  L 

592.  Ziane,  Albert,  14,  quai  de  l’Université,  Liège.  L 

Fils  de  membres. 

1.  Bossut,  Henri,  30,  rue  du  Pélican,  Bruxelles.  B 

2.  de  Vaux,  Jean-Adolphe,  15,  rue  des  Anges,  Liège.  L 

3.  De  Walque,  26,  rue  des  Joyeuses-Entrées,  Louvain.  Lo 

4.  Dupont,  Émile,  38,  rue  de  Fer,  Namur.  lN 


203  — 


5.  GÉruzet,  Raymond,  photographe,  35,  rue  de  l’Écuyer, 

Bruxelles.  g 

0.  Noaillon,  Paul,  rue  Large,  Chênée.  L 

7.  Philippart,  Sophie  'M'ie),  m,  avenue  d’Avroy,  Liège.  L 

Membres  associés. 

L  Adam,  Marcel,  entrepreneur,  33,  rue  Varin,  Liège.  L 

2.  Algoed,  Camille,  professeur  à  l’Académie  de  dessin, 

Marché-aux-Poissons,  Courtrai.  C 

3.  Anspach,  Lucien,  professeur  à  l’ Université,  83,  rue 

d’Arlon,  Bruxelles. 

4.  Braconnier,  Martha  (M»e),  73,  boulevard  d’Avroy, 

Liège.  L 

5.  Bray,  Léon,  48,  rue  de  Namur,  Bruxelles.  B 

0.  Dejace,  docteur  en  médecine,  Val-Saint-Lambert,  Liège.  L 

7.  Dejardin,  Jules,  10,  boulevard  Piercot,  Liège.  L 

8.  Delchambre,  Félix,  2,  rue  Rouveroy,  Liège.  L 

9.  Demeulemeester,  lieutenant,  9,  rue  du  Miroir,  Gand.  G 

10.  de  Saegher,  P.,  00,  rue  de  l’Ouest,  Liège.  L 

11.  Feys,  ingénieur  des  mines,  114,  boulevard  de  la  Sauve- 

nière,  Liège. 

12.  Ghilain,  Aug.  (fils),  52,  quai  Saint-Léonard,  Liège.  L 

13.  Gillon,  Léopold,  avocat,  rue  Palfyn,  Courtrai.  C 

14.  Greixer,  Léon,  à  Seraing.  L 

lo.  Gys,  Jules,  fabricant  de  plaques  photographiques,  rue  du 

Couvent,  Courtrai.  C 

/ 

10.  Henroz,  Emile,  rentier,  51,  rue  Louvrex,  Liège.  L 

17.  Jones,  John,  84,  rue  Bosquet,  Bruxelles.  B 

18.  Lamarche  (M^),  Thérèse,  41,  rue  Louvrex,  Liège.  L 

19.  Malvaux,  Eugène,  43,  rue  de  Launoy,  Molenbeek.  B 

20  Messeyne,  Edouard,  artiste  peintre,  faubourg  de  Tour¬ 
nai,  Courtrai.  C 

21.  Michaux,  A.,  5,  place  d’Armes,  Namur.  N 

22.  Moreau,  Félicien,  ingénieur,  rue  du  faubourg  de  Tour¬ 

nai,  Courtrai.  C 

23.  Moulard,  Victor,  architecte,  boulev.  de  Lille,  Courtrai.  C 


19 


—  264  - 

24.  Schoonbrodt,  M.,  51,  quai  Saint-Léonard,  Liège.  L 

25.  Spilthoorn,  Émile,  7,  rue  Neuve-de-l’Hôpital,  Gand. 

26.  Tiange,  horloger,  à  Jambes,  Namur. 

27.  Van  Beesen,  Jean,  négociant  en  bois,  14,  rue  Terre- 

Neuve,  Bruxelles. 

'  é 

28.  Vanderborght  (Mlle),  Renée,  88,  place  de  l’Industrie, 

Bruxelles 

29.  Van  Léaucüurt,  Georges,  fabricant  de  plaques  photo¬ 

graphiques,  boulevard  de  Groeninghe,  Courtrai. 

80.  Verriest,  Joseph,  fabricant  de  toiles,  boulevard  de  Lille, 

Courtrai. 

81.  Wiener  (Mme),  Henriette,  292,  rue  Rogier,  Bruxelles. 

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Section  de  Couttfctfai 

SÉANCE  DU  ÎO  JANVIER  1898 


es  membres  présents  sont  : 
MM.  D’Hont,  président;  Gys, 
Algoed,  Decancq,  Messeyne, 
A.  Declerck,  Degryse,  Maege, 
Vanden  Steene  et  Ickx. 

Le  président  met  à  la  dispo¬ 
sition  des  membres  les  publi¬ 
cations  reçues  depuis  la  dernière  séance. 

Il  donne  ensuite  la  parole  à  M.  Avanzo,  de  la  maison  Gecèle,  de 
Bruxelles,  qui  s’est  offert  à  donner  à  la  Section  une  démonstration 
du  nouveau  papier  «  Velox  ». 

M.  Avanzo  donne  d’abord  quelques  explications  au  sujet  de  la 
manipulation  de  ce  papier.  L’impression  peut  se  faire,  soit  à  la 


lumière  du  jour  diffuse,  soit  à  la  lumière  artificielle.  Le  développe¬ 
ment  n’exige  pas  l’emploi  d’une  lumière  rouge;  il  peut 'se  faire  à  la 
lueur  d’une  lampe  ordinaire,  l’opérateur  ayant  soin,  toutefois,  soit 
de  s’éloigner  de  quelques  mètres  de  la  source  de  lumière,  soit  de 
modérer  l’éclairage. 

M.  Avanzo  impressionne  quelques  épreuves  de  clichés  prêtés  par 
l’un  des  membres.  L’exposition,  pour  un  cliché  d’intensité  moyenne, 
dure  deux  minutes,  à  la  distance  de  10  centimètres  d’un  bec  de  gaz 


ordinaire. 


Le  dévcloppateur  employé  est  à  base  de  métol  et  d’hydroquinone  ; 
le  développement,  qui  se  fait  au  pinceau,  est  presque  instantané  : 
au  bout  de  dix  secondes,  il  est  entièrement  terminé.  L’épreuve  est 
fixée  dans  un  bain  de  fixage  acide. 

Les  résultats  obtenus  avec  ce  papier  sont  très  remarquables.  Au 
lieu  de  la  sécheresse  ordinaire  des  épreuves  au  bromure,  l’image 
obtenue  sur  «  Yelox  »  offre  de  belles  tonalités,  d’une  couleur  noire 
bien  franche. 

M.  Avanzo  renseigne  ensuite  quelques  tours  de  main,  soit  pour 
descendre  les  épreuves  trop  développées,  soit  pour  éclaircir  des 
épreuves  voilées  ou  surexposées.  Il  distribue  aux  membres  présents 
des  pochettes  de  «  Velox  «  mat  et  des  échantillons  du  développa- 
teur  recommandé. 

Le  président  remercie  vivement  M.  Avanzo  pour  son  intéressante 
communication  et  prie  les  membres  d’expérimenter  le  nouveau 
papier,  en  les  engageant  à  faire  part  à  la  Section,  dans  la  prochaine 
séance,  du  résultat  de  leurs  essais. 

Vu  l’heure  avancée,  le  président  propose  de  remettre  à  une 
séance  ultérieure  les  autres  points  figurant  à  l’ordre  du  jour. 


SÉANCE  DU  14  JANVIER  1898 

Sont  présents  :  MM.  D’Hont,  président;  Algoed,  Degryse, 
Messeyne,  Maege,  Decancq,  Gys,  Moreau  et  Ickx. 

Outre  les  publications  ordinaires,  le  président  communique  à  la 
Section  quelques  numéros  de  la  revue  anglaise  The  Studio ,  mise 
par  lui  à  la  disposition  des  membres. 

La  séance  annuelle  de  projections  devant  avoir  lieu  en  mars  pro¬ 
chain,  M.  D’Hont  engage  les  membres  présents  à  communiquer 
sans  retard,  au  bureau  de  la  Section,  les  positives  qu’ils  désireraient 
faire  projeter.  Il  demande  également  qu’on  fasse  de  la  propagande 
auprès  des  confrères  absents  pour  qu’on  puisse  réunir  suffisamment 
d’épreuves  pour  remplir  le  programme  de  cette  soirée. 

Après  un  échange  d’observations  au  sujet  de  l’organisation  de  la 
soirée  de  projections,  le  secrétaire  distribue  des  pochettes  d’échan- 


207  — 


tillons  de  papier  «  Éclair  « ,  que  la  maison  Van  Monckhoven  a  gra¬ 
cieusement  mises  à  la  disposition  des  membres  de  la  Section. 

L’ordre  du  jour  comportait  un  essai  du  papier  «  Electric  »  de  la 
«  Beernaert’s  Dry  Plate  Cy  ».  Un  retard  étant  survenu  dans  l’envoi 
d’échantillons  de  ce  papier,  la  démonstration  sera  faite  à  une  séance 
ultérieure. 


SecfcioD  de  Gatyd 

SÉANCE  DU  3  FÉVRIER  1898 
Présidence  de  M.  Goderus,  président 


es  membres  présents  sont  :  MM.  Coupé, 
D’Hoy,  Casier,  Canfyn,  De  Hemptinne, 
Leirens,  Vander  Haeghen.  De  Moor,  De 
Beer,  Servaes,  De  Brouwer,  De  Clercq, 
Brunin,  Delbecq,  Tyman,  De  Smet,  Van 
Loo,  Hermans,  Heins,  Vanden  Hove,  De 
Breyne. 

être  chargé  par  M.  Maes,  président  de 
l’IInion  internationale  de  Photographie,  d’annoncer  que  la  réunion 
de  cette  année  se  tiendra  à  Gand,  le  deuxième  dimanche  des  fêtes 
communales. 

M.  Goderus  fait  part  aux  membres  du  gracieux  hommage  fait 
par  M.  Casier  à  la  Section,  consistant  en  un  superbe  album  de  pho- 
totypies  faites  d’après  des  clichés  pris  par  M.  Casier  au  cours 
d’un  voyage  artistique  qu’il  entreprit  en  Normandie.  ( Remercie¬ 
ments .) 

M.  Goderus  montre  un  vieux  cliché  très  intéressant;  toutes 
les  parties  d’ombre  du  portrait  forment  un  positif  sur  le  verre, 
tandis  que  les  parties  fortement  éclairées  forment  un  négatif. 

Ensuite,  M.  l’abbé  Coupé,  avant  de  présenter  à  la  Section  la 
nouvelle  lanterne  de  projection  dont  elle  a  fait  l’acquisition,  fait 


M.  Casier  déclare 


une  intéressante  causerie  sur  les  appareils  de  projection.  Il  fait 
précéder  l’exposé  de  la  théorie  de  la  lanterne  par  un  mot  d’histoire. 

L’inventeur  de  la  lanterne  magique  est  le  P.  Kircher,  né  à 
Geysen  en  1602,  mort  à  Rome  en  1680. 

On  attribue  parfois  l’invention  de  Kircher  au  Danois  Wal- 
genstein.  M.  Coupé  lit,  dans  le  vieil  ouvrage  de  Kircher,  Ars  magna 
lucis  et  umbrœ ,  la  revendication  du  véritable  inventeur. 

Le  progrès  de  la  lanterne  a  suivi  celui  des  lumières  intensives. 

Nollet  et  Euler  améliorèrent  la  partie  optique;  en  1798,  Robertson 
inventa  le  pantoscope. 

Dalmeyer  fit  le  premier  les  condensateurs  achromatiques. 

M.  Coupé  rappelle  les  principes  d’optique  sur  lesquels  reposent 
la  théorie  de  l’appareil,  puis  il  examine  longuement  et  explique  les 
parties  constitutives,  le  condensateur,  l’objectif  et  les  sources  lumi¬ 
neuses. 

A  la  suite  de  cette  causerie,  il  est  procédé  à  l’essai  de  la  nouvelle 
lanterne  de  projection  de  la  Section,  elle  fonctionne  à  la  satisfaction 
de  tout  le  monde. 

La  séance  est  terminée  par  la  distribution  du  jeton  de  présence 
dû  à  M.  Emile  De  Smet,  il  a  été  fortement  admiré;  c’est  un  agran¬ 
dissement  d’un  petit  négatif  dont  tous  les  détails  sont  parfaitement 
rendus. 


G.  Vandale. 


Çomment  un  Artiste  photogpophç 

peut  être  un  Photographe  artiste 


Causerie  faite  à  la  Section  Liégeoise  de  V Association  belge 
de  Photographie,  le  8  mars  i8ç8. 

our  faire  un  bon  photographe,  la  réu¬ 
nion  de  quelques  conditions  est  néces¬ 
saire  ;  il  faut  des  produits  chimiques, 
des  plaques,  des  papiers  sensibles,  des 
cuvettes,  tout  un  attirail  d’atelier;  il 
faut  surtout  un  appareil  composé  d’un 
pied  quelquefois,  d’une  chambre  noire 
et  d’un  objectif  toujours;  enfin,  il  faut 
le  photographe  qui  se  servira  de  tout 
cela  ! 

D’après  certains,  s’il  faut  en  croire  les  considérations  que  nous 
leur  entendons  émettre  tous  les  jours,  ce  dernier  élément,  tout  en 
étant  indispensable,  n’en  serait  pas  moins  le  plus  négligeable. 

Combien  n’en  est-il  pas  en  effet  qui,  s’efforçant  de  réaliser  une 
perfection  rêvée,  s’en  vont  cherchant  sans  relâche  l’appareil  mer- 


—  271 


veilleux,  l’idéal  instrument  qui  la  leur  donnera;  qui  ne  voient  dans 
les  œuvres  qu’ils  ont  admirées  ailleurs  que  le  résultat  de  méthodes, 
de  procédés  inconnus  qu’il  leur  faut  découvrir?  Us  ne  s’aperçoivent 
pas,  les  aveugles,  qu’en  agissant  ainsi,  ils  se  dirigent  précisément  à 
l’opposé  du  but  qu’ils  poursuivent!  Ils  veulent  faire  de  l’art  et 
déploient  toute  leur  perspicacité  à  en  découvrir  la  formule.  Comme 
si  l’art  avait  une  formule  ! 

Ce  sont  ceux-là  qui,  animés  des  meilleures  intentions,  sou¬ 
tiennent  le  plus  efficacement  l’opinion  que  la  photographie  ne  peut 
être  un  art.  Ce  sont  eux  qui,  ne  voulant  voir  dans  la  photographie 
qu’une  question  d’appareils  plus  ou  moins  excellents,  de  procédés 
plus  ou  moins  perfectionnés,  fournissent  les  armes  les  plus  sûres  à 
ceux  qui  la  dénigrent. 

En  voulant  accorder  toute  l’importance  aux  instruments,  ils 
réduisent  le  rôle  de  l’artiste  à  n’être  presque  rien  ;  ils  nient  sa  per¬ 
sonnalité  qui  est  pourtant  un  caractère  essentiel  de  l’art. 

Je  ne  dis  point  assurément  qu’il  faille  négliger  complètement  ces 
objets  dont  nous  nous  servons.  Sans  doute,  le  peintre  a  ses  pin¬ 
ceaux,  ses  couleurs,  et  y  attache  leur  prix.  Mais  il  ne  viendra  à 
l’esprit  de  personne  de  soutenir  que  de  leur  excellence  dépend  le 
talent  de  l’artiste,  et  nul  ne  pensera  à  me  contredire  quand  j’affir¬ 
merai  qu’il  y  a  moins  de  talent  dans  tel  tableau,  où  sont  concentrées 
toutes  les  ressources  du  procédé,  qu’en  un  croquis  tracé  sur  un  mur 
au  moyen  d’un  vil  charbon  par  la  main  d’un  homme  de  génie. 

La  personnalité  est  la  caractéristique  de  l’art,  parce  que  l’art 
procède  uniquement  de  la  pensée  humaine.  S’il  ne  peut  se  passer 
des  procédés,  ceux-ci  ne  doivent  être  pour  lui  que  des  moyens  dont 
il  se  sert  pour  arriver  à  son  but. 

D’après  cela,  nous  pouvons  soulever  encore  une  question  souvent 
posée  et  nous  demander  s’il  est  possible  de  faire  de  l’art  en  nous 
servant  de  la  photographie  où  les  moyens  semblent  prendre  une 
place  prépondérante,  agissent  mécaniquement  et  presque  par  eux- 
mêmes,  si  je  puis  ainsi  parler. 

Pourrons-nous,  soumis  à  de  telles  entraves,  donner  à  nos  œuvres 
un  caractère  individuel,  en  dégager  notre  personnalité?  Je  crois  que 
oui.  Sans  doute,  nous  n’y  pouvons  prétendre  au  même  titre  que  le 


peintre,  que  le  sculpteur,  dont  les  procédés  n’ont  aucune  puissance 
propre  et  d’autre  valeur  que  celle  de  la  main  qui  les  guide. 

La  personnalité  du  peintre  s’affirme  surtout  dans  la  beauté  de  sa 
conception,  dans  l’expression  de  ses  sentiments  esthétiques.  Cette 
personnalité  se  complète  par  les  procédés  propres  à  chacun, 
employés  pour  la  manifestation  de  l’idée  ;  il  n’en  est  pas  moins  vrai 
qu’ils  sont,  en  somme,  chose  accessoire.  Lorsque  nous  parcourons 
un  musée  et  que  nous  cherchons  les  œuvres  de  peintres  connus  de 
nous,  nous  n’avons  pas  de  peine  à  les  découvrir  parmi  d’autres 


parce  qu’elles  ont 
une  physionomie 
bien  spéciale.  Tou¬ 
tes  les  œuvres  d’un 
même  peintre  ont 
comme  un  certain 
air  de  famille.  Les 
sujets  exprimés  , 
les  modèles  em¬ 
ployés,  les  formes 
et  l’ordonnance 
même  des  tableaux 
diffèrent,  et  cepen¬ 
dant,  dans  l’ensem¬ 
ble,  il  y  a  quelque 


Abl)é  Motus. 


chose  de  semblable  qui  résulte  de  la  conception  particulière  que  le 
peintre  s’est  faite  de  la  beauté.  Tout  cela  forme  le  caractère  de  son 
œuvre,  caractère  qu’avec  une  certaine  initiation  on  retrouve  aisé¬ 
ment,  parce  que,  dans  un  même  peintre,  l’idéal  de  beauté  ne  change 
pas.  Le  procédé,  au  contraire,  n’est  qu’un  moyen  d’identification 
secondaire  qui,  malgré  des  traits  matériels  plus  saisissables,  est 
cependant  très  souvent  trompeur.  Il  est  généralement  le  partage  de 
peintres  d’une  même  époque  qui  ont  subi  les  mêmes  influences,  soit 
de  l’enseignement  commun,  de  l’entraînement  qu’exerce  sur  eux 
l’admiration  d’un  maître,  soit  des  idées  dominantes  du  temps. 

Le  procédé  est  donc  quelque  chose  qui  appartient  en  commun  à 
tous  les  peintres  d’une  même  école  et  cependant  leurs  œuvres  sont 


bien  distinctes.  Par  contre,  avec  des  procédés  différents,  un  peintre 
peut  produire  une  œuvre  qui  ne  nous  trompera  pas  sur  son  origine, 
et  nous  avons  vu  souvent  des  artistes  changer  de  procédé  sans 
cesser  pour  cela  de  rester  eux-mêmes. 

De  ces  deux  constatations  il  résulte  que  le  caractère  dominant 
de  l’œuvre  d’un  peintre,  c’est  la  conception  qui  lui  est  propre,  et  que 
le  procédé  est  plutôt  l’accessoire  dans  ce  qui  compose  sa  person¬ 
nalité. 

En  employant  ici  le  mot  procédé ,  je  n’entends  pas  dire  seule¬ 
ment  les  moyens  matériels,  tels  que  le  crayon  ou  la  couleur,  mais  je 
prends  ce  terme  dans  sa  signification  la  plus  étendue.  Le  procédé 
est  l’ensemble  de  toutes  les  ressources  qui  peuvent  concourir  à  la 
production  d’une  œuvre  d’art. 

Les  peintres  primitifs  étaient  très  ignorants  de  l’anatomie;  ils 
furent  souvent  fort  imparfaits  sous  le  rapport  de  la  correction  de  la 
forme;  ils  n’ont  pas  connu  non  plus  les  ressources  de  l’ombre  et  du 
clair-obscur.  Cependant,  l’élévation  d’idée  qui  se  révèle  dans  les 
admirables  triptyques  de  Memling  et  de  Quinten  Metsys,  suffit  à 
leur  assigner  le  plus  haut  rang  parmi  les  œuvres  d’art. 


L’art,  disais-je  tantôt,  procède  uniquement  de  la  pensée  humaine. 
J’affirme  plus  :  l’art  est  l’expression  de  la  pensée  humaine.  La  seule 
contrainte  qui  lui  soit  imposée  est  de  se  manifester  par  la  représen¬ 
tation  des  objets  matériels,  parce  qu’il  faut  montrer  à  nos  yeux  des 
signes  qu’ils  comprennent,  parler  à  notre  âme  une  langue  qu’elle 
puisse  entendre. 

Cette  langue,  l’art  la  trouve  dans  la  reproduction  de  la  nature  et 
dispose  pour  cela  de  trois  éléments  :  la  ligne,  le  relief  et  la  couleur. 
La  ligne,  c’est-à-dire  le  dessin  qui,  montrant  les  contours  enserrant 
chaque  objet,  lui  donne  sa  forme  propre;  le  relief  qui  montre  les 
saillies  et  les  dépressions  par  le  jeu  des  lumières  et  des  ombres;  la 
couleur,  la  coloration  particulière  de  chaque  objet. 

Il  pourrait  sembler  inutile  de  faire  ici  cette  distinction  et  cette 
subdivision,  puisque,  de  ces  trois  éléments,  le  dernier  nous  est 


—  274  — 


interdit,  et  que  les  deux  autres,  le  trait  et  le  relief,  s’obtiennent 
simultanément  par  les  procédés  que  nous  employons  et  sont  pour 
nous  inséparables  l’un  de  l’autre. 

Nous  verrons  plus  loin  que  la  couleur,  si  surprenante  que  puisse 
sembler  au  premier  abord  cette  affirmation,  ne  doit  pas  être  consi¬ 
dérée  par  nous  comme  un  élément  étranger.  Quant  aux  deux  autres, 
ils  se  retrouvent  en  toute  œuvre  d’art.  Dans  la  statuaire,  qui  paraît 
procéder  uniquement  par  la  forme,  la  ligne  montre  la  silhouette 
générale,  les  proportions,  et  se  retrouve  encore  dans  l’attitude, 
l’expression  du  visage,  les  plis  des  vêtements  et  des  draperies. 

Si  je  fais  cette  division,  c’est  qu’elle  nous  permettra  d’envisager 
tour  à  tour  et  systématiquement  les  différents  points  en  lesquels 
pourront  se  manifester  les  caractères  artistiques  d’une  œuvre.  Des 
trois  éléments  que  j’ai  cités,  le  premier  à  considérer  est  la  ligne.  En 
ce  qu’elle  montre  la  forme  des  choses,  la  silhouette  générale  est  celle 
des  objets  particuliers  qui  concourent  à  l’ensemble,  c’est  par  elle 
que  sera  constituée  l’ordonnance  d’un  tableau,  et  c’est  elle  que  nous 
devons  considérer  d’abord  dans  la  composition  de  notre  sujet. 

La  composition,  même  d’une  œuvre  photographique,  est  essen¬ 
tiellement  du  domaine  de  l’art,  et  le  métier  n’a  rien  à  faire  en  cela. 
A  la  vérité,  la  nature  en  fournit  bien  à  l’artiste  les  éléments  com¬ 
plets,  mais  il  faut  qu’il  sache  voir  et  choisir,  apprécier  ces  éléments 
au  point  de  vue  de  l’effet  qu’ils  produiront  dans  son  œuvre, 
discerner  ce  qui  pourra  en  constituer  l’élégance  et  la  grâce,  ce  qui, 
d’autre  part,  en  détruira  l’harmonie. 

La  nature  nous  fournit  les  sujets,  mais  ce  n’est  pas  tout,  et  nous 
avons  pu  en  être  assez  convaincus  par  les  innombrables  photogra¬ 
phies  que  nous  avons  vues  trop  souvent,  montrant  des  paysages 
admirables  en  eux-mêmes  et  qui  ne  parvenaient  à  produire  en  nous 
qu’une  impression  d’ennui  et  d’énervement  par  leur  banalité  et  leur 
mauvaise  ordonnance. 

Il  ne  faut  pas  croire  qu’il  suffise  de  planter  son  appareil  devant  un 
beau  site  pour  obtenir  une  œuvre  belle.  Nous  sommes,  devant  la 
nature,  soumis  à  des  influences  différentes  qui  n’agiront  plus  quand 
nous  nous  trouverons  en  face  de  sa  reproduction.  Nous  ne  la  \  03  0ns 
plus  aussi  du  même  œil,  et  j’ai  montré  déjà,  en  une  autre  conférence, 


que  le  Beau  dans  les  arts  est  chose  essentiellement  différente  du 
Beau  dans  la  nature. 

En  outre,  quand  nous  nous  arrêtons  à  contempler  un  paysage, 
nous  ne  nous  inquiétons  guère  qu’il  soit  complet  ou  bien  équilibré  ; 
nous  faisons  abstraction  d’une  foule  d’objets  déplaisants  par  eux- 
mêmes  ou  par  leur  situation  ;  toutes  choses  qui  ne  nous  échapperont 
plus  devant  une  œuvre  réalisée. 


J.  Boitson- 

C’est  l’art  de  la  composition  qui  nous  permettra  de  combiner  les 
divers  éléments  que  nous  fournit  la  nature,  de  les  disposer  en  vue 
du  but  que  nous  poursuivons,  de  les  grouper  en  un  ensemble  élégant 
et  bien  équilibré,  charmant  les  yeux  par  la  beauté  des  lignes  ou  des 
silhouettes.  C’est  lui  encore  qui  nous  apprendra  à  mettre  en  relief 
par  son  emplacement,  le  point  ou  le  sujet  sur  lequel  doivent  se 
porter  principalement  les  regards,  qui  nous  suggérera  le  moyen 
d’atténuer  les  autres,  d’éliminer  ou  de  dissimuler  ce  qui  nous  paraî¬ 
trait  nuisible. 


—  276  — 


Voilà  pourquoi  un  paysage  doit  être  étudié  longuement  et  atten¬ 
tivement  avant  que  nous  passions  à  son  exécution.  Tout  le  mérite 
de  la  ligne  résultera  dans  nos  productions,  je  crois,  de  l’emplace¬ 
ment  que  nous  aurons  choisi.  Cela  paraît  très  simple.  Ne  nous  y 
fions  pas,  cependant.  Une  étude  sérieuse  doit  seule  nous  guider  et 
ce  n’est  pas  le  hasard  qui  fera  jamais  rien  pour  nous. 

Le  relief  nous  est  donné  naturellement,  puisque  la  photographie, 
en  même  temps  qu’elle  reproduit  la  ligne,  reproduit  aussi  l’ombre  et 
la  lumière.  L’ombre  et  la  lumière?  Non,  car  ces  mots  ne  sont  pas 
sjmonymes  de  blanc  et  de  noir. 

Voici  un  des  points  qui  me  font  le  plus  douter  de  la  photo¬ 
graphie  :  c’est  qu’elle  est  si  rebelle  à  rendre  la  lumière,  particuliè¬ 
rement  dans  le  paysage.  Quel  rapport  y  a-t-il  entre  ces  routes 
blanches  qui  font  penser  à  la  neige  et  la  lumière  chaude  et  vibrante 
du  soleil  ?  Quel  rapport  entre  ce  noir  que  nous  voyons  à  côté  et  les 
transparences,  les  limpidités  des  ombres? 

Vous  me  direz  que  c’est  dû  à  l’insuffisance  de  l’échelle  des  tons 
mise  à  notre  disposition,  qu’une  feuille  de  papier,  éclairée  d’une 
lumière  modérée,  ne  peut  avoir  l’éclat  des  rayons  du  soleil?  Vous 
souvenez-vous  des  tableaux  de  Corot?  Il  ne  disposait  que  des  cou¬ 
leurs,  passablement  ternes  à  côté  du  soleil,  que  lui  offrait  sa  palétte. 
Comment  se  fait-il  alors  que  ses  paysages  qui,  dans  les  salles  du 
Louvre,  ne  reçoivent  qu’un  faible  éclairage,  brillent  cependant  d’une 
lumière  resplendissante  ? 

Mais  Corot,  me  direz- vous,  pouvait  se  servir  des  couleurs?  Il  y 
a  cependant  telles  eaux-fortes  de  Rembrandt  qui  scintillent  de 
lumière  et,  dans  ses  eaux-fortes,  tout  comme  nous,  Rembrandt  ne 
disposait  que  du  blanc  et  du  noir. 

L’art  est  impuissant  à  reproduire  la  lumière  par  l’imitation 
directe.  Le  ton  le  plus  clair  de  la  palette  est  terne  et  opaque  à  côté 
du  soleil.  On  peut  épuiser  les  blancs  et  les  jaunes  sans  arriver  à 
produire  de  la  lumière.  Comment  donc  y  parvenir?  Par  le  juste 
rapport  entre  elle  et  les  ombres.  Si  telle  de  vos  œuvres  manque  de 
lumière,  ne  cherchez  pas  à  augmenter  l’éclat  des  blancs,  ce  serait 


277  — 


peine  perdue.  Ne  cherchez  pas  non  plus  à  grandir  les  oppositions, 
vous  ne  parviendriez  qu’à  rendre  vos  ombres  plus  opaques  et  vos 
blancs  plus  ternes  encore.  N’essayez  pas  d’imiter  la  lumière.  Expri- 
mez-la  et  c’est  par  les  ombres  que  vous  y  parviendrez.  Rendez  les 
clairs-obscurs,  les  reflets  qui  sont  accessibles  à  votre  procédé  et  la 
lumière  se  révélera  indirectement,  se  sentira.  Etudiez  Rembrandt. 
Nul  n’a  rendu  la  lumière  avec  plus  d’éclat  et  cependant  ses  tableaux 
sont  tout  remplis  d’ombre.  Car,  remarquez  le  peu  d’étendue  de  sa 
palette,  comme  il  s’est  peu  soucié  des  oppositions  de  teintes,  de  la 
vigueur  du  coloris.  Ses  peintures  sont  presque  monochromes;  les 
couleurs  y  sont  comme  noyées  dans  une  teinte  brunâtre  générale 
qui  les  assombrit  encore,  et  cependant  la  lumière  y  éclate  et  brille 
de  toutes  parts. 

Il  est  un  point  très  important  sur  lequel  je  veux  encore  attirer 
votre  attention  à  propos  du  relief.  Ce  point  touche  plus  directement 
le  procédé  tout  à  fait  matériel  et  concerne  la  façon  de  disposer  la 
lumière  et  les  ombres. 

Un  des  plus  grands  reproches  que  les  artistes  n’ont  cessé  de 
faire  à  la  photographie  est  la  surabondance,  le  grouillement  des 
détails  qui  composent  la  plupart  des  œuvres  obtenues  par  la  chambre 
noire.  Là-dessus,  protestations  énergiques  de  ceux  qui  prétendent 
voir  là  dedans  plutôt  une  qualité  qu’un  défaut.  Ils  ripostent  victo¬ 
rieusement,  croyant  leur  argument  irrésistible,  que  la  photographie 
ne  reproduit  rien  qui  ne  soit  dans  la  nature.  Us  disent  encore  que 
nombre  de  peintres,  célèbres  à  juste  titre,  ont  poussé  jusqu’aux  der¬ 
nières  limites  le  fini,  le  léché,  le  détaillé.  Ceux-là  ne  seraient  pas 
aussi  affirmatifs  s’ils  prenaient  la  peine  d’examiner  quelque  peu  les 
raisons  sur  lesquelles  les  artistes  fondent  leur  reproche.  Ce  n’est  pas 
par  elle-même  que  l’abondance  des  détails  est  un  défaut,  mais  en  ce 
qu’elle  produit  une  impression  de  fatigue,  de  trouble,  de  fourmille¬ 
ment  sur  nos  yeux,  qui,  sollicités  de  toutes  parts,  ne  savent  où  se 
poser. Ces  innombrables  parties,  simplement  juxtaposées,  sans  aucun 
lien  qui  les  relie,  nuisent  à  l’ensemble  en  en  détruisant  l’unité. 

Comment  les  peintres,  même  ceux  qui  se  sont  complus  dans  la 
finesse  de  l’exécution,  ont-ils  évité  cet  écueil?  En  procédant  par 
masses. 


—  278  — 


J’emprunte  une  excellente  définition  de  ce  terme  à  M.  Emile 
Grosjean,  un  critique  d’art  parisien  très  autorisé  (1)  : 

«  On  appelle  masse,  en  peinture,  un  ensemble  d’objets  ou  de 
figures  disposés  de  telle  façon  que  toutes  les  parties  éclairées,  se 
confondant,  pour  ainsi  dire,  en  une  seule  tache  de  lumière,  ne 
forment  pour  l’œil  qu’un  bloc  et  un  tout,  tandis  que  les  parties 
obscures  forment  un  autre  tout  et  un  autre  bloc  d’ombre.  Cet  arti¬ 
fice  seul  donne  à  l’ordonnance  d’une  peinture  complexe  une  unité 
et  une  simplicité  sensibles,  perceptibles  à  l’œil  et  fort  différentes  de 
l’unité  et  de  la  simplicité  logiques  que  saisit  l’intelligence.  » 

Pour  donner  à  l’œil  une  impression  agréable,  les  grandes  masses 
dans  un  tableau  ne  doivent  pas  être  trop  nombreuses.  D’autres 
pourront  s’y  rencontrer,  moins  importantes,  mais  devront  se  subor¬ 
donner  aux  premières  qu’elles  laisseront  subsister  et  ne  s’en  déta¬ 
cheront  pas  non  plus  pour  former  des  ensembles  séparés.  Un 
exemple  nous  fera  mieux  saisir  la  chose  :  supposons  un  paysage 
composé  d’une  prairie  et  d’un  bouquet  de  grands  arbres,  le  tout 
éclairé  obliquement  par  le  soleil.  Nous  voyons  immédiatement  qu’il 
va  se  former  dans  ce  paysage  trois  grandes  masses.  La  prairie, 
éclairée  d’une  façon  générale,  en  constituera  une;  le  bouquet 
d’arbres  présentera  du  côté  du  soleil  une  grande  masse  de  lumière, 
de  l’autre  une  grande  masse  d’ombre.  Mais  la  prairie  pourra  n’être 
pas  complètement  plane;  il  s’y  rencontrera  des  vallonnements  dans 
lesquels  le  soleil  viendra  mettre  des  taches  de  lumière  et  des  taches 
d’ombre.  Les  différents  arbres  dont  se  compose  le  bouquet,  à  leur 
tour,  offriront  chacun  une  partie  plus  éclairée  et  une  autre  plus 
sombre.  Tout  cela  constituera  des  masses  accessoires  qui,  sous 
peine  de  briser  l’unité  de  notre  paj  sage,  devront  n’exister  qu’au 
sein  des  autres  sans  les  empêcher  d’être  très  nettement  perceptibles. 
Je  répéterai  la  même  observation  si,  dans  un  des  arbres  que  nous 
prendrons  isolément,  se  rencontrent  des  masses  formées  par  les 
branches. 

(1)  La  Peinture  et  l’Éducation  de  l’œil.  Conférence  faite  à  la  Sorbonne,  le 
30  mars  1897,  par  M.  E.  Grosjean-Maupin,  ancien  élève  de  l’école  normale  supé¬ 
rieure,  professeur  agrégé  de  l’Université,  membre  de  la  Commission  supérieure 
des  Beaux-Arts  à  l’Exposition  universelle  de  1900. 


—  279  — 


* 

Le  procédé  par  masses,  comme  je  le  disais  tantôt,  évite  à  l’œil 
une  impression  désagréable  de  trouble  et  de  confusion  ;  seul  aussi  il 
permettra  de  saisir  dans  un  paysage  une  impression  d’ensemble  et 
dégagera  nettement  la  forme  des  objets,  tout  en  donnant  à  chacun 
son  importance  relative. 

Pour  obtenir  dans  nos  œuvres  l’harmonie  par  les  masses,  il  faut 
d’abord  choisir  ou  combiner  l’éclairage  du  sujet  de  façon  qu’elles  se 
produisent  d’elles-mêmes;  il  faut  ensuite  supprimer  le  détail  inutile 
qui  les  détruirait.  Quelques  tâches  vigoureuses  d’ombre  et  de 
lumière  nous 
montreront  net¬ 
tement  la  forme 
d’un  arbre  et  ses 
différents  plans; 
quelques  milliers 
de  feuilles  seront 
impuissantes  à 
constituer  un  en¬ 
semble  si  cha¬ 
cune  d’elles  se 
dessine  aussi  clai¬ 
rement  que  l’en¬ 
semble  lui-même. 

Elles  ne  formeront  jamais  qu’un  fouillis  dans  lequel  notre  œil  fatigué 
ne  saura  rien  démêler. 


Il  nous  reste  à  considérer  le  troisième  élément  de  la  production 
d’une  œuvre  d’art  :  la  couleur.  Ce  serait  une  erreur  de  croire  que 
la  couleur  concerne  uniquement  la  peinture,  et  que  les  artistes  en 
blanc  et  noir,  tels  que  les  aquafortistes,  les  graveurs,  n’ont  pas  à 
s’en  préoccuper. 

La  peinture  trouve  un  élément  de  beauté  pour  son  œuvre  dans 
le  choix  des  couleurs,  dans  l’éclat,  la  fraîcheur  des  teintes,  et  aussi 
dans  leur  disposition,  dans  l’impression  agréable  qu’elles  produisent 
non  seulement  par  elles-mêmes,  mais  encore  et  surtout  par  l’harmo- 


20 


—  280  — 


nie  qui  résulte  de  leur  accord  l’une  avec  l’autre.  Mais  ce  n’est  pas 
tout. 

Indépendamment  de  sa  teinte  propre,  la  couleur  dans  les  objets 
possède  encore  une  valeur  comme  ton,  une  relation  entre  elle  et  les 
autres  couleurs  qui  l’entourent.  La  connaissance  parfaite  de  cette 
relation  constitue,  pour  la  plus  grande  part,  le  talent  du  coloriste. 

L’artiste,  par  l’insuffisance  d’étendue  de  sa  palette,  ne  peut  pré¬ 
tendre  à  imiter  matériellement  les  couleurs  de  la  nature;  s’il  par 
vient  à  les  exprimer  avec  exactitude,  c’est  en  observant  le  juste 
rapport  qui  existe  entre  elles.  Plusieurs  peintres  ayant  à  rendre  le 
même  sujet,  il  est  presque  certain  qu’ils  emploieront  différemment 
les  ressources  dont  ils  disposent.  L’un  pourra  se  tenir  dans  une 
note  générale  assez  claire  ;  l’autre,  partir  d’une  teinte  de  lumière 
moins  éclatante  pour  arriver  à  des  ombres  d’une  intensité  plus 
forte;  un  troisième,  parcourir  la  gamme  la  plus  étendue  des  couleurs 
de  la  palette.  Malgré  cela,  si  nous  supposons  ces  peintres  d’égal 
talent,  leurs  œuvres,  tout  en  étant  différentes,  n’en  seront  pas  moins 
également  vraies  si,  dans  l’échelle  des  tons  intermédiaires,  ils  ont 
observé  fidèlement  la  valeur  relative  de  la  couleur  qui  donnera 
l’illusion  de  la  valeur  réelle. 

La  vérité  du  coloris  résulte  donc  plutôt  encore  de  la  fidèle  obser¬ 
vation  des  valeurs  que  de  la  scrupuleuse  exactitude  des  teintes,  et 
c’est  pourquoi  les  arts  qui  ne  se  servent  pas  de  la  couleur  ont  à  en 
tenir  compte,  encore  qu’ils  ne  puissent  l’exprimer  directement.  Je 
suis  même  tenté  de  dire  qu’il  peut  se  présenter  des  cas  où  la  juste 
observation  des  valeurs  leur  est  plus  nécessaire,  précisément  parce 
qu’ils  manquent  de  la  couleur.  Un  exemple  sera  le  meilleur  moyen 
de  définir  ma  pensée  :  un  ciel  nuageux  laisse  par  moments  transpa¬ 
raître  les  rayons  du  soleil  ;  tout  observateur  sait  combien  il  est  diffi¬ 
cile,  parfois,  de  discerner  la  véritable  relation  entre  certaines  parties 
éclairées  du  paysage  et  les  nuages  du  ciel.  Si  l’artiste  ne  parvenait 
pas  à  saisir  et  à  exprimer  exactement  cette  relation,  la  teinte  propre 
de  chaque  partie  lui  permettrait  quand  même  de  s’en  rapprocher 
beaucoup,  en  donnant  lieu  à  l’hésitation  qui  se  produisait  devant  la 
réalité.  Sans  le  secours  de  la  couleur,  au  contraire,  on  percevra 
immédiatement  si  la  relation,  si  subtile  soit-elle,  a  été  faussée.  En 


—  281  — 


effet,  le  ciel,  par  rapport  aux  clairs  du  paysage,  sera  ou  plus  foncé, 
ou  moins,  ou  également,  sans  autres  différences  perceptibles  et 
capables  de  diminuer  celle-là.  Voyez  de  suite  le  changement  complet 
que  chacune  de  ces  nuances  peut  apporter  à  l’effet  d’un  paysage. 

Cette  nécessité  de  l’observation  des  valeurs  me  paraît  exiger  de 
nous,  tout  d’abord,  le  choix  de  sujets  n’offrant  pas  de  difficultés 
insurmontables  par  des  teintes  dont  nous  ne  pourrions,  avec  nos 
procédés,  assurer  l’exacte  relation.  Dans  le  paysage,  c’est  presque 
toujours  un  éclairage  approprié  qui  nous  donnera  l’harmonie.  Nous 
pourrons  aussi  y  contribuer  par  l’emploi  de  nos  procédés,  soit  par 
l’obtention  directe  de  ce  que  nous  cherchons,  soit  par  des  modifica¬ 
tions  postérieures. 

J’ai  entendu  souvent  des  photographes  nier  la  légitimité  des  modi¬ 
fications  imposées  à  une  œuvre  photographique  et,  qui  plus  est,  la 
nier  au  nom  de  la  vérité,  alors  précisément  que  c’est  la  vérité  qui 
les  réclame.  C’est  encore  un  exemple  qui,  dans  ce  cas  comme  sou¬ 
vent,  sera  la  meilleure  preuve.  Si,  dans  un  sujet  quelconque,  il  se 
trouve  un  objet  bleu  d’une  certaine  intensité  de  ton,  et  que  cet 
objet  bleu,  par  la  seule  action  chimique  de  sa  couleur,  se  montre 
dans  notre  œuvre  presque  aussi  clair,  sinon  tout  autant  que  s’il  était 
blanc;  si,  près  de  lui,  il  s’en  trouve  un  autre,  vert  ou  jaune,  mani¬ 
festement  plus  clair,  qui,  par  la  même  raison,  apparaîtra  plus  foncé, 
est- ce  au  nom  de  la  vérité  que  vous  nous  ordonnerez  de  conserver 
cette  erreur? 

Il  me  paraît  aussi  qu’il  faut,  pour  obtenir  la  représentation  des 
couleurs,  rechercher  dans  nos  œuvres  plutôt  la  douceur  que  de 
grandes  oppositions  qui  ne  permettent  pas  la  graduation  délicate 
de  tons  intermédiaires.  Je  crois  avoir  montré  que  l’exagération  des 
contrastes  n’ajoute  rien  aux  effets  d’ombre  et  de  lumière.  Une 
échelle  restreinte,  au  contraire,  mais  savamment  graduée  et  riche 
en  demi-teintes,  mettra  mieux  en  leur  place  les  différents  plans  en 
même  temps  qu’elle  charmera  l’œil  par  une  harmonie  générale. 

—  o  — 

Tout  ce  que  nous  venons  d’examiner  constitue  les  éléments  sen¬ 
sibles  de  la  beauté  d’une  œuvre  d’art.  C’est  en  eux  que  pourront  se 


—  282 


trouver  les  qualités  qui  plairont  à  nos  sens,  en  même  temps  qu’ils 
sont  les  moyens  d’expression  de  ce  qui  doit  saisir  notre  intelligence. 
Peut-être  me  reprocherez-vous  d’avoir  trop  dit  ce  qu’ils  devraient 
être  et  de  n’avoir  point  assez  montré  comment  nous  pouvons  obtenir 
ce  que  nous  exigeons  d’eux,  en  quoi  consistent,  en  un  mot,  les 
moyens  matériels  et  directs  que  nous  offre  la  photographie  ? 

Pensez-vous  qu’il  soit  telle  formule,  tel  procédé  supérieur  à  tous 
les  autres  pour  donner  l’harmonie  des  tons,  les  masses  et  la  lumière? 
J’en]  doute;  je  serais  plutôt  tenté  d’affirmer  que  tous  se  valent  et 

qu’ils  ne  va¬ 
lent  que  par 
ceux  qui  s’en 
servent.  Cha¬ 
cun  saura 
trouver  ce 
qui  convient 
le  mieux  à 
sa  nature,  au 
but  qu’il 
poursuit.  Il 
faut  nous  ser¬ 
vir  des  pro¬ 
cédés  ,  mais 
nous  garder 
de  croire 

qu’ils  ne  donneront  rien  par  eux-mêmes.  Il  ne  faut  pas  croire  non 
plus  que  l’art  qui  se  manifeste  dans  une  œuvre  admirée  soit  le  résul¬ 
tat  d’une  recette  perfectionnée.  Les  artistes  ont  mieux  à  faire  que 
de  découvrir  des  recettes.  Autre  chose  est  de  travailler  celles  qu’on 
veut  bien  nous  fournir  toutes  préparées  pour  en  connaître  les  res¬ 
sources,  les  assouplir,  les  conduire  à  se  plier  à  nos  exigences. 

Au  reste,  ce  que  nous  avons  vu  jusqu’à  ce  moment  n’est  encore 
que  méthode,  méthode  d’emploi  des  moyens  mis  à  notre  disposition. 
En  ce  qu’elle  procède  déjà  par  interprétation,  et  non  par  reproduc¬ 
tion  mécanique  irraisonnée,  elle  suffirait  déjà  à  imprimer  à  nos  pro¬ 
ductions  un  caractère  artistique,  mais  ce  n’est  pas  assez  pour  en 


R.  Brecx. 


282  — 


faire  de  véritables  œuvres  d’art  s’il  y  manque  l’élément  essentiel  de 
celles-ci,  qui  est  l’expression.  Nous  pouvons  avoir  reproduit  les 
objets  avec  leur  forme  exacte  sans  qu’il  s’ensuive  nécessairement 
que  nous  en  ayons  dégagé  le  caractère  spécial. 

Un  des  traits  dominants  des  êtres  animés  que  nous  pourrons 
avoir  à  représenter,  qu’ils  soient  destinés  à  compléter  un  paysage 
ou  à  constituer  dans  une  œuvre  le  sujet  principal,  est  le  mouve¬ 
ment,  et  cela  est  purement  du  domaine  de  l’expression. 

La  connaissance  du  mouvement  n’appartient  pas  seulement  aux 
sens,  mais  encore  à  l’entendement  et  à  nos  facultés  imaginatives  ; 
elle  implique  une  comparaison.  Notre  imagination  s’exerce  en  nous 
rappelant  une  situation  antérieure  et  en  nous  suggérant  la  pensée 
d’une  situation  future.  Les  arts  du  dessin,  qui  ne  peuvent  montrer 
le  mouvement,  l’expriment  au  moyen  de  signes  immobiles.  Que  fait 
la  photographie?  C’est  à  l’instantané  que,  la  plupart  du  temps,  elle 
a  recours.  Elle  saisit  une  des  phases  quelconques  du  mouvement, 
et  il  arrive  ainsi,  presque  toujours,  qu’elle  produit  non  la  représen¬ 
tation  d’un  objet  dans  une  situation  telle  qu’elle  suggère  immédiate¬ 
ment  l’idée  d’un  changement,  mais  une  décomposition  du  mouve¬ 
ment.  Au  lieu  de  le  définir,  elle  l’interrompt.  Elle  veut  nous  montrer 
un  homme  entraîné  par  la  marche  et  lui  fait  occuper  une  insoute¬ 
nable  position  que  nos  yeux,  habitués  à  synthétiser,  n’ont  jamais 
perçue. 

Les  signes,  par  lesquels  l’art  exprime  le  mouvement,  sont  desti¬ 
nés  à  rester  sous  nos  yeux  un  temps  appréciable.  C’est  pour  cela 
qu’ils  doivent  être  durables,  ne  pas  interrompre  le  mouvement, 
mais  en  éveiller  indirectement  l’idée.  Prenons  dans  une  action  le 
moment  qui  conviendra  le  mieux  à  sa  représentation  ;  une  attitude 
qui,  sans  être  celle  du  repos,  pourra  cependant  durer  quelque 
peu,  c’est-à-dire  quand  le  mouvement  va  s’effectuer,  ou  mieux 
quand  il  vient  de  s’accomplir.  Nous  savons  que  cette  attitude 
ne  peut  se  prolonger,  et  c’est  précisément  la  nécessité  de  conce- 
vx)ir  le  changement  qui  donnera  au  tableau  de  l’animation  et  de 
la  vie. 

Nous  agirons  de  même  si  nous  voulons  exprimer  l’impression  que 
produit  un  paysage,  impression  qui  n’est  pour  nous  que  la  synthèse 


d’une  multitude  de  sensations  dont  quelques-unes  sont  dues  au  sens 
de  la  vue,  quelques-unes  encore  à  d’autres  sens,  les  dernières  aux 
opérations  de  l’entendement.  Comme  procédé  de  reproduction,  nous 
n’avons  que  ceux  qui  s’adressent  à  la  vue  et  nous  devons  cependant 
aboutir  au  résultat  final,  en  réveillant,  par  une  association  d’idées, 
les  perceptions  qui  nous  échappent  parce  qu’elles  s’adressent  à 
des  sens  qui  restent  en  dehors  de  notre  action.  Il  faut  choisir, 
parmi  les  objets  qui  se  présentent  à  nos  yeux,  non  seulement 
ceux  qui  sont  de  nature  à  éveiller  les  sensations  visuelles  les 
plus  agréables  et  les  plus  vraies,  mais  surtout  ceux  qui  suggére¬ 
ront  les  sentiments  ressentis  à  leur  contemplation  par  notre  sen¬ 
sibilité. 

Voulez-vous  faire  naître  une  impression  agreste,  l’idée  du  calme, 
de  la  sérénité,  du  tranquille  bien-être  de  la  vie  des  champs?  Mon- 
trez-nous  une  chaumière,  l’objectif  de  tous  nos  rêves  poétiques. 
Empanachez  la  cheminée  d’une  fumée  légère  qui  fait  penser  au  repos 
qui  suit  les  fatigues  de  la  journée  ;  montrez-nous  une  lumière 
éclairant  vivement  l’horizon  comme  à  l’heure  où  le  soleil  va 
disparaître  et,  se  détachant  sur  ce  fond  lumineux,  la  silhouette 
d’un  berger  ramenant  son  troupeau  à  la  bergerie  ;  et  ce  sera 
une  œuvre  d’art,  si  vous  parvenez  à  éveiller  cette  impression 
de  mélancolie  indéfinissable  qui  nous  saisit  à  certains  beaux  soirs 
d’été. 

Ce  n’est  donc  pas  la  reproduction  minutieuse,  l’exacte  imitation 
des  objets  de  la  nature  que  nous  devons  rechercher.  Si  nous  avons 
été  charmés  par  un  paysage  aperçu  à  l’aube  du  jour,  alors  que  toutes 
les  choses  s’estompent  délicatement  dans  la  brume,  qu’une  légère 
vapeur  s’élève  doucement  de  la  surface  de  l’eau  et  des  prairies  bai¬ 
gnées  de  rosée,  allons-nous  nous  attacher  uniquement  à  reproduire 
chaque  détail,  à  n’omettre  ni  une  branche  d’arbre,  ni  une  anfractuo¬ 
sité  de  rocher?  Non,  car  cela  nous  donnerait  une  reproduction  telle 
quelle  d’un  paysage  quelconque,  mais  assurément  pas  l’impression 
cherchée.  Mais  si,  au  contraire,  dégageant  de  cette  impression  toyt 
ce  qui  lui  est  étranger,  nous  isolons  en  quelque  sorte  les  éléments 
qui  la  composent,  la  lumière  encore  hésistante,  le  vague  des  loin¬ 
tains,  la  légère  vapeur  qui  s’élève  doucement  du  sol  et  des  eaux, 


nous  ferons  mieux  qu’une  reproduction  d’un  beau  site,  nous  réveil¬ 
lerons  les  sentiments  qu’il  a  fait  naître  en  nous. 


Dans  les  différents  domaines  de  l’art,  l’artiste  dispose  de  moyens 
spéciaux,  et  la  Statuaire  et  la  Peinture,  dans  leurs  plus  beaux  chefs- 
d’œuvre,  ont  donné  des  expressions  de  la  nature  qui  se  différencient 
autant  l’une  de  l’autre  que  de  la  nature  elle-même. 

C’est  qu’il  y  a  dans  l’art  autre  chose  que  la  représentation  de  la 
nature,  qui  n’est  qu’un  moyen  pour  amener  l’éveil  de  l’émotion  et  de 
l’idée  esthétique.  L’artiste  a  fait  œuvre  d’art,  s’il  a  su  pénétrer  au 
delà  de  la  beauté  primordiale  qui  se  révèle  dans  la  pureté  des 
formes  et  l’harmonie  des  proportions,  s’il  a  exprimé,  en  les  confon¬ 
dant,  la  vérité  matérielle  et  la  beauté  absolue.  Ce  qui  fait  le  charme 
de  son  œuvre,  c’est  qu’il  ajoute  à  la  caractéristique  du  sujet  son 
idée  propre,  son  âme  même.  C’est  cette  âme  qui  vibre,  c’est  elle  qui 
nous  attire,  c’est  elle  qui  nous  émeut. 


Gustave  Marissiaux. 


PROJECTIONS 


Des  rapports  entre  la  longueur  focale  de  l’objectif, 
la  dimension  de  l’image  projetée 
et  la  distance  à  laquelle  on  opère. 


ouvent  il  arrive  que  l’opérateur  est 
appelé  à  faire  des  projections  hors  de 
son  local  habituel,  et  il  peut  dans  ce 
cas  avoir  à  résoudre  certains  problè¬ 
mes,  dont  la  solution  lui  épargnera 
des  tâtonnements  souvent  très  longs. 

Il  faudra  d’abord  qu’il  connaisse  la  longueur  focale  des  objectifs 
dont  il  dispose  ;  elle  n’est  généralement  pas  indiquée  sur  les  instru¬ 
ments. 

Pour  faire  cette  détermination,  il  existe  un  moyen  très  simple 
et  suffisamment  exact  pour  la  pratique  des  projections. 

Sur  un  verre  douci  de  la  dimension  employée  pour  les  projections, 
soit  85ram  sur  100mm,  on  trace  au  centre  une  ligne  ayant  exactement 
7  1/2  centimètres  de  longueur  (dimension  ordinaire  de  l’image),  ou 
bien  on  trace  cette  ligne  sur  une  plaque  défectueuse,  par  exemple 
en  enlevant  la  gélatine  avec  une  pointe,  de  manière  à  mettre  le 
verre  à  nu. 

On  introduit  la  plaque  dans  le  châssis  de  l’appareil  à  projections 
placé  à  une  distance,  supposons  de  4  mètres,  de  l’écran,  et  l’on  met 
le  trait  bien  au  point  sur  la  toile. 


287  — 


Indiquons  par  F  la  longueur  focale  cherchée,  I  la  dimension  de 
la  ligne  projetée  sur  l’écran  et  D  la  distance  de  l’objectif  à  l’écran. 

La  longueur  focale  de  l’objectif  sera  : 

^  D  X  7,5 

F  I 

Exemple  :  La  ligne  projetée  sur  l’écran  a  2  mètres  et  l’appareil 

se  trouve  à  4  mètres  de  la  toile.  On  a  : 

u  4  X  7,5  . 

b  -  - ^ - =  lo  centimètres. 

Ces  déterminations  faites,  il  sera  bon  de  marquer  ces  longueurs 
focales  sur  le  tube  de  chaque  objectif. 

Voyons  quels  sont  les  divers  cas  qui  peuvent  se  présenter? 

Supposons  que  l’on  ait  à  faire  des  projections  de  3  mètres  de 
côté  dans  une  salle  de  8  mètres  de  longueur,  à  quelle  distance  de 
l’écran  faudra-t-il  placer  l’appareil,  si  l’objectif  dont  on  dispose  a 
une  longueur  focale  de  15  centimètres?  Cette  distance  sera  donnée 

I  X  F 

par  la  formule  :  D  =  ^  et  dans  l’exemple  choisi  : 

/  ,o 

„  3  x  15  „ 

D  =  — =-= —  =  G  métrés. 

7,5 

Supposons  maintenant  l’opérateur  en  possession  d’une  série 
d’objectifs  de  différentes  longueurs  focales,  tandis  que  l’appareil 
doit  pour  l’une  ou  l’autre  raison  être  placé  à  une  distance  déter¬ 
minée  de  l’écran,  sur  lequel  la  projection  doit  avoir  une  grandeur 
déterminée  également.  Quelle  sera  la  longueur  focale  de  l’objectif  à 
employer? 

La  formule  sera  celle  indiquée  plus  haut  pour  la  détermination 
du  foyer,  c’est-à-dire  :  F  =  P  ^ 


Si  la  distance  à  laquelle  la  lanterne  doit  se  trouver  de  l’écran  est 
de  15  mètres,  et  que  l’image  doit  avoir  sur  la  toile  5  mètres  de  côté, 
15  X  7,5 


on  aura  :  F 


-  22,5  centimètres. 


Ou  bien  encore,  si  nous  avons  un  objectif  d’une  longueur  focale 
donnée,  et  que  nous  plaçons  l’appareil  à  une  distance  déterminée  de 
l’écran,  quelle  sera  la  grandeur  de  l’image  projetée? 


—  288 


Dans  ce  cas  I  =  - =— — . 

F 

Si  l’objectif  a  une  longueur  focale  de  20  centimètres,  et  que  la 
distance  qui  le  sépare  de  l’écran  est  de  8  mètres,  la  projection  aura 

k  ^  --t'-*  =  3  mètres  de  côté. 

Si  l’on  projetait  des  images  d’un  autre  format  que  75  X  75mm, 
par  exemple  une  diapositive  obtenue  avec  des  phototypes  de  photo¬ 
jumelles,  soit  G1/2X9  centimètres  réduits  à  0  X  8  pour  la  projec 
tion,  le  facteur  7,5  serait  remplacé  par  le  facteur  8  dans  les  formules 
ci-dessus. 

La  table  suivante  supprime  les  calculs  très  simples  que  nous 
venons  d’indiquer  et  permet  de  résoudre  les  différents  cas  qui 
peuvent  se  présenter. 


DISTANCE 

ENTRE 

LA 

LANTERNE 

Longueur  focale  des  objectifs  en  centimètres 

10 

12 

14 

16 

18 

20 

22 

24 

26 

28 

30 

32 

34 

35 

ET 

l’écran 

Dimension  de  l’image  sur  l’écran  pour  des  diapositives 
de  75x75  millimètres 

m.  c. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.  C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

M.C. 

2,00 

1,50 

1,25 

1,07 

0,93 

0,83 

0,75 

0,68 

0,62 

0,57 

0,53 

0,50 

0,47 

0,44 

0,42 

2,50 

1,87 

1,56 

1.33 

1,17 

1,00 

0,93 

0,85 

0,78 

0,72 

0,66 

0,62 

0,58 

0,55 

0,53 

3,00 

2,25 

1,87 

1,60 

1,40 

1,25 

1,12 

1,02 

0,93 

0,85 

0,80 

0.75 

0,70 

0,66 

0,64 

3,50 

2,62 

2,18 

1,87 

1,64 

1,45 

1,31 

1,19 

1,09 

1,00 

0,93 

0,87 

0,82 

0,77 

0,75 

4,00 

3,00 

2.50 

2,14 

1,86 

1,66 

1,50 

1,36 

1,24 

1,14 

1,06 

1,00 

0,94 

0,88 

0,84 

4,50 

3,37 

2,81 

2,41 

2,10 

1,87 

1 ,68 

1,53 

1,40 

1,30 

1,20 

1,12 

1,05 

0,99 

0,96 

5,00 

3,74 

3,12 

2,66 

2,34 

2,00 

1,86 

1,70 

1,56 

1,44 

1,32 

1,24 

1,16 

1,10 

1,06 

5,50 

4,12 

3,43 

2,94 

2,57 

2.29 

2,06 

1,87 

1,71 

1,58 

1,47 

1,37 

1,28 

1,21 

1,17 

6,00 

4,50 

3,74 

3,20 

2,80 

2,50 

2  24 

2,04 

1,86 

1,70 

1,60 

1,50 

1,40 

1,32 

1,28 

6,50 

4,87 

4,03 

3,47 

3.04 

2.70 

2,43 

2,21 

2,02 

1,85 

1,73 

1,62 

1,52 

1,43 

1,39 

7,00 

5,24 

4,36 

3,74 

3,28 

2,90 

2,62 

2,38 

2,18 

2,00 

1.80 

1,74 

1,64 

1,54 

1,50 

7,50 

5  62 

4,68 

4,01 

3,50 

3,11 

2,81 

2,55 

2,33 

2,14 

1,99 

1,87 

1,75 

1  ,C5 

1,60 

8.00 

6,00 

5,00 

4,28 

3,72 

3,32 

3,00 

2,72 

2,48 

2,28 

2,12 

2,00 

1,88 

1,76 

1,68 

9,00 

5,62 

4,82 

4,20 

3,74 

3,36 

3,06 

2,80 

2,60 

2,40 

2,24 

2,10 

1,98 

1,92 

10,00 

5,32 

4,68 

4,00 

3,72 

3,40 

3,12 

2.88 

2,64 

-2,48 

2,32 

2,20 

2  12 

12,00 

5,60 

5,00 

4,48 

4,08 

3,72 

3,40 

3,20 

3,00 

2,80 

2,64 

2,56 

14,00 

5,80 

5,24 

4,76 

4,36 

4,00 

3,72 

3,48 

3,28 

3,08 

3,00 

16,00 

6,00 

5,44 

4,96 

4,56 

4,24 

4,00 

3,76 

3,52 

3,36 

18,00 

6,12 

5,60 

5,20 

4,80 

4,48 

4,20 

3,96 

3,84 

20,00 

6,24 

5,76 

5,28 

4,96 

4,64 

4,40 

4,25 

25,00 

7,20 

6,60 

6,20 

5,85 

5,51 

5,35 

—  289 


On  voit  immédiatement  :  1°  qu’un  objectif  de  20  centimètres  de 
longueur  focale  avec  un  éloignement  de  5  mètres  donne  une  image 
de  1™, 86  ; 

2°  Que,  pour  obtenir  une  image  de  2m,60  avec  un  objectif  de 
26  centimètres  de  longueur  focale,  il  faudra  se  placer  à  9  mètres  de 
l’écran  ; 

3°  Que  pour  avoir  une  image  de  2  mètres  en  se  plaçant  à  5  mètres 
de  l’écran,  il  faudra  employer  un  objectif  ayant  une  longueur  focale 
de  18  centimètres. 


Ch.  Puttemans. 


<*•  DÉVELOPPEMENT  DES  PAPIERS 

PAR  ROIRCISSEIVIEHT  DIRECT 

R.  Ed.  LIESEGANG 


ans  le  procédé  qui  consiste  à  exposerpar- 
tiellement  au  châssis-presse  les  copies 
sur  papier  au  gélatino-chlorure  d’argent 
et  à  développer  ensuite  l’image  jusqu’à 
la  vigueur  voulue  au  moyen  d’un  déve- 
loppateur  «  physique  »,  le  caractère  du 
négatif  joue  un  rôle  important,  surtout 
lorsqu’il  s’agit  d’obtenir,  non  pas  le  ton 
photographique  ordinaire,  mais  des  tons 
artistiques. 

Pour  arriver  aux  tons  vert-noir  au 
moyen  du  développement  à  l’acide  gallique  par  exemple,  il  est 
nécessaire  que  le  négatif  soit  assez  vigoureux  et  possède  plus  de 
contrastes  qu’il  ne  le  faut  pour  les  procédés  d’impression  habituels. 

Si,  dès  le  début,  on  vise  à  l’application  du  procédé  positif  dit  par 
développement,  il  sera  facile  d’arriver  à  l’obtention  de  négatifs 
ayant  les  oppositions  voulues.  Il  suffit  de  développer  la  plaque  au 
Pyrogallol  et  à  la  soude,  sans  addition  ou  avec  une  addition  minime 
de  sulfite.  Le  négatif  résultant  —  pourvu  que  l’exposition  ait  été 
suffisante  —  se  distinguera  par  une  opacité  particulière  due  à  la 


Par 


291  — 


superposition  d’une  image  colorée  en  brun  sur  l’image  primaire 
formée  par  un  dépôt  d’argent  métallique  noir. 

Afin  de  rendre  applicable  le  procédé  par  développement  à  tous 
les  genres  de  négatifs  et  d’obtenir  des  tons  artistiques,  même  avec 
des  négatifs  faibles,  sans  avoir  recours  au  développement  au  pyro- 
gallol  non  additionné  de  sulfite,  je  crois  pouvoir  préconiser  un 
moyen  exempt  de  tout  inconvénient.  C’est  d’employer,  pour  le 
développement  physique  de  l’image  positive,  la  méthode  au  pinceau, 
au  lieu  d’immerger  les  épreuves  dans  le  bain. 

Cette  manière  de  faire  n’est  peut-être  pas  pratique  pour  le  pho¬ 
tographe  professionnel,  mais  l’amateur  qui  ne  produit  qu’un  nom¬ 
bre  restreint  de  copies  s’en  trouvera  certainement  bien.  Du  reste, 
lorsqu’il  s’agit  de  développer  des  épreuves  de  grand  format,  la 
méthode  au  pinceau  est  la  seule  pratique. 

La  supériorité  du  développement  au  pinceau  sur  l’emploi  du 
développateur  sous  forme  de  bain  peut  s’expliquer  par  la  considé¬ 
ration  suivante  :  si  de  deux  bandes  de  papier  sensible  exposées 
pendant  un  temps  également  long  sous  un  même  négatif,  on  déve¬ 
loppe  l’une  en  présence  d’une  proportion  faible  d’acide  gallique, 
l’autre  au  moyen  d’une  proportion  plus  forte,  la  première  donnera 
une  image  accusant  plus  de  contrastes  que  la  seconde.  L’image  sera 
d’autant  plus  harmonieuse  qu’on  emploiera  une  plus  forte  propor¬ 
tion  de  bain.  Au  fixage,  le  ton  de  la  première  bande  sera  plus  noir, 
celui  de  la  seconde  sera  rouge  brun.  Si  le  négatif  a  été  faible,  on 
n’obtiendra  plus  avec  la  seconde  bande  de  ton  convenable.  Et 
comme  la  méthode  au  pinceau  permet  l’emploi  d’un  minimum  de 
solution  révélatrice,  elle  donnera  facilement  des  images  vigoureuses 
et  de  beaux  tons  artistiques. 

Quant  au  côté  pratique  du  développement  au  pinceau,  nous 
ne  mentionnerons  que  les  points  qui  diffèrent  de  la  méthode  ordi¬ 
naire. 

On  prépare  : 

A.  Solution  saturée  d’acide  gallique  dans  l’eau. 

B.  Acétate  de  soude  cristallisé  .  .  100  gr. 

Eau . 100  cm3. 


_  292  — 


Pour  l’usage  on  prend  : 

75  cm3  de  la  solution  a. 

5  cm3  —  b. 

Quant  à  l’exposition  au  châssis-presse,  elle  devra  être  environ  le 
quart  de  la  durée  d’une  impression  par  le  mode  opératoire  habituel. 
La  copie  est  placée  sur  une  plaque  de  verre  et,  au  moyen  d’un 
tampon  d’ouate  ou  d’un  pinceau,  on  enduit  la  feuille  de  la  solution 
révélatrice;  au  bout  de  quelques  minutes  on  obtient  la  vigueur 
voulue.  Puis  on  rince  à  l’eau  et  l’on  fixe  dans  un  bain  d’hypo- 
sulfite  de  soude. 

La  formule  donnée  s’entend  pour  des  négatifs  de  densité 
moyenne;  si  le  négatif  est  très  dur,  on  diluera  le  bain  davantage. 

Inutile  de  dire  qu’il  est  facile  de  faire  ressortir  davantage 
certaines  parties  de  l’image  par  un  développement  local.  Aussi 
peut-on  augmenter  la  ressemblance  des  copies  avec  un  dessin  en 
développant  les  bords  de  l’image  plus  ou  moins  irrégulièrement. 

Traduit  par  V.  H. 


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REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


Wilson’s  Photographie  Magazine. 

(N°  911.) 

Méthode  pour  rendre  les  bouchons  en  liège  imperméables  aux  vapeurs.  —  Dans 
le  cas  de  conservation  d’ammoniaque  ou  d’éther,  on  plonge  le  bouchon  une 
couple  de  fois  dans  la  préparation  suivante  : 

Gélatine  tendre . 3  parties. 

Eau . .  .  .  .•  9  » 

Glycérine . 2  » 

On  fait  dissoudre  préalablement  la  gélatine  dans  l’eau  chaude;  puis  on 
l’ajoute  à  la  glycérine. 

(N°  493.) 

Un  bon  vernis  pour  phototypes  ne  se  fendillant  pas  : 

Faites  dissoudre  de  la  poudre  d’ambre  .  .  .  10  gr. 


Caoutchouc  (non  vulcanisé) .  G  gr. 

Dans  :  Chloroforme . 180  cc. 

Renzine . 180  cc. 

Ce  vernis  retient  également  la  retouche. 

Les  rayons  lunaires  comparés  aux  rayons  X.  —  Certains  expérimentateurs 


ayant  prétendu  avoir  découvert  que  les  rayons  lunaires  avaient  certaines  res¬ 
semblances  avec  les  rayons  X,  sous  le  rapport  de  leurs  propriétés,  M.  C.  Ashley 
Snow,  dans  lhe  International  Annual,  volume  X,  donne  un  article  des  plus  inté¬ 
ressants  à  ce  sujet.  M.  Snow  dit  :  «  J’ai  souvent  développé  à  la  clarté  de  la  lune 
et  arrangé  mes  plaques  en  attendant  de  les  fixer,  sans  jamais  avoir  obtenu  le 
moindre  voile  ».  De  même,  des  plaques  sensibles,  enveloppées  dans  trois  épais¬ 
seurs  de  papier  noir,  et  exposées  toute  une  nuit  à  la  clarté  de  la  pleine  lune, 
n’ont,  au  développement,  accusé  aucune  altération. 


A.  b. 


Memento  des  Expositions 


Association  belge  de  Photographie.  —  Cercle  Artistique  de 
Bruxelles,  du  1er  au  31  mai. 

Royal  Photographie  Society.  —  Costal  Palace  de  Londres, 
du  27  avril  au  14  mai. 

Photo  Club.  —  Galerie  des  Champs-Elysées  de  Paris,  du  3  au 
29  mai. 

Société  lorraine  de  Photographie  de  Nancy,  du  28  mai  au  13  juin. 
The  Photographie  Society  de  Philadelphie,  du  24  octobre  au 
12  novembre. 


Le  Conseil  de  la  Société  lorraine  de  Photographie  a  décidé  de 
reporter  au  30  avril  1898  le  délai  d’adhésion  à  son  Exposition  géné¬ 
rale  de  photographie. 

Toutes  les  formules  d’adhésion  devront  parvenir,  pour  cette 
date,  au  siège  de  la  Société,  24,  rue  Sellier,  à  Nancy. 


Philadelphia  Photographie  Salon 

L’Académie  des  Beaux-Arts  de  Pensylvanie  avec  le  concours  de 
la  Photographie  Society,  de  Philadelphie  (Etats-Unis),  annonce 
une  exposition  de  photographie  artistique  pour  le  24  octobre  pro¬ 
chain.  Les  œuvres  seront  soumises  à  un  jury  composé  d’artistes  et 
de  photographes  américains.  Le  règlement  du  Salon  sera  publié 
sous  peu. 


6ibliocjt«apliic 


Einleitung  in  die  Pliotochemie ,  par  S.  Fkiedlander.  Verlag  der  deutschen 
Photographen-Zeitung,  à  Weimar. 

Cet  ouvrage,  qui  s’intitule  «  Introduction  à  la  Photochimie  »,  s’adresse  à 
ceux  qui  veulent  entreprendre  des  recherches  concernant  la  partie  chimique  de 
la  photographie,  sans  posséder  des  connaissances  spéciales  en  chimie.  —  Il  est 
utile  et  instructif,  même  pour  ceux  qui  ont  fait  des  études  chimiques  plus 
approfondies. 

L’auteur  s’est  montré,  dans  son  ouvrage,  partout  à  la  hauteur  de  la  science 
moderne;  —  la  partie,  concernant  la  constitution  chimique  des  corps  intéres¬ 
sant  le  photochimiste,  est  particulièrement  développée.  Par  contre,  le  chapitre 
«  Virage  »  nous  semble  trop  abrégé.  —  Les  travaux  de  Stas  sur  les  différentes 
modifications  du  chlorure  et  du  bromure  d’argent  auraient  mérité  d’être  men¬ 
tionnés.  —  Quant  à  la  platinotypie,  nous  avons  en  vain  cherché  l’explication  des 
phénomènes  chimiques  qui  s’y  rapportent. 

En  somme,  ouvrage  recommandable,  à  peine  diminué  dans  sa  valeur  par  de 
trop  nombreuses  fautes  d’impression. 

Nous  souhaitons  que  la  première  édition  soit  bientôt  suivie  d’une  seconde 
mieux  corrigée. 


21 


jou«is(-a-UX  keçus 


Belgique. 

■t 

Bulletin  de  l'Académie  royale  des  Sciences,  nü  2. 

Ciel  et  Terre,  nos  2,  3. 

L’Objectif,  nos  36,  37. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  391,  392,  393. 

Revue  bibliographique  belge,  n°  2. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Belgique,  n°  15. 

Allemagne. 

Deutsche  Photograplien  Zeitung,  nos  12,  13,  14. 

P hotographische  Rundschau,  n°  4. 

Photographische  Mitlheilungen,  n°  24. 

P  hotographische  Chronik,  nns  12,  13. 

Photographisches  Centralblatt,  n°  5. 

Pholographisches  Wochenblatt,  nos  11,  12,  13,  14. 

Internationale  Photographische  Monatsschrift  fur  Medizin ,  n°  3. 
Prahtischer  Rathgeber,  n°  6. 

Autriche. 

TJhotographische  Correspondenz,  n°  451. 

Wiener  Photographische  Blatter,  n°  4. 

Wiener  Freie  Photograplien  Zeitung,  n°  3. 

Danemark. 

Bcrclninger  fra  Dansk  fotografsk  Forening,  n°  3. 

États-Unis. 

Wilson  s  Magazine,  n°  495. 

Rcvista  cientifica  Hispa 1 1 o-A mcri car» a,  n°  3. 


—  297  — 


France. 

Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  nos  5,  6. 
Moniteur  de  la  Photographie,  nos  6,  7. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  86. 

Photo-Gazette,  n°  5. 

Le  Photogramme,  n°  3. 

Photo- Journal,  n°  98. 

Gazette  du  Photographe  amateur,  n°  60. 

La  Photographie,  n°  4. 

L Avenir  photographique,  nos  74,  75. 

Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  n°  2. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaise  de  Photographie,  15  mars. 
Bulletin  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la  France,  n°  3. 
Photo-Revue,  nos  12,  12  bis. 

Bulletin  de  la  Société  Havraise  de  Photographie,  n°  3. 

La  Mise  au  point,  n(,s  1,  2. 

Le  Monde  photographique,  n°  35. 

La  Science  illustrée,  nos  538,  539. 

Im  Science  en  famille,  n°  32. 

Ombres  et  Lumière,  n°  33. 

Grande-Bretagne. 

British  Journal  of  Photography,  nos  1976,  1977. 

Photographie  News,  nos  116,  117. 

Photography,  nos  488,  489,  490. 

The  Amateur  Photographer,  nos  702,  703. 

The  Photogram,  n°  52. 

Process  Work  and  tlie  Printer,  n°  59. 

Italie.  * 

Rivista  scientifico-artistica  di  Fotografa,  n°  1. 

Il  Dilettante  di  Fotografa,  n°  95. 

Suisse. 

Revue  suisse  de  Photographie,  n°  2. 

Les  Procédés  modernes  d’illustration,  n°  4. 


'O  tmjmi  Hp>  C 


Dos  IllustpQtions 


En  Campine.  —  D’après  une  épreuve  de  M.  R.  Ickx,  de  la 
section  de  Courtrai,  qui  figurait  à  l’exposition  de  l’année  dernière. 
La  reproduction  en  photogravure  a  été  exécutée  par  MM.  Blechinger 
et  Leykauf  à  Vienne. 


Illustrations  dans  le  texte,  de  MM.  G.  'Vandale,  abbé 
Motus,  J.  Boitson,  et  de  nos  regrettés  confrères  Achille  Sacré  et 
René  Brecx. 


Lettrines  de  MM.  Ch.  Dupont,  Ch.  Puttemans,  V.  Selb  et 
D.  Van  den  Hove. 


SO^L^LRin^ 


PAGES. 


Conseil  d'administration.  —  Membres  admis . 231 

Troisième  exposition  d’art  photographique . 232 

Composition  du  Conseil  d' administration . 234 

Sections  de  V Association.  —  Bureaux . 236 

Liste  des  membres,  1898  . .  238 

Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  de  Courtrai.  —  Séance  du  10  janvier  1898. 

Démonstration  du  papier  «  Yelox  » . 265 

Séance  du  14  janvier  1898. 

Séance  annuelle  de  projections.  —  Papier  «  Eclair  » . 266 

Section  de  Gand.  —  Séance  du  3  février  1898. 

Session  de  l’Union  internationale.  —  Hommage  de  M.  Casier. — 

Cliché  intéressant.  —  Lanterne  de  projection . 26S 

Jeton  de  présence . 269 

Comment  un  artiste  photographe  peut  être  un  photographe  artiste , 
par  Gustave  Marissiaux . 270 

Projections.  —  Des  rapports  entre  la  longueur  focale  de  l'objectif,  la 
dimension  de  l'image  projetée  et  la  distance  à  laquelle  on  opère, 
par  Ch.  Puttemans . 276 

Développement  des  papiers  par  noircissement  direct,  par  R.  Ed.  Liesc- 

gang . 290 

Revue  des  journaux  photographiques . 

Wilson’s  photographie  Magazine. 

N"  491 .  —  Méthode  pour  rendre  les  bouchons  en  liège  imperméables 
aux  vapeurs .  293 


N°  493.  —  Un  bon  vernis  pour  phototypes  ne  se  fendillant  pas. —  Les 
rayons  lunaires  comparés  aux  rayons  X . 


293 


—  300 


Memento  des  Expositions 
Bibliographie  .  .  .  . 

Journaux  reçus  .  .  • 

Nos  illustrations  .  .  . 

Sommaire. 


IMAGES. 

294 

295 

296 
298 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


Une  Américaine. 


CLICHÉ  PAR  R.  H.  KURMAN, 

SAN  DIEGO,  CALIFORNIA. 


Sur  “SPECIAL  PORTRAIT” 


VELOX. 


IMPRIMÉ  ET  DÉVELOPPÉ  EN  PLEINE  LUMIÈRE  I)U  GAZ. 


R.  Rousseau.  Pliototypographie  F.  Dricot. 

A  GROENENDAEL  —  17  MAI  1898. 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


Association  belge  de  Photographie 


SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d'honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 

N 03  5-6.  —  25me  ANNÉE.  —  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  V.) 


Conseil  d’fldministration 

NT  été  admis  : 

Membres  effectifs  : 

MM.  Allard,  Oswald,  17,  rue  de  laSablon- 
nière,  Bruxelles,  présenté  par  MM.  De  Neck 
et  Puttemans. 

Breyer  ,  Hermann  ,  21 ,  place  Liedts , 
Bruxelles,  présenté  par  MM.  Bovier  et  Put¬ 
temans. 


22 


302 


Mme  Briots,  Elise,  50,  rue  du  Trône,  Bruxelles,  présentée  par 
MM.  Jones  et  Yanderkindere. 

MM.  de  Bonnier,  Arthur,  14,  rue  de  la  Blanchisserie,  présenté 
par  MM.  Puttemans  et  N}rst. 

Dricoiv  F.,  photograveur,  19,  rue  de  la  Prospérité,  Molen- 
beek- Saint- Jean,  présenté  par  MM.  Puttemans  et  Vanderkindere. 

Florange,  Théodore,  achitecte,  6,  rue  de  l’Horticulture,  Bru¬ 
xelles,  présenté  par  MM.  Puttemans  et  Nyst. 

Fondu,  Charles,  rue  de  l’Harmonie,  Vilvorde,  présenté  par 
MM.  Hanssens  et  Yanderkindere. 

Goossens,  Ch.,  docteur  en  sciences  naturelles,  rue  de  la  Cathé¬ 
drale,  Fiége,  présenté  par  MM.  Roland  et  Dupont. 

Hanin,  Aloys,  6,  rue  Emile -Cuvelier,  Namur,  présenté  par 
MM.  Devaux  et  Jossart. 

Jensen,  Alfred,  ingénieur,  15,  rue  Charles-Morren,  Liège,  pré¬ 
senté  par  MM.  Laoureux  et  Kemna. 

Lepaige,  Ulric,  Observatoire,  Liège,  présenté  par  MM.  Roland 
et  Laoureux. 

Leys,  Ferdinand,  40,  rue  Ernest-Allard,  Bruxelles,  présenté  par 
MM.  Wyns  et  Pollet. 

Maskens,  Louis,  artiste  peintre,  22,  boulevard  de  AVaterloo, 
Bruxelles,  présenté  par  MM.  Peltzer  et  Vanderkindere. 

Mativa,  François,  33,  rue  des  Armuriers,  Liège,  présenté  par 
MM.  H.  Mativa  et  Laoureux. 

Noé,  Georges,  ingénieur,  Saint-Nicolas  lez-Liége,  présenté  par 
MM.  Roland  et  Dumoulin. 

Springuel,  Georges,  30,  rue  Fabry,  Liège,  présenté  par 
MM.  Jacques  et  Ronchesne. 

Membre  associé  : 

M.  Guichard,  René,  50,  rue  du  Trône,  Bruxelles,  présenté  par 
MM.  Jones  et  Yanderkindere. 

Fils  de  membre  : 

M.  Kymeulen,  Jean,  rue  Vanderstichelen,  34,  Molenbeek,  prë- 
senré  par  Kymeulen  père. 


Assemblée  générale  annuelle 

tenue  à  Bruxelles  le  17  avril  1898 
Présidence  de  fVT.  Casier,  président 


ont  présents  :  MM.  Casier,  Maes, 
F.  Massange  de  Louvrex,  Arth.  N}rst, 
Roland,  Canfyn,  Goderus,  Lunden, 
Stadeler,  Magnien,  Watrigant,  Selb, 
Ernotte,  Puttenians,  A.  Massange  de 
Louvrex,  R.  Rousseau,  Michel,  L.De 
Clercq,  Servaes.  Dr  Paternotte,  Bron- 
khorst,  Massaux,  Kymeulen,  Hof- 
mans,  Poupart,  Descamps,  D1  Gilbert, 
Durieu,  Boitson,  Pollet,  Delcroix, 
Smeesters,  Simon,  Herremans,  Mouton  et  M.  Vanderkindere. 

Se  sont  fait  excuser  :  MM.  le  lieutenant  général  Van  Eechout, 
J.  Desmet,  D1  Denobele,  Morel  de  Boucle-Saint-Denis,  Leirens, 
Rutot,  Ickx,  Peltzer,  Delevoy  et  de  Heinptinne. 

La  séance  est  ouverte  à  3  1/4  heures. 

Le  procès-verbal  de  l’assemblée  générale  du  21  novembre  est 
adopté  sans  observations. 

Le  secrétaire  général  donne  lecture  de  son  rapport  sur  la  situa¬ 
tion  morale  et  matérielle  de  l’Association  pendant  l’année  1897.  Ce 
rapport,  qui  constate  une  situation  prospère,  est  approuvé  sans 
modifications. 

Le  trésorier  dépose  ensuite  le  bilan  de  l’exercice  1897,  qui  se 


—  304  - 


solde  par  un  boni  de  1,188  fr.  56  c.  L’assemblée  approuve  les 
comptes  du  trésorier. 

L’assemblée  passe  ensuite  au  4°  de  l’ordre  du  jour. 

Élection  des  membres  du  Conseil  d'administration. 

Motion  d'ordre. 

M.  Roland,  président  de  la  Section  de  Liège,  demande  la  parole 
pour  une  motion  d’ordre.  Il  propose  de  passer  outre  à  l’élection  et 
d’acclamer  la  réélection  du  bureau  actuel.  Ces  messieurs,  dit-il,  ont 
préparé  les  fêtes  du  XXVe  anniversaire  et  la  troisième  Exposition 
d’art  photographique.  Il  n’est  que  juste  qu’ils  soient  à  l’honneur 
après  avoir  été  à  la  peine. 

M.  Casier,  président,  remercie  M.  Roland  des  paroles  aimables 
qu’il  vient  de  prononcer,  mais  il  fait  observer  que  les  statuts  exigent 
l’élection  au  scrutin  secret.  Il  craint  que  l’on  ne  pose  un  dangereux 
précédent  et  demande  formellement  que  l’assemblée  passe  au  vote 
de  façon  régulière.  Il  ajoute  que  le  Comité  n’est  plus  au  complet  et 
qu’il  y  a  lieu  de  nommer  un  commissaire  en  remplacement  de 
M.  Selb  qui  a  été  nommé  délégué  de  la  Section  d’Anvers  à  la  place 
de  M.  Stappers,  décédé. 

Il  faut  en  outre  nommer  un  trésorier  à  titre  définitif.  M.  A.  Nyst, 
qui  avait  jusqu’ici  remplacé  par  intérim  notre  collègue  M.  Bosch- 
mans,  a  bien  voulu  accepter  la  candidature  qui  lui  a  été  offerte. 

M.  Puttemans,  président  de  la  Section  de  Bruxelles,  dit  que 
M.  Nyst  acceptant  la  candidature  de  trésorier,  une  place  serait 
encore  vacante  au  Comité.  Il  a  semblé  à  la  Section  de  Bruxelles 
que  cette  place  lui  revenait,  puisque  M.  Nyst  est  membre  de  cette 
Section.  Il  propose  donc  la  candidature  de  M.  le  Dr  Th.  Gilbert. 

M.  le  président  dit  que  la  Section  de  Gand  n’ayant  pas  de 
commissaire  élu  par  l’Assemblée  générale,  a  émis  le  désir  de  voir 
M.  Goderus,  son  président,  choisi  pour  remplacer  M.  Selb.  Il  pro¬ 
pose  donc  la  candidature  de  M.  Goderus. 

M.  Roland  s’incline  devant  les  raisons  données  par  M.  le  pré¬ 
sident,  mais  il  propose  de  voter  par  acclamation  pour  les  membres 
sortants  et  les  candidats  qui  viennent  d’être  présentés. 

M.  le  président  s’oppose  formellement  au  vote  par  acclama¬ 
tion;  il  tient  strictement  à  ce  que  le  vote  soit  secret;  mais  afin  de 


—  305  — 


ne  pas  perdre  de  temps,  il  consent  à  ce  qu’il  soit  procédé  en  une  fois 
pour  tous  les  membres  du  comité,  par  oui  ou  par  non. 

On  passe  au  vote.  Le  scrutin  donne  les  résultats  suivants  : 

Votants,  36.  —  Bulletins  oui,  36. 

Président  :  M.  Jos.  Casier,  réélu  à  l’unanimité  pour  un  terme  de 
trois  ans. 

Vice-présidents  :  MM.  Jos.  Maes;  F.  Massange  de  Louvrex. 

Trésorier  :  M.  A.  Nyst. 

Commissaires  :  MM.  Th.  Gilbert,  A.  Goderus,  A.  Lunden, 
Orban-Viot,  H.  Beltzer,  Ch.  Puttemans. 

M.  le  président  remercie  l’assemblée  de  la  nouvelle  marque  de 
confiance  qu’elle  vient  de  lui  témoigner. 

MM.  Goderus  et  Gilbert  remercient  également  les  membres 
qui  ont  bien  voulu  les  appeler  au  Comité  central. 

M.  le  président  attire  l’attention  des  membres  des  diverses  Sec¬ 
tions  sur  le  rôle  qu’ont  à  jouer  leurs  délégués  au  Conseil  d’adminis¬ 
tration.  Ce  rôle  est  loin  d’être  secondaire,  et  il  importe  que  les  Sec¬ 
tions  désignent  des  membres  qui  puissent  assister  régulièrement  aux 
séances  mensuelles  du  Conseil  d’administration. 

M.  Roland  demande  que  le  Comité  veuille  bien  s’occuper  de 
façon  active  du  Musée  de  photographies  documentaires.  M.  le 
président  répond  qu’il  n’a  pas  perdu  de  vue  la  question,  mais  que 
l’organisation  des  fêtes  et  de  l’Exposition,  ajoutée  à  la  besogne 
mensuelle  courante,  a  depuis  un  an  absorbé  tous  les  moments  du 
Comité. 

Il  est  distribué  aux  membres  des  exemplaires  d’un  jeton  de  pré¬ 
sence  offert  par  la  Beernaert's  Dry  Plate  C°,  et  des  prospectus  des 
maisons  Gaumont  de  Paris  et  Cadett  de  Londres. 

La  séance  est  levée  à  5  heures. 


Rapport  du  Secrétaire  général 

sur  la  situation  morale  et  matérielle  de  l’Association 

pendant  l’année  1897 


'Association  belge  de  Photographie  a 
continué  sa  marche  progressive  pendant 
l’année  1897,  et  par  l’énumération  des 
différents  travaux  qu’elle  a  accomplis,  on 
verra  que  l’activité  de  son  Conseil  d’admi¬ 
nistration  et  de  ses  membres  ne  s’est  pas 
ralentie  un  instant.  Quoique  l’année  der¬ 
nière  n’ait  pas  été  une  année  d’exposition 
pour  la  société,  la  besogne  des  différents 
services  n’a  fait  qu’augmenter  et  il  n’est  que  juste  que  nous  remer¬ 
ciions  ici  les  membres  dévoués  qui  ont  assuré  le  fonctionnement 
régulier  des  divers  rouages. 

Nous  sommes  heureux  de  pouvoir  constater  que  le  succès  est  venu 
récompenser  leurs  efforts,  et  que  l’Association  se  développe  et 
s’élève  sans  cesse. 

* 

*  * 

Au  31  décembre  189b,  elle  comptait  004  membres  ;  au  31  décembre 
189/,  nos  listes  se  clôturaient  avec  un  effectif  de  640  membres  qui  se 
répartissent  ainsi  : 


Membres  effectifs . 578 

associés . 42 

correspondants .  2 

d’honneur . 16 

honoraires .  2 

Total.  .  .  640 


Depuis  le  31  décembre,  nous  avons  enregistré  déjà  plus  de 
50  nouveaux  membres  qui  viennent  combler,  et  bien  au  delà,  les 
pertes  que  nous  avons  subies  par  suite  de  démissions  et  décès. 

Car  la  mort  a  fait  de  cruels  ravages  dans  nos  rangs,  depuis  notre 
dernier  rapport.  Nous  avons  perdu,  parmi  nos  membres  d’honneur, 
M.  Swan,  l’un  des  inventeurs  du  procédé  au  charbon  ;  M.  Carey 
Lea.  de  Philadelphie,  à  qui  l’on  doit  des  travaux  d’un  haut  intérêt 
sur  la  photochimie  dont  quelques-uns  ont  été  publiés  dans  notre 
Bulletin ,  et  enfin,  tout  récemment,  M.  Gauthier-Villars,  de  Paris, 
l’éditeur  bien  connu  de  la  célèbre  bibliothèque  photographique. 

Nos  membres  actifs  n’ont  pas  davantage  été  épargnés  depuis  un 
an.  Nous  avons  eu  la  douleur  de  perdre  le  R.  P.  van  Tricht,  l’émi¬ 
nent  vice-président  de  la  Section  de  Louvain;  M.  Ch.  Boschmans, 
notre  dévoué  trésorier  ;  M.  L.  Stappers,  délégué  de  la  Section 
d’Anvers  au  Conseil  d’administration  et  secrétaire  de  cette  Section  ; 
MM.  G.  Billen,  Capelle,  Kinard,  Ach.  Sacré,  Tilman,  Van  Ren- 
terghem,  le  D1  Brecx  et  M.  H.  de  Bonnier. 


Aux  six  Sections  de  l’Association  est  venue  s’en  adjoindre  une 
septième  au  commencement  de  l’année  1897.  Le  26  janvier,  le  Con¬ 
seil  d’administration  installait  la  Section  de  Courtrai,  qui  marchera, 
nous  l’espérons,  sur  les  traces  de  ses  aînées. 

Au  mois  de  juin  déjà,  la  jeune  consœur  était  chargée  de  l’orga¬ 
nisation  de  la  Session  annuelle  de  la  Pentecôte.  Le  Bulletin  vous  a 
rapporté  le  succès  de  cette  réunion  et  de  l’Exposition  que  nos 
confrères  avaient  si  parfaitement  installée  ;  le  ciel  seul  a  boudé  à 
notre  joie  commune;  et  le  concours  annuel  pour  les  six  plus  belles 
épreuves  n’a,  par  suite  du  mauvais  temps,  pas  donné  les  résultats 


—  308  — 


habituels  ;  nous  regrettons  seulement  que  nos  confrères  n’aient  pas 
assisté  en  plus  grand  nombre  à  cette  Session. 


Outre  l’Exposition  de  Courtrai,  nous  avons  eu  la  rare  fortune  de 
posséder  pendant  plusieurs  semaines  une  cinquantaine  des  meil¬ 
leures  œuvres  du  grand  photographe  écossais,  James  Craig- Annan. 
Leur  succès  a  été  considérable  dans  les  diverses  Sections,  et  nous 
sommes  persuadé  que  leur  exemple  aura  excité  l’émulation  parmi 
nos  amateurs. 

D’autre  part,  plusieurs  de  nos  membres  ont  pris  part  aux  Expo¬ 
sitions  de  Paris  et  de  Hambourg.  Au  Salon  du  Photo-Club  de 
Paris,  l’Association  était  représentée  par  MM.  Alexandre, 

L.  Bovier,  A.  Canfyn,  J.  Casier,  H.  Colon,  D.  Declercq,  A.  De 
Gryse,  Ch.  Dewit,  Ch.  Gaspar,  E.  Hannon,  R.  Ickx,  R.  Pauli, 
Ch.  Puttemans,  E.  Sacré,  V.  Selb,  Ch.  Van  Loo,  qui  eurent 
43  œuvres  admises  par  le  jury  parisien. 

A  Hambourg,  nous  avons  également  pu  envoyer  une  riche  collec¬ 
tion  d’œuvres  dont  M.  Juhl  a  constaté  le  succès.  Voici  le  relevé  de 
nos  exposants  :  MM.  Albert  Canfyn,  Jos.  Casier,  D.  Declercq, 

M.  Declercq,  Ch.  Dewit,  Ch.  Gaspar,  A.  De  Gryse,  F.  Michel, 

L.  Misonne,  R.  Pauli,  R.  Rousseau,  E.  Sacré,  G.  Vandale, 

M.  Vanderkindere,  avec  42  œuvres. 

Si  l’on  compare  ces  chiffres  à  ceux  d’il  y  a  deux  ans,  on  est  frappé 
du  chemin  parcouru  en  si  peu  de  temps.  En  1895,  l’Association 
belge  de  Photographie  était  représentée  à  Hambourg  par  quatre 
œuvres  seulement,  appartenant  à  notre  confrère  M.  D.  Declercq. 
En  1894,  il  n’y  avait  que  cinq  Belges  au  Salon  du  Photo-Club. 
Nous  avons  pu  reconnaître  ainsi  l’efficacité  de  la  mesure  que  nous 
avons  prise  en  189G  d’envoyer  en  bloc  les  œuvres  de  nos  membres. 
Nos  amateurs  n’ont  plus  que  la  peine  d’expédier  leurs  épreuves  à 
Bruxelles.  L’Association  se  charge  de  les  envoyer  à  ses  frais  aux 
principales  expositions. 

C’est  ainsi  que  l’Association,  presque  inconnue  hier  en  Allemagne, 
y  occupe  aujourd’hui  une  place  honorable.  Les  critiques  d’art 


—  309  — 


discutent  nos  œuvres,  les  revues  photographiques  les  reproduisent. 
Une  publication  spéciale,  die  Kunst  in  der  Photographie,  éditée  à 
Berlin  avec  grand  luxe,  a  consacré  un  de  ses  six  fascicules  de 
l’année  1897  à  notre  Asssciation,  et  de  l’avis  de  beaucoup  de  per¬ 
sonnes,  c’est  ce  numéro  qui  est  l’un  des  plus  intéressants.  Dans  tous 
les  cas,  le  numéro  belge  soutient  fort  bien  la  comparaison  avec  ceux 
qui  ont  été  consacrés  au  Caméra  Club  de  Vienne,  au  Photo-Club 
de  Paris  et  au  Linked  Ring  de  Londres. 


Chacun  de  nous  a  encore  présent  à  la  mémoire  le  succès  de 
l’Exposition  universelle  de  Bruxelles  1897.  L’Association  n’y  était 
pas  représentée  officiellement.  Comme  vous  le  savez,  nous  avions 
fait  des  démarches  pour  obtenir  un  emplacement  gratuit,  estimant 
que  la  photographie  avait  le  droit  d’être  mise  sur  le  même  pied  que 
les  beaux-arts  et  les  sciences.  Le  commissariat  général  de  la  Sec¬ 
tion  belge  a  refusé  de  faire  droit  à  notre  revendication.  Nous  avons 
donc  dû  nous  abstenir  et  vous  avez  approuvé  notre  manière  de 
voir. 

Le  fait  est  regrettable;  l’Association,  avec  son  organisation 
et  sa  pléiade  d’amateurs  photographes,  eût  pu  organiser  un  Salon 
très  intéressant,  qui  n’eût  certes  pas  déparé  la  galerie  des  beaux- 
arts.  Nous  espérons  qu’un  jour  viendra  où  les  préventions  contre  la 
photographie,  qui  semblent  régner  encore  dans  certains  milieux 
officiels,  viendront  à  s’évanouir.  C’est  à  vous,  Messieurs,  à  lutter 
pour  cette  cause,  en  démontrant  en  toutes  circonstances  votre 
volonté  inébranlable  de  faire  triompher  la  cause  de  la  photographie 
artistique.  Des  expositions  comme  celle  qui  va  s’ouvrir  dans  quel¬ 
ques  jours  ne  peuvent  certes  que  hâter  ce  moment. 

Repoussés  des  galeries  de  l’Exposition,  nous  avons  essayé  d’ob¬ 
tenir  d’autres  avantages  pour  nos  membres.  La  photographie  était, 
en  principe,  interdite  dans  l’enceinte  de  l’Exposition.  Nous  nous 
sommes  adressés  aux  comités  exécutifs  de  Bruxelles-Exposition  et 
de  Bruxelles-Kermesse  pour  obtenir  le  droit  de  photographier 
librement  dans  leurs  quartiers  respectifs.  Aucune  des  deux  sociétés 
n’a  pu  nous  accorder  entièrement  ce  que  nous  demandions.  Toutefois 


310  — 


nous  nous  plaisons  à  reconnaître  l’extrême  complaisance  du  Comité 
de  Bruxelles-Kermesse,  qui  nous  a  cédé  100  permis  de  photographier 
avec  une  réduction  de  50  p.  c. 

La  Société  de  Bruxelles-Exposition  n’a  pas  cru  pouvoir  nous 
accorder  pareille  faveur.  Elle  avait  établi  un  droit  de  2  francs 
par  jour  pour  photographier  sur  son  territoire.  Nous  avons  protesté 
contre  cette  taxe.  Nous  pensons  en  effet  qu’il  faut,  dans  les  entre¬ 
prises  de  ce  genre,  accorder  le  droit  de  circuler  dans  les  jardins 
avec  des  appareils  photographiques.  C’est  là  un  moyen  indirect  de 
laisser  faire  de  la  réclame  en  faveur  des  expositions.  Actuellement 
que  voyons-nous?  On  interdit  sévèrement  le  port  des  appareils 
photographiques,  on  établit  des  taxes  qui  rapportent  des  sommes 
dérisoires,  et  lorsque  l’Exposition  se  ferme,  on  est  tout  étonné  de 
\  oir  qu  il  n  en  reste  aucun  souvenir,  aucune  reproduction.  C’est 
ainsi  qu’il  ne  subsiste  plus  rien  de  l’Exposition  d’Anvers  et  de  son 
quartier  5  ieil-Anvers.  Combien  plus  vivace  serait  le  souvenir,  si 
chaque  amateur  avait  pu  rapporter  chez  lui  une  collection  de 
vues.  Il  y  aurait  parfaitement  moyen,  malgré  cela,  de  prendre  les 
mesures  nécessaires  pour  sauvegarder  les  droits  d’auteur  et  de 
reproduction. 

Avant  de  quitter  l’Exposition  de  Bruxelles  nous  tenons  cepen¬ 
dant  à  remercier  ici  le  directeur  général  du  Comité  exécutif, 
M.  Georges  Dupret,  qui,  en  différentes  circonstances,  a  bien  voulu 
lever  1  interdiction  de  photographier,  en  faveur  des  membres  de 
l’Association,  notamment  au  moment  du  Congrès  de  l’Union  inter¬ 
nationale  de  Photographie. 

Ainsi  qu  il  1  avait  promis  en  189G,  le  Conseil  d’administration  a 
décidé  diverses  améliorations  au  Bulletin.  Il  en  a  confié  l’impres¬ 
sion  à  M.  E.  Bruylant;  et  si  l’on  compare  le  Bulletin  de  1897  aux 
années  antérieures,  on  doit  reconnaître  qu’il  y  a  un  sensible  progrès. 
Iles  illustrations  ont  été  introduites  dans  le  texte,  permettant  ainsi 

à  un  nombre  plus  grand  de  nos  confrères  de  faire  connaître  leurs 
œuvres. 

^ous  avions  promis  également  des  photogravures  et  nous  en 


—  311  — 


avons  fait  paraître  une  tous  les  trimestres.  La  partie  illustration  est 
certes  susceptible  de  prendre  encore  un  plus  grand  développement  ; 
mais  d’un  côté  nos  ressources  sont  limitées  et  d’autre  part  nos 
membres  sont  tellement  avares  de  leurs  productions,  que  nous 
devons  nous  donner  un  mal  énorme  pour  obtenir  quelques  bonnes 
épreuves. 

Comme  les  années  précédentes,  M.  Ch.  Puttemans  a  assumé  la 
lourde  tâche  de  la  direction  du  Bulletin.  Il  a  été  heureusement 
secondé  dans  cette  ingrate  besogne  par  plusieurs  de  nos  collègues, 
fidèles  collaborateurs  depuis  de  longues  années,  auxquels  nous  nous 
plaisons  à  rendre  hommage. 

Quelques-uns  de  nos  membres  ont  publié  au  Bulletin  des  articles 
inédits.  Ce  sont  :  MM.  L.  Baeckeland,  D.  Declercq,  De  Koninck, 
Lumière  frères,  Ch.  Puttemans,  L.  Roland,  E.  Sacré,  V.  Selb, 
Vanderkindere,  auxquels  sont  venus  se  joindre  des  collaborateurs 
étrangers  :  MM.  Drouin,  Seyewetz,  J.  Vincent,  Warnerke,  Wel- 
ford  et  le  dévoué  président  de  la  Société  photographique  de 
Hambourg,  M.  E.  Juhl. 

Comme  les  années  précédentes,  quelques  dévoués  confrères  ont 
continué  à  dépouiller  les  journaux  étrangers  qui  nous  sont  envoyés 
en  échange  et  à  traduire  les  articles  les  plus  intéressants. 

Les  journaux  allemands  ont  été  résumés  par  MM.  V.  Hass- 
reidter  et  J.  De  Nobele  ;  les  journaux  anglais,  par  MM.  D.  Declercq, 
Leirens  et  Vanderkindere  ;  les  journaux  français,  par  MM.  A.  Nyst 
et  Puttemans,  et  les  journaux  russes,  par  notre  confrère  de  Saint- 
Pétersbourg,  le  colonel  de  Schokalsky. 

Dix-neuf  planches  hors  texte  et  soixante-dix  clichés  ont  été  publiés 
dans  le  Bulletin ,  sans  compter  les  lettrines.  Parmi  les  planches  hors 
texte  nous  avons  donné  quatre  photogravures,  neuf  phototypo¬ 
graphies,  quatre  photocollographies  et  deux  photocopies  sur 
papiers  aux  sels  d’argent.  Le  Comité  a  donc  continué  la  tradition 
qui  voulait  que  chaque  année  le  Bulletin  passât  en  revue  les  diffé¬ 
rents  procédés  de  reproduction.  Mais  bien  souvent  la  nature  des 
épreuves  tend  à  restreindre  le  choix  de  ces  procédés.  Jadis  on 
copiait  les  photot}  pes  ;  aujourd’hui  le  négatif  est  en  quelque  sorte 
une  phase  préliminaire  de  l’oeuvre  photographique,  et  c’est  l’épreuve 


seule  qui  peut  servir.  De  là  le  nombre  restreint  de  photocollogra- 
phies,  et  l’abondance  des  phototypographies. 


Avant  de  terminer,  qu’il  nous  soit  encore  permis  de  rappeler  ici 
la  très  intéressante  conférence  donnée  par  M.  A. -J.  Wauters  à 
l’assemblée  générale  du  mois  d’avril  sur  la  Mise  en  page,  et  la 
savante  conférence  sur  les  tubes  de  Crookes  et  les  rayons  X,  que 
M.  Colardeau,  professeur  a  1  Université  de  Lille,  est  venu  donner 
à  Courtrai,  lors  de  la  session  extraordinaire. 

Enfin,  notre  confrère  M.  J.  De  Smet-Duhayon,  président  du 
Cercle  artistique  et  littéraire  de  Cïand,  à  l’assemblée  générale 
de  novembre,  nous  a  fait  une  ravissante  conférence  sur  Y  Usage 
des  pi  ojections  lumineuses  pour  l  etude  et  1 enseignement  des 
b  eaux -ai  ts,  dont  tous  nous  avons  conservé  le  meilleur  souvenir. 

’V  otre  Conseil  d  administration,  Messieurs,  s’est  enfin  activement 
occupé  dès  l’année  dernière  de  l’élaboration  du  programme  des 
fêtes  du  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  l’Association  que 
nous  allons  célébrer  dans  quelques  jours,  et  de  la  troisième  exposi¬ 
tion  d’art  photographique.  Dès  le  mois  de  mars  1897,  nous  étions 
d’accord  avec  le  Comité  du  Cercle  artistique  de  Bruxelles,  qui 
mettait  gracieusement  à  notre  disposition  les  salles  de  son  local 
pour  le  mois  de  mai  prochain  et  le  leI  avril  1897,  nous  lancions  les 
invitations  officielles  aux  présidents  des  principales  sociétés  photo- 
gi  aphiques  du  monde,  les  avisant  de  la  date  de  notre  exposition  et 
de  nos  fêtes. 

Dans  le  Bulletin  du  mois  d’avril,  le  Conseil  annonçait  les  condi¬ 
tions  des  concours  pour  l’exécution  de  la  médaille  et  du  diplôme 
pour  le  jubilé,  et  il  publiait  dès  lors  le  règlement  de  la  troisième 
exposition. 

A  la  fin  de  mai,  le  Comité  arrêtait  les  conditions  d’un  concours 
d  illustrations  destinées  au  numéro  spécial  que  le  Conseil  avait 
décidé  de  faire  paraître  à  l’occasion  des  fêtes  prochaines. 

Ces  concours  de  diplôme  et  de  médaille,  ainsi  que  vous  l’avez 
déjà  appris,  n’ont  pas  donné  de  résultats  satisfaisants,  et  le  Conseil 


—  313 


a  dû  les  annuler.  Il  s’est  adressé  pour  la  plaquette  à  M.  Fernand 
Dubois,  l’auteur  de  notre  première  médaille. 

Le  concours  d’illustrations  a  donné  un  meilleur  résultat,  et  quel¬ 
ques  œuvres  très  bonnes  ont  été  soumises  au  jury.  Nous  devons 
cependant  regretter  que  sur  plus  de  G00  membres  que  compte 
l’Association,  il  ne  s’en  soit  trouvé  que  25  pour  concourir.  Le 
résultat  du  concours  vous  est  connu,  nous  n’y  reviendrons  plus. 


Par  l’énumération  rapide  des  principales  œuvres  qui  ont  été 
mises  sur  pied  en  1897,  vous  pouvez  voir,  Messieurs,  que  votre 
Comité  central  n’a  pas  ménagé  ses  peines. 

Par  le  rapport  que  M.  le  trésorier  va  vous  lire,  vous  constaterez 
que  la  situation  matérielle  de  l’Association  est  prospère,  et  que 
nous  pouvons  envisager  l’avenir  avec  confiance.  Grâce  à  l’adminis¬ 
tration  sage  et  prudente  de  nos  prédécesseurs,  nous  pourrons  dans 
quelques  semaines  célébrer  avec  éclat  les  25  premières  années  de 
notre  chère  Association. 

Cependant,  à  mesure  que  nous  progressons,  nos  charges  deviennent 
plus  lourdes,  et  nous  avons  besoin  du  concours  de  tous  les  amis  de 
l’art  photographique  pour  pouvoir  augmenter  encore  l’intérêt  de 
notre  Bulletin ,  de  nos  réunions  annuelles  et  assurer  la  vitalité  de 
nos  Sections.  Nous  comptons  pour  cela  sur  le  dévouement  de  tous 
nos  membres.  C’est  tous  unis  dans  un  but  commun  que  nous  devons 
conduire  l’Association  belge  de  Photographie  à  de  nouvelles  vic¬ 
toires! 

Bruxelles,  le  15  avril  1898. 


Le  Secrétaire  général , 
M.  Yanderkindere. 


om 


Section  de  Bruxelles 

SÉANCE  EXTRAORDINAIRE  DU  2  MAR8  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


es  membres  présents  sont  : 
MM.  Nopère,  Nyst,  Rutot, 
baron  de  Marcq  de  Tiège, 
De  Coen,  Masson,  Simon, 
Langlé,  Dupret,  De  Meuter, 
De  Raeymacker,  Hanssens, 
Herlant,  L.  Dray,  Ernotte, 
Colleye,  Frennet,  Poupart, 
Féron,  Com1  Peltzer,  Lacomblé,  Bottiau,  Smeesters,  Simoneau, 
A.  Bray,  Maurin,  Bernard,  Kymeulen,Van  Lint,Valentyns,  Durieu, 
A  ermeiren,  Dewit,  Laurent,  Delva,  Suzor,  Remacle,  Broothaerts, 
Boitson,  Delcroix,  Paradis,  Parmentier  et  Stadeler,  secrétaire. 

A  8  1/2  heures,  M.  le  président  ouvre  la  séance. 

De  procès-verbal  de  la  réunion  du  23  février  est  lu  et  adopté. 

Il  est  décidé  que  la  séance  ordinaire  du  mercredi  9  mars,  précé¬ 
dant  de  deux  jours  la  soirée  publique  de  projections,  n’aura  pas 
lieu;  elle  est  remise  au  quatrième  mercredi  du  mois. 

M.  Puttemans  dit  qu’en  sa  qualité  de  président,  il  se  doit,  pen¬ 
dant  toute  la  durée  de  la  séance,  aux  invités  de  la  section  et  que, 
dans  ces.  conditions,  il  ne  peut  se  charger  du  maniement  de  la  lan¬ 
terne.  Il  estime  que,  comme  à  la  section  de  Liège,  on  devrait  dési¬ 
gner  quelques  membres  dévoués  qui  se  chargeraient  du  fonctionne¬ 
ment  de  la  lanterne  à  toutes  nos  réunions  intimes.  Adopté. 


—  315  — 


Pour  la  séance  publique,  MM.  Masson  et  Paradis  veulent  bien  se 
charger  de  passer  les  clichés,  le  maniement  de  la  lampe  électrique 
étant  laissé  aux  soins  d’un  spécialiste,  comme  cela  a  été  entendu  à 
la  précédente  séance. 

L’ordre  du  jour  étant  épuisé,  MM.  Paradis  et  Masson  prennent 
possession  de  la  lanterne  et  commencent  la  projection  des  positives 
présentées  pour  la  soirée  publique. 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


SÉANCE  DU  13  AVRIL  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

Assistent  à  la  séance  :  MM.  Nopère,  Magnien,  Nyst,  Paradis, 
Simoneau,  Delcroix,  Van  Lint,  Mouton,  Hofmans,  Watrigant, 
Lavalette,  Iyymeulen,  Boitson,  Durieu,  Broothaerts,  Poupart, 
Bronkhorst,  Langlé,  Simon,  A.  Bray,  Paternotte,  Delva,  Ernotte, 
Vanderkindere,  Rutot,  Cumont,  De  Raeymacker,  Robert  et  Sta- 
deler,  secrétaire. 

M.  Dumoulin,  de  la  Section  de  Liège,  assiste  également  à  la 
séance. 

Le  secrétaire  donne  lecture  d’une  lettre  de  notre  très  artiste  con¬ 
frère  M.  Misonne  qui,  en  réponse  à  une  demande  de  M.  Stadeler, 
déclare  ne  pouvoir  faire  une  causerie  sur  la  manière  dont  il 
produit  ses  contre-jour.  Les  renseignements  donnés  à  ce  sujet 
par  M.  Misonne  sont  confirmés  par  M.  Rutot,  qui  invite  le  secré¬ 
taire  à  insister  auprès  de  notre  confrère  pour  qu’il  nous  présente, 
en  personne,  à  l’une  de  nos  prochaines  réunions  quelques-unes 
de  ses  positives. 

M.  Rutot  rend  compte  des  résultats  artistiques  et  techniques  de 
la  séance  publique  de  projections.  Il  constate  le  grand  succès 
obtenu  par  les  positives  et  signale  les  quelques  lacunes  provoquées 
par  l’électricité  et  auxquelles  il  sera  facile  de  remédier  l’année  pro¬ 
chaine.  Il  désirerait  voir  adopter  aussi  l’harmonium  de  préférence 
au  piano,  dont  quelques  airs  trop  enjoués  ont  paru  peu  appropriés. 
Il  remercie  MM.  Masson  et  Paradis  d’avoir  présidé  aux  opéra¬ 
tions  de  la  lanterne. 


31G  — 


M.  Stadeler  donne  le  compte  détaillé  des  dépenses  et  des  recettes 
de  cette  soirée  qui  se  clôture  par  un  boni. 

MM.  Maes  et  L.  Roland  se  sont  excusés  de  n’avoir  pu  assister  à 
la  soirée. 

M.  le  président,  qui  entre  en  séance,  distribue  des  invitations  à 
la  séance  de  projections  de  la  Section  de  Liège  qui  nous  réclame 
une  trentaine  de  positives  pour  sa  soirée  publique. 

M.  le  président  de  la  Section  de  Courtrai  remercie  les  membres 
de  la  Section  de  Bruxelles  qui  ont  bien  voulu  lui  communiquer  leurs 
clichés  pour  la  séance  publique  de  nos  confrères  courtraisiens.  A  ce 
propos,  M.  Puttemans  montre  la  boîte  pour  l’expédition  des  clichés 
dont  fait  usage  cette  Section,  et  qui  met  les  diapositives  absolument 
à  l’abri  de  tout  accident. 

M.  le  docteur  De  Nobele,  de  la  Section  de  Gand,  rend  compte  des 
excellents  résultats  obtenus  avec  les  plaques  radiographiques  de  la 
maison  Graffe.  A  son  avis,  ce  sont  les  meilleures,  à  tous  égards, 
connues  à  ce  jour. 

M.  le  président  enregistre  le  grand  succès  obtenu  par  la  confé¬ 
rence  de  M.  Buis  et  remercie  M.  Vanderkindere  d’avoir  obtenu  de 
notre  bourgmestre  cette  si  instructive  causerie. 

M.  Rutot  est  réélu,  par  acclamation,  délégué  auprès  du  Comité 
central.  M.  Nyst  acceptant  la  trésorerie  effective,  une  place  de  délé¬ 
gué  devient  vacante.  Des  démarches  seront  faites  auprès  de  notre 
confrère,  M.  le  docteur  Gilbert,  pour  représenter  la  Section  au  sein 
du  Conseil. 

On  passe  en  discussion  les  différentes  propositions  touchant  les 
fêtes  du  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  l’Association.  M.  le 
président  invite  les  membres  à  être  nombreux  au  banquet  et  à  l’ex¬ 
cursion  qui  aura  lieu  vraisemblablement  à  Groenendael. 

La  Section  de  Bruxelles  organisera  une  séance  de  projections  à 
cette  occasion.il  sera  fait  appel  au  talent  des  confrères  de  toutes  les 
sections  pour  que  les  positives  projetées  incarnent  bien  les  travaux 
des  membres  de  l’Association. 

On  passe  ensuite  à  la  projection  de  quelques  positives  de 
MM.  Nopère,  Paradis,  Langlé,  De  Raeymacker. 


—  317  — 


SÉANCK  DU  11  MAI  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

L’ordre  du  jour  de  la  séance  comporte  la  conférence  de  M.  Masy, 
membre  de  la  mission  belge  en  Chine,  et  qui  traite  du  Fleuve  bleu 
à  Péking. 

Bien  avant  l’heure  de  la  conférence,  le  local  est  envahi  par  les 
assidus  de  nos  séances,  accompagnés  pour  la  plupart  de  leurs 
dames. 

A  8  1/2  heures  précises,  M.  le  président  présente  à  l’assemblée 
M.  Masy,  qui  veut  bien  nous  faire  part  de  ses  impressions  de 
voyage.  Le  sujet  annoncé  ne  peut  que  nous  intéresser,  dit-il, 
surtout  qu’il  s’agit  d’un  pays  qui  est  actuellement  le  point  de  mire 
des  plus  grandes  nations  européennes. 

M.  Masy  prend  aussitôt  la  parole  et  dans  un  langage  imagé  et 
humoristique,  transporte  ses  auditeurs  de  Bruxelles  à  Liverpool,  à 
New-York,  dont  il  ne  prise  guère  le  peuple,  au  travers  du  Canada, 
à  Vancouver,  à  Yokohama,  à  l’embouchure  du  fleuve  Bleu,  à 
Shang-Haï,  à  Hankow  pour  arriver  enfin  à  Péking. 

Nous  n’entreprendrons  pas  de  reproduire  ce  voyage  avec  la 
verve  et  l’esprit  qu’y  a  mis  le  conférencier.  Disons,  pour  nous 
résumer,  que  son  succès  a  été  très  vif,  que  ses  à-propos  et  ses 
saillies  ont  provoqué  maintes  fois  une  hilarité  peu  flatteuse  pour 
les  Chinois,  car  le  conférencier  ne  les  aime  guère.  La  Chine  est 
un  pays  charmant,  mais  seulement  dans  l’opérette.  Tel  est  du 
moins  l’avis  de  M.  Masy,  qui  fait  une  description  peu  engageante  du 
Céleste  Empire,  de  ses  habitants,  de  leurs  mœurs,  de  leur  nourri¬ 
ture,  de  leur  «  crasse  ». 

Si  dans  le  temps  Chine  était  synonyme  de  civilisation,  progrès, 
luxe,  richesses,  splendeurs,  etc.,  il  n’en  est,  hélas,  plus  ainsi 
aujourd’hui. 

Et  le  voyageur  qui,  sur  la  foi  de  certains  récits,  s’en  irait  dans  le 
royaume  du  Fils  du  Ciel  avec  l’espoir  d’être  ébloui  serait  rapide¬ 
ment  et  profondément  déçu. 

Dans  les  concessions  étrangères  de  Shang-Hai  et  de  Hankow  on 
voit  quelques  belles  artères  aux  constructions  confortables  et 

23 


318  - 


parfois  somptueuses.  Mais  quelle  ombre  au  tableau  quand  on 
pénètre  dans  les  quartiers  chinois,  avec  leurs  masures  sordides, 
leurs  ruelles  sans  air,  leur  saleté  sans  nom,  leurs  odeurs  épouvan¬ 
tables... 

De  Hankow  à  Péking,  le  voyage  n’est  guère  plus  agréable  car 
il  doit  s’effectuer  en  chaise  à  porteur  et  dans  des  conditions  telle¬ 
ment  primitives  que  c’est  à  rebuter  les  plus  résolus. 

Péking  qui  n’est  qu’un  vaste  bourbier,  comprend  trois  cités  :  la 
cité  impériale,  inaccessible,  la  cité  chinoise,  semblable  à  toutes  les 
autres  et  la  cité  tartare,  d’une  allure  plus  moderne,  pas  plus  de 
monuments  que  de  service  de  voirie. 

Bref  que  l’on  soit  à  Sanghaï,  à  Hankow  ou  à  Péking,  depuis  le 
Fleuve  Bleu  jusqu’au  Fleuve  Jaune  les  voies  de  communication  y 
sont  tellement  rudimentaires  qu’elles  n’existent  pour  ainsi  dire  pas. 
Les  cours  d’eau,  mal  entretenus,  se  déplacent  constamment,  ce  qui 
fait  qu’on  y  voit  des  rivières  sans  pont  et  des  ponts  sans  rivière. 
Les  villes  et  les  villages  y  sont  infects,  les  habitations  impossibles; 
on  n’y  rencontre  que  des  Chinois  mal  tournés  et  des  femmes  parfois 
jolies,  mais  toujours  estropiées  des  pieds. 

Enfin,  si  la  Chine  est  un  pays  d’avenir,  tout  est  à  faire,  tout  est 
à  innover  et  le  peu  qui  a  été  fait  doit  être  recommencé,  aussi  est-ce 
sans  le  moindre  serrement  de  cœur  que  l’on  dit  adieu  au  pays  des 
femmes  martyrisées,  des  hommes  sans  pudeur,  des  ruines,  des 
ponts  sans  objet,  des  éructations,  des  llactuosités,  des  villes 
infectes,  en  un  mot  au  pays  de  la  saleté... 

Toutes  ces  impressions  de  voyage,  accompagnées  d’intéressantes 
projections,  ont  obtenu  un  très  grand  et  très  légitime  succès  et 
c’est  aux  applaudissements  de  l’assemblée  que  M.  Masy  termine  sa 
causerie  aussi  animée  que  pittoresque. 

M.  Puttemans  se  joint  aux  applaudissements  de  l’auditoire  pour 
remercier  vivement  notre  confrère  qui,  au  cours  de  ce  voyage,  a 
fait  ses  premières  armes  de  photographe  et  nous  a  présenté  ses 
premiers  clichés.  E.  S. 


Section  de  Bruxelles 


Séance  publique  de  Projections 


DU  11  MARS  1898 


’est  devant  une  salle  comble  qu’a  été  donnée, 
le  11  mars  dernier,  au  Théâtre  Communal,  la 
séance  publique  annuelle  de  projections  de  la 
Section  de  Bruxelles. 

La  séance  était  composée  de  deux  parties  :  une  première  com¬ 
prenant  des  impressions  de  voyages  en  Algérie  et  en  Tunisie 
choisies  dans  les  importantes  séries  de  photographies  prises  par  nos 
confrères  M.  Maurice  Hovelacque,  docteur  ès  sciences  à  Paris,  et 
M.  le  docteur  Paternotte,  notre  concitoyen. 

Vues  de  villes  et  de  villages,  habitants,  sites  pittoresques,  défilés, 
oasis,  déserts,  etc.,  choisis  parmi  les  mieux  réussis  et  les  plus 
caractéristiques,  ont  été  successivement  projetés  sur  l’écran. 

La  deuxième  partie  était  composée  d’œuvres  des  membres  de  la 
Section  de  Bruxelles.  Des  positives  de  MM.  Bidart,  Boitson,  Del- 
croix,  Delva,  Dewit,  Hanssens,  Misonne,  Nopère,  Puttemans, 
IL  Paradis,  Commandant  Peltzer,  Valentyns,  etc.,  ont  été  projetées 
et  généralement  admirées. 


—  320  — 


Une  nouveauté  consistait  en  l’emploi,  pour  la  première  fois  à  la 
Section  de  Bruxelles,  de  la  lumière  électrique. 

L’essai  a  parfaitement  réussi;  la  lumière  a  été  abondante  et  fixe, 
et  les  tableaux  agrandis  couvraient  entièrement  l’écran  dont  les 
dimensions  sont  de  six  mètres  dans  les  deux  sens,  soit  trente-six 
mètres  carrés  de  surface. 

A  cette  grandeur,  et  bien  éclairés,  beaucoup  de  tableaux  sont 
véritablement  superbes  et  présentent  des  reliefs  étonnants,  se  rap¬ 
prochant  du  relief  stéréoscopique. 

Cet  essai  a  permis  de  prendre  une  décision  définitive  en  faveur 
de  l’emploi  de  la  lumière  électrique  pour  les  grandes  séances 
publiques  de  projections. 

A.  R. 


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Gonîéffenee  de  |W.  Buis 

Bourgmestre  de  la  ville  de  Bruxelles 

donnée  le  mercredi  24  mars  i8ç8  à  la  Section  de  Bruxelles 


E  voyage  effectué  en  Égypte  par 
M.  Ch.  Buis,  bourgmestre  de  la 
ville  de  Bruxelles,  lui  a  permis  de 
recueillir  quantité  de  documents 
d’un  haut  intérêt  relatifs  à  l’antique 
terre  des  Pharaons. 

A  la  demande  de  MM.  Puttemans 
et  Vanderkindere,  M.  Buis  a  bien  voulu  donner,  devant  la  Section 
de  Bruxelles,  une  conférence  sur  l’Egypte  et,  le  mercredi  24  mars, 
à  S  heures  et  demie  du  soir,  les  membres  de  la  Section  de  Bruxelles 
et  leurs  invités  remplissaient  la  salle  des  séances,  au  Palais  du 
Midi. 

Après  quelques  mots  de  bienvenue  et  de  sincères  remerciements 
prononcés  par  M.  Puttemans,  président  de  la  Section,  M.  Buis, 
s’aidant  d’une  importante  série  de  photographies  projetées  à  la 
lumière  électrique,  a  initié  ses  auditeurs  aux  mystères  de  l’ancienne 
Egypte. 

L’honorable  conférencier  a  d’abord  montré  que  l’Egypte  se  sub¬ 
divise  en  trois  régions  naturelles,  qui  sont  la  basse  Egypte,  com¬ 
prenant  le  delta  du  Nil,  partie  la  plus  peuplée  et  spécialement  vouée 
à  l’agriculture  ;  la  moyenne  Égypte ,  ou  région  des  montagnes  et 


des  cataractes,  où  la  vallée  du  Nil  est  bordée  par  deux  chaînes  de 
montagnes  rocheuses.  C’est  la  région  sacrée  des  temples  et  des 
sépultures  ;  enfin  la  haute  Egypte  ou  région  des  déserts. 

Certes,  l’Egypte  moderne  ne  manque  pas  d’intérêt,  mais  ce  qui 
attire  le  voyageur  et  le  retient,  ce  sont  les  splendeurs  de  la  moyenne 
Egypte  où  toute  une  admirable  civilisation,  partant  de  5,000  ans 
avant  J.-C.  jusque  100  ans  après,  a  laissé  ses  glorieuses  traces. 

L’Egypte  des  Pharaons  et  des  anciennes  dynasties  commence  au 
sud  du  Caire  par  les  Grandes  Pjramides,  le  Sphinx  et  le  Temple 
de  granit,  qui  peut  être  considéré  comme  le  plus  ancien  monument 
du  monde. 

Après  une  description  détaillée  des  pyramides,  gigantesques  tom¬ 
beaux  des  rois  et  des  monuments  qui  les  accompagnent,  l’orateur  a 
remonté  le  Nil,  en  faisant  admirer  à  ses  auditeurs  les  ruines  les 
plus  importantes  qui  se  présentent  successivement. 

Nous  voyons  ainsi  défiler  Memphis,  Abydos,  Denderah,  Thèbes, 
Edfou,  l’île  de  Philœ  près  d’Assouan;  puis,  un  peu  avant  la  deu¬ 
xième  cataracte,  Ipsamboul,  où  se  rencontrent  les  derniers  monu¬ 
ments  de  l’ancienne  Egypte. 

De  nombreuses  vues  des  temples  et  en  particulier  de  ceux  de 
Thèbes  (Karnak  et  Louqsor),  de  l’île  de  Philœ  et  d’Ipsamboul,  ces 
derniers  creusés  dans  le  roc,  sont  projetées  avec  toutes  les  explica¬ 
tions  désirables;  puis,  le  savant  et  aimable  conférencier,  voulant 
donner  une  idée  aussi  précise  que  possible  des  habitants  de  l’an¬ 
cienne  Egypte,  fait  passer  sous  les  }reux  de  ses  auditeurs  toute  une 
série  de  types  de  rois,  de  reines,  de  princes,  de  dignitaires  et  enfin 
d’artisans. 

On  se  demande  comment  cette  série  a  pu  être  constituée  :  c’est 
grâce  aux  cro}rances  des  anciens  Egyptiens  au  sujet  de  leurs  morts. 

L’esprit  restait  associé  au  corps,  autant  qu’une  fidèle  représen¬ 
tation  de  celui-ci  subsista  ;  aussi,  outre  l’embaumement,  le  corps 
était  placé  dans  une  enveloppe  reproduisant  très  exactement  les  traits 
de  la  figure  du  défunt. 

D’autre  part,  les  momies  elles-mêmes  des  plus  grands  rois,  telles 
que  celles  de  Ramsès  II,  plus  connu  sous  le  nom  de  Sésostris,  ont 
été  retrouvées  intactes;  de  sorte  que,  grâce  aux  momies,  aux  sarco- 


—  323  — 


phages  et  aux  innombrables  dessins  gravés  ou  peints  à  l’intérieur 
des  temples,  toute  la  population  de  l’ancienne  Égypte  renaît  à  nos 
yeux,  avec  ses  mœurs,  ses  coutumes,  son  industrie,  etc. 

Enfin,  pour  terminer,  M.  Buis  a  parlé  du  ravissement  qui  étreint 
le  curieux  et  l’esthète  à  la  vue  de  ces  augustes  restes  d’une  civilisa¬ 
tion  disparue,  dans  le  cadre  des  jours  lumineux  et  des  nuits  idéales 
de  l’Égypte,  et  d'unanimes  et  chaleureux  applaudissements  ont  sou¬ 
ligné  cette  péroraison  poétique. 

M.  Puttemans  a  ensuite  renouvelé  les  vifs  remerciements  de  la 
Section  de  Bruxelles  et  a  exprimé  ses  sentiments  de  haute  gratitude 
pour  l’honneur  et  le  plaisir  qui  venaient  de  lui  être  accordés  par 
l’éminent  Bourgmestre. 


A.  R. 


Section  de  Liécje 

SÉANCE  DU  15  FÉVRIER  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 


ES  membres  présents  sont  :  MxM.J. 
de  Vaux,  Rocour,  Kemna,  G. 
Laoureux,  de  Spirlet,  A.  De- 
taille,  Dejace,  Davreux,  Henroz, 
Goffart,  Loiseau,  L.  Laoureux, 
Oury,  Crespin,  Bernimolin,  I. 
Braconier,  Ronchesne,  Labou- 
verie,  Olivier,  Noaillon,  Bronne, 
Hassreidter,  Dacier,  Grenson, 
Dohmen,  Portai,  Matelot,  Marissiaux,  Beaujean,  Zeyen,  baron  de 
Sélys,  Keppenne,  Grégoire,  De  Saegher  et  Dupont,  secrétaire. 

1°  Le  procès-verbal  de  la  dernière  réunion  est  adopté  ; 

2°  Le  président  donne  connaissance  de  diverses  pièces  de  corres¬ 
pondance,  entre  autres  une  invitation  à  assister  à  la  séance 
publique  de  projections  organisée  par  la  Section  de  Louvain. 

M.  Roland  attire  spécialement  l’attention  de  nos  confrères  sur 
deux  traductions  de  M.  Hassreidter,  publiées  dans  le  dernier 
numéro  du  Bulletin ,  sur  les  réactions  des  révélateurs  et  sur  le 
Radiotint  Chassagne. 

La  parole  est  donnée  à  M.  Ronchesne,  qui  expose  la  pratique  du 
procédé  à  la  gomme  bichromatée,  procédé  qui,  bien  qu’ancien, 
semble  avoir  reconquis  aujourd’hui  les  faveurs  de  beaucoup  d’ama¬ 
teurs  artistes.  C’est  qu’en  effet  il  est  le  seul  ou  à  peu  près  le  seul 


qui  puisse  permettre  à  un  photographe  de  donner  à  ses  épreuves  sa 
note  personnelle. 

M.  Ronchesne  ne  cache  pas  que  ce  procédé  n’est  pas  aussi  aisé 
qu’on  pourrait  le  croire,  et  ceux  qui  l’ont  expérimenté  seront  cer¬ 
tainement  de  son  avis,  ce  qui,  cependant,  ne  doit  pas  rebuter  les 
amateurs  soucieux  de  produire  des  épreuves  artistiques. 

Jugement  du  concours  de  diapositives.  —  Aucun  des  trois  lots 
présentés  ne  trouve  grâce  devant  le  suffrage  universel  éclairé  et  ne 
réunit  le  minimum  de  points  exigé  pour  l’obtention  d’une  récom¬ 
pense. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


SÉANCE  DU  8  MARS  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

Assistaient  à  la  séance  :  MM.  Bernimolin,  Loiseau,  Goffart, 
A.  de  Vaux,  J.  Braconier,  Crespin,  Marissiaux,  Dejace,  Dumou¬ 
lin,  L.  Laoureux,  Zeyen,  Kemna,  Rocour,  Beaujean,  Mottard, 
Olivier,  Portai,  de  Koninck,  Ronchesne,  Cambier,  A.  Détaillé, 
Hassreidter,  Noaillon,  Grenson,  Dacier,  Matelot,  de  Saegher, 
de  Spirlet,  Grégoire,  Dresse,  Oury,  Schoonbrodt,  Henroz  et 
Dupont,  secrétaire. 

Quelques  personnes  étrangères  à  la  Section  prennent  aussi  place 
parmi  nos  confrères. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

Revenant  sur  le  concours  jugé  à  la  séance  du  15  février,  le  pré¬ 
sident  est  d’avis  que  la  Section  s’est  montrée  trop  sévère;  néan¬ 
moins,  douze  clichés  constitueront  le  premier  noyau  de  la  collection 
qui  était  le  but  de  ce  concours. 

Séance  publique  de  projections.  —  Le  président  fait  d’abord 
appel  à  la  bonne  volonté  de  chacun  pour  que  tous  apportent  quel¬ 
ques  bons  clichés.  Les  projections  seront  divisées  en  deux  séries  : 
environ  soixante-quinze  clichés  de  membres  de  la  Section  consti¬ 
tueront  la  première  partie,  tandis  que  la  seconde  sera  réservée  à  la 
projection  de  diapositives  appartenant  aux  membres  de  l’Associa- 


tion  ne  faisant  pas  partie  de  la  Section  de  Liège.  Comme  cette 
dixième  séance  publique  coïncide  avec  le  vingt-cinquième  anniver¬ 
saire  de  la  fondation  de  l’Association,  il  serait  à  désirer  que  les 
membres  fondateurs  apportassent  quelques  bons  clichés  de  l’époque 
du  collodion. 

Le  président  compte  que  les  membres  qui  ont  l’habitude  de  se 
dévouer  pour  l’organisation  de  la  séance  nous  continueront  cette 
année  leur  précieux  concours.  Le  comité  demandera  à  disposer  de 
la  salle  du  Conservatoire  le  22  avril.  Le  choix  des  clichés  se  fera 
par  les  soins  d’une  commission  de  cinq  membres  nommés  au  scrutin 
secret.  Les  œuvres  bénéficiaires  seront  :  les  Chauffeurs  publics, 
l’Œuvre  de  l’assistance  par  le  travail  et  les  Enfants  abandonnés. 
Cette  dernière  pour  autant  que  le  Bureau  de  bienfaisance  ne  nous 
soit  pas  imposé  par  l’administration  communale. 

Ces  points  réglés,  le  président  donne  la  parole  à  M.  Gustave 
Marissiaux,  qui  avait  pris  pour  sujet  :  Comment  un  artiste  photo¬ 
graphe  peut  être  un  photographe  artiste. 

M.  Marissiaux  proteste  d’abord  contre  la  tendance  qu’ont  trop 
souvent  les  photographes  de  demander  aux  appareils  la  perfection 
qu’ils  veulent  obtenir,  réduisant  ainsi  le  rôle  de  l’artiste  et  niant  sa 
personnalité,  qui  est  le  caractère  essentiel  de  l’art.  Les  procédés 
eux-mêmes  ne  doivent  être  que  des  moyens. 

M.  Marissiaux  examine  les  trois  éléments  dont  dispose  l’artiste  : 
la  ligne,  le  relief,  la  couleur.  De  celle-ci  on  doit  tenir  compte  pour 
la  traduire  par  la  valeur  relative  des  tons. 

Pour  terminer,  notre  confrère  dit  quelques  mots  du  mouvement 
des  êtres  animés  et  de  l’impression  dans  le  paysage.  L’artiste  ne 
doit  pas  se  contenter  de  les  reproduire  fidèlement,  mais  il  doit  sur¬ 
tout  réveiller  en  nous  les  sentiments  ressentis  à  la  contemplation  de 
la  nature. 

La  causerie  de  notre  confrère  devant  paraître  in  extenso  au  Bul¬ 
letin,  nous  ne  l’analyserons  pas  davantage  ici  ;  nous  nous  bornerons 
à  signaler  le  succès  de  M.  Marissiaux,  qui  est  vivement  félicité  par 
le  président  pour  la  façon  vraiment  littéraire  dont  il  a  traité  son 
sujet. 

On  passe  au  dernier  objet  à  l’ordre  du  jour  : 


—  827 


Projection  d'une  série  de  diapositives  de  M.  R.  Dresse.  —  Ces 
clichés,  pris  par  notre  confrère  au  cours  d’un  voyage  en  Italie, 
en  France  et  dans  la  Grande-Bretagne,  paraissent  sur  l’écran 
accompagnés  d’une  notice  explicative  qui  en  augmente  encore 
l’intérêt.  Il  serait  même  à  souhaiter  que  l’on  agît  toujours  ainsi  à 
l’avenir. 

Après  avoir  remercié  M.  Dresse,  le  président  lève  la  séance 
à  10  1/4  heures. 


SÉANCE  DU  22  MARS  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

Ont  signé  la  liste  de  présence  :  Mlle  S.  Philippart,  MM.  Philip- 
part,  Kemna,  Guérette,  D1  Nuel,  Ronchesne,  G.  Oury,  Zeyen, 
Jacques,  Détaillé,  de  Spirlet,  J.  de  Vaux,  Rocour,  Mottard,  Max 
Lohest,  G.  Laoureux,  Gillard,  O.  Lamarche,  J.  Braconier,  D1  De- 
jace,  Loiseau,  Goffart,  Dr  Grenson,  D1  Mathien,  Dacier,  Dohmen, 
Portai,  L.  Laoureux,  P.  de  Saegher,  Beaujean,  Ledent,  baron 
R.  de  Sélys,  Bronne,  Marissiaux,  A.  de  Vaux,  Olivier,  Labou- 
verie,  D1  Corin,  Bernimolin,  Keppenne  et  Dupont. 

Quelques  personnes  étrangères  à  la  Section  assistent  également  à 
la  séance. 

Le  président  demande  à  la  section  de  vouloir  ratifier  la  dépense 
de  858  francs  occasionnée  par  l’achat  de  la  lanterne  de  projections. 
Adopté.  —  Il  adresse  ensuite  ses  félicitations  et  ses  remercîments 
à  MM.  Laoureux  pour  leur  désintéressement.  Ces  messieurs  ont 
en  effet  fourni  l’instrument  à  titre  tout  à  fait  gracieux. 

Causerie  de  M.  Frédéricq,  professeur  de  physiologie  à  V  Uni¬ 
versité,  sur  les  Crustacés.  —  M.  le  professeur  Frédéricq  nous  fait 
une  charmante  causerie,  accompagnée  de  projections  lumineuses, 
au  cours  de  laquelle  il  nous  initie  à  la  façon  de  vivre  et  aux  mœurs 
de  certains  crustacés. 

Les  applaudissements  unanimes  de  l’assemblée  prouvent  à  M.  le 
professeur  Frédéricq  le  plaisir  que  nos  confrères  ont  éprouvé  à 
l’entendre,  et  le  président  résume  l’opinion  de  chacun  en  adressant 
ses  chaleureux  remercîments  à  l’aimable  conférencier. 


—  328 


M.  Roland  demande  ensuite  s’il  n’entre  pas  dans  les  vues  de  la 
Section  de  souscrire  à  l’achat  des  fascicules  pour  1898  de  la  publi¬ 
cation  :  Die  Kunst  in  der  Photographie.  —  Cette  proposition  est 
adoptée. 

Le  Chromoscope.  —  M.  Laoureux  se  borne  à  donner  une  courte 
description  de  l’instrument  et  prendra  ses  dispositions  pour  le  faire 
voir  à  la  prochaine  réunion,  en  même  temps  que  M.  le  professeur 
Nuel  nous  donnera,  dans  son  auditoire,  une  conférence  sur  la  phy¬ 
siologie  des  couleurs. 

MM.  Beaujean,  J.  Braconier,  Crespin,  A.  Détaillé,  Marissiaux 
sont  désignés  pour  faire  le  choix  des  clichés  destinés  à  la  séance 
publique  de  projections. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


SÉANCE  DU  5  AVRIL  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

Assistaient  à  la  séance  :  MM.  de  Koninck,  Olivier,  Bronne, 
Laoureux,  A.  Détaillé,  Loiseau,  Dejace,  Henroz,  Dohmen,  Mate¬ 
lot,  Grenson,  D1  Nuel,  baron  de  Sélys,  Dacier,  Zeyen,  Rocour, 
Dumoulin,  Mathien,  Mottard,  Graindorge,  Marissiaux,  deSaegher, 
Oury  et  Ronchesne. 

Exceptionnellement,  cette  séance  se  donnait  à  l’Institut  de  phy¬ 
siologie,  gracieusement  mis  à  la  disposition  de  la  Section  par 
MM.  les  professeurs  Frédéricq  et  Nuel,  afin  de  pouvoir  employer 
pour  les  expériences  les  remarquables  instruments  que  renferment 
les  laboratoires. 

M.  Roland  demande  aux  membres  qui  se  proposent  d’assister 
aux  fêtes  du  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  l’Association  de 
bien  vouloir  signer  une  liste  d’adhésion,  conformément  au  désir 
exprimé  par  M.  le  président  de  l’Association.  Huit  membres  s’ins¬ 
crivent;  il  est  à  espérer  que  d’autres  confrères  se  joindront  à  eux 
afin  que  la  Section  de  Liège  qui  est  la  plus  ancienne,  soit  bien 
représentée. 

M.  le  professeur  Nuel,  avec  la  compétence  que  chacun  lui 


329 


connaît,  nous  montre  ce  que  sont  les  couleurs  spectrales.  Il  nous 
fait  voir,  par  de  nombreuses  et  intéressantes  expériences,  ce  que 
l’on  peut  obtenir  par  la  superposition  des  diverses  couleurs  du 
spectre  et  comment,  avec  trois  couleurs  fondamentales  quelconques, 
on  peut  obtenir  une  variété  de  teintes.  Il  donne  ensuite  la  des¬ 
cription  du  chromoscope,  très  intéressant  appareil  dans  lequel,  au 
moyen  de  trois  clichés  pris  au  moyen  de  verres  rouge,  vert  et  bleu, 
on  voit  la  photographie  des  objets  avec  leurs  couleurs  naturelles. 

Cet  appareil  ne  fonctionne  bien  qu’à  la  lumière  solaire.  C’est 
grâce  à  une  légère  modification  apportée  à  l’instrument  par 
M.  Bouquette,  préparateur  de  physiologie  de  M.  le  professeur  Fré- 
déricq,  que  nos  collègues  ont  pu,  après  la  séance,  admirer  quelques 
jolis  clichés. 

Les  applaudissements  unanimes  prouvent  que  M.  le  professeur 
Nuel  a  su  charmer  son  auditoire.  M.  le  président,  au  nom  de  la 
Section,  félicite  M.  Nuel  de  son  intéressante  conférence  et  aussi  de 
son  dévouement  à  la  Section.  MM.  les  préparateurs  de  MM.  Nuel 
et  Frédéricq  ont  aussi  droit  à  sa  reconnaissance  pour  l’obligeance 
avec  laquelle  ils  se  sont  mis  à  notre  disposition. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


Seciûoi?  de  Louvait? 

r 

SÉANCE  DU  6  AVRIL  1898 
Présidence  de  M.  le  commandant  Pavard,  vice-président 


ssistaient  à  la  séance  :  MM.  Van 
Gehuchte,  Bodart,  Van  Grinder- 
beek,  Ranvvez,  Janssens,  Jacobs, 
Ed.  Peeters  et  Pavard. 

Le  président,  M.  Dewalque, 
se  fait  excuser  pour  cause  de 
voyage. 

La  séance  est  ouverte  à  8  h.  1/2 
du  soir. 

Abordant  l’ordre  du  jour, 
M.  le  vice-président  donne  com¬ 
munication  des  démarches  faites 
en  vue  de  trouver  un  nouveau 
local  pour  les  réunions  de  la 
Section;  il  accorde  la  parole  à 
M.  Van  Grinderbeek  qui  a  égale¬ 
ment  collaboré  à  ces  démarches.  Celui-ci  donne  la  disposition  d’un 
local  qui  pourrait  parfaitement  convenir;  il  en  énumère  les  avan¬ 
tages  et  insiste  sur  la  nécessité  de  posséder  des  installations  suffi- 


—  331 


samment  grandes  pour  y  donner  des  séances  intimes  de  projections 
et  y  établir  une  chambre  noire,  ainsi  qu’un  Musée  des  œuvres  les 
plus  remarquables  que  la  Section  pourrait  recevoir  de  ses  membres 
ou  de  ceux  des  autres  Sections. 

Après  une  assez  longue  discussion,  il  est  décidé  que  les  démarches 
seront  poursuivies. 

M.  Varî  Grinderbeek,  délégué  de  la  Section,  communique  à 
l’assemblée  le  désir  de  l’Association  de  voir  le  plus  grand  nombre 
possible  de  membres  assister  aux  fêtes  du  XXVe  anniversaire  de  la 
fondation  de  l’Association.  —  A  cette  occasion,  ajoute-t-il,  chaque 
membre  recevra  une  invitation  particulière. 

Dans  le  but  de  satisfaire  au  désir  de  l’Association  et,  sur  la  pro¬ 
position  du  président,  l’Assemblée  décide  de  prendre  des  mesures 
spéciales  pour  assurer  une  participation  nombreuse  aux  fêtes  anni¬ 
versaires. 

Des  cartes  d’invitation  pour  l’ouverture  de  l’Exposition,  mises  à 
la  disposition  de  la  Section  par  le  Comité  central,  seront  envoyées 
à  des  personnes  qui,  bien  qu’étrangères  à  la  Section,  peuvent  par 
leur  position  ou  leurs  fonctions  encourager  l’art  photographique; 
la  section  décide  sur-le-champ  quelles  seront  les  personnes  qui 
recevront  ces  invitations. 

Le  commandant  Pavard  fait  savoir  qu’il  a  adressé  des  lettres  de 
remerciements  à  MM.  Léon  Roland,  commandant  Peltzer,  Braco- 
nier,  Vanderkindere,  Misonne,  etc.,  qui  ont  mis  à  la  disposition  de 
la  Section  leurs  superbes  diapositives,  lesquelles  ont  assuré  le  succès 
de  notre  séance  publique  du  mois  de  mai.  Il  remercie  également 
MM.  V  an  Grinderbeek,  Gilson,  Stalpaertet  Dewalquede  leur  active 
collaboration  à  cette  fête  qui  marquera  parmi  les  plus  intéressantes 
et  les  plus  artistiques  que  nous  ayons  données. 

Le  président  engage  les  membres  à  produire  des  diapositives  qui, 
avec  les  expositions  d’art,  sont  un  enseignement  pour  tous;  il 
exprime  le  désir  de  voir  encourager  les  échanges  entre  les  diverses 
Sections;  ces  échanges  produiront  une  vive  émulation. 

M.  le  président  de  la  Section  de  Liège  espère  que  Louvain 
voudra  bien  envoyer  quelques  diapositives  choisies  pour  la  séance 
de  bienfaisance  du  22  avril;  il  met  à  la  disposition  des  membres  des 


—  332  - 


cartes  d’invitation  à  cette  séance,  qui  promet  d’être  des  plus  bril¬ 
lantes.  Des  remerciements  lui  sont  votés. 

Après  une  causerie  intime  concernant  les  excursions,  leur  but,  les 
conseils  mutuels,  l’impulsion  artistique  à  leur  donner,  la  séance 
est  levée  à  10  1/2  heures  du  soir. 


XXVe  Af?f)ivetisaif<e 

DE  liA  FONDATION  DE  li’ASSOCIATION  BEUGE  DE  PHOTOGRAPHIE 

COMPTE  REfiDU  DES  FÊTES 

des  14,  15, 16  et  17  mai  1898 


PREMIÈRE  JOURNÉE.  —  SAMEDI  14  MAI 

es  fêtes  jubilaires  ont  brillamment  débuté 
par  une  surprise  doublée  d’une  attention 
délicate. 

S.  A.  R.  Mu  le  prince  Albert,  prési¬ 
dent  d’honneur  de  l’Association,  avait 
exprimé  à  M.  le  président  le  regret  qu’il 
éprouvait, au  moment  d’entreprendre  son 
voyage  en  Amérique,  de  ne  pouvoir  pren¬ 
dre  part  aux  fêtes  de  l’Association.  Ses 
augustes  parents,  LL.  AA.  RR.  Mu  le 
comte  et  Madame  la  comtesse  de  Flandre 
ont  cru  sans  doute  répondre  à  son  désir  en  visitant  l’Exposition  en 
ce  jour  et  en  donnant  ainsi,  à  la  première  heure  de  notre  jubilé, 
un  témoignage  marqué  de  leur  haute  bienveillance. 

Reçues  par  le  Conseil  d’administration,  Leurs  Altesses  Royales 
ont  parcouru  longuement  le  salon,  prodiguant  les  marques  de  leur 
approbation  et  l’expression  de  leur  profonde  admiration  pour  les 
progrès  de  l’art  photographique. 


24 


334  — 


M.  le  président,  se  faisant  l’écho  de  ses  collègues,  a  vivement 
remercié  Leurs  Altesses  Royales  de  la  sympathie  qu’elles  témoi¬ 
gnent  depuis  longtemps  à  l’Association  belge  de  Photographie,  les 
assurant  de  la  vive  reconnaissance  et  du  plus  entier  dévouement  de 
tous  les  membres. 

Commencées  sous  d’aussi  heureux  auspices,  les  fêtes  se  sont  con¬ 
tinuées  le  soir  à  F  Hôtel  Ravenstein,  où  l’Association  offrait  un  raout 
aux  délégués  des  sociétés  étrangères,  à  ses  invités  et  à  ses  membres. 

Une  centaine  de  personnes  se  trouvaient  réunies  dans  les  pitto¬ 
resques  salles  de  l’antique  Steen ,  devenu  de  nos  jours  l’hôtel  des 
sociétés  savantes. 

Outre  les  membres  du  Conseil  d’administration  et  des  Comités 
des  principales  Sections,  nous  avons  eu  le  plaisir  de  rencontrer  à 
cette  première  réunion  M.  Ernst  Juhl,  président  de  la  Gcsellschaft 
\ur  Forderung  der  Amateur  Photographie  de  Hambourg; 
M.  H.  Muller,  membre  de  la  même  Société;  M.  H.  Dulieux,  secré¬ 
taire  général  et  délégué  de  la  Société  photographique  de  Lille; 
M.  Dubreuil,  membre  de  la  même  Société,  et  M.  Boutique,  secré¬ 
taire  général  et  délégué  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la 
France. 

Deux  buffets  étaient  dressés  et  sur  l’estrade  des  massifs  de  ver¬ 
dure  jetaient  une  note  gracieuse  sur  ces  murs  au  décor  sévère. 

La  plus  franche  cordialité  régna  bientôt  entre  tous  ces  amis, 
heureux  de  se  revoir,  heureux  surtout  de  serrer  la  main  de  nos 
chers  fondateurs  présents  à  la  fête.  Et  ceux-ci,  fiers  de  leur  enfant, 
y  allaient  cordialement  de  leur  petite  histoire  et  contaient  les  souve¬ 
nirs  d  il  y  a  vingt-cinq  ans.  Et  par  moments  on  faisait  trêve  aux  rémi¬ 
niscences  pour  écouter  et  applaudir  d’aimables  artistes  qui  nous 
prodiguaient  toutes  les  ressources  de  leur  talent  musical. 

Cette  charmante  soirée  faisait  bien  augurer  de  nos  fêtes  :  elle  se 
prolongea  fort  tard  avec  un  vif  entrain. 


DEUXIÈME  JOURNÉE.  —  DIMANCHE  15  MAI. 


ette  journée  était  spécia¬ 
lement  consacrée  à  la 
partie  officielle  de  nos 
fêtes  :  l’assemblée  géné¬ 
rale  et  le  banquet.  Nous 
ne  croyons  pouvoir 
mieux  faire  que  d’insérer  ici  le  procès-verbal  de  cette  séance 
solennelle. 

Assemblée  générale  extraordinaire 

tenue  à,  Bruxelles,  le  dimanche  15  mai  1898 
Présidence  de  M  Jos.  Casier,  président. 

La  séance  s’ouvre  à  3  h.  1/4,  au  local  de  l’Association,  au  Palais 
du  Midi.  Au  bureau  siègent  :  M.  Jos.  Casier,  président;  MM.  Mas- 
sange  de  Louvrex  et  Jos.  Maes,  vice-présidents;  M.  Arth.  Nyst, 
trésorier,  etM.  Vanderkindere,  secrétaire  général. 

Aux  premiers  rangs  de  l’assistance  prennent  place  MM.  Da- 
vanne,  membre  d’honneur  de  l’Association,  président  du  Conseil 
d’administration  de  la  Société  française  de  Photographie  ;  Bucquet, 
président  du  Photo-Club  de  Paris,  membre  de  l’Association  ; 
Ernst  Juhl,  président  de  la  Gesellschaft  \ur  Forderung  der 
Amateur  Photographie  de  Hambourg;  H.  Dulieux,  secrétaire 
général  de  la  Société  photographique  de  Lille;  A.  Boutique,  secré¬ 
taire  général  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la  France, 
et  Heinrich  Millier,  membre  de  la  Société  photographique  de 
Hambourg. 

Sont  également  présents  :  MM.  Montehore  Levi,  sénateur,  et 
Alex,  de  Blochouse,  anciens  présidents  de  l’Association;  A.  Rutot 
et  Ch.  Puttemans,  anciens  secrétaires  généraux;  A.  Canfvn,  lieute- 


nant  général  van  Eechout,  comte  .Tos.  de  Hemptinne,  J.  Mathieu, 
Ed.  Jossart,  capitaine  commandant  H.  Peltzer,  Lefèbre  de  Sardans, 

R.  Ickx,  E.  Suars,  C.  Morel  de  Boucle  Saint-Denis,  L.  Declercq, 
capitaine  commandant  Pavard,  A.  Massange,  Y.  Selb,  R.  Rousseau, 
J.  Fallon,  G.  Magnien,  D.  Declercq,  A.  Devaux,  J.  de  Walque, 
A.  Hanyn,  J.  Van  Grinderbeek,  L.  Nopère,  A.  Goderus,  Bour¬ 
geois,  Parmentier,  Delevoy,  Masson,  Springuel,  Philipart,  L.  Jac¬ 
ques,  Noaillon,  Ronchesne,  L.  Roland,  Hassreidter,  de  Raet, 
Stadeler,  P.  Bayart,  A.  Malvaux,  G.  Marissiaux,  Ledure,  Alexan¬ 
dre,  Ed.  Hannon,  Langlé,  Bronkhorst,  Deridder,  Smeesters,  G.  Du¬ 
pont,  Edm.  Sacré,  H.  Durieu,  Ern.  Delcroix,  Valentyns,  Brand, 
Dumoulin,  Ernotte,  Michel,  Mouton,  Masure,  Paternotte,  V.  Van 
Beesen,  J.  Boitson,  Poupart,  Van  Lint,  J.  Van  Beesen,  Broot- 
haerts,  F.  De  AValque,  A.  Varenberg  et  A.  Robert. 

Le  secrétaire  général  donne  lecture  du  procès-verbal  de  l’assem¬ 
blée  générale  du  17  avril.  Il  est  adopté  sans  observations. 

M.  le  président  se' lève  et  lit  la  lettre  suivante  qu’il  a  reçue  de 

S.  A.  R.  M?1  le  prince  Albert  de  Belgique,  Président  d’ Honneur 
de  l’Association  : 


«  Monsieur  le  Président, 

«  J’ai  été  fort  sensible  à  l’aimable  lettre  que  vous  m’avez  écrite  le 
1)  de  ce  mois,  pour  réitérer  votre  invitation  verbale  de  l’an  dernier 
aux  fêtes  du  XXVme  anniversaire  de  la  fondation  de  l’Association 
belge  de  Photographie. 

«  Comme  je  vous  l’avais  fait  entrevoir,  je  comptais  bien  accepter 
cette  invitation  et  donner  ainsi  à  l’Association  un  nouveau  gage  de 
ma  vive  sjonpathie;  mais  des  circonstances  que  je  ne  pouvais  pré¬ 
voir  alors  en  décident  autrement  :  je  vais  entreprendre  aux  premiers 
jours  un  long  voyage  à  l’étranger  et  mon  retour  n’aura  lieu  que 
longtemps  après  les  solennités  projetées. 

«  Veuillez  croire,  Monsieur  le  président,  à  tous  mes  regrets  et 
vous  en  faire  l’interprète  auprès  de  l’Assemblée  générale  et  des  délé¬ 
gués  étrangers. 

«  J’espère  pour  les  fêtes  jubilaires  une  réussite  et  un  éclat  dignes 
de  l’importance  de  notre  Association,  et  je  forme  de  tout  cœur  des 


vœux  pour  qu’elles  marquent  le  commencement  d’une  nouvelle  ère 
de  progrès  dans  l’art  photographique. 

«  Agréez,  Monsieur  le  président,  l’expression  de  mes  meilleurs 
sentiments. 

«  Albert. 

«  Bruxelles,  le  14  février  1898. 

«  A  Monsieur  Casier,  président  de  l'Association  belge 
de  Photographie.  » 

Des  applaudissements  nourris  accueillent  cette  lettre,  témoignage 
non  équivoque  de 
la  haute  bienveil¬ 
lance  de  notre 
cher  Président 
d’ Honneur. 

Le  président 
fait  ensuite  con¬ 
naître  la  liste  des 
personnes  qui  se 
sont  excusées  de 
ne  pouvoir  assis¬ 
ter  aux  fêtes  et  à 
l’assemblée  de  ce 
jour.  Ce  sont  : 

MM.  Janssen, 
directeur  de  l’Observatoire  d’astronomie  physique  de  Meudon, 
membre  de  l’Institut  de  France,  membre  d’honneur  de  l’Association; 
le  chevalier  von  Schoeller,  président  du  Caméra  Club  de  Vienne;  le 
général  Sébert,  membre  de  l’Institut  de  France,  membre  d’honneur 
de  l’Association;  J.-M.  FMer,  du  K.  K.  Graphische  Lehr-und 
Versuchsanstalt  à  Vienne,  membre  d’honneur  de  l’Association; 
Liégard,  secrétaire  de  la  Société  caennaise  de  photographie;  le 
D1  Candèze  et  Ch.  de  Pitteurs,  anciens  présidents  de  l’Association; 
Campo  et  Geruzet,  anciens  secrétaires  généraux;  Ad.  Dupont, 
D’Hont,  comte  Goblet  d’Alviella,  Noé,  Spaak,  van  den  Abeele, 
Ilovelacque,  Petitclerc,  Lamarche  Dumont,  J.  de  Vaux,  Nadar, 
Peters,  Lannoy,  M.  Declerck  et  A.  Declerck. 


A.  Amatller. 

Une  lagune  à  Venise. 


—  338  — 

M.  Casier,  président,  prononce  ensuite  l’allocution  suivante  : 

Messieurs, 

L’heureux  anniversaire  qui  nous  réunit  si  nombreux  aujourd’hui, 
reporte  notre  pensée  vers  ce  jour  où  quelques  amis,  confiants  dans 
l’avenir,  uniient  leurs  efforts,  leurs  connaissances  et  leur  dévoue¬ 
ment  pour  fonder  l’Association  belge  de  Photographie. 

Devant  cet  enfant  au  berceau,  nos  fondateurs  rêvaient  sans  doute 
pour  lui  un  avenir  brillant,  des  succès,  la  gloire.  Ils  le  voulaient 
grand,  fort,  puissant,  beau  ;  qui  de  nous  les  en  blâmerait  sans  don¬ 
ner  un  démenti  à  ses  propres  émotions,  à  ses  souhaits  devant  le 
berceau  de  son  enfant? 

Ces  rêves  de  la  première  heure,  j’en  retrouve  la  trace  dans  nos 
archives,  dans  le  premier  numéro  de  notre  Bulletin  :  c’est  tout  un 
programme  que  nous  trace  la  plume  toujours  précise  et  élégante  de 
notre  premier  président,  Gustave  De  Vylder. 

«  Nous  croyons,  ».  disait-il,  «  que  la  nouvelle  association  est 
appelée  à  rendre  des  services  signalés.  Elle  groupera  en  un  faisceau 
puissant  les  nombreux  éléments  de  succès  en  photographie  que  ren¬ 
ferme  la  Belgique;  elle  cherchera  à  résoudre  par  l’observation,  par 
la  discussion,  par  l’expérience,  les  nombreuses  questions  scientifiques 
et  pratiques  qui  se  rattachent  à  la  photographie.  Elle  appellera  la 
photographie  nationale  à  se  mesurer  avec  la  photographie  étrangère, 
dans  des  expositions  régulières  faites  sur  une  large  échelle.  Par  ses 
œuvres,  par  ses  actes,  par  ses  écrits,  elle  attirera  sur  notre  art 
1  attention  de  ceux  qui  peuvent  l’utiliser  et  fournira  ainsi  aux  pho¬ 
tographes  sérieux,  dans  toute  l’étendue  de  son  action,  les  moyens 
de  trouver  un  dédommagement  certain  et  suffisant  de  leurs  peines, 
une  récompense  honorifique  ou  lucrative  pour  leurs  travaux. 

»  L  avenir  est  à  l’Association  belge  de  Photographie  :  nous  espé¬ 
rons  bien  qu’elle  ne  faillira  pas  à  la  tâche  qui  lui  est  imposée.  » 

Vous  le  voyez,  Messieurs,  nos  fondateurs  basaient  leurs  espé¬ 
rances  sur  1  union  des  cœurs,  sur  les  relations  fraternelles,  sur  le 
travail  opiniâtre  ;  leur  programme  comprenait  l’étude  de  toutes  les 
questions  scientifiques  et  artistiques,  la  participation  aux  exposi¬ 
tions  afin  d’exciter  l’émulation  par  la  comparaison  des  travaux  et  des 


méthodes,  l'apostolat  enfin  par  une  coopération  active  et  incessante 
à  la  diffusion  des  sciences  comme  des  arts. 

Un  quart  de  siècle  s’est  écoulé  depuis  lors  :  ce  programme  con¬ 
serve  toute  son  opportunité;  il  a  du  reste  provoqué  de  nombreux 
travaux,  remué  bien  des  idées  et  stimulé  l’ardeur  et  le  zèle  de  tous 
ceux  qui  furent  appelés  à  l’honneur  de  le  faire  appliquer. 

Mais  tout  ce  labeur  a-t-il  porté  des  fruits  abondants?  Les  fils  sont- 
ils  restés  dignes  des  pères?  Ont-ils  poursuivi  le  même  but  avec  la 


E.  Evelyn  Barron. 

The  distant  City. 


même  ardeur,  la  même  ténacité?  Ont-ils  répondu  aux  espérances  de 
nos  constituants? 

Le  cadre  de  ce  discours  ne  comporte  pas  l’examen  détaillé  de 
notre  histoire;  aussi  bien,  usurperais-je,  en  le  tentant,  la  mission 
réservée  à  M.  le  secrétaire  général. 

Qu’est-il  besoin  au  reste  de  pareille  démonstration?  Faut-il  faire 
passer  sous  vos  yeux  le  tableau  des  travaux  de  ces  vingt-cinq  années 
pour  constater  la  situation  prépondérante  prise  par  notre  Associa¬ 
tion  ? 

La  nombreuse  assemblée  qui  m’écoute,  la  présence  des  délégués 
des  grandes  sociétés  photographiques,  notre  nombre  sans  cesse 
croissant,  nos  salons,  nos  succès  aux  expositions  nationales  et  étran¬ 
gères,  nos  publications,  les  travaux  et  les  découvertes  de  nos  col- 


—  340  — 


lègues,  tout  cet  ensemble  ne  constitue-t-il  pas  le  témoignage  patent, 
irrécusable  de  notre  activité  et  de  notre  influence? 

J’ose  l’affirmer  et  le  proclamer  bien  haut  :  c’est  à  notre  Associa¬ 
tion  que  la  photographie  doit  la  situation  enviée  dont  elle  jouit  en 
Belgique.  Oh  !  je  le  sais,  il  en  est  qui  ne  veulent  point  voir  et  conteste¬ 
raient  au  soleil  meme  sa  clarté  ;  il  n’est  de  pires  sourds  que  ceux  qui 
ne  veulent  entendre.  N’en  est-il  pas  (vous  les  connaissez,  mes  chers 
collègues)  qui  ne  voient  dans  la  photographie  que  l’accessoire  de  la 
bicyclette  ;  d’autres  l’enferment  hermétiquement  dans  les  limites  de 
la  mécanique,  au  risque  de  lui  dénier  et  de  méconnaître  les  innom¬ 
brables  services  rendus  par  elle  dans  le  domaine  de  la  science  comme 
dans  celui  de  l’art. 

Mais  le  roc  assis  en  face  de  l’océan  s’occupe-t-il  de  la  gouttelette 
que  lui  jette  la  vague?  Et  tel  savant  illustre,  en  butte  aux  oppositions, 
aux  tracas,  aux  persécutions,  n’opposait-il  pas  le  calme  de  ses  affir¬ 
mations  aux  cris  de  ses  insulteurs  ;  ses  études  faisaient  briller  à  ses 
yeux  l’évidence  du  mouvement  de  la  terre;  rien  ne  pouvait  ébranler 
sa  conviction  et  à  chaque  négation  répondait  le  cri  de  sa  conscience 
E pur  si  muove!  «  Et  cependant  elle  se  meut.  » 

N’en  déplaise  à  ses  détracteurs,  la  photographie  se  meut  ;  elle 
poursuit  sa  marche  assurée,  faisant  sa  trouée  pacificatrice  dans  les 
nombreux  domaines  ouverts  à  son  activité. 

Loin  de  moi  l’idée  de  surfaire  son  importance  et  de  lui  assigner  un 
rôle  prépondérant  :  je  n’entends  pas  en  faire  le  principe  et  la  fin  de 
la  science  et  de  l’art;  mais  je  réclame  pour  elle  la  justice. 

Que  pourrait  sans  elle  la  science? 

Dans  le  domaine  de  l’astronomie,  elle  dévoile  le  mystère  des  deux 
en  conservant  la  trace  de  phénomènes  fugitifs  et  en  obtenant  des 
images  indépendantes  de  toute  intervention  personnelle.  Elle  étend 
même  ses  observations  au  delà  des  limites  que  l’œil  peut  franchir. 

En  météorologie,  elle  fixe  les  aspects  changeants  des  nuages  ;  elle 
enregistre  les  indications  du  baromètre,  du  thermomètre,  de  l’élec¬ 
tromètre. 

En  physique,  n’a-t-elle  pas  envahi  le  domaine  de  l’invisible  et 
permis  à  l’œil  du  médecin  de  pénétrer  les  secrets  de  l’organisme 
humain  et  d’y  constater  le  siège  et  la  nature  des  souffrances  de  tant 


de  malheureux?  Ne  nous  permet-elle  pas  d’espérer  la  reproduction 
colorée  des  choses,  des  fleurs,  des  bois,  des  prés  comme  des  visages 
aimés? 

Ne  réalise-t-elle  pas  le  mouvement,  j’allais  dire  la  vie  !  et  ne  cons- 
titue-t-elle  pas  ainsi  une  série  de  documents  précieux  pour  les  géné¬ 
rations  futures? 

Par  la  microphotographie,  elle  descend  dans  ce  monde  des  infini¬ 
ment  petits;  elle  fixe  leurs  aspects  divers,  leurs  mœurs,  facilite  leur 
étude  aux  savants  illustres  qui  passent  leur  vie  à  combattre  ces 
ennemis  terribles  de  l’humanité. 

On  lui  doit  la  diffusion  des  connaissances,  la  vulgarisation  des 


M.  Bucquet. 


Éclaircie. 


sciences,  l’abondance  sans  cesse  croissante  des  documents  les  plus 
variés  par  les  perfectionnements  apportés  aux  procédés  de  repro¬ 
duction. 

Son  influence  n’est  pas  moindre  dans  le  domaine  de  l’histoire  et 
de  l’art.  Que  n’a-t-elle  fait  pour  en  répandre  la  connaissance? 
Que  de  documents  accumulés  par  elle!  photographies  de  monu¬ 
ments,  de  sites,  de  sculptures,  de  tableaux,  d’émaux,  de  mosaïques, 
d’objets  de  tous  genres,  témoins  irrécusables  des  civilisations  succes¬ 
sives.  N’a-t-elle  pas  facilité  l’étude,  la  comparaison,  la  classification 
de  documents  épars,  travail  impossible  sans  elle? 

Dans  une  conférence  remarquable  à  tant  de  titres,  notre  distingué 
collègue,  M.  Joseph  de  Smet,  vous  montrait  l’an  dernier  l’influence 


342  — 


incontestable  de  cette  vulgarisation  de  l’art  et  de  la  science  par  la 
projection,  facilitant  les  leçons  du  maître  aussi  bien  que  l’étude  de 
rélève. 

Cette  diffusion  des  connaissances  utiles,  cette  vulgarisation  des 
chefs  d  œuvres  de  1  art  à  toutes  les  époques  sont  excellentes  :  elles 
ouvrent  l’intelligence,  développent  les  facultés,  excitent  l’émulation, 
provoquent  les  initiatives  hardies,  suscitent  les  recherches  dans  ce 
domaine  infini  du  beau  sous  les  formes  et  les  aspects  les  plus  divers. 
A  ce  point  de  vue,  nos  séances  de  projections  constituent  un  puissant 
élément  de  propagande  et  il  y  a  lieu  de  nous  féliciter  de  leur  crois¬ 
sant  succès. 

Mais,  je  ne  l’ignore  pas,  la  critique  trouve  difficilement  à  s’exer¬ 
cer  sur  ce  terrain  :  battue  par  l’évidence,  elle  laisse  sur  le  champ 
de  bataille  quelques  traînards,  batailleurs  incorrigibles  qui  jettent 
au  vent  les  derniers  coups  de  feu  d’une  protestation  sans  écho. 

Mais  la  bataille  n’en  est  que  plus  chaude  sur  le  terrain  purement 
artistique.  Vous  ne  1  ignorez  pas,  Messieurs,  ils  sont  nombreux 
encore  ceux  qui  refusent  à  la  photographie  la  possibilité  d’être  une 
expression  d’art. 

Et  voilà  que,  malgré  les  protestations  de  quelques  artistes,  mal¬ 
gré  les  critiques  d  art  s’évertuant  à  prouver  l’impossibilité  de  trou¬ 
ver  une  expression  comparable  à  celle  du  fusain  ou  de  l’eau  forte, 
malgré  l’opposition  des  idéalistes  alarmés  de  l’intrusion  de  tout  l’ap¬ 
pareil  chimique  dans  le  domaine  de  l’art  pur,  de  l’idée,  de  l’inspira¬ 
tion,  malgré  tout  cela,  la  foule  intelligente  sent  que  la  photographie 
se  modifie,  quelle  se  démécanise  :  son  sens  esthétique  ne  la  trompe 
pas. 

Il  y  a  peu  d’années  encore,  avant  les  Salons  de  Paris,  de  Londres, 
de  A  ienne,  de  Hambourg  et  de  Bruxelles,  vo}rait-on  les  œuvres  que 
nous  admirons  depuis  lors?  Tout  au  contraire,  la  photographie  était, 
d  une  manière  générale,  1  antithèse  de  l’art  :  elle  dénaturait  la  vérité 
par  1  exagération  ou  tout  au  moins  par  l’inexactitude  de  la  perspec¬ 
tive,  par  la  dureté  de  la  silhouette,  par  la  minutie  des  détails,  par 
1  opposition  exagérée  des  valeurs  des  tons.  Bref,  elle  était  machine 
et  manquait  d’âme. 

Mais  à  qui  la  faute  !  A  1  homme  ou  au  moyen  mis  à  sa  disposition? 


L’opérateur  ne  cherchait-il  pas  à  faire  net?  Et  pour  atteindre  ce  but, 
il  exigeait  des  objectifs,  des  plaques,  des  révélateurs,  des  papiers 
capables  de  réaliser  cet  idéal.  Il  ne  s’inquiétait  pas  de  faire  œuvre 
vraie;  il  ne  consultait  pas  la  nature  avec  ses  harmonies,  ses  tons 
fondus,  sa  succession  de  plans  d’autant  plus  vagues  qu’ils  s’éloignent 
plus  de  l’œil.  Le  photographe  s’inquiétait  peu  de  la  ligne,  de  la  mise 
en  page;  il  n’osait  aborder  le  contre-jour  :  ses  paysages  manquaient 
de  ciel,  ses  portraits  de  modelé  et  de  vie. 

Je  m’empresse  toutefois  d’ajouter  que  la  suppression  de  ces 
défauts  ne  peut  constituer  l’œuvre  d’art;  il  faut  y  joindre  l’attesta¬ 
tion  de  la  main  de  l’artiste.  Mais  celle-ci  trouve  l’occasion  de  s’affir¬ 
mer  dans  le  choix  du  sujet  en  présentant  celui-ci  sous  son  vrai  jour, 
au  moment  esthétique.  Au  reste,  «  la  composition,  »  comme  le  dit 
Frédéric  Walke,  «  n’est-elle  pas  l’art  de  conserver  un  heureux  effet 
aperçu  par  hasard?  »  Et  cette  vérité  s’applique  aussi  bien  à  la  pein¬ 
ture  qu’à  la  photographie.  La  main  de  l’artiste  ne  trouve-t-elle  pas 
encore  à  s’affirmer  dans  le  développement  de  l’image  et  surtout  dans 
l’impression? 

Voyez  les  œuvres  exposées  par  nos  meilleurs  artistes  aux  salons 
des  dernières  années.  Ne  sont-elles  pas  la  confirmation  éclatante  de 
ces  considérations?  Loin  de  moi  la  pensée  de  justifier  les  extrava¬ 
gances  de  certains  novateurs  plus  préoccupés  de  faire  neuf  que  de 
faire  beau  :  je  répudie  franchement  tout  charlatanisme.  Mais,  pris 
dans  son  ensemble,  le  renouveau  artistique  de  la  photographie  ne 
saurait  être  nié  :  et  que  de  noms  se  pressent  dans  mon  esprit  et  qu’il 
me  serait  doux  de  les  citer  avec  orgueil,  si  je  ne  craignais  d’en 
omettre. 

Le  public,  dans  sa  généralité,  ne  s’y  est  pas  trompé  :  ses  suffrages 
ont  consacré  les  tendances  nouvelles;  et  si  ces  œuvres  l’ont  impres¬ 
sionné,  si  d’autre  part  elles  n’ont  pu  être  obtenues  que  grâce  à  un 
goût  sagement  développé  et  à  une  habileté  longuement  exercée, 
pourquoi  donc  leur  refuserait-on  l’appellation  d’œuvres  d’art?  Juge- 
t-on  de  la  valeur  artistique  par  la  rapidité  ou  la  difficulté  du  pro¬ 
cédé?  Le  fusain  ou  l’estompe  sont-ils  moins  artistiques  que  le 
crayon  par  la  seule  raison  qu’ils  sont  moins  lents? 

Il  est  d’autres  objections  aussi  vaines  et  que  je  ne  m’attarderai 


pas  à  réfuter.  Qu’ai-je  besoin  de  plaider  pareille  cause  devant  l’au¬ 
ditoire  qui  m’écoute  alors  que  les  œuvres  que  vous  exposez  à  notre 
salon  témoignent  de  votre  sens  artistique.  Ce  ne  sont  pas  les  procé¬ 
dés,  ce  ne  sont  pas  de  mystérieux  secrets  qui  en  constituent  le 
mérite  :  «  Non,  »  dirons-nous  avec  Robert  de  la  Sizeranne,  dans 
son  remarquable  article  de  la  Revue  des  Mondes  sur  l’Art  en  pho¬ 
tographie,  «  non,  les  artistes  photographes  n’ont  rien  de  mystérieux. 
Ils  dévoilent  et  jettent  à  la  foule  tous  leurs  secrets  et  leurs  recettes. 
Les  prend  qui  veut  !  Mais  peu  les  prennent,  et  moins  encore  en  pro¬ 
fitent.  Car  ce  ne  sont  pas  leurs  papiers  et  leurs  ingrédients  chimiques, 
et  leurs  écrans  et  leurs  lampes  au  magnésium  qui  font  leur  supério¬ 
rité,  c’est  leur  éducation  esthétique,  c’est  leur  goût.  Pas  plus  en 
art  qu’en  armes,  il  n’est  de  botte  secrète.  Ce  sont  les  procédés  les 
plus  simples  et  les  plus  connus  qui  mènent  le  mieux  au  but  qu’on 
veut  atteindre;  le  secret  n’est  point  dans  une  combinaison  de  recettes 
soigneusement  tues  et  dont  on  ne  peut  donner  ou  ne  pas  donner  la 
formule  :  il  est  dans  la  tête,  il  est  dans  l’œil,  il  est  dans  la  main,  il 
est  dans  le  cœur.  » 

Excusez-moi,  Messieurs,  d’avoir  abusé  peut-être  de  votre  bien¬ 
veillante  attention  en  insistant  trop  longuement  sur  les  rapports  de 
la  photographie  avec  les  sciences  et  l’art. 

Mais,  sur  ce  double  terrain,  l’Association  belge  de  Photographie 
s’est  acquis  une  place  brillante;  je  me  plais  à  le  constater,  et  je  suis 
fier  d’affirmer  ainsi  sa  fidélité  au  programme  de  ses  fondateurs. 
Après  ceux-ci,  elle  doit  sa  situation  à  la  direction  sage  et  éclairée 
de  ses  présidents  De  Vylder,  Montefiore,  de  Pitteurs,  de  Blochouse, 
Candèze  et  Maes;  elle  la  doit  au  zèle  et  à  l’activité  de  ses  secré¬ 
taires  généraux  Rommelaere,  Géruzet,  Rutot,  Campo  et  Putte- 
mans;  elle  la  doit  au  travail  et  à  l’union  de  ses  membres  dont  le 
nombre  croît  sans  cesse.  Elle  la  doit  enfin  aux  encouragements,  aux 
sympathies  des  sociétés  étrangères  dont  je  salue  les  représentants 
dans  cette  enceinte. 

Au  nom  de  l’Association  tout  entière,  je  vous  dis  à  vous,  Mes¬ 
sieurs  les  étrangers,  comme  à  tous  ces  collègues  que  vous  représen¬ 
tez  parmi  nous,  je  vous  dis  du  fond  du  cœur  :  merci  !  Vous  n’avez 
pas  hésité  devant  les  fatigues  d’un  voyage  lorsqu’il  s’agissait  d’ap- 


porter  à  des  amis  en  fête  le  témoignage  de  vos  félicitations  et  de  vos 
sympathies.  Cette  démarche  nous  touche  profondément;  aussi, 
lorsque  rentrés  dans  vos  foyers,  vous  raconterez  nos  festivités  jubi¬ 
laires,  dites  bien  à  tous  vos  collègues  que  nos  cœurs  battent  à 
l’unisson  des  leurs  et  que  nos  vœux  les  plus  ardents  les  accom¬ 
pagnent  dans  leurs  travaux. 

Et  vous,  mes  chers  collègues  de  l’ Association,  ne  perdez  pas  le 
souvenir  de  ces  témoignages  de  sympathie  ni  de  la  fête  qui  nous 
réunit.  Puisons-y  tous,  au  contraire,  les  éléments  d’une  nouvelle 
ardeur.  Ne  nous  reposons  pas  sur  nos  lauriers.  S’arrêter,  c’est  recu¬ 
ler,  ne  l’oublions  jamais.  Mais,  tout  au  contraire,  élançons-nous  sur 
la  voie  si  brillamment  tracée  par  nos  devanciers,  unis  dans  un  sen¬ 
timent  commun  d’amour  de  la  science  et  de  l’art  et  dans  Tardent 
désir  d’en  provoquer  une  efflorescence  toujours  nouvelle.  Nous 
assurerons  à  ce  prix  à  notre  chère  Association  un  avenir  plus  bril¬ 
lant  encore  que  son  passé,  des  noces  d’or  plus  consolantes  et  plus 
fécondes  que  les  noces  d’argent  qui  nous  réunissent  en  ce  jour. 

(A pplaudissements  prolongés.) 

Le  président  accorde  ensuite  la  parole  au  secrétaire  général,  qui 
donne  lecture  d’un  abrégé  de  son  Historique  de  l’Association  belge 
de  Photographie  depuis  sa  fondation,  tel  qu’il  a  paru  dans  l’Album 
jubilaire. 

Le  président  prie  les  membres  de  bien  vouloir  excuser  le  retard 
que  subit  la  publication  de  cet  Album,  dont  l’exécution  matérielle  a 
été  plus  longue  qu’on  ne  le  croyait  ;  personne  ne  s’en  plaindra, 
les  soins  apportés  à  l’impression  de  ce  souvenir  en  augmenteront 
encore  la  valeur.  M.  Casier  remercie  M.  Puttemans  qui  a  dirigé 
cette  publication  ainsi  que  tous  les  amis  qui  y  ont  collaboré. 

Il  procède  ensuite  à  la  distribution  des  médailles  et  diplômes  aux 
lauréats  du  concours  du  111  octobre  181)7,  pour  l’illustration  de  l’Al¬ 
bum  jubilaire  :  MM.  Wiener,  Edm.  Sacré,  G.  Marissiaux,  com¬ 
mandant  L  Pavard,  D.  Vanden  Hove,  J.  Boitson,  Ben.  Spiers, 
J.  Kymeulen,  L.  Motus,  D.  Declcrcq,  Ch.  Gaspar,  Van  Grinder- 
beek,  A.  Varenberg,  A.  Canfyn,  D1'  Brecx,  décédé  depuis  peu  de 
temps.  Ces  collègues  viennent  à  tour  de  rôle  recevoir  les  distinctions 


—  346  — 


qui  leur  ont  été  décernées;  le  président  leur  adresse  à  chacun 
quelques  mots  de  cordiales  félicitations. 

M.  Juhl,  président  de  la  Gesellschaft  qiir  F  or  derung  der  Ama¬ 
teur  Photographie  de  Hambourg,  demande  ensuite  la  parole.  Il 
s’exprime  comme  suit  : 

Messieurs, 

De  même  qu’il  y  a  des  malheureux  qui  n’ont  pas  de  sens  moral, 
il  y  a  des  malheureux  aussi  qui  sont  dépourvus  de  tout  sens 
artistique. 

Quand  on  réfléchit  à  ce  défaut,  cette  maladie,  la  cécité  esthé¬ 
tique,  on  ne  s’étonne  pas  qu’elle  soit  si  généralement  répandue, 
qu’elle  ait  même  le  caractère  d’une  épidémie.  Le  danger  de  l’infec¬ 
tion  est  en  effet  assez  grand;  partout  on  peut  voir  les  microbes 
morbifiques,  ou  plutôt,  ce  ne  sont  pas  des  microbes,  ce  sont  des 
macrobes  d’une  grandeur  quelquefois  énorme. 

Vous  les  rencontrez  dans  les  expositions,  aux  étalages  des 
magasins  d’art,  dans  les  journaux  de  famille  illustrés;  et  la  charla- 
tanerie  officielle,  —  je  parle  de  l’histoire  d’art  qui  infecte  déjà  les 
élèves  dans  les  écoles,  —  cette  charlatanerie  qui  prétend  guérir 
les  pauvres  malades  et  nous  protéger  du  mal  horrible,  c’est  elle  qui 
constitue  le  véritable  danger  en  nous  inoculant  le  virus,  de  manière 
qu’il  est  impossible,  pour  la  plupart  des  mortels,  d’éviter  l’in¬ 
fection. 

Ceux  qui  ont  reconnu  le  danger  —  leur  nombre  n’est  pas  très 
élevé  —  ne  sauraient  se  soustraire  au  devoir  de  chercher  des 
remèdes  pour  combattre  cette  maladie  qui  nous  empoisonne  le  sen¬ 
timent  esthétique.  Le  moyen  le  plus  rationnel  et  le  plus  efficace 
serait  de  déraciner  le  mal  en  éloignant  les  causes  de  la  maladie.  S’il 
y  avait  moyen  d’extirper  les  macrobes  délétères  dont  je  viens  de 
parler,  s’il  était  possible  de  déféquer,  de  purifier  les  journaux 
illustrés,  les  magasins  et  les  expositions  d’art,  j’ose  même  dire  les 
musées,  d’en  éloigner  tout  ce  qui  n’est  pas  artistique,  qui  n’est  pas 
1  art  vrai  et  grand,  si  c’était  possible,  la  génération  prochaine  aurait 
déjà  recouvré  sa  santé  esthétique. 

Mais,  hélas!  il  faut  renoncer  à  cette  cure  radicale,  il  faut 


—  347  — 


chercher  un  remède,  ne  pouvant  pas  éloigner  la  contagion. 

Il  n’est  pas  difficile  de  constater  notre  mal,  la  cécité  esthétique; 
le  diagnostic  en  est  plus  facile  que  celui  des  maladies  ordinaires, 
mais  la  guérison  n’en  offre  que  plus  de  difficultés. 

D’abord  le  malade  lui-même  est  très  récalcitrant,  il  ne  veut  pas 
être  guéri,  puisqu’il  ne  se  croit  pas  malade,  et  si  nous  avons  réussi 
à  lui  faire  écouter  nos  bons  conseils,  à  prendre  médecine,  nous 
avons  toujours  à  craindre  des  récidives,  des  rechutes,  du  moment 
que  le  médecin  a  tourné  le  dos,  que  le  malade  est  exposé  aux  dan¬ 
gers  qui  l’envi¬ 
ronnent  partout. 


aux  mauvais  ta¬ 
bleaux,  à  tous 
ces  objets  d’art 
faux. 


Pour  combat¬ 
tre  l’épidémie  il 
faudrait  un  si 
grand  nombre  de 
médecins  et  d’in¬ 
firmiers,  qu’au¬ 
cun  Etat  n’est 
assez  riche  pour 
nourrir  et  solder 


Alb.  Canfyn. 


Sous  le  vent. 


ce  corps  de  santé. 

De  même,  il  serait  difficile  de  trouver  un  nombre  suffisant  de  per¬ 
sonnes  disposées  à  —  et  capables  de  —  se  charger  de  cette  tâche  à 
titre  honorifique. 

Pour  les  trouver,  nous  chercherons  d’abord  parmi  ceux  qui  en 
pourraient  avoir  la  vocation  Dans  tous  les  pays,  dans  toutes  les 
villes  d’une  certaine  importance,  il  y  a  des  sociétés  qui  s’occupent 
des  beaux-arts  —  si  nous  en  croyons  le  titre  souvent  pompeux  — 
et  qui  souvent  représentent  un  effectif  assez  considérable  de 
membres  payants.  Mais  si  nous  les  regardons  de  près,  ces  sociétés 
et  leurs  membres,  est-ce  là  ce  qu’il  nous  faut?  Est-ce  là  que  nous 
pourrons  trouver  l’état-major  capable  de  combattre  et  de  vaincre  le 


—  348  — 

mal  dont  nous  parlons?  Hélas,  non!  car  la  plupart  de  ces  membres 
en  sont  infectés  et,  par  conséquent,  ils  nient  jusqu’à  l’existence  de 
l’épidémie,  et  ce  sont  surtout  —  à  ce  que  j’en  sais,  et  j’en  sais  assez 
long  —  ce  sont  surtout  les  membres  des  comités  qui  sont  absolu¬ 
ment  dépourvus  des  qualités  nécessaires  pour  reconnaître  et  pour 
guérir  le  mal. 

Et  pourtant  il  nous  faut  toute  une  association,  une  association 
d’une  étendue  la  plus  grande  possible,  une  association  qui  se 
vouera  à  la  grande  tâche  avec  un  désintéressement  absolu. 

Il  y  a  un  quart  de  siècle  que  l’Association  belge  de  Photographie, 
votre  Société  très  honorable  et  très  honorée  existe  et  travaille. 

Depuis  plusieurs  années,  avec  quelques  autres  sociétés  de  diffé¬ 
rents  pays  de  l’Europe,  elle  a  commencé  à  prêcher  l’évangile  de 
l’art  vrai  et  grand  dans  la  photographie  ;  elle  peut  se  vanter  d’un 
succès  énorme,  qu’elle  doit  non  seulement  à  ses  expositions  clas¬ 
siques  et  à  son  excellent  Bulletin ,  mais  surtout  aux  œuvres  si 
pleines  de  goût  de  ses  membres. 

Tous  les  ans,  elle  élève  un  grand  nombre  de  médecins  qui,  direc¬ 
tement  et  indirectement,  par  leurs  paroles  et  par  leurs  tableaux, 
contribuent  à  améliorer  le  sentiment  esthétique  du  public,  à  com¬ 
battre  l’épidémie  avec  un  succès  toujours  croissant. 

La  Société  hambourgeoise,  que  j’ai  l’honneur  de  représenter,  a 
depuis  longtemps  remarqué  avec  sympathie  le  travail  de  votre 
société,  ce  travail  infatigable  si  digne  de  reconnaissance  et  cou¬ 
ronné  de  tant  de  succès. 

En  témoignage  de  notre  approbation  et  de  notre  sympathie,  j’ai 
l’honneur  de  vous  offrir  ce  triptyque,  dont  le  peintre  hambourgeois 
Arthur  Illies  est  l’auteur. 

Permettez-moi  de  vous  expliquer  en  peu  de  mots  ce  que  le  tableau 
veut  dire. 

Le  génie  de  la  lumière  ouvre  les  yeux  au  jeune  artiste  afin  qu’il 
puisse  bien  voir  ce  qui  est  autour  de  lui  ;  il  le  fait  lire  dans  le  livre 
de  la  nature  pour  lui  apprendre  que  ce  n’est  que  l’étude  intime  et 
dévouée,  désintéressée  de  la  nature  qui  le  met  en  état  de  produire 
de  l’art  —  l’art  vrai  et  grand. 

Je  vous  prie,  Messieurs,  de  vouloir  bien  accepter  notre  hommage 


—  349  — 


par  lequel  nous  désirons  vous  témoigner  nos  sympathies,  qui  vous 
sont  à  jamais  acquises. 

Ce  que  vous  avez  fait,  depuis  1874,  pour  le  développement  de 
la  photographie  d’art,  pour  l’éducation  du  goût  artistique,  nous 
permet  d’espérer  beaucoup  pour  l’avenir.  Noblesse  oblige!  Que 
l’avenir  de  votre  Société  soit  digne  de  vos  succès,  dont  vous  êtes 
—  et  à  très  juste  titre  —  si  fiers. 

M.  Juhl  découvre  le  cadeau  d’honneur  offert  par  la  Société 
qu’il  préside  avec  tant  d’éclat.  (Applaudissements.) 

M.  Casier  remercie  chaleureusement  M.  Juhl  de  l’honneur  qu’il 
vient  de  faire  à  ses  collègues  de  Belgique  et  le  prie  d’ètre  l’interprète 
des  sentiments  de  gratitude  des  membres  de  l’Association  auprès  de 
leurs  confrères  de  Hambourg.  (Applaudissements.) 

Il  est  ensuite  procédé  à  la  distribution  du  jeton  de  présence  :  le 
portrait  de  S.  M.  le  Roi,  gravé  par  M.  Paulussen,  de  Vienne.  La 
maison  Van  Monckhoven,  de  GandT  offre,  en  outre,  gracieusement 
une  grande  planche  tirée  sur  papier  «  Eclair  »  et  reproduisant  la 
Neige  en  Flandre  de  notre  confrère  Edm.  Sacré. 

La  séance  est  levée  à  5  heures. 

^  Le  Banquet  — ^ 

six  heures  a  eu  lieu  le  banquet 
servi  dans  la  grande  salle  de 
Y  Hôtel  Mengelle. 

La  table  d’honneur  était  pré¬ 
sidée  par  M .  Joseph  Casier, 
président  de  l’Association  ;  il 
avait  à  sa  droite  MM.  Davanne, 
président  du  Conseil  d’administration  de  la  Société  française  de  Pho¬ 
tographie  ;  Jos.  Maes,  fondateur,  ancien  président,  vice-président  de 
l’Association,  président  de  l’Union  internationale  de  Photographie; 
Maurice  Bucquet,  président  du  Photo-Club  de  Paris  ;  Alex,  de 
Blochouse,  fondateur  et  ancien  président;  A.  Lunden,  fondateur; 


—  350  — 


Ch.  Puttemans,  ancien  secrétaire  général  ;  Dulieux,  délégué  delà 
Société  photographique  de  Lille;  Laoureux,  fondateur;  V.  Selb; 
Muller,  de  Hambourg;  Robert  Pauli;  A.  Nyst,  trésorier  de 
l’Association;  Capitaine  Peltzer,  A.  Canfyn,  L.  Roland,  A.  Gode- 
rus,  Hanssens;  à  sa  gauche,  MM.  Juhl,  président  de  la  Hamburg- 
sche  Gesellschaft  zur  Forderung  der  Photographie;  Montefiore- 
Levi,  sénateur, ancien  président;  Ferd.Massange  de  Louvrex,  vice- 
président  ;  Rutot,  fondateur,  ancien  secrétaire  général;  M.  Van- 
derkindere,  secrétaire  général  ;  G.  Oury,  fondateur  ;  F.deAValque, 
fondateur;  Jossart;  Watrigant,  fondateur  ;  Hermans,  artiste  peintre, 
membre  du  jury  du  Salon  ;  Edm.  Sacré,  membre  du  jury  du  Salon; 
Boutique,  délégué  de  la  Société  photographique  du  Nord;  Dés. 
Declercq,  fondateur;  Zeyen,  fondateur;  Van  Grinderbeek. 

Avaient  également  donné  leur  adhésion  au  banquet  : 

MM.  Belot,  Bardin,  Boitson,  Bronkhorts,  Broothaerts,  Brunin, 
Bellemans,  Bottiau,  Bayart,  Bossut  père,  Brand,  Louis  Declercq, 
De  Gryse,  de  Hemptinne,  Denobele,  De  Raeymacker,  de  Sélys, 
Emile  De  Smet,  Joseph  De  Smet,  B.  de  Vaux,  Charles  Dewit, 
Dumoulin,  Charles  Dupont,  Dupret,  Durieu,  A.  Devaux,  Ernotte, 
Fallon,  Gautier,  Gife,  Gillon,  Hassreidter,  Hanin,  Ickx,  Jacques, 
Janssens,  Kymeulen,  Ledure,  Langlé,  Alph.  Leirens,  Loiseau, 
Mathieu,  Alf.  Malvaux,  Marissiaux,  Fernand  Massange,  Antoine 
Massange,  Masure,  Morel  de  Boucle-Saint-Denis,  Mouton,  Masson, 
Moens,  Michel,  Noaillon,  Parmentier,  Pavard,  Philippart,  Pou¬ 
part,  Ranwez,  Léon  Roland,  Ronchesne,  Robert,  Stalpaert,  Ser- 
vaes,  Stadeler,  Suars,  G.  Springuel,  Swolfs,  Valentvns,  Van  Lint, 
Yarenberg,  Vassal,  Jean  Van  Beesen  et  Victor  Van  Beesen. 

Au  dessert,  M.  J.  Casier,  président,  s’est  levé  et  a  ouvert  la  série 
des  toasts  en  buvant  au  Roi,  Protecteur  de  l’Association.  Il  s’est 
exprimé  comme  suit  : 

Messieurs, 

J’ai  l’honneur  de  vous  proposer  la  santé  de  Sa  Majesté  le  Roi. 

Au  Roi,  Messieurs,  protecteur  des  arts  et  des  sciences  ! 

Soixante  années  de  paix  ont  créé  à  notre  chère  patrie  une  situa¬ 
tion  enviée,  presque  unique  au  monde.  Petite  par  son  étendue, 


entourée  de  puissantes  nations,  la  Belgique  devait  à  ses  enga¬ 
gements  d’entretenir  les  relations  les  plus  cordiales  avec  ses  voisins  : 
elle  n’y  a  pas  failli.  {Applaudissements .) 

Les  lauriers  de  la  guerre  ne  pouvaient  ceindre  son  front  :  aussi 
a-t-elle  tourné  toute  son  activité,  toutes  les  qualités  énergiques  de 
sa  race,  vers  l’industrie,  le  commerce,  la  science  et  l’art.  Vous  ne 
l’ignorez  pas,  Messieurs, et  je  le 
constate  avec  une  patriotique 
fierté,  sur  ce  terrain  pacifique, 
notre  petit  pays  a  conquis  une 
situation  prépondérante. 

Sa  Majesté  le  Roi  a  noble¬ 
ment  secondé  toutes  les  initia¬ 
tives  de  son  peuple  :  avec  une 
hardiesse  digne  de  son  génie, 
il  a  ouvert  à  nos  industries,  à 
notre  commerce,  des  régions 
immenses,  tout  en  répandant 
à  pleines  mains  les  bienfaits 
de  la  civilisation  parmi  les 
peuples  barbares. 

Protecteur  éclairé  des 
sciences  et  des  arts,  il  encou¬ 
rage  de  sa  haute  bienveillance 
nos  savants  et  nos  artistes. 

L’Association  belge  de  Photographie  s’honore  d  etre  placée  sous 
son  protectorat  et  de  recueillir  les  témoignages  de  sa  sollicitude. 
{A pplaudissements .) 

Je  répondrai  certainement  à  vos  désirs,  Messieurs,  en  associant 
le  nom  de  notre  auguste  souveraine  à  celui  de  Sa  Majesté  le  Roi. 
Sa  bonté,  sa  douceur,  ses  largesses  envers  les  petits  et  les  pauvres 
aussi  bien  que  ses  souffrances  lui  ont  conquis  tous  les  cœurs.  (  Vifs 
applaud  issem  ents .  ) 

Puissent  nos  augustes  souverains  régner  de  longues  années  encore, 
entourés  de  l’affection  et  de  la  reconnaissance  de  leur  peuple. 

A  Leurs  Majestés  le  Roi  et  la  Reine!  ( Acclamations .) 


A.  Goderus. 

Pafcen  Wosber*. 


352  — 


M.  Casier  a  eusuite  repris  la  parole  et  a  porté  à  S.  A.  R.  M&1  le 
Prince  Albert  le  toast  suivant  : 

Messieurs, 

Vous  venez  de  saluer  le  présent  et  d’exprimer  vos  sentiments  de 
fidélité  et  d’attachement  à  celui  qui,  placé  au  sommet  de  notre  édi¬ 
fice  social,  tient  en  ses  mains  le  drapeau  national,  sjmbole  de  nos 
destinées. 

Je  vous  invite  maintenant  à  jeter  un  regard  vers  l’avenir  en 
saluant  de  vos  acclamations  le  Prince  chéri,  espoir  de  la  patrie;  sur 
Lui  reposent  nos  plus  chères  espérances  ! 

Son  aménité,  son  affabilité  lui  ont  valu  la  plus  heureuse  popula¬ 
rité.  Notre  Association  lui  doit  une  particulière  reconnaissance  : 
président  d’honneur  de  notre  société,  Son  Altesse  Royale  le  Prince 
Albert  avait  daigné  souscrire  le  premier  au  projet  des  fêtes  jubi¬ 
laires  :  s’il  n’avait  dû  entreprendre  un  lointain  voyage,  vous  l’eus¬ 
siez  compté  parmi  vous  à  l’assemblée  comme  au  banquet.  Ah! 
certes,  Messieurs,  vous  lui  eussiez  fait  une  enthousiaste  réception 
qui  lui  eût  prouvé  et  la  sincérité  de  votre  attachement  et  les  vœux 
que  vous  formez  pour  lui. 

Et  qu’importe  l’océan  au  cœur  bien  né!  Envoyons-lui  au  loin 
l’expression  de  notre  reconnaissance  et  de  notre  dévouement  et 
vidons  nos  coupes  à  sa  santé. 

A  Son  Altesse  Royale  le  Prince  Albert,  notre  bien  aimé  président 
d’honneur  ! 

Les  paroles  du  Président  de  l’Association  ont  été  saluées  par  des 
acclamations  prolongées  au  milieu  du  plus  grand  enthousiasme. 

Puis  M.  Casier  s’est  encore  levé  et  a  bu  aux  fondateurs,  anciens 
présidents  et  secrétaires  généraux. 

Messieurs, 

Lorsqu’après  vingt-cinq  ans  de  vie  commune,  de  joie,  de  bon¬ 
heur,'  de  prospérité,  une  mère  de  famille  fête  ses  noces  d’argent, 
entourée  de  nombreux  enfants  et  d’amis  dévoués,  son  cœur  mater¬ 
nel  contemple  avec  orgueil  cette  couronne  qui  l’entoure  de  son 


affection  et  volontiers,  comme  la  mère  des  Gracques,  elle  jette  un 
regard  d’amour  sur  ces  fruits  de  ses  entrailles  en  disant  :  Voilà 
mes  bijoux  ! 

Et  lorsque  l’aîné  de  ses  enfants  s’avance,  ému,  pour  lui  présenter 
ses  félicitations  et  ses  vœux,  elle  le  presse  affectueusement  sur  son 
cœur  ;  mais  aussitôt  ses  yeux  se  détournent  et  d’un  geste,  le  sou¬ 
rire  aux  lèvres,  elle  montre  à  ses  fils  les  aïeux,  ceux  qui,  courbés 
sous  le  poids  des  ans,  eurent  aussi  leurs  heures  de  jeunesse  et 
semblent  les  revivre  au  spectacle  qui  se  déroule  sous  leurs  yeux. 

Elle  reporte  sur  ces  anciens  l’expression  de  la  joie,  les  témoi¬ 
gnages  de  re¬ 
connaissance 
dont  on  l’acca¬ 
ble;  ne  sont-ils 
pas,  du  reste, 
les  artisans  de 
son  bonheur 
puisqu’elle  leur 
doit  le  bienfait 
de  la  vie  et  de 
l’éducation? 

Mère  d’une 
famille  nom¬ 
breuse,  l’Asso¬ 
ciation  belge  de 

Photographie  célèbre,  en  ce  jour,  ses  noces  d’argent.  Enfants  et 
amis  sont  accourus  pour  la  fêter,  proclamer  ses  bienfaits  et  l’assu¬ 
rer  de  leurs  sympathies  et  de  leurs  dévouements.  Volontiers,  elle 
accueille  ces  témoignages  qui  l’honorent  et  l’enorgueillissent.  Mais 
elle  vous  invite  par  ma  voix  à  reporter  tous  ces  vœux,  toutes  ces 
félicitations  sur  les  anciens,  sur  ceux  qui  l’appelèrent  à  la  vie,  sur 
nos  chers  fondateurs. 

Hélas!  la  mort  a  fauché  parmi  eux!  Leurs  rangs  se  sont  éclair¬ 
cis.  Saluons  avec  respect  ceux  qui  ne  sont  plus  et  gardons  fidèle¬ 
ment  leur  souvenir. 

Mais  vous,  chers  constituants  présents  à  nos  fêtes,  quelle  ne  doit 


E.  Cecil  Hertslet. 

Un  Pâfcunaqe  de  l’Est. 


pas  être  votre  joie  en  contemplant  cet  enfant,  si  petit  il  y  a  vingt- 
cinq  ans,  aujourd’hui  grand,  fort,  robuste,  puissant. 

S’il  a  fait  sa  trouée  dans  le  monde,  s’il  a  conquis  droit  de  cité, 
si,  en  un  mot,  grâce  à  lui,  la  photographie  occupe  une  place  bril¬ 
lante,  c’est  à  votre  initiative  hardie,  c’est  à  votre  dévouement,  c’est 
à  votre  programme  si  net  et  si  bien  défini  qu’il  le  doit. 

Sojœz-en  mille  fois  remerciés  !  Merci  aussi  à  vous,  présidents  et 
secrétaires  généraux  de  l’Association,  d’avoir  conservé  les  tradi¬ 
tions  déposées  dans  le  berceau  de  notre  société.  Vous  avez  été  au 
labeur,  à  la  peine;  vous  avez  connu  les  contrariétés,  les  difficultés 
de  la  tâche  ;  soyez,  en  ce  jour,  à  l’honneur  et  recueillez  avec  nos 
fondateurs,  dont  vous  avez  réalisé  les  espérances,  les  témoignages 
touchants  et  précieux  de  notre  plus  vive  reconnaissance. 

Puissiez-vous  tous,  c’est  notre  vœu  le  plus  cher,  couler  de  longs 
et  d’heureux  jours  et  vous  retrouver  avec  tous  les  amis  qui 
m’écoutent  aux  noces  d’or  de  notre  société. 

Je  lève  mon  verre  à  la  santé  des  fondateurs,  anciens  présidents 
et  secrétaires  généraux  de  l’Association  belge  de  Photographie. 

De  nouveaux  applaudissements  éclatent,  et  M.  J.  Maes,  ancien 
président  et  membre  fondateur,  prend  la  parole  pour  répondre  à 
M.  Casier  : 

Messieurs, 

Au  nom  des  fondateurs,  au  nom  des  anciens  présidents  et  secré¬ 
taires  généraux  de  l’Association,  je  remercie  de  tout  cœur  notre  bien 
dévoué  président,  M.  Casier,  des  paroles  si  cordiales,  si  profondé¬ 
ment  senties  qu’il  vient  de  prononcer.  Je  vous  remercie,  Messieurs, 
de  l’accueil  que  vous  faites  à  ces  paroles,  de  l’approbation  que 
vous  leur  donnez. 

Nous  avons  la  satisfaction  d’avoir  pu  accomplir  notre  devoir,  la 
satisfaction  d’avoir  pu  réaliser  les  missions  diverses  que  vous  nous 
aviez  confiées. 

Certes,  Messieurs,  lorsque  nous  avons  fondé  l’Association,  nous 
avions  l’espoir  de  réussir,  mais  nous  ne  pensions  pas  atteindre  aux 
superbes  résultats  auxquels  nous  sommes  arrivés  et  qui  ont  placé 
l’Association  au  rang  des  sociétés  les  plus  estimées  de  l’Europe. 


Ces  résultats,  nous  les  devons  aux  efforts  et  à  la  collaboration 
constante  des  divers  conseils  d’administration  qui  se  sont  succédé 
et  qui  n’ont  eu  qu’un  but  :  celui  de  voir  progresser  notre  société. 

Quant  à  nous,  Messieurs,  notre  mission,  je  crois,  est  remplie. 

Nous  n’avons  plus  l’ardeur  des  années  écoulées  ;  plusieurs  d’entre 

nous  sont  arrivés  au  déclin  de  la  vie;  d’autres  nous  ont  quittés  déjà. 

« 

Des  cent  quarante  membres  fondateurs,  a  peine  en  reste-t-il  une 
vingtaine  !  Mais  n’éveillons  pas  de  tristes  pensées  en  ce  moment. 
Réjouissons-nous,  au  contraire,  de  voir  la  génération  nouvelle  aussi 
enthousiaste  que  la  nôtre,  et  comptons  sur  elle  pour  poursuivre  et 
parfaire  notre  œuvre.  Nous  sommes  convaincus  que,  ne  ménageant 
ni  son  temps  ni  ses  peines,  elle  conduira  notre  chère  Association  à 
de  nouveaux  progrès,  à  de  nouveaux  succès. 

Ces  progrès,  Messieurs,  vous  les  réaliserez  en  maintenant  tou¬ 
jours  la  bonne  entente  et  la  concorde  entre  les  membres  de  l’Asso¬ 
ciation,  en  formant  l’union  de  plus  en  plus  complète  des  diverses 
sections.  C’est  par  l’union  que  l’on  fait  les  grandes  choses,  et  nous 
ne  devons  jamais  oublier  notre  belle  devise  nationale  :  L’Union  fait 
la  force. 

Encore  une  fois,  messieurs,  au  nom  des  anciens  :  merci. 

(Applaudissements.) 

M.  Maes  reprend  la  parole  et  s’adressant  aux  délégués  des 
sociétés  étrangères  prononce  le  toast  suivant  : 

Messieurs, 

Nous  avons  l’honneur  de  recevoir  des  délégués  de  plusieurs 
sociétés  étrangères  des  plus  importantes  :  M.  Davanne,  président 
du  conseil  d’administration  de  la  Société  française  de  Photographie  ; 
M.  Davanne,  toujours  aussi  enthousiaste  qu’il  y  a  quarante-cinq 
ans,  alors  qu’il  fit  paraître  son  premier  ouvrage  sur  la  photographie; 
M.  Davanne  se  rendant  à  Milan,  Genève,  Dresde,  Bruxelles, 
Moscou  et  Londres,  partout  enfin  où  il  s’agit  de  défendre  les  droits 
de  la  photographie.  M.  Bucquet,  l’artiste,  président  du  Photo- 
Club  de  Paris,  que  l’on  est  certain  également  de  rencontrer  partout 
où  il  y  a  manifestation  d’art  et  qui  a  tant  fait  dans  ce  but  en 


—  356  — 


France.  M.  Juhl,  le  distingué  président  et  chef  des  Photographes 
amateurs  de  Hambourg,  dont  vous  avez  pu  admirer  les  œuvres  si 
intéressantes  à  notre  exposition.  M.  Boutique,  de  la  Société  photo¬ 
graphique  du  Nord  de  la  France;  M.Dulieux,  représentant  de  la 
Société  de  Lille.  Ces  messieurs  nous  ont  apporté  les  félicitations  de 
leurs  sociétés  à  l’occasion  de  nos  noces  d’argent.  Remercions-les 
de  cette  nouvelle  marque  de  sympathie  qu’ils  nous  donnent  ;  disons- 
leur  combien  nous  en  sommes  touchés  et  demandons-leur  de  bien 
vouloir  transmettre  à  leurs  collègues  les  sentiments  de  profonde 
gratitude  qui  nous  animent.  Disons-leur  encore  qu’à  l’Association 
belge  de  Photographie  ils  ne  comptent  que  des  amis. 

Levons  notre  verre,  Messieurs,  en  l’honneur  des  sociétés  étran¬ 
gères  et  de  leurs  distingués  représentants  parmi  nous. 

■  (Applaudissements.) 

M.  Davanne,  Président  du  Conseil  d’administration  de  la  Société 
française  de  Photographie,  membre  d’honneur  de  l’Association 
belge,  répond  au  toast  de  M.  Maes  : 

Monsieur  le  Président, 

Messieurs  de  l’Association  belge  de  Photographie, 

C’est  un  grand  honneur  pour  moi  d’avoir  été  délégué  par  la 
Société  française  de  Photographie  pour  vous  apporter,  au  nom  de 
tous  ses  membres,  ses  compliments  et  ses  plus  cordiales  félicita¬ 
tions  à  propos  de  votre  jubilé  et  de  votre  vingt-cinquième  année 
d’existence. 

J’aurais  dû  vous  dire  :  «  Mes  chers  collègues  »,  car  depuis  bien 
des  années  déjà  vous  m’avez  inscrit  parmi  vos  membres  d’honneur, 
et  je  suis  heureux  de  profiter  de  cette  occasion  pour  vous  remercier 
de  nouveau  de  m’avoir  associé  à  vos  travaux. 

Si  je  me  permets  de  me  lever  le  premier  après  votre  président 
pour  le  remercier  des  cordiales  paroles  de  bienvenue  qu’il  a  adres¬ 
sées  aux  sociétés  françaises  et  étrangères  et  à  leurs  délégués,  c’est 
que  je  crois  être  le  doyen  d’âge,  non  seulement  comme  un  des  plus 
anciens  et  des  plus  fervents  adeptes  de  la  photographie,  mais  aussi 
comme  le  représentant  de  la  doyenne  des  sociétés  qui,  nous  l’espé- 


—  357  - 


rons,  célébrera  bientôt  son  cinquantenaire  et  vous  demandera  de 
venir  près  d’elle  comme  aujourd’hui  nous  sommes  venus  auprès 
de  vous. 

Car  elle  commence  à  se  faire  vieille  notre  photographie,  notre 
mère  à  tous,  toujours  jeune  cependant  par  ses  découvertes  inces¬ 
santes,  par  les  innombrables  services  qu’elle  rend  et  qui  s’accumulent 
et  qui  maintenant  se  sont  étendus  à  tout  le  monde  intellectuel.  Si 
j’entrais  dans  la  voie  de  les 
énumérer  tous,  je  vous  verrais 
regarder  avec  crainte  l’aiguille 
qui  marque  les  heures,  car  il 
n’est  pas  une  branche  des  con¬ 
naissances  humaines  qui  ne 
lui  doive  de  la  gratitude. 

La  science,  qui  semblait  au 
début  en  faire  fi,  lui  rend 
maintenant  la  justice  due  à 
une  collaboratrice  fidèle;  l’in¬ 
dustrie,  avec  elle,  a  trouvé 
un  développement  inattendu 
et  considérable;  les  arts  de 
l’impression,  qui  la  rejetaient 
si  loin  il  y  a  quelques  années, 
lui  doivent  aujourd’hui  l’illus¬ 
tration  courante  à  laquelle  se 

Mlle  P.  Marchant. 

joindra  prochainement  l’illus- 

1  r  ^  Tricoteuse  bretonne, 

tration  en  couleurs  déjà  com¬ 
mencée.  Les  progrès  actuels  dans  cette  voie,  comme  les  progrès 
futurs,  dépendent  maintenant  moins  des  perfectionnements  photo¬ 
graphiques  que  des  améliorations  que  les  imprimeurs,  trop  imbus 
encore  de  leurs  pratiques  courantes,  se  décideront  à  apporter  dans 
leurs  méthodes  quelque  peu  surannées;  mais  laissons  faire  le  temps 
et  l’intérêt,  la  photographie  est  désormais  maîtresse  de  l’illustra¬ 
tion,  vous  l’avez  prouvé  du  reste,  vous  parmi  les  premiers,  par 
ces  charmantes  typogravures  qui  embellissent  toujours  votre 
Bulletin. 


Mais  cette  question  d’illustration  touche  immédiatement  à  la 
question  d’art  et  je  me  trouve  attiré  sur  un  terrain  brûlant,  je  sens 
peser  sur  moi  le  regard  du  président  du  Photo-Club  de  Paris,  celui 
du  président  de  la  Société  photographique  de  Hambourg  qui,  comme 
vous,  ont  si  résolument  entraîné  la  photographie  dans  la  voie  pure¬ 
ment  artistique;  mais  n’ayez  crainte,  je  ne  veux  pas  méconnaître  les 
progrès  dus  à  cet  entraînement,  je  veux  seulement,  par  des  obser¬ 
vations  qui  me  sont  absolument  personnelles,  signaler  les  abus  qui 
accompagnent  presque  toujours  la  ferveur  des  néophytes,  c’est-à- 
dire  l’excès  dans  le  flou,  dans  le  gris,  dans  la  couleur  douteuse  ;  ce 
que  j’attaque  c’est  le  manque  de  cette  franchise  qui  est  l’honneur  de 
la  photographie. 

Il  semblerait  que  la  photographie  ne  pût  être  considérée  comme 
artistique  que  si  elle  se  dissimule  sous  une  autre  apparence;  nom¬ 
bre  d’artistes,  lorsqu’ils  la  jugent,  veulent  qu’elle  ressemble  à  ce 
qu’ils  produisent  eux-mêmes;  je  trouve  ce  sentiment  exagéré  dis¬ 
cutable,  et  je  préfère  croire  qu’une  œuvre  peut  être  artistique  et 
belle  quel  que  soit  son  mode  d’obtention,  la  photographie  n’a 
besoin  de  ressembler  ni  à  un  dessin  ni  à  un  cra}ron,  elle  est  œuvre 
de  la  volonté  du  sentiment  et  du  soleil;  qu’elle  soit  belle,  cela  suffit. 

D’ailleurs,  l’application  de  la  photographie  à  des  œuvres  dites 
artistiques  n’est  qu’une  des  faces  de  la  photographie  générale  ;  elle 
en  a  beaucoup  d’autres  d’un  intérêt  au  moins  aussi  grand,  et  si  elle 
se  prête  à  toutes  les  fantaisies,  il  ne  faut  pas  la  détourner  de  sa 
véritable  route,  qui  est  la  droiture,  l’authenticité,  la  perfection  des 
détails,  la  vérité  dans  la  beauté.  La  photographie  a  conquis  une  assez 
large  place  dans  le  monde  pour  avoir  le  droit  d’être  elle  sans 
chercher  à  ressembler  à  une  autre,  et  nous  serons  les  premiers  à  lui 
pardonner  ses  écarts  et  ses  fantaisies,  mais  il  ne  faut  pas  qu’elle 
abandonne  ce  qui  doit  être  son  essence  même,  sa  vie,  sa  supériorité 
sur  toute  œuvre  de  la  main,  c’est-à-dire  la  vérité. 

Sans  doute,  vous  me  trouverez  excessif,  c’est  que  je  cherche  à 
combattre  les  excès  vers  lesquels  elle  semble  entraînée  ;  certes  nous 
avons  beaucoup  à  apprendre  du  côté  artistique,  mais  n’avons-nous 
pas  aussi  beaucoup  à  enseigner? 

Demandons,  Messieurs,  à  la  photographie  de  progresser  sans 


cesse,  de  multiplier  ses  découvertes  et  ses  procédés,  afin  de  répondre 
toujours  à  tout  ce  que  l’on  veut  exiger  d’elle;  élargissons  son 
domaine  scientifique,  artistique,  industriel,  ne  la  laissons  ni  res¬ 
treindre,  ni  contester;  c’est  là  un  des  principaux  rôles  de  nos 
sociétés;  elles  auront  d’autant  plus  de  puissance  qu’elles  compte¬ 
ront  un  plus  grand  nombre  d’adhérents,  qu’elles  seront  comme  vous, 
plus  unies  entre  elles,  qu’elles  auront  conquis  une  notoriété  comme 
la  vôtre  plus  justement  méritée  par  les  services  rendus,  par  la  per¬ 
sistance  dans  la  tradition  d’idées  justes,  puissance  que  ne  peut  avoir 
l’individualité. 

Remercions  donc,  Messieurs,  la  vieille  Association  belge,  ce  mot 
est  tout  un  éloge,  d’avoir  su  grouper  et  maintenir  autour  du  même 
drapeau  les  éléments  dont  elle  se  compose;  félicitons  chaleureuse¬ 
ment  toutes  les  Sections,  dont  l’union  fait  la  force,  de  lui  être  restées 
fidèles  ;  souhaitons  à  l’Association  belge  de  célébrer  dans  vingt-cinq 
autres  années  son  cinquantenaire  en  apportant  à  ceux  qui  la  félici¬ 
teront  alors  un  bilan  de  travail  aussi  beau  que  celui  présenté  par  ses 
annales  actuelles. 

Messieurs,  au  nom  de  la  Société  française  de  Photographie,  au 
nom  des  sociétés  et  des  étrangers  qui  m’autorisent  à  parler  pour 
eux,  M.  Dulieux,  délégué  de  la  Société  de  Lille;  M.  Boutique, 
délégué  de  la  Société  du  Nord  de  la  France,  je  remercie  l’Associa¬ 
tion  belge  de  sa  cordiale  réception,  je  bois  à  son  président,  à  ses 
membres,  à  l’Association  tout  entière,  en  formant  les  vœux  les 
plus  sincères  pour  que  son  avenir  soit  comme  son  passé. 

(A  pplaudissements  prolongés.) 

M.  Bucquet,  président  du  Photo-Club  de  Paris,  membre  de 
l’Association  belge,  prend  à  son  tour  la  parole  et  s’exprime  comme 
suit  : 

Messieurs, 

En  acceptant  l’aimable  invitation  qui  m’a  été  adressée  par  votre 
Comité,  j’ai  tenu  à  donner  à  l’Association  belge  de  Photographie, 
tant  au  nom  du  Photo-Club  de  Paris  qu’au  mien  propre,  le  témoi¬ 
gnage  de  notre  bien  cordiale  sympathie  à  l’occasion  du  XXVe  anni¬ 
versaire  de  sa  fondation;  j’ai  voulu  venir  vous  exprimer  de  vive 


voix  les  vœux  sincères  que  nous  formons  pour  la  prospérité  de  notre 
grande  aînée. 

Je  me  proposais,  ce  soir,  de  lever  mon  verre  en  l’honneur  de 
votre  puissante  Association  et  de  ceux  qui,  par  leur  dévouement  et 
leurs  travaux,  ont  su  la  placer  au  premier  rang  des  Sociétés  photo¬ 
graphiques,  et  de  ne  pas  prolonger  la  série  des  toasts  :  mais,  ainsi 
que  vous  l’avez  entendu,  M.  Davanne  vient  de  prendre  à  partie  les 
tendances  nouvelles  de  la  photographie  artistique,  tendances  que 
votre  Association  représente  si  brillamment  en  Belgique  et  que  le 

Photo-Club  de 
Paris  s’efforce 
de  faire  triom¬ 
pher  en  France. 
Permettez  -  moi 
donc, Messieurs, 
de  répondre 
quelques  mots 
aux  critiques  du 
président  de  la 
Société  fran¬ 
çaise  de  Photo¬ 
graphie  et  de 
défendre  les 
tentatives  artis¬ 
tiques  faites  pendant  ces  dernières  années  et  qu’il  me  paraît 
méconnaître. 

Rassurez- vous,  Messieurs,  je  n’ai  ni  l’intention,  ni  la  préten¬ 
tion  de  vous  faire  ici  une  longue  théorie  sur  ce  que  doit  être  cette 
branche  si  intéressante  et  si  féconde  de  la  photographie  employée 
comme  moyen  d’expression  et  de  représentation  de  la  nature  :  c’est 
là,  vous  le  savez,  une  question  qui  passionne  beaucoup  d’artistes,  et 
nos  Bulletins  sont  remplis  d’articles  sur  ce  sujet,  dus  à  la  plume 
d’écrivains  autorisés. 

Je  tiens  seulement  à  vous  faire  observer  que  mon  très  savant  et 
aimable  collègue  me  semble  se  montrer  bien  sévère,  et  j’ajouterai 
bien  injuste,  pour]  les  efforts  faits  par  diverses  sociétés  qui  ont 


entrepris  de  relever  le  niveau  de  la  photographie  artistique  qui  ne 
se  manifestait  guère  auparavant,  en  la  présentant  sous  un  aspect 
nouveau,  en  montrant  une  voie  nouvelle. 

Je  ne  vais  pas  jusqu’à  admirer  sans  réserve  tous  les  envois 
qui  figurent  dans  nos  Salons,  et  qui,  je  l’avoue,  sont  fort  loin  de 
répondre  à  ce  que  d’ordinaire  on  attend  des  productions  de  la 
chambre  noire.  Beaucoup  sont  en  effet  de  nature  à  troubler  ceux  qui 
ne  recherchent  dans  la  photographie  qu’une  copie  fidèle,  rigoureu¬ 
sement  exacte  d’un  objet  ou  d’un  site,  et  pour  lesquels  le  summum 
de  l’art  consiste  à  obtenir  une  belle  épreuve,  nette  en  tous  points 
et  en  tous  plans  et  d’une  exécution  technique  irréprochable. 

En  peinture,  en  littérature,  en  musique,  il  existe  des  intransi¬ 
geants;  eh  bien,  quoi  de  plus  naturel  que  d’en  rencontrer  chez  les 
photographes?  N’est-ce  pas  là  même  une  preuve  de  force  et  de  vita¬ 
lité,  puisque  les  critiques  d’art  trouvent  dans  nos  expositions  matière 
à  longs  examens  et  à  critiques  sérieuses?  Les  œuvres  les  plus  dis¬ 
cutées,  je  dirai  les  plus  discutables  par  leurs  défauts  mêmes,  si  vous 
voulez,  et  leurs  exagérations  de  flou  et  de  simplification,  me 
semblent  être  d’un  exemple  profitable  pour  montrer  à  ceux  qui 
veulent  travailler  uniquement  en  vue  de  la  perfection  artistique  ce 
qu’il  faut  éviter,  les  dangers  qui  sont  menaçants  et  les  excès  dans 
lesquels  il  ne  faut  pas  tomber.  De  la  comparaison  qui  s’établit  entre 
toutes  les  œuvres  méritant,  à  des  titres  divers,  de  retenir  l’atten¬ 
tion,  naît,  soyez-en  convaincus,  un  courant  sain  et  salutaire  dont 
l’avenir  ne  peut  que  profiter. 

M.  Davanne  reproche  à  beaucoup  de  tableaux  exposés  en  ce 
moment,  soit  ici,  soit  à  Paris,  de  ne  ressembler  en  rien  à  de  la  pho¬ 
tographie  :  mais  c’est,  à  mon  humble  avis,  ce  qui  leur  donne  toute 
leur  originalité,  toute  leur  valeur,  et  leur  permet  de  revendiquer 
hautement  la  place  qui  leur  est  due  dans  la  classification  des  beaux- 
arts,  puisque  le  procédé  se  modifie  essentiellement  dans  la  main  de 
l’artiste  qui  le  manie,  puisque  ces  œuvres  cessent  d’être  de  serviles 
copies  pour  devenir  des  interprétations  de  la  nature  dans  lesquelles 
le  goût,  le  talent,  le  sens  artistique  plus  ou  moins  développé  de  leur 
auteur  jouent  le  rôle  prépondérant  :  le  procédé  lui-même  disparaît 
pour  faire  naître  en  nous  une  sensation,  une  émotion  ! 


—  362  — 


Ne  reprochons  donc  pas  à  ceux  qui  s’efforcent  de  tenter  la 
production  d’œuvres  artistiques  de  nous  présenter  des  tableaux  qui 
ressemblent  plus  ou  moins  à  des  crayons,  des  sépias,  des  sanguines, 
voire  des  pastels  ou  des  aquarelles ,  puisque  nous  avons  vu 
récemment  des  essais  en  couleurs  dus  à  des  maîtres  autrichiens  ; 
remercions-les,  au  contraire,  d’avoir  trouvé  le  moyen  de  charmer 
nos  yeux  et  d’avoir  su  rendre  attrayantes  et  variées  les  expositions 
photographiques  jadis  si  ternes  et  si  monotones  ! 

.Te  m’arrête,  car  j’ai  déjà  trop  abusé  de  votre  attention, 

Messieurs  ;  j’es¬ 
père  toutefois 
que  vous  ne 
m’en  voudrez 
pas  d’avoir  re¬ 
vendiqué  pour 
les  sociétés  qui, 
comme  l’Asso¬ 
ciation  belge  de 
Photographie, 
font  des  tenta¬ 
tives  intéres¬ 
santes,  pour  les 
progrès  de  la 
photographie 

artistique,  un  encouragement  qu’elles  me  semblent  mériter. 

Je  bois  à  1  Association  belge  de  Photographie,  à  sa  prospé¬ 
rité,  à  1  art  photographique,  au  développement  duquel  les  travaux 
des  membres  de  votre  Association  ont  si  largement  et  si  puissam¬ 
ment  contribué  ! 

De  vibrantes  acclamations  accueillent  les  paroles  du  sympathique 
président  du  Photo-Club  de  Paris  et  lui  montrent  que  sur  le  terrain 
de  l’art  photographique  la  société  qu’il  dirige  et  l’Association  belge 
marchent  la  main  dans  la  main. 

La  série  des  toasts  étant  close,  on  se  lève  pour  prendre  le  café 
dans  la  salle  attenante  et  la  réunion  prend  aussitôt  un  caractère  plus 
intime. 


Ferdinand  Coste. 

Matinée  de  Mai  en  Morvan. 


-  363  - 


A  côté  des  artistes  photographes  il  y  a  aussi  au  sein  de  l’Asso¬ 
ciation  des  artistes  musiciens.  M.  Stadeler,  le  dévoué  secrétaire  de 
la  Section  de  Bruxelles  fait  entendre  les  plus  beaux  morceaux  de  son 
brillant  répertoire  et  donne  une  fois  de  plus  l’occasion  d’applaudir 
sa  voix  remarquable  et  puissante. 

M.  Belot  intéresse  et  amuse  à  la  fois  avec  un  phonographe  très 
perfectionné  qui  reproduit  fidèlement  et  admirablement  ce  qu’on  lui 
a  confié;  les  morceaux  d’orchestre,  entre  autres,  sont  très  bien  ren¬ 
dus  et  obtiennent  un  grand  succès. 

Puis  c’est  M.  Darins  qui  se  fait  applaudir  dans  des  morceaux 
choisis  avec  goût  et  qu’il  chante  avec  beaucoup  de  talent. 

La  partie  amusante  est  donnée  par  l’aimable  confrère  gantois, 
Louis  Declercq,  qui  est  de  toutes  les  fêtes  de  l’Association  et  aux¬ 
quelles  il  ne  ménage  jamais  son  concours.  Tantôt  il  amuse  avec  ses 
chansonnettes  si  spirituelles  et  si  bien  dites,  tantôt  il  provoque 
l’hilarité  avec  ses  désopilants  récits  en  anglais. 

Bref,  la  soirée  s’est  prolongée  grâce  à  ces  joyeux  confrères  qui 
ont  tenu  tout  le  monde  sous  le  charme  de  leurs  talents  si  variés. 
Des  remerciements  chaleureux  leur  sont  dus  et  en  les  leur  adres¬ 
sant  ici  nous  sommes  certains  d’être  l’interprète  de  tous  ceux  qui  ont 
assisté  à  ce  brillant  banquet  de  nos  fêtes  jubilaires. 


TROISIÈME  JOURNÉE.  —  LUNDI  16  MAI 


de  Projections 


e  lundi  IG  mai,  à  8  1/2  heures  du  soir,  a  été 
donnée  la  soirée  de  projections  inscrite  au 
programme. 

Cette  soirée,  organisée  par  les  soins  de  la 
Section  de  Bruxelles,  a  eu  lieu  au  Palais 
du  Midi,  au  local  de  l’Association. 

Le  but  de  cette  soirée  était  de  combler 
une  lacune,  les  tableaux  pour  projections 
n’étant  pas  admis  à  l’exposition  du  Cercle 
artistique. 

Or,  les  diverses  sections  de  l’Association 
comptent  un  grand  nombre  de  membres  s’adonnant  avec  succès 
aux  tirages  spéciaux  pour  projections  et  il  y  avait  grand  intérêt 
à  présenter,  d’une  manière  résumée,  le  travail  de  chacune  des 
Sections  dans  ce  qu’il  a  de  mieux. 

Quatre  Sections  ont  répondu  à  l’invitation  de  la  Section  de 
Bruxelles  et  cent  douze  positives  de  choix  ont  été  tirées  de 
l’ensemble  des  envois. 

Dix  positives  de  M.  Graystone-Bird,  de  Bath  (Angleterre),  y  ont 
été  ajoutées,  ce  qui  a  porté  le  nombre  total  des  tableaux  à  cent 
vingt-deux. 

Ce  sont  les  positives  de  la  Section  d’Anvers  qui  ont  paru  les 
premières  sur  l’écran,  projetées  à  la  lumière  électrique. 

Voici  le  catalogue  des  tableaux  : 

M.  Bourgeois  :  Matinée  d'hiver  ;  un  Coin  du  Peerbosch 
(Anvers)  ;  la  Vallée  de  la  Semois  à  Bouillon',  la  Rue  des  Fontaines 
à  Montojr  et  Tir  d'une  batterie  cuirassée . 

M.  Van  Bellingen  :  Effet  de  neige. 


—  3G5 


M.  Maes  :  Le  Ponton  du  Steen  ;  Sur  l'Escaut ;  Pontonniers 
d'artillerie  ;  Botresses  à  Liège  ;  Habitants  de  l'ile  de  Marcken 
(3  tableaux). 

M.  Selb  :  Une  Soirée  orageuse  à  Eprave ;  Ferme  de  Clara- 
fonds  (Savoie)  ;  Fileuse  à  Tinsen  (Suisse)  ;  Glacier  Cambressa 
(Engadine);  Glacier  Roseg; 

Sculpteur  sur  bois  à  Baden- 
Baden  et  Ramoneur  à 
Baden-Baden. 

Les  positives  de  la  Sec¬ 
tion  d’Anvers,  très  admirées, 
sont  pleines  de  vigueur  et 
de  relief  ;  quelques-unes, 
comme  les  Glaciers  de 
M.  Selb,  sont  d’une  rare 
perfection  et  produisent  une 
grande  impression. 

Viennent  ensuite  les  posi¬ 
tives  de  la  Section  de 
Bruxelles. 

Un  bon  nombre  de  mem¬ 
bres  ont  répondu  à  l’appel 
du  Comité,  ce  sont  : 

M .  Vanderkindere  : 

L'Abbaye  de  Maredsous  ;  A  Bruxelles-Kermesse  ;  Etude  d'éclai¬ 
rage  ;  Chemin  creux  à  Uccle  ;  la  Meuse  à  Tilleur  ;  Porteur  d'eau 
à  Sera  in  g. 

M.  Del  CROIX  :  Vieux  Moulin  à  Ternath  ;  A  Lucerne. 

M.  Delva  :  A  Laeken;  le  Hallerbach  (Grand-Duché);  A  Droo- 
genbosch. 

M.  PüTTEMANS  :  Chemin  poudreux  à  Mirwart  ;  Porte  du 
Steen  à  Anvers;  vue  prise  du  Ballon  captif  de  l’Exposition  de  1897. 

M.  Rutot  :  Diverses  études  de  marine  avec  nuages;  la  Chute 
du  Rhin. 

M.  Misonne  :  Moutons;  Au  Village;  En  Automne;  Sur  la 
Glace  ;  Au  Bord  de  l'eau. 


26 


366  — 


M.  le  D>  Paradis  :  Rue  de  la  Régence  à  Bruxelles  ;  Y  Hiver  à 
Humbeek  ;  A  Angre. 

M.  Hanssens  :  Après  la  récolte;  Dans  le  salon;  Manœuvres 
d'artillerie. 

M.  le  Commandant  Peltzer  :  Environs  de  Malines ;  Ne 
bougeons  plus  !  Heureuse  Mère. 

M.  Boitson  :  Porte  de  la  Cathédrale  de  Huy  ;  Régates  sur 
l'Escaut  ;  Printemps  à  Isque. 

M.  Bidart  :  Etudes  de  roses;  Branche  d'azalée;  Y  Hiver  au 
bois  ;  Etude  de  Chevaux. 

M.  Valentyns  :  Entrée  des  ruines  du  château  de  Laroche  ; 
Vue  de  Laroche. 

M.  le  D1  Paternotte  :  Sur  la  Route  de  Biskra  (Algérie); 
Quartier  arabe  à  Bougie  ;  Caravane  traversant  l' Oued-Biskra  ; 
Porte  Sidi- Ab  dulali  à  Tunis ;  Canal  delà  Goulette  ;  Mosquée  de 
Sidi-Sahab  à  Kairouan  ;  Potier  à  Testour. 

Beaucoup  de  ces  tableaux  sont  vivement  appréciés;  un  bon 
nombre  témoignent  du  goût  artistique  très  développé  de  leurs 
auteurs,  de  la  réalité  d’impression  qu’ils  ont  cherché  à  produire. 

La  Section  de  Gand  était  représentée  par  les  auteurs  suivants  : 

M.  Casier,  président  de  l’Association  :  Au  Mont  Saint-Michel  ; 
Crottes  de  l'Aquilon ;  Cloître  de  l'abbaye  de  Sainte-Wandrille 
(Normandie);  Sous  la  Neige. 

M.  Leirens  :  Diverses  scènes  d’hiver  très  réussies  ;  A  la  Cam¬ 
pagne  ;  Allée  d'arbres. 

M.  Servaes  :  Sortie  de  la  malle  à  Ostende  ;  Coup  de  mer. 

M.  Goderus  ;  Effet  de  givre  à  Genève  ;  Etang. 

Les  positives  de  MM.  Casier  et  Leirens  ont  surtout  été  très  bien 
accueillies  et  ont  provoqué  les  applaudissements  de  l’assemblée. 

La  Section  de  Liège  avait  fait  l’envoi  suivant  : 

M.  le  D1  Grenson  :  Près  d'Ischl;  Hallstadt ;  Lac  de  Saint- 
Wolfgang;  Craunkirchen,  ces  vues  sont  prises  dans  le  Salz-Ivam- 
mergut  (Autriche);  Berchtesgaden  (Haute  Bavière). 

M.  de  Saegher  :  Les  Rapides  de  la  Prüm  ;  A  Kinkempois. 

M.  Ivan  Braconnier  :  Vaches  à  l'abreuvoir. 

MM.  Massange  de  Louvrex  :  A  Southampton  ;  A  Plan  ken- 


1 


—  367  — 

berghe  (cinq  études  de  nuages,  de  vagues,  de  coucher  de  soleil,  etc.); 
Bateau  de  pêche  jeté  à  la  côte  ;  Saint-Gilles,  V  hiver. 

Les  tableaux  de  M.  le  D1  Grenson  ont  obtenu  tous  les  suffrages 
par  leur  admirable  exécution  ;  grand  succès  pour  M.  I.  Braconnier 
et  pour  MM.  Massange  de  Louvrex  (marines,  effets  de  nuages  et 
Y  Hiver  à  Saint-Gilles). 

Enfin,  la  Section  de  Namur  était  représentée  par  les  auteurs 
suivants  : 

M.  Rousseau  :  Moutons  sur  le  versant  de  la  citadelle ;  Déjeu¬ 
ner  sur  l'herbe  et  trois  études  de  fleurs  (Avoine  et  Bluets;  Œillets ; 
Chèvrefeuille). 

M.  Jossart  :  Calvaire  à  la  campagne  ;  Travaux  des  champs  ; 
Chapelle  Saint-Hubert  à  Marche-les-Dames  ;  Fleur  des  Champs  ; 
la  Rencontre. 

M.  Dupont  :  Le  Samson  à  Goyet;  Allée  d'arbres  à  Herbatte ; 
la  Meuse  à  Waulsort. 

Bon  nombre  de  ces  positives  ont  obtenu  un  franc  et  légitime 
succès. 

Enfin,  la  soirée  s’est  terminée  par  la  projection  de  dix  positives 
envoyées  par  M.  Graystone-Bird,  de  Bath,  et  qui,  toutes,  ont 
été  très  honorablement  primées  dans  les  concours  anglais.  Ces 
positives  sont  intitulées  :  Vue  de  mer;  Paysage  d'hiver ;  Vene\  ! 
Fleurs  des  champs ;  Bateau  de  sauvetage  ;  Vue  d'hiver;  Groupe 
d'enfants ;  YHeure  du  repos ;  Clair  de  lune;  Lancement  du 
bateau  de  sauvetage. 

Les  spectateurs,  moins  nombreux  que  les  organisateurs  l’avaient 
espéré,  se  sont  retirés  enchantés  de  cette  séance,  qui  avait  montré 
comme  la  S3rnthèse  des  travaux  des  Sections,  le  niveau  élevé  de  la 
compréhension  artistique  des  sujets,  l’excellence  des  procédés 
techniques. 

Et,  comme  c’est  souvent  le  cas,  l’on  ne  peut  que  répéter  une  fois 
de  plus  :  les  absents  ont  eu  tort.  A.  R. 


I 


QUATRIÈME  JOURNÉE.  —  MARDI  17  MAI. 


Excüt»siof)  à  G^oepepdael 


E  17  mai,  qui  était  le  jour  anniversaire 
de  la  fondation  de  l’Association,  a  été 
consacré  à  une  excursion  à  Groenen¬ 
dael,  à  travers  l’admirable  forêt  de 
Soignes. 

La  réunion  avait  lieu  place  Rojmle 
où  des  breacks  de  très  grande  allure 
attendaient  les  excursionnistes.  A 
9  1/2  heures,  le  signal  du  départ  est 
donné  et  le  cortège  s’ébranle  ;  on  prend 
la  rue  de  la  Régence,  la  place  Poelaert  et  l’avenue  Louise,  pour 
gagner,  par  les  grandes  avenues  du  Bois,  la  drève  de  Lorraine. 

Cette  première  partie  du  trajet  excite  l’admiration  des  étrangers 
à  la  ville,  et  les  Bruxellois  entendant  tous  ces  éloges  regardent,  eux 
aussi,  et  découvrent  avec  étonnement  les  beautés  de  leur  capitale. 

La  journée  se  présentait  sous  les  meilleurs  auspices,  le  temps,  qui 
jusque-là  avait  boudé,  avait  complètement  changé  et  un  soleil  ra¬ 
dieux  présidait  à  cette  dernière  partie  du  programme  de  nos  fêtes. 

Le  bois  était  superbe  sous  l’éclat  de  son  feuillage  vert  tendre  du 
printemps;  la  brise  matinale  qui  estompait  les  fonds  des  grandes 
avenues  et  des  pelouses,  donnait  un  caractère  tout  spécial  au  pay¬ 
sage. 

Près  du  grand  ravin,  un  troupeau  de  moutons  attire  les  amateurs 
qui  s’essayent  aux  contre-jours. 

Voici  la  route  de  Boitsfort  qui  coupe  la  drève  de  Lorraine  dans 
laquelle  nous  nous  engageons.  Elle  est  superbe,  cette  avenue,  avec 


ses  jeunes  plantations,  au  feuillage  sombre,  tranchant  heureuse¬ 
ment  avec  leurs  aînées,  et  qui  la  divisent  en  multiples  chemins 
réservés  aux  divers  systèmes  de  locomotion,  mais  où,  il  faut  bien 
le  dire,  le  malheureux  piéton  est  bien  sacrifié. 

Aussi  il  y  règne  une  animation  extraordinaire  par  le  mouvement 
des  cyclistes,  des  cavaliers  et  des  équipages. 

Au  croisement  de  la  drève  des  Bonniers,  bon  nombre  de  touristes 
abandonnent  les  breacks  pour  continuer  à  pied  l’excursion  jusqu’à 
Groenendael.  On  s’enfonce  dans  la  forêt  très  accidentée  et,  sans 
souci  des  che¬ 
mins  ;  tantôt 
montant,  tantôt 
descendant,  on 
se  dirige  vers 
la  région  des 
étangs. 

Quelques  su¬ 
jets  se  présen¬ 
tent,  mais  sous 
la  haute  futaie 
les  appareils 
sur  pied  triom¬ 
phent,  et  si  quel-  R.  R0usseau. 

ques  porteurs 

de  détectives  opèrent,  c’est  uniquement  pour  la  forme,  pour  ne  pas 
trop  montrer  leur  infériorité  dans  la  circonstance  et  encore  font-ils 
poser  leur  modèle  dans  une  échappée  entre  les  arbres  et  en  plein 
soleil  ! 

Ici  une  vieille  qui  a  ramassé  une  charge  de  bois  mort  regagne  sa 
chaumière,  poussant  péniblement  sa  brouette  attelée  d’un  chien.  Elle 
se  prête  volontiers  à  poser  et  le  chien  lui-même  semble  comprendre 
ce  que  l’on  attend  de  lui.  Cette  bonne  volonté  méritait  une  récom¬ 
pense  ;  au  risque  de  nuire  au  désintéressement  des  indigènes,  une 


collecte  est  faite  entre  les  opérateurs  et  le  montant  en  est  remis  à 
la  brave  femme,  qui  bénit  le  ciel  et  les  photographes  charitables  pour 
cette  aubaine  inespérée. 


—  370  — 


Un  peu  plus  loin,  ce  sont  des  bûcherons  qui  servent  de  modèles, 
mais  comme  ils  travaillent  dans  un  chemin  découvert,  les  appareils 
à  main  prennent  leur  revanche  et  ce  sont  eux  maintenant  qui  ont  le 
dessus. 

Nous  arrivons  aux  étangs,  mais  l’heure  avancée  oblige  à  se  rendre 
directement  au  Château  de  Groenendael ,  le  restaurant  bien  connu, 
où  le  déjeuner  nous  attend. 

Déjeuner  simple,  très  bon,  bien  servi  et  très  apprécié  des  excur¬ 
sionnistes  mis  en  appétit  par  le  grand  air.  On  prend  le  café  au 

dehors,  et 
quelques  -  uns 
de  nos  con¬ 
frères  font  le 
groupe  tradi¬ 
tionnel,  sou¬ 
venir  de  toute 
excursion  bien 
organisée. 
C’est  celui  de 
M.  R.  Rous¬ 
seau,  de  Na- 
mur,  qui  ac¬ 
compagne  ce 
compte  rendu. 

Après  ce  repos,  on  quitte  le  Château  de  Groenendael,  pour 
rejoindre  les  étangs,  qui  commencent  immédiatement  derrière  l’éta¬ 
blissement.  Ce  château  de  Groenendael  est  ce  qui  reste  d’un  ancien 
prieuré  où  vécut  autrefois  le  savant  Jean  Van  Ruysbroeck  et  que 
plus  tard  Charles-Quint  choisit  souvent  comme  lieu  de  repos. 

On  envoie  les  breacks  nous  attendre  à  la  drève  de  Lorraine  et  l’on 
s’engage  sur  les  bords  des  étangs  miroitants  où  se  reflètent  les 
hautes  cimes  de  la  forêt.  Les  appareils  de  tout  genre  fonctionnent 
dans  toutes  les  directions,  mais  encore  une  fois  l’avantage  reste  aux 
chambres  montées  sur  pied.  Les  sites  superbes  de  cette  remarquable 
suite  d’étangs  sont  explorés  successivement  et  l’on  rejoint  les 
breacks. 


—  371  — 


On  accepte  l’aimable  invitation  de  notre  confrère,  M.  Lavalette, 
qui  nous  offre  le  champagne  de  l’amitié  à  sa  maison  de  campagne 
située  à  peu  de  distance.  Le  temps  de  vider  quelques  coupes  à  la 
santé  de  notre  hôte  et  à  la  prospérité  de  l’Association,  et  l’on 
reprend  place 
dans  les  voitu¬ 
res,  non  sans 
avoir  brûlé  ses 
dernières  pla¬ 
ques  chez  notre 
aimable  con¬ 
frère. 

On  refait  le 
même  trajet  que 
le  matin,  par  la 
drève  de  Lor¬ 
raine,  le  Bois 
de  la  Cambre 
et  l’avenue 
Louise,  et  dès 

l’arrivée  en  ville,  la  dislocation  commence.  Nos  amis  de  province 
regagnent  les  gares  de  chemin  de  fer,  on  se  sépare  encore  une  fois 
avec  regret  et  l’on  se  donne  rendez-vous  à  Liège  en  1899.  Nous 
prenons  également  congé  de  M.  E.  Juhl,  le  distingué  président  de 
la  Société  de  Hambourg,  qui  a  tenu  à  participer  à  toutes  nos  fêtes 
et  retourne  dans  son  pays.  On  lui  souhaite  un  heureux  voyage  et 
l’on  exprime  l’espoir  qu’il  conservera  un  bon  souvenir  de  son 
séjour  à  Bruxelles. 

Ch.  P. 


V.  Selb. 


Lie  troisième  Salon 

ct’Ant  photographique 


e  qui  caractérise,  abstraction 
faite  de  leur  mérite,  la  réu¬ 
nion  des  650  épreuves,  dont 
beaucoup  de  premier  ordre, 
groupées  dans  la  grande 
salle  du  Cercle  artistique  et 
littéraire,  c’est  l’infinie  mul¬ 
tiplicité  et  l’extrême  perfec¬ 


tion  des  procédés  mis  en  œuvre.  Il  serait  impossible  de  dénombrer 
les  virages,  les  papiers,  les  moyens,  les  combinaisons  de  toute 
espèce,  qui  permettent  désormais  au  photographe  de  dicter  en 
quelque  sorte  sa  volonté  à  la  chambre  noire  elle-même.  A  part  la 
réalisation  pratique  de  la  reproduction  directe  des  couleurs,  dont 
nous  aurions  voulu  voir  des  essais  figurer  au  Cercle  à  côté  des 
spécimens  colorés,  d’ailleurs  intéressants,  obtenus  par  l’expédient 
de  la  gomme  bichromatée,  on  se  demande  quels  progrès  matériels 
restent  encore  à  espérer. 

A  cette  liberté  illimitée  des  moyens  répond  l’émancipation  des 
tendances  esthétiques.  La  querelle  des  partisans  du  «  flou  »  et  du 
«  net  »  s’est  apaisée,  l’inflexible  exclusivisme  des  procédés  dits 
classiques  n’est  plus  qu’un  souvenir.  La  photographie  s’est  libérée. 
Elle  ne  subit  plus  d’autres  règles  que  celles  qui,  étant  les  prin- 


cipes  mêmes  du  goût,  s’imposent  à  tous  les  arts  plastiques. 
A  l’exemple  de  la  peinture,  elle  a  ses  coloristes  et  ses  dessinateurs, 
ses  romantiques  et  ses  classiques,  ses  tenebrosi  et  ses  luministes, 
voire  ses  pointilleurs.  De  plus  en  plus,  l’intervention  émue  de 
l’homme  l’emporte  sur  l’impersonnel  travail  de  l’instrument.  Et 
qui  sait?  il  n’est  peut-être  pas  chimérique  de  supposer,  puisqu’on  a 
réalisé  la  télégraphie  sans  fil, 
qu’on  imaginera  un  jour  la 
photographie  sans  appareil  ! 

Comme  la  peinture  aussi, 
la  photographie  a  pris  un 
caractère  cosmopolite.  Pas  un 
chercheur  découvrant  un  stra¬ 
tagème  ingénieux,  ou  le  secret 
de  faire  apparaître  plus  artiste 
la  vision  confiée  au  papier 
sensible,  sans  qu’aussitôt  son 
initiative  soit  reprise  et  com¬ 
plétée  sur  tous  les  points  du 
monde  où  se  braque  un  objec¬ 
tif.  Et  si  nous  nous  décidons 
à  classer  les  exposants  par 
nationalité ,  c’est  beaucoup 
moins  pour  établir  entre  les 
œuvres  françaises,  anglaises, 
allemandes  ou  belges  des  démarcations  inaperçues  à  l’Exposition 
où  elles  étaient  fraternellement  mélangées,  que  pour  introduire  un 
certain  ordre  dans  ce  rapide  compte  rendu. 

Les  Anglais  et  les  Æfnéiûcaitis 

L’absence  des  superbes  portraits  «composés»,  peut-on  dire,  par 
Mme  Cameron,  car  l’artiste  est  pour  autant  que  la  nature  elle-même 
dans  ces  magistrales  effigies,  met  cette  fois  les  exposants  de  la 
Grande-Bretagne  au  second  rang  parmi  ceux  qui  se  consacrent  à 
la  représentation  du  visage  humain.  Ni  les  Anglais,  ni  les  Amé- 


Richards,  J.  Cruwys 

Étude  de  tète. 


—  374  — 


ricains  qui  figurent  ici  ne  recherchent  la  profondeur  expressive, mais 
plusieurs  se  recommandent  par  la  grâce  et  le  naturel.  Telle,  miss 
Muriel  Bell  :  si  aucun  sentiment  poétique  ou  romanesque  ne  sou¬ 
lève  la  poitrine  délicate  de  Zenobia  et  de  Phyllis ,  en  revanche  la 
pureté  de  leurs  traits  est  exquise,  et  un  charmant  ajustement  de 
chevelure,  de  gazes,  de  perles,  suggérant  une  vague  idée  de 
harems  et  d  odalisques,  ajoute  du  piquant  à  ces  aimables  physio¬ 
nomies,  d’une  finesse  essen¬ 
tiellement  britannique  et 
d’une  joliesse  presque  idéale. 
L’envoi  de  M.  Olivier  W. 
Huntingdon  attire  par  un 
charme  plus  intimiste.  Sim¬ 
plicité  :  ce  titre,  qui  risque 
souvent  de  paraître  préten¬ 
tieux,  convient  à  merveille 
à  la  jeune  femme  qu’il  adosse 
à  une  muraille  sans  orne¬ 
ments,  et  qui,  relevant  un 
bras  laissé  nu  par  sa  tunique 
sans  plis,  laisse  errer  rêveu¬ 
sement  son  regard  introublé. 
Le  Portrait  de  jeune  fille  a 
une  douceur  qui  évite  tout 
juste  de  tomber  dans  la  mol¬ 
lesse;  le  passage  de  la  joue 
au  cou  est  délicatement  rendu,  dans  une  pénombre  caressante  et 
légère.  Nous  aimons  moins  la  Dame  à  la  harpe  :  l’ombre  que  pro¬ 
jettent  sur  le  corsage,  la  ceinture  et  la  robe,  la  mince  rangée  de  fils 
d  archal,  est  suffisamment  diaphane,  et  la  traîne  aux  cassures 
soj^euses  s’étale  avec  une  ampleur  fastueuse  au  pied  de  l’élégant 
instrument;  mais  le  geste  de  la  harpiste  est  affecté  et  sa  tête  se 
renverse  d’un  air  théâtral.  Les  «  amateurs  »  devraient  répudier  ce 
genre  d’arrangement  :  c’est  déjà  bien  assez  que  la  vanité  ou  le  mau¬ 
vais  goût  des  clients  l’impose  aux  professionnels.  M.  J.  Cruwys 
Richards,  avec  ses  excellentes  Études  de  têtes,  sa  Pierrette ,  les  bras 


A.  B.  Langfield. 

Une  Chasseresse. 


croisés  en  une  attitude  de  crânerie  mutine,  et  son  Heureux  Quatuor, 
des  gosses  riant  au  spectateur  de  toute  la  gaieté  de  leurs  frimousses 
mutines  ;  M.  Alexandre  Allan  dont  le  Vieux  Célibataire  reprisant 
gravement  ses  bas  dans  sa  chaumière  solitaire,  a  un  saisissant  carac¬ 
tère  de  vie  et  de  vérité;  Miss  Boden  dont  la  Ménagère  hollandaise 
vaut  autant  par  la  vigueur  de  la  couleur  que  par  la  grâce  du  sujet; 
Miss  Laura  Harvey  qui  enveloppe  de  jolis  visages  dans  un  voile 
de  tulle,  soutiennent  vaillam¬ 
ment  la  réputation  des  por¬ 
traitistes  d’outre-Manche. 

M  .  Langfield  se  consacre 
exclusivement  à  l’étude  des 
nudités  féminines  mêlées  au 
plein  air  des  jardins  et  des 
bois. 

Chair  de  la  femme, 
argile  idéale,  ù  merveille! 

Ce  vers  de  Victor  Hugo 
devrait  toujours  être  présent 
à  la  pensée  de  ceux  qui  font 
du  «  nu  »,  que  ce  soit  en 
peinture  ou  en  photographie. 

Cet  éclat  éblouissant  de  la 
chair,  si  vivace  que,  même 
dans  l’obscurité,  il  rayonne 
d’une  vague  clarté,  et  qui,  à 
plus  forte  raison,  boit  et  ré¬ 
fracte  la  moindre  parcelle  de  la  lumière  du  grand  jour,  M.  Lang¬ 
field  le  rend  par  une  teinte  uniformément  morne  et  grisâtre.  C’est 
le  seul  reproche  à  faire  à  la  Chasseresse,  à  la  Bacchante 
rieuse,  dont  le  sein  transparaît  à  travers  les  pampres,  à  la  Dryade 
se  berçant  sur  les  rameaux  d’un  arbre  de  la  forêt  feuillue,  et  dont 
un  rayon  de  soleil  matinal  prend  en  écharpe  le  coin  de  l’épaule  et 
la  cuisse  :  ces  nudités  d’un  arrangement  classique,  qui  restent 
chastes  tout  en  étant  attrayantes,  illustreraient  à  souhait  les  églogues 
de  quelque  poète  antique.  M.  Marsh  forme  avec  M.  Langfield  le 


Mm*  Jeannie  Welford. 

Au  bord  de  la  rivière. 


contraste  le  plus  complet.  Les  scènes  de  Y  Usine  à  ga ^  sont  à  la 
fois  saisissantes  et  documentaires  :  il  y  a  une  sorte  de  beauté 
dans  ces  cornues  alignant,  comme  des  tuyaux  d’orgue,  leurs  cylin¬ 
dres  que  commandent  des  clés  gigantesques  ;  et  l’ouvrier  qui,  sem¬ 
blable  à  un  cyclope  moderne,  environné  de  mugissants  nuages  de 
vapeur,  alimente  ces  machines  monstrueuses,  a  le  geste  rythmé 
et  le  caractère  pathétique  des  tâcherons  de  Constantin  Meunier. 

Mme  Jeanie  Welford  a  spi¬ 
rituellement  saisi  la  grâce 
inconsciente  du  baby  qui, 
pinçant  sa  robe  comme 
une  danseuse  préludant  à 
un  menuet,  se  mire  Au 
bord  de  la  rivière ;  très 
bien  observé  aussi  le  mon¬ 
sieur  déployant  son  journal 
du  matin  dans  l’allée, encore 
déserte,  d’un  parc  de  Lon¬ 
dres.  Citons  enfin,  parmi 
les  genristes,  MM.  John 
Chatfin  et  Edgar  Scamell, 
dont  nous  reproduisons  le 
Savant. 

Les  intérieurs  des  belles 
cathédrales  anglaises  ont 
fourni  le  sujet  de  pas  mal 
de  vues.  Nous  avons  remarqué  la  finesse  de  Y  Aile  sud  du  chœur 
de  Liclifield ,  par  M.  C.  Barrow  Keene  et  la  Crypte  romane  de 
M.  Charles  Bajnton.  Mais  nous  leur  préférons  infiniment  la 
Sédille  de  la  cathédrale  de  Gloucester,  par  M.  Charles  Oackden  : 
la  mise  en  page  est  parfaite,  les  entrelacs  gothiques  ajourés  comme 
de  la  guipure,  et  il  y  a  autant  d’agrément  dans  le  ton  général  que 
de  justesse  dans  les  valeurs  des  architectures,  du  tapis  qui  recouvre 
les  marches  de  l’autel  et  des  coussinets  de  velours  sombre  posés 
sur  la  balustrade  des  logettes  de  pierre  blanche.  A  rapprocher  de 
cette  page  d’une  tenue  irréprochable  YÉglise  de  Kedleston  de 


—  377  — 


M.  Bland,  curieux  effet  de  soleil  sur  un  monumental  tombeau  de 
marbre,  historié  de  figures  moyen  àgeuses. 

U  Approche  de  la  tempête ,  de  M.  Walter  Welford,  très  truqué, 
montre  un  excès  de  retouches  qui  empêche  toute  illusion.  Le 
Croix,  de  M.  Paul  Martin,  a  un  ciel  trop  visiblement  rapporté. 
M.  Charles  Job  fait  dominer  par  un  ciel  de  printemps  la  vue  hiver¬ 
nale  qu’il  intitule  Neige  et 
Soleil  ;  outre  ce  manque  de 
logique,  le  ton  grisâtre  de 
l’épreuve  ne  rend  pas  le 
moins  du  monde  l’éclat  de 
la  neige  durcie  étincelant 
au  soleil.  La  notation  de 
brouillard  que  M.  J.  Page 
Croft  intitule  Thy  iveak 
Eyeglimmers  thro'  a  misty 
veil,  est  plus  curieuse 
qu’agréable  à  voir  :  on 
dirait  une  molle  peinture 
sur  porcelaine.  Il  est  plus 
heureux  dans  Soleil  et 
Brouillard.  Les  paysages 
de  MM.  Smedley  Aston, 

E.  Evelvn  Barron,  John 
Gear,  Greger  sont  irrépro¬ 
chables  :  il  ne  leur  manque 
qu’une  certaine  originalité.  La  principale  originalité  de  celui  qu’ex¬ 
pose  M.  James  Burns  réside  dans  son  titre  :  11  here  the  forefa- 
t  h  ers  of  Hamlet  sleep.  Il  y  a  un  sentiment  plus  personnel  dans  le 
tendre  crépuscule  de  M.  Alfred  Marlor,  où  la  Nuit  s'avance  sur  le 
lac  somnolent  et  les  feuillages  fins  comme  des  chevelures.  Les 
vues  de  M.  Cecil  Hertslet  charment  l’œil  par  la  douceur  de  leur 
ton  ambré. 

Quelques  marines  très  réussies.  Les  Effets  de  soir  sur  la  mer, 
de  M.  William  Norrie,  forcent  l’attention.  Un  Chemin  de  gloire, 
avec  son  navire  qui  va  disparaître  sous  un  ciel  nocturne  et  roman- 


James  Burns. 

Whefe  tbe  forefabbers  or  bbe 
Hamlet  sleep. 


—  878  — 

tique,  suggère  les  hardis  appareillages  vers  les  lointains,  tandis 
qu  une  P aix  grandiose  s’épand  sur  la  rade  où  se  balance  presque 


William  Norrie. 

Paix-Luxia. 


imperceptible  une  barque  minuscule.  D’un  arrangement  moins 
savant,  la  Plage  de  Montauk ,  par  M.  Pancoast,  ourlée  de  l’écume 


Ed.  Lumsden  Brown. 

Vagues  qui  se  boisent. 


des  vagues  qui  déferlent,  et,  de  M.  Lumsden  Brown,  les  Vagues 
qui  se  brisent  en  rejaillissement  de  poussière  d’eau,  sont  illusion¬ 
nantes  comme  des  trompe-l’œil. 


Les  Fïtafjçais 

Ici,  très  peu  de  pa)rsages  et  de  marines  sans  personnages.  Les 
vues  de  M.  Maurice  Bucquet,  surtout  sa  prairie  Avant  l'orage, 
qui  constitue,  avec  son  ciel  sinistre  et  le  coup  de  lumière  livide  à 
l’horizon,  une  véritable  composition  ;  le  Coucher  de  soleil  à  Ostende , 
de  M.  Georges  Roy,  —  l’immensité  enfermée  dans  le  format  d’une 
carte  de  visite;  * —  V Arbre  séculaire,  de  M.  Augustin  Boutique,  et 
l’étonnant  détail 
de  ses  rameaux; 
le  Lac  de  Corne, 
de  M1Ie  A.  Buc¬ 
quet,  sont  à  peu 
près  tout  ce  qu’il 
y  a  à  citer.  Aux 
vallées  et  aux 
bois  solitaires 
qui,  suivant  le  ca¬ 
price  de  l’heure, 
évoquent  la  joie 
ou  la  mélancolie, 
aux  rochers  dé¬ 
serts  que  bat  le 
flot  farouche,  les 

Français  préfèrent  la  nature  animée  par  la  présence  de  l’homme  et 
se  conformant  en  quelque  sorte  à  sa  pensée.  Voyez,  par  exemple, 
la  route  bordée  d’un  moulin  aux  ailes  immobiles  dans  l’air  du  soir, 
où  M.  Dubreuil  achemine  deux  paysannes  qui,  le  travail  des  champs 
terminé,  regagnent  lentement  leur  chaumière  :  cette  petite  page  à  la 
fois  réelle  et  poétique  justifie  à  souhait  son  épigraphe  :  Tout  dans 
la  nature  respire  une  sereine  tranquillité.  Ce  même  goût  de  vérité 
légèrement  idéalisée  fait  le  charme  du  Retour  de  la  pèche  de 
M.  Millon,  et  du  chasseur  que  M.  Coste  nous  montre  debout  au 
bord  de  la  rivière,  hélant,  à  travers  la  brume  matinale  qui  l’enve- 
veloppe,  le  bac  du  passeur.  Parfois  le  paysage  devient  l’accessoire 
et  sert  surtout  à  faire  valoir  les  personnages  :  c’est  le  cas  pour  les 


M"0  A  Bucquet. 

Lac  de  Côme. 


380  — 


Chartreux  de  M.  Paul  Le  Roux;  ces  cinq  robustes  gaillards  qui 
s’avancent,  dans  le  jardin  du  couvent,  à  la  rencontre  du  spectateur, 
ont  une  tournure  superbe  sous  leur  robe  de  bure  blanche  frappée 
par  le  plein  soleil.  C’est  toute  une  évocation  des  petites  villes  ita¬ 
liennes  que  la  Rue  de  Pou^oles,  de  M.  Georges  Berteaux  :  les 
portes  des  maisons  sont  large  ouvertes;  la  vie  est  transportée  dans 
la  rue  :  on  y  fait  la  sieste,  les  femmes  en  caracos  de  toile  y  vaquent 

aux  soins  du  ménage  ;  les 
larges  dalles  de  marbre  sont 
encombrées  de  tables  et  de 
chaises  sous  lesquelles  pico¬ 
rent  les  coqs  et  les  poules; 
des  linges  sèchent  aux  fenê¬ 
tres  des  façades  délabrées, 
tandis  qu’un  laurier-rose 
s’épanouit  glorieusement 
derrière  la  balustrade  ajou¬ 
rée  d’un  balcon  rococo. 
Charmante  aussi  la  Jetée  de 
Ba'ia  :  une  touriste  en  toi¬ 
lette  printanière  se  promène 
en  ra}rant  pensivement  le 
pavé  du  bout  de  son  parasol, 
également  indifférente  à  la 
silhouette  que  l’île  prochaine 
arrondit,  par  delà  la  mer, 
sur  le  ciel  clair,  et  au  bruit 
de  deux  chariots  qui  s’avancent  à  côté  d’elle,  au  pas  traînant  de 
leurs  attelages  de  buffles.  M.  Da  Cunha  est  un  coloriste  :  sa 
Pêcheuse  marchant  le  long  de  la  plage  est  un  des  meilleurs  mor¬ 
ceaux  de  l’exposition,  par  la  vigueur  des  tons  et  la  justesse  de  leurs 
rapports  :  le  contraste  de  la  chevelure  brune  et  de  la  camisole 
blanche,  le  vaporeux  de  l’horizon  sont  rendus  avec  un  sentiment 
très  artiste. 

C’est  surtout  dans  les  scènes  de  genre  proprement  dites  qu’excellent 
les  Français  :  leur  goût  de  l’élégance  et  de  la  mesure  y  fait  merveille. 


P.  Dubreuil. 

Tout  dans  la  nature  respire  une  sereine  tranquillité. 
Le  paysan  regagne  lentement  sa  chaumière. 


381 


Quel  joli  sentiment  dans  la 
Causerie  nocturne  de  M. 
Puyo  !  Quelle  grâce  ondu¬ 
leuse  dans  la  jeune  femme  qui, 
à  contre-jour  de  la  lampe, 
s’accoude  au  lit  de  son  amie 
et  babille  joyeusement  avec 
elle;  on  n’entend  pas  la  con¬ 
fidence,  mais  on  peut  juger  de 
son  espièglerie  par  le  rire 
perlé  de  l’aimable  frimousse 
qui  s’épanouit  sur  l’oreiller. 
Et  le  Panneau  décoratif  ! 
M.  Pu}ro  aurait  pu,  sans  for¬ 
fanterie,  intituler  les  Deux 
Ophélie  ce  couple  de  belles 
personnes  en  tunique  légère, 
l’une  debout,  l’autre  agenouil¬ 
lée,  qui  viennent  d’entrelacer 
à  leurs  cheveux  des  fleurs  fraî¬ 
chement  cueillies  et  se  pen¬ 
chent,  pour  juger  de  l’effet, 
sur  l’eau  limpide  plaquée  de 
nénuphars.  Il  y  a  plus  de 
finesse  encore  et  une  compo¬ 
sition  plus  artiste  dans  les 
saynètes  orientales  de  M.  René 
Le  Bègue.  Malheur  au  naïf 
sur  qui  jettera  son  dévolu  cette 
exquise  petite  sorcière  mau- 
grabine,  indolemment  couchée 
A  l'affût  sur  la  roche  rôtie 
par  le  soleil  !  Son  profil  bus¬ 
qué,  sous  l’entortillement  som¬ 
bre  de  la  chevelure,  est  plus 
redoutable  encore  que  la  jeune 


fiuede  Pouzzoïes. 


M”"  Rinder-Mestro. 

Vieille 


chanson. 


27 


nudité  de  son  buste  qui  émerge,  libre,  des  larges  plis  d’une  jupe 
de  soie.  Solitude  rappelle  vaguement  le  personnage  principal  de 
Ylsmaël  du  peintre  Cazin  :  c’est,  dans  une  plaine  pierreuse  et 
embroussaillée,  une  femme  debout,  drapée,  à  la  mode  des  figures 
tanagréennes,  d’une  calyptre  dont  la  brise  fait  voltiger  autour 
d’elle  les  plis  diaphanes.  Du  même  auteur,  une  Baigneuse  qu’on 
peut  comparer  à  la  Nymphe  au  bain ,  plus  coquette,  de  M.  Bergon. 

M.  Pineiro  nous  montre  des 
études,  louables  au  point  de 
vue  technique,  d’après  des  mo¬ 
dèles  d’atelier,  notamment  une 
brave  dame  en  costume  plus  ou 
moins  byzantin,  assise  dans  un 
fauteuil  à  haut  dossier;  elle  fait 
de  vains  efforts  pour  se  lever 
en  prenant  un  air  épouvanté, 
bien  qu’elle  tienne  à  la  main  un 
glaive  démesuré,  de  taille  à  la 
défendre  contre  tous  les  périls 
imaginables .  Nous  n’aimons 
davantage  ni  le  Fumeur  du 
comte  Tyszkiewicz,  gravement 
accoutré  d’un  costume  dix- 
septième  siècle  dont  la  colle¬ 
rette  et  les  manchettes  font  dans 
le  cliché  des  trous  d’un  blanc 
cru,  ni  le  Lansquenet ,  en  toque  tailladée  et  pourpoint  à  crevés,  le 
poing  appuyé  sur  une  «  épée  à  deux  mains  ».  Si  les  sujets  de  ce 
genre  heureusement  démodé  sont  fastidieux  en  peinture,  ils  le 
sont  bien  plus  encore  en  photographie  :  c’est  qu’on  peut  supposer 
à  la  rigueur  que  le  peintre  a  vu  avec  les  yeux  de  l’esprit  ces 
figures  d’une  époque  disparue,  mais  on  ne  saurait  se  défendre  de 
penser  que  le  photographe  n’a  pu  braquer  son  objectif  que  sur  un 
modèle  à  tant  l’heure,  affublé,  selon  la  circonstance,  d’une  défroque 
de  moine  ou  de  garde-française.  Les  Mendiants ,  le  Juif  rétameur 
que  M.  le  comte  Tyszkiewicz  a  saisis  dans  la  réalité  de  leur  exis- 


383  — 


tence  de  tous  les  jours, sont  infiniment  plus  intéressants  que  ces  per¬ 
sonnages  dits  historiques.  Les  petites  compositions  de  Mme  Binder- 
Mestro  ont  également  un  côté  factice,  mais  sauvé  par  la  simplicité 
de  l’arrangement  dans  Vieille  Chanson  (une  femme  vêtue  à  la 
mode  de  la  Restauration,  qui  chante  en  s’accompagnant  sur  une 
guitare)  et  par  l’intérêt  de  l’effet  de  lumière,  par  la  grâce  des  atti¬ 
tudes,  dans  la  Lettre  que  lisent,  sous  la  lampe,  deux  sœurs,  ou 
deux  amies,  drapées  à  l’antique. 

Plusieurs  portraits  remarquables.  La  tête  de  femme  à  la  gomme 
bichromatée,  de  M.  Maurice  Bucquet,  a  le  gras  et  le  charnu  d’un 
dessin  à  la  sanguine.  Les  Études  de  M.  Maurice  Brémard,  surtout 
le  profil  perdu,  se  distinguent  par  leur  somptueuse  tonalité  et  la 
grave  simplicité  de  leur  style,  digne  d’un  vieux  maître  italien. D’une 
mise  en  page  originale,  les  effigies  féminines  de  M.  Carie  de  Mazi- 
bourg,  pèchent  par  la  dureté  des  lignes  et  l’épaisseur  des  noirs. 
A  signaler  l’élégance  et  le  naturel  du  portrait  exposé  par  M.  Da 
Cunha  :  rien  d’apprêté  dans  le  joli  mouvement  de  Mme  de  M... 
penchée  vers  la  fenêtre  tendue  d’un  rideau  brodé  à  travers  lequel 
transparaît  le  jour  du  dehors. 


Les  Allefnafjds  et  les  Aat^ictie^s 

Parmi  les  envois  étrangers,  celui  des  pays  de  langue  allemande 


IV  \V .  von  Olilendorff. 

CtialeuP  de  Midi. 


est  un  des  moins  nombreux.  Il  permet  de  constater  que,  loin  de 
rester  en  arrière  du  mouvement  photographique  général,  les  Alle¬ 
mands  et  les  Autrichiens  appliquent  les  procédés  les  plus  nouveaux 


—  384  — 


et  se  préoccupent  de  plus  en  plus  d’échapper  à  la  banalité.  Ici, 
de  rechef,  nous  constatons  une  prédilection  pour  le  paysage.  Les 
meilleurs  sont  ceux  de  M.  H.-M.  Gehrkens  :  le  motif  du  Chemin  de 
campagne  isolé  est  choisi  avec  une  grande  entente  du  pittoresque  et 
de  l’effet,  mais  c’est  là  le  moindre  mérite  de  cette  vue  agreste  : 
l’impression  du  grand  air  est  complète,  et  le  ciel  léger,  impalpable, 
reflète  la  vibration  de  sa  lumière  sur  les  arbres  et  le  terrain,  soli¬ 
dement  traités  ;  comme 
dans  ses  autres  sites,  Che¬ 
min  de  sable,  Cimetière , 
Domaine  saurage, M  Gehr¬ 
kens  évite  l’aspect  lisse  et 
sans  saveur  que  produit 
l’appareil  livré  à  lui-même  ; 
M.  Gehrkens  reprend  ses 
épreuves  comme  un  paysa¬ 
giste  ferait  d’un  croquis 
rapporté  de  la  campagne, 
et  ce  travail  intelligent  leur 
donne  tantôt  la  grasse  ro¬ 
bustesse  de  la  peinture, 
tantôt  le  grenu  de  la  litho¬ 
graphie.  Grâce  à  la  gomme 
bichromatée,  qui  paraît 
particulièrement  en  faveur 
en  Allemagne,  la  photo¬ 
graphie  rend  des  effets  qui  auparavant  lui  étaient  interdits.  Avant 
la  pluie,  de  M.  Behrens,  est  frais,  brumeux  et  matinal  comme 
un  Corot.  U  Impression  de  pluie  au  Chiemsee,  par  M.  le  D1'  Hen- 
neberg,  est  saisissante  :  les  joncs  au  bord  de  l’eau  se  courbent  sous 
la  menace  du  ciel  tumultueux,  où  galopent  des  nuages  gonflés  de 
pluie.  Citons  encore  la  Chaleur  de  midi  de  M.  le  D1  Ohlendorft  et 
Motif  d'automne,  de  M.  Muller. 

M.  le  Dr  Arning  se  partage  entre  les  sujets  les  plus  divers.  Il 
y  a  comme  une  fête  de  lumière  estivale  dans  cette  serre  meublée  à 
la  chinoise,  où  il  nous  montre  une  jeune  femme  en  peignoir  clair 


regardant,  plus  fleurs  qu’elle,  les  floraisons  du  jardina  travers  la  cloi¬ 
son  vitrée.  Et  la  Lagune,  comme  elle  rend  bien  la  fluide  atmosphère 
de  Venise  !  qu’on  se  ferait  volontiers  bercer  dans  une  de  ces  bar¬ 
quettes  qui  voguent  entre  les  pieux  de  bois  coloriés,  sous  l’éblouis¬ 
sante  clarté  que  l’écran  du  ciel  reflète  sur  l’eau  !  Enfin,  la  Famille 
d'oies  est  un  tableautin  rustique  spirituellement  composé,  qu’aurait 
pu  signer  Knaus,  le  peintre  humoriste. 

Des  enfants  jouant  dans  les  dunes,  une  fillette  qui  se  dresse  sur 
la  pointe  des  pieds,  et,  la 
main  en  auvent  sur  les  sour¬ 
cils,  regarde  un  bateau  passer 
à  l’horizon  :  c’est  peu  de 
chose,  mais  M.  Weyer  a  saisi 
avec  bonheur  ce  mouvement 
d’une  gentillesse  naïve,  et  le 
clair  paysage  de  mer,  de  sable 
et  de  gazon  ondulant  à  la 
brise,  qui  lui  sert  de  décor. 

M.  Otto  Scharf  veut  faire 
trop  bien.  Dans  l’espoir  d’at¬ 
teindre  la  perfection,  il  fati¬ 
gue  outre  mesure  ses  clichés. 

Mieux  vaut  une  facture  plus 
sobre  et  plus  simple,  par 
exemple,  celle  de  M.  Ludwig 
David, dont  les  Pêcheurs  sont 
typiques. 

Une  mention  spécialement  élogieuse  est  due  aux  portraits  de 
M.  Matthies  Masuren.  C’est  la  vivante  vérité,  sans  truquage  ni 
effets  forcés  ;  les  modèles  sont  bien  posés  dans  la  lumière  voulue  et 
les  chairs  ont  tout  juste  le  flou  qu’il  faut. 

La  Càcile,  de  M.  von  Schoeller,  estompant  dans  la  pénombre  son 
profil  italien  aux  bandeaux  noirs  d’où  se  dégage  le  lobe  de  l’oreille, 
fait  penser  à  la  nature  moins  qu’aux  nymphes  de  Henner. 

MM.  Th.  et  O.  Hofmeister  reproduisent,  avec  une  virtuosité 
poussée  très  loin,  les  jeux  de  la  lumière  et  de  l’ombre  dans  l’intérieur 


Ludwig,  C-  David. 

Pécheur  de  la  JVIer  du  Nord. 


—  386  — 


des  habitations.  Et  ces  luministes  subtils  recourent  par  moments  à 
une  sorte  de  pointillé  qui,  d’abord  déconcertant,  donne  à  leurs 
tableaux  d’intérieur,  pourvu  qu’on  prenne  le  recul  nécessaire,  une 
vibration  très  favorable  à  l’effet.  C’est  ainsi  qu’une  lumière  à  la  fois 
douce  et  éclatante,  aussi  juste  de  ton  et  de  valeur  qu’elle  pourrait 
l’être  sous  le  pinceau  du  peintre  le  plus  expert,  enveloppe  la  femme 
debout,  cousant  A  la  Fenêtre.  De  meme,  le  jour  éparpillé  à  travers 
les  barreaux  d’une  fenêtre  fait  comme  un  réseau  de  rayons  et  de 
reflets  lumineux  dans  l’ombre  de  la  salle  basse  où  Y  Ancêtre  veille 
auprès  d’un  berceau. 

Très  curieuses  les  pièces  de  M.  Einbeck.  Solitude  pourrait  servir 
d’illustration  à  un  acte  de  M.  Maurice  Maeterlinck  :  on  s’étonne  de 
ne  pas  rencontrer  la  princesse  Maleine  sur  la  berge  de  cet  étang 
nocturne,  bordé  d’énormes  troncs  noirs,  entre  lesquels  on  voit 
glisser,  au  fil  de  l’eau  lunaire,  une  blanche  théorie  de  cygnes.  Il  est 
à  coup  sûr  original  de  faire  servir  la  photographie  à  donner  l’im¬ 
pression  du  fantastique  ;  mais  il  faut  avouer  qu’ici  la  photographie 
proprement  dite  a  complètement  disparu  sous  l’interprétation  de 
l’opérateur,  qui  a  substitué  à  la  finesse  du  cliché,  en  vue  de  l’effet, 
une  opposition  forcée  de  blancs  crus  et  de  teintes  opaques  impos¬ 
sible  à  rencontrer  dans  la  nature.  Par  contre,  M.  Einbeck  montre 
un  style  noble  et  classique  dans  Jeunesse,  un  couple  d’adolescents 
nus  debout  au  milieu  d’une  clairière,  et  sa  Mère  et  l'Enfant  est  un 
morceau  de  haut  goût,  dont  la  couleur  vigoureuse  et  corsée,  le 
dramatique  clair-obscur,  font  penser  à  l’époque  héroïque  de  l’école 
espagnole. 

Les  Belles 

Tous  les  genres,  depuis  le  portrait  jusqu’à  la  nature  morte,  ont 
des  représentants  dans  le  contingent  belge,  le  plus  nombreux,  cela 
va  de  soi,  et  aussi  le  plus  varié.  Deux  de  nos  compatriotes, 
M.  Hannon,  et  surtout  M.  Alexandre,  suffiraient  à  assurer  le 
succès  de  cette  exposition.  L 'Éclaircie  de  M.  Alexandre  est  certai¬ 
nement  un  des  plus  admirables  paysages  qu’ait  réalisés  jusqu’à  présent 
la  photographie  ;  on  se  demande  si  elle  fera  jamais  mieux  :  les  lignes 
aussi  harmonieuses  qu’exemptes  de  banalité  de  cette  page  étonnante 


—  387  — 


sont  choisies  et  combinées  pour  le  plus  grand  plaisir  des  yeux  ;  la 
couleur  est  riche,  profonde,  avec,  dans  les  lointains,  des  dégradations 
d’une  délicatesse  infinie;  chose  rarissime  en  photographie,  cette 
épreuve  hors  ligne  présente  tel  fragment  que  les  dilettanti  de 
la  couleur  se  plaisent  à  voir  et  revoir,  comme  ils  savoureraient 
les  portions  particulièrement  réussies  d’un  tableau  agatisé  par  le 
temps;  il  faut  vraiment  connaître  la  probité  professionnelle  de 
M.  Alexandre  pour  ne  pas  être 
tenté  de  croire  qu’il  a  tout  bon¬ 
nement  reproduit  un  chef- 
d’œuvre  ignoré  de  Ruysdael, 
d’Hobbema  ou  de  Claude 
Lorrain. 

Ce  sont  des  tableaux  tout 
faits  aussi  que  le  Pêcheur ,  et 
les  Nonnes  en  étamine  claire, 
à  la  démarche  d’une  grâce  mys- 
tique  et  virginale,  promenant 
processionnellement  leur  châsse 
dans  le  vieux  jardin  du  monas¬ 
tère.  Quant  aux  portraits,  ils 
sont  d’un  style  magistral  ;  dans 
un  siècle  ou  deux,  en  retrou¬ 
vant  la  pièce  cataloguée  sous 
les  initiales  J.  D.,  quelque 
savant  recherchera  sans  doute 
quel  musée  pouvait  bien  posséder  le  Velasquez  si  admirable¬ 
ment  reproduit  par  cette  photographie...  dont  le  modèle  n’est  autre 
que  le  peintre  Jean  Delville  en  personne.  Ce  qui  fait  encore  le 
mérite  de  ces  portraits  de  M.  Alexandre,  comme  de  sa  Jeune  Fille 
de  Hle  de  Mar  ken,  c’est  que  la  matière  même  de  la  chair  y  est 
rendue.  Cette  dernière  qualité  fait  défaut  au  portrait  d’enfant  que 
M.  Ed.  Hannon  intitule  le  Livre  d'images  :  la  vie  y  est  et  le 
charme,  mais  en  voulant  éviter  la  sécheresse,  M.  Hannon  est  allé 
trop  loin  :  il  n’a  laissé  à  cette  effigie  que  la  consistance  d’un  reflet. 
Cela  soit  dit  sans  méconnaître  son  talent,  car  c’est  un  chercheur  et 


—  388 


A.  Gautier. 


Étude. 


un  audacieux  :  peu  de  ses  confrères  auraient  osé  s’attaquer  à  la 

difficulté  dont  il 
est  sorti  vainqueur 
dans  sa  Drève 
ensoleillée ,  une 
route  allongeant 
en  droite  ligne , jus" 
qu’à  l’horizon,  son 
ruban  inondé  de 
soleil  et  ses  arbres 
au  feuillage  criblé 
par  la  lumière. 
Les  Cristaux  et 
F  aliène  es,  traités 
au  pointillé,  sont 
d’un  arrangement 
amusant  et  d’une 
intéressante  ingé¬ 
niosité  de  procédé.  La  Tête  de 
cheval  a  l’ampleur  d’un  beau 
dessin  au  fusain  .  Une  intelli¬ 
gente  simplification  a  sup¬ 
primé  du  profil  de  Cendril- 
lon  tout  ce  qui  n’était  pas 
indispensable  au  caractère  : 
glissée  au  Louvre ,  dans  le 
cadre  d’un  dessin  de  Mante 
gna,  cette  charmante  pièce 
mystifierait  les  plus  fins  con¬ 
naisseurs  et  ne  paraîtrait 
certes  pas  la  moins  intéres¬ 
sante  de  la  collection. 

Les  portraits  fourniraient 
matière  à  une  intéressante 
étude  comparative.  Générale¬ 
ment  les  amateurs  y  apportent 


C.  Dewit. 


Étude. 


—  889 


un  goût  plus  sûr  et  plus  franc  que  les  professionnels.  Bien  peu  de 
ceux-ci  s’enhardissent 
enfin  à  déroger  aux  habi¬ 
tudes  anti  -  esthétiques 
adoptées  lors  des  débuts 
du  daguerréotype,  à  cette 
époque  où  l’on  vit,  disait 
Baudelaire,  «  la  société 
immonde  se  ruant,  comme 
un  seul  Narcisse,  pour 
contempler  sa  triviale 
image  sur  le  métal  ».  Les 
portraits  féminins  de 
M.Géruzet  ont  une  pose 
pleine  de  naturel,  et  leur 
ajustement  charme  par  sa 
distinction .  Ce  profes¬ 
sionnel  vaut  un  amateur  : 
la  comparaison,  qui  dans 
le  compte  rendu  d’une  expo¬ 
sition  de  peinture  ou  de  sculp¬ 
ture  serait  presque  considérée 
comme  une  injure,  constitue 
ici  un  éloge.  Un  autre  por¬ 
traitiste  sérieux  et  conscien¬ 
cieux  est  M.  Zeyen  :  la  Jeune 
femme  penchant  sur  un  ou¬ 
vrage  de  main  son  profil  que 
caresse  la  lumière  d’une 
fenêtre  entr’ouverte  a  l’attrait 
doux  et  paisible  d’un  tableau 
d’intérieur,  à  l’atmosphère 
feutrée  d’intimité.  Un  charme 
du  même  genre  caractérise  la 
liseuse  de  M.  le  commandant 

y»  j  i  .  ..  <•  ,  Ch.  Van  Loo-Smet. 

Bavard  :  la  vivacité  amusee  Méditation. 


R.  Pauli.  Vieille  au  ctiapelet. 


—  390  — 


de  cette  physionomie  se  détachant  en  fine  silhouette  sur  les  verdures 
du  jardin  suffit  à  nous  apprendre,  sans  le  secours  du  catalogue,  qu’il 
s’agit  d’une  Lecture  intéressante.  M.  Pavard  traite  à  la  fois  le 
paysage  et  le  portrait,  comme  MM.  Gautier,  De  Man,  Kymeulen, 
Wiener,  Delva,  etc.  Il  est  difficile  d’être  à  la  fois  plus  simple  et 
plus  gracieux  que  M.  Gautier  dans  son  Étude  d’adolescente,  que  le 

cadre  coupe  à  la  naissance 
des  épaules  nues  :  pas  d’ar¬ 
rangement  laborieux,  pas 
d’accessoire,  pas  de  fond, 
rien  qu’un  profil  ou  plutôt 
un  trois  quarts  penché  rê¬ 
veur  sous  les  bandeaux 
légers  de  la  chevelure  qui  se 
noue  sur  la  nuque  infléchie. 
Du  même  auteur,  des  Pê¬ 
cheurs  de  crevettes ,  crâne¬ 
ment  campés  et  qu’enve¬ 
loppe  bien  l’âpre  caresse  de 
la  brise  de  mer.  M.  Ky¬ 
meulen,  qui  donne  de  feu 
M.  le  Baron  de  Haulleville 
un  portrait  serré,  précis, 
méticuleux  comme  celui 
d’un  «  donateur»  gothique, 
s’entend  aussi,  à  preuve  son 
Crépuscule  sur  l’Escaut ,  à 
faire  tenir  sur  un  cliché 
grand  comme  l’intérieur  de  la  main  l’immensité  d’un  paysage  de 
ciel  et  d’eau.  On  voudrait  plus  de  netteté  aux  traits  de  la  jeune 
fille  en  chapeau  à  plumes,  que  représente  M.  De  Man  ;  et  puis,  le 
contraste  des  noirs  et  des  blancs  est  si  brutal,  que  cette  fort  aimable 
personne  paraît  avoir  un  col  de  négresse.  La  Tête  d'étude,  coquet¬ 
tement  parée  à  la  grecque,  est  mieux  venue,  quoiqu’il  y  ait  aussi 
des  passages  durs  dans  le  cou.  Quand  il  fait  du  paysage,  M.  De 
Man  oscille  également  entre  une  mollesse  exagérée  et  une  séche- 


Alb.  Lunden. 

Première  Pose. 


391 


resse  trop  accentuée  :  Y  Escaut  à  Anvers  manque  de  franchise, 
tandis  que  le  défaut  opposé  marque  le  Paysage  aux  environs  de 
Bruxelles  :  le  reflet  des  arbres  dans 
l’eau  a  plus  de  précision  que  les 
arbres  eux-mêmes.  Par  contre  La 
Woluwée  le  matin,  d’un  agréable 
sentiment  agreste,  échappe  à  cette 
double  critique.  Signalons  le  goût 
d’ajustement  de  la' Fête  d'étude  de 
M.  H.  Wiener  et  la  fine  tonalité 
grise  du  Profil,  lé  Aïeule  de  M.  de 
Gryse,  est  un  morceau  remarquable, 
et  les  deux  babys  de  M.  Yan  der 
Borght  forment  un  groupe  amusant, 
gentiment  présenté. 

L’ E studiante ,  de  M.  Robert 
Pauli,  est  ravissante  :  le  grain  de  la 
peau,  le  scintillement  de  l’œil,  le 
soyeux  de  la  boucle  de  cheveux  qui 
s’échappe  de  dessous  le  feutre  déli¬ 
bérément  planté  sur  l’oreille,  la 
matière  de  la  cravate  de  gaze  et  des 
étoffes  du  costume,  tout  cela  est 
rendu  diversement,  sans  nuire  ni  à 
l’unité  ni  à  la  chaude  tonalité  de 
l’ensemble.  A  cette  image  d’une 
aimable  fantaisie  s’oppose,  comme 
un  contraste  absolu,  une  Vieille 
Femme  de  grandeur  naturelle  :  on 
peut  compter  les  rides  de  ce  visage 
minéralisé  'par  les  annéesj;  et  si  les 
mains  gourdes,  noueuses,  ossifiées, 
qui  dévident  un  chapelet,  n’étaient  pas  d’une  proportion  exagérée, 
il  n’y  aurait  rien  à  critiquer. 

En  passant  à  l’examen  des  sujets  de  genre,  constatons  avec  plai¬ 
sir  la  diminution  des  saynètes  factices  qui  ont  été  trop  longtemps  le 


Ch.  Gaspar. 

Les  Pavots -(motif  décoratif). 


—  392  — 


triomphe  des  photographes  amateurs  :  on  ordonnait  à  un  modèle 
de  prendre,  suivant  le  déguisement  dont  on  le  hanarchait  ou  selon 


Jos.  Maes.  Tricoteuses  à  Liège. 

le  titre  qu’on  se  disposait  à  faire  figurer  au  catalogue,  un  air 
hilare  ou  épouvanté;  ou  bien  des  amis,  groupés  en  attitudes  figées 

comme  celles  des 
figures  de  cire 
au  musée  Tus- 
saud,  simulaient 
bénévolement 
une  rixe, un  duel, 
un  assassinat. 
Comment  se 
complaire  à  de 
pareilles  niaise¬ 
ries,  quand  on  a 
autour  de  soi  les 
spectacles  inces¬ 
sants  de  la  vie  et 

qu’il  suffit  d’un  mouvement  d’obturateur  pour  les  fixer  dans  leur 
passionnante  vérité?  C’est  ainsi,  avouons-le,  que  nous  préférons 
de  beaucoup  la  rieuse  Étude  de  tâte  de  M.  Dewit,  et  même  son 


H  Peltzer. 

La  récolte  des  pommes  de  terre. 


393  — 


Portrait ,  bien  qu’il  accorde  trop  d’importance  au  rideau  du  fond, 
au  Souvenir  de  Bruxelles-Kermesse ,  où  nous  ne  trouvons  que  le 
mince  attrait  d’une  étude  de  costume.  De  même  M.  Lunden,  qui 
a  adorablement  allégorisé  la  Première  Rose,  ne  nous  intéresse 
guère  à  ses  Amères  Réflexions  :  que  peut  nous  faire  ce  prisonnier 
de  fantaisie,  vêtu  d’un  costume  fraîchement  repassé  et  qui  lève  les 
yeux  vers  un  soupirail  à  bar¬ 
reaux  de  fer?  Un  forçat  endi¬ 
manché  !  Sa  main  droite,  plon¬ 
gée  dans  une  ombre  opaque,  a 
même  l’air  d’être  gantée  de 
noir  !  Au  moins,  on  ne  devine 
aucun  élément  factice  dans  la 
Partition  nouvelle  de  M.  Oury, 
et  si  l’artiste  a  groupé  tout 
exprès  les  élégantes  personnes 
réunies  autour  du  musicien  in¬ 
stallé  au  piano,  on  ne  s’en 
aperçoit  pas  ;  l’on  peut  se  figu¬ 
rer  que  cette  scène  mondaine 
a  été  prise  à  l’insu  même  des 
personnages.  Plus  réussies 
encore  sont  les  vues  orientales 
de  M.  Oury,  notamment  le 
Chirurgien  arabe,  avec  le  fond 
que  forment  à  ce  pittoresque 
tableautin  les  croupes  des  dromadaires  alignés.  Les  sujets,  très 
simples,  traités  par  M.  Yan  Loo-Smet,  se  rapprochent  plutôt  du 
portrait  «  historié  »,  comme  on  disait  autrefois.  Il  est  fâcheux  que 
le  vieillard  en  Méditation  devant  un  in-folio  ait  des  proportions 
exagérées  si  on  les  compare  à  celles  de  la  compagne  qui  partage  sa 
lecture.  Mais  la  petite  Rubinella  avec  sa  chevelure  épandue  sur  le 
dos,  est  charmante,  et  Y  Esclave,  casquée  d’une  chevelure  soyeuse, 
profilant  dans  la  pénombre  sa  jeune  gorge  que  laisse  libre  un 
ajustement  d’un  goût  voluptueux,  est  une  exquise  apparition 
d’Orient,  présentée  avec  une  séduction  toute  parisienne. 


R.  Ickx.  Eau  dofmante. 


—  394  — 


La  finesse  et  le  rendu  spirituel,  car  on  peut  être  spirituel  en  fai¬ 
sant  de  la  photographie,  sont  l’apanage  de  M.  Charles  Gaspar. 
La  Forêt  en  hiver ,  avec  la  dentelle  des  ramures  et  des  folioles 
ouatées  de  neige,  rappelle  par  sa  délicatesse  les  chimériques  arbo¬ 
rescences  que  le  givre  fait  éclore  sur  les  carreaux  de  vitres.  Il  y  a 
une  désolation  suggestive,  pour  employer  un  mot  à  la  mode,  dans 
le  morne  horizon  sur  lequel  se  détachent  côte  à  côte,  double  image 


E.  Frayes. 

La  dungfpau. 


de  l’abandon  et  de  la  ruine  de  toutes  choses,  cette  yeuse  défeuil- 
lée  labourée  par  la  foudre  et  ce  Calvaire  de  pierre  effrité 
par  les  siècles.  Les  Pavots  sont  des  miniatures  décoratives  d’une 
grâce  et  d’une  souplesse  ravissantes  ;  et  pour  rivaliser  avec  les  pan¬ 
neaux  précieux  des  petits-maîtres  hollandais  du  xvne  siècle,  il  ne 
manque  aux  Nature  morte  que  la  couleur  :  encore  y  est-elle,  en 
noir  et  blanc. 

M.  Victor  Selb  a  rapporté  de  voyage  des  souvenirs  très  intéres¬ 
sants.  Celerina  et  Glacier  Corvatch  est  un  véritable  panorama, 
où  la  perspective  est  aussi  bien  observée  que  les  valeurs  :  les  eaux, 


les  verdures,  les  montagnes  glaciaires,  les  vapeurs  suspendues  en 
nuages  entre  le  ciel  et  la  terre,  la  fuite  des  lointains  dans  l’échan¬ 
crure  des  pics,  tout  est  à  son  plan,  tout  a  le  ton  local  voulu.  La  Fon¬ 
taine  à  Pontresina  est  présentée  de  la  façon  la  plus  amusante,  et 
les  Oisifs  du  pont  du  Rialto  sont  pris  sur  le  vif.  M.  Hassreidter 
a  une  vue  du  pays  des  Dolomites  :  le  rendu  méticuleux  des  strati¬ 
fications  s’y  concilie  avec  la  sensation  de  la  silhouette  massive  de 
ces  trois  géants  de  pierre.  Aux  paysages  de  M.  Joseph  Maes  nous 
préférons  ses  Tricoteuses  à  Liège,  franchement  plantées  en  plein 
soleil.  Citons 
encore  M.  Agie 
et  son  pigeon 
Bien  apprivoisé 
(il  regarde  son 
maître  comme 
un  conscrit  ferait 
d’un  général  !)  et 
passons  aux  spé¬ 
cialistes  du  pay¬ 
sage  et  de  la  ma¬ 
rine. 

Le  Soir  d'au¬ 
tomne  à  la  mer , 

de  M.  Joseph  Casier,  traduit  avec  éclat  et  justesse  la  traînée  des 
clartés  vespérales  sur  le  balancement  huileux  des  flots  ;  le  chemin 
creux,  avec  le  trottinement  des  Moutons  après  l'orage  et  l’horizon 
noyé  dans  un  coup  de  lumière,  rappelle  agréablement  un  des  plus 
beaux  tableaux  de  la  dernière  exposition  de  Franz  Courtens,  de 
même  que  le  groupement  sobre  et  pittoresque  des  Sarcleuses  de 
M.  Marcel  Vanderkindere  fait  penser  aux  Glaneuses  de  Millet; 
M.  Vanderkindere  a  un  nombreux  envoi;  dans  Soleil  de  Noël ,  les 
arbres  nous  paraissent  d’un  noir  opaque  qu’on  n’observe  qu  excep¬ 
tionnellement  dans  la  réalité  ;  nous  préférons  les  fûts  des  sapins  qui, 
frappés  par  le  soleil  levant,  projettent  sur  le  sol  leurs  ombres 
légères  :  c’est  une  Impression  matinale  fraîche  et  vaporeuse  :  un 
effet  analogue  est  excellemment  exprimé  dans  la  Forêt  de  Soignes, 


D.  Declercq. 

Les  Politiques  du  village. 


390  — 


à  laquelle  sert  de  repoussoir,  à  l’avant-plan,  un  tronc  énorme, 
hérissé  de  nodosités  et  pittoresquement  habillé  de  mousses  et  de 
végétations  parasites. 

N’oublions  pas  de  mentionner,  de  M.  Rigaux,  un  garçonnet  et 
une  fillette  qu’on  voit  debout  contemplant  la  mer  et  dont  la  lune 
fait  trembloter  les  Ombres  sur  le  sable  de  la  plage;  et,  du  même, 

un  Effet  de  neige  moelleux, 
délicatement  nuancé .  Ils 
sont  nombreux,  les  effets  de 
neige;  ceux  de  M.  l’abbé 
Coupé  donnent  bien  l’im¬ 
pression  du  froid,  mais  les 
silhouettes  des  arbres  sont 
un  peu  noires;  celui  de  M.  le 
commandant  Peltzer ,  qui 
expose  aussi  une  Récolte  de 
pommes  de  terre  au  ciel 
trop  visiblement  rapporté, 
rend  avec  exactitude  l’as¬ 
pect  linéaire  du  paysage 
d’hiver,  tandis  qu’on  peut 
reprocher  une  sécheresse 
trop  accusée  à  la  Neige  en 
Flandre,  de  M.  Sacré, 
comme  à  tous  ses  paysages, 
où  l’excès  de  détails  fait 


G.  Marissiaux. 

Soif*  de  Mat*s. 


tort  à  l’habileté  de  la  mise  en  pages. 

Comment  parler  de  tous  les  paysages  du  Salon?  «  Ils  sont  trop  !  »  Il 
faut  nous  borner,  d’autant  que  l’espace  nous  est  mesuré,  et  nous  con¬ 
tenter  de  signaler  à  l’attention  MM.  Goderus  dont  le  Brouillard  an 
bois  a  le  charme  poétique  de  Macaulay-Stevenson,  le  Corot  écossais  ; 
M.  Grenson  et  sa  Meuse  à  Dordrecht,  remarquable  par  le  calme 
épandu  dans  l’abondance  de  l’air  et  de  la  lumière  ;  M.  Ickx,  dont  les 
saules  défeuillés  se  reflètent  avec  mélancolie  dans  Y  Eau  dormante; 
M.  Misonne  et  son  Chemin  poudreux,  où  deux  robustes  chevaux  traî¬ 
nent  un  fardier  environné  de  nuages  de  poussière;  M.  Frayes  et  sa 


—  397  — 


vue  de  la  Jungfrau;  M.  Hanssens  qui  nous  montre  un  Semeur  avec, 
au  fond,  un  attelage  malheureusement  hors  de  plan;  M.  Putte- 
mans,  un  passionné  de  la  Campine;  M.  René  Rousseau,  dont  le 
petit  berger  conduisant  un  troupeau  qui  broute  l’herbe  d’un  vallon 
entouré  de  collines  désertes,  est  une  charmante  Pastorale ,  et  encore 
MM.  Canfyn,  Descamps,  abbé  Motus,  Noël,  de  Penaranda,  Ser- 
vaes,  Leirens,  etc.  Nous  placerons  également  ici  les  œuvres  de 


F.  Massange  de  Louvrex. 

A  Blankenberejne.  —  Vague  cle  tempête. 


MM.  Marissiaux  et  D.  De  Clercq,  quoiqu’elles  eussent  peut-être 
mieux  figuré  dans  la  catégorie  des  scènes  de  genre.  M.  De  Clercq, 
dans  les  Politiques  du  village ,  nous  montre  deux  braves  paysans 
dont  l’unique  idéal  semble  être  d’avoir  un  verre  de  bonne  bière. 
Voilà  des  électeurs  faciles  à  contenter.  Le  Curieux  est  une  belle 
épreuve  prise  à  l’intérieur  d’une  étable,  et  Y  Effet  de  lune  n’est  pas 
obtenu  au  soleil  couchant. 

M.  Alarissiaux  s'efforce  de  donner  à  ses  épreuves  le  ton  qui 
convient  le  mieux  au  sujet  et  le  plus  souvent  il  réussit.  Ses  œuvres 
sont  bien  mises  en  page;  le  Crépuscule  d'hiver  est  irréprochable. 
M.  Marissiaux  est  de  ceux  qui  cherchent  à  mettre  une  âme  dans  le 
paysage. 

Citons  enfin  les  marines  de  MAL.  Hye  de  Crom,  Vandale,  Varen- 

2S 


—  398 


berg,  Fernand  Michel,  dont  le  Coucher  de  soleil  à  Ostende,  par 
un  temps  couvert,  est  vraiment  impressionnant,  et  —  last  not  least 
—  l’envoi  de  M.  Massange  de  Louvrex  :  ses  agrandissements  d’ins¬ 
tantanés  pris  à  Blankenberghe  rendent  à  merveille  les  moirures  de 
l’écume  et  la  torsion  tumultueuse  des  vagues. 


Maurice  Sulzberger. 


❖  Caüselûe  artistique 

Iifl  3e  EXPOSITION  D’ART  PHOTOGRAPHIQUE 

A  BRUXELLES 


ous  ce  titre,  le  Bien  public  de 
Gand  publie  une  appréciation  de 
notre  exposition  ;  la  signature  de 
A.  Vanden  Bergen-Dries  cache 
un  critique  d’art  très  distingué, 
maniant  du  reste  avec  habileté  le 
crayon  et  le  pinceau,  et  peu  enclin,  dès  lors,  à  rendre  justice  à 
notre  art. 

L’hommage  qu’il  rend  à  nos  progrès  n’en  a  que  plus  de  mérite  ; 
il  témoigne  du  chemin  parcouru,  des  conversions  opérées,  de  la 
justice  rendue  à  notre  sentiment  artistique.  Il  nous  plaît  de  le  cons¬ 
tater  en  cette  année  jubilaire  et  de  conserver  ce  témoignage 
symptomatique  dans  nos  annales. 

Voici  l’article  du  Bien  public  : 

«  Art  photographique,  les  mots  se  trouvent  imprimés  en  tète  de 
l’élégant  catalogue  illustré  de  la  troisième  exposition  organisée  par 
l’Association  belge  de  Photographie.  Or,  nos  lecteurs  n’ignorent 
pas  qu’on  agita  longtemps  le  point  de  savoir  si,  à  côté  de  la  «  science 
photographique  »,  on  pouvait  admettre  un  «  art  photographique  »  ; 
la  question,  pour  avoir  été  tranchée,  en  fait  et  d’autorité,  par  des 
photographes  de  talent,  ne  laisse  pas  que  d’être  encore  discutée. 


400 


»  On  disait,  et  certains  reprochent  encore  aux  photographes  : 
«  V ous  reproduisez  la  nature  à  l’aide  de  procédés  purement  méca- 
»  niques  et  chimiques  ;  la  plaque  sensible  s’impressionne  sans  que 
»  vous  ayez  plus  à  faire  que  de  la  dévoiler  ;  dans  la  reproduction 
»  photographique  des  choses  créées,  votre  esprit,  votre  cœur,  votre 
«  émotivité  ne  sont  rien;  seuls,  votre  œil  et  votre  main  travaillent; 
»  pour  réussir  dans  votre...  métier,  il  faut,  certes,  de  l’intelligence 
»  et  de  la  sûreté  de  main,  mais,  après  tout,  vous  n’êtes  que... 
»  d’habiles  opérateurs. 

»  L’artiste  est,  suivant  une  définition  célèbre,  celui  qui  ajoute 
»  son  moi  à  la  nature,  qui  y  met  du  sien,  pour  employer  une 
»  expression  vulgaire;  du  vôtre,  qu’y  ajoutez-vous,  MM.  les  pho- 
«  tographes?...  » 

»  Jadis,  MM.  les  photographes  restaient  bouche  bée,  maintenant 
(voir  leur  superbe  exposition)  ils  répondent  ou  pourraient  au 
moins  répondre  :  «  Sans  parler  des  perfectionnements  apportés  à 
»  nos  appareils  et  à  nos  plaques  —  ces  choses  étant  du  domaine 
»  scientifique  —  ne  comptez-vous  pour  rien  :  le  choix  du  sujet  et 
»  du  moment,  la  mise  en  page,  la  façon  d’imprimer  les  épreuves, 
»  cet  ensemble  de  qualités  originales  qui  permettent  actuellement 
»  de  mettre  sous  un  photo,  tout  comme  sous  un  tableau  de  maître, 
»  le  nom  de  son  auteur?  » 


»  A  ce  premier  débat,  d’ordre  théorique,  esthétique  si  l’on  veut, 
se  rattache  étroitement  un  second  différend,  d’ordre  technique  : 
scientifiquement,  la  photographie  la  plus  parfaite  est  la  photogra¬ 
phie  la  plus  rigoureusement  nette,  celle  dont  la  mise  au  point  fut  la 
plus  exacte;  artistiquement,  la  photographie  doit  être  flou,  sans 
contours  accusés,  assez  vague  —  comme  sont  vagues  et  enveloppées 
les  choses  vues  par  l’œil,  toujours  un  peu  humide,  de  l’homme,  et  à 
l’encontre  de  la  vision  photographique  —  l’objectif  est  un  œil 
moins...  attendri,  sec! 

»  Et  ainsi  il  se  fait  que  les  épreuves  les  plus  artistiques  du  salon 
photographique,  actuellement  ouvert  au  Cercle  artistique  bruxel- 


401 


lois,  sont  précisément  celles  qui  répondent  le  moins  aux  exigences 
strictes  du  genre,  aux  données  scientifiques  sur  la  matière  :  ainsi, 
telle  figure  imite  à  s’y  méprendre  un  dessin  de  maître  à  la  sanguine  ; 
telle  tête  de  cheval,  dessinée,  pardon!  reportée  sur  papier  torchon, 
donne  l’illusion  d’un  fusain;  tel  paysage,  aux  contours  noyés, 
indécis,  flottants,  fait  songer  à  la  préparation  d’un  Corot,  à  une 
esquisse  de  grisaille,  en  camaïeu,  au  bitume  d’un  site  printanier. 

»  Il  y  a  des  tenants  des  an¬ 
ciennes  méthodes  et  des  parti¬ 
sans  des  procédés  nouveaux  ; 
il  y  a  —  le  croirait-on?  —  des 
barbons,  des  académiques,  des 
doctrinaires  en  photographie, 
et  aussi  des  révolutionnaires, 
des  progressistes,  une  jeune 
école  de  la  plaque  sensible  ! 

»  C’est  la  lutte  des  sels  d’ar¬ 
gent,  du  charbon,  du  platine 
contre  les  gommes  bichroma- 
tées  et  les  virages  à  l’azotate 
d’Urane;  c’est  aussi,  et  ceci 
est  plus  important,  la  lutte 
entre  la  routine  et  le  progrès, 
entre  le  préjugé  et  la  foi  scien¬ 
tifique. 

»  C’est  aussi  la  tendance 
d’un  procédé  mécanique  et  industriel  à  s’élever  à  la  hauteur  d’un 
procédé  artistique  —  caractère  aujourd’hui  hautement  revendiqué 
par  les  «  Jeunes  ». 

»  Et  ils  ont  raison  ! 

»  Car  il  y  a  de  l’art  dans  les  épreuves  qu’ils  exposent  — •  incon¬ 
testablement. 

»  Et  dès  maintenant,  de  ranger  la  photographie  des  «  arts  gra¬ 
phiques  »,  plus  vulgairement  connus  sous  le  nom  d’arts  «  d’illus¬ 
tration  »,  parmi  les  artes  minores,  nul  ne  nous  en  voudra. 

»  Quoi  qu’il  en  soit  de  toutes  ces  discussions  —  légèrement 


Miss  Muriel  Bell. 

La  Cnarité. 


402 


teintées  de  byzantisme  —  constatons  une  fois  de  plus  les  énormes 
progrès  réalisés  en  ces  derniers  temps  par  la  photographie,  surtout 
dans  les  pays  d’outre-Rhin  et  d’outre-Manche. 

»  Les  Anglais,  par  exemple,  sont  d’une  force,  d’une  habileté 
étonnantes  et,  presque  toujours,  d’une  rare  distinction. 

»  Ainsi,  parmi  les  œuvres  les  plus  remarquées  du  salonnet,  nous 
signalerons  des  intérieurs  d’usine  avec  les  fumées,  les  vapeurs,  l’en¬ 
chevêtrement  des  machines,  l’activité  humaine  rendus  d’admirable 
façon. 

»  Le  geste  de  cet  homme  qui  lance  une  pelletée  de  charbon  dans 


J.  Vanderborght. 

Chemin  vers  Mockai. 


la  gueule  béante  et  ardente  d’un  fourneau,  a  une  singulière  gran¬ 
deur  d’allures;  il  rappelle  le  geste  synthétique  du  Semeur  de 
Millet  ou  de  quelque  travailleur  de  Constantin  Meunier.  Choisir 
l’instant  précis  où  pareil  geste  atteint  son  summum  de  beauté  et  de 
caractère,  est  faire  acte  d’artiste,  indubitablement. 

»  Est-ce  à  dire  que  les  petits  Belges  fassent  piètre  figure  à  côté 
de  leurs  concurrents  étrangers? 

»  Certes,  non  !  Nos  compatriotes  et,  plus  spécialement,  nos  con¬ 
citoyens  contribuent  au  succès  de  l’Exposition  pour  une  bonne 
part.  Ils  y  figurent  avec  des  épreuves  qui  s’imposent  à  l’attention. 

»  La  IIIe  Exposition  d’art  photographique  ouvrira  sans  nul  doute 


403 


au  genre  de  reproduction  qui  nous  occupe  une  nouvelle  ère  de  ten¬ 
tatives  heureuses,  de  savantes  recherches,  d’émulation  confrater¬ 
nelle  et  de  progrès  esthétique. 

»  La  marche  ascendante  de  l’art  photographique  ne  peut  que 
s’accentuer,  car  le  prodigieux  élan  de  ces  dernières  années  ne  sau¬ 
rait  être  arrêté,  cet  élan  qui 
mena  les  photographes  de  la 
figure  posée,  figée,  ankylosée 
à  la  reproduction  instantanée 
et  expressive  de  tout  ce  qui 
vit,  se  meut,  respire,  de  tout 
ce  qui  est  animé  aussi  bien  que 
des  choses  inanimées,  de  tout 
ce  qui  est  visible  et  même  de 
l’invisible. 

»  Et  ces  incessants  et  ra¬ 
pides  progrès  ne  doivent  point 
effrayer  les  artistes  :  la  photo¬ 
graphie  a  causé,  somme  toute, 
plus  de  bien  que  de  mal  aux 
arts  plastiques.  Certes,  elle  a 
pu  faire  quelque  tort  aux  por¬ 
traitistes  et,  encore,  l’on  peut 
se  demander  si  le  luxe  et  la 
vanité  mondaine  n’ont  pas  ra¬ 
cheté  le  côté  pécuniaire  de  ce 
tort;  les  procédés  héliotypi-  Walter d.  Weiford. 

Coucher»  de  soleil  sur»  la  plaine. 

ques  ont  incontestablement  nui 

à  la  gravure,  mais,  d’autre  part,  la  photographie  n’a-t-elle  pas  vul¬ 
garisé  les  chefs-d’œuvre  des  maîtres  anciens  et  modernes,  n’a-t-elle 
pas  propagé  le  goût  et  créé  des  besoins  esthétiques  nouveaux  et 
par  suite  des  débouchés  insoupçonnés? 

»  N’est-elle  pas  la  fidèle  auxiliaire  du  peintre,  du  statuaire?  Nous 
savons  bien  que  quelques  louches  industriels  —  dans  la  noble  armée 
des  artistes  il  y  a  des  malfaiteurs,  comme  dans  tout  corps  social,  si 
parfait  soit-il  —  en  ont  abusé,  mais  si  peu  !  Et  ils  ont  été  si  promp¬ 
tement  démasqués  ! 


404 


»  Tout  progrès  est  un  bien  et  le  bien  dont  certains  abusent  n’en 
reste  pas  moins  un  bien  dont  il  faut  remercier  l’auteur  et  féliciter 
ses  coopérateurs. 

»  C’est  ce  que  nous  faisons,  en  toute  cordialité  —  espérant  que 
MM.  les  photographes  n’en  voudront  pas  à  un  chroniqueur  artis¬ 
tique  d’avoir  chassé  sur  des  terres  jadis  réservées  aux  chroniqueurs 
scientifiques.  Au  fait,  depuis  qu’ils  parlent  d’art  photographique, 
ce  n’est  plus  du  braconnage;  nous  tâcherons  d’arriver  prochaine¬ 
ment  sur  le  terrain  avec,  en  laisse,  de  la  science  et  de  l’art  accou¬ 
plés. 

»  A.  Van  den  Bergen-Dries.  » 


A.  de  Penaranda. 

En  avnîi. 


r 

o  *y*  <«fw  ««|w  <«y^  <*fv  ^w  <«f*>  <*jw  c 


Méthodes  de  développement 

du  papier  «  Velox  > 

PAR  LE  Dr  LÉO  BAEKELAND 


ans  mes  articles  précédents 
qui  ont  paru  dans  le  Bulletin 
de  l’Association  belge  de  Pho¬ 
tographie  (voir  n,)S  1 1  de  1897 
et  2  de  1898),  j’ai  eu  l’occasion 
de  décrire  en  détail  l’impres¬ 
sion  du  papier  «  Velox  »  ainsi 
que  les  formules  des  différents 
révélateurs  qui  donnent  les  meilleurs  résultats  avec  ce  papier. 

Je  me  propose  maintenant  d’indiquer  les  méthodes  dont  on  peut 
se  servir  pour  faire  agir  le  développateur. 

Le  moyen  le  plus  simple  consiste  à  mettre  le  révélateur  dans  une 
cuvette  horizontale  et  d’y  plonger  le  papier  avec  la  surface  sensible 
au-dessus,  comme  s’il  s’agissait  de  développer  une  plaque  sèche. 
Cela  ne  réussit  bien  qu’avec  des  dimensions  ne  dépassant  pas 
18  X  -J-  cm  et  encore  faut-il  bien  faire  attention  que  le  papier  soit 
recouvert  immédiatement  et  uniformément  du  liquide  sur  toute  sa 
surface,  autrement  le  développement  serait  inégal  et  produirait  des 
stries.  Il  est  nécessaire  aussi  d’éviter  les  bulles  d’air  qui  ont  une 
tendance  à  adhérer  à  la  surface  et  qui  constituent  autant  d’endroits 
où  le  révélateur  ne  peut  agir,  produisant  ainsi  de  petites  taches 


blanches  et  rondes.  Ces  bulles  d’air  se  produisent  surtout  si  l’on 
place  le  papier  dans  le  bain  avec  la  surface  sensible  en  dessous. 

Comme  le  développement  de  l’image  est  assez  rapide,  il  suffit  le 
plus  souvent  de  passer  la  feuille  une  ou  deux  fois  à  travers  le  révé¬ 
lateur  contenu  dans  la  cuvette,  et  avec  un  peu  d’adresse,  cette  opéra¬ 
tion  réussit  très  bien  et  permet  de  développer  rapidement  un  très 
grand  nombre  d’épreuves. 

Pour  faciliter  l’immersion  régulière  de  la  feuille  dans  le  bain,  on 
peut  la  tremper  préalablement  dans  l’eau  de  manière  à  la  rendre 
plus  flexible,  mais,  dans  ce  cas,  il  est  à  recommander  de  laisser 

égoutter  l’excès 
d’eau  pendant 
quelques  instants 
et  de  prendre  un 
révélateur  plus 
concentré,  autre¬ 
ment  on  s’expose 
à  obtenir  des  tons 
verdâtres  par 
suite  de  la  trop 
grande  dilution 
du  révélateur. 

Le  Chemin  cia  pâturage.  l<  ^  n 

trempé  préala¬ 
blement  dans  l’eau,  se  développe  plus  lentement,  probablement  par 
suite  du  fait  que  la  couche  sensible  étant  saturée  d’eau,  il  faut 
plus  de  temps  pour  que  la  solution  révélatrice  y  pénètre. 

J’ai  remarqué  plus  d’une  fois  que  dans  le  cas  où  un  révélateur 
préparé  au  moyen  de  sulfite  impur  donnait  des  stries  ou  marbrures 
blanches  pendant  le  développement,  on  pouvait  éviter  cet  insuccès 
par  un  trempage  préalable  dans  l’eau. 

Cette  opération  préalable  devient  très  utile,  sinon  indispensable 
pour  les  variétés  «  Spécial  »  qui  développent  plus  lentement  que  le 
«  Velox  »  ordinaire  et  qui  ont  une  plus  forte  tendance  à  produire 
des  marbrures  blanches. 

Le  développement  à  la  cuvette  a  l’inconvénient  de  nécessiter  une 


assez  forte  quantité  de  liquide;  de  plus  ce  liquide,  en  présentant  une 
surface  relativement  grande  à  l’air,  s’oxyde  assez  vite;  pour  ce 
motif,  à  moins  que  l’on  ne  développe  un  grand  nombre  d’épreuves  à 
la  fois,  il  y  a  une  perte  considérable  de  révélateur.  Voilà  pourquoi 
beaucoup  d’opérateurs  préfèrent  étendre  le  révélateur  à  la  surface 
du  papier  au  moyen  d’une  brosse,  d’un  tampon  ou  d’un  objet 
similaire. 

Cette  dernière  méthode  a  en  outre  l’avantage  de  simplifier  l’outil¬ 
lage  du  développement  et 
de  ne  pas  mouiller  les 
doigts  de  l’opérateur. 

Cette  méthode  est 
applicable  à  toutes  les 
dimensions,  depuis  9X 1- 
cm  jusqu’à  25  X  60  cm. 

Pour  les  petites  dimen¬ 
sions  ne  dépassant  pas 
13  X  1 H  cm,  on  peut  met¬ 
tre  le  bain  révélateur  dans 
une  tasse  ou  une  soucoupe 

en  porcelaine,  dans 
laquelle  on  peut  plonger 
un  tampon  d’ouate  ou 
une  brosse ,  ou  mieux 
une  petite  planchette  en 
bois  garnie  d’une  ban- 
delettede  flanelle  repliée 
sur  elle -même  et  fixée  au  moyen  de  quelques  petits  clous. 

Ce  dernier  dispositif  a  tous  les  avantages  d’une  brosse  parce  qu’il 
permet  d’étendre  rapidement  et  uniformément  le  révélateur  sur  la 
feuille  de  papier  sans  trop  absorber  de  liquide.  Il  a  en  outre  la 
supériorité  de  servir  bien  plus  longtemps  qu’une  brosse  ou  un  blai¬ 
reau  et  de  coûter  incomparablement  moins  cher. 

Pour  les  grandes  dimensions,  on  peut  donner  à  ce  dispositif  la 
forme  d’une  raclette. 

Chaque  fois  qu’on  a  terminé  le  développement  des  épreuves,  il 


Alex.  Fellows. 

Le  Ch  oeuf  cTEly-Cafchéclrale. 


4ücS 


est  bon  de  mettre  cette  raclette  à  tremper  dans  l’eau  pour  qu’elle 
s’y  dégorge.  De  cette  façon  il  n’y  restera  pas  de  révélateur  oxydé 
qui  pourrait  vicier  le  bain  développateur  dans  une  opération  ulté¬ 
rieure. 

L’expérience  démontre  que  la  présence  des  clous  qui  tiennent  la 
flanelle  ne  constitue  aucun  inconvénient. 

Pour  bien  étendre  le  révélateur  sur  la  feuille,  il  faut  que  celle-ci 

soit  posée  sur  un  verre  propre. 

Ce  verre  peut  être  placé  dans 
une  cuvette  ou  dans  une  rigole 
en  bois  pour  recueillir  le  liquide 
en  excès.  Cela  se  fait  le  mieux 
en  supportant  la  plaque  de  verre 
de  manière  à  lui  donner  une 
inclinaison  d’environ  43°. 

On  peut  même  combiner  les 
deux  choses  à  la  fois  et  faire  de 
sa  rigole  son  réservoir  à  révé¬ 
lateur.  Cela  devient  en  quelque 
sorte  indispensable  pour  les 
grandes  dimensions  pour  per¬ 
mettre  de  bien  pouvoir  tremper 
la  raclette  dans  le  révélateur. 

Qu’on  se  serve  d’un  tampon 
d’ouate,  ou  d’une  raclette  ou 
d’une  brosse,  il  est  absolument  nécessaire  de  ramasser  assez  de 
liquide  pour  qu’on  puisse  répandre  celui-ci  abondamment  sur  toute 
la  surface  à  la  fois.  Ce  n’est  pas  tant  le  frottage  que  la  distribution 
rapide  et  abondante  qu’il  faut.  Si  le  révélateur  n’est  pas  appliqué 
en  une  fois  et  en  couche  épaisse,  il  est  presque  inévitable  d’avoir 
des  stries  provenant  d’un  développement  irrégulier. 

On  peut  passer  plusieurs  fois  la  raclette  ou  la  brosse  sur  l’image 
pourvu  qu’elle  y  amène  assez  de  liquide. 

Ce  développement  par  application  superficielle  du  révélateur 
demande  quelques  minutes  d’apprentissage,  mais  est  réellement  la 
méthode  la  plus  simple  et  la  plus  propre. 


Alf.  Marlor. 

L’Eveil  du  Jour. 


409  — 


Dès  que  l’image  est  assez  développée,  on  la  jette  directement  dans 
le  bain  fixateur  où  on  la  tient  en  mouvement  pendant  les  premières 
secondes  pour  assurer  un  fixage  immédiat  et  uniforme.  Ici  encore 
il  est  inutile  de  se  mouiller  les  mains  et  il  vaut  mieux  toucher  les 
épreuves  au  moyen  d’une  baguette  ou  d’une  latte  en  bois.  Ces 
épreuves  peuvent  séjourner  dans  l’hyposulfite  de  soude  jusqu’à  ce 
que  l’on  ait  entièrement  fini  avec  le  développement  de  toutes  les 
épreuves. 

La  seule  chose  qu’il  faut  éviter,  c’est  que  les  épreuves  ne  s’en¬ 
tassent  dans  le  bain  fixateur  ou  ne  flottent  à  la  surface,  ce  qui  occa¬ 
sionnerait  un  fixage  partiel  produisant  des  stries  ou  des  taches 
irrégulières  jaunes  ou  foncées. 

Un  bon  moyen  pour  éviter  ces  accidents  consiste  à  rincer  les 
épreuves  pendant  quelques  instants  quand  elles  sortent  du  révéla¬ 
teur  et  avant  qu’elles  n’entrent  dans  le  bain  d’hyposulfite  de  soude. 

Nepera  Parle,  N.  Y.,  avril  1898. 

( Laboratoire  de  la  Nepera  Chemical  C°.) 


Concours  d’épreuves  positives 


La  Revue  suisse  de  photographie  organise  entre  amateurs  et  pro¬ 
fessionnels  un  concours  d’épreuves  positives  principalement  desti¬ 
nées  à  procurer  des  illustrations  à  ce  journal.  Les  épreuves  devront 
être  tirées  sur  papier  émulsionné  (celloïdine,  aristotype)  et  non  sur 
papier  albuminé.  Elles  devront  être  collées.  Chaque  épreuve  portera 
un  signe  répété  sur  une  enveloppe  qui  renfermera  le  nom  de  l’au¬ 
teur.  Tous  les  formats  et  tous  les  genres  sont  admis  à  concourir. 

Les  épreuves  devront  être  adressées  à  la  Revue ,  40,  rue  du 
Marché,  Genève,  avant  le  30  juin. 

Le  jury  sera  constitué  par  M.  le  Président  actuel  de  la  Société 
suisse  des  photographes ,  M.  le  Président  de  la  Société  genevoise  de 
photographie  et  le  directeur  de  la  Revue. 

Les  épreuves  primées  ou  non  demeureront  la  propriété  de  ce 
journal  et  pourront  y  être  reproduites. 

Chacun  peut  librement  concourir  sans  être  un  abonné  de  la 
Revue. 

Les  épreuves  qui  auraient  déjà  figuré  dans  d’autres  expositions 
seront  également  admises  au  concours.  Il  sera  délivré  trois  médailles 
de  vermeil,  huit  médailles  d’argent  et  douze  médailles  de  bronze. 

— "  - - 

Programme  du  vingt-troisième  Concours  du  Journal  des  Voyages 

Troisième  trimestre  de  1898 

Le  motif  proposé  est  le  suivant  :  P  cène  de  gare. 

Les  motifs  que  nous  proposerons  au  cours  de  l’année  1898  seront  les  suivants  : 

Vingt-quatrième  concours  (4e  trimestre,  n°  92  du  4  septembre).  Bords  d'un 
canal. 

Vingt-cinquième  concours (1er  trimestre  de  1898-1899,  n°  105  du  4  décembre). 
Intérieur  pris  dans  un  monument  célèbre. 

Nous  rappelons  a  nos  lecteurs  que  tout  le  monde,  soit  abonné,  soit  acheteur 
au  numéro,  peut  prendre  part  à  ces  concours.  Frédéric  Dieeaye. 


Memento  des  Expositions 


Philadelphia  Photographie  Salon 

(24  octobre- 12  novembre) 

Des  règlements  de  cette  Exposition  peuvent  être  réclamés  au 
secrétaire  général. 


Photographie  Salon  de  Londres 

(6e  année) 

Du  20  septembre  au  5  novembre,  à  Dudley  Gallery,  Egyptian 
Hall,  Piccadilhr. 

Les  envois  doivent  parvenir  au  plus  tard  le  15  septembre  à 
M>-  Wiggins,  manager  of  Mr  W hit eley  s  shiping  départaient, 
iSr,  Qneeiïs  Road ,  Bayswater,  W.,  Londres. 


-s-  Dos  Illustrations 

A  Groenendael.  —  Groupe  fait  lors  de  l’excursion  du  17  mai 
par  M.  Rousseau,  de  la  Section  de  Namur.  Reproduction  en  photo¬ 
typographie  par  MM.  F.  Dricot  et  Cie,  à  Bruxelles. 

Une  Américaine.  —  Epreuve  sur  papier  «  Yelox  »  spécial 
pour  portrait.  Le  phototype  négatif  est  de  M.  R.  H.  Furman  de 
San  Diego  (Californie).  Nous  devons  cette  illustration  à  la  Nepera 
Chemical  Company ,  de  New-York. 

— •••  o« - 

Illustrations  dans  le  texte  d’après  les  œuvres  qui  figu¬ 
raient  au  IIIe  Salon  d’art  photographique. 

Des  illustrations  hors  texte  des  exposants  suivants  paraîtront 
successivement  dans  le  Bulletin  :  MM.  Alexandre,  Allan,  Aston, 
Désiré  Declercq,  Einbeck,  Gehrkens,  Raymond  Geruzet,  Greger, 
Hannon,  Hassreidter,  Job,  Keene,  Misonne,  Oury,  Ch.  Puttemans, 
Puyo,  Quentin,  Scharf,  Chev.  von  Schoeller,  Selb,  comte  Tysz- 
kiewicz,  Vanderkindere,  Croft,  Gear,  Huntingdon,  Macdonald  et 
Marsh. 

•  •• - 

Lettrines  de  MM.  Bidart,  Canfyn,  Maes,  Puttemans,  Léon 
Roland,  Selb,  Stadeler,  Van  den  Wyngaert  et  Van  Grinderbeek. 


NÉCROLOGIE 


M  aüt*  ic0  Hoveiacqae 

'Association  belge  de  Photogra¬ 
phie  vient  de  perdre  en  M.  Maurice 
Hovelacque,  docteur  es  sciences  à 
Paris,  l’un  de  ses  membres  les  plus- 
distingués. 

Bien  que  nouvellement  entré  dans 
notre  Association,  M.  Maurice  Hove¬ 
lacque  y  avait  pris  d’emblée  une 
position  des  plus  honorables  et  avait 
obtenu  un  succès  mérité  par  l’exhi¬ 
bition  de  photographies  prises  par  lui  avec  une  habileté  et  un 
goût  très  appréciés  en  Algérie  et  en  Tunisie. 

Maurice  Hovelacque  s’était  spécialement  adonné  à  l’étude  de  la 
Paléontologie  végétale;  il  laisse,  dans  cette  partie  de  la  science,  des 
travaux  importants  et  estimés,  pour  lesquels  la  photographie  a 
encore  joué  un  rôle  très  actif,  les  innombrables  coupes  végétales 
publiées  à  ce  sujet  ayant  été  obtenues,  par  l’auteur,  au  moyen  de 
la  photomicrographie. 

Notre  regretté  confrère  a  été  enlevé  à  quarante  ans,  à  sa  famille 
qui  le  chérissait,  à  ses  amis  qui  l’aimaient  et  l’honoraient,  à  la 
science  à  laquelle  il  a  procuré  de  si  nouvelles  et  si  utiles  notions, 
au  moment  où  il  avait  abordé  de  nouveaux  et  intéressants  pro¬ 
blèmes  concernant  la  flore  houillère. 

Il  est  mort  en  deux  jours,  dans  des  circonstances  particulière¬ 
ment  touchantes,  atteint  dans  ses  affections  les  plus  chères  par  la 
maladie  grave  d’un  de  ses  enfants  qu’il  adorait. 

A.  R. 


29 


SO^^VtAIlRE 


PAGES. 


Conseil  d'administration.  —  Membres  admis . 301 

Assemblée  générale  annuelle,  tenue  à  Bruxelles  le  17  avril  1898.  .  .  303 

Rapport  du  Secrétaire  général . 306 

Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  2  mars  1898. 

Soirée  publique  de  projections . 314 

Projections . 315 

Séance  du  13  avril  1898. 


Communication  de  M.  Misonne.  —  Soirée  publique  de  projections. 
—  Remerciements.  —  Boîte  pour  transport  de  diapositives.  — 
Plaques  radiographiques  Graffe.  —  Conférence  de  M.  Buis.  — 
Election  du  délégué  au  comité.  —  Fêtes  du  XXVe  anniversaire. 


—  Projections . 316 

Séance  du  11  mai  1898. 

Conférence  de  M.  Masy  :  «  Du  fleuve  Bleu  à  Péking  » . 317 

Séance  publique  de  projections  du  11  mars  1898 .  319 

Conférence  de  M.  Buis,  bourgmestre  de  la  ville  de  Bruxelles,  donnée 

le  mercredi  24  mars  1898  à  la  Section  de  Bruxelles . 321 

Section  de  Liège.  —  Séance  du  15  février  1898. 

Correspondance.  —  Traductions  de  M.  Hassreidter.  —  La  gomme 

bichromatée . 324 

Concours  de  diapositives . 325 

Séance  du  8  mars  1898. 


Concours  de  diapositives.  —  Séance  publique  de  projections .  .  325 

Conférence  de  M.  Marissiaux  «Comment  un  Artiste  photographe 


peut  être  un  photographe  artiste  » . 326 

Projections .  . 327 

Séance  du  22  mars  1898. 

Lanterne  de  projection.  —  Causerie  de  M.  Fredericq,  professeur  de 
philosophie  à  l’Université,  sur  les  Crustacés  . . 327 


—  415  — 


PAGES, 


Bibliothèque.  —  Le  Chromoscope . 

Séance  du  5  avril  1898. 

Fêtes  du  XXVe  anniversaire.  —  Causerie  de  M.  le  professeur  Nuel 

sur  les  couleurs . 

Section  de  Louvain. 

Local  de  la  Section . 

Fêtes  du  XXVe  anniversaire.  —  Remerciements.  —  Causeries  .  . 

XXVe  Anniversaire  de  la  fondation  de  l'Association  belge  de  Photo¬ 
graphie.  —  Compte  rendu  des  fêtes  des  14, 15, 16  et  17  mai  1898. 

Première  journée.  —  Samedi  14  mai . 

Deuxième  jour  née.  —  Dimanche  15  mai. 

Assemblée  générale  extraordinaire . 

Le  banquet . ; . 

Troisième  journée.  —  Lundi  16  mai. 

Soirée  de  projections . 

Quatrième  journée.  —  Mardi  17  mai. 

Excursion  à  Groenendael . 

Le  Troisième  Salon  d’Art  photographique,  par  M.  Maurice  Sulzberger 
Causerie  artistique  :  La  3e  Exposition  d’Art  photographique  à  l’Asso¬ 
ciation  belge  de  Photographie . 

Méthodes  de  développement  du  papier  «  Velox  «  par  M.  Léo  Bakelaml 

Concours  d’épreuves  positives . 

Programme  du  concours  organisé  par  le  Journal  des  Voyages 

Memento  des  Expositions . 

Nos  illustrations . 

Nécrologie  :  Maurice  Hovelacque . 

Sommaire. 


32S 


328 

330 

331 


333 

335 

349 

364 

368 

372 

399 

405 

410 

410 

411 

412 

413 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


EN  ME1? 


Phototypographie  J.  Malvaux. 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


Alexandre  Allan. 


JVJ  ’ilîTMfl 


Phototypographie  J.  Malvaux. 


Association  belge  de  Photographie 


SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d'honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 

BULLETIN 

N°  7.  —  25me  ANNÉE.  —  VOL.  XXV. 

(3e  série.  —  vol.  v.) 


Conseil  d’Administation 

nt  été  admis  : 

Membres  effectifs  : 

MM.  Courcelle,  Achille, 
10,  rue  de  la  Cathédrale,  Liège, 
présenté  par  MM.  G.  et  L. 
Laoureux. 

de  Dieudonné  de  Corbeek-over-Loo  (baron  Pierre;,  rue  Léo- 

30 


—  418 


P°ld  II,  Louvain,  présenté  par  MM.  Pavard  et  Van  Grinderbeek. 

Lemaigre,  Maurice,  étudiant,  rue  de  la  Station,  Louvain,  pré¬ 
senté  par  MM.  Pavard  et  Yan  Grinderbeek. 

Prinz,  Wilhelm,  professeur  à  l’ Université  Libre,  5,  avenue  du 
Haut-Pont,  Saint-Gilles-Bruxelles,  présenté  par  MM.  Vanderkin- 
dere  et  Wiener. 

Thiebaut,  Edmond,  23,  rue  de  Namur,  Louvain,  présenté  par 
MM.  Pavard  et  Yan  Grinderbeek. 

Membre  associé  : 

M.  Defrêcheux  ,  Charles,  73,  rue  Bonne-Nouvelle,  Liège, 
présenté  par  MM.  Ronchesne  et  L.  Roland. 


Sectiof)  de  Bruxelles 

SÉANCE  DU  27  AVRIL  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


A  séance  est  ouverte  à  8  h.  1/2. 

Sont  présents  :  MM.  Vanderkin- 
dere,  Cumont,  Rutot,  Peltzer,  No- 
père,  Dupont,  Mouton,  Masure, 
Louvois,  Broothaerts,  Van  Lint, 
Durieu,  Simons,  Bidart,  Dewael, 
Lavalette,  Kymeulen,  Pollet, 
Boitson,  Parmentier,  Frennet, 
Yermeiren,  Poupart,  Remacle,  Langlé,  Simon,  Dewit,  E.  Anspach, 
H.  Anspach,  Delcroix,  Paradis,  Lefebvre  de  Sardans,  Paternotte 
et  Nyst,  faisant  fonctions  de  secrétaire. 

M.  Stadeler  se  fait  excuser. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

Le  président  donne  la  parole  à  M.  Peltzer  qui  proteste  contre 
l’habitude  prise  par  les  fabricants  de  ne  soumettre  que  deux  plaques 
comme  échantillon  de  leurs  fabrications.  Cette  façon  de  procéder 
leur  est  plutôt  nuisible  qu’utile;  il  n’a,  par  ce  fait,  obtenu  aucun 
résultat  sur  les  plaques  pour  diapositives  remises  par  la  maison  Graffe 
et  Jougla.  Les  plaques,  en  outre,  n’étant  accompagnées  d’aucune 
indication  sur  le  temps  de  pose,  les  deux  essais  qu’il  a  tentés  ont  été 


—  420 


nuis.  Le  président  ajoute  que,  d’après  ses  expériences,  ces  plaques 
sont  plus  lentes  que  les  plaques  Mawson. 

M.  Peltzer  a  également  essayé  le  diogène  de  Y  Action  Gesellschaft 
für  Anilin  Fabrikation  de  Berlin,  remis  à  la  séance  du  23  février. 
Il  en  trouve  la  formule  bonne  et  le  mode  d’emploi  très  commode 
pour  les  plaques  correctement  posées,  mais  reproche  l’absence  de 
renseignements  pour  les  plaques  sous  ou  surexposées.  M.  Pollet 
compare  ce  révélateur  à  celui  à  la  glycine;  il  laisse  d’après  lui  une 
très  grande  latitude  d’exposition,  mais  ce  n’est  pas  un  révélateur 
rapide.  Les  essais  avec  15",  30''  et  45"  ont  donné  des  résultats  satis¬ 
faisants.  Ce  révélateur  ne  provoque  ni  soulèvement  de  la  gélatine, 
ni  voile.  La  solution  a  une  teinte  jaune  sans  influence  aucune  sur  le 
cliché.  M.  Yanderkindere  appuie  les  observations  de  M.  Pollet  et 
préconise  l’orthol,  qu’il  trouve  plus  maniable  et  qu’il  compare  à 
l’acide  pyrogallique. 

Le  président  fait  remarquer  que  le  révélateur  Orthol  est  déjà  très 
apprécié  et  que  c’est  un  de  ceux  destinés  à  entrer  dans  la  pratique. 

Les  communications  diverses  épuisées,  le  président  rappelle  aux 
membres  les  fêtes  jubilaires  qui  auront  lieu  les  14,  15,  16  et  17  mai 
et  les  invite  à  adresser  sans  tarder  leur  bulletin  d’adhésion  au 
secrétaire  général.  Il  annonce  que  l’excursion  du  17  se  fera  à 
Groenendael,  départ  à  9  heures,  déjeuner  au  château,  retour  en  ville 
à  6  heures. 

M.  Pollet  expose  le  pose-mètre  de  Winne.  D’après  une  table 
indiquant  un  numéro  de  rapidité  des  plaques  négatives  en  fonction 
de  l’appareil  et  du  temps  que  met  un  papier  sensible  à  atteindre  une 
teinte  fixe,  un  simple  mouvement  de  rotation  d’un  cadran  sur  une 
échelle  graduée  indique  immédiatement  le  temps  de  pose  pour  quelque 
grandeur  de  diaphragme  que  l’on  emploie.  Après  l’application  qu’il 
a  faite  de  ce  pose-mètre,  M.  Pollet  en  fait  l’éloge  et  le  recommande 
à  l’attention  des  membres  pour  l’estimation  du  temps  de  pose  dans 
les  cas  difficiles. 

Le  président  fait  un  nouvel  appel  aux  membres  et  les  prie  de 
lui  communiquer  des  clichés  pour  la  soirée  de  projections  du  16  mai, 
puis  passe  à  la  conférence  annoncée  sur  le  sulfite,  le  bisulfite  et 
l’hyposulfite  de  soude. 


421  — 


Il  expose,  avec  sa  netteté  habituelle,  la  fabrication  de  ces  pro¬ 
duits  si  utiles  en  photographie,  les  réactions  qui  les  caractérisent 
l’un  de  l’autre.  En  parlant  du  sulfite,  il  insiste  sur  la  nécessité 
d’indiquer  dans  les  formules  s’il  est  hydraté  ou  anhydre  et  conseille 
l’emploi  du  sulfite  anhydre,  moins  altérable  à  l’air  que  le  sulfite 
hydraté.  Il  recommande  d’éviter  dans  certains  développateurs 
l’excès  de  ce  corps  qui  est  un  retardateur  empêchant  même  d’obtenir 
l’intensité  par  suite  de  son  pouvoir  dissolvant  et  signale  son  usage 
dans  le  renforcement  au  bichlorure  de  mercure. Quant  à  l’hyposulfite, 
bien  connu  de  tous,  il  préconise  l’usage  d’une  solution  mère  con¬ 
centrée,  qui  se  conserve  mieux  que  les  solutions  diluées,  facile  à 
mettre  au  titre  désiré  par  une  simple  addition  d’eau.  Il  rappelle 
également  son  rôle  d’accélérateur  dans  le  développement  au  fer  à 
l’aide  de  quelques  gouttes  d'une  solution  à  un  pour  mille. 
[Applaudissements.) 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures  après  projections  de  belles 
diapositives  de  MM.  Peltzer,  Nopère  et  Pollet. 


SÉANCE  DU  25  MAI  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 

Sont  présents  :  MM.  Peltzer,  Robert,  de  Raet,  Bayart,  Nopère, 
Nyst,  Rutot,  Valentyns,  Durieu,  Poupart,  Smeesters,  Vanderkin- 
dere,  Gilbert,  Hanssens,  Lefebvre  de  Sardans,  Delevoy,  Kymeulen, 
Mouton,  Van  Campenhout,  Vermeiren,  Remacle,  Lavalette,  Boit- 
son,  Langlé,  Bronkhorst,  L.  Bray,  Frennet,  Friedrichs,  Simoneau, 
Bottiau,  Delcroix,  Pollet,  Simon,  Paradis,  Paternotte,  Suzor, 
Ledure,  Masson  et  Stadeler,  secrétaire. 

M.  AVarnerke,  membre  d’honneur  de  l’Association,  assiste  à  la 
séance.  M.  le  président  le  remercie  de  cette  marque  de  sympathie. 

M.  le  président  annonce  la  mort  d’un  de  nos  plus  distingués 
confrères,  M.  Hovelacque,  de  Paris,  dont  tout  récemment  encore 
les  membres  de  la  section  applaudissaient  les  clichés  et  la  savante 
causerie  sur  la  Tunisie  et  l’Algérie.  La  mort  de  notre  confrère  est 


_  422 


une  grande  perte  pour  la  science;  ses  travaux  en  paléontologie 
végétale  l’avaient  mis  en  évidence  et  à  l’Association  dont  il  était  un 
des  fervents  adeptes,  il  sera  vivement  regretté.  M.  Rutot,  en  se 
rendant  à  Paris,  a  bien  voulu  représenter  l’Association  aux  funé¬ 
railles  de  notre  regretté  confrère. 

M.  Vanderkindere  rappelle  que  l’exposition  du  Cercle  artistique 
est  sur  le  point  de  se  clôturer. 

Nous  venons  de  fêter, par  des  manifestations  diverses, le  XXVe  anni¬ 
versaire  de  la  fondation  de  l’Association.  Le  18  juillet  marquera  le 
XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  la  Section  de  Bruxelles.  Il 
me  paraît,  dit  M.  Delevoy,  que  cette  date  ne  devrait  pas  passer 
inaperçue,  et  je  propose  d’examiner  ce  qu’il  y  aurait  lieu  de  faire 
pour  fêter  les  noces  d’argent  de  la  section. 

La  proposition  est  prise  en  considération  et  la  question  sera  mise 
à  l’ordre  du  jour  de  la  prochaine  séance. 

Notre  confrère,  M.  de  Schokalsky,  de  Saint-Pétersbourg,  fait 
don  à  la  section  des  épreuves  qu’il  destinait  à  l’Exposition  de  pho¬ 
tographie  et  qui  sont  parvenues  trop  tardivement  pour  être  reçues. 

(. Applaudissements .) 

M.  Puttemans  prend  ensuite  la  parole  pour  rappeler  à  la  plupart 
des  membres  présents  les  premières  notions  touchant  la  théorie  des 
phénomènes  chimiques  et  physiques. 

Il  donne  les  propriétés  générales  des  corps  et  leur  division  en 
corps  simples  et  composés.  Il  explique  ensuite  le  phénomène  de  la 
dissolution,  ce  que  l’on  entend  par  une  solution  saturée,  concentrée 
ou  diluée  ainsi  que  la  cristallisation.  Il  établit  la  différence  impor¬ 
tante  qui  existe  entre  le  simple  mélange  et  la  combinaison  chi¬ 
mique,  et  les  diverses  influences  physiques  et  autres  qui  influent 
sur  les  combinaisons.  Il  montre  enfin  que  les  mêmes  agents  qui 
favorisent  l’union  des  corps  peuvent  aussi  déterminer  des  décompo¬ 
sitions. 

La  causerie  du  président  de  la  section  est  appuyée  de  nombreuses 
et  intéressantes  expériences,  et  les  applaudissements  des  membres 
lui  montrent  combien  cette  utile  et  agréable  leçon  de  science  a  su 
les  intéresser. 

Des  diplômes  du  concours  d’illustrations  sont  remis  à  MM.  Boit- 


—  42  :î  — 


son  et  Kymeulen.  Les  jetons  de  présence  de  rassemblée  générale 
sont  distribués  aux  membres  présents  ayant  assisté  à  cette  séance. 

La  soirée  se  termine  par  la  projection  de  positives  de  MM.  Pelt- 
zer,  Masson,  Hanssens  et  Mouton. 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


Sectûof)  de  Gat?d 

SÉANCE  DU  7  AVRIL  1898 
Présidence  de  M.  Goderus,  président 


ont  présents  :  MM.  Goderus,  Morel 
de  Boucle-Saint-Denis,  De  Nobele, 
D’Hoy,  Coupé,  Leirens,  Servaes, 
Casier,  Van  den  Hove,  Varenberg, 
Brunin,  Désiré  De  Clercq,  Marcel  De 
Clercq,  général  van  Eechout,DeBeer, 
de  Hemptine,  Yan  der  Haeghen,  Del- 
becq,  Wauters,  De  Breyne  et  Joseph  De  Smet. 

Causerie  de  M.  Morel  de  Boucle-Saint-Denis  sur  l’acétylène. 

M.  Morel  de  Boucle-Saint-Denis  commence  par  exposer  le  mode 
de  fabrication  du  carbure  de  calcium  dont  on  se  sert  actuellement 
pour  produire  l’acétylène.  Ce  corps  est  obtenu,  dans  les  fours  élec¬ 
triques  à  la  haute  température  qu’atteint  l’arc  voltaïque,  par  la 
combinaison  du  calcium  de  la  chaux  vive  avec  le  charbon. 

Après  avoir  décrit  la  forme  et  les  dispositions  de  ces  fours, 
M.  Morel  passe  à  l’acétylène  et  énumère  les  propriétés  de  ce  gaz. 
Celui-ci  a  une  odeur  caractéristique  peu  agréable  ;  il  brûle  avec  une 
flamme  claire  et  brillante.  L’acétylène  ne  détone  pas  à  la  pression 
ordinaire  et  ne  commence  à  être  explosif  que  lorsqu’il  est  soumis  à 
une  pression  supérieure  à  celle  de  1  1/2  atmosphère.  Ce  point  est 
capital  à  noter,  puisqu’il  établit  que  l’acétylène  n’est  point  aussi 
dangereux  que  pourraient  le  faire  croire  les  attaques  dont  il  a  été 
l’objet. 

L’acétylène  forme  avec  le  cuivre,  l’acétylure  de  cuivre  qui  est  un 


—  425  — 


composé  explosif.  Il  faut,  pour  que  cet  acétylure  détone,  qu’il  soit 
absolument  sec  et,  de  plus,  il  ne  saurait  déterminer  une  explosion 
sérieuse,  capable  de  produire  des  accidents,  que  s’il  était  formé  en 
quantité  assez  notable. 

Pour  M.  Morel,  on  peut  diviser  les  appareils  à  acétylène  en 
appareils  à  haute  pression  et  ceux  à  basse  pression.  Les  premiers 
sont  à  écarter  en  raison  du  danger  qu’ils  présentent,  tandis  que  les 
derniers  peuvent  être  maniés  par  les  mains  les  plus  inexpérimentées. 

L’orateur  présente  quelques  appareils  parmi  lesquels  une  lampe 
de  projection  que  la  simplicité,  la  facilité  de  réglage  et  le  pouvoir 
éclairant  semblent  appeler  à  un  prochain  succès. 

Il  présente  également  des  appareils  nouveaux  que  lui  ont  prêtés 
MM.  Lîning  et  Stoffels.  Ils  sont  très  admirés  par  les  membres  pré¬ 
sents,  surtout  une  lanterne  de  vélocipède. 

M.  D’Hoy  fait  un  rapport  sur  le  nouveau  papier  pour  impression 
par  développement  de  la  maison  Van  Monckhoven.  Il  le  trouve 
supérieur  à  l’ancien  parce  qu’il  permet  de  faire  le  développement  à 
la  lumière  d’une  bougie.  Le  développateur  métol-hydroquinone 
donne  de  bons  résultats  avec  ce  papier,  mais  M.  D’Hoy  lui  préfère 
le  développateur  à  l’amidol  qui  donne  des  tons  plus  noirs.  Il  recom¬ 
mande  d’ajouter  à  ce  développateur  trois  gouttes  d’acide  acétique 
cristallisable  par  100  cent,  cubes  de  bain  et  de  fixer  en  solution  acide. 

M.  Goderus  donne  lecture  d’une  lettre  de  la  section  de  Liège 
priant  les  membres  de  la  section  de  bien  vouloir  communiquer  quel¬ 
ques-unes  de  leurs  diapositives  pour  une  séance  de  projections. 

M.  D’Hoy  distribue  un  jeton  de  présence,  fait  sur  papier  Éclair 
de  la  maison  Van  Monckhoven,  et  rappelant  un  des  coins  de  Gand 
destiné  à  disparaître  bientôt  sous  la  pioche  des  démolisseurs. 


SÉANCE  DU  5  MAI  1898 
Présidence  de  M.  Goderus,  président 

Présents  :  MM.  De  Beer,  général  van  Eechout,  Casier,  D’Hoy, 
Goderus,  D1  De  Nobele,  Morel  de  Boucle-Saint-Denis,  de  Kem- 
meter,  Leirens,  De  Clercq,  Servaes,  Delbeque,  Tyman,  Brunin, 
Spilthooren,  Van  de  Velde  et  Van  Neck. 


M.  Casier  annonce  que  le  banquet  du  15  mai  a  lieu  à  Y  Hôtel 
Mengelle  et  engage  les  membres  de  la  Section  à  y  assister. 

M.  Goderas  fait  une  causerie  sur  les  diapositives.  Il  indique  un 
moyen  pour  obtenir  des  colorations  différentes  des  épreuves  au 
gelatino-chlorure  basé  sur  la  proportion  de  bromure  ajoutée  au  bain 
développateur.  Son  bain  est  très  fortement  bromuré  et  est  composé 
de  la  manière  suivante  : 

Oxalate  de  potassium  en  solution  à  30  p.  c.  60  cc. 

Sulfate  de  fer  »  »  saturée  6  cc. 

Bromure  de  potassium  »  »  à  10  p.  c.  200  cc. 

On  peut  ainsi  obtenir  toute  une  gamme  de  teintes  depuis  le  noir 
violacé  jusqu’au  rouge  et  même  le  jaune.  La  coloration  dépend  de 
la  durée  du  développement.  Ce  bain  est  vite  épuisé  et  ne  peut  servir 
que  pour  deux  opérations. 

M.  Goderus  passe  ensuite  en  revue  diverses  causes  d’insuccès 
dans  1  obtention  des  diapositives,  il  préfère,  pour  obtenir  plus  de 
netteté,  réduire  un  grand  cliché,  par  exemple,  un  13  X  18  en  format 
projection.  Cette  manière  d’opérer  permet  également  de  ne  prendre 
qu  une  partie  de  la  plaque  qui  seule  peut  être  intéressante;  en 
outre,  on  peut  ainsi  redresser  une  image  dont  les  lignes  ne  sont  pas 
droites  par  suite  de  l’inclinaison  de  l’appareil  lors  de  la  prise  du 
premier  cliché.  Quand  on  fait  le  tirage  de  la  diapositive,  il  faut  que 
l’éclairage  du  cliché  soit  égal  ;  pour  cela  il  recommande  de  mettre 
derrière  la  plaque  un  verre  opale,  ou  bien  d’incliner  tout  le  sys¬ 
tème  vers  le  ciel,  pour  avoir  directement  la  lumière  des  nuages. 

M.  Van  Neck  présente  une  série  de  nouveaux  appareils,  notam¬ 
ment  un  chalumeau  pour  projections  au  moyen  de  l’acétylène,  qui 
peut  fournir  une  lumière  de  huit  cents  bougies,  une  collection  de 
becs  à  acétylène  et  un  châssis  à  rouleau  dans  lequel  on  peut  rem¬ 
placer  la  bobine  en  pleine  lumière  (remercîments). 

M.  Leirens  distribue  comme  jeton  de  présence  un  superbe  agran¬ 
dissement  d’un  sous-bois  fait  avec  le  soin  et  l’habileté  que  tout  le 
monde  lui  connaît. 


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Section  de  IJée^e 

SÉANCE  DU  26  AVRIL  1898 

Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 


ont  présents  :  MM.  A.  Dumoulin, 
Kemna,  Jacques,  Rocour,  Mot- 
tart,  Matelot,  Decharneux,  Ron- 
chesne,  Dohmen,  Portai,  Berni- 
molin,  Goffart,  Loiseau,  Philippart, 
G.  Oury,  Dejace,  baron  de  Sélys, 
Détaillé,  Beaujean,  Crespin,  Maris- 
siaux,  Henroz  et  Dupont. 

M.  Ronchesne  donne  lecture  du  procès-verbal  de  la  séance  du 
5  avril  qu’il  a  établi  en  l’absence  du  secrétaire.  Ce  procès-verbal 
est  adopté. 

M.  Dupont  demande  la  parole  pour  remercier  le  président  et  les 
membres  de  la  Section  présents  à  la  séance  du  5  avril  des  félicita¬ 
tions  qu’ils  ont  bien  voulu  lui  adresser. 

Avant  d’aborder  l’ordre  du  jour  et  en  attendant  que  le  résultat 
financier  de  la  séance  publique  soit  connu,  le  président  dit  quelques 
mots  de  cette  soirée;  il  tient  surtout  à  remercier  nos  confrères,  et  ils 
sont  nombreux,  qui  se  sont  dévoués  à  l’organisation  de  cette 
séance. 

M.  Roland  dit  encore  un  mot  au  sujet  des  fêtes  jubilaires  de 
l’Association  qui  promettent  d’être  fort  brillantes.  Des  délégués  des 
principales  Sociétés  photographiques  de  l’Europe  ont  promis  d’y 
assister  et  il  aime  à  croire  que  nos  confrères  de  Liège  se  rendront 
nombreux  à  Bruxelles. 


428  — 


Excursion  annuelle  de  V Ascension.  —  Au  cours  de  cette  excur¬ 
sion  il  sera,  comme  toujours,  organisé  un  concours.  Les  épreuves 
seront  jugées  par  les  membres  delà  Section  ayant  pris  part  à  la  pro¬ 
menade.  Le  but  de  celle-ci  sera  l’Amblève  parFraiture  et  Rouvreux. 
On  se  transportera  jusque  Rivage  en  chemin  de  fer.  Le  départ  se 
fera  des  Guillemins  à  9  h.  9  m.  M.  Laoureux,  un  des  fondateurs  de 
l’Association,  a  fait  à  la  Section  l’amabilité  d’inviter  les  excursion¬ 
nistes  à  luncher  à  sa  propriété  d’Amblève.  Une  circulaire  sera 
envoyée  à  nos  confrères  avec  prière  d’envoyer  leur  adhésion  par 
écrit. 

Présentations  :  M.  G.  Springuel,  par  MM.  Jacques  et  Ronchesne; 
M.  F.  Mativa,  par  MM.  H.  Mativa  et  L.  Laoureux;  M.  Ch.  Goos- 
sens,  par  MM.  L.  Roland  et  Ch.  Dupont;  M.  LT.  Lepaige,  par 
MM.  L.  Laoureux  et  L.  Roland;  M.  G.  Noé,par  MM.  L.  Roland 
et  P.  Dumoulin;  M.  A.  Jensen,  par  MM.  L.  Laoureux  et  Kemna. 

Ces  présentations  sont  ratifiées. 

Jeton  de  présence.  —  Le  secrétaire  distribue  un  jeton  de  pré¬ 
sence  offert  par  la  Dry  Plate  C°  dont  M.  Roland  a  visité  dernièrement 
les  installations  à  Gand.  Ces  épreuves  sont  tirées  sur  papier  Electric 
fabriqué  par  la  maison. 

Pour  terminer  la  séance,  on  projette  des  séries  de  clichés  envoyés 
par  les  Sections  étrangères  et  qui  n’avaient  pu  être  montrés  à  la 
séance  publique.  Parmi  eux,  plusieurs  sont  remarquables. 

La  séance  est  levée  à  9  heures. 


SÉANCE  DU  ÎO  MAI  1898 

Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

Ont  signé  la  liste  de  présence  :  MM.  Bronne,  Loiseau,  Noaillon, 
Bernimolin,  Decharneux,  Goffart,  Labouverie,  Dr  Mathien,  Cam- 
bier,  Zeyen,  Hassreidter,  Kemna,  Mottart,  G.  Laoureux,  D1  Gren- 
son,  Grégoire,  Détaillé,  Oury,  Henroz,  Marissiaux  et  Ronchesne. 

M.  Dupont,  secrétaire,  empêché,  s’est  fait  excuser  et  a  prié  le 
secrétaire  adjoint  de  bien  vouloir  le  remplacer. 


—  429  — 


Après  lecture,  le  procès-verbal  de  la  séance  du  20  avril  est  adopté. 

Le  trésorier  communique  à  l’assemblée  le  résultat  financier  de  la 
séance  publique  de  projections.  Le  bilan  accuse  un  boni  de  1,880  fr. 
qui  sera  réparti  comme  suit  : 

940  francs  à  l’Œuvre  des  Chauffoirs  publics;  470  francs  à  l’Œuvre 
des  Enfants  abandonnés  et  470  francs  à  celle  de  l’Assistance  par  le 
travail. 

M.  le  président  fait  remarquer  que  ce  résultat  financier  doit  nous 
encourager  à  continuer  nos  séances  annuelles;  en  effet,  la  recette 
dépasse  de  50  francs  celle  de  1897. 

Conférence  de  M.  Bourgeois,  docteur  en  sciences,  assistant  au 
cours  de  chimie  du  doctorat  en  sciences. 

Il  serait  difficile,  dans  un  résumé  aussi  succinct  que  l’est  un 
compte  rendu,  de  donner  une  idée  de  la  brillante  causerie  que  nous 
fait  M.  Bourgeois.  Le  conférencier  parle  de  la  façon  dont  la 
lumière  agit  sur  les  sels  d’argent  et  des  diverses  théories  du  déve¬ 
loppement  de  l’image  latente.  Disons  seulement  que  M.  Bourgeois 
a  traité  la  question  avec  une  grande  compétence  et  qu’il  a  su,  par 
des  exemples  judicieusement  choisis,  mettre  à  la  portée  de  l’assem¬ 
blée  un  sujet  aussi  abstrait. 

M.  le  président  félicite  l’orateur  et  le  remercie  au  nom  de  la  Sec¬ 
tion,  en  exprimant  le  regret  que  le  manque  de  temps  et  la  longueur 
du  sujet  aient  forcé  M.  Bourgeois  à  écourter  sa  causerie.  Il  espère 
qu’il  sera  bientôt  des  nôtres  et  qu’il  voudra  bien,  dans  un  prochain 
entretien,  reprendre  certains  points  qu’il  a  dû  forcément  passer  sous 
silence. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


SÉANCE  DU  24  MAI  1898 
Présidence  de  M.  L.  Roland,  président 

Assistaient  à  la  séance  :  MM.  A.  Dumoulin,  Schoonbroodt, 
Marissiaux,  Decharneux,  Zeyen,  Noaillon,  G.  Oury,  Mottard, 
Grenson,  Détaillé,  Michel,  Portai,  Dejace,  Matelot,  Bernimolin, 
Goffart,  Loiseau,  Philippart,  Ronchesne,  Beaujean,  Jensen  et 
Dupont. 


430  — 


M.  Ronchesne  donne  lecture  du  procès-verbal  de  la  dernière 
réunion  qu’il  a  rédigé  pour  le  secrétaire  absent.  Celui-ci  lit  les  lettres 
de  remercîments  que  les  comités  des  œuvres  bénéficiaires  de  la 
séance  annuelle  de  projections  ont  adressées  au  président. 

M.  Roland  s’excuse  du  peu  d’intérêt  de  l’ordre  du  jour  de  cette 
dernière  séance  annuelle  qu’il  préside.  Il  avait  eu  l’intention  de  pré¬ 
senter,  à  l’occasion  du  XXVe  anniversaire  de  l’Association,  un 
rapport  général  sur  le  développement  qu’a  pris  la  Section  de  Liège 
depuis  sa  fondation,  datant  du  17  juin  1874,  jusqu’aujourd’hui,  mais 
il  a  craint  de  fatiguer  son  auditoire,  qui  d’ailleurs  recevra  sous 
peu  le  remarquable  rapport  de  M.  Vanderkindere  sur  les  travaux 
de  l’Association.  Parlant  ensuite  des  fêtes  du  jubilé,  il  remercie  ses 
collègues  tant  au  nomdu  président,  M.  Casier,  qu’en  son  nom  propre 
d’y  avoir  participé  en  si  grand  nombre. 

Il  résume  ces  fêtes  diverses  qui  seront  sans  nul  doute  décrites 
dans  le  Bulletin.  Il  ajoute,  qu’inspiré  par  M.  Oury,  il  a  profité  de 
la  présence  aux  fêtes  de  Bruxelles  des  présidents  du  Photo-Club  de 
Paris  et  de  la  Société  de  Hambourg  pour  obtenir  les  œuvres  expo¬ 
sées  par  ces  Sociétés  et  les  exhiber  à  Liège  une  quinzaine  de  jours. 
Ces  messieurs  ont  accepté  avec  empressement  la  proposition,  de 
sorte  que  si  la  douane  ne  soulève  pas  de  difficultés  trop  onéreuses, 
les  Liégeois  pourront  à  leur  aise  étudier  les  diverses  tendances  de 
l’art  photographique,  interprétées  par  des  écoles  différentes. 

Il  ne  croit  pas  pouvoir  passer  sous  silence  l’excursion  organisée 
par  la  Section  le  jour  de  l’Ascension  et  qui  a  exceptionnement  réussi 
parce  qu’elle  avait  surtout  pour  but  de  rendre  hommage  à  notre 
principal  fondateur,  au  tout  dévoué  M.  L.  Laoureux,  qui  avait  eu 
la  délicate  attention  de  nous  inviter  à  sa  jolie  propriété  d’Amblève. 
Il  rappelle  l’excellente  et  cordiale  réception  que  M.  Laoureux  et 
son  aimable  famille  ont  faite  aux  trente  membres  excursionnistes  et 
se  permet  de  dévoiler  le  speach  intime  que  l’amphitryon  adressa  à 
ses  invités  pour  démontrer  que  la  prospérité  ininterrompue  de  la 
Section  est  due  à  la  bonne  entente  et  aux  rapports  cordiaux  qui 
n’ont  cessé  d’exister  entre  les  amateurs  liégeois.  Il  forme  des  vœux, 
ratifiés  par  tous,  que  cette  situation  se  perpétue;  et  l’on  s’est  quitté 
après  avoir  documenté  sous  tous  les  formats  cette  cordiale  et  bonne 


réception.  Le  concours  des  épreuves  prises  pendant  l’excursion  sera 
jugé  dans  une  quinzaine  de  jours  par  les  membres  qui  y  ont  parti¬ 
cipé. 

M.  le  trésorier  donne  lecture  du  rapport  financier  établi  à  cejour. 
Il  résulte  de  ce  rapport  que  l’encaisse  était  au  10  décembre  1897  de 
fr.  647.80.  L’allocation  annuelle  de  500  francs  porte  l’avoir  à 
fr.  1,147.80.  Les  dépenses  se  sont  élevées  à  fr.  796.78,  dans  lesquelles 
l’achat  de  la  lanterne  de  projections  entre  pour  358  francs.  L’en¬ 
caisse  à  cejour  est  donc  de  fr.  351.02. 

M.  Noaillon  appelle  l’attention  sur  la  nécessité  de  restreindre  les 
dépenses  d’autant  plus  que,  l’année  prochaine,  la  Section  aura  à 
recevoir  ses  collègues  de  l’Association. 

Il  propose  même  que,  pour  l’exposition  des  œuvres  dont  il  a  été 
question  dans  l’exposé  fait  par  le  président,  un  droit  d’entrée  soit 
imposé  aux  membres  eux-mêmes  de  la  Section,  dans  le  but  de  cou¬ 
vrir  cette  dépense  extraordinaire.  Ce  principe  est  admis  à  l’una¬ 
nimité. 

Avant  de  passer  à  l’élection  du  vice-président,  M.  Roland  donne 
le  bilan  de  l’année  sociale  qu’il  a  eu  l’honneur  de  présider.  Il  montre 
que  la  Section  augmente  chaque  année  en  importance  et  que  les 
séances  ont  été  suivies  sérieusement.  Il  remercie  les  membres  qui 
par  leurs  causeries  et  leurs  expériences  ont  contribué  à  l’intérêt  des 
réunions  et  dit  que  les  sympathies  qu’il  a  rencontrées,  il  les  doit 
surtout  au  bureau  qui  lui  a  facilité  sa  tâche. 

L’élection  pour  la  vice-présidence  faite  au  bulletin  secret  donne 
quatorze  voix  à  M.  Auguste  Dumoulin  et  huit  voix  à  M.  G.  Oury. 

M.  Dumoulin,  surpris  de  ce  vote,  prie  l’assemblée  de  reporter  ses 
suffrages  sur  M.  Oury.  Celui-ci  refusant  l’honneur  qu’on  lui  pro¬ 
pose,  M.  Dumoulin  accepte  par  dévouement,  tout  en  faisant  ses 
réserves  pour  la  présidence  qui  lui  échoit  dans  un  an. 

La  présentation  de  M.  Ch.  Defrêcheux  par  MM.  Roland  et  Ron- 
chesne  est  ratifiée. 

Enfin,  M.  Michel  a  bien  voulu,  par  un  jeton  de  présence  en  pho- 
totypie,  représentant  un  joli  paysage  des  environs  de  Namur, 
remercier  la  Section  de  l’accueil  sympathique  qu’elle  lui  a  fait. 

L’assemblée  s’ajourne  jusqu’au  mois  d’octobre,  sauf  imprévu. 


s 


Ilotes  Anglaises 


L’Exposition  de  la  «  Royal  Photographie  Society  » 

au  Crystal  Palace 


’ exposition  de  photographie  au  Palais 
de  Cristal  de  Londres,  qui  vient  de 
se  clôturer,  a  été  un  très  grand  succès, 
de  l’avis  unanime  de  tous  les  visi¬ 
teurs.  Même  le  journal  périodique  The 
Amateur  Photo  gracier  qui  ne  sou¬ 
tient  généralement  pas  la  Royal  Photo  Society  comme  le  font  les 
journaux  Photographie  News  ou  The  British  Journal  of  Photo- 
graphy,  reconnaît  le  succès  de  l’entreprise. 


Les  expositions  photographiques  au  Crystal  Palace  ne  sont  pas 
chose  neuve.  Mais  jusqu’ici  elles  avaient  été  entreprises  seulement 
par  les  administrateurs  du  Palais  et  au  bénéfice  de  la  Compagnie. 
Cette  fois-ci,  elle  a  été  organisée  par  les  principaux  marchands  de 
fournitures  photographiques  et  par  la  Royal  Photo  Society, 
c’étaient  les  marchands  qui  voulaient  faire  une  bonne  exposition 
d’appareils  et  accessoires  photographiques  et  la  Société  les  a  aidés. 

-$:o:e 

L’Exposition  du  Crystal  Palace  différait  beaucoup  de  l’exposition 


—  433  — 


annuelle  de  la  Royal  Photo  Society  et  ne  doit  nullement  être 
confondue  avec  celle-ci.  L’exposition  annuelle  est  plutôt  unique¬ 
ment  une  exposition  d’épreuves,  les  appareils  ne  formant  qu’un 
groupe  très  accessoire.  En  effet,  on  ne  peut  y  montrer  que  des 
nouveautés;  même  le  côté  scientifique  de  la  photographie  y  dispa¬ 
raît  de  plus  en  plus. 

—  o  — 

Il  y  a  cependant  chez  nous  beaucoup  de  personnes  qui  pensent 
que  cette  exposition  annuelle 
devrait  avoir  un  caractère  beau¬ 
coup  plus  large  qu’elle  ne  l’a  eu 
en  ces  derniers  temps  et  qu’il 
faudrait  donner  plus  d’impor¬ 
tance  aux  branches  autres  que 
la  branche  artistique;  celle-ci 
devrait,  d’après  eux,  être  aban¬ 
donnée  presque  entièrement  au 
Salon  photographique.  Mais 
voilà  où  gît  la  difficulté.  C’est 
qu’il  y  a  là  une  question  de 
rivalité,  et  d’après  beaucoup  de 
personnes  cette  rivalité  fait  du 
tort  à  l’Exposition  de  la  Royal 
Photo  Society. 

Ses  partisans  ont  vu  ren¬ 
forcer  leurs  arguments  par  l’Ex¬ 
position  du  Crystal  Palace,  où 
l’on  a  trouvé  le  moyen  de  réunir  une  collection  très  intéressante 
des  diverses  branches  ou  divisions  des  travaux  et  des  progrès  de 
la  photographie.  On  s’est  demandé  pourquoi  nous  n’aurions  pas 
annuellement  une  pareille  exposition  et  je  crois  que  la  réponse 
sera  :  nous  l’aurons. 

VV/1/ 

Laissons  au  Salon  le  côté  purement  artistique  que  seul  il  a  en 
vue  et  que  la  Royal  Photo  Society  organise  annuellement  une 

31 


—  484  — 


exposition  générale.  Cela  serait  de  sage  politique  et  supprimerait 
l’inutile  rivalité  qui  existe  aujourd’hui  entre  les  deux  expositions 


d’octobre. 


Mais  revenons  à  l’exposition  qui  vient  de  se  fermer.  La  section 
scientifique  était  très  intéressante,  quoiqu’elle  ne  fût  pas  égale 
à  celle  de  Berlin  en  1896,  ni  par  les  applications  ni  par  les  spécimens 
exhibés.  La  «  Roman  Court  »,  dans  laquelle  elle  était  installée,  était 
complètement  remplie.  La  téléphotographie  du  département  de  la 
guerre  en  Italie  montre  ce  royaume  à  la  tête  des  nations  qui 


A.  Hye. 

JVIarée  basse  à  Biarritz. 


emploient  la  chambre  noire  dans  un  but  militaire.  Quelques  travaux 
du  capitaine  Mario  Moris  sont  vraiment  merveilleux. 

Les  rayons  X  étaient  aussi  bien  représentés,  non  seulement  par 
des  épreuves,  mais  par  des  appareils  et  des  tubes.  Les  photo¬ 
graphies  de  balles  de  fusil,  d’explosions  de  mines  du  professeur 
C.  V.  Boy,  de  la  Chatham  school  of  military  Engineering,  sont 
aussi  de  bons  exemples  des  services  que  la  photographie  peut  rendre 
à  l’armée. 

L’histoire  naturelle  était  illustrée  par  des  études  de  M.  C.  Kear- 
ton  avec  des  photographies  de  serpents,  d’oiseaux,  de  petits 
mammifères  fort  bien  réussies  et  possédant  même  parfois  de  réelles 


—  435 


quai i tés  artistiques.  On  trouvait  également  des  épreuves  se  rappor 
tant  au  cadastre,  à  l’astronomie,  la  géologie,  la  météorologie,  la 
microphotographie  et  aux  travaux  des  mines.  Je  n’ai  pu  trouver  les 
études  médicales,  l’identification  de  criminels,  la  découverte  des 
falsifications,  etc.,  dont  il  y  avait  tant  d’exemples  à  Berlin. 


Quant  à  l’exposition  commerciale,  je  donnerai  la  palme  au  stand 
si  coquet  de  Wellington  et  Ward,  où  étaient  exposés  des  spécimens 
de  travaux  obtenus  avec  leurs  papiers.  L’exposition  de  R.  et  J.  Beck 
était  aussi  attra}rante  à  un  autre  point  de  vue.  L’espace  ne  me 
permet  pas  de  citer  les  nouveaux  appareils  présentés;  je  voudrais 
cependant  attirer  votre  attention  sur  une  nouvelle  chambre  à 
pellicules  coupées  d’Adams  et  C°  qui  pourrait  bien  remplacer  les 
systèmes  à  châssis  à  rouleaux. 

La  section  historique  était  riche  en  travaux  de  Nicéphore  Niepce. 
Un  manuscrit  sur  l’emploi  de  tablettes  recouvertes  d’argent  datant 
de  1824  et  la  première  photographie  à  la  chambre  noire  de  1824  par 
Niepce  montrent  clairement  que  c’est  lui  le  premier  qui  réussit  à 
fixer  l’image  de  la  chambre  noire  et  que  Daguerre  doit  lui  céder 
cet  honneur. 

Les  travaux  au  daguerréotype  étaient  excellemment  représentés, 
de  même  que  les  productions  contemporaines  de  notre  Henry  Talbot. 


U  Amateur  Photographer  écrit  :  «  Certainement  jamais  aupara¬ 
vant  rien  de  semblable  à  cette  exposition  n’a  été  tenté  en  photo¬ 
graphie  sur  une  échelle  si  grande.  »  Si  cette  phrase  s’applique  à  ce 
qui  a  été  fait  en  Angleterre,  elle  est  exacte.  Mais  ceux  qui  ont 
visité  l’exposition  de  Berlin  en  189G  reconnaîtront  avec  moi  qu’elle 
l’emportait  sur  celle  du  Crystal  Palace. 

La  Section  artistique  renfermait  les  travaux  de  la  plupart  des 
exposants  de  marque,  de  l’Angleterre  tout  au  moins.  Elle  était  un 


—  436  — 


peu  gâtée  malheureusement  par  les  œuvres  envo}œes  par  les  sociétés 
affiliées  à  la  Royal  Photo  Society  et  par  quelques  monstruosités  en 
fait  d’encadrements.  En  tout  cas,  le  terme  «  artistique  »  avait  été 
interprété  de  très  large  façon  par  le  comité.  Et  si  le  jury  avait  eu  à 
juger  les  cadres  aussi  bien  que  les  épreuves,  je  doute  que  les  monu¬ 
ments  de  bois  blanc  orné  d’or  et  les  boiseries  recouvertes  de  soie  de 
F.  Boissonnas  eussent  jamais  été  acceptées  même  avec  la  plus 
grande  indulgence.  Un  autre  éléphant  était  le  cadre  de  Horsley- 
Hinton  auquel  Photographie  News  fait  sans  doute  allusion, 

lorsqu’il  écrit  : 
«  Il  n’est  pas 
exact  que 
MM.  Spriggs, 
les  fameux  opti- 
ciens,  aient 
offert  à  un  cer¬ 
tain  exposant 
du  Crystal  Pa¬ 
lace  25  shillings 
pour  son  cadre 
s’il  voulait  bien 
en  enlever  l’é¬ 
preuve.  » 

Enfin  pour  un  photographe,  la  Section  artistique  était  plutôt  une 
désillusion,  attendu  qu’on  y  retrouvait  la  plupart  des  œuvres  des 
expositions  de  l’an  dernier. 

A  mon  sens,  une  des  choses  les  mieux  réussies  de  toute  l’exposi¬ 
tion  était  l’énorme  catalogue,  élégant  et  bien  dressé.  Il  est  difficile 
d’en  donner  ici  une  idée,  mais  j’en  adresse  un  à  votre  bibliothèque  et 
vous  pourrez  juger  par  vous-mêmes  si  ce  n’est  pas  un  des  mieux 
faits  que  vous  ayez  vus  jusqu’ici. 


L.  Misonne. 


Permettez-moi  enfin,  en  terminant,  d’exprimer  tous  mes  regrets 


—  437  — 


de  n’avoir  pu  assister  aux  fêtes  de  votre  XXVe  anniversaire  aux¬ 
quelles  votre  Conseil  d’administration  avait  eu  l’amabilité  de 
m’inviter.  J’avais  pris  toutes  mes  dispositions  pour  venir,  mais  au 
dernier  moment  un  surcroît  de  besogne  m’a  retenu  ici.  J’en  ai  été 
fort  contrarié. 

Walter  D.  Welford. 


Notes  à  propos  de  la  3e  Exposition 

d’flpt  photogpûphiquç 


ans  les  notes  qui  suivent  nous 
n’avons  pas  l’intention  de  faire  la 
critique  du  salon.  Elle  a  été  faite 
par  M.  Maurice  Sulzberger,  cri¬ 
tique  d’art  de  la  Revue  de  Bel¬ 
gique,  qui  a  bien  voulu  écrire 
spécialement  pour  nous  l’article  qui  a  paru  dans  le  précédent  numéro. 
Notre  seul  but  est  d’acter  quelques  renseignements  à  propos  de 
l’Exposition  qui  vient  de  se  fermer. 


L’Exposition  était  installée  dans  les  deux  salles  du  Cercle  artis¬ 
tique  et  littéraire  de  Bruxelles,  gracieusement  mises  à  la  disposition 
de  notre  Association. 

Nous  tenons  à  exprimer  ici  au  Conseil  d’administration  de  cette 
société  l’expression  de  notre  reconnaissance  pour  ce  témoignage  de 
sympathie  et  les  attentions  dont  nous  avons  été  l’objet  au  cours  de 
nos  fêtes. 

-SoS- 

Le  jury  a  examiné  environ  1,100;  œuvres  il  en  a  retenu  044, 
appartenant  à  214  exposants;  ceux-ci  se  répartissent  d’après  leur 
nationalité  de  la  manière  suivante  : 


Belgique 

(56  exposants. 

Angleterre 

56  exposants. 

France 

38 

Allemagne 

20 

Autriche 

9 

Etats-Unis 

9 

Suisse 

5  — 

Russie 

4 

Hollande 

3 

Italie 

2  _ 

Espagne 

1  — 

Australie 

1 

Les  sociétés  photographiques  étrangères  les  mieux  représentées 
étaient  : 

Le  Photo-Club  de  Paris; 

La  Gesellschaft  zür  Fôrderung  der  Amateur  Photographie  de 
Hambourg  ; 

La  Société  photographique  de  Lille; 

Le  Camera-Club  de  Vienne. 

L’Exposition  a  été  ouverte  le  samedi  HO  avril  par  M.  Charles 
Buis,  bourgmestre  de  la  ville  de  Bruxelles,  qui  avait  voulu  témoi¬ 
gner  aussi  de  l’intérêt  qu’il  prend  à  tous  les  travaux  artistiques  et 
encourager  par  sa  présence  l’œuvre  de  l’Association  belge  de  Pho¬ 
tographie. 

Un  grand  nombre  de  personnes  du  monde  des  arts  et  des  sciences 
avaient  également  répondu  à  l’invitation  du  Conseil  d’administra¬ 
tion.  Aussi  est-ce  devant  une  très  brillante  assistance  que  le  IIIe  salon 
photographique  fut  inauguré. 

De  l’avis  général,  l’Exposition  est  beaucoup  supérieure  aux  pré¬ 
cédentes;  elle  témoigne  notamment  des  progrès  immenses  accom¬ 
plis  par  les  photographes  belges.  Parmi  les  nouveautés,  il  y  a  lieu 
de  signaler  les  nombreuses  épreuves  à  la  gomme  bichromatée 
envoyées  par  les  membres  de  la  Société  photographique  de  Ham¬ 
bourg  et  par  le  Caméra  Club  de  Vienne. 

Nous  remercions  les  représentants  des  sociétés  étrangères  qui 
ont  bien  voulu  se  charger  de  faire  de  la  propagande  auprès  de 
leurs  collègues,  et  tout  spécialement  MM.  M.  Bucquet,  président 
du  Photo-Club  de  Paris;  Ernst  Juhl,  président  de  la  Société 


—  440 


photographique  de  Hambourg;  Hugo  Henneberg,  du  Camera-Club 
devienne;  Liégard,  de  la  Société  caennaise  de  Photographie,  et 
O.  Scharf,  de  la  Société  photographique  de  Crefeld.  Malgré  la 
fâcheuse  coïncidence  de  deux  grandes  expositions,  celle  du  Photo- 
Club  à  Paris  et  celle  de  la  Royal  Photographie  Society  à  Londres, 
grâce  au  concours  actif  de  ces  dévoués  collaborateurs,  notre  Expo¬ 
sition  a  présenté  à  l’admiration  des  visteurs  un  ensemble  très  com¬ 
plet  et  mérité  l’éloge  de  la  presse  photographique. 


Action  curieuse  du  Persulfate  d’Aiwniaque 

sur  l’Argent  des  Phototypes 

et  utilisation  de  cette  action  <-*• 

par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz. 


a  technique  photographique  ne  possède 
pas  jusqu’ici  de  procédé  permettant 
d’affaiblir  directement  un  phototype 
dur  manquant  de  pose  et  trop  déve¬ 
loppé  par  exemple,  sans  détruire  ou 
tout  au  moins  atténuer  les  demi-teintes 
qui  correspondent  aux  parties  sombres 
de  l’objet  photographié. 

Les  négatifs  présentant  cette  défectuosité  d’être  en  même  temps 
trop  peu  posés  et  trop  poussés  au  développement  ne  pouvaient  donc 
jusqu’ici  être  améliorés. 

En  effet,  les  substances  utilisées  jusqu’ici  pour  affaiblir  les  clichés, 
telles  que  le  mélange  de  ferricyanure  de  potassium  et  d’hyposulfite 
de  soude,  agissent  sur  l’argent  qui  forme  l’image  en  le  dissolvant 
graduellement  à  partir  de  la  surface  jusqu’au  fond  de  la  couche  de 
gélatine.  On  sait,  d’autre  part,  que  l’image  photographique  est 
constituée  par  de  l’argent  réduit  sous  des  épaisseurs  d’autant  plus 
grandes  que  l’action  de  la  lumière  a  été  plus  intense,  la  réduction 
du  sel  haloïde  d’argent  par  le  développateur  commence,  en  effet,  par 
la  surface  de  la  couche  et  s’y  étend  d’autant  plus  en  profondeur  que 
la  région  a  été  plus  vivement  impressionnée. 


—  44  2  — 


Les  affaiblisseurs  jusqu’ici  employés  agissant  à  partir  de  la  sur¬ 
face  atténuent  donc  fortement  les  faibles  impressions,  tandis  qu’il 
faudrait  au  contraire  les  respecter. 

Nous  avons  constaté  que  le  persulfate  d’ammoniaque  SO*  (AzH4), 
en  solution  aqueuse,  jouit  de  la  propriété  d’affaiblir  les  clichés  en 
agissant  de  préférence  sur  les  parties  les  plus  opaques,  tout  en 
conservant  les  demi-teintes  des  ombres  qui,  par  les  méthodes  en 
usage,  disparaissent  les  premières. 

Ce  résultat  a  priori  paradoxal  peut  s’expliquer,  si  l’on  admet  que 
le  nouvel  agent  exerce  son  action  depuis  le  fond  de  la  couche  jusqu’à 
la  surface,  c’est-à-dire  en  sens  inverse  des  substances  jusqu’ici  uti¬ 
lisées. 

Cette  h}rpothèse,  qui  s’accorde  avec  les  réactions  observées, 
pourrait  être  développée  de  la  façon  suivante  : 


Théorie  de  l’opération. 


Le  persulfate  d’ammoniaque  est,  comme  on  le  sait,  un  oxydant 
énergique.  Sous  l’influence  de  l’argent  du  cliché,  il  doit  probable¬ 
ment  donner  un  sel  neutre  double  d’argent  et  d’ammoniaque  qui  est 
soluble  dans  l’eau;  la  solution  après  avoir  agi  sur  l’argent,  précipite 
du  reste  par  l’acide  chlorhydrique  ou  les  chlorures.  La  réaction  peut 
vraisemblablement  être  exprimée  par  l’équation  suivante  : 


SO1  -  (NH4)  -f-  Ag  =  S04<^§4 

Persulfate  d'ammoniaque  Argent  Sulfate  neutre  double  d'argent 

et  d’ammoniaque 


Bien  que  doué  de  propriétés  oxydantes  énergiques,  le  persulfate 
d’ammoniaque,  de  même  qüe  l’eau  oxygénée,  est  susceptible  de 
donner  lieu  à  des  réactions  réductrices.  Ainsi,  ajouté  à  une  solution 
de  nitrate  d’argent,  il  réduit  rapidement  l’argent  à  l’état  métallique 
en  même  temps  qu’il  se  produit  un  abondant  dégagement  d’oxygène. 
Nous  croyons  que  l’on  peut  exprimer  cette  réaction  par  l’équation 
suivante  : 

2  (SO4  —  NH4)  +  2  (H20)  +  2  (AgNO3)  =  2  (S04HNH4)  +  2  (N03H)  +  Ag3  +  O2 

Grâce  à  cette  dernière  réaction,  il  nous  sera  possible  d’expliquer 


44  3 


d’une  façon  rationnelle  le  mode  d’action  curieux  du  persulfate 
d’ammoniaque  sur  les  couches  de  gélatine  renfermant  l’argent  de 
l’image. 

Quand  on  plonge  le  cliché  dans  la  solution  de  persulfate,  celle-ci 
pénètre  rapidement  dans  l’intérieur  de  la  couche  de  gélatine  et  se 
trouve  au  contact  de  l’argent.  Il  se  forme  une  petite  quantité  du  sel 
double  argentique  qui  se  diffuse  dans  l’excès  de  solution  de  persultate 
d’ammoniaque  dans  laquelle  baigne  la  plaque.  Celle-ci,  en  présence 
du  sel  soluble  d’argent  formé,  tend  à  donner  de  l’argent  réduit.  Mais 
cette  réaction  inverse  se  produit  surtout  extérieurement  à  la  couche 
de  gélatine,  puisque  c’est  là  que  se  trouve  l’excès  de  persultate 
nécessaire  pour  la  réduction,  et  doit  aller  en  s’atténuant  depuis  la 
surface  jusqu’au  fond  de  la  couche.  C’est  vraisemblablement  cette 
réaction  inverse  qui  tend  à  ralentir,  extérieurement  surtout,  la  dis¬ 
solution  de  l’argent  dans  le  persulfate  d’ammoniaque,  (/est  pourquoi 
il  n’est  pas  possible  avec  ce  réactif  d’atténuer,  même  faiblement,  les 
voiles  de  surexposition  qui,  on  le"  sait,  sont  constitués  par  de 
l’argent  réduit  exclusivement  à  la  surface  de  la  couche  de  gélatine. 

Pratique  de  l’opération. 

Nous  avons  reconnu  que  le  persulfate  d’ammoniaque  agit  le 
mieux  en  solution  à  cinq  pour  cent.  En  solution  plus  ou  moins  con¬ 
centrée,  son  mode  d’action  présente  toujours  les  mêmes  caractères, 
mais  il  est  simplement  plus  rapide  ou  plus  lent  et  conduit  toujours 
au  même  résultat  final.  Si  la  teneur  de  la  solution  dépasse  cinq  pour 
cent,  la  gélatine  peut  être  altérée.  Il  ne  faut  donc  pas  dépasser  cette 
teneur  dans  la  pratique,  pour  le  cas  où  l’on  voudrait  une  action  très 
rapide. 

L’action  du  persulfate  d’ammoniaque  peut  s’exercer  sur  le  cliché 
après  un  lavage  à  l’eau  très  sommaire  après  le  fixage,  pour  enlever 
la  majeure  partie  de  lhyposulfite  de  soude,  mais  alors  il  faut  rejeter 
après  quelques  minutes  d'immersion  le  premier  bain  dans  lequel  a 
été  plongée  l’épreuve,  et  le  remplacer  par  un  bain  neuf,  car  le  per¬ 
sulfate  oxyde  l’hyposulfite  de  soude,  le  transforme  en  bisulfite,  et  ce 
n’est  que  lorsque  cette  réaction  est  achevée  que  l’argent  se  dissout. 


—  444  — 


Il  est  donc  préférable,  pour  ne  pas  user  inutilement  du  persulfate 
d’ammoniaque,  d’éliminer  complètement  l’hyposulfite  de  soude,  du 
cliché  par  lavage,  avant  de  l’affaiblir.  En  sortant  le  cliché  de  la  solu¬ 
tion  de  persulfate,  on  remarque  que  l’action  de  ce  corps  se  continue 
encore  un  peu  en  dehors  du  bain  et,  si  l’on  ne  lave  pas  tout  de 
suite  le  cliché  très  abondamment,  l’action  affaiblissante  peut  aller 
un  peu  plus  loin  qu’on  ne  le  voudrait. 

On  peut  éviter  facilement  cet  accident,  soit  en  arrêtant  l’opération 
lorsque  l’épreuve  n’a  pas  encore  atteint  le  degré  d’affaiblissement 
que  l’on  désire  obtenir,  soit  en  plongeant  immédiatement  l’épreuve 
à  sa  sortie  du  bain  de  persulfate  dans  une  solution  de  sulfite  ou  de 
bisulfite  de  soude  à  dix  pour  cent  pendant  quelques  minutes.  Ces 
corps  transforment  le  persulfate  d’ammoniaque  en  sulfate  qui  est 
alors  sans  action  sur  l’argent  du  cliché. 

On  termine  l'opération  en  éliminant  les  sels  solubles  qui  restent 
dans  la  couche  par  un  lavage  sommaire.  Nous  ferons  observer  que 
l’affaiblissement  est  plus  rapide  lorsque  la  gélatine  du  cliché  est 
gonflée  que  si  elle  est  sèche,  ce  qui  confirme  du  reste  le  mode 
d’action  du  réactif.  En  outre,  l’intensité  de  l’image  après  avoir  été 
diminuée,  peut  de  nouveau  être  augmentée  par  les  procédés  de  ren¬ 
forcement  habituels  :  bichlorure  de  mercure  et  ammoniaque  par 
exemple. 

Conclusions. 

En  résumé,  il  deviendra  possible,  par  l’emploi  du  persulfate 
d’ammoniaque,  de  tirer  parti  le  plus  complètement  possible  des 
clichés  manquant  de  pose,  en  poussant  le  développement  à  fond, 
sans  se  préoccuper  de  la  dureté  de  l’épreuve  obtenue,  de  façon  à 
faire  venir  le  maximum  de  détails,  puis  on  baissera  le  cliché  dans  la 
solution  de  persulfate  d’ammoniaque,  en  arrêtant  l’action  au  moment 
convenable.  On  pourra  enfin  corriger  les  effets  d’un  développement 
trop  poussé  dans  le  cas  d’une  exposition  normale,  résultats  qu’au¬ 
cun  affaiblisseur  connu  ne  pouvait  donner  jusqu’ici. 


pat*  la  ^Vtétbode  Ipdi^ecte 


PAR  MM.  AUGUSTE  ET  LOUIS  LUMIERE 


''S\T“ 


a  méthode  indirecte  de  photographie 
des  couleurs,  indiquée  par  MM.  Ch. 
Cros  et  Ducos  du  Hauron,  n’a  pas 
reçu  jusqu’ici  d’application  vraiment 
pratique,  à  cause  des  difficultés  que 
présentent  deux  points  importants  de 
cette  méthode  :  le  tirage  des  couleurs, 
puis  l’obtention  et  la  superposition 
des  monochromes. 

Nous  nous  sommes  attachés  à  l’étude 
de  ces  deux  points.  Pour  le  triage  des 
couleurs,  nous  avons  fait  usage  des 
écrans  recommandés  jusqu’ici  :  écrans  orangé,  vert  et  violet; 
puis  nous  avons  préparé  trois  séries  de  plaques  photographiques 
présentant  respectivement  un  maximum  de  sensibilité  pour  les 
rayons  que  les  écrans  laissent  passer. 

Le  tirage  et  la  superposition  des  monochromes  ont  été  réalisés 
grâce  à  l’emploi  d’un  procédé  photographique  aux  mucilages  bichro- 
matés,  sans  transfert,  basé  sur  la  remarque  suivante  :  la  colle  forte, 
soluble  à  froid,  bichromatée,  qui  ne  donne  pas  d’images  avec  leurs 
demi-teintes  lorsqu’elle  est  employée  seule,  acquiert  cette  propriété 
lorsqu’on  l’additionne  de  substances  insolubles  dans  de  certaines 
conditions. 


Si  l’on  ajoute,  par  exemple,  à  une  solution  de  colle  forte  à  10  p.  c., 
5  p.  c.  de  bichromate  d’ammoniaque  et  de  5  à  10  p.  c.  de  bromure 
d’argent  émulsionné,  et  que  l’on  étende  cette  préparation  en  couche 
mince  sur  une  lame  de  verre,  on  obtient  une  surface  sensible  que 
l’on  expose  à  la  lumière  sous  le  négatif  à  reproduire.  Lorsque  l’ex¬ 
position  est  suffisante,  on  lave  la  plaque  à  l’eau  froide  et  l’on  a  ainsi 
une  image  à  peine  visible,  formée  par  le  mucilage  insolubilisé,  image 
que  l’on  peut  colorer  avec  des  teintures  convenables. 

On  se  débarrasse  ensuite  du  bromure  d’argent  par  un  dissolvant 
approprié,  l’hyposulfite,  par  exemple. 

Ce  procédé  donne  avec  la  plus  grande  facilité  des  épreuves  de 
toutes  couleurs  avec  toutes  les  gradations  de  teintes  du  négatif. 

Le  bromure  d’argent  peut  être  remplacé  par  d’autres  précipités 
insolubles. 

Avec  un  tel  procédé,  il  est  facile  d’obtenir  des  épreuves  poly¬ 
chromes  en  utilisant  le  principe  de  la  méthode  de  MM.  Cros  et 
Ducos  du  Hauron.  On  procède  à  l’obtention  successive,  sur  une 
même  plaque,  de  trois  images  monochromes  rouge,  jaune  et  bleue, 
provenant  des  trois  négatifs  correspondants,  en  ayant  soin  d’isoler 
chaque  image  de  la  précédente  par  une  couche  imperméable'  de 
collodion,  par  exemple. 

Cette  méthode  permet,  par  l’emploi  de  teintures  plus  ou  moins 
concentrées  ou  par  simple  décoloration  à  l’eau,  de  varier  l’intensité 
relative  des  monochromes,  de  modifier  au  besoin  l’effet  des  trois 
premières  couches  par  l’addition  d’une  quatrième,  d’une  cinquième 
et  même  davantage.  Elle  rend,  en  outre,  le  repérage  très  facile  et 
assure  la  possibilité  de  reporter  sur  papier  l’ensemble  de  ces  impres¬ 
sions. 

Les  premiers  spécimens  de  photographie  en  couleurs  ainsi  obtenus 
montrent  tout  le  parti  pratique  que  l’on  pourra  maintenant  tirer 
d’une  méthode  depuis  si  longtemps  négligée. 

(Communication  faite  à  la  Société  française,  de  Photographie, 

le  22  avril  1898). 


_v 

V 


•  Le  fllasée  de  Photographie 

ARTISTIQUE 

aü  Pave.  cia  Ciriquantertaipe 


a  Commission  du  Musée  de  l’Art 
moderne,  au  parc  du  Cinquante¬ 
naire,  a  proposé  au  gouvernement 
l’achat  de  quelques-unes  des  œuvres 
qui  ont  figuré  à  la  IIIe  Exposition 
d’Art  photographique.  Le  Ministre 
des  beaux-arts  a  ratifié  cette  pro¬ 
position.  Le  musée  a  reçu  en  outre  en  don  des  auteurs,  la  Cad  lie, 
de  M.  le  chevalier  Philippe  von  Schoeller,  et  le  Portrait  du  baron 
de  Haulleville,  de  M.  A.  Kymeulen. 

Dès  maintenant,  le  musée  possède  un  noyau  très  intéressant  des 
principales  œuvres  photographiques  qui  ont  été  exposées  à  Bruxelles 
depuis  trois  ans.  Le  local  est  malheureusement  très  défectueux  et 
il  n’est  pas  ouvert  au  public.  Les  soixante-deux  photographies 
encadrées  qui  forment  la  collection  se  trouvent  dans  la  petite  salle 
à  droite  du  vestiaire  du  Musée  de  l’Art  monumental,  au  parc  du 
Cinquantenaire,  dans  le  bureau  du  surveillant  en  chef,  M.  Brun- 
faut.  Les  photographies  ne  sont  là  que  provisoirement  ;  on  attend 
l’appropriation  des  locaux  du  Cinquantenaire  pour  donner  un  plus 
grand  développement  aux  collections  de  l’art  moderne.  Mais  il 


faudra  probablement  attendre  encore  plusieurs  années  pour  que  cet 
heureux  changement  se  produise. 


n 

Comme  on  le  sait,  le  Musée  du  Cinquantenaire,  ou  plus  exacte¬ 
ment  les  Musées  royaux  des  Arts  décoratifs  et  industriels,  auxquels 
sont  rattachés  également  le  Musée  royal  d’armes,  d’armures  et 
d’artillerie  et  le  Musée  d’ethnographie  ou  Musée  de  la  porte  de 
Hal,  sont  partagés  en  quatre  sections  : 

I.  —  L’art  monumental. 

II.  —  La  peinture  décorative. 

III.  —  Les  anciennes  industries  d’art  et  les  antiquités. 

IV.  —  Les  industries  d’art  moderne. 

C’est  dans  cette  dernière  section  qu’est  classée  la  photographie 
artistique. 

Cette  section  est  sous  la  surveillance  d’une  commission  com¬ 
posée  de  : 

Président  :  Buls  (Ch.),  bourgmestre  de  Bruxelles. 

Membres  :  Baes,  professeur  à  l’Académie  des  Beaux-Arts  de 
Bruxelles. 

de  Borchgrave,  Jules,  représentant. 

de  Montblanc  (Baron),  sénateur. 

De  Vigne,  P.,  statuaire. 

Evenepoel,  amateur  d’art. 

H  ELI  æputte,  représentant. 

Mellery,  artiste  peintre. 

C’est  cette  commission  qui  est  chargée  de  faire  le  choix  des  pho¬ 
tographies;  on  remarquera  qu’il  ne  s’y  trouve  pas  un  seul  photo¬ 
graphe. 


Nous  donnons  ci-dessous  la  liste  complète  des  œuvres  qui  ont  été 
acquises  depuis  1895.  Ce  catalogue  est  absolument  inédit,  et  nous 
sommes  heureux  de  pouvoir  en  offrir  la  primeur  à  nos  lecteurs. 
Nous  tenons  à  remercier  ici  M.  J.  Destrée,  conservateur  du  musée, 
et  M.  G.  Bruntaut,  surveillant  en  chef,  qui  nous  ont  gracieuse- 


—  449  — 


ment  permis  de  faire  le  relevé  des  œuvres.  Espérons  que  sous  peu 
cette  belle  collection  sera  ouverte  au  public  et  rappelons,  en  termi¬ 
nant,  qu’elle  est  unique  en  son  genre  dans  le  monde. 

Bruxelles,  le  4  juillet  1898. 

M.  V. 


Catalogue  des  Photographies 

du  ^Vtusée  de  i’Atifc  rpodePtye 


au  Parc  du  Cinquantenaire 


1. 

9 


O. 


4. 


6. 

7. 

8. 
9. 

10. 

11. 

12. 

12. 


Alexandre  (Bruxelles). 
Dans  le  Brouillard  et  la  Fumée. 

La  Forge. 

Étude  de  portrait. 

Ashton  (Londres). 
Un  Écrivain  public. 

Allan  (Edimbourg). 

Martha. 


Annan,  J.  (Craig). 

Une  Petite  Princesse. 

Portrait  d'une  Dame. 

Une  Charrue  en  Lombardie. 

Un  «  Requiem  »  à  Venise. 

Albach,  B.  (Amsterdam). 
La  Peleuse  de  pommes  de  terre. 

Boissonnas  (Genève). 
Les  Troglodytes. 

Cadby,  Corine  (Londres). 
Projet  de  frise. 

Casier,  Jos.  (Gand). 
Un  Soir  à  Heyst. 


32 


14. 

15. 

16. 

17. 

18. 

19. 

20. 


21. 


22. 


23. 


24. 

25. 

26. 

27. 

28. 

29. 

30. 


31. 


32. 


33. 


34. 


Calland,  E.  (Bromptonroad). 
Fin  d’ après-midi. 

Colard,  Hector  (Bruxelles). 
Mon  Neveu. 

Étude. 

Les  Rayons  et  les  Ombres. 

f 

Crooke,  W.  (Edimbourg). 
Lord  Rutherford  Clark. 

Davison,  G.  (Londres). 

Tomey. 

Wivenhoe. 

La  Route  de  la  côte. 

Demachy,  R.  (Paris). 

Méditation. 

Liseuse. 

Davis,  H.-E. 

Le  Soir. 

Deman,  R. 

Mon  ami  A... 

Portrait  de  M//e  D... 

Gear,  John  H.  (Londres). 
La  Fin  d'un  jour  d'automne. 

Greger,  K.  (Londres). 
Cathédrale  de  Dordrecht. 

Geruzet,  A.  (Bruxelles). 

La  Fenaison. 

Hannon,  Ed.  (Bruxelles). 
Au  Soleil  levant. 

Coppelia. 

Henneberg,  Hugo  (Vienne). 
Coucher  de  soleil  en  hiver. 

Hollyer,  F.  (Londres). 
Portrait  de  Walter  Crâne. 

Horsley  Hinton  (Londres). 
Solitude  fleurie. 


—  451  — 


KUHN,  H.  (Innsbrück). 

35.  L’Été. 

Kymeulen  (Bruxelles). 

36.  Crépuscule  sur  l’Escaut. 

37.  Portrait  du  baron  de  Haulleville. 

Lambert,  F.  C.  (Londres). 

38.  La  Porte  de  la  chaumière. 

39.  Fumée  et  Brouillard. 

Lebègue,  R.  (Paris). 

40.  Figure  décorative. 

Maes,  Jos.  (Anvers). 

41  à  44.  Quatre  études  de  nuages. 

Misonne,  Léonard  (Gilly). 

45.  Chemin  poudreux. 

Pauli,  R.  (Lille). 

46.  Un  Mayeur. 

Pavard,  L.  (Louvain). 

47.  La  Belle  Blanchisseuse. 

Rigaux,  J.  (Bruxelles). 

48.  Gros  Temps  à  Brighton. 

49.  La  Laiterie. 

Rousseau,  R.  (Namur). 

50.  Le  Laboureur . 

Robinson,  H.  P.  (Turnbridge  Wells). 

51.  Au  Large  d’ Arron. 

Rothschild  (Baron  A.  de)  (Vienne). 

52.  Tête  d’étude. 

Robinson,  W.  (Redhill). 

53.  Un  Grain  imprévu. 

Sacré,  Edm.  (Gand). 

54.  L’Étude. 

Schoeller,  Ph.  von  (Vienne). 

55.  Pêcheuse  hollandaise. 

Scharf,  Otto  (Crefeld). 

56.  Ciicilie. 

57.  Pays  marécageux. 


—  452  — 


Stieglitz  (New -York). 

58.  Rentrée  à  la  maison. 

Sutcliffe,  F.  M.  (Whitby). 

59.  Brouillard . 

Vanderkindere  (Bruxelles). 
00.  A  Marée  basse  à  Nieuport. 

Watson,  Miss  M.  (Florence). 

61.  Au  Cloître. 

Welford,  W.  D.  (Londres) 

62.  Jour  de  lavage  à  Binant. 


REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


Wiener  Photographische  Blætter. 

(Janvier.)  ■ 

Glycine  pour  diapositives.  —  Le  baron  Hiibl,  dont  nous  avons  reproduit  der¬ 
nièrement  les  intéressantes  études  concernant  la  glycine  comme  développateur, 
recommande  cette  substance  pour  le  développement  des  diapositives.  Dans  ce 
cas, la  coloration  des  transparentes  obtenues  joue  un  grand  rôle;  on  ne  peut  donc 
impunément  prolonger  l’exposition  sans  risquer  de  ne  pas  obtenir  la  coloration 
voulue  Si  l’on  expose  longtemps,  on  obtient  des  diapositives  d'un  ton  brunâtre; 
on  doit,  dans  ce  cas,  employer  un  bain  assez  concentré  et  froid  et  l’additionner 
d’un  |ieu  de  bromure.  Si,  au  contraire,  on  désire  des  tons  noirs,  l’exposition 
sera  plutôt  courte,  le  bain  sera  dilué,  chaud,  et  devra  contenir  de  la  soude  caus¬ 
tique.  Pour  tons  noirs  sur  plaques  Edwards,  on  recommande  : 

Bain  de  glycine,  concentré .  3  cm3 

Eau . 100  » 

Soude  caustique  (1  :  10) . 1-2  » 

Si,  malgré  tout,  le  ton  obtenu  est  brunâtre,  il  suffit  d’employer  un  bain  de 
sulfocyanure  d’ammonium  (1  :  50)  additionné  d’une  faible  proportion  d  hypo- 
sulfitc  de  soude  et  de  chlorure  d’or.  Ce  virage  donne  facilement  des  tons  bleus; 
mais  si  son  action  sur  la  plaque  n’est  pas  trop  prolongée,  le  ton  résultant 
sera  noir  franc. 

(Février.) 

Photographie  maritime.  —  La  chambre  à  main  est  l’unique  appareil  qu’on 
puisse  recommander  à  ceux  qui  désirent  faire  de  la  photographie  à  bord  d’un 
navire.  La  qualité  et  le  genre  du  viseur  jouent  un  rôle  important;  le  meilleur 
est  celui  qui  permet  de  voir  l’objet  dans  la  grandeur  que  donnera  l’objectif  sur 
la  plaque  négative.  Pour  cela,  les  constructeurs,  pour  ne  pas  rendre  les  appa¬ 
reils  trop  chers  par  l’emploi  de  deux  objectifs  identiques  de  foyer,  superposés 
l’un  à  l’autre,  ont  imaginé  un  miroir  à  45°  se  trouvant  à  l’intérieur  de  la 
chambre;  au  moment  du  déclanchement,  ce  miroir  qui  tourne  sur  un  axe 
horizontal,  se  meut  vers  la  partie  supérieure  de  la  chambre,  démasquant  ainsi 


la  plaque;  l’obturateur  est  celui  du  modèle  Anschütz.  (Rideau  à  fente  devant  la 
plaque.)  L’appareil  dont  se  sert  l’auteur  est  sorti  des  ateliers  Lechner,  de 
Vienne;  il  est  muni  d’un  objectif  Suter,  dont  il  dit  beaucoup  de  bien.  Cette 
chambre  existe  aussi  pour  vues  stéréoscopiques.  —  Un  rêve  !  V.  H. 


Photographische  Rundschau. 

(Février.) 

Effluvio graphie.  —  Images  produites  par  différences  de  température.  —  Faire 
l’expérience  suivante  :  Poser  une  plaque  sensible  dans  une  cuvette,  face  en 
dessous,  de  façon  qu’elle  ne  touche  pas  directement  le  fond  de  la  cuvette.  Pour 
cela,  on  collera  quelques  boules  de  cire  contre  le  fond.  Puis  verser  un  dévelop- 
pateur  dans  la  cuvette  (le  mieux,  du  rodinal  1 :  10  sans  bromure',  remuer  pour 
faire  partir  les  bulles  d’air  emprisonnées  et  appliquer  un  doigt  de  la  main  sur 
le  dos  de  la  plaque  pendant  une  vingtaine  de  minutes.  Tout  cela  se  fait,  naturel¬ 
lement,  dans  la  chambre  noire.  Au  bout  de  ce  temps,  on  rincera  la  plaque  et 
on  la  fixera.  Si  la  personne  qui  a  appliqué  le  doigt  a  été  un  sujet  «  sensitif  »,  la 
plaque  devra  avoir  reçu  une  impression  semblable  aux  impressions  lumineuses. 
Si  le  temps  vous  manque  pour  rester  une  demi-heure  dans  la  chambre,  prenez 
un  objet  quelconque  susceptible  de  rayonner  de  la  chaleur  (36  à  50°  C.)  pen¬ 
dant  le  temps  voulu.  Un  doigt  en  caoutchouc,  fermé  d’un  côté  par  un  bouchon 
en  caoutchouc  deux  fois  perforé  dans  lequel  s’engagent  deux  tubes  :  un  qui  fait 
arriver  de  l’eau  tiède  et  l’autre  par  lequel  elle  s’écoule.  (Nous  rendre  compte 
des  résultats  obtenus.)  V.  IL 


Photographische  Correspondenz. 

(N"  460.) 

L’Aristocope  stéréoscopique.  —  C’est  sous  ce  nom  que  la  maison  H.  Meyer  &  C°, 
opticiens  à  Goerlitz  (Silésie),  livre  au  commerce  une  trousse  d’objectifs  stéréos¬ 
copiques  sur  laquelle  nous  attirons  l’attention  des  amateurs,  en  raison  des 
emplois  multiples  auxquels  ces  objectifs  se  prêtent,  dont  le  prix  est  fort 
modeste,  et  qui  ont  donné  des  résultats  très  favorables. 

Cette  trousse  se  compose  d’une  série  double  de  quatre  lentilles,  numérotées 
1  à  4,  et  possédant  des  distances  focales  de  48,  39,  24  et  16  cm  ;  elles  sont  faites 
de  verre  d’Iéna.  On  peut  disposer  de  cinq  combinaisons  stéréoscopiques  :  foyers 
de  10,  12,  13,  17  et  21,5  cm.  Pour  faire  des  vues  simples,  on  peut  obtenir  sept 
combinaisons  ayant  respectivement  8,  10, 12,  15,  19,5,  21,5  et  24  cm  de  foyer; 
enfin,  comme  objectif  simple,  on  peut  disposer  de  quatre  foyers  différents, 
savoir  :  16,  24,  39  et  48  cm.  —  Le  prix  de  cette  trousse  est  de  180  marks,  sans 
obturateur,  et  de  210  marks  avec  obturateur  Thornton-Pickart.  —  Le  tableau 
suivant  renseigne  sur  les  combinaisons  diverses  qu’on  peut  obtenir: 


455 


A.  —  Combinaisons  anastigmatiques  stéréoscopiques. 


X. 

Xi  a 
a  a 

a 

a 

DIAPHRAGMES 

a  a 

o 

O  f 

és- 

«  g 

0 

1 

2 

3 

4 

O 

G 

7 

8 

a 

cm 

Antérieure 

t,i 

2l,o 

f/8,7 

f/10,3 

f/12 

f/44,7 

f/17 

f/22,5 

f/29,3 

f/52,7 

f/103 

Postérieure 

Antérieure 

17 

f/12 

f/14,4 

'f/19 

f/24,5 

f/43 

f/86 

Postérieure 

3,3 

Antérieure 

*2,2 

15 

f/10,7 

f/12,5 

f/l  6,0 

f/21,5 

f/38 

f/75 

Postérieure 

3,3 

Antérieure 

2,2 

42 

f/13,3 

f/18,6 

f/32 

f/65 

Postérieure 

4,4 

Antérieure 

3,3 

10 

f/14 

f/24 

f/48 

Postérieure 

4,4 

B.  —  Objectifs  doubles  anastigmatiques. 


Xi 

«  3 

a  J 

a 

r* 

O 

DIAPHRAGMES 

FORMAT 

C  z 
z  a 
a 

cm 

0 

1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

Portrait 

Paysage 

i,i 

24 

f/9,7 

f/11,4 

f/13 

f/16 

f/19 

f/25 

f/32 

f/57 

f/114 

18x24 

24x30 

1,2 

21,5 

f/8,7 

f/10,3 

f/12 

f/15 

f/17 

f/23 

f/29 

f/53 

f/103 

16x21 

21x27 

2,2 

19,5 

f/7,7 

f/9 

f/11 

f/13 

f/15 

f/20,5 

f/26 

f/46 

f/93 

13x18 

18x24 

2,3 

15 

— 

— 

— 

f/11 

f/12,5 

f/17 

f/21,5 

f/38 

f/75 

12x15 

16x21 

3,3 

12 

— 

— 

— 

f/8 

f/10 

f/13 

f/17 

f/29 

f/57 

9x12 

13x18 

3,4 

10 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

f/14 

f/24 

f/48 

4x6 

9x12 

4,4 

8 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

f/11 

f/19 

f/38 

3x4 

6x8 

C.  —  Objectifs  simples. 


Xi 

x  a 

£  2 
a  — 

">  £ 

O  Z 

z  a 

ai 

a 

>*• 

o 

cm 

D  1  A  P 

H  R  A  G  M  E  S 

FORMAT 

pour 

PAYSAGE 

0 

1 

2 

3 

4 

O 

6 

7 

8 

î 

48 

f/20 

f/24 

f/28 

f/34 

f/40 

f/53 

f/69 

f/120 

f/240 

40x50 

2 

39 

f/16 

f/19,5 

f/23 

f/28 

f/32,5 

f/43 

f/56 

f/97 

f/l  95 

30x40 

3 

24 

— 

— 

— 

f/17 

f/20 

f/27 

f/34 

f/60 

f/120 

24x30 

4 

16 

— 

— 

— 

— 

— 

f/18 

f/22 

f/40 

f/80 

13x18 

—  456 


(Février  1898.) 

Photographie  au  magnésium  avec  plaques  orthochromatiques.  —  On  conseille 
un  mélange  de  1  gramme  de  magnésium  et  6  grammes  de  nitrate  de  soude;  ce 
dernier  a  pour  but  de  donner  une  teinte  jaune  à  la  flamme,  les  rayons  jaunes 
étant  principalement  absorbés  par  les  plaques  orthochromatiques. 

(Avril  1898.) 

Le  triple  anastigmat.  —  Il  y  a  cinq  ans,  lors  de  l’apparition  du  double  anas- 
tigmat  Gôrz,  un  confrère,  aussi  perspicace  que  railleur,  me  prédisait  déjà  le 
triple  anastigmat.  Aujourd’hui,  cette  prédiction  se  trouve  réalisée  dans  un 
objectif  construit  par  la  maison  Voigtlânder,  et  se  composant  de  trois  lentilles 
séparées  par  deux  lames  d’air.  L’ouverture  maxima  est  de  F/7  environ.  On  pré¬ 
tend  que  cet  instrument  est  plus  lumineux  que  d’autres  anastigmats  en  raison 
du  peu  d’épaisseur  de  ses  lentilles. 

V.  H. 


Photographische  Mittheilungen. 

(N°  21.) 

Développement  à  l'acétone  ou  à  l'aldéhyde.  —  Ce  mode  de  développement, 
préconisé  par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz,  a  donné  d’excellents  résultats; 
il  est  surtout  précieux  lorsqu'on  a  affaire  à  des  plaques  présentant  l’incon¬ 
vénient  du  «  frilling  »,  ou  bien  lorsqu’on  développe  des  plaques  au  cours  d’un 
voyage  dans  les  pays  chauds.  Voici  une  bonne  formule  : 


Eau  distillée . 500  cm3. 

Sulfite  de  soude  cristallisé  ....  200  gr. 

Acide  sulfurique  concentré  ....  10  gouttes. 

Pyrogallol . .  14  gr. 


Pour  l’usage,  on  prend  15  cm3  de  cette  solution,  on  ajoute  5  cm3  d’acétone  et 
l’on  dilue,  au  moyen  d’eau,  à  50 —  120  cm3.  Le  bromure  n’est  pas  indispensable 
si  les  plaques  n’ont  aucune  tendance  à  voiler.  Noter  que  l’acétone  joue  le  rôle 
de  l’alcali.  S’il  s’agit,  par  conséquent,  de  développer  des  plaques  surexposées, 
l’on  aura  soin  de  ne  commencer  le  développement  qu’avec  une  addition  de  1cm3 
d’acétone.  Comme  acétone,  l'auteur  recommande  un  produit  dont  le  point 
d’ébullition  est  compris  entre  56-58°  G.  et  qui  coûte  environ  2  fr.  25  c.  le  kilo. 

(N°  24.) 

Virage  des  papiers  à  la  celloidine.  —  Quelques  formules  : 

Lau  . .  1,000  cm3  1,000  cm3  1,000  cm3 

Hyposulfite  de  soude  .  .  .  250  gr.  250  gr.  200  gr. 

Sulfocyanure d’ammonium.  .  27  gr.  25  gr.  — 


457 


Alun . 

7,5  gr. 

— 

— 

Chlorure  d'ammonium .  . 

— 

40  gr. 

— 

Acétate  de  plomb.  .  .  . 

10  gr. 

— 

— 

Nitrate  de  plomb.  .  .  • 

10  gr. 

20  gr. 

10  gr. 

Acide  citrique .  .  .  . 

7,5  gr. 

6  gr. 

—  ■ 

Chlorure  d’or  (1  p.  c.)  .  . 

75  cm"* 

(N°  2.) 

60  cm3 

50  cm3 

La  Ve  exposition  d’Art,  à  Hambourg.  —  Statistique  : 


PAYS 

Platine. 

Charbon. 

Bromure 

d’argent. 

Gomme 
|  bichrom. 

Artigue 
j  velours. 

Celloidine. 

Papier  salé. 

Papier 

pyramidique. 

Héliogravure. 

Sur 

porcelaine. 

TOTAL. 

Allemagne 

18,3? 

9,28 

8,45 

10,10 

6,18 

1,03 

0,41 

0,21 

54,02 

Belgique 

2,06 

0,82 

5,36 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

8,25 

Angleterre 

3,09 

3,09 

1,85 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

8,04 

France 

0,62 

4,74 

1,44 

2,06 

3,30 

0,21 

0,825 

— 

— 

— 

13,196 

Hollande 

— 

— 

— 

— 

— 

0,82 

— 

— 

— 

— 

0,825 

Autriche 

3,92 

1,65 

1,24 

3,71 

0,41 

0,83 

— 

— 

— 

— 

11,754 

Russie 

0,82 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

— 

0,825 

Suisse 

1,03 

0,02 

— 

— 

0,21 

0,21 

— 

— 

— 

— 

2,063 

Amérique 

1.03 

1,031 

Pour  cent  j 

30,93 

20,21 

18,35 

15,87 

3,92 

8,25 

0,  825 

1,03 

0,41 

0.21 

100,000 

V.  II. 


The  Amateur  Photographer. 

(N°  700.) 

Impression  double  de  nuages.  —  W.  Thomas  indique  un  moyen  pratique  d’im¬ 
primer  des  nuages  sur  une  photocopie  au  ciel  blanc,  sans  cependant  recouvrir 
de  nuages  les  parties  saillantes  du  paysage.  Il  suppose  le  cas  d’un  négatif  agrandi 
pour  imprimer  au  platine  ou  au  charbon. 

Il  faut  avant  tout  obtenir  des  positifs  agrandis.  Voici  comment  on  procède  si 
l’on  veüt  agrandir  un  9X12  en  24  X  30,  par  exemple. 

On  place  le  9  X  12  dans  le  châssis  de  la  lanterne  ou  du  volet  de  la  chambre 
noire  et  l’on  projette  l’image  sur  une  plaque  24  X  30.  On  donnera  une  pose  bien 
complète  et  l’on  développera  avec  un  révélateur  très  dilué.  Ainsi  l’on  aura  un 
positif  très  détaillé  et  à  grain  très  fin,  même  si  l’on  a  employé  une  plaque  rapide. 
Il  est  à  remarquer  en  effet  que  c’est  en  voulant  forcer  le  développement  que  l’on 
obtient  des  grains  épais  dans  l’émulsion. 


458  — 


Lorsque  ce  premier  positif  est  sec,  on  choisit  un  négatif  9X12  de  nuages,  et 
on  le  met  dans  le  châssis  comme  le  premier  avait  été  mis;  sur  la  planche  où  se 
fait  la  projection,  on  place  le  positif  24X30  et  l'on  choisit  telle  ou  telle  partie 
du  ciel  qui  convient  à  ce  positif.  Lorsque  la  place  à  occuper  par  ce  positif  est 
bien  trouvée,  on  la  marque,  et  dans  le  châssis  24  X  30  on  met  d’abord  le  positif 
et  gélatine  contre  gélatine  une  plaque  neuve.  On  imprime  alors  le  ciel  qui  ne 
vient  se  marquer  qu’à  travers  les  parties  claires  du  positif.  On  développe  comme 
la  première  fois,  et  lorsque  ce  positif  24  X  30  du  ciel  est  sec,  après  avoir  au 
besoin  enlevé  au  ferricyanure  les  nuages  qui  se  marquent  inutilement,  on  colle 
avec  des  bandelettes  de  papier,  face  contre  face,  les  deux  positifs  qui  vont  servir 
à  faire  un  négatif  complet  par  projection  ou  par  contact. 

(N°  703.) 

Gomme  bichromates.  —  Une  compagnie  s’est  formée  à  Londres  pour  fabriquer 
du  papier  à  la  gomme:  son  adresse  :  61,  Battersea  Rise,  London,  S.  W.,  Gum- 
Bichromale  Paper  Cy. 

(N°  707.) 

La  Lanoline.  -  Dans  le  laboratoire,  on  a  découvert  que  la  lanoline,  qui  se 
trouve  actuellement  partout  dans  le  commerce,  a  pour  propriété  d’empêcher  les 
doigts  d’être  tachés  par  l’acide  pyrogallique.  Avant  de  commencer  le  développe¬ 
ment,  on  se  frotte  bien  avec  cette  graisse  qui  pénètre  dans  les  pores  et  l’on 
enlève  l’excès  avec  un  morceau  de  coton.  Après  avoir  terminé  le  développement, 
on  se  lave  au  savon  et  l’on  est  surpris  de  voir  combien  facilement  les  taches 
jaunes  de  l’acide  pyrogallique  s’enlèvent. 

(N°  708.) 

Deux  diaphragmes.  —  Dans  les  intérieurs,  on  emploie  toujours  un  petit 
diaphragme,  mais  alors  tout  le  sujet  vient  trop  net.  On  peut  éviter  cet  inconvé¬ 
nient  en  employant  d’abord  le  petit  diaphragme  pendant  une  moitié  ou  trois 
quarts  de  la  pose  normale  et  puis  le  grand  diaphragme  pour  le  reste.  On  aura 
ainsi  des  lignes  mieux  arrondies  et  une  perspective  plus  correcte. 

M.  V. 


Photography. 

(N°  490.) 

Influence  des  substances  organiques  et  métalliques  sur  la  plaque  sensible.  — 
M.  Warnerke  a  attiré  dernièrement  l’attention  du  monde  photographique  anglais 
sur  des  expériences  analogues  à  celles  du  capitaine  Colson  en  France.  Il’ a  trouvé 
que  certaines  substances  organiques  et  métalliques,  mises  en  contact  avec  une 
plaque  ou  rapprochées  d’une  plaque  photographique  pendant  quelque  temps, 
agissent  sur  cette  plaque  de  telle  sorte  qu’on  peut  en  révéler  l’image. 


—  459 


Une  feuille  de  papier,  recouverte  sur  une  moitié  de  vernis  copal  et  mise  en 
contact  avec  une  plaque  pendant  quarante-huit  heures,  laisse  une  trace  de  la 
partie  vernie.  La  gomme  arabique  semble  être  opaque  à  ces  radiations.  C’est  ainsi 
que  des  lettres  écrites  à  1  encre  de  Chine  (probablement  avec  de  la  gomme)  sur  la 
partie  vernie,  ne  permettaient  plus  le  développement.  Les  lettres  à  l’encre  noire 
viennent  en  noir  sur  une  pellicule  au  chlorure,  et  en  blanc  sur  une  pellicule  au 
bromure.  Les  expériences  que  M.  Warnerke  a  faites  avec  différentes  encres 
tendent  à  expliquer  l’influence  des  caractères  imprimés  sur  les  plaques. 

On  a  souvent  remarqué  aussi  que  les  plaques  au  développement  montrent  des 
bords  voilés.  Ici  encore,  les  expériences  de  M.  Warnerke  avec  différents  métaux 
jettent  un  peu  de  lumière  sur  ces  phénomènes  obscurs.  Des  médailles  d’or,  de 
Platine,  d’argent,  de  cuivre,  de  nickel  sont  placées  en  contact  avec  une  plaque 
non  exposée  et  laissées  dans  l’obscurité  pendant  un  certain  temps.  Au  déve¬ 
loppement,  l’image  apparaît  dans  certains  cas,  et  les  différents  métaux  agissent 
très  différemment.  Mais  deux  faits  curieux  se  sont  présentés.  Dans  le  cas  d’une 
pièce  belge  de  10  centimes  en  nickel,  M.  Warnerke  trouva  que  les  parties  creuses 
non  en  contact  avec  la  gélatine  étaient  celles  qui  se  marquaient  le  plus  fort,  et 
vice  versa.  D’autre  part,  il  a  constaté  que  si  l’on  interposait  une  plaque  de 
platine  ou  de  verre  sur  le  bord  de  la  plaque  qui  se  voile  généralement,  cette 
matière  empêchait  le  voile  de  se  produire. 

11  serait  intéressant  de  voir  nos  amateurs  étudier  ces  curieux  phénomènes  et 
venir  exposer  le  résultat  de  leurs  expériences. 

(N°  494.) 

Plaque  fixée  et  développée  ensuite.  -  M.  J.  Sterry  a  démontré  à  la  Royal  Pho¬ 
tographie  Society  qu’il  y  avait  moyen  de  développer  une  plaque  déjà  fixée.  Après 
la  pose,  on  fixe  à  1  hyposulfîtc  et  on  lave  soigneusement,  puis,  en  pleine  lumière, 
on  développe  avec  l'intensiflcateur  de  Wellington.  C’est,  en  réalité,  un  dévelop¬ 
pement  physique. 

Avec  cette  méthode,  on  obtient  à  peu  près  à  volonté  des  images  directes  ou 
renversées,  cest-à-dire,  négatives  ou  positives.  On  explique  les  modifications 
subies  par  l’argent  de  trois  façons  :  un  composé  organique  d’argent  et  de  géla¬ 
tine;  un  haloide  d  argent  dissous  dans  la  gélatine  et  de  l’argent  réduit  parla 
lumière  et  renforcé  ensuite. 

M.  V. 


The  Practical  Photographer. 

(N°  100.) 

Frank  M.  Sutcliffe.  —  Un  intéressant  article  sur  cet  artiste  photographe  et 
son  œuvre.  Ce  que  nous  voulons  retenir  de  cet  article,  c’est  que  M.  Sutcliffe, 
comme  la  plupart  de  ses  confrères  anglais,  a  fait  de  sérieuses  études  artistiques. 


—  460  — 


Son  père  était  aquarelliste.  Ses  études  favorites  sont  la  vie  des  pêcheurs,  dont 
quelques  exemples  typiques  ont  été  reproduits  dans  le  Bulletin. 

M.  V. 


Anthony’s  Photographie  Bulletin. 

(N°  3.) 

Une  nouvelle  méthode  pour  éliminer  l'hyposulfüe  de  soude  contenu  dans  les 
phototypes.  —  Introduisez  dans  un  vase  gradué  une  solution  concentrée  de  car¬ 
bonate  de  soude  et  quelques  paillettes  d’iode.  I!  se  forme  de  l’iodure  de  sodium, 
qui  dissout  l’iode  en  excès.  On  prélève  de  cette  solution  deux  parties,  que  l’on 
ajoute  à  cent  parties  d’eau.  On  y  immerge  le  négatif  lavé  et  on  laisse  agir  la 
solution  durant  environ  deux  minutes.  Le  cliché  est  ensuite  lavé  et  sera  com¬ 
plètement  exempt  d’hyposulfite  de  soude. 

Teinte  rouqe  sanguine.  —  On  obtient  cette  teinte  en  plongeant  dans  le  bain 


suivant  une  impression  lavée  et  fixée. 

Chlorure  de  cuivre . •  15  gr. 

Eau  distillée .  500  ce. 


Dans  cette  solution,  l’image  disparaît  complètement,  l’argent  de  la  photogra¬ 
phie  étant  converti  en  chlorure  d’argent.  A  ce  moment,  on  lave  l’épreuve  com¬ 
plètement,  on  la  plonge  .durant  une  demi-minute  à  une  minute  dans  une 
solution  concentrée  de  prussiate  jaune  de  potasse,  on  la  relave  et  on  l’introduit 
dans  une  dissolution  de  chlorure  de  cuivre.  Dans  ce  bain,  la  photocopie  prendra 
une  couleur  rouge  sang.  Le  lavage  doit  être  complet,  afin  d’éviter  des  blancs 
sales.  4.  L. 


Wilson’s  Photographie  Magazine. 

(N°  495.) 

Orthol.  —  Est  un  nouveau  révélateur  introduit  par  ïïauff  de  Feuerbach  et  qui 
parait  devenir  un  sérieux  rival  du  pyrogallol.  La  formule  recommandée  est  la 


suivante  : 

Eau .  1,000  parties. 

Métabisulfite  de  potassium  .  .  .  7,5  » 

Orthol . -  •  15  » 

La  solution  alcaline  est  : 

Eau . 1,000  parties. 

Carbonate  de  soude . 120  » 

Sulfite  de  soude  cristallisé  ...  180  » 


461 


L’auteur  employa  les  deux  solutions  en  proportions  égales  et  parfois  en  y 
ajoutant  de  l’eau  en  quantités  variables.  Le  nouveau  développateur  fut  comparé 
avec  d’autres,  tels  que  le  métol,  l’amidol  et  l’acide  pyrogallique;  l’expérimen¬ 
tateur  nota  également  les  effets  obtenus  en  ajoutant  des  solutions  de  bromure 
et  des  solutions  alcalines;  il  tint  compte  également  de  la  durée  du  développe¬ 
ment;  d’abord,  le  temps  nécessaire  à  l’image  pour  apparaître,  et  puis  le  temps 
qu’il  fallait  pour  obtenir  la  densité  voulue. 

La  première  observation  fut  celle  qui  constata  que  l’image  obtenue  avec 
l’orthol  était  plus  brune  que  celle  développée  au  métol  ou  à  l’amidol,  la  plaque 
avait  beaucoup  d’analogie  avec  celle  obtenue  à  l’aide  de  l’acide  pyrogallique. 

D’après  les  expériences  de  l’auteur,  les  phototypes  développés  à  l’orthol  et  au 
métol  n’offrent  pas  de  différences,  excepté  pour  les  tons  chauds  de  l’orthol,  mais 
par  addition  de  bromure,  le  développement  est  considérablement  retardé  avec 
l’orthol  et  ne  peut  être  prolongé. 

La  solution  d’orthol  s’est  maintenue  claire  durant  plusieurs  semaines  et  les 
plaques  ont  moins  de  tendance  au  voile. 


A.  L. 


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Memento  des  Expositions 


43e  Exposition  de  la  Royal  Photographie  Society 

5a,  Pall  Mail  East,  Londres,  S.  W. 

L’Exposition  s’ouvrira  le  24  septembre  pour  se  fermer  le  12  no¬ 
vembre.  Les  photographies  doivent  parvenir  au  plus  tard  le 
8  septembre  au  secrétariat  de  la  R.  P.  S.,  12,  Hanover  Square,  W. 
Les  exposants  étrangers  n’ont  à  pajœr  aucun  droit  d’emplacement. 
Les  photographies  peuvent  être  encadrées  ou  non. 


Avis  aux  amateurs. 

Les  membres  de  l’Association  qui  voudraient  exposer  à  Londres, 
soit  à  la  Royal  Photographie  Society,  soit  au  Salon,  et  ceux  qui 
ont  été  invités  par  la  Photographische  Gesellschaft  \ur  Forderung 
der  Amateur  Photographie  de  Hambourg,  sont  priés  de  s’adresser 
à  M.  Vander kindere,  secrétaire  général,  çy,  avenue  Brugmann, 
Bruxelles,  qui  leur  donnera  les  renseignements  nécessaires  pour 
l’expédition  en  commun  des  œuvres  aux  diverses  expositions.  Ils 
sont  également  priés  de  lui  adresser  les  formules  d’entrée  avec  une 
liste  en  double  des  œuvres  qu’ils  destinent  à  ces  expositions,  afin 
de  lui  permettre  d’accomplir  toutes  les  formalités  douanières,  tant 
à  la  sortie  qu’à  la  rentrée. 


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Bibliographie 

Robinson  (H. -P.).  —  Les  Éléments  d'une  photographie  artistique.  Traduit  de  l’an¬ 
glais  par  Hector  Colard.  Grand  in-8°,  avec  34  figures  d’après  les  clichés  de 
l’auteur.  1898.  —  Librairie  Gauthier-Villars  et  fils,  quai  des  Grands- 
Augustins,  5o,  à  Paris. 

La  photographie  rend  chaque  jour  des  services  précieux,  innombrables  ;  on 
1  en  remercie  en  oubliant  injustement  qu  elle  fut,  dans  l’origine,  uniquement 
destinée  à  la  représentation  du  Beau. 

Lu  vertu  d’une  esthétique  exclusive,  la  plupart  des  critiques  d’art,  et  après 
eux  nombre d  honnêtes  gens,  affectent  de  mépriser  fort  la  photographie;  ils  la 
tiennent  pour  l’indispensable  auxiliaire  de  l’astronome  qui,  grâce  à  elle, 
découvre  des  mondes  ignorés,  du  médecin  qui  lui  doit  l’exacte  reproduction 
des  os  vivants  dont  se  compose  notre  structure,  des  commerçants  à  qui  elle 
permet  d’économiques  images-réclames,  mais  ils  lui  dénient  le  droit  de  viser 
plus  haut.  A  les  en  croire,  la  photographie  peut  tout, hormis  faire  preuve  d’art; 
c’est  en  raison  de  ses  bienfaits  qu’on  la  déprécie. 

D’ailleurs,  il  faut  l’avouer,  certains  praticiens  de  mauvais  goût,  par  leur 
obstination  à  donner  aux  épreuves  une  joliesse  conventionnelle,  par  leur  manie 
de  retouche  effaçant  tout  trait  caractéristique,  par  leur  amour  incorrigible  du 
«  léché  »,  n’ont  pas  médiocrement  contribué  à  diminuer  la  photographie  dans 
l’esprit  des  délicats  épris  d’art  véritable. 

Depuis  peu,  on  s’est  décidé  à  réagir.  Les  efforts  des  promoteurs  du  Photogra¬ 
phie  Salon,  maintes  généreuses  tentatives  effectuées  en  Angleterre,  en  Belgique 
et  en  France,  ont  amené  les  photographes  à  se  moins  désintéresser  de  l’art,  et 
le  public  à  réserver  ses  faveurs  aux  photographies  artistiques.  C’est  à  quoi  tend 
également  le  livre  que  nous  publions  aujourd’hui. 

Ce  travail,  suite  naturelle  de  notre  Effet  artistique  en  Photographie ,  ne  prétend 
point  au  «  Traité»;  on  y  trouvera  de  nombreux  conseils  dictés  par  une  expé¬ 
rience  déjà  longue,  entre  autres  des  données  précises  relatives  au  choix  des 
sujets  dont  la  reproduction  convient  le  mieux  à  la  photographie.  Et  surtout, 


—  464  — 


celui  qui  nous  lira  avec  soin  se  convaincra  que  la  chambre  noire  est  un  outil 
aux  mains  de  l’opérateur  (comme  le  pinceau  et  l’ébauchoir  pour  le  peintre  et  le 
sculpteur),  rien  qu’un  outil  ;  que,  confiée  à  un  artiste,  elle  peut  exprimer  une 
pensée,  traduire  un  sentiment,  interpréter  une  personnalité  ;  en  un  mot,  que  la 
photographie  est  un  art. 

Horsley-Hinton  (A.),  auteur  de  L'Art  photographique  dans  te  paysage,  etc.,  édi¬ 
teur  de  The  Amateur  Photographer.  —  La  Platinoly pie,  traité  pratique. 
Traduit  de  l’anglais  par  G.  Devaneay.  In-18°  Jésus,  avec  figures  et  spécimens. 

_  Librairie  Gauthier- Villars  et  fils,  quai  des  Grands- Augustins, 

55,  à  Paris. 

L’auteur,  en  écrivant  ces  lignes  sur  l’emploi  du  papier  platinotype,  a  pour 
but  d’aider  et  de  guider  le  débutant,  et  aussi,  en  exposant  très  simplement  le 
procédé,  d’engager  les  opérateurs  à  l’adopter  pour  la  reproduction  de  leurs 
épreuves  photographiques,  en  raison  des  avantages  qu  il  présente,  car,  dans 
l’opinion  de  la  plupart  de  ceux  dont  le  goût  et  le  jugement  font  loi,  les  effets 
obtenus  par  son  emploi  sont  supérieurs  à  beaucoup  d’égards  à  ceux  des  autres 
procédés,  et,  en  outre,  il  a  sur  ces  derniers  l’avantage  d’ètre  plus  facile,  plus 
rapide  et  plus  simple. 

S’il  insiste  sur  la  facilité  et  la  rapidité  avec  lesquelles  les  épreuves  platinotypes 
peuvent  être  produites,  c’est  parce  que,  si  ce  procédé  est  déjà  très  largement 
employé  et  très  familier  à  beaucoup  d’opérateurs,  il  s’en  rencontre  encore  fré¬ 
quemment  qui,  tout  disposés  à  admettre  sa  supériorité  et  à  en  faire  volontiers 
usage,  s’abstiennent  de  s’en  servir  en  raison  d’une  vague  notion  des  difficultés 
qu’on  peut  rencontrer  et  par  crainte  de  complications  et  d’obstacles  imagi¬ 
naires.  ,  . 

Ce  sont  les  résultats,  les  procédés  pratiques  qui  résultent  de  son  expenence 

personnelle,  que  l’auteur  expose  à  ses  lecteurs  simplement  et  sans  termes 
scientifiques. 

Mémoires  originaux  des  créateurs  de  La  photographie  (Nicéphore  Niepce, 
Daguerre,  Bayard,  Niepce  de  Saint-Victor,  Poitevin),  annotés  et  commentés 
par  R  Colson,  capitaine  du  génie,  répétiteur  de  physique  à  1  École  polytech¬ 
nique.  1  volume  in-8°  carré  de  186  pages,  cartonné  à  l’anglaise.  (Georges 
Carré  et  C.  Naud,  éditeurs,  3,  rue  Racine,  Paris.) 

Cet  ouvrage  présente  pour  la  première  fois  dans  un  ensemole  complet  les 
documents  originaux,  jusqu’ici  épars  et  très  peu  connus,  où  les  créateurs  de  la 
photographie  ont  eux-mêmes  exposé  leurs  découvertes  et  leurs  travaux,  qui 
sont  beaucoup  plus  importants  qu’on  ne  le  croit  généralement  d’après  des  indi¬ 
cations  insuffisantes  et  trop  souvent  erronées. 

L’auteur  consacre  à  chacun  des  six  grands  fondateurs  énoncés  dans  le  titre 
un  chapitre  dans  lequel,  après  une  courte  notice  biographique  résultant  de 


—  465  — 


l’analyse  des  pièces  authentiques,  il  donne  le  texte  de  celles-ci  avec  des  anno¬ 
tations  et  commentaires  destinés  à  faire  ressortir  l’enchaînement  des  idées,  la 
suite  des  efforts,  ainsi  que  l’intérêt  de  certaines  recherches  tombées  dans 
l’oubli.  Un  dernier  chapitre  permet  d’embrasser  dans  un  coup  d’œil  d’ensemble 
la  suite  par  laquelle  les  différents  procédés  sont  parvenus  à  l’état  actuel. 

On  trouve  là  une  œuvre  philosophique  et  éducatrice,  par  la  démonstration  de 
ce  que  peut  le  travail  mis  au  service  d’une  volonté  opiniâtre;  une  œuvre  histo¬ 
rique,  parla  détermination  exacte  de  ce  qui  est  dû  à  chacun  des  fondateurs, 
par  l’éclaircissement  de  nombreux  points  restés  jusqu’ici  douteux  ou  inconnus, 
et  par  la  rectification  de  très  fréquentes  erreurs;  enfin,  une  œuvre  de  vulgari¬ 
sation  et  d’enseignement,  par  l’initiative  progressive  et  facile  du  lecteur,  au 
moyen  de  documents  vécus,  aux  notions  que  l’esprit  humain  a  successivement 
acquises  dans  la  voie  photographique. 

En  résumé,  ce  livre  offre  un  très  grand  intérêt  à  toutes  les  catégories  de  lec¬ 
teurs  et  fixe  de  la  façon  la  plus  sûre  l’histoire  de  la  photographie. 

Technique  et  applications  des  rayons  X.  —  Traité  pratique  de  radioscopie  et  de 
radiographie,  par  G. -II.  Nilwenglowski,  préparateur  à  la  Faculté  des  Sciences 
de  Paris,  directeur  du  journal  la  Photographie.  Un  volume  broché  in-8°  avec 
78  figures  dans  le  texte  et  8  planches  hors  texte.  (Paris,  Société  d  éditions 
scientifiques  4,  rue  Antoine-Dubois.) 

Dans  les  premiers  mois  qui  ont  suivi  la  belle  découverte  du  D1'  Rœntgen,  les 
rayons  Xont  été  l’objet  d’un  mouvement  scientifique  des  plus  importants  :  les 
découvertes  et  les  perfectionnements  se  sont  accumulés  ;  aussi  les  meilleurs 
ouvrages  publiés  sur  cette  question  sont-ils  devenus  rapidement  incomplets. 
D’autre  part,  on  a  reconnu  que  la  pratique  rationnelle  de  la  radioscopie  et  de 
la  radiographie  n’était  pas  sans  difficultés  pour  les  opérateurs  que  des  études 
scientifiques  appropriées  n’avaient  pas  suffisamment  préparés  à  ce  genre  de  tra¬ 
vaux;  de  grossières  erreurs  d’interprétation  ont  quelquefois  môme  été  com¬ 
mises.  Dans  l’ouvrage  qu’il  vient  de  publier,  M.  G. -H.  Niewenglowski  s’est 
précisément  attaché  à  mettre  à  la  portée  du  lecteur  les  connaissances  scienti¬ 
fiques  nécessaires  pour  un  emploi  judicieux  et  réfléchi  du  matériel  électrique 
nécessaire  et  pour  l’interprétation  correcte  des  images  obtenues  :  en  particu¬ 
lier,  les  illusions  très  diverses  que  peuvent  produire  les  empiètements  et  les 
superpositions  de  pénombres  sont  longuement  étudiées.  Cet  ouvrage  ayant 
surtout  un  but  pratique,  la  plus  grande  place  y  est  consacrée  aux  modes  opé¬ 
ratoires  que  l’on  peut  dès  aujourd’hui  considérer  comme  définitifs,  aux  perfec¬ 
tionnements  les  plus  récents.  Signalons,  entre  autres,  la  méthode  de  recherche 
et  de  détermination  des  corps  étrangers  dans  l’organisme,  présentée  à  l’Acadé¬ 
mie  de  médecine  par  M.  le  D1'  Mergier. 

Néanmoins,  on  y  trouvera  un  exposé  des  théories  les  plus  acceptées  actuelle¬ 
ment,  concernant  les  rayons  cathodiques  et  les  rayons  X  ;  de  nombreuses 

33 


466 


figures  schématiques,  dessinées  exprès  pour  ce  volume,  facilitent  l’intelligence 
du  texte. 

L’ouvrage  se  termine  par  la  description  des  applications  les  plus  usuelles  des 
rayons  X,  tant  dans  le  domaine  biologique  que  dans  le  domaine  industriel. 

Encyclopédie  de  l'amateur  photographe.  —  Librairie  Bernard  Tignol,  53 bis, 

quai  des  Grands-Àugustins. 

L’Encyclopédie  de  l’Amateur  photographe  se  composera  de  dix  volumes 
constituant,  par  leur  ensemble,  une  bibliothèque  complète  destinée  aux  ama¬ 
teurs,  où  seront  traités  tous  les  sujets  qui  les  intéressent  quotidiennement. 

Le  troisième  volume,  dû  à  MM.  Georges  Brunei  et  P.  Forestier,  vient  de 
paraître,  il  a  pour  titre  :  les  Clichés  négatifs. 

G’est  une  étude  consciencieuse  des  révélateurs  et  de  tous  les  tours  de  main. 
Les  formules  indiquées  dans  cet  ouvrage  ont  toutes  été  essayées  par  les  auteurs, 
c’est  dire  qu’ils  n’ont  rien  laissé  au  hasard  et  que  l’amateur  trouvera  là  non 
seulement  d’excellents  conseils,  mais  encore  une  méthode  sûre  et  rationnelle 
pour  obtenir  des  clichés,  des  phototypes  absolument  parfaits. 

Frédéric  Dillaye  :  les  Nouveautés  photographiques,  année  1898,  sixième  com¬ 
plément  annuel  à  la  Théorie,  la  Pratique  et  l’Art  en  photographie.  In-8° 

illustré.  —  Paris,  Librairie  illustrée,  8,  rue  Saint-Joseph. 

Le  nouvel  ouvrage  de  M.  Frédéric  Dillaye,  tout  en  se  présentant  comme  un 
sixième  complément  annuel,  est  en  réalité  aussi  le  deuxième  complément  des 
deux  volumes  qui  ont  paru  :  l’un  sous  le  titre  de  :  Pratique  en  photographie  ; 
l’autre,  sous  le  titre  de  :  Art  en  photographie ,  et  qui  sont  la  forme  la  plus 
récente  de  son  volume  original,  unique  :  La  Théorie ,  la  Pratique  et  l'Art  en 
photographie. 

Fidèle  à  l’idée  qui  avait  présidé  à  l’ordonnance  des  Nouveautés  de  l’an  der¬ 
nier,  l’auteur  a  conservé,  en  avant  de  chaque  titre  d’article,  une  lettre  capitale 
et  un  chiffre  en  caractères  romains,  formant  références  aux  chapitres  et  aux 
parties  des  deux  ouvrages  précités. 

Si  les  Nouveautés  photographiques  de  M.  Frédéric  Dillaye  se  recommandent, 
comme  toujours,  par  leur  lecture  facile  et  leur  enseignement  indiscutable,  nous 
remarquons  dans  celles  de  cette  année  deux  sujets  intéressants  : 

Le  premier  est  une  théorie  absolument  nouvelle  et  ingénieuse  de  la  photo- 
sténographie.  Il  pourrait  se  faire  que  cette  théorie  vulgarisée  amenât  enfin  les 
amateurs  à  employer  d’une  façon  plus  courante  la  photographie  stéréoscopique, 
qui  donne  des  résultats  charmeurs  et  une  grande  impression  de  vérité. 

Le  second  sujet  est  une  description  minutieuse  et  avec  exemples  à  l’appui  de 
l’application  de  la  photographie  fantômale  aux  sujets  de  genre.  On  savait  plus  ou 
moins  vaguement  comment  obtenir  les  fantômes,  mais  on  n’avait  jamais  si 
scrupuleusement  déterminé  les  moyens  sûrs  de  les  obtenir  dans  tous  les  cas. 


—  467  — 


M.  Frédéric  Dillaye  reste  toujours  l’auteur  soucieux  de  voir  ses  ouvrages 
rendre  de  précieux  et  réels  services  à  tous  ceux  qui  pratiquent  la  photogra¬ 
phie.  On  ne  saurait  trop  le  louer  du  soin  et  de  l’activité  qu’il  apporte  à  ce  but. 
Traité  élémentaire  d’optique  photographique ,  par  A.  Mullin,  professeur  agrégé 

de  physique  au  lycée  de  Chambéry.  Un  fort  volume  in-8°  avec  190  figures. 

—  Paris,  Charles  Mendel,  éditeur,  118,  rue  d’Assas. 

Quelqu’un  a  dit,  et  le  mot  est  d’une  justesse  frappante,  que  l’objectif  est  l 'âme 
de  la  photographie.  S’il  en  est  ainsi,  comment  expliquer  l’indifférence  des 
photographes  pour  tout  ce  qui  concerne  l’optique? 

On  serait  tenté  de  supposer  qu’il  n’existe  pas  d’ouvrages  renfermant  les 
connaissances  qu’il  serait  indispensable  pour  eux  d’acquérir.  Les  livres  ne  font 
pas  défaut  :  il  en  est  d’élémentaires  et  de  savants. 

Ce  qui  manque  peut-être,  c’est  un  ouvrage  possédant  ce  double  caractère  d’ètre 
complet,  c’est-a-dire  scientifique,  et  d’assimilation  facile,  accompagné  de  déve¬ 
loppements  s’adressant  au  raisonnement  du  lecteur  intelligent,  et  non  pas  à 
des  connaissances  déjà  acquises,  sans  doute,  mais  indubitablement  effacées. 

C’est  un  ouvrage  de  ce  genre  qu’a  voulu  écrire  M.  Mullin,  un  ouvrage  complet 
et  populaire,  un  livre  (Y enseignement  et  de  vulgarisation. 

Dans  la  première  partie,  qui  est  consacrée  à  I’Optique  instrumentale,  il  étudie 
les  lois  delà  propagation  delà  lumière,  les  modifications  qu’elle  subit  en  traver¬ 
sant  des  milieux  différents;  il  explique  le  phénomène  de  la  vision;  enfin  il  expose 
la  théorie  des  premiers  instruments  d’optique  :  loupe,  microscope,  lunette  de 
Galilée,  etc. 

La  deuxième  partie  est  réservée  à  I’Optique  photographique;  elle  contient  les 
chapitres  suivants  : 

Chapitre  VIL  —  Actions  chimiques  produites  par  la  lumière  photographique. 

Chapitre  VIII.  —  Ecrans  colorés,  préparations  orthochromatiques. 

Chapitre  IX.  —  Production  de  l’image  lumineuse  au  moyen  d’une  petite 
ouverture. 

Chapitre  X.  —  Production  de  l’image  lumineuse  au  moyen  d’un  objectif.  Len¬ 
tilles  épaisses  et  systèmes  centrés  quelconques. 

Chapitre  XI.  — Aberrations  présentées  par  les  lentilles  suivant  l’axe  principal. 
Leur  correction. 

Chapitre  XII-  —  Aberrations  présentées  par  les  lentilles  en  dehors  de  l’axe 
principal.  Leur  correction. 

Chapitre  XIII.  —  Objectifs  photographiques.  Leurs  constantes. 

Chapitre  XIV.  —  Description  des  principaux  types  d’objectifs  photographiques- 

Chapitre  XV.  —  Organes  accessoires  des  objectifs. 

Chapitre  XVI.  —  Essais  des  objectifs. 

Chapitre  XVII.  —  Choix  des  objectifs. 

Chapitre  XVIII.  —  Téléobjectifs. 

En  résumé,  l’ouvrage  de  M.  Mullin  constitue  un  travail  complet  et  définitif;  il 


468  — 


demeurera  l’un  des  plus  estimés  et  des  plus  durables  des  livres  consacrés  à  la 
science  photographique. 

La  Photographie  en  relief ,  ou  Photo-sculpture  et  ses  principales  applications  ; 
Bas-Reliefs ,  Médaillons ,  Lithophanies,  Terres  cuites,  Filigranes  et  Gaufrages , 
Damasquinure,  Niellure,  Timbres  en  caoutchouc  au  irait  et  en  demi-teintes , 
Moulage  par  voie  galvanoplastique ,  procédés  divers,  par  René  d’HÉniÉcouuT, 
rédacteur  de  la  Photo-Revue.  —  Une  brochure  avec  figures.  —  Paris,  1898. 
Charles  Mendel,  éditeur,  118,  rue  d’Assas. 

S’il  est  une  application  directe  de  la  photographie  qui  soit  de  nature  à  procurer 
aux  amateurs  des  jouissances  artistiques  d’un  caractère  inédit,  c’est  bien  la 
Photo-sculpture,  qui  donne  aux  représentations  photographiques  le  plus  grand 
charme  auquel  puissent  prétendre  des  images  monochromes. 

Un  ouvrage  étudiant  cette  branche  jusqu’ici  négligée  —  nous  pourrions  dire 
insoupçonnée  —  répond  a  un  besoin  réel,  s’il  est  écrit  au  point  de  vue  pratique 
et  s'il  dévoile  au  lecteur  curieux  les  moyens  de  se  livrer  avec  fruit  à  des  mani¬ 
pulations  qui  ne  lui  sont  pas  familières. 

A  ce  titre,  nous  pouvons  prédire  à  cette  brochure  un  accueil  flatteur,  car  elle 
contient  une  étude  très  documentée  au  point  de  vue  historique,  en  même  temps 
qu’un  recueil  précieux  de  recettes,  procédés,  tours  de  main,  etc.,  qui  seront  de 
première  utilité  à  l’amateur  désireux  de  s’engager  dans  cette  voie  nouvelle. 

Les  Papiers  collodionnés  à  pellicule  transférables  et  leurs  diverses  applications, 
par  Ch.  Finaton.  Une  brochure  accompagnée  d’une  épreuve  transparente 
reportée  sur  celluloïd.  Paris,  Charles  Mendel,  éditeur. 

Dans  un  travail  extrêmement  consciencieux,  l’auteur  étudie  toutes  les  appli¬ 
cations  qui  peuvent  découler  de  l’emploi  général,  comme  surface  sensible,  d’un 
papier  transfert  de  l’une  des  marques  qui  existent  actuellement  dans  le  com¬ 
merce. 

Le  sous-titre  de ‘l’ouvrage  donnera  une  idée  de  la  variété  de  ces  applications  et 
des  nouvelles  ressources  que  la  méthode  des  reports  met  à  la  disposition  des 
amateurs. 

Contre-types  :  Positifs  pour  agrandissements;  Reports  sur  verre  (Vitraux, 
Projections  et  Stéréoscope);  Reports  sur  opale,  porcelaine,  bois,  marbre,  métal, 
celluloïd,  etc.;  Applications  industrielles;  Gravure  sur  bois  ;  Photo-Peinture 
sur  verre;  Encadrements  artistiques  en  plusieurs  teintes;  Photo-chromie; 
Epreuves  lumineuses. 

Le  programme  contenu  dans  ces  lignes  est  très  étendu.  Nous  devons  dire,  à 
la  louange  de  M.  F inaton,  qu  il  n’a  pas  laissé  la  moindre  lacune  dans  son  exécu¬ 
tion,  et  que  son  ouvrage  est  aussi  complet  qu’on  le  pouvait  désirer. 

Les  Photo- Guides.  Le  nombre  des  amateurs  de  photographie  est  devenu 
aujourd’hui  si  considérable  que  le  besoin  s’imposait  d’un  guide  sûr,  pratique, 
destiné  à  conduire  le  touriste  muni  d’un  appareil,  vers  les  sites  qui  peuvent- 


46<J  — 


solliciter  son  objectif,  à  lui  indiquer  les  points  intéressants,  à  lui  signaler  les 
particularités  de  chaque  localité,  leur  orientation,  l’heure  à  laquelle  il  convient 
de  les  saisir,  en  un  mot  à  ménager  son  temps,  lui  éviter  des  pas  inutiles,  tout 
en  le  mettant  à  même  de  ne  rien  passer  d’intéressant. 

Les  Photo-Guides  aux  environs  de  Paris,  rédigés  par  M.  Bertot,  bien  connu 
déjà  des  cyclistes,  répondent  entièrement  à  tous  ces  desiderata  et  deviendront 
bientôt  le  compagnon  indispensable  de  tout  amateur  de  photographie. 

Deux  volumes  sont  parus  :  Seine  et  Seine-et-Oise.  —  Le  département  de  Seine- 
et-Marne  paraîtra  sous  quelques  jours  et  sera  bientôt  suivi  du  4e  volume  con¬ 
sacré  à  la  Grande  Banlieue.  Chaque  volume  comporte  une  centaine  de  dessins 
dus  à  la  plume  d’un  de  nos  meilleurs  dessinateurs  et  qui  serviront  en  quelque 
sorte  de  points  de  repère  aux  excursionnistes.  Trois  cartes  pour  chaque  volume 
complètent  ces  indications. 

Friedrich  Behrens.  —  Ber  Gummidruck.  M.  Krayn,  Berlin,  1898. 

M.  Friedrich  Behrens,  qui  avait  exposé  quelques  épreuves  a  la  gomme  bichro- 
matée  à  notre  dernier  salon,  vient  de  faire  paraître  un  petit  traité  pratique  pour 
obtenir  facilement  des  images  photographiques  à  l’aide  des  couleurs  d’aquarelle. 
Cet  ouvrage  explique,  d’une  façon  claire  et  méthodique,  le  procédé  à  la  gomme 
bichromatée,  avec  les  modifications  que  Fauteur  y  a  apportées.  Il  explique 
notamment  le  moyen  d’obtenir  les  demi-tons  que  l’on  dit  impossibles  dans  ce 
procédé  et  traite  aussi  des  impressions  par  combinaisons  et  en  trois  couleurs. 

Nous  ne  pouvons  que  recommander  ce  traité  à  ceux  qui  s’intéressent  aux 
nouveautés  en  photographie. 

Gesellschaft  zur  Plege  der  Photographie  in  Leipzig.  1898. 

Nos  confrères  de  la  Société  photographique  de  Leipzig  nous  adressent  leur 
rapport  annuel  sur  l’exercice  1897,  sous  forme  d’un  élégant  opuscule  illustré. 
Sous  le  protectorat  de  S.  A.  B.  le  prince  Frédéric-Auguste  de  Saxe,  et  la  prési¬ 
dence  du  D1'  Aarland,  la  société  compte  83  membres  ordinaires.  Elle  a  organisé 
au  mois  d’août  1897,  une  exposition  à  Leipzig  qui  comprenait  1, 100  photogra¬ 
phies  de  221  exposants. 

Nous  applaudissons  à  l’idée  de  publier  aussi  un  rapport  annuel  adressé  aux 
principales  sociétés  photographiques,  malheureusement  trop  souvent  étran¬ 
gères  les  unes  aux  autres.  11  y  a  là  une  idée  à  étudier  pour  les  sociétés  qui  ne 
publient  pas,  comme  nous,  un  Bulletin  mensuel. 

Hans  Schmidt.  —  Dus  Fernobjectiv.  Berlin,  Gustave  Schmidt.  — 

Dix  illustrations  hors  texte. 

C’est  un  traité  pratique  et  absolument  complet  sur  le  télé-objectif.  De  cons¬ 
truction  récente,  cette  nouvelle  forme  d’objectif  n’a  pas  encore  attiré  suffisam¬ 
ment  l’attention  des  amateurs.  L’auteur  explique  sa  construction  et,  par  des 
exemples  nombreux,  il  montre  son  utilité  et  les  nombreux  cas  où  le  télé-objectif 


—  470  — 


permet  l’obtention  d’images  impossibles  à  obtenir  à  l’aide  d’un  objeetif  ordi¬ 
naire,  notamment  dans  les  reproductions  de  motifs  d’architecture. 

J.  Gædicke.  —  Per  Gummidruck.  Berlin,  Gustav  Schmidt. 

79  pages  avec  illustrations. 

A  peine  né,  le  procédé  à  la  gomme  bichromatée  a  déjà  toute  une  littérature. 
Chacun  explique  son  système  pour  arriver  aux  meilleurs  résultats.  Laissant  de 
côté  la  partie  théorique,  l’auteur  donne  des  conseils  pratiques  qui  doivent  faci¬ 
liter  la  tâche  des  amateurs. 

A.  W.  Isenthal  et  H.  Snowden  Ward.  —  F.  R.  P.  S  Pratical  Radiography. 

2e  édition,  1898.  Londres,  chez  Dawbarn  et  Ward,  Ld. 

La  première  édition  de  cet  excellent  traité  de  Radiographie  a  rapidement  été 
épuisée.  Dans  cette  nouvelle  édition,  les  auteurs  se  sont  tenus  au  courant  des 
découvertes  les  plus  récentes.  L’ouvrage  est  accompagné  d’un  grand  nombre 
d’illustrations  qui  facilitent  la  compréhension  du  texte. 

D1'  Luigi  Gioppi.  —  ManuaLe  di  Ferrotipia. 

Dans  cet  opuscule,  l’auteur  cherche  à  réhabiliter  ce  procédé  d’obtention  de 
phototypes  positifs  sur  plaques  de  tôle  présentant  les  avantages  de  la  modicité 
de  prix  et  de  la  rapidité  d’exécution.  Il  décrit  le  matériel  nécessaire  et  la  suite 
des  opérations  pour  obtenir  ces  petites  images  qui  sont  restées  l’apanage  des 
photographes  de  foire. 

La  retouche  du  tiiché.  —  Retouche  chimique,  physique  et  artistique,  par 
A.  Courrèges,  praticien.  —  Librairie  Gauthier-Villars  et  fils,  quai  des  Grands- 
Augustins,  55,  Paris. 

L’auteur,  en  contact  journalier  avec  les  amateurs  photographes,  a  constaté 
que  beaucoup  d’entre  eux  ne  faisaient  que  très  peu  d’efforts  pour  sortir  du 
cercle  étroit  de  production  du  cliché,  suivie  de  son  tirage  sur  papier  au  citrate. 

C’est  pour  aider  à  la  diffusion  de  nombreux  procédés  photographiques  qu’il 
entreprend  de  publier  une  suite  d'ouvrages  traitant  à  peu  près  tous  les  systèmes 
intéressants  qui  peuvent  être  appliqués  aussi  bien  par  les  amateurs  que  par  les 
professionnels. 

Le  cliché  photographique  étant  le  point  de  départ  de  tous  les  procédés  décrits, 
on  comprendra  que  les  résultats  plus  ou  moins  heureux  que  l’on  pourra  obtenir 
seront  en  raison  de  sa  valeur,  et  le  premier  devoir  à  remplir  est  donc  d’étudier 
le  cliché  dans  sa  façon  d’être  et  de  tout  tenter  pour  l’améliorer. 

Impression  des  épreuves  sur  papiers  divers,  par  noircissement  direct ,  par  impres¬ 
sion  latente  et  développement,  par  A.  Courrèges,  praticien.  —  In-18  jésus, 
avec  figures;  1898.  —  Librairie  Gauthier-Villars  et  fils,  quai  des  Grands- 
Augustins,  55,  à  Paris. 

Dans  notre  manuel  Ce  qu’il  faut  savoir  pour  réussir  en  Photographie,  nous 
avons  analysé  toutes  les  opérations  nécessaires  à  la  constitution  du  cliché;  dans 


—  471 


une  autre  de  nos  publications,  concernant  les  diverses  retouches  qui  s’imposent 
pour  l’améliorer,  nous  nous  sommes  appliqué  à  indiquer  et  à  décrire  toutes  les 
tentatives  qu’on  devait  faire  pour  se  rapprocher  autant  que  possible  de  l’idéal  ; 
mais,  pour  que  le  résultat  atteint  ne  soit  pas  platonique,  il  huit  traduire  ce 
cliché,  ce  négatif,  en  épreuves  positives. 

Les  moyens,  les  systèmes,  les  procédés  ne  manquent  pas;  on  trouve  pour 
cela,  dans  le  commerce,  toutes  sortes  de  papiers,  de  plaques  et  d’appareils  dont 
nous  parlerons  au  cours  de  cet  ouvrage  et  de  ceux  qui  lui  feront  suite. 

Dans  cette  partie,  nous  allons  d’abord  décrire  minutieusement  les  impressions 
sur  les  papiers  à  l’argent,  que  l’on  obtient  par  noircissement  direct,  puis  nous 
nous  occuperons  des  épreuves  qui,  après  impression  latente,  demandent  à  être 
développées  comme  les  clichés. 


JOU^TSfÆUX  l^EÇUS 


Belgique. 

Bulletin  de  U  Académie  royale  des  Sciences,  nos  3,  4. 

Bulletin  de  la  Société  de  Microscopie,  n°  2. 

Bulletin  de  la  Société  d' Électricité,  4e  semestre. 

L’Objectif,  nos  38,  39,  40,  41,  42,  43. 

Ciel  et  Terre,  nos  4,  5,  6,  7,  8. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  394,  395,  396,  397,  398,  399,  400,  401,  402,  403, 
404,  405,  406,  407. 

Revue  de  V Université  de  Bruxelles,  nos  6,  7,  S. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Belgique,  nos  16,  17, 18. 

Revue  bibliographique  belge,  nos  3,  4,  5. 

La  Presse  universelle,  nos  3,  4. 

Allemagne. 

Deutsche  Photographen  Zeitung,  nos  15,  16,  17,  18,  19,  20,  21,  22,23,  24,  25, 
26,  27,  28. 

Das  Atelier  des  Photograplieyi,  nos  5,  6,  7. 

Der  Amateur-Photograph,  nos  4,  5,  6,  7. 

Photographische  Mittheilungen,  nos  2,  3,  4,  5,  6,  7. 

Photographisches  Centralblatt,  nos  6,  7,  8,  9,  10,  11,  12. 

Photographische  Chroyiïk,  nos  15,  16,  17,  18,  19,  20,  21,22,23,24,25,  26,  27,28. 
Photographisches  Wochenblatt,  nos  15, 16,17, 18,  19,  20,21,22,  23,24,25,26,27. 
Internationale  Photographische  Monatsschrift  fier  Medizin,  rr s  1, 2, 3,  4,  5, 6. 
Pralitischer  Rathgeber,  nos  7,  8,  9,  10,  11,  12. 

Photographische  Rundschau,  nos  5,  6,  7. 

Die  Kunst  in  der  Photographie,  nos  1,  2,  3. 

Autriche. 

Photographische  Correspondenz ,  nos  452,  453,  454. 

Wiener  Photographische  Blàtter,  nos  5,  6,  7. 

Wiener  Freie  Photographen  Zeitung ,  nos  4,  5,  6. 


—  473 


Danemark. 

Beretninger  fra  Dansh  fotografish  Forening,  nos  4,  5,  (i. 

États-Unis. 

Anthony’ s  Bulletin,  nos  4,  5,  6. 

American  Amateur  Photographer,  n°  4. 

St-Louis  Photographer,  nos  4,  5,  6. 

Wilson  s  Magazine,  nos  496,  497,  498. 

Caméra  Notes,  n°  4. 

La  Revista  cientifica  Hispano-Americana,  nos  4,  5,  6. 

France. 

Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  nos  7,  8,  9,  10,  11,  12,  13. 
Moniteur  de  la  Photographie,  nos  8,  9,  10,  11,  12. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  87,  88,  89. 

Photo-Gazette,  nos  6,  7. 

Le  Photogramme,  nos  4,  5,  6,  fl. 

Photo-Journal,  n°  99,  100,  101. 

Photo-Revue,  nos  1,  1  bis,  2,  2 bis,  3,  3 bis. 

L’Avenir  photographique,  nos  76,  77,78. 

L’ Amateur-Photographe,  nos  7,  8. 

La  Photographie,  nos  5,  6,  7. 

Le  Monde  photographique,  n°  36. 

Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  nos  3,  4. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaise  de  Photographie,  15  aVril,  15  mai,  15  juin. 
Bulletin  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la  France,  nos  4,  5,  6. 
Bulletin  de  V Association  des  Amateurs  photographes  de  Dijon  et  de  la 
Bourgogne,  nos  4,  5,  6. 

Bulletin  de  la  Société  Havraise  de  Photographie,  nos  4,  5. 

Gazette  du  Photographe  amateur,  nos  61,  62. 

Ombres  et  Lumière,  nos  34,  36. 

La  Science  illustrée,  nos541,  542,  543,  544,  545,  546,  547,  548,  549,  550,  551, 
552,  553. 

La  Science  en  famille,  nos  34,  35,  36,  37,  38,  39. 

Grande-Bretagne. 

British  Journal  o f  Photographg,  n°s  1979,  1980,  19S1,  1982,  1983,  19S4,  1985, 
1986,  1987,  1988,  1989,  1990,  1991. 

Photographie  News,  n°*  119,  120,  121,  122,123,  124,  125,  126,  127,  128,  129, 
130,  131. 

The  Photographie  Journal,  nos  7,  8,  9. 


—  474  — 


Journal  ofthe  Caméra  Club,  nos  143,  144,  145. 

Pholograpliy ,  nos  491,  492,  493,  494,  495,  496,  497,498,  499,  500,  501,  502,  503. 
The  Amateur  Photographer,  n°*  705,  706,  707,  70S,  709,  710,  711,  712,  713, 
714,  715,716,  717. 

The  Practical  Photographer,  nos  99,  100,  101. 

The  Photogram,  nos  53,  54,  55. 

Process  Work  and  the  Pr inter,  nos  60,  61,  62. 

Italie. 

Rivista  scientifico-artistica  di  Fotografia,  nos  3,  4,  5. 

Il  Dilettante  di  Fotografia,  nos  96,  97,  98. 

Il  Progresso  fotografco,  nos  3,  4,  5. 

Suisse 

Revue  suisse  de  Photographie,  nos  3,  4,  5. 

La  Photo-Revue  suisse,  nos  3,  17. 


V' 


Dos  IllustpQtions 


En  Mer  est  la  réduction  d’une  épreuve  de  M.  Fraeys,  de  la 
Section  de  Courtrai.  Elle  figurait  à  l’Exposition  de  la  Session  tenue 
dans  cette  ville  l’année  dernière. 

Martha,  de  M.  Alex.  Allan,  d’Edimbourg,  est  l’une  des 
œuvres  envoyées  par  l’auteur  à  notre  IIIe  Exposition  d’Art  photo- 
tographique. 

Les  reproductions  en  phototypographie  ont  été  exécutées  par 
M.  J.  Malvaux,  de  Bruxelles. 


Illustrations  dans  le  texte  de  MM.  Ch.  Puttemans, 
A.  Hye  et  L.  Misonne. 


Lettrines  de  MM.  Bidart,  R.  Crespin,  Ch.  Dupont,  Ch.  Gas- 
par,  Paternotte,  Ch.  Puttemans  et  D.  Van  den  Hove. 


NECROLOGIE 


Le  Dr  Ernest  Candèze 

'Association  vient  de  faire  une 
perte  considérable.  M.  le  D1 
Ernest  Candèze,  membre  fonda¬ 
teur  et  ancien  président,  s’est 
éteint  le  30  juin  1898  à  l’âge  de 
72  ans. 

C’est  le  cœur  bien  gros  que, 
le  2  juillet  1898,  nous  gravissions 
la  côte  de  Glainet  que  nous  nous 
arrêtions  au  chalet  si  hospita¬ 
lier,  fermé  pour  toujours  par  la 
mort  de  notre  cher  et  distingué  confrère  et  ami.  Notre  pensée  se 
reportait  25  ans  en  arrière  et  s’attristait  encore  par  le  contraste 
de  nos  impressions,  car  c’était  par  le  même  chemin  que  nous 
allions  alors,  plus  jeunes,  pleins  d’enthousiasme  et  remplis  d’une 
ardeur  de  néophytes,  chercher  chez  lui  le  collaborateur  indispen¬ 
sable  à  la  création  de  la  Section  de  Liège,  la  première  qui  s’orga¬ 
nisa  après  la  fondation  de  l’Association. 

Ce  fut  Candèze  qui  en  eut  la  présidence,  et  sa  bienfaisante  impul¬ 
sion  lui  assura  une  existence  ininterrompue,  longue  de  25  années, 
et  qu’aucun  nuage  de  discorde  n’est  venu  troubler.  Et  cependant, 
comme  le  disait  notre  ami  Roland,  dans  son  discours  à  la  maison 
mortuaire,  il  fallait,  à  cette  heure,  pour  patronner  l’art  si  méconnu 
et  si  dédaigné  de  la  photographie,  un  esprit  dégagé  de  tout  préjugé 
et  assez  clairvoyant  pour  prévoir  les  progrès  et  l’influence  qu’il  obtien¬ 
drait  un  jour. 


Candèze  fut  un  vulgarisateur  par  excellence,  dans  tous  les 
domaines,  comme  on  pourra  l’apprécier  par  la  lecture  du  discours 
que  le  vénéré  baron  de  Selys  prononça  sur  sa  tombe,  au  nom  de 
l’Académie  des  sciences. 

On  ne  peut  méconnaître  le  service  signalé  qu’il  rendit  à  la  photo¬ 
graphie,  en  imaginant,  dès  l’apparition  du  collodion  sec,  cet  appareil 
baptisé  par  lui  du  nom  de 
scénographe ,  lequel  révolu¬ 
tionna  le  monde  photogra¬ 
phique  en  reléguant  ces 
chambres  encombrantes  qui 
rendaient  impraticable  la 
photographie  en  plein  air  et 
qui  paralysaient  l’essor  artis¬ 
tique  qu’elle  a  pris  depuis. 

Le  premier  également,  en 
Belgique,  pensons-nous,  il 
fut  chargé,  par  le  ministre 
de  la  guerre, des  expériences 
de  photographie  en  ballon 
captif. 

Malgré  sa  grande  modes¬ 
tie,  il  ne  put  échapper  à  la 
présidence  de  l’Association 
et  notre  Bulletin  jubilaire  a 
relaté  la  période  brillante  de 
sa  gestion.  Candèze  a  donc 
bien  mérité  de  la  photogra¬ 
phie.  Aussi  cet  art  aimable  qui  perpétue  le  souvenir  en  con¬ 
servant  l’image  sacrée  des  disparus,  ne  l’oubliera  pas,  et  la  Section 
liégeoise,  plus  éprouvée  que  les  autres  par  sa  disparition,  évoquera 
souvent  la  physionomie  si  fine  et  si  spirituelle  de  son  ami  et 
de  son  conseiller! 


L.  R. 


—  478  — 


Discours  de  M.  de  Selys-Longchamps,  sénateur, 

Au  nom  de  V Académie  royale  des  sciences  de  Belgique 
et  de  la  Société  Entomologique  de  Belgique. 

Messieurs, 

C’est  un  devoir  aussi  honorable  que  douloureux  que  je  remplis  en 
me  présentant  au  nom  de  l’Académie  royale  des  sciences  de  Belgique 
et  de  la  Société  Entomologique  pour  rendre  hommage  au  confrère 
excellent  que  la  mort  nous  a  enlevé  il  y  a  deux  jours. 

Ernest-Charles-Auguste  Candèze,  né  à  Liège,  le  27  février  1827, 
obtint  le  diplôme  de  docteur  en  médecine,  après  de  brillantes  études 
faites  à  notre  université.  Il  fut  le  collaborateur  à  la  direction  de  l’asile 
de  Glain,  fondé  par  M.  Abri,  dont  il  épousa  la  fille  distinguée,  qui 
mourut  il  y  a  vingt-cinq  ans  environ.  Il  contribua  largement  par  ses 
aptitudes  et  par  son  zèle  à  la  réputation  légitime  de  cet  important 
établissement. 

Les  goûts  de  Candèze  le  portaient  en  même  temps  à  la  culture  des 
sciences  naturelles. 

Élève  de  Lacordaire  et  de  Charles  Morren,  il  s’adonna  à  la  culture 
des  sciences  zoologiques  et  botaniques,  mais  particulièrement  à  celle 
de  l’entomologie,  où  il  acquit  bientôt  comme  spécialiste  une  notoriété 
incontestée  dans  le  monde  savant. 

L’ Académie,  dès  1858,  le  nomma  correspondant,  puis  membre 
effectif  de  la  section  des  sciences  naturelles  en  1861.  Il  fut  directeur 
de  la  classe  en  1874. 

Le  Roi  lui  conféra  en  1872  la  Croix  de  chevalier  de  l’Ordre  de 
Léopold  et  l’éleva  au  grade  d’officier  en  décembre  1897. 

Il  faisait  partie  des  sociétés  entomologiques  les  plus  notables  de 
l’étranger,  dont  plusieurs  lui  décernèrent  le  titre  de  membre  hono¬ 
raire. 

Ses  excursions  et  ses  voyages  à  l’étranger  furent  nombreux. 
Il  assista  aux  Congrès  scientifiques  et,  chercheur  infatigable,  il  y 


—  479 


trouvait  satisfaction,  non  seulement  pour  ses  études  spéciales,  mais 
aussi  pour  l’intérêt  qu’il  portait  à  toutes  les  sciences. 

Comme  spécialiste,  il  s’adonna  surtout  à  approfondir  l’étude  des 
Coléoptères  de  la  famille  des  Élatérides  et,  dans  cette  branche,  il 
était  considéré  comme  arrivé  au  premier  rang. 

A  la  Société  royale  des  Sciences  de  Liège,  il  publia  en  1853, avec 
la  collaboration  de  feu  le  docteur  Chapuis,  un  Mémoire  «  sur  les 
larves  des  Coléoptères  »  suivi  bientôt  de  sa  grande  Monographie 
des  Elatérides,  en  quatre  volumes  parus  de  1856  à  1863,  et  de 
leur  révision  en  1874. 

Plus  tard,  pour  se  délasser  de  ses  travaux,  il  écrivit  plusieurs 
volumes  charmants,  écrits  d’une  plume  très  alerte  destinés  à  amuser 
la  jeunesse  et  à  initier  les  gens  du  monde  aux  merveilles  de  la 
naturevivante.  On  peut  appeler  romans  scientifiques  ces  trois 
ouvrages,  édités  chez  des  libraires  notables  de  Paris  et  qui  eurent 
beaucoup  de  succès,  particulièrement  Les  Aventures  d'un  Grillon 
et  La  Gileppe. 

L’activité  et  le  besoin  de  travail  scientifique  étaient  si  grands  chez 
le  docteur  Candèze  que,  malgré  son  âge  avancé,  il  se  mit,  en  der¬ 
nier  lieu,  à  la  recherche  des  insectes  diptères  de  notre  pays,  et 
qu’après  quatre  ou  cinq  années  il  en  avait  réuni  une  collection 
déjà  fort  riehe,  qui  aurait  donné  lieu  à  la  publication  de  cette 
partie  de  notre  faune  jusqu’ici  inédite. 

Dans  ces  derniers  temps,  il  avait  encouragé  et  organisé  le  Club 
des  jeunes  entomologistes  liégeois,  où  se  réunissent  des  amateurs  et 
de  très  jeunes  gens.  Il  en  était  le  vénérable  président. 

Après  avoir  esquissé  rapidement  la  vie  laborieuse  du  docteur 
Candèze,  il  est  juste  de  dire  quelques  mots  de  son  caractère  si  bon, 
si  gai,  si  spirituel. 

C’était  un  modèle  de  père  de  famille,  un  ami  sûr,  étranger  à  tout 
sentiment  de  jalousie,  d’une  obligeance  extrême,  toujours  prêt  à 
encourager  et  à  assister  les  jeunes  travailleurs,  ce  qui  ne  se  voit  pas 
toujours,  aussi  était-il  aimé  de  tous  ceux  qui  le  connaissaient. 

Pendant  près  de  cinquante  années  qu’ont  duré  nos  relations,  j’ai 
pu  apprécier  ce  caractère  d’élite. 

Il  était  un  des  cinq  membres  du  conseil  de  surveillance  du  Musée 


—  480  — 


d’histoire  naturelle  de  l’État  et  là  aussi  j’ai  pu  apprécier  son  bon 
jugement  et  son  esprit  de  paix. 

En  considération  de  cette  longue  intimité,  et  tenant  compte  de 
l’âge  que  j’ai  atteint,  je  pouvais  m’imaginer  que  ce  serait  le  docteur 
Candèze  qui  me  conduirait  un  jour  au  champ  du  repos  éternel,  mais 
les  décrets  de  la  Providence  sont  impénétrables  et  c’est  moi  qui 
viens  lui  dire  un  suprême  adieu  ! 

Candèze,  cher  ami  et  cher  confrère,  repose  en  paix!  Adieu. 


Conseil  d'administration.  —  Membres  admis . 

Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  27  avril  i89S. 

Échantillons  de  plaques  et  de  révélateurs . 

Fêtes  jubilaires.  —  Pose-mètre  de  Winne. —  Soirée  de  projections 

du  16  mai . 

Causerie  sur  le  sulfite,  le  bisulfite  et  l’hyposulfite  de  soude.  —  Pro¬ 
jections . 

Séance  du  25  mai  1898. 

Décès  de  M.  M.  Hovelacque . 

Exposition.  — Anniversaire  de  la  fondation  de  la  Section  de  Bru¬ 
xelles.  —  Don  de  M.  de  Schokalsky.  —  Causerie  sur  les  phéno¬ 
mènes  chimiques.  —  Remise  de  diplômes  et  d’illustrations.  .  . 

Projections . 

Section  de  Gand.  —  Séance  du  7  avril  1898. 

Causerie  sur  l’acétylène . 

Papier  pour  impression  par  développement  de  la  maison  Van 
Monckhoven.  —  Séance  de  projections  de  la  Section  de  Liège.  — 

Jeton  de  présence  . 

Séance  du  5  mai  1898. 

Causerie  sur  les  diapositives.  —  Présentation  d’appareils.  —  Jeton 

de  présence  . 

Section  de  Liège.  —  Séance  du  20  avril  1898. 

Remerciements.  —  Soirée  de  projections.  — Fêtes  jubilaires.  .  . 

Excursion.  —  Présentations  de  membres.  —  Jeton  de  présence.  — 

Projections . 

Séance  du  10  mai  1898. 

Soirée  publique  de  projections.  —  Conférence  de  M.  Bourgeois.  . 

31 


PAGES. 

417 

419 

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421 

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429 


—  482  — 


Séance  du  24  mai  4898. 


PAGES. 


Remerciements.  —  Fêtes  jubilaires.  —  Exposition  des  œuvres  des 
membres  du  Photo-Club  de  Paris  et  de  la  Société  de  Hambourg. 
—  Excursion  annuelle . 

Situation  financière.— Allocution  de  M.  Roland,  président  sortant. 
—  Élection  d’un  vice-président.  —  Présentation  d’un  membre.  — 

Jeton  de  présence . 

Notes  anglaises.  L’exposition  de  la  «  Royal  Photographie  Society  » 

au  Crystal  Palace,  par  M.  Walter  D.  Welford . 

Notes  à  propos  de  la  IIP  Exposition  d’Art  photographique  par 
M.  M.  Vanderkindere . 

Action  curieuse  du  persulfate  d' ammoniaque  sur  l’argent  des  photo¬ 
types  et  utilisation  de  cette  action,  par  MM.  Lumière  frères  et 
Seyewetz . 

Photographie  en  couleurs  par  la  méthode  indirecte,  par  MM.  Auguste 
et  Louis  Lumière . 

Le  Musée  de  photographie  artistique  au  Parc  du  Cinquantenaire, 

par  M.  M.  Vanderkindere . 

Revue  des  journaux  photographiques . 

Memento  des  Expositions . 

Bibliographie . 

Journaux  reçus . 

Nos  illustrations . 

Nécrologie  :  Le  Br  Ernest  Candèze . 

Sommaire. 


430 


431 

432 


438 


441 

445 

447 

453 

462 

463 
472 

475 

476 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


R.  Ickx. 


Phototypographie  J.  Malvaux. 


ALLÉE  IDE  S  CHÊNES  A  GENCK. 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


lüiiw 


G.  Einbeck. 


Phototypogi  jphie  J.  Malvaux. 


MEfiE  X  ENFANT 


Association  belge  de  Photographie 

SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d'honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 


N‘,s  8-9.  —  25me  ANNÉE.—  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  V.) 


Conseil  d’fldministFation 

nt  été  admis  : 

Membres  effectifs  : 

MM.  Bertrand,  Florent, 
5,  rue  Marie-Henriette,  à 
Bruxelles,  présenté  par  MM. 
Baisieux  et  Puttemans. 


35 


—  486  — 


Burvenich,  Gustave,  55,  rue  des  Sœurs-Blanches,  à  Ostende, 
présenté  par  MM.  E.  Sacré  et  de  Kerameter. 

Pirot,  Hubert,  photographe,  rue  du  Brutz,  à  Bouillon,  pré¬ 
senté  par  MM.  Delevoy  et  Puttemans. 


(ë>  - 9  0  C  ^ ^OV  G) 


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Section  de  Bruxelles 

SÉANCE  DU  8  JUIN  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


ONT  présents  :  MM.  Bidart, 
Delevo)^,  Durieu ,  Peltzer, 
Dupret,  Vanderkindere,Van 
Lint,  Nopère,  Mouton,  Key- 
meulen,  Paradis,  Ernotte,  de 
Raet,  Lavalette,  Delcroix,  Boitson,  Frennet,  Broothaerts,  Delva, 
Parmentier,  Langlé,  Bronkhorst,  Paternotte,  Robert,  Simon, 
Masson,  Remacle  et  Stadeler,  secrétaire. 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  25  mai  est  lu  et  adopté. 

M.  le  président  annonce  que  les  exemplaires  reliés  de  l’album 
jubilaire  seront  prêts  pour  la  prochaine  séance. 

Il  y  aura  lieu  de  porter  à  l’ordre  de  jour  de  cette  réunion  le 
renouvellement  des  membres  du  Comité  de  la  Section,  qui  sont  tous 
rééligibles. 

Une  discussion  générale  s’ouvre  au  sujet  des  fêtes  à  organiser  à 
l’occasion  du  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  la  Section  de 
Bruxelles.  Des  projets  aussi  nombreux  que  variés  voient  le  jour  et 
sont  mis  en  discussion.  En  fin  de  compte,  une  excursion  sur  l’Escaut 
maritime  semble  répondre  le  mieux  aux  vœux  des  membres. 
L’excursion  aurait  lieu  le  10  juillet  et  serait  accessible  aux  familles 


—  488 


des  membres  ainsi  qu’aux  personnes  étrangères  à  l’Association  pré¬ 
sentées  par  nos  confrères. 

Cette  excursion,  à  cause  des  frais  élevés  de  la  location  du  bateau, 
doit  comporter  au  moins  une  cinquantaine  d'adhérents.  Une  cir¬ 
culaire  dans  ce  sens  sera  envoyée  aux  membres. 

L’excursion  photographique  à  Grammont  a  fort  bien  réussi, 
malgré  la  pluie  qui  tombait  au  moment  du  départ.  Le  temps  s’est 
bientôt  remis  au  beau,  et  l’excursion  s’est  faite  dans  les  conditions 
les  plus  agréables  à  tous  les  points  de  vue.  Comme  paj^sages,  les 
environs  de  Grammont  présentent  une  très  grande  variété  de  sites 
des  plus  pittoresques,  et  la  ville  elle-même  offre  un  caractère  tout  à 
fait  particulier  et  bien  fait  pour  séduire  l’amateur  photographe. 

Nous  devons  une  mention  toute  spéciale  à  l’accueil  que  les  excur¬ 
sionnistes  ont  reçu  chez  notre  distingué  confrère  de  Grammont, 
M.  le  notaire  Declercq.  Nous  devons  également  adresser  nos  remer¬ 
ciements  à  Mme  Declercq,  qui  nous  a  reçus  avec  une  grâce  parfaite. 

Pour  la  saison  d’été,  M.  Peltzer  voudrait  voir  organiser  un 
concours  de  photographie,  tandis  que  M.  Vanderkindere  se 
demande  si  un  concours  de  positives  n’aurait  pas  plus  de  succès, 
les  Bruxellois  étant  surtout  des  lanternistes. 

Précisément  pour  ce  motif,  M.  le  président  estime  qu’on  devrait 
plutôt  encourager  un  concours  d’épreuves,  celles-ci  devenant  de 
plus  en  plus  rares.  La  question  sera  portée  à  l’ordre  du  jour  de  la 
prochaine  séance. 

M.  Vanderkindere  présente  1’  «  Eikronometer  »  inventé  par 
M.  Watkins,  pour  déterminer  d’une  façon  précise  le  moment  où 
une  plaque  est  complètement  développée.  C’est  en  somme  une 
petite  horloge  comprenant  un  cadran  de  dix  minutes  avec  des  sub¬ 
divisions  d’un  quart  de  minute;  elle  est  munie  en  outre  de  deux 
cercles  gradués  qui  servent  à  calculer  rapidement  le  temps  du 
développement,  étant  connus  le  temps  d’apparition  des  détails  dans 
les  ombres  et  le  facteur  multiplicateur.  Pour  plus  amples  détails, 
nous  renvoyons  au  Bulletin  de  mars,  p.  194  et  suivantes. 

M.  le  président,  tout  en  adressant  ses  remercîments  à  M. Vander¬ 
kindere  pour  sa  nouvelle  communication  et  pour  toutes  celles 
qu’il  a  bien  voulu  faire  jusqu’à  présent,  conteste  la  précision 


—  489 


absolue  de  1’  «  Eikronometer  ».  Le  point  faible  est  précisément  de 
déterminer  le  premier  facteur  —  l’apparition  des  premiers  détails  — 
or,  c’est  de  celui-là  que  dépendent  tous  les  calculs.  Quoi  qu’il  en 
soit,  l’instrument  mérite  d’étre  discuté  et  examiné. 

On  passe  ensuite  à  la  projection  d’intéressantes  positives  de 
MM.  Delcroix,  Kymeulen,  Lavalette,  Nopère  et  Paradis. 

La  séance  est  levée  à  11  heures. 


SÉANCE  DU  25  JUIN  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

Sont  présents  :  MM.  Peltzer,  Robert,  V.  Van  Besen,  Durieu, 
Masson,  J.  Van  Besen,  Rutot,  Smeesters,  Remacle,  Parmentier, 
Frennet,  Magnien,  Nopère,  Van  Campenhout,  Bidart,  Gilbert,  Van 
Lint,  Ernotte,  Damanet,  Boitson,  A.  Bray,  Vanderkindere,  Kymeu¬ 
len,  Watrigant,  Broothaerts,  Delcroix,  Lavalette,  Paradis,  Simo- 
neau,  Pollet,  H.  De  Waele,  Friderichs  et  Stadeler,  secrétaire. 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  8  juin  est  lu  et  adopté. 

M.  Vanderkindere  annonce  que  le  gouvernement  a  acquis  quel¬ 
ques-unes  des  œuvres  photographiques  ayant  figuré  à  la  dernière 
Exposition,  pour  le  musée  du  Palais  du  Cinquantenaire.  M.  le  pré¬ 
sident  engage  les  membres  à  aller  voir  cette  exposition  permanente 
de  nos  œuvres  à  laquelle  le  Bulletin  de  juillet,  page  447,  a  consacré 
un  article  détaillé. 

Il  est  distribué  des  échantillons  du  révélateur  la  Pyrocatéchine. 
Anciennement  ce  produit  se  vendait  à  un  prix  relativement  élevé, 
mais  aujourd’hui  la  maison  Ellon  et  Cic,  de  Berlin,  le  livre  à  un  prix 
fort  modéré  et  à  l’état  chimiquement  pur.  Ce  révélateur  présente  de 
sérieuses  qualités  et  M.  le  président  engage  les  membres  à  en  faire 
un  essai  méthodique.  En  ce  qui  le  concerne  personnellement,  il  a 
obtenu  de  très  bons  résultats  notamment  pour  le  développement  des 
diapositives. 

MM.  Magnien,  Vanderkindere,  Lavalette,  Paradis  et  Masson  se 
chargent  d’essayer  les  échantillons  remis  à  la  Section. 


—  490 


M.  Mouton  signale  que  parmi  les  positives  lui  remises  il  s’en 
trouve  une,  sans  nom,  ne  lui  appartenant  pas  ;  il  prie  la  Section  de 
la  faire  restituer  à  son  propriétaire. 

M.  Puttemans  réitère  à  nouveau  les  instructions  déjà  si  souvent 
données  et  notamment  que  les  positives  doivent  toujours  porter  le 
nom  de  l’auteur. 

La  Section  décide  d’ouvrir  entre  ses  membres,  pendant  la  session 
d’été,  un  concours  pour  les  plus  belles  séries  :  a.  d’épreuves;  b.  de 
diapositives  pour  projections.  Ce  concours,  qui  se  clôturera  le 
1er  novembre  prochain,  comportera  trois  sections,  pour  lesquelles 
il  y  aura  lieu  de  présenter  :  section  1,  trois  épreuves  18  X  24  et 
au-dessus  ;  section  2,  six  épreuves  13  X  18  et  en  dessous;  section  3, 
six  diapositives  pour  projections. 

Tous  les  genres  et  tous  les  procédés  sont  mis  sur  un  pied  de  par¬ 
faite  égalité.  La  liberté  la  plus  absolue  est  conséquemment  laissée 
aux  amateurs.  Trois  médailles  de  bronze  seront  accordées  aux 
lauréats,  quel  que  soit  le  nombre  des  concurrents  dans  chacune  des 
sections.  Notre  confrère  M.  Broothaerts  offre,  en  outre,  un  néces¬ 
saire  complet  Radiotint  pour  le  coloriage  des  photographies.  Le 
jury  chargé  d’apprécier  les  travaux  présentés  sera  désigné  dans  la 
deuxième  séance  d’octobre. 

M.  Stadeler,  secrétaire-trésorier,  désire  présenter  avant  le  renou¬ 
vellement  du  Comité  la  situation  financière  de  la  Section  pendant 
l’exercice  1897-98.  Au  22  juin,  ce  compte  se  clôturait  comme  suit  : 
recettes  :  fr.  1,376.36;  dépenses  :  fr.  1,361.58,  d’où  un  excédent 
de  fr.  14.78.  Les  pièces  justificatives  et  les  livres  de  comptabilité 
sont  présentés  aux  membres,  et  à  ce  sujet  M.  Stadeler  renouvelle  sa 
proposition  de  l’année  dernière  de  voir  vérifier  les  comptes  par 
quelques  membres  délégués  à  cet  effet.  Cette  proposition  n’est  pas 
agréée  et  les  comptes  sont  déclarés  adoptés. 

On  passe  ensuite  au  renouvellement  des  membres  du  Comité,  qui 
sont  rééligibles,  sauf  M.  Robert  renonçant  à  son  mandat  de  secré¬ 
taire  adjoint. 

M.  Bidart  propose  de  voter  de  chaleureuses  félicitations  au 
bureau  tout  entier  pour  la  brillante  voie  dans  laquelle  il  a  su  tenir 
la  Section  pendant  le  dernier  exercice.  Il  remercie  particulièrement 


491  — 


M.  Puttemans  pour  ses  nombreuses  et  intéressantes  causeries  scien¬ 
tifiques.  Il  propose  également  l’élection  de  l’ancien  bureau  par 
acclamation. 

M.  Puttemans  remercie  M.  Bidart,  mais  il  demande  instamment 
que  le  vote  se  fasse  régulièrement  et  au  scrutin  secret.  C’est,  dit-il, 
le  seul  moyen  que  possède  l’assemblée  de  manifester  ses  sentiments 
aux  candidats  et  de  leur  faire  connaître  en  pleine  liberté  si  elle  les 
croit  dignes  de  continuer  les  mandats  qui  leur  ont  été  confiés  anté¬ 
rieurement. 

Le  vote  secret  donne  les  résultats  suivants  : 

MM.  Puttemans  est  élu  président  par  33  voix. 

Rutot  »  vice-président  »  33  » 

Stadeler  »  secrétaire-trésorier  »  33  » 

le  Dr  Paradis  »  secrétaire-adjoint  »  32  » 

Au  nom  du  nouveau  bureau,  M.  Puttemans  remercie  l’assemblée 
et  promet,  comme  antérieurement,  son  concours  à  la  Section.  Il 
remercie  également  M.  Rutot  pour  ses  communications  toujours  si 
intéressantes  et  MM.  Masson  et  Paradis  qui  se  sont  acquittés  de 
leur  tâche  à  la  lanterne  avec  un  zèle  infatigable. 

Le  projet  d’excursion  sur  l’Escaut  maritime,  qui  a  été  présenté  à 
la  dernière  séance  pour  fêter  le  XXVe  Anniversaire  de  la  fondation 
de  la  Section  de  Bruxelles,  a  été  agréé  avec  enthousiasme  par  la 
plupart  des  membres.  Déjà  une  soixantaine  d’entre  eux,  leurs  dames 
et  des  personnes  étrangères  à  la  Section  ont  manifesté  le  désir  de 
prendre  part  à  l’excursion  projetée.  D’un  autre  côté,  des  membres 
des  Sections  de  Gand,  Anvers  et  Louvain  se  joindront  également 
à  leurs  confrères  de  Bruxelles.  Dans  ces  conditions,  le  succès  de 
l’excursion  est  entièrement  assuré  et  elle  a  été  arrêtée  irrévocable¬ 
ment  au  dimanche  10  juillet  prochain.  En  voici  l’itinéraire  définitif  : 
Bruxelles  à  Termonde  en  chemin  de  fer.  Termonde,  Tamise, 
Anvers,  Austruweel  et  retour  à  Anvers  par  eau.  Retour  d’Anvers  à 
Bruxelles  par  railway. 

Une  circulaire  spéciale  sera  envoyée  aux  membres. 

M.  Broothaerts  présente  à  l’assemblée  le  Radiotint,  un  procédé 
intéressant  pour  colorier  les  photographies.  Ce  procédé,  qui  n’a 
évidemment  aucune  prétention  à  l’art,  peut  constituer  un  agréable 


—  492 


passe-temps,  pour  le  portrait  notamment.  D’autre  part,  M.  Par¬ 
mentier  présente  à  l’assemblée  le  Chromoscope  donnant  la  reproduc¬ 
tion  en  couleurs  des  sujets  photographiés. 

M.  le  président  se  charge  de  donner  l’explication  théorique  de 
l’appareil  qui  a  été  succinctement  décrit  au  Bulletin  de  mai-juin, 
page  329. 

Les  effets  obtenus  sont  vraiment  intéressants  et  la  superposition 
des  clichés  monochromes  donne  des  images  d’une  coloration  aussi 
vive  qu’harmonieuse. 

Des  remerciements  sont  votés  à  M.  Parmentier,  pour  avoir  pré¬ 
senté  cet  appareil,  ainsi  qu’à  M.  Broothaerts,  qui  également  avait 
mis  à  la  disposition  des  membres  un  spécimen  du  Chromoscope. 

Comme  toutes  les  années,  les  séances  officielles  seront  suspendues 
pendant  la  saison  d’été.  Elles  seront  reprises  le  deuxième  mercredi 
d’octobre.  Toutefois  des  réunions  officieuses  auront  lieu  sans  con¬ 
vocations,  sauf  pour  des  raisons  spéciales,  dans  les  jardins  de  la 
Taverne  de  Munich  (ancienne  Taverne  de  Vienne ),  rue  de  la 
Madeleine,  60.  M.  le  président  engage  beaucoup  les  membres  à 
assister  à  ces  réunions  tout  intimes  et  à  tenir  la  Section  au  courant 
des  communications  qui  pourraient  l’intéresser. 

Il  déclare  close  la  session  1897-98.  ( Applaudissements  prolongés.) 


Section  de  Coü^t^ai 

SÉANCE  DU  2  MAI  1898 
Présidence  de  M.  D'Hont,  président 


ssist aient  à  la  séance  :  MM. 
De  Gryse,  Claeys,  Maege,  Gys, 
Decancq,  Messeyne,  Algoed  et 
Ickx. 

La  séance  est  ouverte  à  8  h.  1/2. 
M.  D’Hont  communique  aux 
membres  une  lettre  de  M.  J. 
Casier,  président  de  l’Association,  qui  insiste  pour  que  la  Section 
se  fasse  représenter  aux  fêtes  jubilaires  organisées  à  Bruxelles. 
Une  liste  d’adhésion  sera  envoyée  à  tous  les  membres  pour  leur 
rappeler  l’invitation  du  Comité  central  de  Bruxelles;  le  bureau  se 
chargera,  en  outre,  de  faire  des  démarches  auprès  de  quelques 
confrères  absents  à  la  séance  de  ce  soir  pour  qu’ils  se  joignent  à 
la  députation  de  la  Section. 

M.  Maege  a  essayé  le  nouveau  procédé  à  la  gomme  bichromatée 
décrit  dans  le  Bulletin.  Les  résultats  qu’il  a  obtenus  sont  très 
satisfaisants;  les  épreuves  qu’il  fait  circuler,  présentent  toutes 
beaucoup  de  douceur.  Les  demi-teintes  sont  conservées,  ce  qui 
était  très  difficile  avec  l’ancienne  manière  d’opérer. 

Le  président  remercie  M.  Maege  pour  son  intéressante  commu¬ 
nication. 

Les  essais  qui  ont  été  faits  avec  les  échantillons  de  papier 
«  Éclair  »  de  la  maison  Van  Monckhoven  ont  très  bien  réussi  ;  de 


—  494  — 


môme,  le  papier  «  Electric  »  de  la  Beernaert’s  Dry  Plate  Company 
a  donné  d’excellents  résultats.  Ces  deux  papiers  se  comportent 
à  peu  près  comme  le  «  Velox  »  ;  ils  sont  cependant  plus  sensibles 
que  ce  dernier,  ce  qui  permet  de  les  employer  avantageusement 
pour  les  agrandissements. 

La  séance  est  levée  à  10  heures. 


SÉANCE  DU  18  JUIN  1898 
Présidence  de  M.  D'Hont,  président 

Sont  présents  :  MM.  Messeyne,  Claeys,  Maege,  A.  Declercq, 
Vandale,  Algoed,  De  Gryse  et  Ickx. 

La  séance  est  ouverte  à  8  heures  1/2. 

Lecture  est  donnée  du  procès-verbal  de  la  séance  du  2  mai. 

Le  secrétaire  distribue  aux  membres  associes  les  gravures  hors 
texte  qui  leur  sont  destinées;  il  remet  également  aux  souscripteurs 
les  exemplaires  relies  du  Bulletin  Jubilaire  qui  ont  été  envoyés  à 
la  Section.  Ce  numéro  spécial  du  Bulletin  est  vivement  admiré; 
tous  les  membres  s’accordent  à  dire  que  l’album  est  superbe  et  que 
1  ensemble  de  cette  publication  constitue  une  véritable  œuvre  d’art. 

M.  le  président  fait  part  à  la  Section  du  décès  de  M.  Eugène 
Bekaert.  Le  bureau,  réuni  d’urgence,  a  décidé  qu’une  députation 
assisterait  aux  obsèques  de  notre  regretté  confrère  et  qu’une  cou¬ 
ronne  serait  déposée  sur  la  tombe. 

L  ordre  du  jour  appelle  la  discussion  sur  un  projet  d’excursion 
à  faire  dans  le  courant  de  juillet.  Quelques  membres  proposent  de 
se  rendre  à  Middelbourg  le  21  juillet;  d’autres  indiquent  comme 
but  de  1  excursion  la  plage  de  La  Panne.  M.  Claeys  se  charge  de 
réunir  les  indications  nécessaires  pour  l’organisation  du  voyage  et 
en  fera  part  à  la  Section  à  la  prochaine  réunion. 

M.  Claeys,  au  nom  de  M.  Van  Neck,  d’Anvers,  présente  une 
série  longue  et  très  diverse  d’appareils  et  de  nouveautés.  Citer 
tout  serait  impossible.  Les  plus  admirés  ont  été  :  Le  «  Vercak  » 
appareil  6  1/2  X  9,  très  léger  et  très  bien  construit  ;  un  appareil 


495  — 


pouvant  servir  pour  le  stéréoscope  et  pour  le  format  13  X  18  ;  des 
photo-jumelles  de  différents  systèmes  et  une  «  détective  »  9  X  12» 
avec  obturateur  à  rideau,  se  mouvant  automatiquement.  Le  prési¬ 
dent  prie  M.  Claeys  de  transmettre  à  M.  Yan  Neck  les  remercî- 
ments  de  la  Section. 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


Section  de  Bruxelles 


XXVe  Anniversaire  de  l’Installation  de  la  Section 

Excursion  sur  l’Escaut  de  Termonde  à  Anvers 


a  Section  de  Bruxelles  avait  décidé 
de  remémorer  le  vingt-cinquième 
anniversaire  de  son  installation  par 
une  excursion  sur  l’Escaut  mari¬ 
time,  à  laquelle  étaient  conviés, 
non  seulement  ses  membres,  mais 
encore  leurs  dames  et  même  leurs 
invités.  C’était  là  une  innovation  et  l’expérience  a  montré  qu’elle 
était  heureuse. 

Plus  de  quatre-vingt-dix  personnes,  parmi  lesquelles  quelques 
membres  des  Sections  d’Anvers,  Gand  et  Louvain,  avaient  répondu 
à  l’appel  du  comité  et  prenaient,  le  10  juillet,  le  train  pour  Ter- 
monde. 

L  arrivée  dans  cette  ville  paisible  d’un  si  grand  nombre  de  pho¬ 
tographes  des  deux  sexes  produisit  une  certaine  sensation  et  valut 
aux  excursionnistes  une  escorte  par  moments  quelque  peu  gênante. 

Termonde  a  conservé  ses  anciennes  fortifications  qui  présentent 
aujourd’hui  encore  une  grande  importance,  aussi  ont-elles  été  ren¬ 
forcées  par  trois  batteries  permanentes  chargées  de  défendre  les 


—  497  — 


grandes  voies  de  communication  et  d’empêcher  les  travaux  d’ap¬ 
proche  de  l’ennemi  entre  la  rive  droite  de  l’Escaut  et  la  rive  droite 
de  la  Dendre.  Le  système  de  défense  de  Termonde  se  rattache  du 
reste  à  celui  du  vaste  camp  retranché  d’Anvers. 

Dès  que  l’on  abandonne  le  train,  on  s’aperçoit  du  rôle  militaire 
de  la  ville,  qui  est  aussi  un  centre  commercial  et  industriel  impor¬ 
tant.  La  gare  et  les  constructions  environnantes  sont  en  bois  et  à 
quelques  pas  on  franchit  les 
fossés  de  l’enceinte  et  la 
poterne  gardée  militaire¬ 
ment.  Cette  entrée  de  ville 
d’un  caractère  spécial  ne 
manque  pas  de  pittoresque 
et  aurait  certainement  tenté 
beaucoup  d’excursionnistes 
si  le  temps  avait  été  moins 
maussade ,  car  une  fois 
encore  le  ciel  boudait  et  le 
soleil  devait  être  en  ce  jour 
de  fête  très  avare  de  ses 
rayons. 

On  traverse  la  ville  pour 
se  rendre  à  la  Grand’Place 
où  se  trouvent  les  deux  mo¬ 
numents  les  plus  intéres¬ 
sants  :  l’Hôtel  de  Ville  et 
l’ancienne  Halle  aux’ 
viandes. 

L’Hôtel  de  ville  est  lui-même  l’ancienne  Halle  aux  draps  dont  la 
construction  fut  commencée  en  1337  et  terminée  en  1403.  L’édifice 
subit  malheureusement  des  transformations  maladroites  qui  en  alté¬ 
rèrent  le  style  primitif.  La  restauration  actuelle  est  due  à  l’archi¬ 
tecte  de  la  ville,  M.  E.  Bouwens,  qui  a  rétabli  le  monument  en 
respectant  les  plans  de  Maestertius.  Le  beffroi  avait  échappé  aux 
mutilations;  sa  tour  carrée  qui  domine  le  pays  environnant,  se  ter¬ 
mine  par  une  lanterne  surmontée  d’une  flèche  élégante.  Dans  la 


Ch.  L’uttemans. 

Termonde.  -  Hôtel  de  ville. 


—  498  — 


lanterne,  le  carillon  et  aux  angles,  quatre  tours  rondes  en  avancée 
et  à  toits  aigus. 

L’Hôtel  de  ville  renferme  un  musée  intéressant. 

La  Halle  aux  viandes,  dans  ces  derniers  temps  la  Grand’garde, 
est  une  curieuse  construction,  mais  masquée  par  les  échafaudages 
élevés  pour  les  travaux  de  restauration. 

On  n’a  pas  de  données  exactes  sur  l’origine  de  ce  monument. 
Certains  auteurs  prétentent  reconnaître  dans  la  tour  octogonale  qui 
en  occupe  1  angle  l’ancien  beffroi.  Ce  qui  est  certain,  c’est  que  de 
même  qu’à  l’Hôtel  de  ville  des  ajoutes  ont  été  faites  au  siècle  dernier 

et  il  est  à  espé¬ 
rer  que  les  tra¬ 
vaux  de  restau¬ 
ration  que  l’on 
a  commencés 
feront  dispa¬ 
raître  l’absurde 
perron  dont  on 
avait  affublé  le 
bâtiment. 

En  dehors  de 
ces  restes  du 
passé  on  ne  peut 
citer  à  Ter- 

monde  que  l’église  collégiale  de  Notre-Dame,  de  style  ogival,  qui 
possède  quelques  œuvres  d’art  remarquables  soigneusement  mas¬ 
quées  par  des  rideaux,  citons  la  Vierge  de  Crayer  et  le  Christ  en 
croix  de  Van  Dyck. 

En  suivant  les  quais  de  la  Dendre,  on  arrive  au  confluent  de  cette 
rivière  avec  l’Escaut  ;  un  pont  et  au  delà  le  Wilford  III  de  la  com¬ 
pagnie  de  navigation  de  Tamise  à  Anvers.  C’est  le  steamer  sur 
lequel  on  s’embarque  et  à  10  heures  on  quitte  Termonde. 

L’Escaut  coule  ici  entre  deux  digues,  dont  celle  de  droite  forme 
une  superbe  promenade  toute  plantée  de  noyers  et  qui  se  prolonge 
jusqu  à  Baesrode.  Les  fonds  de  la  rive  gauche  sont  occupés  par  des 
marais  où  les  sites  aimables  ne  manquent  pas. 


—  499  — 


La  navigation  est  très  intense  et  de  nombreux  bateaux  ou  plutôt 
des  trains  de  bateaux  se  dirigent  sur  Anvers. 

Le  temps  reste  gris  et  peu  favorable  à  la  photographie,  et  c’est 
vraiment  dommage,  car  le  fleuve,  qui  n’a  pas  encore  ici  l’étendue 
qu’il  prend  après  le  confluent  de  la  Durme  et  du  Rupel,  offre,  grâce 
à  ce  mouvement,  de  nombreux  sujets  auxquels  il  ne  manque  qu’un 
rayon  de  soleil. 

On  arrive  à  Baesrode  où  se  trouvent  d’importants  chantiers  de 
construction  de  bateaux.  On  fait  arrêt  et  l’on  accorde  une  demi- 
heure  pour  vi¬ 
siter  la  localité. 

La  plupart  des 
excursionnistes 
se  dirigent  vers 
les  chantiers 
où,  malgré  le 
jour  de  repos, 
travaillent  quel¬ 
ques  ouvriers 
qui  s’occupent 
à  calfeutrer  des 
joints,  tandis 
que  d’autres 
nous  font  con¬ 
naître  la  manière  de  courber  les  bois  à  l’aide  de  feux  de  joncs  tenus 
à  la  main. 

Malgré  l’éclairage  peu  favorable,  quelques  amateurs  ne  résistent 
pas  devant  ces  scènes  intéressantes  et  les  appareils  fonctionnent. 

Le  sifflet  strident  du  Wilford  se  fait  entendre  et  rappelle  tout  le 
monde  à  bord.  Le  bateau  reprend  sa  marche  ;  on  passe  devant 
Saint-Amand  et  Mariakerke,  puis  plus  loin,  à  Thielrode,  le  confluent 
de  la  Durme  après  lequel  on  aperçoit  la  silhouette  bien  caractéris¬ 
tique  de  la  tour  de  Tamise.  L’Escaut  s’est  considérablement  élargi 
et  est  coupé  par  le  remarquable  pont  du  chemin  de  fer  de  Malines 
à  Terneuzen. 

En  amont,  le  port  avec  sa  flottille  de  bateaux  et  le  débarcadère  où 


Ch.  Puttemans 

A  Baesfode. 


—  500  — 


nous  abordons.  Tamise  occupe  sur  la  rive  gauche  une  situation  des 
plus  riantes.  C’est  un  gros  bourg  aux  allures  de  ville  maritime  et  qui 
respire  l’aisance.  Ici  les  coins  pittoresques  abondent  ;  le  fleuve  a  des 
avancées  dans  la  ville  où  vont  se  réfugier  les  bateaux  que  la  marée 
basse  dépose  sur  la  vase. 

La  demi-heure  qui  nous  sépare  encore  du  moment  de  se  mettre  à 
table  est  mise  à  profit,  et  le  soleil  qui  daigne  percer  les  nues,  nous 
permet  de  fixer  les  sites  les  plus  intéressants. 

Une  certaine]animation  règne  dans  la  localité  dont  c’est  la  ker- 

messe,  et  la 
foire  étale  ses 
attractions  tout 
autour  de  l’é¬ 
glise,  ce  qui 
donne  l’occa¬ 
sion  de  faire 
quelques  cli¬ 
chés  d’une  sa¬ 
veur  spéciale. 

L’heure  du 
dîner  nous  fait 
rejoindre  Y  Hô¬ 
tel  de  l'Ancre  dont  l’aimable  patronne  s’est  mise  en  quatre  avec 
tout  son  personnel  pour  recevoir  notre  nombreuse  société.  Les 
tables  sont  dressées  dans  toute  la  maison  et  l’on  se  case  sans  être 
trop  serré. 

Menu  très  substantiel  et  largement  servi  auquel  les  plus  grin¬ 
cheux,  s’il  y  en  avait  eu,  n’auraient  pu  adresser  un  reproche.  Ce 
repas  se  serait  peut-être  prolongé  si  le  temps  l’avait  permis,  mais  les 
heures  étaient  comptées. 

La  dissémination  des  convives  dans  les  diverses  salles  de  l’établis¬ 
sement  empêcha  aussi  les  toasts  de  se  produire,  et  bien  qu’adversaire 
en  principe  de  ces  débauches  oratoires,  le  président  de  la  Section  de 
Bruxelles  aurait  désiré  prendre  la  parole  dans  cette  circonstance, 
et  cela  pour  de  nombreuses  raisons,  et  puisque  l’occasion  lui  en  est 
offerte,  il  exposera  ici  en  quelques  mots  ce  qu’il  avait  voulu  dire. 


Ch.  Puttemans. 


T  amise. 


—  501 


Sans  faire  l’historique  de  la  Section  même  en  abrégé,  il  se  serait 
contenté  de  constater  la  très  grande  réussite  de  cette  excursion,  la 
première  de  ce  genre,  et  qui  ne  sera  certainement  pas  la  dernière. 
Il  aurait  remercié  les  dames  d’avoir  répondu  en  aussi  grand  nombre 
à  l’invitation  qui  leur  avait  été  faite  ;  il  aurait  rappelé  que  l’idée  pre¬ 
mière  de  fêter  le  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  la  Section 
avait  été  émise  par  notre  excellent  ami  M.  Delevoy,  que  c’est 
au  très  sympathique  confrère  M.  Bidart  que  l’on  doit  la  proposition 
d’une  excursion  sur  l’Escaut,  et  il  aurait  regretté  de  ne  pouvoir 
citer  celui  des 
membres  qui 
avait  proposé 
d’inviter  les  fa¬ 
milles  à  cette 
excursion .  Le 
président  aurait 
constaté  encore 
avec  plaisir  que 
parmi  les  mem¬ 
bres  présents  se 
trouvait  M.  Al. 

Cadot,  le  pre¬ 
mier  président 
de  la  Section 

de  Bruxelles,  auquel  s’était  jointe  sa  très  gracieuse  et  très  aimable 
compagne.  Enfin,  il  aurait  voulu  adresser  des  remerciements 
bien  mérités  à  tous  ceux  qui  se  sont  occupés  de  l’organisa¬ 
tion  de  l’excursion  et  en  tout  premier  lieu  à  M.  J.  Macs,  pré¬ 
sident  de  la  section  d’Anvers,  qui  s’était  chargé  de  toutes  les 
démarches  relatives  à  la  location  du  bateau  et  au  dîner  si  récon¬ 
fortant  et  si  bien  ordonné  auquel  nous  venions  d’assister.  M.  Maes 
a  singulièrement  facilité  la  tâche  du  comité,  qui  lui  exprime  ici 
toute  sa  reconnaissance.  Il  serait  injuste  de  ne  pas  reconnaître 
aussi  tout  le  mal  que  s’est  donné  notre  ami  Stadeler,  le  dévoué 
secrétaire  de  la  Section,  qui  a  été  sur  la  brèche  pendant  toute  cette 
journée.  Voilà  ce  qu’aurait  voulu  développer  le  président,  sans 

36 


502 


oublier  de  remercier  les  membres  des  sections  d’Anvers,  de  Gand 
et  de  Louvain,  qui  étaient  venus  fraterniser  avec  leurs  confrères 
de  Bruxelles. 

Une  partie  des  excursionnistes  remonte  à  bord  du  Wilford,  les 
autres  passent  le  pont  et  prennent  la  digue  de  la  rive  droite  du  fleuve, 
au  bas  de  laquelle  se  montrent  de  bien  jolis  coins  de  paysages. 

Bientôt  on  aperçoit  par  des¬ 
sus  les  arbres  des  tourelles 
aiguës,  des  pignons  en  esca¬ 
liers  qui  intriguent  vive¬ 
ment,  car  deux  ou  trois  seu¬ 
lement  des  membres  sont 
dans  le  secret  de  la  petite 
promenade  pédestre  à  la¬ 
quelle  on  a  convié  les  excur¬ 
sionnistes. 

On  descend  à  droite  un  che¬ 
min  conduisant  vers  Born- 
hem  et  après  quelques  cen¬ 
taines  de  mètres,  on  se 
trouve  tout  à  coup  devant 
une  reconstitution  partielle 
du  Vieil  Anvers  de  1895  : 
la  porte  d’entrée,  la  Maison 
scabinale  et  quelques  autres 
constructions  élevées  là  par 
un  particulier  qui  compte  y  exploiter  un  restaurant  avec  diverses 
attractions.  On  trouve  l’endroit  propice  pour  y  faire  un  groupe, 
dont  se  chargent  MM.  Magnien  et  Lavalette.  Malheureusement, 
dans  son  émotion  d’opérer  devant  un  aussi  grand  nombre  de  per¬ 
sonnes,  M.  Magnien  effectue  deux  poses  sur  la  même  plaque; 
M.  Lavalette,  plus  calme,  réussit  avec  sa  photo-jumelle. 

On  rejoint  le  bateau  où  les  autres  excursionnistes  attendent 
impatiemment  notre  arrivée  et  l’on  se  remet  en  route. 

Voici,  sur  la  rive  gauche,  Steendorp,  des  plumes  duquel  se  pare 
bien  injustement  Rupelmonde,  situé  plus  loin.  C’est  en  effet  à  Steen- 


J.  Boitson. 

Porte  d’entrée  du  Vieil-Anvers. 


—  503  — 


dorp  que  se  trouve  le  fort  dit  «  de  Rupelmonde  »  et  c’est  encore  à 
Steendorp  que  se  fabriquent  les  briques  dites  «  de  Rupelmonde  » . 

Le  Rupel,  arrivant  de  Boom,  vient  à  droite  confondre  ses  eaux 
avec  celles  de  l’Escaut.  En  face,  Rupelmonde,  d’un  aspect  pitto¬ 
resque  avec  son  port  en  miniature  et  sa  vieille  tour,  reste  du  vieux 
château  fort  bâti  par  les  comtes  de  Flandre. 

Le  fleuve,  grossi  du  Rupel,  s’est  encore  élargi  et  accentue  son 
caractère  maritime.  Sur  les  rives  se  montrent  des  établissements 
industriels  nombreux  et  variés,  ainsi  que  quelques  châteaux  d’aspect 
peu  riant.  La 
haute  tour  que 
l’on  aperçoit  sur 
la  rive  droite 
appartient  à 
l’ancienne  ab¬ 
baye  de  Saint- 
Bernard  qui, 
après  bien  des 
vicissitudes  et 
des  transforma¬ 
tions,  est  deve¬ 
nue  un  éta¬ 
blissement  mi¬ 
litaire  où  sont  réunis  les  dépôts  de  divers  régiments. 

Après  Saint-Bernard,  Hemixem,  localité  industrielle  importante 
où  se  trouvent  de  nombreuses  briqueteries  et  tuileries,  et  plus  loin, 
à  gauche,  Cruybeke,  à  quelque  distance  de  la  rive.  En  face,  Hobo- 
ken  et  les  vastes  chantiers  de  construction  de  la  Société  Cockerill. 

Le  mouvement  sur  l’Escaut  devient  plus  intense,  on  sent  l’appro¬ 
che  de  la  métropole  commerciale  et  l’on  aperçoit  bientôt  le  profil 
si  typique  de  la  haute  tour  de  la  cathédrale.  On  laisse  à  gauche  le 
riant  village  de  Burght  et  le  brillant  panorama  de  la  rade  et  de  la 
ville  ne  tarde  pas  à  se  dérouler  devant  nous.  Quelques  minutes  après 
nous  débarquons  au  ponton  du  Steen.  Nous  étions  au  terme  de  cette 
journée  bien  et  agréablement  remplie,  et  nous  n’étonnerons  aucun 
de  ceux  qui  ont  participé  à  cette  fête  en  disant  que  déjà  à  bord  1  on 


J.  Broothaerts. 

Rupelmonde. 


—  504 


faisait  des  projets  pour  l’année  prochaine.  Nul  doute  qu’ils  se 
réalisent,  avec  le  concours  cette  fois,  du  moins  espérons-le,  du 
soleil,  sans  lequel  il  n’y  a  pas  de  vraie  fête  pour  une  association 
de  photographes. 

Ch.  P. 


Régates  internationales  à  voiles 

A  AR{YE1RS 

l’occasion  des  régates  interna¬ 
tionales  à  voiles  qui  avaient  lieu 
le  7  août,  la  Section  d’Anvers 
avait  invité  gracieusement  les 
membres  des  diverses  Sections 
de  l’Association  à  une  excursion- 
concours. 

A  9  heures,  Y  Énergie,  à  bord 
de  laquelle  MM.  Maes  et  Lunden  recevaient  les  invités,  quittait 
le  ponton  Marguerie  et  rejoignait  bientôt  les  nombreuses  embar¬ 
cations  qui  participaient  aux  régates. 

Le  temps,  qui  avait  si  remarquablement  favorisé,  tout  au  moins  au 
point  de  vue  photographique,  le  concours  de  l’année  dernière,  s’est 
montré  moins  favorable  cette  fois.  Le  matin,  un  ciel  nuageux,  mais 
gris  et  un  calme  si  complet  que  la  flottille  n’avançait  que  pénible¬ 
ment  en  louvoyant  sans  cesse  sur  le  fleuve  uni  comme  un  lac.  La 
grande  masse  de  lumière  dans  cet  espace  découvert  permettait 
cependant  aux  amateurs  l’usage  de  leurs  appareils  et  de  nombreux 
clichés  furent  pris  malgré  tout. 

Au  moment  où,  les  unes  après  les  autres,  les  légères  embarcations 
de  courses  arrivaient  au  virage  de  Bath,  la  pluie  se  mît  à  tomber  drue 
et  sans  discontinuer  pendant  deux  heures. 

Comme  on  regrettait  cette  pluie  intempestive,  car  le  coup  d’œil 


—  50G  — 


à  Bath  eût  été  vraiment  exceptionnel  si  le  soleil  avait  bien  voulu 
darder  quelques  rayons  sur  le  tableau  ! 

La  réunion  de  tous  ces  charmants  et  légers  voiliers  auxquels  de 
nombreuses  embarcations  avaient  fait  escorte  présentait  un  coup 
d’œil  des  plus  pittoresques.  U  Énergie,  qui  ne  concourait  qu’au 
point  de  vue  photographique ,  était  arrivée  bonne  première 
à  Bath,  suivie  par  le  beau  yacht  à  vapeur  du  notaire  De  Ro,  de 
Bruxelles,  à  bord  duquel  se  trouvait  le  jury  des  Régates.  Succes¬ 
sivement  arrivèrent  le  Brabo,  le  superbe  yacht  de  M.  Oesterieth 
d’Anvers,  le  bateau  des  pontonniers  d’artillerie,  le  Télégraphe, 
bondé  d’excursionnistes,  et  un  grand  nombre  d’autres  bateaux  et 
embarcations  à  vapeur. 

Pendant  cette  longue  averse  et  sous  la  protection  de  la  tente  de 
Y  Énergie  fut  servi  le  dîner  froid  traditionnel  auquel  on  fit  du 
reste  le  plus  grand  honneur. 

Le  départ  a  lieu  vers  2  heures,  toujours  sous  la  pluie,  mais 
bientôt  celle-ci  cesse  et  une  éclaircie  inespérée  vient  changer  le 
tableau.  Le  vent  s’est  levé  et  tous  ces  boeiers,  centerboard  boats, 
cutters  et  schooners  qui  tantôt  n’avançaient  qu’avec  peine,  s’élan¬ 
cent  maintenant  avec  rapidité,  inclinant  gracieusement  leur  voilure 
sous  l’effort  de  la  brise. 

La  Vague,  à  M.  Linssen  d’Anvers,  et  Magnolia,  à  M.  Laverge 
de  Rotterdam,  se  distinguent  par  leur  gracieuse  allure  et  sont  les 
points  de  mire  de  tous  les  objectifs. 

L’excursion,  qui  d’abord  s’annonçait  mal,  est  devenue  des  plus 
intéressantes  ;  les  sujets  se  suivent  et  l’on  n’entend  que  le  bruit  sec 
du  déclanchement  des  obturateurs. 

On  revient  ainsi  à  Anvers,  regrettant  de  quitter  le  fleuve,  mais 
comme  il  est  encore  tôt  et  que  le  soleil  continue  à  rayonner, 
MM.  Maes  et  Lunden  prolongent  l’excursion,  et  pendant  quelque 
temps  encore  Y  Énergie  se  promène  dans  la  merveilleuse  rade,  où 
nous  apercevons  entre  autres  Y  Albertville,  revenu  la  veille  du 
Congo,  ramenant  les  invités  à  l’inauguration  du  chemin  de  fer. 

En  terminant  ce  rapide  compte  rendu  de  l’excursion  si  intéres¬ 
sante  organisée  par  la  Section  d’Anvers,  n’oublions  pas  de  la 
remercier  pour  sa  gracieuse  invitation,  n’oublions  pas  non  plus 


—  507  — 


d’adresser  de  vifs  remerciements  à  MM.  Maes  et  Lunden,  président 
et  vice-président,  qui  ont  reçu  les  excursionnistes  avec  tant  de  cor¬ 
dialité,  cordialité  à  laquelle  ils  nous  ont  habitués,  il  est  vrai,  mais 
que  certainement  tous  ceux  qui  ont  participé  à  cette  fête  nautique 
seront  heureux  de  reconnaître  une  fois  de  plus. 


Ch.  P. 


Ppoçédé  de  tipogç  des  éppeuOes 

pat*  déYeloppefnetjfc 


orsqu’on  a  besoin,  dans  un 
délai  très  court,  d’un  certain 
nombre  d’épreuves  d’un  même 
cliché,  le  procédé  le  plus  expé¬ 
ditif  pour  les  obtenir  consiste  à 
les  tirer  sur  un  papier  au  géla- 
tino. 

Dans  l’ensemble  des  manipulations,  la  mise  au  châssis-presse  et 
l’exposition  constituent  certainement  la  partie  la  plus  longue  et  la 
plus  fastidieuse.  Si  l’on  n’a  qu’une  seule  pièce  à  sa  disposition,  il 
faut  en  effet  pour  chaque  épreuve  : 

a.  Ouvrir  l’enveloppe  qui  contient  les  feuilles  sensibles; 

b.  Ouvrir  le  châssis-presse  ; 

c.  Mettre  la  feuille  en  place  ; 

d .  Fermer  le  châssis  ; 

<?.  Fermer  l’enveloppe; 

f.  Couvrir  les  cuvettes  qui  contiennent  d’autres  feuilles  en  déve¬ 
loppement,  lavage  ou  fixage  ; 

g.  Exposer  à  la  lumière  ; 

h.  Ouvrir  à  nouveau  le  châssis-presse  avant  d’avoir  la  feuille 
prête  à  développer. 

L’impression  proprement  dite  a  peut-être  demandé  dix  secondes, 
mais  les  manipulations  accessoires  en  ont  demandé  cinquante. 

En  construisant  le  petit  appareil  décrit  ci-dessous,  nous  nous 
sommes  précisément  proposé  de  limiter  pour  ainsi  dire  au  temps 


—  509  — 


de  la  pose  le  temps  total  nécessaire  au  tirage.  Cet  appareil  permet 
d’impressionner  les  épreuves  presque  aussi  rapidement  que  s’il 
s’agissait  simplement  d’appliquer  sur  chaque  papier  un  cachet  ou  un 
timbre. 

L’opérateur  tient,  dans  la  main  droite,  le  cliché  et  la  source 
lumineuse,  solidaires  l’un  de  l’autre.  Il  n’a  qu’à  appliquer  le  cliché 
éclairé  sur  chaque  papier  sensible  pour  opérer  l’impression,  sans 
châssis,  et  sans  que  la  lumière  actinique  soit  visible  dans  la  pièce. 

De  la  main  gauche,  le  même  opérateur  prend  les  papiers  sen¬ 
sibles  et  range  les  papiers 


D 


M 


l-l 


B 


impressionnés,  ou  les  passe 
à  une  autre  personne  qui 
procède  au  développement. 

Le  cliché  C  forme  la  paroi 
inférieure  horizontale  d’une 
boîte  B  étanche  à  la  lumière. 

Dans  la  partie  supérieure  de 
cette  boîte  se  trouve  montée 
une  petite  lampe  à  incandes¬ 
cence  I,  qu’un  bouton  exté¬ 
rieur  b  permet  d’allumer  avec 
l’index  de  la  main  qui  tient 
la  boîte. 

La  feuille  de  papier  P  étant 
posée  sur  un  coussin  K,  on  y 
applique  leclichéet  l’on  allume 

la  lampe  en  regardant  une  montre  à  secondes.  La  pose  terminée, 
on  éteint,  on  soulève  le  cliché,  on  met  une  deuxième  feuille,  et 
ainsi  de  suite. 

Le  cliché  est  retenu  à  la  partie  inférieure  de  la  boîte  par  deux 
cordelettes  à  ressort,  ou  deux  tracelets  de  caoutchouc  qui  entourent 
cette  boîte.  On  peut  également  employer  des  pellicules  en  les 
appuyant  simplement  sur  un  verre.  La  pression  exercée  sur  la 
feuille  suffit  pour  les  appliquer  sur  la  surface  sensible. 

Nous  construisons  la  boîte  suffisamment  haute  pour  que  la  lampe 
soit  à  une  distance  du  cliché  au  moins  égale  à  la  distance  focale  de 


I 


g 


C 


w 

I 

I 

I 


K: 


—  510  — 


l’objectif.  Rien  ne  serait  plus  facile  que  d’augmenter  encore  cette 
distance  qui,  pour  les  dimensions  courantes,  conduit  à  un  appareil 
très  maniable.  (Si  l’on  opère  sur  une  table  de  hauteur  ordinaire,  il 
faut  simplement  prendre  la  précaution  de  s’asseoir  sur  un  tabouret 
un  peu  haut,  pour  éviter  d’avoir  trop  à  élever  le  bras.)  L’inégalité 
d’éclairement  entre  le  centre  et  les  bords  de  la  plaque  se  trouve 
compensée  par  le  fait  que  le  cliché  est  généralement  un  peu  plus 
dense  au  milieu  qu’aux  bords. 

Nous  nous  servons  de  préférence  d’une  lampe  à  bas  voltage  dont 
le  filament  est  par  suite  très  court.  La  source  lumineuse  ainsi 
obtenue  est  de  très  petites  dimensions  et  donne  une  ombre  nette, 
même  si  le  contact  n’est  pas  parfait  entre  le  cliché  et  la  feuille  de 
papier  sensible. 

Nous  avons  fait  également  l’essai  d’un  appareil  de  disposition 
inverse  :  la  lampe  est  placée  à  la  partie  inférieure  d’une  boîte 
opaque  dont  la  paroi  horizontale  supérieure  est  constituée  par  une 
glace  sur  laquelle  repose  le  cliché.  Cet  ensemble  est  fixe.  On  y 
applique  d’abord  la  feuille  de  papier  sensible,  puis  un  tampon 
élastique  destiné  à  assurer  l’adhérence  entre  la  feuille  et  le  cliché. 
Ce  tampon,  dont  la  forme  extérieure  rappelle  celle  d’un  calibre  à 
découper  les  épreuves,  est  tenu  à  la  main,  la  pose  ne  durant  en 
général  que  quelques  secondes  (deux  à  six  secondes  pour  un  cliché 
de  densité  ordinaire).  On  allume  alors  la  lampe  à  l’aide  d’une  pédale 
placée  sous  le  pied  de  l’opérateur. 

Cet  appareil  nous  a  paru  moins  rapide  que  celui  dont  nous  avons 
parlé  plus  haut.  Néanmoins,  il  pourrait  avoir  son  intérêt  pour  le 
tirage  des  épreuves  de  grand  format. 

F.  Drquin. 


•"eskr* 


BEtfFORCEMEHT  ET  RFFAIBIiISSEIVIENT 

produits  autour  des  impressions  photographiques  par  le  développement 

par  M.  le  Capitaine  R.  COLSON 


(Communication  faite  à  la  Société  française  de  Photographie 
en  séance  du  7  janvier  1898) 


’ai  montré,  à  propos  de 
l’action  de  la  main  sur  la 
plaque  photographique  en 
présence  du  révélateur, 
qu’une  chaleur  modérée 
suffit  pour  l’impression,  et 
que  l’appauvrissement  qui 
en  résulte  pour  le  liquide 
en  contact  avec  les  parties  impressionnées,  détermine  un  appel  des 
substances  actives  qui  se  trouvent  en  dissolution  dans  les  régions 
voisines. 

Ce  phénomène  de  transport  des  éléments  du  révélateur,  causé 
par  l’inégale  répartition  que  fait  naître  dans  le  liquide  l’inégale 
impression  de  deux  régions  voisines  sur  la  plaque,  doit  se  retrouver 
dans  tous  les  cas  où  les  conditions  du  développement  sont  les 
mêmes,  quelle  que  soit  la  nature  de  l’impression.  La  seule  différence 
consistera  en  ce  que,  pour  la  chaleur,  le  passage  d’une  région 
chaude  à  une  région  froide  se  fait  sur  un  large  espace,  tandis  que, 
pour  la  lumière,  par  exemple,  le  passage  d’une  région  éclairée  à 


—  512 


une  région  sombre  peut  avoir  lieu  brusquement  et  sans  transition. 

Supposons  qu’on  développe  une  plaque  au  gélatinobromure  sur 
laquelle  se  trouvent  deux  impressions  lumineuses  voisines,  d’inten¬ 
sités  notablement  différentes,  et  considérons  une  petite  surface 
dans  l’impression  la  plus  forte  ;  la  portion  du  révélateur  qui  est  en 
contact  avec  cette  surface  s’appauvrit  en  substances  actives,  par  le 
fait  même  du  développement  et  détermine  un  appel  de  ces  subs¬ 
tances  par  diffusion  dans  le  liquide  et  au  travers  de  la  gélatine. 
Cet  appel  se  fait  dans  tous  les  sens  et  dans  un  certain  rayon  tout 
autour  de  la  petite  surface  considérée  ;  tant  que  celle-ci  reste  à  l’in¬ 
térieur  de  l’impression  forte  et  loin  du  bord  de  l’impression  faible, 
tous  ces  appels  sont  symétriques  et  produisent  le  même  effet  résul¬ 
tant;  mais  si  elle  se  trouve  le  long  de  ce  bord,  il  arrive  une  plus 
forte  proportion  de  substances  actives  de  la  région  faiblement 
impressionnée  qui  en  contient  davantage  par  suite  de  la  rapidité 
moindre  du  développement.  Il  en  résulte  que  le  bord  en  dedans  de 
1  impression  forte  reçoit  une  plus  forte  proportion  de  substances 
actives  que  la  région  intérieure  de  l’impression  forte,  tandis  que  le 
phénomène  inverse  se  produit  dans  l’impression  faible;  par  suite, 
sur  le  négatif,  le  long  de  la  limite  commune,  la  teinte  foncée  est 
bordée  intérieurement  d’un  liseré  plus  foncé,  et  la  teinte  claire  d’un 
trait  encore  plus  clair. 

Il  est  évident  que  ce  phénomène  doit  être  favorisé  par  le  repos 
du  révélateur  et  par  tout  ce  qui  peut  s’opposer  à  l’arrivée  des  subs¬ 
tances  actives  dans  la  direction  perpendiculaire  à  la  surface  de  la 
plaque,  par  exemple  par  la  minceur  de  la  couche  liquide. 

Ces  modifications  se  reproduisent  dans  le  même  ordre  sur  les 
positifs  que  l’on  tire  de  ces  clichés  et  s’exagèrent  encore  si  les 
positifs  sont  produits  par  voie  de  développement  qui  ajoute  au 
contraste. 

Ce  silhouettage  tend  à  durcir  les  contours;  lorsqu’il  n’est  pas 
exagéré  et  s’applique  à  des  premiers  plans,  il  n’est  pas  choquant 
et  donne  aux  images  une  grande  vigueur  et  une  grande  netteté, 
utiles  dans  certains  cas;  mais,  s’il  s’exerce  sur  des  lointains,  il  tend 
à  les  rapprocher  et  aplatit  la  perspective. 

Je  montre  en  outre  qu’un  révélateur  rapide,  comme  le  métol, 


513 


peut  aussi  produire  le  même  effet.  Dans  ce  cas,  la  réduction  du 
bromure  a  lieu  immédiatement  sur  la  surface  extérieure  de  la  cou¬ 
che  impressionnée,  et  le  dépôt  d’argent  qui  bouche  alors  les  pores 
de  cette  surface  s’oppose  au  passage  des  substances  actives  appe¬ 
lées  dans  l’épaisseur  de  la  gélatine  par  le  développement  interne  ; 
l’appel  se  fait  alors  surtout  dans  l’intérieur  de  la  gélatine,  latérale¬ 
ment,  et  le  silhouettage  apparaît. 

Puisque  le  phénomène  ne  dépend  que  du  mode  de  développement, 
il  doit  avoir  lieu  avec  toutes  sortes  d’impressions.  Je  le  montre  en 
effet  aussi  pour  les  rayons  Rôntgen  sur  une  projection  provenant 
du  cliché  développé  dans  la  séance  du  7  février  189G,  lors  de  ma 
communication  sur  ces  rayons  ;  le  développement  a  été  abandonné 
à  lui-même,  sous  les  yeux  de  l’assistance,  dans  une  cuvette  verti¬ 
cale  transparente. 

En  résumé,  il  y  a  lieu  de  tenir  compte,  dans  le  développement, 
d’un  élément  qui  a  été  négligé  jusqu’ici  et  qui  est  cependant  très 
important,  car  il  exerce  une  grande  influence  sur  la  constitution 
des  images  du  cliché  :  c’est  la  diffusion,  dans  le  liquide  libre  et 
dans  la  couche  sensible,  des  éléments  qui  composent  le  révélateur. 
On  sait  que  les  différentes  substances  en  dissolution  ne  se  diffusent 
pas  de  la  même  façon  ;  il  serait  intéressant  d’étudier  à  ce  point  de 
vue  celles  qui  entrent  dans  la  composition  des  révélateurs  les  plus 
employés,  en  se  plaçant  dans  les  conditions  ordinaires  de  la  photo¬ 
graphie.  En  attendant,  on  diminuera  le  silhouettage  en  donnant  au 
révélateur  une  épaisseur  d’au  moins  quelques  millimètres,  perpen¬ 
diculairement  à  la  surface  de  la  plaque,  en  agitant  le  bain  pendant 
le  développement  et  en  employant  un  révélateur  qui  ait  le  temps  de 
pénétrer  à  l’intérieur  de  la  couche  impressionnée  avant  que  la  sur¬ 
face  extérieure  soit  notablement  attaquée;  on  peut  obtenir  ce  der¬ 
nier  résultat  en  plongeant  la  plaque  dans  l’eau  avant  de  la  soumettre 
au  révélateur,  car  l’eau  dont  la  gélatine  est  alors  imprégnée  atténue 
le  coup  de  fouet  initial  et  favorise  la  diffusion  de  l’extérieur  vers 
l’intérieur. 

(Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie.) 


Le  développement  confiné 

Par  M.  le  Capitaine  R.  Colson 

Communication  faite  à  la  Société  française  de  Photographie 
en  séance  du  4  février  1898. 


es  considérations  que  j’ai  expo¬ 
sées  au  sujet  de  la  diffusion  (1) 
des  substances  contenues  dans 
le  bain  révélateur,  m’ont  amené 
à  étudier  l’influence  de  l’épais¬ 
seur  du  bain. 

J’ai  fait  l’expérience  sui¬ 
vante  :  une  première  plaque  au  gélatinobromure,  modérément 
voilée,  a  été  placée  dans  un  révélateur  au  métol  très  dilué,  et, 
par-dessus,  a  été  inclinée  une  deuxième  plaque  impressionnée  sous 
cliché;  les  deux  couches  de  gélatine  étaient  en  regard  l’une  de 
l’autre,  et  l’inclinaison  était  produite  par  une  boulette  de  cire 
de  3  mm  séparant  les  deux  plaques  à  une  distance  de  8  cm  de  leur 
contact;  l’épaisseur  du  bain  variait  ainsi  de  0  mm  à  3  mm  sur  cette 
distance  de  8  cm.  Je  montre  en  projection  les  résultats  obtenus  au 
bout  d’une  heure  de  développement  abandonné  à  lui-même. 

L’image  développée  est  voilée  partout  où  l’épaisseur  du  bain  est 
supérieure  à  1  mm;  en  même  temps  se  sont  produites  les  stries,  sous 
forme  d’ondes  et  d’effluves,  qui  prennent  naissance  dans  le  dévelop¬ 
pement  tranquille.  Tous  ces  défauts  disparaissent  dans  les  parties 
où  l’épaisseur  du  bain  est  inférieure  à  1  mm;  là,  l’image  est  pure  et 


(1)  Voirp.  511. 


—  515  — 


présente  des  oppositions.  La  meilleure  région  correspond  à  une 
épaisseur  comprise  entre  le  contact  et  omm5.  L’intensité  de  l’image 
s’affaiblit  avec  l’épaisseur  du  bain,  mais  elle  reste  encore  très  appré¬ 
ciable  près  du  contact. 

Le  silhouettage,  dont  j’ai  donné  l’explication  dans  la  dernière 
séance,  se  manifeste  ici  en  certains  points,  surtout  lorsque  l’épais¬ 
seur  devient  inférieure  à  1  mm  ;  de  deux  teintes  voisines,  la  plus 
foncée  se  borde  intérieurement  d’un  liséré  encore  plus  foncé,  et  le 
bord  intérieur  de  la  plus  claire  s’éclaircit.  Ce  résultat  est  favorisé 
par  la  faible  épaisseur,  qui  arrête  la  diffusion  dans  le  sens  perpen¬ 
diculaire  à  la  couche  sensible  et  l’oblige  à  s’exercer  dans  le  sens 
latéral. 

Sur  la  plaque  simplement  voilée,  l’intensité  de  la  teinte  diminue 
avec  l’épaisseur  et  devient  nulle  près  du  contact.  De  plus,  pour  une 
épaisseur  inférieure  à  1  mm,  elle  montre  un  négatif  de  l'image  de 
l'autre  plaque  ;  c’est-à-dire  qu’en  face  des  parties  où  le  révélateur 
a  été  plus  ou  moins  épuisé  par  cette  seconde  plaque,  le  développe¬ 
ment  du  voile  de  la  première  est  plus  ou  moins  supprimé;  de  deux 
impressions  voisines,  la  plus  forte  se  développe  la  première  au 
détriment  de  la  plus  faible  dans  les  limites  du  rayon  de  diffusion, 
qui  est  de  l’ordre  du  millimètre.  Ce  résultat  confirme  l’explication 
que  j’ai  donnée  du  silhouettage. 

La  teinte  des  deux  clichés  n’est  pas  plus  forte  le  long  des  bords 
qu’à  l’intérieur;  par  conséquent,  les  substances  actives  en  dissolu¬ 
tion  dans  le  reste  du  liquide  que  contenait  la  cuvette  n’ont  pas 
pénétré  sensiblement  dans  l’espace  compris  entre  les  deux  plaques. 
La  diffusion  se  fait  donc  très  mal  dans  le  liquide  en  repos;  si  l’on 
veut  la  favoriser,  il  faut  agiter  le  bain. 

J’ai  repris  cette  expérience  avec  M.  Cousin  au  laboratoire  de  la 
Société  française  de  Photographie.  Nous  montrons  en  projections 
que  les  résultats  de  diffusion  décrits  ci-dessus  ont  aussi  lieu  avec  un 
révélateur  énergique,  l’ortol.  La  faible  quantité  de  révélateur 
emprisonnée  entre  les  deux  plaques  posées  l’une  sur  l’autre  suffit 
pour  donner  un  développement  intense  dans  lequel  l’image  se 
reporte  en  négatif  sur  la  plaque  voilée.  Ce  report  n’est  pas  utili¬ 
sable,  parce  qu’il  manque  de  netteté  en  raison  du  rayon  de  diftu- 


—  516  — 


sion  ;  mais  le  fond  de  la  plaque  qui  porte  l’image  reste  très  pur, 
tandis  qu’avec  la  même  impression  et  le  même  bain,  ce  fond  est 
voilé  si  l’épaisseur  du  bain  atteint  seulement  omm5.  Une  simple  lame 
de  verre,  déposée  sur  la  plaque,  détermine  le  même  effet  ;  les  oppo¬ 
sitions  sont  alors  ménagées  dans  une  forte  mesure  et  la  couche 
réduite  prend  le  même  aspect  que  si  l’on  avait  ajouté  au  bain  du 
bromure  de  potassium.  Nous  avons  ainsi  été  amenés  à  penser  que 
les  effets  produits  dans  ces  espaces  restreints  sont  dus,  non  seule¬ 
ment  à  l’épuisement  des  éléments  actifs  du  révélateur,  mais  encore 
à  la  formation  des  produits  d’oxydation  et  de  réduction,  parmi  les¬ 
quels  figure  le  bromure  alcalin  que  l’on  sait  produit  par  la  réduction 
du  bromure  d’argent  pendant  le  développement. 

De  ce  qui  précède  résulte  une  application  que  j’appellerai  déve¬ 
loppement  confiné,  applicable  aux  cas  où  il  y  a  intérêt  à  ménager  la 
pureté  du  fond,  comme  dans  les  reproductions  de  traits,  ou  dans  les 
positifs  pour  projection,  ou  dans  les  vues  trop  posées,  voilées,  etc. 
La  plaque  est  plongée  dans  l’eau  pendant  une  à  deux  minutes,  puis 
placée  dans  le  révélateur  et  recouverte  presque  aussitôt  d’une  lame 
de  verre;  on  suit  la  venue  de  l’image  au  travers  de  celui-ci.  Dans  le 
cas  où  l’énergie  du  révélateur  serait  insuffisante  pour  qu’une  couche 
aussi  mince  donnât  aux  noirs  toute  leur  opacité,  on  pourrait  lever 
le  verre  un  instant  afin  d’admettre  une  nouvelle  quantité  de  bain,  et 
cela  autant  de  fois  qu’il  serait  nécessaire;  mais,  avec  un  bain  même 
mo}^en,  la  première  opération  doit  suffire.  Lorsque  la  gélatine  a  été 
bien  humectée,  elle  n’adhère  pas  à  la  lame  de  verre  qu’on  lui  super¬ 
pose. 

Il  importe  de  remarquer  que  l’on  n’obtient  pas  le  même  effet  en 
sortant  la  plaque  du  bain  avec  la  petite  quantité  de  révélateur  qui  y 
reste  adhérente;  car,  alors,  l’air  agit  puissamment  pour  oxjder  le 
révélateur  et  tend  à  amener  sur  le  fond  le  voile  que  la  protection  du 
verre  a  précisément  pour  but  d’éviter. 

Cette  méthode  favorise,  il  est  vrai,  le  silhouettage  des  images, 
puisqu’elle  accentue  l’influence  de  la  diffusion  latérale  ;  mais  ce 
silhouettage  n’est  pas  un  inconvénient  pour  les  reproductions  au 
trait,  et  ne  le  devient  pour  les  demi-teintes  que  lorsqu’il  est 
accentué. 


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ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


—  517  — 


D’ailleurs,  le  développement  confiné  a  l’avantage  de  pouvoir  se 
régler  et  se  graduer  à  volonté,  suivant  les  besoins  de  chaque  plaque, 
par  la  seule  manœuvre  du  verre,  sans  rien  changer  à  la  composition 
du  bain  ;  cela  permet,  en  particulier,  de  supprimer  le  voile  qui 
menace  les  premières  plaques  plongées  dans  un  révélateur  neuf,  et 
de  faire  varier  l’effet  d’un  même  bain  sur  des  plaques  n’ayant  pas 
reçu  le  même  degré  d’impression  lumineuse;  si  l’on  sait  que,  dans 
une  série  de  plaques,  certaines  sont  trop  posées  ou  voilées,  on  leur 
appliquera  le  verre  aussitôt  après  les  avoir  déposées  dans  le  révéla¬ 
teur  ;  si  l'on  ne  le  sait  pas,  on  s’en  apercevra  rapidement  par  la 
marche  du  développement,  et  l’on  s’empressera  de  les  couvrir  pour 
ménager  les  oppositions. 

Ce  moyen  est  d’une  extrême  simplicité,  puisqu’il  repose  unique¬ 
ment  sur  l’emploi  d’une  lame  de  verre  que  l’on  obtiendra  facilement 
en  enlevant  la  gélatine  d’une  plaque  hors  d’usage. 

(Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie.) 


37 


Application  du  Développement  confiné 

Par  M.  le  capitaine  R.  Colson 

Communication  faite  à  la  Société  française  de  Photographie 
en  séance  du  3  juin  1898. 


ans  la  séance  du  4  février 
1898,  j’ai  indiqué  les  pro¬ 
priétés  caractéristiques  du 
mode  de  développement 
que  j’ai  appelé  confiné, 
c’est-à-dire  dans  lequel  la 
couche  sensible  impres¬ 
sionnée  n’est  soumise  qu’à 
une  lame  mince  du  liquide  révélateur  sur  un  espace  restreint, 
confiné,  qui  emprisonne  cette  faible  épaisseur  de  liquide  et  la  sépare 
de  la  masse  du  bain.  Pour  cela,  on  pose  une  lame  de  verre  sur  la 
plaque  dans  le  révélateur.  On  obtient  ainsi  des  images  à  fond  très 
pur,  analogues  à  celles  que  donne  l’addition  de  bromure  alcalin,  et 
cela  sans  modifier  la  composition  du  bain. 

Les  principales  causes  de  cet  effet  résultent  en  partie  de  l’étude 
précédente  et  peuvent  se  résumer  ainsi  :  faible  quantité  des  éléments 
du  révélateur  et  travail  complet  de  ces  éléments  sur  la  couche  sen¬ 
sible  soustraite  à  l’action  de  masse  du  bain  entier;  emprisonnement 
du  bromure  alcalin  produit  par  le  développement;  diffusion  res¬ 
treinte  et  différente  des  éléments  du  révélateur  ainsi  que  des  pro¬ 
duits  d’oxydation  et  de  réduction  ;  causes  diverses  provenant  des 


—  519  — 


phénomènes  de  capillarité  introduits  par  la  lame  de  verre,  etc...  Je 
laisse  de  côté  aujourd’hui  ces  considérations  pour  ne  m’occuper 
que  du  mode  opératoire  et  de  quelques  applications  d’intérêt 
général. 

Je  suppose  d’abord  que  nous  ayons  à  développer  une  série  de 
plaques  comprenant  des  poses  de  toutes  sortes,  et  comportant, 
entre  autres,  des  instantanés  rapides  exigeant  un  révélateur  suffi¬ 
samment  énergique,  sans  que  nous  connaissions  d’ailleurs  la  nature 
de  1  impression  reçue  par  chaque  plaque;  ce  problème  intéresse  les 
innombrables  possesseurs  de  détectives  et  appareils  à  main.  Voici 
la  façon  de  procéder  que  la  pratique  m’a  fait  connaître  comme  la 
meilleure. 

La  plaque  est  d’abord  plongée  dans  l’eau  pendant  une  à  deux 
minutes,  de  sorte  que  la  gélatine  en  soit  bien  imprégnée.  Cette 
opération  a  deux  buts  :  on  amortit  ainsi  le  coup  de  fouet  initial  du 
révélateur,  et  la  gélatine  gonflée  permet  au  verre  de  glisser  à  sa 
surface  dans  le  bain  avec  une  très  grande  facilité,  sans  frottement 
nuisible.  Puis  on  la  place  dans  le  révélateur,  on  balance  la  cuvette 
pendant  un  instant  très  court  pour  couvrir  uniformément  de  liquide 
la  plaque,  et  l’on  pose  sur  la  couche  sensible,  dans  le  liquide,  la 
lame  de  verre  préalablement  mouillée  par  le  révélateur.  Celle-ci, 
qui  doit  être  très  propre,  peut  simplement  provenir  d’une  plaque  de 
même  format  ou  plus  grande,  dont  on  a  enlevé  la  gélatine,  ou  être 
en  verre  jaune  ;  on  en  a  rodé  préalablement  les  bords  et  les  angles 
sur  un  corps  dur,  fer  ou  pierre,  pour  éviter  les  écorchures  de  la 
gélatine.  Le  verre  a  une  grande  tendance  à  glisser  sur  la  gélatine 
dans  le  liquide  ;  il  faut  le  poser  bien  exactement  sur  la  plaque, 
noyée  dans  le  bain,  par  un  rabattement  qui  empêche  les  bulles 
d’air,  sans  appuyer,  et  pousser  le  tout  dans  un  angle  de  la  cuvette 
en  penchant  légèrement  celle-ci  pour  que  le  verre  soit  calé  et  reste 
en  place. 

On  suit  la  venue  de  l’image  au  travers  du  verre;  on  peut  aussi 
très  facilement  sortir  de  la  cuvette  l’ensemble  en  le  prenant  par  les 
bords  et  l’examiner  par  transparence. 

L’image  vient-elle  assez  rapidement,  eu  égard  à  l’espèce  et  à 
l’énergie  du  révélateur  employé?  C’est  que  l’impression  a  été  plus 


520  — 


que  suffisante,  et  il  n’y  a  qu’à  laisser  l’effet  se  compléter.  Si  l’examen 
par  transparence  montre  qu’il  est  nécessaire  d’aller  plus  loin,  on 
remet  l’ensemble  dans  le  liquide  et  l’on  fait  glisser  le  verre  de  façon 
à  découvrir  la  plaque,  puis  on  recouvre  aussitôt.  Cette  deuxième 
fourniture  de  révélateur  ajoute  au  premier  effet  ;  et  ainsi  de  suite, 
jusqu’à  ce  qu’on  arrive  à  une  opacité  suffisante.  Un  révélateur 
énergique  peut  terminer  du  premier  coup  un  cliché  fortement  im¬ 
pressionné. 

L’image  vient-elle  lentement,  même  après  deux  ou  trois  suppres¬ 
sions  du  verre?  On  laisse  alors  la  plaque  à  découvert,  quitte  à 
remettre  le  verre  si  l’on  s’aperçoit  que  la  réduction  devient  trop 
rapide. 

Enfin  l’image  vient-elle  très  lentement  ou  pas  du  tout,  il  faut 
alors  enlever  le  verre  et  faire  agir  le  révélateur  en  masse,  ou  tirer 
la  plaque  hors  du  bain,  à  découvert,  pour  activer  l’oxydation  par 
le  contact  de  l’air.  Ce  sera  le  cas  pour  les  instantanés  très  rapides. 

On  voit  ainsi  comment  la  seule  manœuvre  du  verre  équivaut  à 
des  variations  extrêmement  étendues  dans  la  composition  du  bain, 
sans  que  celle-ci  soit  modifiée;  le  bromure  alcalin  formé  est  lui- 
même  enlevé,  surtout  si  l’on  a  la  précaution  de  porter  dans  l’eau 
de  lavage  l’ensemble  de  la  plaque  et  du  verre  avant  de  les  séparer. 

Ce  procédé  ne  s’applique  pas  seulement  à  la  plaque  dans  son 
ensemble  ;  il  permet  aussi  d’exercer  des  actions  locales  et  rapides, 
grâce  à  la  grande  facilité  avec  laquelle  le  verre  glisse  sur  la  géla¬ 
tine  dans  le  bain.  On  peut  ainsi,  en  particulier,  augmenter  la  vigueur 
des  premiers  plans  en  ménageant  l’horizon  et  le  ciel,  ou  inverse¬ 
ment  faire  ressortir  des  effets  de  nuages  en  ménageant  le  reste,  par 
des  déplacements  successifs  et  dégradés  du  verre  qui  découvrent 
plus  longtemps  les  parties  à  renforcer.  On  est  absolument  maître 
de  ces  effets,  que  l’on  peut  accentuer  plus  ou  moins,  toujours  sans 
modifier  la  composition  du  bain.  J’en  montre  des  exemples  bien 
nets  sur  des  positives  pour  projections. 

D’après  ces  détails,  on  voit  qu’il  est  nécessaire  d’employer  une 
cuvette  assez  grande  pour  permettre  le  glissement  du  verre  en 
dehors  de  la  plaque  ;  le  format  supérieur  à  celui  de  la  plaque  peut 
suffire  ;  cela  n’entraîne  d’ailleurs  qu’une  dépense  insignifiante, 


—  521 


puisque  la  méthode  vise  particulièrement  les  petits  et  moyens  for¬ 
mats. 

Le  silhouettage  se  produit  surtout  lorsqu’il  existe  une  grande 
différence  d’intensité  et  une  variation  brusque  entre  deux  teintes 
voisines.  Quand  il  n’est  pas  exagéré  et  choquant,  il  affermit  seule¬ 
ment  les  contours  et  contribue  ainsi  à  donner  de  la  netteté  et  de  la 
vigueur  aux  images;  il  s’atténue  dans  le  tirage  sur  papier.  Il  n’est 
pas  à  craindre  lorsque  la  plaque  tend  à  se  voiler  uniformément  dans 
le  révélateur,  c’est-à-dire  dans  les  cas  où  le  développement  confiné 
est  précisément  le  plus  utile. 

Une  plaque  Lumière,  marque  bleue,  a  été  posée  cinq  secondes 
et  soumise  partiellement  au  développement  confiné  dans  un  révéla¬ 
teur  à  l’hydroquinone  et  au  métol  qui  développe  convenablement 
des  poses  de  l/50e  de  seconde  obtenues  avec  la  même  espèce  de 
plaques,  dans  le  même  appareil  et  dans  les  mêmes  conditions 
d’éclairage;  la  partie  découverte  s’est  voilée  immédiatement;  on 
voit  les  trois  déplacements  donnés  au  verre  pendant  une  durée 
totale  d’environ  une  minute.  La  partie  protégée  par  le  verre  ne 
présente  pas  de  blancs  accentués,  ce  qui  est  inévitable  avec  cette 
surexposition,  mais  elle  est  très  utilisable  et  les  nombreux  détails 
qui  s’y  trouvent  peuvent  être  accentués  par  un  renforçage. 

Une  plaque  lente  Ilford,  pour  tons  noirs,  a  été  impressionnée  au 
travers  d’un  cliché  moyen  par  une  forte  lumière  diffuse,  et  déve¬ 
loppée  dans  un  bain  à  l’hydroquinone  et  au  métol  de  force  moyenne. 
J’ai  laissé  à  découvert  une  bande  qui  s’est  rapidement  voilée  ;  puis, 
lorsque  l’image  a  été  bien  formée  sous  le  verre,  j’ai  fait  glisser 
celui-ci  de  façon  à  achever  progressivement  de  découvrir  toute  la 
plaque,  et  j’ai  lavé  immédiatement  après.  On  voit  le  ménagement 
déterminé  dans  les  clairs  par  le  verre,  et  aussi  la  teinte  violette 
qui  reste  dans  les  parties  le  plus  longtemps  protégées.  Cette  colo¬ 
ration  provient  de  l’hydroquinone,  qui  a  eu  le  temps  d’exercer  tout 
son  effet  sous  le  verre  sans  être  débordé  par  le  métol,  qui  agit 
beaucoup  plus  vite,  mais  qui  ne  pouvait  pas  se  renouveler;  tandis 
que,  dans  le  liquide  libre,  les  molécules  de  métol  viennent  remplacer 
celles  qui  sont  usées  et  poussent  de  plus  en  plus  l’image  au  gris  et 
au  noir  avec  tendance  au  voile.  En  opérant  la  dégradation  dans  le 


—  522 


sens  vertical,  vers  le  ciel,  on  obtient  en  même  temps  des  premiers 
plans  accentués  à  tons  noirs  et  des  lointains  atténués  à  tons  violets. 

Une  autre  plaque,  de  même  espèce,  a  été  impressionnée  sous  le 
même  cliché  par  une  lumière  diffuse  moins  forte  et  a  été  entière¬ 
ment  recouverte  du  verre  dans  un  bain  moyen  d’hj^droquinone  et 
de  métol  à  parties  égales.  Le  verre  a  été  enlevé  et  vivement  replacé 
trois  fois.  Le  ton  violet  a  presque  entièrement  disparu.  En  augmen¬ 
tant  la  proportion  de  métol,  on  pousse  de  plus  en  plus  aux  tons 
noirs  et  le  verre  ménage  les  blancs. 

Ces  quelques  exemples  montrent  les  services  précieux  que  le 
développement  confiné  peut  rendre  dans  des  cas  fréquents  ;  j’engage 
vivement  les  amateurs  à  en  faire  l’essai  avec  le  révélateur  qu’ils 
ont  l'habitude  d’emploj^er. 

(Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie.) 


fiote  sur  l’Orthochromatisme 


appliqué  à  la  microphotographie 

PAR  M.  MONPILLARD 

Déposée  à  la  Société  française  de  Photographie  en  séance  du  5  mars  1898. 


LA  séance  de  la  Société  française 
de  Photographie,  en  date  du 
5  mai  1893,  j’ai  eu  l’honneur  de 
faire  une  communication  sur  l’ap¬ 
plication  des  procédés  ortho¬ 
chromatiques  à  la  Microphoto¬ 
graphie  (1). 

A  la  Note  mentionnant  cette  communication,  était  joint  un 
tableau  dans  lequel  se  trouvaient  résumés  les  principaux  cas 
pouvant  se  présenter  dans  la  pratique;  dans  ce  tableau  j’indiquais, 
pour  chacun  d’eux,  quels  étaient  l’écran  coloré  et  la  substance  ortho- 
chromatisante  qu’il  fallait  employer  pour  arriver  à  obtenir  d’un 
sujet  coloré  monochrome  ou  polychrome  une  image  satisfaisante. 

Depuis  cette  époque,  l’expérience  m’a  prouvé  que  la  couleur  seule 
de  l’objet  ne  pouvait  entièrement  suffire  pour  guider  l’opérateur  sur 
le  choix  de  l’écran  coloré  et  de  la  substance  orthochromatisante,  ou 
de  la  nature  de  la  couche  sensible. 


(1)  Bulletin  de  l’Association,  20e  année,  1893,  p.  493- 


524  — 


En  effet,  l’image  positive  microphotographique  est  toujours  des¬ 
tinée  à  la  démonstration  ;  elle  devra  donc  faire  valoir  avec  le  plus 
d’évidence  possible  les  particularités  intéressantes  de  l’objet  décrit 
ou  observé. 

Il  en  résulte  que  non  seulement  cette  image  devra  nous  donner 
autant  que  possible  une  impression  absolument  exacte  du  champ 
microscopique  lui-même,  mais  que,  dans  certains  cas,  il  sera  utile  de 
profiter  de  certaines  colorations  naturelles  ou  artificielles  de  l’objet 
lui-même  pour  faire  valoir,  accentuer,  exagérer  même  certaines 
régions  de  façon  à  obtenir  en  quelque  sorte  une  épreuve  schéma¬ 
tique. 

Le  résultat  définitif  qu’il  s’agit  d’obtenir  est  donc  une  des  consi¬ 
dérations  qui  doivent  entrer  en  ligne  de  compte  dans  le  choix  des 
écrans  colorés  et  dans  celui  de  la  couche  sensible. 

Deux  autres  considérations  ont  aussi  une  grande  importance,  ce 
sont  :  l’intensité  de  la  coloration  de  l’objet  et  la  nuance  de  cette 
coloration. 

Ces  trois  considérations,  comme  nous  allons  le  voir,  étant  intime 
ment  liées  entre  elles,  doivent  être  observées  par  l’opérateur  lors¬ 
qu’il  se  trouve,  comme  c’est  la  majeure  partie  des  cas,  en  présence 
de  sujets  présentant  une  ou  plusieurs  colorations. 

INFLUENCE  DE  L’iNTENSITÉ  ET  DE  LA  NUANCE  DE  LA  COULEUR 

d’un  OBJET. 

Couleur  jaune.  —  Dans  le  tableau  dont  je  parle  plus  haut,  et  qui 
fait  suite  à  ma  Note  du  15  mai  1893,  j’indique  que  pour  photogra¬ 
phier  au  microscope  un  objet  coloré  en  jaune  et  en  obtenir  une 
image  correcte,  .il  est  nécessaire  de  noyer  l’objet  dans  une  lumière 
monochromatique  jaune  et  recevoir  l’image  sur  une  plaque  sensibi¬ 
lisée  pour  ces  radiations  au  moyen  de  l’érythrosine. 

A  l’appui  de  ce  que  j’avançais,  j’ai  montré  à  la  séance  deux  pro¬ 
jections  d’un  même  objet  photographié  en  lumière  blanche  sur  une 
plaque  ordinaire,  puis  en  lumière  jaune  avec  une  plaque  orthochro- 
matisée  par  l’érythrosine. 

Il  s’agissait  d  une  patte  de  guêpe,  objet  de  coloration  jaune  tirant 
très  légèrement  sur  le  brun,  en  un  mot  d’un  jaune  bien  soutenu. 


Il  a  été  facile  de  voir,  par  la  comparaison  des  deux  images  posi¬ 
tives,  que  la  plaque  ordinaire  ne  nous  avait  donné  qu’une  image 
représentant  une  silhouette  absolument  noire,  sans  aucun  détail  et 
permettant  de  croire  que  la  patte  en  question  était  opaque.  La  com¬ 
binaison  de  l’écran  jaune  avec  la  plaque  orthochromatique  nous 
avait,  au  contraire,  permis  d’obtenir  une  image  nous  montrant  une 
patte  complètement  transparente,  sur  la  surface  de  laquelle  se  déta¬ 
chent  de  nombreux  poils  nettement  et  vigoureusement  accusés. 

La  même  expérience,  répétée  sur  des  objets  divers,  de  teinte,  de 
nuance  et  d’intensité  presque  semblables,  donne  toujours  des  résul¬ 
tats  aussi  satisfaisants. 

Mais  si,  par  exemple,  nous  désirons  photographier  une  prépara¬ 
tion  de  certains  pollens  dont  la  nuance  est  d’un  jaune  très  pur  et 
souvent  assez  légère,  et  si,  éclairant  cette  préparation  au  moyen  de 
la  lumière  émise  par  l’écran  jaune,  nous  en  recevons  l’image  sur  une 
.  plaque  sensibilisée  pour  cette  couleur  du  spectre,  sur  le  négatif  ainsi 
obtenu,  l’image  ne  s’enlèvera  pas  sur  le  fond  et  se  confondra  presque 
avec  lui. 

Cet  exemple  nous  montre  ici  l’importance  qu’il  y  a  à  prendre  en 
considération  la  nuance  de  la  couleur  de  l’objet. 

Dans  le  cas  présent,  il  est  clair  qu’il  devient  nécessaire  de  modé¬ 
rer  l’actinisme  de  la  couleur  propre  de  l’objet  lui-même  afin  que  son 
image,  impressionnant  la  plaque  sensible  moins  rapidement  que  le 
fond  lui-même,  s’enlève  sur  celui-ci  et  s’en  détache  nettement  au 
tirage  positif. 

Quelle  est  la  couleur  de  l’écran  que  nous  devons  choisir,  quelle 
sera  la  nature  de  la  plaque  sensible  qui  devra  être  utilisée? 

C’est  ici  que  l’opérateur  devra  prendre  en  considération  l’intensité 
de  la  couleur  de  l’objet  à  photographier. 

En  effet,  si  l’objet,  bien  que  de  couleur  vive,  est  d’un  jaune 
intense,  un  retard  suffira  pour  obtenir  une  bonne  image  bien 
détaillée;  un  arrêt  complet  serait  évidemment  nuisible,  car  il  nous 
conduirait  à  l’obtention  d’une  simple  silhouette  sans  détails  dans  les 
parties  jaunes. 

Ce  retard  sera  aisément  obtenu  par  l’emploi  d’un  écran  vert, 
l’image  reçue  sur  une  plaque  sensible  au  jaune  et  au  vert. 


—  526  — 


Cet  écran  peut  être  constitué  comme  suit  : 

Eau  distillée . 100 

Vert  sulfoconj ugué  J  .  2,2 

Acide  acétique  :  quelques  gouttes. 

Cette  solution  de  vert  contient  suffisamment  de  bleu  pour  modérer 
légèrement  l’action  du  jaune  et  retarder  son  impression. 

Enfin,  si  la  coloration  de  l’objet  est  très  faible,  ce  qui  est  le  cas 
de  certains  tissus  histologiques  après  traitement  au  picro-carmin, 
suivi  de  décoloration  partielle,  pour  permettre  à  l’image  de  se  déta¬ 
cher  du  fond,  il  ne  faudra  pas  hésiter  à  absorber  complètement  cette 
faible  couleur  jaune  de  l’objet  en  noyant  celui-ci  dans  une  lumière 
bleue,  et  recevant  l’image  sur  une  plaque  au  géîatinobromure  non 
orthochromatique. 

L’écran  sera  constitué  par  la  solution  suivante  : 

Eau . 100 

Sulfate  de  cuivre . 20 

Ammoniaque  :  quantité  suffisante  pour  redissoudre  le 
précipité. 

Supposons  maintenant  que  nous  nous  trouvions  en  présence  d’un 
objet  de  couleur  jaune  tirant  fortement  sur  le  brun  et  d’intensité 
assez  considérable. 

Le  choix  des  écrans  et  des  plaques  variera  encore  suivant  l’inten¬ 
sité  et  la  nuance  de  la  coloration. 

Si  nous  nous  trouvons  en  présence  de  nuances  franches,  jaune 
orangé  ou  brunes,  résultant  d’une  coloration  artificielle  obtenue  au 
moyen  des  couleurs  d’aniline,  nous  pourrons  opérer,  comme  pour 
la  patte  de  guêpe,  en  éclairant  l’objet  avec  une  lumière  jaune  et 
recevant  l’image  sur  une  plaque  orthochromatisée  pour  cette  radia¬ 
tion. 

En  présence  d'une  nuance  brune  ou  jaune  orangé  un  peu  intense, 
il  faudrait  recourir  à  l’écran  orangé  constitué  par  une  solution  de 
bichromate  de  potasse  à  8  p.  c. 

Enfin,  si,  en  présence  d’une  coloration  jaune  orangé  tirant  sur  le 
rouge,  nous  constatons  que  l’association  de  l’écran  orangé  avec  la 
plaque  sensible  au  jaune  ne  donne  pas  une  image  suffisamment 


527 


détaillée,  il  y  aura  alors  lieu  de  recueillir  celle-ci  sur  une  plaque 
orthochromatisée  pour  les  radiations  rouges. 

L’opérateur  pourra  se  trouver  en  présence  de  certaines  colora¬ 
tions  d’un  brun  intense  résultant  soit  de  la  nature  même  de  l’objet  à 
examiner  (fossiles),  soit  des  opérations  auxquelles  il  a  fallu  se  livrer 
sur  la  pièce  en  vue  d’en  montrer  certains  détails  de  structure. 
L’expérience  m’a  démontré  que,  dans  la  plupart  des  cas,  il  y  avait 
toujours  avantage  à  recevoir  l’image  sur  une  plaque  orthochroma¬ 
tisée  pour  les  rayons  rouges,  que  l’objet  fût  éclairé  par  la  lumière 
jaune  ou  la  lumière  orangée. 

L’image  obtenue  au  développement  gagnait  en  harmonie  alors 
qu’elle  aurait  présenté  de  trop  violents  contrastes  si  elle  avait  été 
recueillie  sur  une  plaque  sensible  seulement  aux  radiations  jaunes. 

Enfin,  dans  les  cas  extrêmes,  en  présence  de  colorations  d’un 
brun  foncé  tel  que  l’observation  microscopique  était  elle-même  fort 
pénible,  je  suis  parvenu  à  obtenir,  à  de  forts  grossissements,  des 
images  absolument  satisfaisantes  en  éclairant  l’objet  avec  un  écran 
rouge  constitué  par  une  solution  d’érythrine  à  0,2  p.  c.  et  recevant 


l’image  sur  une  plaque  sensible  au  jaune  et  au  rouge. 

Résumé. 

Couleur. 

Nuance  et  intensité. 

1  très  clair  .... 
i  pur  et  vif.  .  .  . 

l  jaune  brun  moyen  . 

Ecran. 

.  .  Vert. 

.  .  Jaune. 

Couche  sensible. 

Emulsion  ordinaire. 

Erytlirosinc  ou  plaques  Lumière 

B  B  B 

Jaune, 

J  »  orangé  vif.  . 

.  .  » 

B  B  » 

Jaune  orangé, 

(  »  »  foncé . 

.  .  Orangé. 

»  »  » 

Brun 

j  b  d  rouge. 

1  brun . 

f  b  foncé  .  .  . 

\  b  très  foncé  .  . 

.  .  » 

.  .  Orangé. 

.  .  Rouge. 

Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 
Erythrosine  ou  plaques  Lumière  J 
Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 

B  B  B 

Couleur  verte.  —  L’objet  vert  peut  être  de  nuance  moyenne,  soit 
tirant  sur  le  bleu,  soit  tirant  sur  le  jaune. 

L’intensité  de  la  coloration  peut  être  variable.  Si  la  nuance  est 
moyenne  et  l’intensité  de  la  coloration  suffisante,  il  y  aura  certai¬ 
nement  avantage  à  éclairer  cet  objet  avec  la  lumière  jaune  et  rece¬ 
voir  l’image  sur  une  plaque  orthochromatisée  pour  le  jaune  et  le 
vert. 

Si  l’intensité  de  la  coloration  est  assez,  forte,  il  sera  bon  d  em¬ 
ployer,  pour  recevoir  l’image,  certaines  plaques  particulièrement 


—  528  — 


sensibles  aux  radiations  vertes;  les  plaques  isochromatiques  de 
Capelli,  de  Milan  et  celles  d’Otto  Perutz,  de  Munich,  sont  dans 
ce  cas. 

L  intensité  de  la  coloration  est-elle  faible,  au  contraire,  l’écran 
orangé  pourra  être  employé  avec  avantage,  car  il  aura  pour  effet 
de  retarder  légèrement  la  venue  du  vert  :  l’image  sera  reçue  sur 
une  plaque  orthochromatisée  pour  les  radiations  jaunes  et  rouges. 

Enfin,  la  coloration  est-elle  très  faible,  il  sera  nécessaire  d’absor¬ 
ber  complètement  cette  teinte  verte  pour  permettre  à  l’image  de  se 
détacher  du  fond  ;  l'écran  rouge  combiné  à  l’emploi  d’une  plaque 
orthochromatisée  pour  cette  radiation  se  trouve  dès  lors  tout 
indiqué. 

Examinons  maintenant  les  considérations  résultant  de  la  nuance. 

Si  le  vert  est  bleuâtre  (vert  malachite ,  Victoria ),  il  est  à  crain¬ 
dre  que  l’écran  jaune,  absorbant  les  radiations  bleues  constituant 
ici  la  presque  majeure  partie  de  la  couleur  verte,  ne  nous  donne 
une  image  peu  lumineuse  au  tirage  et  dans  laquelle  les  détails 
sei  ont  noyés  dans  l’ombre  ;  il  nous  faudra  donc  modifier  la  couleur 
de  notre  écran. 

Ici  intervient  encore  la  question  d’intensité  de  la  nuance. 

Si  celle-ci  est  moyenne,  l’écran  vert  laissant  passer  tout  le  jaune 
et  toutes  les  radiations  vertes  émanées  de  l’objet  nous  permettra  de 
recueillir  sur  une  plaque  sensible  au  jaune  et  au  vert  une  image 
satisfaisante  au  point  de  vue  du  rendu  définitif. 

Si  elle  est  forte,  il  y  aura  avantage  à  éclairer  l’objet  avec  la 
lumière  bleue  qui,  absorbant  la  petite  quantité  de  jaune  contenue 
dans  la  couleur  propre  de  l’objet,  permettra  à  l’image  de  celui-ci  de 
bien  s’enlever  sur  le  tond;  cet  écran,  laissant  passer  tous  les  rayons 
bleus  qui  .sont  en  majorité,  permettra  à  ceux-ci  d’impressionner  la 
plaque  sensible  et  d’obtenir  une  image  satisfaisante  au  point  de  vue 
de  la  venue  des  détails;  il  va  sans  dire  que  cette  image  sera  reçue 
sur  une  plaque  ordinaire  non  orthochromatique. 

E  intensité  du  vert  est-elle  faible,  il  y  aura,  au  contraire,  avan¬ 
tage  à  retenir  la  plus  forte  partie  possible  des  rayons  bleus  en  vue 
de  permettre  à  l’objet  de  se  détacher  du  fond,  pour  utiliser  les  radia¬ 
tions  jaunes  devant  servir  à  donner  la  transparence;  l’écran  jaune, 


—  529  — 


combiné  à  une  plaque  sensible  au  jaune,  donnera,  dans  ce  cas,  les 
meilleurs  résultats. 

Enfin,  cette  intensité  est-elle  très  faible,  il  nous  faudra  alors 
absorber  la  presque  totalité  de  la  coloration  de  l’objet  en  éclairant 
au  moyen  de  la  lumière  orangée  ou  rouge  et  recueillant  l’image  sur 
une  plaque  sensible  pour  ces  radiations. 

Des  considérations  de  nature  semblable  nous  conduisent  à  faire 
choix,  suivant  l’intensité  d’un  objet  de  coloration  vert  jaune,  d’un 
écran  vert  combiné  à  une  plaque  particulièrement  sensible  à  ces 
radiations  si  l’intensité  de  la  nuance  est  moyenne  ;  d’un  écran  jaune 
combiné  à  une  plaque  sensible  au  jaune  et  au  vert  si  elle  est  forte; 
d’un  écran  bleu  combiné  à  une  plaque  non  orthochromatique  si  elle 
est  faible  ;  enfin  d’un  écran  rouge  combiné  à  une  plaque  sensible  au 
jaune  et  au  rouge  si  la  coloration  de  l’objet  est  excessivement  faible. 


Couleur. 


Vert  ( 


Nuance  et  intensité. 

Résumé. 

Ecran. 

Couche  sensible. 

très  léger .  . 

.  .  Rouge^ 

Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 

léger  .  .  . 

.  .  Orangé. 

»  »  » 

Nuance 

moyen  .  .  . 

.  .  Jaune. 

Erythrosine  ou  plaques  Lumière  A. 

moyenne 

intense.  .  . 

.  .  » 

(  Lumière  A. 

»  ou  plaques  j  Capelli. 

très  léger .  . 

.  .  Ronge. 

1  Otto  Perutz. 

Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 

léger  .  .  . 

.  .  Jaune. 

Erythrosine  ou  plaques  Lumière  A. 

Vert 

bleuâtre 

moyen  .  .  . 

.  .  Vert. 

i  Lumière  A. 

»  ou  plaques  \  Capelli. 

intense.  .  . 

.  .  Bleu. 

t  Otto  Perutz. 

Emulsion  ordinaire. 

très  léger .  . 

.  .  Rouge. 

Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 

léger  .  .  . 

.  .  Bleu. 

Emulsion  ordinaire. 

Vert. 

jaunâtre 

moyen  .  .  . 

.  .  Vert. 

t  Lumière  A. 

Erythrosine  ou  plaques  \  Capelli. 

intense.  .  . 

.  .  Jaune. 

f  Otto  Perutz. 

#  »  » 

Couleur  bleue  et  violette.  —  Dans  la  Note  résumant  ma  commu¬ 
nication  du  5  mai  1898,  j’ai  expliqué  pourquoi  la  plaque  photogra¬ 
phique  ne  pouvait  enregistrer  les  objets  de  couleur  bleue  ou  vio¬ 
lette  que  sous  l’aspect  d’une  pâle  grisaille  se  détachant  mal  du  fond 
et  se  confondant  souvent  complètement  avec  lui  dans  les  demi-teintes . 

J’ai  montré,  dans  ce  cas,  l’utilité  qu’il  y  avait  à  retarder,  en  l’ab¬ 
sorbant,  l’action  actinique  du  bleu  et  du  violet  par  l’emploi  d  un 
écran  jaune  ou  orangé  combiné  avec  celui  d’une  plaque  orthochro- 
matisée  au  moyen  de  l’érythrosine. 

Lorsque  la  nuance  est  franche  et  l’intensité  de  la  coloration 


530 


moyenne,  ce  mode  opératoire  répond  parfaitement  aux  exigences  de 
la  pratique  et  permet  d’obtenir  d’excellentes  images  s’enlevant  bien 
sur  le  fond  et  riches  en  détails. 

Comme  nous  allons  le  voir  par  la  suite,  les  considérations  d’in¬ 
tensité  et  de  nuance  doivent  ici  particulièrement  entrer  en  ligne  de 
compte  pour  diriger  l’opérateur  dans  le  choix  des  écrans  et  des 
surfaces  sensibles. 

En  effet,  supposons  que  nous  nous  trouvions  en  présence  d’un 
objet  présentant  une  coloration  d’un  bleu  pur,  mais  dont  l’intensité 
soit  un  peu  considérable  ;  la  lumière  jaune  dont  nous  baignerons 
l’objet  pourra  éteindre  complètement  la  couleur  propre  de  l’objet 
lui-même;  dans  ces  conditions,  la  plaque  le  verra  en  noir;  le  positif 
obtenu  d’après  le  négatif  ainsi  exécuté  nous  donnera  une  image  s’en¬ 
levant  vigoureusement  sur  le  fond,  mais  dépourvue  en  totalité  ou 
en  partie  des  détails  intimes  de  la  structure  de  l’objet  photographié. 

Nous  avons  dépassé  le  but,  et,  au  lieu  de  modérer  l’action  trop 
actinique  du  bleu,  nous  l’avons  arrêtée. 

L’expérience  montre  qu’en  présence  de  colorations  intenses, 
l’écran  jaune  doit  être  remplacé  par  l’écran  vert  qui,  laissant  passer 
une  partie  des  radiations  bleues,  agit  comme  retardateur  et  permet 
ainsi,  en  recueillant  l’image  sur  une  plaque  particulièrement  sensi¬ 
ble  aux  radiations  vertes,  d’obtenir  un  négatif  qui,  au  tirage,  nous 
donnera  une  impression  exacte  de  la  nature  de  l’objet  tant  au  point 
de  vue  de  l’ensemble  que  des  détails. 

Enfin,  si,  dans  un  cas  extrême,  nous  nous  trouvions  en  présence 
d’une  coloration  bleue  tellement  intense  que  l’écran  vert  agît  encore 
avec  trop  d’énergie  au  point  de  vue  du  retard  apporté  dans  la  venue 
de  l’image,  il  n’y  aurait  pas  à  hésiter  à  baigner  l’objet  dans  sa 
lumière  propre,  obtenue  au  moyen  de  l’écran  bleu,  et  à  en  recevoir 
l’image  sur  une  plaque  ordinaire  non  orthochromatique. 

C’est  là,  je  le  répète,  un  cas  extrême,  mais  qui  s’est  cependant  pré¬ 
senté;  le  mode  opératoire  que  je  viens  de  décrire  m’a  parfaitement 
réussi. 

Si  l’intensité  de  la  coloration  est  faible,  nous  aurons  toujours 
avantage  à  retarder  le  plus  possible  l’impression  des  radiations 
bleues  en  les  absorbant  au  moyen  de  l’écran  jaune  ou  orangé  et 
recevant  l’image  sur  une  plaque  sensible  au  jaune. 


—  531  — 


Examinons  maintenant  la  question  de  la  nuance  qui,  comme  nous 
allons  le  voir,  joue  un  rôle  important  au  point  de  vue  du  mode 
opératoire. 

A  côté  des  bleus  purs  de  nuance  franche  et  bien  définie,  nous 
nous  trouvons  souvent  en  présence  de  colorations  tirant  tantôt  sur 
le  vert,  tantôt  sur  le  violet. 

Dans  la  première  catégorie  se  rangent  certains  bleus  d’aniline 
employés  en  Bactériologie  (bleu  de  méthylène). 

Dans  la  seconde  nous  trouvons  les  violets,  également  fort  employés 
en  Bactériologie  (violet  méthyl,  de  Paris,  de  fuchsine),  ainsi  que 
cette  couleur  bleu  violacé,  l’hématine,  si  fréquemment  employée 
pour  la  coloration  des  tissus  histologiques. 

Les  colorations  données  par  le  bleu  de  méthylène  sont  générale¬ 
ment  d’intensité  moyenne,  plutôt  faible,  rarement  très  intenses. 

Dans  la  majeure  partie  des  cas,  l’emploi  de  l’écran  jaune,  combiné 
à  celui  d’une  plaque  sensibilisée  pour  cette  radiation,  donne  des 
résultats  absolument  satisfaisants. 

Si  l’intensité  de  la  coloration  de  l’objet  était  par  trop  faible  pour 
que  l’image  de  celui-ci,  malgré  l’emploi  de  l’écran  jaune,  ne  se 
détachât  pas  suffisamment  du  fond,  il  y  aurait  lieu  de  le  remplacer 
par  l’écran  orangé. 

Enfin,  si,  exceptionnellement,  la  coloration  de  l’objet  était  intense, 
l’emploi  de  l’écran  vert,  combiné  à  celui  d’une  plaque  particulière¬ 
ment  sensible  à  cette  radiation,  donnera  un  excellent  résultat. 

Quant  aux  colorations  violettes,  ainsi  que  celles  données  par 
l’hématine  (bleu  violacé),  elles  nécessitent,  en  raison  des  grandes 
variétés  qu’elles  présentent  dans  leur  intensité,  un  mode  opératoire 
tout  à  fait  spécial  dont  je  vais  donner  la  description. 

Si  nous  éclairons  un  objet  coloré  en  bleu  violet  au  moyen  d’un  écran 
jaune, les  radiations  bleues  se  trouvent  absorbées,  tandis  que  les  radia¬ 
tions  rouges  passent  et  viennent  concourir  à  la  formation  de  l’image; 
dans  ces  conditions,  la  plaque  photographique  voit  l’objet  se  déta¬ 
chant  sur  un  fond  jaune,  l’objet  lui-même  étant  d’un  gris  rougeâtre. 

De  cette  observation  nous  nous  trouvons  conduit,  comme  nous 
allons  le  voir,  à  employer  une  surface  sensible  de  nature  différente 
suivant  l’intensité  de  la  coloration  même  de  l’objet. 

En  effet,  cette  coloration  est-elle  d’intensité  moyenne,  l’emploi  de 


532  - 


la  plaque  sensible  aux  radiations  rouges  sera  tout  indiqué;  l’expé¬ 
rience  prouve  du  reste  que  les  résultats  obtenus  dans  ces  conditions 
sont  en  tous  points  satisfaisants  ;  l’image  obtenue  se  détache  vigoureu¬ 
sement  du  fond,  tout  en  montrant,  par  suite  de  l’utilisation  parla  pla¬ 
que  des  radiations  rouges,  les  détails  de  structure  de  l’objet  observé. 

Si  la  coloration  est  assez  intense,  il  y  a  avantage  à  éclairer  l’objet 
avec  un  écran  vert  qui,  laissant  passer  une  grande  partie  des  radia¬ 
tions  bleues,  permet  d’obtenir  la  transparence  de  l’objet  et  ses 
détails  de  structure,  tandis  que,  par  l’absorption  des  radiations 
rouges,  l’image  reçue  sur  une  plaque  particulièrement  sensible  aux 
radiations  vertes  se  détache  bien  du  fond. 

Enfin,  dans  des  cas  extrêmes  de  colorations  très  intenses  avec 
l’hématine,  j’ai  obtenu  de  bonnes  images  de  préparations  presque 
opaques,  en  éclairant  l’objet  avec  un  écran  bleu  foncé  et  recevant 
l’image  sur  une  plaque  sensible  au  rouge;  dans  ces  conditions,  j’uti¬ 
lisais  en  effet  la  totalité  des  rayons  émanés  de  l’objet  et  résultant  de 
sa  propre  coloration. 

Si  la  coloration  est  faible,  nous  aurons  avantage  à  retarder  le  plus 
possible  l’impression  lumineuse  de  l’image  propre  de  l’objet  en 
éclairant  celui-ci  au  moyen  de  la  lumière  jaune  et  recevant  cette 
image  sur  une  plaque  sensible  au  jaune. 

Enfin,  si  la  coloration  est  très  légère,  l’écran  orangé  éteignant  les 
bleus  d’une  façon  complète  nous  donnera,  avec  la  plaque  sensible 
aux  radiations  jaunes,  le  résultat  cherché. 


Résumé. 


Couleur.  Nuance  et  intensité. 


Orangé.  Erylhrosine  ou  plaques  Lumière  A. 
Jaune.  »  »  » 


Ecran. 


Couche  sensible. 


Vert.  Erythrosine  ou  plaques  l  Capelli. 

/  Otto  Perutz. 


|  Lumière  A. 

Erythrosine  ou  plaques  \  Capelli. 

/  Otto  Perulz. 


Bleu.  Emulsion  ordinaire. 

Orangé.  Erylhrosine  ou  plaques  Lumière  A. 
Jaune.  #  »  » 


Emulsion  ordinaire. 

Erylhrosine  ou  plaques  Lumière  A. 


\  Lumière  A. 

Vert.  Erylhrosine  ou  plaques  <  Capelli 

/  Otto  Perulz. 

Orangé.  Erylhrosine  ou  plaques  Lumière  A. 


Orangé.  Erylhrosine  ou  plaques  Lumière  A. 
Jaune.  »  »  » 


Violet  \  moyen 

et  { 

bleu  violet  /  intense 


Vert.  Erylhrosine  ou  plaques  ]  Capelli. 


»  Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 


Lumière  A. 


/  Ôllo  Perutz. 


très  intense  .  .  Bleu  foncé.  Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 


—  533  — 


Couleur  rouge.  —  Les  nuances  rouges  présentées  par  les  objets 
observés  au  microscope  résultent  pour  la  plupart  de  colorations 
artificielles  données  au  moyen  de  réactifs  appropriés  en  vue  de  faire 
valoir  des  détails  de  structure  de  ces  objets. 

Ces  colorations,  fort  diverses  au  point  de  vue  de  la  nuance,  peu¬ 
vent  varier  depuis  le  rouge  orangé  jusqu’au  rose  violacé  ;  de  plus, 
elles  peuvent  présenter  beaucoup  d’intensités  différentes. 

Ces  considérations,  comme  nous  allons  le  voir,  nécessitent  des 
modifications  importantes  dans  le  mode  opératoire  au  point  de  vue 
du  choix  des  écrans  et  des  surfaces  sensibles. 

Si,  comme  je  l’ai  indiqué  dans  ma  Note  du  15  mai  1893,  il  est 
facile  d’obtenir  une  image  photographique  très  satisfaisante  d’un 
objet  rouge,  en  éclairant  celui-ci  au  moyen  d’un  écran  jaune  ou 
orangé  et  recevant  l’image  sur  une  plaque  sensible  aux  radiations 
jaunes  et  rouges,  il  n’en  est  pas  toujours  ainsi  dans  la  pratique. 

Si,  en  effet,  la  coloration  propre  de  l’objet  est  un  peu  intense, 
l’image,  vue  par  la  surface  sensible,  sera  composée  de  rayons  aussi 
actiniques  pour  celle-ci  que  ceux  du  fond  sur  lequel  elle  ne  pourra 
s’enlever  avec  vigueur  ;  il  nous  faudra  donc  modifier  notre  mode 
opératoire  pour  arriver  à  un  résultat  plus  satisfaisant. 

Pour  les  objets  présentant  une  couleur  rouge  orangé,  résultant, 
par  exemple,  du  traitement  au  picro-carmin  ou  au  ponceau  d’ani¬ 
line,  lorsque  l’intensité  de  cette  coloration  est  moyenne,  l’écran 
jaune  combiné  à  la  plaque  sensible  au  rouge  donnera  d’excellents 
résultats 

Si  la  coloration  était  plus  intense,  il  y  aurait  avantage  à  remplacer 
l’écran  jaune  par  l’écran  orangé. 

Enfin,  en  présence  de  colorations  très  intenses,  il  devient  alors 
nécessaire  de  baigner  l’objet  dans  sa  lumière  propre  en  l’éclairant 
au  moyen  de  l’écran  rouge,  et,  bien  entendu,  de  recevoir  l’image 
sur  une  plaque  présentant  son  maximum  de  sensibilité  pour  ces 
radiations;  une  plaque  au  gélatinobromure,  fraîchement  orthochro- 
matisée  avec  la  cyanine,  donnera,  dans  ces  conditions,  des  résultats 
absolument  satisfaisants. 

Examinons  maintenant  le  cas  des  faibles  colorations. 

Si  celles-ci  sont  peu  intenses,  l’emploi  de  l’écran  jaune,  combiné 

38 


—  534  — 


à  celui  d’une  plaque  sensible  au  rouge,  nous  conduit,  comme  nous 
l’avons  vu,  à  l’obtention  d’une  image  se  confondant  en  partie  avec 
le  fond  ;  pour  lui  permettre  de  s’en  détacher,  il  devient  donc  néces¬ 
saire  d’en  retarder  la  venue  au  bénéfice  de  celui-ci,  résultat  facile 
à  obtenir  en  remplaçant  la  plaque  sensible  aux  radiations  jaunes  et 
rouges  par  une  plaque  orthochromatisée  seulement  pour  les  rayons 
jaunes. 

Dans  ces  conditions,  une  partie  seulement  des  radiations  émanées 
de  l’objet,  les  radiations  jaunes,  impressionnent  la  couche  sensible 
d’une  façon  suffisante  pour  faire  apparaître  les  détails  de  structure 
de  l’objet,  tandis  que  les  rayons  rouges,  ne  pouvant  produire 
aucune  impression  photogénique,  ne  seront  pas,  en  quelque  sorte, 
vus  par  la  plaque;  il  en  résulte  que  l’image  de  l’objet  pourra  s’en¬ 
lever  nettement  sur  le  fond,  bien  s’en  détacher,  tout  en  possédant 
des  détails  de  structure  susceptibles  d’être  vus  par  transparence. 

Suivant  l’intensité  de  la  nuance  de  l’objet,  nous  utiliserons  tantôt 
l’écran  jaune  si  la  coloration  est  encore  soutenue  ou  la  nuance 
tirant  davantage  sur  le  jaune,  tantôt  l’écran  orangé  si  la  coloration 
est  un  peu  plus  intense  ou  si  la  nuance  tire  davantage  sur  le  rouge. 
De  toute  façon,  l’image  sera  reçue  sur  une  plaque  sensible  seule¬ 
ment  aux  radiations  jaunes. 

Enfin,  si  la  coloration  de  l’objet  est  excessivement  faible,  nous 
aurons  avantage  à  retenir  la  majeure  partie  des  rayons  résultant  de 
sa  couleur  propre,  en  les  absorbant  au  moyen  de  l’écran  vert  et  rece¬ 
vant  l’image  sur  une  plaque  spécialement  sensible  à  ces  radiations. 

Les  colorations  rouge  violacé  nous  sont  données  par  le  carmin, 
la  fuchsine,  l’éosine,  la  safranine. 

Un  objet  de  coloration  moyenne  comme  intensité,  éclairé  avec  un 
écran  jaune  et  dont  l’image  est  reçue  sur  une  plaque  orthochroma¬ 
tisée  pour  les  radiations  jaunes  et  rouges,  nous  donnera  un  négatif 
satisfaisant  en  ce  sens  que  ces  radiations  rouges,  émanées  de  l’objet 
impressionnant  la  plaque,  nous  donneront  les  détails  de  structure, 
tandis  que  les  radiations  bleues  se  trouvant  absorbées  par  l’écran 
jaune  concourront  à  retarder  l’impression  lumineuse  de  l’image  de 
l’objet  par  rapport  à  celle  du  fond  dont  il  se  détachera  alors  nette¬ 
ment  lors  du  tirage  des  positifs. 


Suivant  la  coloration  plus  ou  moins  intense  présentée  par  l’objet 
ou  le  reflet  plus  ou  moins  riche  en  bleu  que  nous  montre  cette 
coloration,  nous  choisirons  tantôt  l’écran  jaune,  tantôt  l’écran 
orangé,  selon  que  nous  jugerons  utile  de  réaliser  une  plus  ou 
moins  grande  absorption  de  ces  rayons  bleus  au  profit  des  rayons 
rouges  ;  c’est  là  un  choix  que  la  pratique  seule  peut  indiquer  avec 
certitude. 

Si  la  coloration  est  intense,  nous  aurons  alors  avantage  à  utiliser 
la  majeure  partie  des  rayons  résultant  de  la  couleur  propre  de 
l’objet  et  à  éclairer  celui-ci  au  moyen  d’un  écran  donnant  des  ra}rons 
rouges  purs,  c’est-à-dire  des  rayons  qui  ne  soient  pas  rouge  orangé; 
une  solution  de  fuchsine,  par  exemple,  remplirait  le  but  ;  l’image 
reçue,  bien  entendu,  sur  une  plaque  sensible  aux  radiations 
rouges. 

Bien  que  n’ayant  pas  encore,  dans  la  pratique,  rencontré  ce  cas 
particulier,  j’ai  cru  cependant  utile  de  le  signaler. 

Enfin,  si  la  coloration  est  de  faible  intensité,  nous  aurons  avan¬ 
tage,  pour  obtenir  une  image  montrant  les  détails  de  structure  de 
l’objet  et  se  détachant  du  fond,  à  utiliser  les  rayons  bleus  émanés 
de  sa  couleur  propre  pour  en  obtenir  les  détails  et  à  négliger 
l’action  des  rayons  rouges  en  vue  de  retarder  l’impression  de  l’image 
par  rapport  à  celle  du  fond. 

Dans  ces  conditions,  nous  nous  trouvons  conduits  à  éclairer  notre 
objet  au  moyen  d’un  écran  bleu  et  à  recevoir  l’image  sur  une 
plaque  ordinaire  non  orthochromatique. 

Dans  certains  cas,  particulièrement  pour  les  objets  faiblement 
colorés  à  l’éosine  bleuâtre  ou  à  la  safranine,  de  bons  résultats  sont 
obtenus  en  éclairant  l’objet  au  moyen  d’un  écran  jaune  ou  orangé  et 
en  recevant  l’image  sur  une  plaque  sensible  au  jaune. 

Enfin,  dans  les  cas  de  coloration  excessivement  faible,  il  y  a 
avantage  à  absorber  complètement  la  teinte  rouge  au  moyen  d’un 
écran  vert  et  à  recevoir  l’image  sur  une  plaque  particulièrement 
sensible  à  cette  radiation. 


—  536  — 


Résumé. 


Couleur. 


Rouge 


Nuance  et  intensité. 

Écran. 

très  léger.  .  .  . 

.  Vert, 

Rouge  1 
jaunâtre  , 

)  léger  j  •  ' 

)  moyen . 

intense  . 

.  Orangé. 

Orangé. 

très  intense  .  . 

.  Rouge. 

| 

'  très  léger.  .  .  . 

.  Vert. 

Rouge  , 
hleuâlre 

! 

1  .. 

léger . 

’  moyen . 

.  intense . 

(  Bleu. 

'  Jaune. 

» 

.  Rouge. 

Couche  sensible. 

I  Lumière  A. 

Erythrosinc  ou  plaques  <  Capelli. 

I  Ollo  Perulz. 

|  Erylhrosine  ou  plaques  Lumière  A. 

Cyaninc  ou  plaques  Lumière  A. 

» 

j  Plaque  fraîchement  orlhochromatisée 
‘  à  la  cyaninc. 

1  Lumière  A. 

Erylhrosine  ou  plaques  Capelli. 

'  Ollo  Perutz. 

Emulsion  ordinaire. 

Erylhrosine  ou  plaques  Lumière  A. 
Cyanine  ou  plaques  Lumière  B. 


CONSIDÉRATIONS  BASÉES  SUR  LE  RÉSULTAT  DÉFINITIF 

qu’il  s’agit  d’obtenir. 

J’ai  dit  que  le  résultat  définitif  qu’il  s’agissait  d’obtenir  devait 
entrer  également  en  ligne  de  compte  au  point  de  vue  du  choix  de 
l’écran  coloré  et  de  la  nature  de  la  surface  sensible,  et  qu’en  pro¬ 
fitant  de  certaines  colorations  présentées  par  les  préparations 
microscopiques  devant  être  photographiées,  il  était  possible  d’accen¬ 
tuer,  d’exagérer  même  certains  détails  de  structure  et  de  schématiser 
en  quelque  sorte  l’épreuve  définitive. 

Les  quelques  exemples  qui  vont  suivre  vont  faire  comprendre 
ma  pensée. 

Lorsque  nous  devons  photographier  des  bactéries  qui  sont,  en 
vue  de  les  rendre  visibles,  souvent  colorées  en  bleu,  violet  ou  rouge, 
il  est  recommandé,  et  avec  juste  raison,  d’éclairer  la  préparation 
en  interposant  un  écran  jaune  et  de  recevoir  l’image  sur  une  plaque 
orthochromatique  sensible  au  jaune  et  au  vert. 

Dans  ces  conditions,  nous  obtenons  en  effet  d’excellentes  images 
dans  lesquelles  les  bactéries  se  détachent  nettement  et  vigoureuse¬ 
ment  sur  le  fond. 

Il  doit  en  être  ainsi,  car  si  ces  bactéries  sont  colorées  en  bleu  ou 
en  violet  suffisamment  intense,  leur  couleur  propre  se  trouve  être 
absorbée  par  celle  de  l’écran  et  la  plaque  orthochromatique  les  voit 
en  noir  se  détachant  sur  un  fond  possédant  pour  elle  son  maximum 
de  luminosité. 


—  537  — 


Si  ces  mêmes  bactéries  sont  colorées  en  rouge  par  la  fuchsine,  le 
résultat  est  le  même  ;  la  faible  partie  des  rayons  bleus  contenus  dans 
ce  rouge  est  absorbée  par  l’écran  ;  quant  à  la  couleur  rouge,  elle 
passe,  il  est  vrai,  tout  entière,  mais  elle  n’est  pas  vue  par  la  couche 
sensible,  puisque  celle-ci  ne  possède  aucune  sensibilité  pour  ces  radia¬ 
tions.  De  même  que  pour  les  colorations  bleue  et  violette,  cette  pla¬ 
que  voit  les  bactéries  en  noir  se  détachant  sur  un  fond  lumineux. 

Or,  si  nous  désirons  montrer  par  une  photographie  la  présence  du 
staphylocoque  doré,  par  exemple,  dans  un  exsudât  quelconque, 
le  résultat  obtenu  dans  cés  conditions  sera  absolument  suffisant  et 
répondra  en  tous  points  à  ce  desideratum. 

Il  n’en  serait  pas  de  même  si  nous  voulions  donner  une  idée 
exacte  de  la  nature  et  de  la  forme  de  ce  staphylocoque. 

En  effet,  que  nous  montre  la  photographie  positive  que  nous 
obtenons  du  négatif  exécuté  comme  il  est  dit  plus  haut? 

Nous  y  voyons  les  uns  à  côté  des  autres  de  petits  cercles  noirs 
de  dimension  régulière  se  détachant  bien  sur  le  fond  blanc  ;  mais 
nous  n’y  voyons  que  des  cercles  et  cette  image  ne  nous  dit  pas  si 
chaque  grain  constituant  cette  bactérie  est  un  disque  ou  une 
sphère.  En  un  mot,  nous  n’avons  pas  par  la  vue  de  ce  positif  la 
notion  exacte  de  la  véritable  forme  de  cette  bactérie. 

Supposons  que  la  coloration  de  la  préparation  soit  rouge  et,  sans 
changer  la  couleur  de  l’écran,  recevons  l’image  sur  une  plaque 
sensible  aux  radiations  rouges. 

Le  positif  obtenu  d’après  le  négatif  ainsi  exécuté  présente  un 
tout  autre  aspect  que  celui  que  nous  venons  d’examiner. 

Chaque  grain  de  staphylocoque  présente  un  point  brillant  qui 
nous  donne  d’une  façon  absolument  évidente  pour  chacun  d’eux 
l’apparence  d’une  petite  sphère  ;  nous  nous  trouvons  donc  de  cette 
façon  complètement  renseigné  sur  la  véritable  forme  de  cette 
bactérie. 

Le  même  raisonnement  m’a  permis  d’obtenir  une  intéressante 
photographie  du  bacille  de  la  peste  coloré  en  bleu  violet,  dans 
laquelle  chaque  élément  montre  avec  netteté  le  point  de  réfringence 
ainsi  que  la  matière  protoplasmique  réunissant  encore  certains 
d’entre  eux  avant  leur  complète  séparation. 


—  538  — 


Il  serait  facile  de  multiplier  ces  exemples  à  l’infini;  ceux-ci  suffi¬ 
ront  pour  montrer  à  quel  point  le  résultat  définitif  qu’il  s’agit 
d’obtenir  doit  entrer  en  ligne  de  compte  dans  la  photographie  au 
microscope  des  objets  colorés. 

En  profitant  de  certaines  colorations,  et  en  faisant  valoir  en  les 
accentuant,  certains  détails  de  structure  intéressants  à  mettre  en 
évidence,  il  est  possible  de  schématiser  en  quelque  sorte  par  la 
photographie  même. 

Les  injections,  par  exemple,  sont  souvent  utilisées  en  histologie 
pour  montrer  certains  systèmes  de  vaisseaux  excessivement 
ténus. 

Pour  exécuter  ces  injections,  la  couleur  dissoute  dans  la  gélatine 
chaude  est  poussée  par  une  pression  lente  et  continue  dans  une  des 
grosses  ramifications  dépendant  du  système  des  vaisseaux  que  l’on 
désire  faire  disparaître;  cette  gélatine  colorée  s’y  répand  peu  à  peu 
et  s’y  coagule  ensuite  par  le  refroidissement.  La  topographie  du 
système  qu’il  s’agit  d’étudier  se  trouve  ainsi  dessinée  d’une  façon 
parfaite. 

Supposons  que  nous  nous  trouvions  en  présence  d’une  prépara¬ 
tion  de  villosités  intestinales  dont  les  capillaires  aient  été  injectés 
au  carmin;  les  vaisseaux  se  détachent  en  rouge  sur  une  membrane 
jaunâtre. 

Peu  nous  importe  le  contenu  des  vaisseaux,  nous  savons  qu’il  n’a 
aucune  importance;  ce  qui  est  essentiel, c’est  de  les  rendre  évidents 
et  d’en  bien  montrer  la  topographie. 

Dans  ces  conditions,  nous  avons  tout  avantage  à  éviter  toute 
impression  lumineuse  de  la  part  de  ces  parties  rouges  et,  par  consé¬ 
quent,  de  choisir  une  plaque  non  sensible  à  ces  radiations. 

D’autre  part,  étant  donné  que  la  paroi  intestinale  est  d’un  jaune 
peu  intense  et  qu’il  est  nécessaire  qu’elle  se  détache  légèrement  du 
fond  afin  qu’elle  apparaisse  au  tirage,  il  nous  faudra  employer  un 
écran  vert  qui  laissera  passer  le  jaune  sans  toutefois  lui  permettre 
d’impressionner  la  plaque  avec  une  intensité  telle  que  l’image  de 
cette  région  se  confonde  avec  le  fond. 

Donc,  pour  exécuter  cette  photographie  en  vue  de  faire  valoir  ce 
réseau  capillaire,  nous  nous  trouvons,  dans  ces  conditions  de  colo- 


—  539  — 


rations,  amenés  à  choisir  un  écran  vert  et,  par  conséquent,  une 
plaque  particulièrement  sensible  à  cette  radiation. 

Si  la  paroi  intestinale  s’était  trouvée  être  trop  peu  colorée  en 
jaune,  il  y  aurait  eu  alors  avantage  à  recourir  à  l’emploi  d’un  écran 
bleu  en  vue  d’arrêter  complètement  ce  jaune,  afin  que  l’image  de 
la  paroi  se  détachât  bien  du  fond.  La  plaque  employée  serait,  bien 
entendu,  recouverte  d’une  émulsion  ordinaire  non  orthochroma¬ 
tique. 

Les  colorations  obtenues  par  la  méthode  de  Gram  employée  en 
Bactériologie,  principalement  pour  faire  apparaître  les  bactéries  en 
place  dans  les  tissus,  peuvent  être  mises  à  profit  au  point  de  vue 
photographique  pour  bien  mettre  en  évidence  et  faire  ressortir  la 
présence  de  ces  microorganismes. 

Peu  nous  importe  ici  que  nous  obtenions  de  ces  bactéries  de 
simples  silhouettes  ;  nous  ne  cherchons  pas  en  effet  à  donner  une 
idée  exacte  de  leur  forme;  ce  que  nous  désirons,  c’est  montrer 
nettement  leur  présence  et  la  manière  dont  elles  se  trouvent  répan¬ 
dues  dans  le  tissu. 

Nous  devrons  donc  faire  en  sorte  que  ces  bactéries  soient  vues 
en  noir  par  la  plaque  photographique,  se  détachant  sur  le  tissu  en 
demi-teinte,  le  tout  s’enlevant  sur  le  fond  qui  devra  rester  blanc. 

Or,  par  la  méthode  de  Gram,  les  bactéries  sont  colorées  en  bleu 
violet,  les  tissus  en  rose  au  moyen  de  l’éosine. 

L’emploi  d’un  écran  jaune  ou  orangé  nous  permettra  d’absorber 
complètement  la  couleur  bleue  de  la  bactérie  et  de  faire  apparaître 
celle-ci  en  noir. 

Quant  au  choix  de  la  nature  de  la  surface  sensible  à  employer, 
il  dépendra  de  l’intensité  de  la  coloration  du  tissu. 

Cette  coloration,  comme  je  le  dis  plus  haut,  est  rose,  le  plus  sou¬ 
vent  légèrement  bleuâtre  ;  ce  qu’il  peut  y  avoir  de  bleu  dans  cette 
teinte  étant  absorbé  par  l’écran,  il  nous  reste  les  radiations  rouges. 

Si  la  coloration  est  assez  intense,  nous  recevrons  l’image  sur 
une  plaque  sensible  au  rouge  qui,  dans  ces  conditions,  enregistrera 
celle  du  tissu  comme  elle  le  ferait  d’une  grisaille  sur  laquelle  se 
détacheront  en  noir  les  bactéries. 

Si  cette  coloration  est  trop  légère  et  que  l’image  du  tissu, 


impressionnant  trop  fortement  la  plaque  sensible  au  rouge,  au 
risque  de  se  confondre  avec  le  fond,  nous  emploierons  alors  une 
plaque  sensible  au  jaune. 

Dans  ces  conditions,  le  rendu  définitif  obtenu  sera  absolument 
satisfaisant. 

Objets  polychromes.  —  En  présence  d’objets  polychromes,  dont 
il  s  agit  d  obtenir  des  clichés  donnant  par  leurs  contrastes  les 
valeurs  îelatives  des  couleurs  qui  s’y  trouvent  contenues,  nous  nous 
inspirerons,  pour  diriger  notre  choix  d’écrans  et  de  surfaces  sen¬ 
sibles,  des  indications  données  dans  le  cours  de  cette  Note. 

Dans  certains  cas,  l’emploi  des  plaques  panchromatiques  Lumière, 
combine  a  celui  d  un  écran  jaune,  donnera  d’excellents  résultats. 

Dans  la  pratique,  une  grande  multiplicité  de  tons  et  de  couleurs 
dans  un  même  objet  est  assez  rare,  sauf  lorsqu’il  s’agit  d’étudier 
certaines  roches  en  lumière  polarisée  ;  il  se  produit  alors  dans  le 
champ  observe  des  colorations  souvent  très  vives  et  très  variées, 
qui  nécessitent  l’emploi  des  glaces  panchromatiques. 

Le  plus  souvent,  nous  nous  trouvons  en  presence  de  colorations 
doubles,  obtenues  en  vue  de  faire  valoir  certains  détails  de  struc¬ 
ture  et  dont  il  est  presque  toujours  facile  de  tirer  un  bon  parti  au 
point  de  vue  photographique. 

Telles  sont  les  quelques  observations  relatives  à  la  photographie 
au  microscope  des  objets  colorés  que  je  désirais  exposer  ici. 

Résumé  de  nombreux  essais,  j’ai  cru  devoir  les  développer,  en 
vue  surtout  de  montrer  que,  par  l’emploi  judicieux  et  raisonné  des 
écrans  colorés,  et  en  raison  des  propriétés  nouvelles  et  variées  que 
présentent  aujourd’hui  les  couches  sensibles  que  nous  avons  à  notre 
disposition,  il  est  facile  d’obtenir  des  images  d’une  perfection 
absolument  satisfaisante  et  largement  suffisantes  pour  servir  à  la 
démonstration. 

J  espère,  dans  quelques  mois,  pouvoir  présenter  à  la  Société 
française  de  Photographie  un  autre  travail  sur  la  Photographie  des 
objets  colorés,  faisant  suite  à  celui-ci  et  ayant  trait  à  cette  question 
si  importante  que  j’étudie  depuis  plusieurs  années  :  l’application 
des  procédés  orthochromatiques  à  la  Microphotographie. 

( Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie.) 


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Les  Plaques  sur  Yitrose  rigide 


erions-Nous  enfin  en  possession 
d’une  bonne  plaque  pelliculaire? 

La  maison  Lumière,  de  Lyon, 
nous  a  fait  parvenir  les  nouveaux 
produits  qu’elle  met  en  vente  et 
qui  se  divisent  en  deux  catégories  : 

1°  Plaques  sensibles  au  géla¬ 
tino-bromure  d'argent  sur  vitrose 
rigide  d’une  très  grande  légèreté,  d’un  maniement  facile,  inexten¬ 
sibles  et  imperméables  formées  par  le  couchage  de  l’émulsion  sur  un 
nouveau  support  :  la  vitrose  (1)  dont  la  transparence  et  la  raideur 
sont  supérieures  à  celles  du  celluloïd.  Par  l’intermédiaire  de  «  porte- 
plaques  »  très  simples  livrés  soit  en  même  temps  que  les  vitroses, 
soit  séparément,  ces  nouvelles  préparations  peuvent  être  employées 
comme  les  plaques-verre,  dans  tous  les  appareils. 

2°  Pellicules  sensibles  sur  vitrose  souple,  pour  les  châssis  à  rou¬ 
leaux  ainsi  que  pour  la  cinématographie. 

Ces  nouveaux  supports  sont  recouverts  de  la  même  émulsion 
extra-rapide  que  les  plaques  étiquette  bleue  ou,  sur  demande,  de 
toute  autre  émulsion  de  la  maison  Lumière. 

(I)  Ce  support  est  manufacturé  par  la  Société  anonyme  des  Pellicules  fran¬ 
çaises,  dirigée  par  M.  V.  Planchon,  qui  avait  mis  dans  le  commerce,  il  y  a  quel¬ 
ques  années,  les  plaques  auto-tendues. 


—  542  — 


Les  fabricants  ont  éliminé  de  la  composition  des  supports  tous  les 
produits  susceptibles  d’altérer  le  gélatino-bromure  d’argent. 

Les  résultats  obtenus  au  point  de  vue  de  la  conservation  per¬ 
mettent  de  garantir  celle-ci  pendant  six  mois  si  les  produits  sont 
convenablement  mis  à  l’abri  de  l’humidité  et  de  la  chaleur. 

Les  plaques  sur  vitrose  rigide  ont  une  épaisseur  d’environ  2/10es  de 
millimètre  et  leur  rigidité  est  telle  qu’on  peut  les  manier  dans  les 
différents  bains  avec  autant  de  facilité  que  des  plaques-verre.  Leur 
poids  est  approximativement  le  douzième  de  celui  des  plaques-verre 
de  même  dimension. 

Une  innovation  souvent  réclamée  :  chaque  boîte  ou  pochette 
porte  sur  l’étiquette  la  date  de  la  préparation. 

Les  porte-plaques  sont  formés  d’une  feuille  de  carton  noir  et  d’un 
cadre  métallique.  Il  suffit  de  glisser  la  plaque  vitrose  entre  le  cadre 
et  le  carton  et  de  placer  le  tout  dans  la  feuillure  du  châssis. 

Pour  les  appareils  à  main  munis  de  châssis  métalliques,  on  peut 
placer  directement  la  plaque  vitrose  libre  dans  les  châssis  en  insi¬ 
nuant  entre  la  plaque  et  le  métal  une  feuille  de  carton  mince. 

Enfin,  la  maison  Lumière  prépare  pour  les  photo-jumelles  des 
séries  de  20  vitroses  montées  sur  porte-plaques  calibrés  à  la  dimen¬ 
sion  des  appareils  et  s’escamotant  directement  sans  faire  usage  des 
gaines  métalliques  habituelles.  La  contenance  de  la  photo-jumelle 
se  trouve  ainsi  augmentée  sans  aucune  modification  dans  sa  cons¬ 
truction  et  l’on  réalise  une  économie  de  poids  qui  n’est  pas  à 
dédaigner. 

Les  porte-plaques  sont  numérotés  au  dos. 

L’adjonction  d’un  porte-plaque  à  chaque  vitrose  sensible  entraîne 
nécessairement  une  augmentation  de  prix,  mais  il  est  à  remarquer 
que  ces  supports  peuvent  servir  à  nouveau  et  qu’il  suffit  d’y  intro¬ 
duire  de  nouvelles  vitroses  libres  livrées  en  pochettes  à  un  prix 
moins  élevé. 

Au  moment  du  développement  on  sort  la  vitrose  de  son  porte- 
plaque  par  un  tour  de  main  très  simple  qui  consiste  à  donner  à 
l’ensemble  une  secousse  brusque  dans  le  sens  de  l’ouverture  ;  par 
son  inertie  la  vitrose  se  dégage  et  peut  être  retirée  ensuite  très 
facilement. 


—  543  — 


Nous  avons  essayé  les  nouvelles  plaques  vitroses  rigides  et  elles 
nous  ont  donné  complète  satisfaction. 

Développées  à  l’orthol  elles  nous  ont  donné  des  négatifs  d’une 
très  grande  pureté  absolument  comparables  à  des  clichés  sur  verre 
et  nous  n’avons  trouvé  aucune  difficulté  à  leur  maniement. 

Aucune  précaution  spéciale  n’est  à  indiquer  pour  le  développe¬ 
ment,  les  lavages  et  le  fixage  qui  se  font  comme  s’il  s’agissait  d’une 
glace. 

Après  le  dernier  lavage,  les  vitroses  sont  mises  à  sécher  en  les 
suspendant  par  un  angle  au  moyen  d’une  épingle.  La  dessiccation 
terminée,  les  vitroses  sont  à  peine  arquées;  elles  reprennent  une 
planimétrie  complète  par  quelques  heures  de  séjour  sous  un  livre 
ou  en  les  conservant  maintenues  dans  les  gaines  primitives. 

Les  Sections  de  l’Association  étant  actuellement  en  vacances, 
nous  n’avons  pas  voulu  tarder  davantage  à  présenter  ces  nouveaux 
produits  à  nos  membres,  qui,  espérons-le,  pourront  encore  en 
faire  l’essai  dans  leurs  excursions  et  à  la  rentrée  nous  communi¬ 
quer  les  résultats  qu’ils  auront  obtenus. 


Ch.  P. 


De  la  Profondeur  de  Champ  -s 

- - 


ans  le  Photographie  Times 
du  mois  d’avril  1897,  le  sujet 
de  la  profondeur  de  champ 
des  objectifs  fut  discuté  par 
l’auteur.  Le  même  sujet  fut 
aussi  discuté  avec  des  ta¬ 
bleaux  de  profondeur  de 
champ  à  l’appui,  dans  le 
Bulletin  de  l’Association 
Belge  de  Photographie  du  mois  de  juillet  1897  (1).  Dans  ce  der¬ 
nier  article,  la  profondeur  de  champ  se  trouvait  déterminée  au 
moyen  de  formules  qui  donnaient,  par  rapport  à  l’objectif,  les  dis¬ 
tances  de  la  profondeur  rapprochée  et  éloignée  ;  dans  le  premier 
article,  la  même  profondeur  était  déterminée  au  moyen  de  formules 
qui  donnaient  les  distances  mesurées  à  partir  d’une  seule  longueur 
tocale  devant  l’objectif.  Une  étude  plus  approfondie  du  sujet 
démontre  clairement  que  si  la  distance  jusqu’à  la  profondeur  de 
champ  est  mesurée  à  partir  de  la  mise  au  point,  les  formules  devien¬ 
nent  beaucoup  plus  simples  et  faciles.  Il  semblerait  aussi  que  les 
distances  ainsi  données  fussent  préférables  en  pratique  à  celles  dont 
il  avait  tout  d’abord  été  question. 


(1)  Sur  la  profondeur  de  champ  des  objectifs  photographiques  par  V.  Hass- 
reidter,  Bulletin  de  l'Association  belge  de  Photographie,  1897,  p.  470  et  suiv. 


—  545  — 

Il  est  à  peine  nécessaire  de  s’arrêter  sur  les  transformations 
algébriques  qui  ont  servi  à  faire  découler  les  formules  suivantes  des 


premières.  Ce  sont  : 

,  x- 

x2 

y  ^2  et 

—  —  -4-  x 

200b  ^ 

r-n 

200 b 

Dans  ces  dernières  : 

f  =  la  distance  focale  de  l’objet  mesurée  en  milimètres  ; 
b  =  la  valeur  relative  du  diaphragme  de  l’objectif,  c’est-à-dire  le 
nombre  de  fois  que  le  diaphragme  entre  dans  la  distance 
focale  de  l’objectif; 

x  =  la  distance  en  mètres  jusqu’à  la  mise  au  point;  distance  me¬ 
surée  à  partir  d’une  seule  longueur  focale  devant  l’objectif. 
y'  =  la  distance  en  mètres  à  partir  de  la  mise  au  point  jusqu’au 
premier  avant-plan  le  plus  rapproché  de  l’objectif,  qui  soit 
d’une  netteté  suffisante; 

y  =  la  distance  en  mètres  à  partir  de  la  mise  au  point  jusqu’au 
plan  le  plus  éloigné  de  l’objectif,  qui  soit  d’une  netteté  suffi¬ 
sante. 

Dans  les  équations  ci-dessus,  on  admet  un  disque  de  diffusion 
de  0,2mm  de  diamètre. 

Si  l’on  désire  un  disque  de  diffusion  de  0,lmm  de  diamètre, 

fl 

on  peut  substituer  dans  les  équations  la  fraction  ^7  à  la  frac¬ 


tion 


fJL 

200 b’ 


Prenons,  par  exemple,  le  même  problème  donné  dans  le  Bulletin 
du  mois  de  juillet  1897. 

«  Quelle  est  la  profondeur  de  champ  d’un  objectif  de  180mm  de 
distance  focale,  avec  le  diaphragme  fj 9,  si  l’objet  mis  au  point  se 
trouve  placé  à  G  mètres  de  l’objectif,  le  disque  de  diffusion  ayant  un 
maximum  de  0,lmm  de  diamètre?  » 

Soit  : 


J 


6X6 
180  X  180 


36 


+  6 


36  -j-  6 


=  0,86  m. 


100  x  9 


—  546  — 


180  X  180 
100  X  9 


Il  s’ensuit  que  y'  -\-y  =  2,06  m.,  la  profondeur  de  champ  totale. 

En  d’autres  termes,  la  profondeur  de  champ  commence  à  un 
point  qui  se  trouve  à  0,86  m.  plus  près  de  l’objectif  que  la  mise  au 
point,  et  qui  dépasse  de  1,20  m.  la  mise  au  point  elle-même.  Ces 
résultats  diffèrent  tant  soit  peu  de  ceux  du  Bulletin.  Cela  est  en 
partie  dû  à  ce  que  dans  un  cas  la  distance  à  laquelle  se  fait  la  mise 
au  point,  est  mesurée  à  partir  de  l’objectif,  tandis  que  dans  l’autre 
elle  est  prise  à  partir  d’une  seule  distance  focale  devant  l’objectif. 
Si,  dans  l’exemple  en  question,  la  distance  à  laquelle  se  fait  la  mise 
au  point  avait  été  prise,  comme  étant  de  6  mètres  moins  180mm, 
c’est-à-dire  au  même  point  que  dans  l’exemple  du  Bulletin,  le 
résultat  aurait  indiqué  que  la  limite  de  distance  jusqu’au  plan 
le  plus  rapproché  de  la  profondeur  de  champ  était  de  5,19  m.  au 
lieu  de  5,17  m.,  comme  dans  l’exemple  cité. 

Cette  différence  de  0,02  m.  tient  à  ce  que  l’on  a  supprimé  dans 
l’équation  primitive  un  facteur  trop  petit  en  lui-même,  pour  que  le 
résultat  final  en  soit  sensiblement  affecté  dans  la  pratique. 

Dans  tous  les  cas,  l’erreur,  toute  légère  qu’elle  soit,  est  dans  la 
bonne  direction. 


Charles  E.  Manierre. 


New-York,  Janvier  1898. 


6) 


Upioq  iqtenpafciopale 

de  Photographie 

6e  session  tenue  à  Gand  du  17  au  21  juillet  1898 


t  sixième  session  de  l’Union  Interna¬ 
tionale  de  Photographie  s’est  tenue 
cette  année  à  Gand,  au  local  de  la  société 
l’Union. 

La  séance  d’ouverture  a  eu  lieu  le 
17  juillet.  Après  le  discours  de  bienve¬ 
nue  de  M.  Goderus,  président  de  la 
Section  de  Gand  de  l’Association  belge 
de  Photographie,  M.  Maes,  président  de 
l’Union  internationale,  a  remercié  la 
Section  gantoise  et  a  ouvert  la  session.  Les  mandats  des  membres 
du  bureau  ont  été  renouvelés  et  l’Assemblée  a  fixé  l’ordre  du  jour 
des  séances. 

Une  discussion  s’est  engagée  au  sujet  des  difficultés  suscitées  par 
la  douane  lors  du  retour  des  œuvres  ayant  figuré  dans  les  expo¬ 
sitions. 

Dans  la  séance  du  18  juillet,  M.  Casier,  président  de  l’Association 
belge,  a  attiré  l’attention  de  l’Union  sur  les  conséquences  fâcheuses 
que  peut  produire  la  coïncidence  des  expositions  des  grandes  sociétés 
photographiques,  et  il  a  émis  le  vœu  qu’une  entente  se  produise 
entre  les  principales  sociétés  afin  qu’elles  fixent  les  dates  de  leurs 
expositions. 


—  548  — 


M.  Casier  a  également  rendu  compte  des  démarches  qu’il  a  faites 
quant  à  la  question  douanière  soulevée  dans  la  séance  d’ouverture. 
Il  résulte  des  déclarations  qu’il  a  reçues  qu’il  n’est  pas  possible  de 
laisser  entrer  librement  les  photographies  encadrées.  M.  Casier  a 
exposé  la  marche  qui  a  été  suivie  lors  du  dernier  Salon  photogra¬ 
phique  de  l’Association. 

MM.  Pector  et  de  Saint-Senoch  ont  déclaré  ignorer  si  les  diffi¬ 
cultés  dont  on  se  plaint  en  Belgique  se  présentent  en  France. 

M.  Boutique,  de  Douai,  qui  a  fréquemment  exposé  à  l’étranger, 
n’a  pas  rencontré  ces  difficultés. 

M.  Pector  a  donné  lecture  de  la  note  de  MM.  Lumière  sur  l’ac¬ 
tion  du  persulfate  d’ammoniaque  permettant  d’utiliser  ce  composé 
pour  réduire  les  clichés  heurtés  et  trop  intenses.  Cette  note  a  paru 
dans  le  dernier  numéro  du  Bulletin. 

Un  échange  de  vues  s’est  établi  sur  les  procédés  d’intensification 
des  phototypes  négatifs.  Des  observations  intéressantes  se  sont 
produites,  mais  de  l’ensemble  de  la  discussion  il  résulte  que  le 
procédé  le  plus  employé  malgré  ses  défauts  est  le  renforcement  au 
bichlorure  de  mercure. 

M.  le  D1  de  Nobele  a  fait  ensuite  une  intéressante  communication 
sur  les  applications  des  rayons  X  spécialement  à  l’art  médical. 

La  question  du  papier  au  point  de  vue  de  la  conservation  des 
épreuves  a  occupé  l’assemblée,  et  il  est  résulté  de  la  discussion  que 
le  papier  qui  présente  le  plus  de  garanties  est  toujours  l’ancien 
papier  à  1  albumine.  M.  Sacré  a  préconise  l’emploi  des  nouveaux 
papiers  par  développement,  tels  que  le  Velox,  V Electric  et  V Éclair. 
Quant  aux  virages  combinés,  ils  ont  été  condamnés  par  tous  les 
membres. 

Dans  la  séance  du  20  juillet,  M.  Pector  a  donné  lecture  d’une 
note  de  M.  Vidal  qui  résume  ce  qui  a  été  fait  jusqu’à  ce  jour  en  vue 
de  1  étalonnage  des  écrans  colorés  employés  dans  la  photographie 
orthochromatique  ainsi  que  d’un  travail  de  M.  Gravier  sur  le  Halo. 

M.  Goderus  a  signalé  l’emploi  pour  le  cinématographe  de  plaques 
circulaires  destinées  à  remplacer  les  bandes  pelliculaires.  Ces 
plaques  tournent  autour  d’un  axe  se  déplaçant  lui-même  pendant  la 
rotation  de  manière  à  produire  une  hélice. 


—  549  -v 


L’Union  s’est  occupée  également  des  mesures  à  prendre  en  vue 
de  l’organisation  du  Congrès  qui  doit  se  tenir  à  Paris  en  1900  et  a 
décidé  que  sa  septième  session  se  tiendrait  en  1899  à  Hambourg  à 
une  époque  à  fixer  de  commun  accord  avec  la  Société  Photogra¬ 
phique  de  cette  ville. 

M.  Maes  a  résumé  les  travaux  de  la  session  et  M.  Pector,  au 
nom  des  étrangers,  a  remercié  la  Section  de  Gand  pour  l’excellent 
accueil  qu’ils  ont  reçu  et  pour  la  bonne  organisation  des  nom¬ 
breuses  attractions  qui  ont  marqué  cette  réunion. 

En  dehors  des  séances,  les  membres  de  l’Union  ont  eu  en  effet 
l’occasion  de  visiter  l’ancienne  et  intéressante  ville  de  Gand.  Us  se 
sont  notamment  rendus  aux  ruines  de  Saint-Bavon,  au  château  des 
Comtes,  au  Parc  et  ont  été  admis  à  voir  l’un  des  plus  grands  établis¬ 
sements  horticoles  de  Gand  :  la  Société  Horticole  gantoise,  dirigée 
par  M.  Wartel. 

Le  19  juillet  a  été  consacré  à  une  excursion  à  Bruges  et  à  Blan- 
kenberghe.  Après  avoir  passé  la  plus  grande  partie  de  la  journée  à 
parcourir  la  vieille  cité  flamande,  on  s’est  rendu  à  Blankenberghe 
pour  montrer  aux  membres  étrangers  la  belle  plage  de  notre 
seconde  ville  d’eau. 

Un  banquet  à  Y  Hôtel  de  la  Poste  a  clôturé  agréablement  cette 
sixième  session  de  l’Union. 

Ch.  P. 


39 


REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


Photographische  Mittheilungen. 

(N°  G.) 

Les  couleurs  par  le  procédé  Chassagne.  —  Inulile,  dit  l’auteur,  d’acheter  à  un 
prix  fort  élevé  les  différents  ingrédients  et  couleurs  qu’exige  le  procédé  Chas¬ 
sagne. 

Avant  d’appliquer  les  couleurs,  on  doit  traiter  l’image  au  moyen  d’un  liquide 
incolore  qui  a  pour  but  de  faciliter  à  la  couche  gélatineuse  l’absorption  des  cou¬ 
leurs.  On  prépare  ce  liquide  incolore  en  dissolvant  2  grammes  d’albumine 
d’œuf  (sèche)  dans  100  cm3  d’eau,  et  en  ajoutant  2  cm3  d’ammoniaque- 

Comme  couleur  jaune  on  prendra  du  picrate  d’ammonium  en  dissolvant  de 
l’acide  picrique  dans  l’eau  et  en  ajoutant  de  l’ammoniaque  en  faible  excès. 

Pour  le  rouge  on  prendra  de  la  safranine  G  extra;  enfin,  pour  le  bleu,  on  se 
servira  avec  avantage  du  bleu  de  méthylène.  Ces  solutions  doivent  être  très 
étendues;  ainsi,  par  exemple,  une  solution  de  5  grammes  de  bleu  de  méthylène 
dans  1,000  cm3  d’eau  suffira  largement,  lin  somme,  c’est  une  économie  qui  n’est 
pas  mal  placée. 

Photographisches  Wochenblatt. 

(N°  23.) 

En  avant,  le  procédé  à  l'albumine. —  A  Ghing-Kiang  (Chine),  il  a  été  fondé  un 
grand  établissement  pour  la  production  d’albumine,  ces  contrées  étant  fré¬ 
quemment  visitées  par  des  nuées  de  canards,  dont  les  œufs  servent  à  la  fabrica¬ 
tion  de  l’albumine.  On  récolte  40  à  30.000  œufs  par  jour.  Des  ouvrières  sont 
occupées  à  ouvrir  les  œufs  et  à  séparer  le  blanc  et  le  jaune.  Le  blanc  d’œuf  est 
soigneusement  purifié,  puis  séché  et  transporté  en  Europe. 

Der  Amateur  Photograph. 

(N°  139.) 

Développateur  pour  le  vogage.  —  Avant  de  s’embarquer,  on  remplit  un  flacon 
à  large  goulot  avec  le  mélange  suivant  :  25  grammes  de  glycine,  150  grammes 
de  carbonate  de  potasse  et  65  grammes  de  sulfite  de  soude. 

En  prenant  9  grammes  de  ce  mélange  pour  100  cm3  d’eau,  on  obtient  un  bain 
qui  donne  des  négatifs  assez  denses;  en  ne  prenant  que  5  à  6  grammes,  les  néga¬ 
tifs  obtenus  sont  plus  harmonieux. 


BifoliocjtiajDljie 


Praktikum  der  wissenschaftlichen  Photographie ,  par  le  docteur  Cari,  Kaiser i.ing, 
assistant  à  l’Institut  royal  de  pathologie  à  Berlin. 

Ce  volume,  édité  avec  beaucoup  de  soin  par  G.  Schmidt,  à  Berlin,  pourrait 
s’intituler  aussi  la  photographie  au  service  de  la  science  et  s’adresse  à  tous  ceux 
qui,  dans  leurs  recherches  scientifiques,  ont  recours  à  la  photographie,  notam¬ 
ment  aux  médecins. 

Voici  les  différents  sujets  que  traite  l’auteur  avec  autant  de  clarté  que  d’exac¬ 
titude:  La  lumière  et  les  actions  de  la  lumière.  L’appareil  photographique.  La 
pose.  Le  procédé  négatif.  Le  procédé  positif.  Les  agrandissements  et  la  micropho¬ 
tographie.  La  steréoscopie.  L’utilisation  des  rayons  Roentgen.  La  photographie 
en  couleur  et  les  procédés  de  reproduction. 

Nous  pouvons  dire  que  l’auteur  s’y  montre  partout  à  la  hauteur  du  progrès, 
et  nous  souhaitons  que  cet  ouvrage  utile  à  plus  d’un  point  de  vue  rencontre 
parmi  les  photographes  l’accueil  qu’il  mérite. 

V.  IL 

Annuaire  général  et  international  de  Photographie  (  1898.  —  7e  année). 

La  librairie  Plon,  Nourrit  et  C“\  rue  Garanciôrc,à  Pasris,  vient  de  faire  paraître 
l 'Annuaire  général  et  international  de  Photographie.  Gette  publication,  qui 
compte  déjà  sept  années  de  succès,  est  dirigée  par  M.  Marc  Le  Roux.  C’est  le 
vade-mecum,  le  guide  indispensable  de  tous  ceux  qui  s’intéressent  à  la  photo¬ 
graphie  à  un  titre  quelconque,  soit  comme  professionnels,  soit  comme  prati¬ 
ciens  amateurs,  soit  comme  simples  curieux.  Conseils  pratiques,  découvertes  les 
plus  récentes  de  la  science,  renseignements  précieux  de  tous  genres,  formules, 
recettes,  adresses,  études  spéciales  très  remarquables,  composent  ce  bel 
annuaire,  émaillé  d’un  très  grand  nombre  d’illustrations  qui  prouvent  une  fois 
de  plus  que  la  photographie  est  devenue  aujourd’hui  un  art  véritable. 

Petits  Clichés  et  Grandes  Épreuves.  —  Guide  photographique  du  touriste  cycliste, 

par  J.  Bernard  et  L.  Touchereuf.  —  1  volume  in-18  jésus  de  vm-139  pages; 

1898.  —  Librairie  Gauthier-Villars,  quai  des  Grands-Augustins,  55,  à  Paris. 

La  méthode  «  faire  petit  pour  obtenir  grand  »  n’est  pas  une  utopie.  C’est  même 
la  vraie  manière  d’arriver  à  l’art.  Sans  vouloir  médire  de  la  grande  épreuve 


—  552  — 

directe, ne  trouvez-vous  pas  que  cette  façon  de  procéder  présente  plus  d’incon¬ 
vénients  que  d’avantages?  Sans  parler  du  poids  considérable  que  nécessite  le 
matériel  courant,  sans  parler  de  la  dépense,  trouvez-vous  que  la  grande  épreuve 
directe  soit  si  artistique  que  cela?  Avez-vous  jamais  vu  chez  les  peintres,  chez 
les  graveurs,  chez  les  maîtres  du  dessin,  ces  tons  rouges  violacés,  cette  séche¬ 
resse  impitoyable  deslignes,  cette  précision  microscopique  dans  les  détails,  ces 
formats  de  pure  convention. 

Par  l’agrandissement  vous  corrigerez  ces  divers  défauts;  vous  arriverez  à 
l’effet  artistique  en  rétablissant  les  meilleures  proportions  de  votre  sujet,  surtout 
si  vous  vous  servez,  pour  agrandir,  d’un  objectif  similaire  ou,  mieux,  du  même 
objectif  que  celui  qui  vous  a  donné  votre  négatif. 

Nous  ne  parlons  que  pour  mémoire  de  l’avantage  et  de  l’économie  qu’entraîne 
avec  elle  la  méthode  que  nous  préconisons  au  point  de  vue  du  poids  et  de  l'en¬ 
combrement  du  matériel. 

Cet  ouvrage  n’est  point  un  traité  scientifique,  encore  moins  une  description 
fastidieuse  des  appareils  existants.  Les  auteurs  ont  voulu  simplement,  dans  ces 
quelques  pages,  réunir  à  l’intention  de  leurs  collègues  en  photographie  et  en 
cyclisme  les  données  et  les  connaissances  qu’une  longue  pratique  du  tourisme 
et  de  la  photographie  leur  a  permis  d’acquérir.  C’est  à  l’amateur  et  à  l’amateur 
seul  que  s’adresse  cet  ouvrage. 

Accroître,  si  possible,  le  nombre  des  adeptes  de  la  photographie,  aplanir  les 
difficultés  de  la  route  à  ceux  qui  désirent  se  livrer  aux  agrandissements,  a  été 
notre  seul  but.  Nous  serons  heureux  de  l’avoir  atteint. 

Jahrbuch  fur  Photographie  und  Rcprodaclionstechnik,  fur  dus  Jalir  1898, 
par  leD1'  J.  M.  Eder.  —  Wilhelm  Knapp,  éditeur  à  Halle  a.  S. 

Le  Dr  Eder  vient  de  faire  paraître  la  12e  année  de  son  annuaire  photo¬ 
graphique.  Il  comprend,  comme  les  volumes  antérieurs,  une  revue  des  progrès 
réalisés  et  un  grand  nombre  d’articles  du  plus  haut  intérêt.  Nous  n’avons  plus 
à  faire  l’éloge  de  cette  publication  annuelle,  toujours  éditée  avec  le  plus  grand 
soin  par  M.  Wilhelm  Knapp. 

Le  volume  de  cette  année  est  largement  illustré  et  ne  comprend  pas  moins  de 
1 1 1  planches  dans  le  texte  et  30  illustrations  artistiques  hors  texte. 

Anvers  maritime,  par  Paug  Savagne,  avec  60  illustrations  de  M.  Jos.  Maes. 

Cet  album,  édité  par  M.  J.  Maes  à  l’occasion  de  la  visite  à  Anvers  des  membres 
du  Congrès  de  navigation,  est  une  publication  des  plus  intéressantes,  où  l’auteur 
expose  d’abord  l’histoire  du  port  d’Anvers  depuis  les  temps  les  plus  reculés 
jusqu’à  nos  jours.  Cet  historique  est  suivi  d’une  description  détaillée  du  port 
actuel,  de  ses  installations  et  de  son  mouvement.  Enfin,  l’auteur  décrit  cette 
population  spéciale  aux  grands  ports  :  débardeurs,  marchands  et  marchandes, 
rôdeurs,  veilleurs  de  nuit,  etc.  M.  Maes  a  illustré  cet  album  de  60  planches  des 


plus  intéressantes,  bien  choisies  et  exécutées  avec  le  talent  qu’on  lui  connaît. 

Nous  le  remercions  vivement  pour  l’hommage  qu’il  a  bien  voulu  faire  à 
l’Association. 

Nous  avons  reçu  de  M.  Adrien  Guebhard,  auquel  nous  adressons  tous  nos 
remerciements,  une  série  de  brochures  dont  voici  les  titres  : 

A  propos  des  enregistrements  photographiques  d'effluves  humains. 

Petit  Manuel  de  photographie  spirite  sans«  fluide  ». 

Sur  les  phénomènes  de  ségrégation  moléculaire  observables  dans  les  liquides 
troubles  abandonnés  au  repos. 

Sur  les  prétendus  enregistrements  photographiques  du  fluide  vital. 

Sur  la  prépondérance  de  l’action  mécanique  des  courants  de  convection,  dans 
les  enregistrements  de  figures  d’effluves  sur  plaques  voilées  soumises  à  l’action 
de  pôles  thermiques  dans  les  bains  révélateurs. 

Sur  un  procédé  simple  de  transformation  directe  en  clichés  photographiques 
des  clichés  typographiques  et  autres  objets  de  faible  relief  plan. 

Sur  un  mode  d’enregistrement  photographique  des  effluves  thermiques. 

M  Octave  Masereel,  conducteur  civil  à  .Bruges,  nous  a  adressé,  à  titre  docu¬ 
mentaire,  une  notice  descriptive  d’un  appareil  de  son  invention. 

Cet  appareil,  qu’il  appelle  Graphotophone,  est  destiné,  comme  son  nom  l’in¬ 
dique,  à  enregistrer  les  sons  par  la  lumière  et  à  les  reproduire  par  le  même  agent. 

L’auteur  n’a  ni  réalisé,  ni  expérimenté  l’appareil  qui  fait  l’objet  de  cette 
notice  et  qui  est  d’une  conception  de  pure  théorie. 


Vinejb-cjua tnièrne  Concours 

DU 

Journal  des  Voyages 


Quatrième  trimestre  de  1898 


Le  motif  proposé  est  le  suivant  :  BORDS  D’UN  CANAL 


joun^Rux  îREçus 


Belgique. 

Bulletin  de  V Académie  royale  des  Sciences,  nos  5,  6. 

Bulletin  delà  Société d’ Électricité,  lor  semestre. 

Ciel  et  Terre,  nos  9,  10,  11,  12. 

L’Objectif,  nos  44,  45,  46. 

Revue  bibliographique  belge,  n°  6 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  408,  409,  410,  411,  412,  413. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Belgique,  nos  19,  20. 

La  Presse  universelle,  nos  5,  6. 

Allemagne. 

Deutsche  Photographen  Zeitung,  nos  29,  30,  31,  32,  33,  34. 
Photographisches  Centralblatt,  nos  13,  14. 

Der  Amateur-Photograph ,  n°  8. 

Photographische  Mittheilungcn,  nos  8,  9, 10. 

Prahtischer  Ratligeber,  nos  13,  14,  15. 

Photographische  Chronik,  nos  29,  30,  31,  32,  33,  34. 
Photographisches  Wochenblalt,  n03  28,  29,  30,  31,  32,  33. 

Das  Atelier  des  Photographen,  n°  8. 

Photographische  Rundschau,  n°  S. 

Internationale  Photographische  Monatsschrift  für  Medizin,  n°  7. 

Autriche. 

Photographische  Correspondent,  n°  455. 

Wiener  Freie  Photographen  Zeitung ,  n°  7. 

Wiener  Photographische  Blcitter,  n°  8. 

Danemark. 

Beretninger  fra  Dansk  fotografisk  Forening ,  n°  7. 

États-Unis. 

Anthony  s  Bulletin,  nos  7,  8. 

Caméra  Notes,  n°  1 . 


555 


St-Louis  Photographe r,  nos  7,  8. 

Wilson’s  Magazine,  nos  499,  500. 

La  Revista  cientifica  Hispano-Amcricana,  n°  7. 

France. 

Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  nos  14, 15. 

Moniteur  de  la  Photographie ,  nos  13,  14,  15,  16. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  90. 

La  Photographie,  n°  8. 

Photo-Gazette,  nos  8,  9. 

Bulletin  de  la  Société  photographique  du  Nord  de  la  France,  n°  7. 
Photo-Journal,  rios  102,  103. 

Gazette  du  Photographe  amateur,  nos  63,  64. 

Ombres  et  Lumière,  nos  35,  36,  37. 

Photo-Revue,  nos  4,  Abis,  5. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaise  de  Photographie,  15  juillet,  15  août. 
Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  n°  5. 

Bulletin  de  l’Association  des  Amateurs  photographes  de  Dijon  et  de  la 
Bourgogne,  nos  7,  8. 

Bulletin  de  la  Société  Havraise  de  Photographie,  nos  6,  7. 

Le  Photogramme,  n°  S. 

La  Mise  au  point,  uos  1,  2,  3. 

La  Science  illustrée,  nos  554,  555,  556,  557,  558,  559,  560. 

Jm  Science  en  famille,  nos  40,  41,  42. 

L'Avenir  photographique,  n°  79. 

Le  Monde  photographique,  n°  38. 

Grande-Bretagne. 

British  Journal  of  Photography ,  nos  1992,  1993,  1994,  1995,  1996,  1997,  1998. 
Photographie  News,  nos  132,  133,  134,  135,  136, 137,  138. 

The  Photographie  Journal,  nos  10,  11. 

Journal  of  the  Caméra  Club,  ncs  146,  147. 

Photography,  n°*  504,  505,  506,  507,  508,  509,  510. 

The  Amateur  Pliotographer,  nos  718,  719,  720,  721,  722,  723,  724. 

The  Pliotogram,  n°  56. 

Process  Work  and  the  Printer,  n°63. 

Italie. 

Il  Progresso  fotografxco,  nos  6,  7. 

11  Dilettante  di  Fotografia,  n°  99. 

Rivista  scien tifico-artistica  di  Fotografia,  n°  6. 

Suisse. 

Revue  suisse  de  Photographie,  n°  6. 

La  Photo-Revue  suisse,  n°  18. 


^  Dos  Illustrations  «<- 

Allée  des  Chênes  à  Genck.  —  Réduction  de  l’épreuve  de 
notre  confrère  R.  Ickx  de  la  Section  de  Courtrai,  choisie  par  le 
jury  pour  l’illustration  du  Bulletin  à  l’Exposition  organisée  par  la 
Section  à  l’occasion  de  la  session  extraordinaire  de  1897. 

Mère  et  Enfant,  par  M.  G.  Einbeck,  de  Hambourg,  et 
Le  Travail  du  jour  est  Uni,  par  MM.  Aston,  AV.Smedley  de 
Birmingham,  sont  les  reproductions  des  épreuves  qui  figuraient  à 
notre  dernier  Salon. 

Les  phototypographies  ont  été  exécutées  par  M.  J.  Mal  vaux  de 
Bruxelles. 

Il  lustrations  dans  le  texte  de  MM.  Boitson,  Broothaerts 
et  Puttemans. 


Lettrines  de  MM.  Canfyn,  Gaspar,  Piot,  Puttemans,  Rous¬ 
seau,  Selb,  Van  den  Hove  et  Varenberg. 


Conseil  d'administration.  —  Membres  admis 
Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  8  juin  i898. 

Ordre  du  jour.  —  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  la  Section. 
Excursion  de  Grammont.  —  Concours  de  photographie.  —  Eikro- 

nomètre  de  Watkins . . . 

Projections . 

Séance  du  25  juin  1898. 

Musée  d’œuvres  photographiques  du  Palais  du  Cinquantenaire.  — 
Pyrocatéchine . . 

Positives  sans  nom.  —  Concours  de  photographie.  —  Situation 
financière  de  la  Section.  —  Renouvellement  des  membres  du 

Comité  .  . . 

Excursion  sur  l’Escaut.  —  Le  Radiotint . 

Le  cliromoscope.  —  Réunions  d’été . 

Section  de  Courtrai.  —  Séance  du  2  mai  1898. 

Fêtes  jubilaires. —  Le  procédé  à  la  gomme  bichromalée. —  Papiers 

«  Eclair  »  et  «  Electric  » . 

Séance  du  18  juin  1898. 

Album  jubilaire.  —  Décès  de  M.  Eug.  Bekaert.  —  Excursion.  — 
Présentation  d’appareils . 

Section  de  Bruxelles.  —  XXVe  anniversaire  de  l’installation  de  la  Sec¬ 
tion.  Excursion  sur  l'Escaut  de  Termonde  à  Anvers . 

Régates  internationales  à  voiles  à  Anvers . 

Procédé  de  tirage  des  épreuves  par  développement,  par  M.  F.  Drouin. 
Renforcement  et  affaiblissement  produits  autour  des  impressions  pho- 
tographiques  par  le  développement,  par  M.  le  capitaine  R.  Colson. 
Le  développement  confiné,  par  M.  le  capitaine  R.  Colson . 


PAGES. 

485 


487 

488 

489 


489 


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490 

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511 

514 


40 


—  558  — 


PAGES. 

Application  du  développement  confiné,  par  M.  le  capitaine  R.  Colson  .  518 

Note  sur  l'orthochromatisme  appliqué  à  la  microphotographie,  par 


M.  Monpillard . 523 

Les  plaques  sur  vitrose  rigide . 541 

De  la  profondeur  de  champ,  par  M.  Charles  E.  Manierre . 544 

Union  internationale  de  photographie,  6e  session  tenue  à  Gand  du 

17  au  21  juillet  1898  547 

Revue  des  journaux  photographiques. 

Photographischc  Mittheilungen. 

N°  6.  —  Les  couleurs  par  le  procédé  Chassagne . 550 

Photographisches  Wochenblatt. 

N°  23.  —  En  avant,  le  procédé  à  l’albumine . 550 

Der  Amateur- Photograpoh. 

N°  139.  —  Développateur  pour  le  voyage . 550 

Bibliographie . 554 

Vingt-quatrième  concours  du  «  Journal  des  Voyages  » . 553 

Journaux  reçus . 554 

Nos  illustrations . 555 

Sommaire. 


Association  belge  de  Photographie  1898. 


M.  Vanderkindere  fec.  Blechinger  &  Leykauf,  Vienne  hel.Sr  imp. 


Association  belge  de  Photographie 

SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d'honneur  de  S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 


N°  ÎO.  —  25me  ANNÉE.  -  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  V.) 


Conseil  d’fldministation 

ÉTÉ  ADMIS  : 

Membre  effectif  : 

M.  Kirchiioff,  Alfred,  17,  Petite 
rue  de  la  Concorde,  à  Bruxelles, 
présenté  par  MM.  Florange  et  Robert. 


41 


^TŸP  '^ŸP  v^-Y^»  V^v-v* 

>>S~A"^ _ <^A^i _ _ ,-^Al^s _ ^vlAl^s, _ 


Secfciot?  de  Loüvain 

SÉANCE  EXTRAORDINAIRE  DU  17  SEPTEMBRE  1898 
Présidence  de  M.  le  commandant  Pavard,  vice-président 


E  vice-président  donne  lecture  d’une  lettre 
du  Comité  organisateur  de  l’exposition 
d’affiches  sollicitant  la  collaboration  de 
la  Section  aux  fêtes  organisées  pendant 
l’exposition,  au  profit  des  crèches  et  de 
l’Œuvre  de  Saint-Vincent  de  Paul. 

La  Section,  réunie  d’urgence  pour  examiner  cette  demande,  émet 
un  vote  unanime  à  la  proposition  qui  lui  est  faite  par  le  président 
d’organiser  une  fête  de  bienfaisance. 

Une  commission,  composée  du  commandant  Pavard,  de  l’abbé 
Staelpaert  et  de  M.  Van  Grinderbeck,  est  nommée  aux  fins  d’or¬ 
ganiser  une  séance  de  projections.  Elle  décide  que  la  section  prendra 
à  sa  charge  les  frais  de  cette  fête  afin  de  verser  intégralement  toute 
la  recette  aux  œuvres  de  bienfaisance. 

Le  commandant  Pavard  propose  d’organiser  un  concert  ;  il 
s’assurera  le  concours  de  quelques  officiers,  toujours  prêts  à  venir 
en  aide  aux  malheureux  et  il  se  chargera  des  négociations  pour 
l’organisation  du  concert. 

MM.  Staelpaert  et  Van  Grinderbeck  s’occuperont  de  la  partie 
concernant  les  projections.  Il  est  également  décidé  que  la  Section 
n’ayant  pas  encore  fait  appel  à  la  collaboration  de  celle  d’Anvers, 
celle-ci  sera  priée  d’envoyer  quelques  diapositives. 

La  fête  est  fixée  au  jeudi  suivant. 


—  563  — 


Séance  de  Projections  du  22  septembre  1898 


Quelques  jours  à  peine  se  sont  écoulés  et  la  soirée  de  projections 
ainsi  que  le  concert  sont  organisés  ;  des  affiches  immenses  ont  été 
apposées  aux  murs  de  la  ville,  des  circulaires  sont  adressées  aux 
membres  de  la  Section  et  plusieurs  milliers  de  prospectus  sont 
portés  à  domicile  pour  annoncer  la  grande  fête  de  bienfaisance. 

De  leur  côté,  MM.  Maes,  Victor  Selb  et  le  lieutenant  Lannoy 
avaient  retiré  de  leurs  écrins  leurs  plus  belles  diapositives  et  les 
avaient  gracieusement  mises  à  notre  disposition. 

Cédant  avec  empressement  aux  sollicitations  du  commandant 
Pavard,  MM.  les  lieutenants  d’artillerie  Lannoy  et  AVauters,  de  la 
garnison  d’Anvers,  avaient  consenti  à  chanter  au  piano  la  Marche 
à  l'étoile ,  accompagnée  de  projections  lumineuses,  et  enfin  d’autres 
officiers  avaient  répondu  favorablement  à  notre  appel  et  nous 
apportaient  le  concours  tout  dévoué  de  leur  talent. 

La  soirée  était  composée  de  trois  parties  :  la  première  compor¬ 
tait  la  projection  d’une  centaine  de  diapositives,  toutes  de 
MM.  Maes,  Selb  et  Lannoy;  la  deuxième,  la  Marche  à  l'étoile, 
chantée  par  M.  le  lieutenant  Wauters,  et  accompagnée  au  piano 
par  M.  le  lieutenant  Lannoy  ;  enfin,  la  troisième  formait  le  concert 
proprement  dit. 

Un  public  nombreux  et  très  distingué  assistait  à  cette  séance. 
M.  De  Walque,  président  de  la  Section,  et  M.  Ranwez,  professeur 
cà  notre  Université,  étant  en  voyage,  s’étaient  fait  excuser.  MM.  le 
comte  du  Bois  d’Aische,  Jacobs  et  Van  Gehuchte,  professeur  à 
1  l  niversité,  avaient  accepté  de  remplir  les  fonctions  de  commis¬ 
saires.  MAL  A  an  Grinderbeck  et  l’abbé  Staelpaert  projetaient  les 
vues  annoncées  par  quelques  mots  du  vice-président. 

Des  applaudissements  nourris  et  enthousiastes  ont  salué  l’appa¬ 
rition  sur  l’écran  des  superbes  diapositives  dues  à  nos  si  distingués 
confrères  d’Anvers;  le  public  ne  se  lassait  pas  d’admirer  et  d’ap¬ 
plaudir  et  c’était  justice;  les  applaudissements  ne  cessaient  que 
pour  faire  place  à  des  murmures  approbateurs. 

I  ne  centaine  de  vues  furent  ainsi  projetées,  puis  après  un  repos 


de  quelques  minutes  consacrées  par  MM.  Staelpaert  et  Van  Grin- 
derbeck  à  remplacer  les  bonbonnes  d’oxygène,  les  crayons  de  chaux, 
à  régler  l’appareil  et  à  annoncer  la  Marche  à  l'étoile,  le  silence  se 
fit  ;  le  piano  commençait  les  premières  mesures  de  l’œuvre  de 
Fragerolles,  alors  que  l’épopée  se  déroulait  sur  la  toile;  puis  la 
superbe  voix  du  lieutenant  Wauters  se  fit  entendre.  Sa  belle 
diction,  le  timbre  chaud  et  brillant  du  chant  soulevèrent  un  enthou¬ 
siasme  unanime,  et  la  soirée  se  continua  par  l’audition  de  romances, 
airs  d’opéras  chantés  par  des  officiers  dont  le  talent  de  musiciens 
acheva  le  succès  des  deux  premières  parties. 

Une  mention  toute  spéciale  cependant  à  M.  le  sous-lieutenant 

r 

Van  Catendyck,  médailliste  de  notre  Ecole  de  musique,  et  à  M.  le 
lieutenant  Lannoy,  secrétaire  de  la  Section  d’Anvers,  dont  le  talent 
d’accompagnateur  fut  des  plus  remarqués  ;  c’est  un  habile  photo¬ 
graphe  amateur  doublé  d’un  musicien  des  plus  distingués. 

Chacun  se  retira  content,  heureux,  exprimant  sa  haute  satisfac¬ 
tion  de  cette  innovation  d’associer  aux  soirées  de  projection  le  charme 
de  la  musique  et  de  s’être  associé,  comme  l’a  dit  le  vice-président 
dans  son  discours  de  remerciements,  à  une  fête  des  yeux,  des 
oreilles  et  du  cœur. 

Ajoutons,  pour  finir,  un  détail  qui  a  bien  son  importance  :  la 
recette  nette,  à  verser  aux  œuvres  de  bienfaisance,  s’élève  à 
350  francs. 


L.  P. 


NOTES  ANGLAISES 

- • . - 

1res  deuÿ  Gÿpositions  de  Londres  s 


Londres ,  ier  octobre  i8ç8. 

a  quarante-troisième  exposition 
annuelle  de  la  Royal  Photogra¬ 
phie  Society  s’est  ouverte  le 
2G  septembre  et  le  sixième  Pho¬ 
tographie  Salon  le  30  septem¬ 
bre.  Les  deux  expositions  avaient 
quelques  jours  avant  l’ouverture 

officielle. 

A  la  Royal ,  il  y  a  3G  œuvres  de  moins  que  l’année  dernière, 
mais  le  nombre  total  d’exposants  a  monté  de  178  à  185. 

* 

L’exposition  diffère  peu  de  celle  de  1897.  L’arrangement 
des  galeries  est  identique  et  les  œuvres  n’ont  rien  de  bien  nou¬ 
veau.  Elle  est  peut-être  un  peu  meilleure  que  son  aînée  et  la 
moyenne  un  peu  plus  élevée.  C’est  tout  ce  qu’on  peut  dire.  On 
n’y  trouve  pas  assez  la  distinction  qui  devrait  se  faire  entre  le  bon 
et  le  mauvais,  et  il  est  difficile  de  citer  un  exposant  qui  l’emporte 


invité  la  presse  et  les  privilégiés 


—  566 


sur  les  autres.  Les  cadres  sont  plus  grands  et  l’on  remarque  une 
grande  proportion  d’images  en  hauteur. 


Si  quelqu’un  se  distingue  cette  année,  c’est  M.  Horsley  Hinton, 
pour  deux  raisons  :  d’abord  par  le  nombre  croissant  d’œuvres 
inspirées  par  ses  travaux  antérieurs,  et  secondement  parce  qu’il  a 
gâté,  comme  à  plaisir,  ses  propres  œuvres,  en  recouvrant  de  cer¬ 
taines  gommes  ses  épreuves  qui  réfléchissent  la  lumière  d’une  façon 
désastreuse.  De  fait,  je  n’ai  pu  distinguer  l’une  d’elles  d’aucune 
manière  ;  n’importe  où  je  me  plaçais,  les  reflets  venaient  cacher  une 
partie  de  l’image.  Le  grand  nombre  de  travailleurs  qui  le  suivent 
dans  le  choix  des  sujets  fait  qu’il  est  un  vrai  «  leader  »,  et  sous  ce 
rapport,  l’exposition  de  la  Royal  Photographie  Society  est  un 
triomphe  pour  lui.  C’est  l’apothéose  d’Hinton. 


En  même  temps,  beaucoup  des  œuvres  exposées  sont  à  peu  près 
égales  aux  siennes,  et  dans  certains  cas  meilleures.  Ce  n’est  donc 
pas  toujours  tout  rose  que  d’être  un  dieu.  On  a  beaucoup  discuté 
ici  la  question  de  copie  et  d’imitation,  mais  on  s’est  surtout  attaqué 
aux  imitateurs  des  œuvres  d’Hinton.  S’il  y  a  là  un  mal,  il  faudrait 
aussi  blâmer  les  autres.  Il  y  a  encore  des  styles  que  l’on  imite  dans 
les  marines,  l’architecture  et  le  portrait.  C’est  surtout  dans  l’archi¬ 
tecture  que  l’on  pourrait  trouver  de  la  contrefaçon.  Il  y  a  aussi  le 
cas  des  «  arbres  et  fougères  »  qui  ont  été  rendus  populaires  par 
M.  W.  Thomas,  et  cependant  M.  Hinton  nous  montre  des  cadres 
qui  contiennent  exactement  le  même  sujet. 


Mais  si  cette  sorte  de  critique  est  aisee,  elle  n’est  guère  juste. 
Nous  n’avons  pas  en  photographie  un  nombre  suffisant  de  sujets  ni 
assez  de  pouvoirs  d’expression  pour  réunir  quatre  cents  œuvres 
où  l’on  ne  trouve  pas  les  mêmes  sujets  plusieurs  fois  traités.  Peut- 
être  que  le  portrait  nous  permettrait  de  sortir  des  chemins  battus. 


—  567 


Voici  un  tableau  qui  montre  la  prédominance  de  certains  types  : 


Portraits . 90  œuvres 

Marais,  criques  et  œuvres  de  l’école  d’Hinton.  70  — 

Architecture . 40  — 

Marine . 35  — 

Genre . 30  — 

Arbres,  fougères  et  bois . 20  — 

Animaux . .15  — 

Fleurs . 12  — 

Variétés  (dont  les  paysages) . 80  — 


Celui  qui  veut  se  créer  une  originalité  verra  par  cette  liste  dans 
quelle  classe  de  sujets  il  doit  travailler.  Ce  tableau  ne  comprend  que 
les  œuvres  exposées  dans  la  section  artistique. 

* 

Je  disais  dans  mes  notes,  l’année  dernière,  qu’en  considérant  le 
nombre  d’œuvres  et  celui  des  exposants,  les  juges  n’avaient  pas 
péché  par  excès  de  récompenses.  Cette  année,  ils  ont  été  encore 
moins  généreux,  car  ils  n’ont  distribué  que  six  médailles,  dont 
une  dans  la  section  scientifique.  Des  cinq  restantes,  deux  vont  à 
des  Américains.  Voici  cette  liste  : 

MM.  W.  J.  Warren,  Rues  de  Londres  en  hiver. 

AV.  J.  Fraser  (E.  U.),  Columbus  Cercle  (la  nuit). 

C.  S.  Baynton,  Architecture. 

Miss  Weil  (E  U.),  Portrait  d'un  enfant. 

Geo  E.  Thompson,  Le  Puits. 

AV.  E.  Brewerton,  Epreuve  en  trois  couleurs. 

A  la  Royal  comme  au  Salon,  il  y  a  moins  d’épreuves  étrangères 
que  précédemment.  La  Royal  ne  compte  que  : 

9  exposants  d’Amérique  ; 

3  —  d’Allemagne  ; 

2  —  d’Italie; 

1  •  —  d’Autriche; 

1  —  de  France. 


568  — 


et  encore  les  deux  Italiens  et  le  Français  sont  des  Anglais! 

C’est  donc  là  un  signe  à  noter,  cette  abstention  presque  complète 
des  étrangers. 


Entrons  maintenant  au  Salon  qui  se  tient  à  la  Dudley  Gallery, 
Piccadilly,  comme  tous  les  ans.  On  doit  admettre,  je  pense,  que  les 
œuvres  qui  s’y  trouvent  exposées  sont  de  même  qualité  qu’à  la 
Royal.  D’année  en  année  l’excentricité  diminue  au  Salon,  et  cette 
fois  il  n’y  en  a  pas  plus  qu’à  Pall  Mail. 

On  peut  donc  se  demander  à  quoi  sert  le  Salon  ? 

Si  l’on  trouve  à  peu  près  un  même  ensemble  d’épreuves  aux  deux 
expositions,  l’œil  reçoit  cependant  des  impressions  différentes. 
L’exposition  de  la  Royal  est  plus  sévère  et  la  couleur  y  est  plus 
sombre;  au  Salon,  les  draperies  vertes,  le  grand  nombre  d’épreuves 
rouges  et  quelques  cadres  d’une  coloration  claire  y  mettent  une  note 
plus  gaie. 


Mais  on  y  trouve  aussi  des  cadres  amusants.  Ainsi  une  épreuve 
grise  au  bromure  est  entourée  d’un  passe-partout  bleu  avec  un  cadre 
vert  au  biseau  en  bronze  doré.  Et  des  épreuves  bleues  sur  des  fonds 
noirs  forment  un  ensemble  peu  harmonieux. 


Il  y  a  cette  année  absence  de  nu,  beaucoup  d’épreuves  à  la 
gomme  bichromatée  et  pas  mal  d’épreuves  de  grand  format.  Je 
m’étonne  toutefois  du  bon  marché  de  certaines  œuvres,  même  de 
celles  de  nos  meilleurs  artistes.  On  semble  s’être  conformé  au 
conseil  ironique  de  M.  H.  P.  Robinson,  de  fixer  la  valeur  à  raison 
de  1/0  shilling  par  pouce  carré. 


<5> 


On  a  souvent  prétendu  en  Angleterre  que  le  Salon  avait  surtout 
pour  but  de  soutenir  les  membres  de  son  Comité.  C’est  là  une 


569  — 


remarque  bien  irrévérencieuse.  Nous  voyons  en  effet  que  l’on  a 
admis  : 

112  cadres  de  29  membres  du  Comité 
et  122  —  74  exposants  libres. 

On  pourrait  conclure  de  là  que  le  Comité  a  admis  quatre  fois  plus 
de  ses  propres  œuvres  que  de  celles  des  étrangers  ;  mais  le  Comité 
vous  répondra  que  cela  prouve  uniquement  que  les  siennes  étaient 
meilleures. 

✓•N 

Par  suite  du  peu  d’espace  qui  me  reste,  je  dois  me  borner  à  ces 
considérations  générales  et  ne  puis  aborder  la  critique  des  œuvres 
individuelles,  ce  qui  m’entraînerait  trop  loin.  Mais  il  faut  cependant 
citer  un  nom  qui  l’emporte  sur  les  autres  dans  les  deux  expositions, 
c’est  le  vicomte  Maitland,  dont  les  œuvres  dénotent  un  progrès 
considérable.  On  pourrait  discuter  ses  cadres  que  je  n’aime  pas, 
mais  on  se  plaît  à  reconnaître  les  qualités  artistiques  de  son  expo¬ 
sition. 

En  somme,  les  deux  expositions,  tout  en  étant  en  progrès 
sur  celles  des  années  précédentes,  n’offrent  rien  de  remarquable  ni 
de  nouveau.  Comme  toujours,  le  catalogue  de  la  Royal  est  bien 
illustré  et  forme  un  volume  intéressant  à  consulter.  Je  vous  en 
envoie  un  exemplaire  pour  votre  bibliothèque,  ainsi  qu’un  catalogue 
du  Salon. 

W.  D.  Welford. 


-gJKs- 


Développement  après  Fixage 

- AAr  - -  m 


e  D*  Neuhauss  vient  de  publier, 
dans  la  Photographische  Rund¬ 
schau,  que  lorsqu’on  développe 
une  plaque  après  l’avoir  fixée,  le 
procédé  constitue  un  développe¬ 
ment  physique.  Dans  le  procédé 
chimique,  les  particules  de  bromure  d’argent  impressionnées  sont 
réduites,  tandis  que  dans  le  développement  physique,  l’image  est 
formée  par  le  dépôt  d’argent  provenant  du  révélateur  lui-même. 

Les  expériences  ont  été  faites  avec  une  plaque  au  chlorobromure, 
pour  lanterne,  et  aussi  avec  des  plaques  au  bromure  d’argent  très 
rapides  aj  ant  posé  de  trois  à  soixante  secondes. 

Une  seconde  aurait  suffi,  ce  qui  montre  que  toutes  les  plaques 
étaient  surexposées. 

Après  fixage,  les  plaques  ont  été  lavées  à  fond,  et  tout  le 
restant  de  l’opération  s’est  accompli  en  pleine  lumière. 

Le  développement  a  eu  lieu  avec  le  renforçateur  à  l’argent 
ci-après  : 


Sulfocyanure  d’ammonium 
Nitrate  d’argent  . 

Sulfite  de  soude 
Hyposulfite  de  soude  . 
Bromure  de  potassium  . 
Eau . 


24  parties 

4  — 

24 

5  — 
0,5  — 

100  — 


—  571 


Cette  solution  se  conserve  bien,  et  le  développateur  est  formé  de 
6  parties  de  la  dite  solution,  de  54  parties  d’eau  et  2  parties  de 
rodinal. 

Lors  de  l’addition  de  l’eau,  il  se  forme  un  précipité  blanc  dont 
on  peut  se  débarrasser  par  voie  de  filtrage,  mais  il  n’est  pas 
nuisible. 

Le  développement  dure  assez  longtemps,  car  il  exige  douze 
heures  environ. 

Le  négatif  terminé  est  blanc  et  paraît  être  un  positif  quand  on  le 
regarde  par  la  lumière  réfléchie. 

Plusieurs  expériences  ont  été  tentées  dans  le  but  de  noircir 
l’image. 

L’exposition  à  la  lumière  solaire  directe  et  le  traitement  avec  les 
révélateurs  ordinaires  n’ont  donné  aucun  résultat.  Toutefois,  on  a 
remarqué  que,  lorsque  le  négatif  blanc  résultant  du  développement 
était  immergé  dans  le  renforçateur  au  mercure  habituel  l/200e, 
l’image  noircissait,  tandis  que  le  négatif  ordinaire  blanchit.  Puis,  si 
l’image  noircie  était  laissée  longtemps  dans  la  solution  mercurielle, 
elle  blanchissait  et  ressemblait  exactement  à  un  négatif  ordinaire 
blanchi  dans  le  mercure. 

Cette  plaque  peut  alors  être  noircie  avec  du  sulfite  de  soude, 
et  l’on  obtient  ainsi  un  négatif  parfaitement  propre  à  l’impres¬ 
sion. 

Neuhauss  explique  que  le  développement  de  la  plaque  est  dû  à  la 
décomposition  par  l’hyposulfite  du  sous-bromure  d’argent  et  au 
dépôt  d’argent  métallique;  il  s’y  trouve  en  quantité  tellement  faible 
qu’il  échappe  à  toute  recherche. 

Si  la  plaque  est  placée  dans  un  renforçateur  physique,  les  parti¬ 
cules  d’argent  sont  déposées  dans  la  couche,  et  il  se  forme  graduel¬ 
lement  une  image  vigoureuse. 

Comme  elle  est  composée  d’argent  métallique,  le  développement 
peut  s’effectuer  en  pleine  lumière. 

L’auteur  suggère  l’idée  que  les  opérateurs,  dans  les  régions  tropi¬ 
cales,  peuvent  exposer  et  fixer  leurs  plaques,  puis  les  envoyer  chez 
eux  pour  un  développement  ultérieur. 

D’après  ses  expériences,  des  négatifs  parfaits  ont  été  obtenus 


—  572 


par  ce  moyen  après  des  surexpositions  de  soixante  fois  la  pose 
nécessaire. 

L’examen  au  microscope  a  montré  que  le  grain  de  ce  négatif  était 
beaucoup  plus  fin  que  celui  des  négatifs  développés  par  le  procédé 
habituel. 


(Moniteur  de  la  Photographie.) 


Le  Procédé  aüx  Poüdnes 


epuis  que  plusieurs  amateurs 
ont  adopté  le  procédé  à  la 
gomme  bichromatée  qui  leur 
donne  une  plus  grande  lati¬ 
tude  dans  l’expression  de  leur 
personnalité,  on  s’est,  sem¬ 
ble-t-il,  de  nouveau  évertué 
à  découvrir  ou  à  faire  renaître 
d’autres  procédés  d’impression  qui  permettent  aussi  d’exercer  une 
action  sur  le  résultat  final. 

Il  y  a  des  personnes  qui  trouvent  le  procédé  à  la  gomme  mauvais; 
son  échelle  de  gradation  est  très  petite  ;  il  est  incertain  dans  ses 
résultats;  il  ne  peut  reproduire  que  certains  effets;  bref,  on  lui  jette 
l’anathème;  mais,  amusant  détail,  il  est  à  noter  que  ces  critiques 
viennent  plutôt  de  ceux  qui  ne  pratiquent  pas  le  procédé  ;  ceux  qui 
l’ont  adopté  s’en  trouvent  en  général  très  bien.  Ils  admirent  sa  sim¬ 
plicité,  ses  capacités  variées,  son  pouvoir  d’expression,  et  ils  sen¬ 
tent,  qu’avec  lui,  ils  approchent  un  peu  plus  de  l’image  qu’ils  cher¬ 
chaient. 

Mais  d’autres,  et  ce  ne  sont  pas  les  moins  nombreux,  déclarent  que 
ces  artistes  photographes  ignorants  et  aveugles  ne  savent  pas  où  ils 
vont  ;  et  il  est  vraiment  curieux  de  voir  leur  consternation...  mater¬ 
nelle,  pareille  à  celle  d’une  poule  qui  voit  se  jeter  à  l’eau  les  petits 
canards  qu’elle  a  fait  éclore.  M.  'SV.  B.  Bolton,  dont  nous  admi- 


—  574 


rons  toutes  les  œuvres  au  point  de  vue  scientifique,  entre  aussi  en 
scène,  en  proposant  de  remettre  en  honneur  le  procédé  aux  pou¬ 
dres. 

Examinons  donc  ce  procédé  qui  vient  s’ajouter,  et  non  se  substi¬ 
tuer,  à  la  gomme  bichromatée. 

La  méthode  de  produire  des  images  par  le  saupoudrage  est  très 
jolie  et  très  attractive  et,  théoriquement,  semble  répondre  aux 
désirs  les  plus  vastes.  Un  support  est  recouvert  d’une  couche  hygros- 
copique  sensible  à  la  lumière.  Lorsqu’elle  est  sèche,  elle  est  mise 
sous  un  positif  et  exposée  à  la  lumière.  La  pellicule  est  ensuite 
recouverte  d’une  mince  couche  de  poudre,  plombagine,  couleur  ou 
craie  qui  adhère  en  raison  inverse  de  l’action  de  la  lumière  ;  plus 
la  lumière  a  agi  et  moins  il  y  a  de  poudre  qui  se  fixe  à  la  pellicule 
grâce  à  la  nature  hygroscopique  de  celle-ci  ;  en  lui  faisant  absorber 
une  certaine  humidité,  on  parvient  à  lui  faire  prendre  plus  de 
poudre  qu’elle  ne  pourrait  le  faire  mécaniquement. 

Le  grand  avantage  de  cette  méthode,  c’est  que  le  travail  est  posi¬ 
tif.  Nous  mettons  de  la  poudre  où  nous  voulons  en  mettre  au  lieu 
d’en  enlever  là  où  il  n’en  faut  pas,  comme  dans  le  procédé  à  la 
gomme.  Nous  avons  expérimenté  cette  méthode  il  y  a  quelque  trois 
ans.  Après  avoir  essayé  plusieurs  solutions  sensibilisatrices,  nous 
avons  trouvé  que  celle  de  M.  Henry  Ethelbert,  telle  qu’elle  est 
donnée  dans  son  livre  sur  la  Photo-Céramique,  est  la  meilleure. 


Voici  la  formule  : 

N"  1 

Colle  de  poisson  . 
Glucose  .  .  . 

Glycérine  . 

Eau . 

î'i 

.  .  .  .  O 

.  30  gr. 

120  gr. 

10  gouttes. 
.  300  c.  c. 

Bichromate  d’ammonium  . 

Eau . .  . 

.  30  gr. 

Prenez  en  proportions  égales  des  solutions  1  et  2,  filtrez  et  versez 
sur  le  support.  Nos  premières  expériences  furent  faites  sur  verre; 
c’est  certes  le  support  le  plus  facile.  Si  nous  travaillons  en  grand,  il  est 


—  575  — 


bon  d’étendre  la  couche  avec  un  rouleau;  mais  pour  les  expériences, 
il  suffit  de  verser  la  solution  comme  si  l’on  collodionait  une  plaque, 
et  de  l’étendre  également  avec  une  baguette  de  verre.  La  pellicule 
doit  être  ensuite  séchée  sur  une  plaque  de  fer  chauffée,  ou  près  d’un 
feu;  puis  le  positif  est  également  chauffé  afin  d’en  enlever  toute 
trace  d’humidité  ;  on  met  alors  les  deux  surfaces  en  contact  dans  un 
châssis-presse  et  l’on  pose  environ  quatre  minutes  au  soleil,  ou  dix 
minutes  à  l’ombre.  Après  avoir  essayé  divers  supports  —  papiers 
rendus  imperméables,  supports  pour  le  charbon,  opales  —  nous 
avons  trouvé  qu’ils  devaient  avant  tout  être  lisses  :  première  objec¬ 
tion  en  faveur  de  la  gomme  bichromatée  qui  permet  le  choix  de 
papiers  variés. 

Le  séchage  de  la  pellicule  doit  être  aussi  fait  avec  soin  et  complè¬ 
tement.  Nous  y  reviendrons.  Lorsque  l’exposition  est  terminée,  on 
rentre  la  pellicule  dans  la  chambre  noire.  Viennent  maintenant  les 
complications.  La  méthode  à  suivre  dépend  absolument  de  l’état 
de  sécheresse  ou  d’humidité  de  l’atmosphère. 

Si  l’atmosphère  est  trop  humide,  nous  devons  avant  tout  sécher 
la  pellicule  suffisamment  afin  d’éviter  qu’elle  n’absorbe  trop  de 
poudre.  C’est  dans  ce  suffisamment  que  gît  toute  la  difficulté.  Si 
l’atmosphère  par  contre  est  trop  sèche,  nous  devons  rendre  la  pelli¬ 
cule  suffisamment  moite  pour  absorber  la  couleur.  Si  nous  dépas¬ 
sons  les  limites  dans  un  sens  ou  dans  l’autre,  le  résultat  sera  mauvais, 
et  nous  devrons  recommencer. 

Cependant  on  ne  doit  pas  s’exagérer  les  difficultés  et  nous  avons 
généralement  réussi  avec  les  poudres  colorées  vendues  en  tubes  chez 
les  marchands  de  couleurs. 

Si  la  pellicule  est  en  bon  état,  alors,  en  quelques  secondes,  l’image 
apparaît  et  se  renforce  au  fur  et  à  mesure  qu’on  y  met  plus  de 
poudre.  Mais  gare  à  vous  si,  regardant  l’image  de  trop  près  pen¬ 
dant  le  saupoudrage,  vous  déposez  la  vapeur  de  votre  haleine  sur  la 
pellicule.  Elle  est  si  sensible  à  l’humidité  qu’aussitôt  la  partie 
humectée  prend  trop  de  poudre.  Mais  nous  pouvons  aussi  profiter 
de  cette  propriété  pour  renforcer  les  parties  trop  faibles. 

11  ne  reste  plus  ensuite  qu’à  donner  une  exposition  générale  pour 
durcir  toute  l’image,  et  le  travail  est  fini. 


—  57G  — 


Nous  examinerons  maintenant  les  différences  entre  les  deux  pro¬ 
cédés,  à  la  gomme  et  aux  poudres. 

Dans  le  procédé  à  la  gomme,  le  photographe  choisit  son  support 
(lisse  ou  rugueux),  ce  qu’il  ne  peut  faire  avec  les  poudres.  Le  travail 
est  déjà  assez  difficile  avec  le  support  lisse;  nous  croyons  donc  qu’il 
est  impossible  avec  le  papier  à  grain. 

Les  deux  sensibilisateurs  diffèrent  aussi. 

Dans  la  gomme  bichromatée,  la  pose  ne  doit  pas  être  aussi  exacte 
que  dans  l’autre  procédé. 

Au  développement,  la  gomme  l’emporte  aussi  en  facilité;  avec  le 
procédé  aux  poudres,  on  ne  peut  remettre  la  besogne  au  lendemain  ; 
la  pellicule  doit  être  saupoudrée  immédiatement.  Mais  dans  les  deux 
cas,  nous  avons  à  notre  disposition  une  grande  variété  de  couleurs. 

C’est  donc  un  procédé  simple  qui  mérite  d’être  essayé. 

(Extrait  de  Photograpky .) 

m.  v. 


lia  Valeur  des  Diaphragmes 

dans  les  Agrandissements,  ete. 

par  le  Rév.  E.  G.  Lambert,  M.  A. 


’un  des  points  souvent  négligés  ou 
oubliés  par  le  débutant  quand  il 
emploie  un  objectif  pour  l’agrandis¬ 
sement  est  que  les  indices  des  dia¬ 
phragmes  marqués  F/8,  F/11,  F/l  G 
et  ainsi  de  suite,  ne  sont  plus  exacts. 
Un  exemple  très  simple  le  fera  com¬ 
prendre. 

Supposons  que  l’on  ait  fait  usage  d’un  objectif  dont  la  longueur 
focale  (pour  les  rayons  parallèles)  soit  de  20  centimètres  et  d’un 
diaphragme  d’une  ouverture  de  25  millimètres.  En  employant  cet 
objectif  à  la  façon  habituelle  pour  des  objets  éloignés  reproduits 
avec  netteté  (par  exemple,  un  paysage  ordinaire),  la  distance  entre 
l’objectif  et  le  verre  dépoli  ne  sera  que  peu  supérieure  à  20  centi¬ 
mètres.  De  fait,  cette  distance  sera  comprise  entre  20  et  22  centi¬ 
mètres.  aussi  longtemps  que  les  objets  les  plus  rapprochés  ne 
seront  pas  à  moins  de  18  mètres.  Dès  lors,  nous  pouvons  considérer 
le  diaphragme  de  25  millimètres  comme  à  l’indice  F/8,  c’est-à-dire 

42 


—  578  — 


que  le  diamètre  du  diaphragme  est  (approximativement)  le  huitième 
de  la  distance  entre  l’objectif  et  la  plaque.  Supposons,  cependant, 
que  l’on  emploie  le  même  objectif  (20  cent.)  pour  reproduire  un 
dessin  à  grandeur.  On  trouvera  que  la  distance  entre  l’objectif  et  la 
plaque  est  maintenant  double  de  la  longueur  focale,  c’est-à-dire  de 
40  centimètres.  D’où  il  résulte  que  le  diaphragme  de  25  millimètres 
n’a  plus  l'indice  F/8,  mais  bien  F/l  G  dans  ces  circonstances.  Suppo¬ 
sons  encore  que  l’on  emploie  le  même  objectif  pour  agrandir  un 
objet  juste  au  double  de  sa  dimension.  Si  l’on  mesure  la  distance 
entre  l’objectif  et  la  plaque,  on  la  trouvera  égale  à  GO  centimètres, 
de  sorte  que  le  diaphragme  de  25  millimètres  a  maintenant  un  indice 
égal  à  F/24.  Au  point  de  vue  pratique,  on  voit  immédiatement  l’im¬ 
portance  de  ces  constatations,  car  si  l’on  désire  comparer  le  temps 
d’exposition  avec  le  même  objectif  ou  différents  objectifs  pour  des 
distances  et  des  diaphragmes  différents,  il  faut  bien  se  mettre  dans 
l’esprit  la  valeur  du  diaphragme  suivant  les  circonstances  et 
non  pas  celle  qui  y  est  gravée.  Un  exemple  servira  à  éclaircir  ce 
point. 

On  désire  agrandir  un  cliché  9  X  12  à  27  X  36,  c’est-à-dire  trois 
fois,  en  employant  un  objectif  de  15  centimètres  de  longueur  focale 
avec  un  diaphragme  de  12  millimètres  (F/12  dans  les  conditions 
ordinaires). 

Ayant  disposé  le  tout  pour  obtenir  l’agrandissement  désiré 
(3  fois),  on  trouve  que  la  distance  entre  l’objectif  et  le  papier  est  de 
GO  centimètres,  de  sorte  que  l’indice  du  diaphragme  est  en  réalité 
F/48. 

On  trouve  qu’une  exposition  de  10  secondes  donne  un  résultat 
satisfaisant. 

Secondement,  on  désire  agrandir  le  même  négatif  à  45  X  60  cen¬ 
timètres  (soit  5  diamètres)  et  l’on  veut  emplo}rer  un  objectif  d’une 
longueur  focale  de  12  1/2  centimètres,  avec  un  diaphragme  marqué 
F/10  (c’est-à-dire  de  12  1/2  millimètres  de  diamètre).  L’appareil 
étant  prêt,  on  trouve  que  la  distance  entre  l’objectif  et  le  papier  est 
maintenant  de  75  centimètres,  de  sorte  que  le  diaphragme- n’a  plus 
que  le  sixième  de  sa  valeur  normale,  c’est-à-dire  qu’il  travaille 
maintenant  à  F/60. 


-  579  - 


Pour  comparer  les  temps  d’exposition  pour  des  résultats  simi¬ 
laires,  il  faut  élever  au  carré  les  nombres  48  et  GO.  Cela  donne  2304 
et  3000  ou  16  est  à  25  ou  sensiblement  3  est  à  5.  Par  conséquent, 
l’exposition  de  10  secondes  avec  F/48  doit  être  augmentée  dans  le 
rapport  de  3  à  5,  c’est-à-dire  17  secondes  avec  F/GO. 

L’amateur  s’occupant  d’agrandissements  fera  une  grande  écono¬ 
mie  de  temps  et  de  produits,  s’épargnera  des  insuccès  et  des  explo¬ 
sions  de  mauvaise  humeur,  s’il  établit  une  fois  pour  toutes  une  table 
pour  chaque  objectif  et  chaque  diaphragme  employés.  Cela  est  très 
facile  et  peut  être  fait  de  la  manière  suivante.  Premièrement,  il  faut 
déterminer  la  distance  entre  l’objectif  et  le  papier  pour  les  diverses 
dimensions  d’agrandissement.  Cela  se  fait  en  ajoutant  une  unité 
au  nombre  exprimant  l’échelle  à  laquelle  on  agrandit  et  en  multi¬ 
pliant  ensuite  par  la  longueur  focale  de  l’objectif. 

La  table  ci-dessous  peut  aisément  être  adaptée  aux  nécessités  du 
travail. 


Longueur  focale  pour  les  rayons  parallèles  =  F 


Rapport 

entre  la  dimension 
de  l’image  et  celle 
du  négatif 

1 

2 

Moitié 

1 

1 

Même  grandeur 

2 

T 

Double 

3 

1 

Triple 

4 

1 

Quadruple 

Distance  entre 
l’objectif  et  l’image 

lF 

2  F 

3  F 

4  F 

5  F 

Valeur  nominale 
des  diaphragmes 

VALEUR  RÉELLE  DES  DIAPHRAGMES 

F/16 

F/12 

F/16 

F/24 

F/32 

F/40 

F/l  1 

F/ 12 

F/22 

F/33 

F/44 

F/53 

—  580  — 


Représentons  par  F  la  longueur  focale  de  l’objectif  pour  les 
objets  éloignés  (rayons  parallèles).  La  première  ligne  horizontale 
donne  le  rapport  entre  la  dimension  de  l’image  à  obtenir  et  celle  du 
négatif.  La  ligne  suivante  montre  comment  la  distance  entre 
l’objectif  et  l’écran  se  trouve  modifiée.  Par  exemple,  quand  on 
agrandit  à  3  diamètres,  la  distance  entre  l’objectif  et  l’image  est  de 
quatre  fois  la  longueur  focale  ou  trois  fois  le  diamètre  plus  un.  Puis 
dans  la  colonne  de  gauche  on  trouve  F/8,  F/11  et  ainsi  de  suite, 
c’est-à-dire  les  indications  usuelles  des  diaphragmes  et  dans  la 
colonne  horizontale  l’altération  de  ces  valeurs  pour  les  diverses 
échelles  d’agrandissement.  Ainsi  F/11,  quand  l’agrandissement  est 
de  trois  fois,  devient  en  réalité  F/33,  et  ainsi  de  suite. 

Traduit  de  The  Amateur  Photographe)', 
par  Ch.  Puttemans. 


Affaiblisseroept 
des  Phototypes  bécjafcifs 

par  A.  Miethe 


a  découverte  de  si  haute  importance  pour 

la  pratique  photographique  faite  par 

MM.  Lumière  frères  a  été  communiquée 

en  leur  nom  par  M.  Davanne  au  Congrès 

de  chimie  appliquée  qui  s’est  tenu  derniè- 

/ 

rement  à  Vienne  (Autriche).  Etant  donné 
que  ce  procédé  nous  a  fourni  des  résultats 
extrêmement  satisfaisants,  nous  tenons  à 
le  communiquer  sans  retard  à  nos  lecteurs. 

Tout  le  monde  sait  qu’un  phototype  négatif  trop  heurté,  soit  par 
manque  de  pose,  soit  par  un  développement  mal  conduit,  est  inuti¬ 
lisable  parce  que  les  lumières  sont  trop  opaques  et  les  détails  dans 
les  ombres  trop  transparents.  Il  est  vrai  que  nous  connaissons  des 
moyens  permettant  d’améliorer  des  négatifs  de  ce  genre,  mais  en 
raison  des  difficultés  qu’on  rencontre,  on  ne  les  emploie  pour  ainsi 
dire  jamais,  et  cela  avec  raison  ;  même  aidé  d’une  grande  expérience, 
on  devra  sacrifier  une  bonne  moitié  des  négatifs  traités  par  les 
atïaiblisseurs  connus,  car  le  procédé  est  d’une  application  difficile. 

Il  consiste  dans  l’immersion  du  négatif  dans  une  solution  chloru- 
rante  ou  bromurante  jusqu’à  ce  que  le  dépôt  argentique  soit  trans¬ 
formé  en  chlorure  ou  bromure  d’argent  ;  dans  un  lavage  soigné, 


—  582 


puis  dans  un  redéveloppement  partiel.  Comme  solution  chlorurante 
ou  bromurante,  on  a  préconisé  soit  un  mélange  d’acide  chlorhy¬ 
drique  et  de  bichromate  de  potasse,  soit  une  solution  de  bromure  de 
cuivre.  La  grande  difficulté  du  procédé  réside  dans  la  presque 
impossibilité  d’arrêter  le  redéveloppement  au  moment  où  l’image, 
après  fixage,  n’est  ni  trop  intense  et  trop  heurtée,  ni  trop  affaiblie. 

Mais  quoi  qu’il  en  soit,  la  chloruration  ou  la  bromuration  a  telle¬ 
ment  attaqué  la  gélatine  que,  malgré  un  lavage  soigné,  un  renfor¬ 
cement  ou  un 
affaiblissement 
partiel  ne  réus¬ 
sissent  presque 
jamais. 

Tous  ces  in- 
c  onvénients 
sont  d’une  fa¬ 
çon  certaine 
> 

écartés  par  la 
méthode  nou¬ 
velle  d’affaiblis¬ 
sement  de  Lu¬ 
mière,  de  sorte 

qu’un  négatif  trop  heurté,  pourvu  toutefois  que  les  détails  dans 
les  ombres  y  existent,  peut  être  sauvé.  Cette  méthode  est,  en  outre, 
extrêmement  simple  et  donne,  au  premier  essai  déjà,  des  résultats 
satisfaisants,  sans  qu’on  ait  à  risquer  en  quoi  que  ce  soit  le  négatif 
même.  Suivant  cette  nouvelle  méthode,  on  introduit  le  négatif, 
préalablement  bien  fixé,  lavé  et  séché  dans  une  solution  aqueuse  de 
persulfate  d’ammonium;  on  l’y  laisse  jusqu’à  ce  que  les  lumières 
soient  devenues  suffisamment  transparentes. 

L’action  spécifique  du  persulfate  est  difficile  à  expliquer.  Les 
inventeurs  ont  tenté  de  trouver  une  explication,  mais  rien  ne  prouve 
que  les  choses  se  passent  comme  ils  le  disent.  Ce  que  l’on  peut 
constater,  c’est  que  le  persulfate  n’attaque  nullement  les  demi-teintes 
et  les  détails  des  ombres,  tandis  que  son  action  se  porte  sur  les 
lumières;  l’argent  est  dissous  par  le  persulfate. 


Cli.  Dupont. 


Theux. 


-  583  — 


L’auteur  a  fait  l’essai  et  a  pu  constater  que  les  détails  les  plus 
subtils  restent  inattaqués. 

Pour  la  pratique,  on  prépare  une  solution  aqueuse  à  4  ou  à  5  p.  c. 
de  persulfate  dont  le  prix  est  d’environ  fr.  (5.75  le  kilo.  Ce  sel  se 
dissout  facilement  dans  l’eau  et  se  conserve  fort  bien  dans  des  fla¬ 
cons  bien  bouchés.  On  verse  une  quantité  suffisante  de  cette  solution 
sur  le  négatif  préalablement  séché  (un  négatif  humide  convient 
moins  bien,  l’action  du  persulfate  est  plus  lente;  et  l’on  suit  la 
marche  de  l’affaiblissement.  Au  bout  de  2  à  3  minutes,  l’action  com¬ 
mence  à  se  faire  sentir,  les  lumières  s’éclaircissent  et  prennent  peu 
à  peu  un  ton  brunâtre,  tandis  que  les  ombres  ne  changent  nullement. 
L’action,  lente  au  début,  devient  de  plus  en  plus  efficace  et  l’on 
doit  avoir  soin  de  retirer  la  plaque  avant  d’avoir  atteint  le  terme 
voulu,  étant  donné  que  l’affaiblissement  se  continue  encore  au  cours 
du  lavage. 

Du  reste,  deux  ou  trois  essais  faits  avec  des  négatifs  sans  valeur 
démontreront  mieux  qu’une  explication  la  marche  de  l’opération. 

Si  l’action  du  persulfate  se  prolonge,  on  finit  par  affaiblir  les 
demi-teintes  du  négatif  et  il  résulte  alors,  au  bout  de  10  à  15  mi¬ 
nutes,  un  négatif  uniformément  faible. 

Je  n’ai  pu,  jusqu’à  présent,  constater  d’une  façon  définitive  si  un 
négatif  soumis  à  ce  procédé  peut  être  renforcé  ultérieurement; 
mais  il  semble  que  l’action  du  persulfate  altère  la  couche  gélatineuse 
de  façon  à  ce  que  le  renforcement  ultérieur  ne  s’opère  que  difficile¬ 
ment;  du  moins,  je  n’ai  pu  réussir  le  renforcement  au  mercure  avec 
un  négatif  par  trop  affaibli. 

Tout  bien  considéré,  cette  nouvelle  méthode  est  de  la  plus  haute 
importance  pour  la  pratique  photographique  et  enrichit  les  procédés 
en  usage  pour  le  traitement  ultérieur  des  négatifs,  car  elle  permet 
d’utiliser  des  négatifs  qui  jusqu’ici  ont  dû  être  considérés  comme 
perdus. 

(Das  Atelier  des  Photographen.) 


Traduit  par  V.  H. 


Différentes  grandeurs  d’image 

AVEC  N'IMPORTE  QUEL  OBJECTIF  ► 


Par  le  Rév.  E.  C.  Lambert,  M.  A, 


E  titre  de  cet  article  sera  lu  par 
beaucoup  de  personnes  avec 
une  certaine  incrédulité  et  on 
le  trouvera  sans  doute  très 
prétentieux.  Qu’on  veuille  ce¬ 
pendant  accorder  à  l’auteur  le 


temps  de  s’expliquer  et  chacun  sera  heureux  d’apprendre  tout  ce 
qu’il  peut  faire  avec  un  objectif.  Mais  expliquons  d’abord  les  termes 
choisis.  On  admet  généralement  que  la  grandeur  de  l’image  dépend 
de  la  longueur  focale  de  l’objectif.  Par  exemple,  supposons  que 
nous  employions  un  objectif  de  G  pouces  de  foyer  et  qu’un  arbre 
vienne  se  peindre  sur  le  verre  dépoli,  ayant  1  pouce  de  hauteur. 
Sans  déplacer  la  chambre  noire,  si  nous  substituons  à  notre  objectif 
de  6  pouces  de  foyer  un  objectif  ayant  un  foyer  du  double,  12  pouces 
par  conséquent,  nous  aurons  une  image  de  l’arbre  de  2  pouces,  ou 
avec  un  objectif  de  9  pouces,  un  arbre  de  1  1/2  pouce.  Nous  suppo¬ 
sons  que  nous  avons  employé  une  large  ouverture  de  diaphragme, 
soit  F/8  ou  F/11. 

C’est  là  le  nœud  de  la  question  que  nous  examinons  et  l’expé¬ 
rience  suivante  va  le  démontrer.  Supposons  qu’en  face  de  notre 


—  585  — 


fenêtre,  à  quelque  distance,  nous  ayons  des  objets  tels  qu’une  mai¬ 
son,  un  arbre,  etc.,  et  que  nous  mettions  au  point  exactement,  à 
toute  ouverture,  sur  quelque  objet  bien  marqué,  une  cheminée, 
le  tronc  d’un  arbre,  etc.  Avec  une  règle,  nous  mesurons  la  dis¬ 
tance  entre  l’avant  et  l’arrière  de  la  chambre  et  nous  trouvons, 
mettons  9  pouces  ;  nous  notons  aussi  qu’entre  l’avant  et  le  dia¬ 
phragme  de  l’objectif  il  y  a  juste  1  pouce;  dans  ce  cas,  nous  avons 
entre  le  verre  dépoli  et  le  diaphragme  9  — 1  ==  10  pouces.  La 
longueur  du  foyer  est  donc  de  10  pouces  si  l’objet  est  à  une  dis¬ 
tance  assez  grande.  Nous  remarquons  sur  le  verre  dépoli  un  tuyau 
de  cheminée,  une  gouttière,  une  branche  d’arbre  qui  mesure  exacte¬ 
ment  1  pouce  et  nous  notons  que  nous  pouvons  faire  rentrer  ou 
sortir  le  chariot  dans  une  certaine  limite  sans  perdre  de  netteté.  Ce 
mouvement  en  avant  et  en  arrière  n’a  peut-être  pas  plus  de  l/10e 
de  pouce.  Mettons  le  plus  petit  diaphragme,  peut-être  F/45  ou  F/04. 
Rentrons  maintenant  le  chariot  aussi  longtemps  que  l’image  choisie 
reste  nette;  arrêtons-nous  juste  à  temps  pour  qu’elle  ne  soit  pas 
floue,  et  mesurons  la  distance  entre  les  deux  corps  de  l’appareil. 
En  tenant  compte  de  la  distance  du  diaphragme,  nous  trouverons 
peut-être  maintenant  9  pouces  au  lieu  de  10  pouces.  Et  l’image  de 
la  cheminée,  etc.,  au  lieu  de  1  pouce,  n’a  plus  que  9/10es  de  pouce.. 
Ensuite  nous  écartons  le  chariot  autant  que  l’image  reste  nette,  et 
mesurant  de  nouveau,  nous  trouvons  que  la  distance  est  de  11  pouces 
au  lieu  de  10.  Notre  cheminée  a  maintenant  1  1/10°  pouce.  Donc 
avec  cet  objectif  et  le  diaphragme  F/64,  nous  avons  obtenu  trois 
images  qui  ont  les  proportions  de  9  :  10  :  11.  Certes,  il  est  admis¬ 
sible  que  l’image  moyenne  sera  la  plus  nette,  mais  si  nous  impri¬ 
mons  les  trois  clichés  sur  une  feuille  de  papier  mat,  nous  ne  verrons 
pas  de  différence  sensible.  Avec  du  papier  brillant  ou  albuminé, 
nous  verrons  peut-être  une  différence,  et  dans  un  but  scientifique  la 
chose  aurait-elle  de  l’importance;  mais  dans  un  but  artistique, 
cette  légère  diffusion  n’en  aura  aucune  et  sera  même  regardée  par 
maint  opérateur  comme  un  avantage. 

Nous  en  sommes  donc  arrivés  à  cette  conclusion  qu’en  emploj  ant 
un  petit  diaphragme,  nous  agrandissons  l’image.  Le  commençant 
voudra  probablement  pousser  plus  loin  encore  les  conséquences  de 


—  586 


ce  fait  et  il  s’imaginera  qu’en  employant  un  diaphragme  de  la  dimen¬ 
sion  d’un  trou  d’aiguille,  il  y  aurait  moyen  d’avoir  des  images  qui 
seraient  nettes  à  n’importe  quelle  distance.  Mais  l’expérience  dé¬ 
montre  que  tel  n’est  pas  le  cas,  ainsi  que  la  raison  vous  l’a  déjà 
fait  admettre;  car  si  le  diaphragme  est  fortement  réduit,  on  a  à 
compter  avec  le  phénomène  de  diffraction  qui  détruit  la  netteté  de 
l’image. 

L’auteur  de  ces  lignes  a  fait  des  expériences  nombreuses  pour 
arriver  à  un  résultat  pratique  pour  les  travaux  artistiques  plutôt 
que  scientifiques. 

Voici  quelques  détails  de  ces  expériences  : 

Un  objectif  portable  symmetrical  de  Ross  fut  choisi  ;  avec  le  plus 

grand  diaphragme,  en  mettant 
au  point  sur  un  objet  éloigné, 
la  distance  entre  le  verre  dépoli 
et  le  diaphragme  était  de  8  1/2 
pouces. 

Dans  une  plaque  de  laiton 
mince,  découpons  un  morceau 
ayant  la  forme  de  la  figure  1 . 
Le  cercle  intérieur  m,  m,  m,  m 
est  un  tant  soit  peu  plus  petit 
que  l’intérieur  du  tube  de  l’ob¬ 
jectif.  Les  quatre  petites  par¬ 
ties  saillantes  t,  t,  t,  t  ressortent 
d’environ  1/8Ü  ou  1/4  de  pouce 
du  cercle  ni,  m,  m,  m.  Les  parties  t,  t  sont  pliées  de  telle  façon 
que  lorsqu’on  glisse  le  cercle  contre 
le  diaphragme,  elles  fassent  office  de 
ressort  contre  le  tube  et  maintien¬ 
nent  la  pièce  en  place  (fig.  2).  Cela 
étant  fait  et  le  plus  petit  diaphragme 
ayant  été  mis,  on  peut  facilement 
marquer  le  centre  de  la  pièce  de  laiton.  On  l’enlève  ensuite  et 
l’on  perce  un  petit  trou  au  centre  à  l’aide  d’une  aiguille  enfoncée 
dans  un  porte-plume,  par  exemple. 


Z* 


Fig.  i. 


—  587  — 


Fig.  3. 

un  trou  d’environ  l/30e  ou  1  /32e  de  pouce.  Mais  il  était  beaucoup 
trop  petit  pour  obtenir  de  bons  résultats. 


Le  premier  trou  fut  fait  avec  une  aiguille  Milward  n<>  5,  donnant 


—  588 


Le  trou  fut  alors  élargi  avec  une  aiguille  n°  1,  donnant  une  ouver- 


Fig.  4. 

ture  1  /22e  de  pouce  et  il  fut  ensuite  encore  travaillé  jusqu’à  ce  qu’il 
eût  l/20e  de  pouce  (lmm25)  ou  approximativement. 

En  acceptant  l’ouverture  de  1  /20e  de  pouce  et  l’objectif  à 


—  589  — 


8  1/2  pouces  de  foyer,  nous  pouvons  estimer  la  valeur  focale  de 
notre  diaphragme  à  F/1G0  ou  F/170  et  poser  d’après  ces  données. 

La  figure  3  nous  montre  trois  résultats  comparatifs.  Trois  plaques 
négatives,  quart  anglais,  furent  posées  d’un  même  point;  le  dia¬ 
phragme,  dans  les  trois  cas,  avait  environ  l/30e  de  pouce  avec 
l’objectif  de  8  1/2  pouces. 


D  Fig  5.  E 


A.  Pose,  15  secondes.  Distance  du  diaphragme  à  la  plaque,  6  pouces.. 

B.  —  35  —  _  _  9  _ 

C.  —  00  —  —  _  12  _ 

L’examen  des  négatifs  et  des  épreuves  sur  papier  montre  qu’avec 
ce  diaphragme  la  diffraction  empêche  l’objectif  (contrairement  à  ce 
que  1  on  pourrait  penser)  de  donner  une  meilleure  netteté  à  9  pouces 
qu’à  6  ou  12  pouces.  Les  grandeurs  relatives  de  l’image  sont  dans 
les  proportions  de  1,  1  1/2  et  2. 

Dans  l’expérience  suivante,  j’employai  un  diaphragme  de  1  /20e  de 
pouce  et  fis  deux  poses  :  la  première  avec  7  pouces,  la  seconde  avec 
10  pouces  entre  le  diaphragme  et  la  plaque.  Les  épreuves  de  ces 
négatifs  sont  reproduites  figure  4,  de  sorte  que  l’on  peut  voir  que 


—  590  — 


pour  des  travaux  ordinaires,  les  détails  sont  aussi  nets  qu’il  est  sou¬ 
haitable  dans  les  deux  cas.  Les  images  sont  dans  la  proportion  de 
7  à  10,  soit  donc  un  peu  moins  que  1  à  1  1/2. 

Dans  la  figure  5,  nous  avons  une  autre  expérience  intéressante, 
line  plaque  8  X  10  1/2  fut  employée.  Un  morceau  de  carton  placé 
dans  la  chambre  cachait  la  moitié  droite  de  la  plaque,  et  une  vue  fut 


Fig.  6. 


prise  sur  la  moitié  gauche  découverte.  (D)  La  distance  entre  le  dia¬ 
phragme  et  la  plaque  était  de  11  pouces.  Diaphragme  1  /20e  de 
pouce.  Le  carton  tut  alors  glissé  à  gauche  et  une  vue  fut  prise  sur 
l’autre  moitié,  avec  le  même  diaphragme,  mais  avec  un  écartement 
de  5  1/2  pouces  seulement.  (E)  Dans  la  reproduction  on  verra  pro¬ 
bablement  peu  de  différence  entre  les  deux  épreuves,  mais  sur  le 
négatif,  la  netteté  est  en  faveur  de  la  moitié  à  F/11,  la  portion  de  la 
vue  renfermée  dans  le  carré  intérieur  de  E  correspondant  à  la  vue 
entière  de  D.  Donc  pratiquement,  E  contient  le  double  de  D. 

Je  donne  encore  une  épreuve  (fig.  G)  dont  une  moitié  fut  prise  avec 
un  écartement  de  G  pouces  et  l’autre  de  1 1  pouces.  Le  degré  de 
netteté  est  ici  égal  dans  les  deux. 


—  591 


Si  l’on  examine  de  plus  près  la  question,  ces  résultats  n’ont 
rien  d’étonnant.  Dans  la  figure  7,  nous  supposons  ss  l’ouverture 
d’un  large  diaphragme,  tel  que  F/G  ou  F/8,  et  le  cône  de  lumière 
passant  par  ce  diaphragme  est  mené  au  foyer  F.  Une  section 
transversale  du  cône  à  cet  endroit  nous  donnerait  un  point  comme 
en  F.  Et  si  nous  prenons  des  sections  des  deux  côtés  à  égale  distance 
de  F,  à  A  et  A'  nous  aurons  des  cercles  de  format  identique  comme 


g 


Fig.  7. 


en  a  et  a’.  De  même  des  sections  plus  éloignées  de  F  telles  que  B 
et  B'  nous  donneraient  des  cercles  comme  à  b  et  b'.  On  verra  d’un 
coup  d’œil  que  lorsque  le  diaphragme  est  large,  c’est-à-dire  lorsque 
le  sommet  du  cône  a  un  angle  large,  nous  trouverons  que  les  sec¬ 
tions  deviennent  rapidement  plus  larges  lorsque  nous  nous  éloi¬ 
gnons  du  foyer  F. 

C’est  ce  qu’explique  l’observation  faite  au  début  de  cet  article, 
<3  c  F  c,  X, _ f 


•  •  •  • 

<L  c  «4 

Fig.  8 

que  si  l’on  met  au  point  avec  un  grand  diaphragme,  on  ne  peut  mou¬ 
voir  que  fort  peu  le  verre  dépoli  sans  avoir  immédiatement  l’image 
hors  du  foyer.  Si  nous  substituons  à  ss  une  ouverture  beaucoup  plus 
petite,  soit  un  large  trou  d’aiguille,  tel  que  P  H  (fig.  8),  nous  obte¬ 
nons  un  cône  avec  un  angle  au  sommet  F  plus  petit,  et,  si  de  même 
que  tantôt,  nous  coupons  des  sections  de  ce  cône  à  distances  égales 
de  F,  telles  qu’en  C  C  et  D  D',  nous  aurons  également  des  cercles  égaux 
à  cc  et  dd',  comme  précédemment,  mais  avec  cette  différence  que 
la  grandeur  de  ces  cercles  s’accroît  plus  lentement  en  nous  écartant 


—  592  — 


de  F.  Ces  considérations  nous  permettent  de  comprendre  comment 
il  se  fait  qu’avec  un  aussi  petit  diaphragme  que  l/20e  de  pouce  avec 
un  objectif  de  8  pouces  de  foyer,  nous  pouvons  mouvoir  notre  verre 
dépoli  d’une  couple  de  pouces  en  avant  ou  en  arrière  de  F,  avant  de 
percevoir  une  perte  de  netteté  marquée.  L’arithmétique  élémentaire 
nous  donnera  quelque  idée  de  ces  formats,  car  le  diamètre  du  cône  en 
D  est  au  diamètre  du  trou  en  P  H  comme  la  distance  F  D  est  à  la  dis¬ 
tance  F  H.  Donc  si  F  H  est  de  8  pouces,  F  D  de  2  pouces  et  le 
diamètre  de  P  H  de  l/20e  de  pouce,  alors  F  H  (8)  est  à  F  D  (2) 
comme  P  H  l/20e  est  à  1/4  de  l/20e,  soit  1  /80e  de  pouce. 

Nous  en  avons  assez  dit  pour  montrer  que  l’amateur  qui  cherche 
plutôt  des  résultats  artistiques  que  scientifiques  peut,  en  combinant 
un  trou  d’épingle  assez  large  avec  un  objectif,  obtenir  une  variété 
très  grande  de  formats  d’image  sans  avoir  pour  cela  la  diffusion 
caractéristique  du  trou  d’épingle  employé  seul. 

Finalement,  en  réponse  à  la  question  qu’on  me  posera  certaine¬ 
ment  :  «  Pourquoi  ne  pas  employer  le  trou  d’épingle  sans  objectif?  » 
je  répondrai  : 

1°  En  employant  un  trou  assez  large,  de  plus  d’un  millimètre  avec 
un  objectif,  nous  aurons  une  meilleure  netteté  générale,  à  une  dis¬ 
tance  de  G  pouces,  par  exemple,  entre  le  trou  et  la  plaque,  que  si 
nous  employions  un  trou  d’épingle  de  1  /50e  de  pouce  sans  objectif; 

2°  Cela  suppose  un  gain  considérable  dans  le  temps  de  pose.  Dans 
l’exemple  cité,  la  différence  serait  comme  4  est  à  25,  c’est-à-dire  que 
le  trou  de  l/50e  de  pouce  seul  demanderait,  mettons  six  fois  le  temps 
nécessaire  avec  le  trou  de  1/20  et  l’objectif; 

3°  Le  trou  d’épingle  nous  donne  sur  toute  la  plaque  le  même 
degré  de  netteté  ou  de  douceur.  Ici  encore  il  y  a  avantage  à  l’em¬ 
ploi  de  1  objectif,  quoiqu’il  soit  moins  accusé.  La  tendance  générale 
sera  que  lorsque  nous  employons  un  objectif  avec  un  foyer  plus 
court  que  son  foyer  solaire,  la  netteté  sera  surtout  pour  les  objets 
éloignés,  et,  réciproquement,  dans  le  cas  contraire,  ce  sera  l’avant- 
plan  qui  l’emportera  en  netteté. 

(Traduit  de  The  Amateur  Photographe/'.) 

M.  Vanderkindere. 


De  l’action  d’une  température  élevée 

SUR  L’IMAGE  LATENTE 


r> 


'après  Abney,  une  plaque  sèche 
chauffée  dans  l’obscurité  à  90° 
donne  une  surface  noire.  Ce  fait 
semble  confirmer  l’idée  qu’une 
température  très  élevée  produit 
sur  les  plaques  sèches  une  action 
semblable  à  celle  de  la  lumière. 


Pour  vérifier  l’exactitude  de  cette  assertion,  diverses  expériences 
ont  été  faites. 

Si  une  température  élevée  exerce  une  action  semblable  à  celle 
d’une  très  faible  lumière,  elle  doit  également  exercer  une  action  ren- 
forçatrice  sur  l’image  latente,  si  la  température  n’a  pas  été  poussée 
jusqu’au  point  de  produire  un  voile.  Ce  renforcement  pourrait  être 
observé  avec  une  impression  très  faible. 

L’action  d’une  exposition  préalable  très  faible  de  plaques  sèches 
est  bien  connue,  et,  d’après  les  expériences  d’Eder,  une  plaque  de 
15°  Warnerke,  qui  a  été  exposée  pendant  deux  minutes  contre  un 
verre  de  couleur  rouge  rubis  à  la  lumière  d’une  bougie,  a  montré 
19°  Warnerke. 

D’autre  part,  on  sait  que  l’impression  de  la  lumière  sur  une  plaque 
sèche  peut  atteindre  un  certain  degré  avant  d’en  arriver  à  toute 
action  susceptible  d’être  rendue  visible,  c’est-à-dire  avant  de  donner 


43 


—  594  — 


une  image  dans  le  développateur.  Cette  première  action,  qu’on  ne 
peut  rendre  visible,  a  etc  désignée  sous  le  nom  d’inertie  de  la  plaque. 

La  première  exposition  de  la  plaque  ne  vise  donc  que  son  degré 
d’inertie,  et  si  elle  est  ensuite  exposée  dans  un  sensitomètre,  les 
impressions  les  plus  faibles,  qui  précédemment  n’auraient  pas  outre¬ 
passé  l’inertie,  peuvent  maintenant  être  développées  comme  s’étant 
ajoutées  à  l’exposition  préalable,  et  l’on  verra  apparaître  sur  l’image 

sensitométrique 
plusieurs  de¬ 
grés  de  plus. 

On  peut  dé¬ 
duire  à  priori 
un  résultat  sem¬ 
blable  d’après 
une  pose  supplé¬ 
mentaire,  seule¬ 
ment  avec  cette 
différence  qu’un 
nouveau  degré 
ne  peut  se  mon¬ 
trer,  mais  seule¬ 
ment  se  trouve¬ 
ront  renforcées  les  impressions  les  plus  délicates  de  la  lumière  qui  a 
déjà  passé  le  degré  d’inertie. 

Cet  effet  s’ajoutera  aux  impressions  plus  intenses  et  ne  sera  pas 
reconnaissable  à  cause  de  l’intensité  des  valeurs. 

Les  expériences  suivantes  ont  été  faites  pour  confirmer  ces  con¬ 
clusions. 

Une  plaque  a  été  coupée  en  petits  fragments  carrés  mesurant 
G  X  0  centimètres,  dimensions  proportionnées  à  celles  d’une  bande 
de  papier  photométrique,  laquelle  était  recouverte  d’une  à  quinze 
épaisseurs  de  papier. 

On  a  usé  de  trois  plaques  désignées  par  les  nos  I,  II  et  III.  Les 
nns  I  et  II  étaient  exposés  sous  le  sensitomètre  à  la  distance  de 
1  mètre  d’une  bougie  pendant  une  minute. 

Le  n°  III  non  exposé  servait  de  plaque  de  comparaison  pour 


M.  Vanderkindere. 

Bruges.  —  La  porte  des  Baudets. 


595  — 


prouver  que,  lors  de  l’exposition  supplémentaire,  l’inertie  n’avait 
pas  été  outrepassée. 

La  plaque  exposée,  n°  I,  était  conservée  dans  l’obscurité,  tandis 
que  les  nos  II  et  III  étaient  placés  dans  un  châssis-presse  et  rece¬ 
vaient  une  action  supplémentaire  d’une  minute  à  la  distance  de 
1  mètre  d’une  lampe  à  pétrole  placée  derrière  un  cylindre  de  verre 
rouge.  La  plaque  III  était  partiellement  recouverte  de  papier  noir  de 
façon  à  montrer  si  l’inertie  avait  été  vaincue.  Les  trois  plaques 


A.  Kymeulen. 

Crépuscule  sur  l’Escaut. 


étaient  ensuite  développées  simultanément  dans  la  même  cuvette. 

Le  résultat  a  été  que  la  plaque  de  comparaison  restait  absolument 
propre;  sur  la  plaque  no  II  ayant  reçu  une  action  supplémentaire, 
les  derniers  numéros  visibles  9,  10,  11  étaient  plus  vigoureux  que 
ceux  du  n°  I  qui  n’avaient  pas  reçu  l’exposition  supplémentaire. 

Le  même  résultat  était  obtenu  quand  l’exposition  supplémentaire 
avait  eu  lieu  pendant  quatre  minutes  à  la  distance  de  2  mètres  de 
la  lampe. 

En  pratique,  on  doit  user  de  l’action  de  cette  exposition  supplé¬ 
mentaire  pour  les  plaques  sous-exposées. 

D’après  ces  expériences,  on  voit  qu’une  faible  lumière,  demeurant 
au-dessous  de  celle  qui  est  nécessaire  à  la  rupture  d’inertie,  agit 


—  596 


comme  un  renforçateur  sur  les  impressions  lumineuses  les  plus 
délicates,  sans  nuire  à  la  pureté  de  la  plaque. 

Si  maintenant  une  température  élevée  agit  de  la  même  façon  que 
la  lumière,  elle  doit  aussi  renforcer  de  même  les  valeurs  les  plus 
légères  de  l’image  latente. 

Dans  le  but  de  vérifier  cet  effet,  une  expérience  analogue  à  la  pré¬ 
cédente  a  été  faite  :  on  a  exposé  deux  plaques  I  et  II  dans  un  sensi- 
tomètre  pendant  une  minute  et  une  plaque  III  n’a  pas  été  exposée. 

Le  n°  I  a  été  conservé  dans  l’obscurité  et  les  nos  II  et  III  ont  été 
soumis  à  une  température  élevée. 

De  cette  façon,  le  n°  III  a  indiqué  l’action  de  la  température  sur 
la  plaque  non  exposée,  et  le  n°  II,  par  comparaison  avec  le  n°  I,  a 
indiqué  l’action  de  la  chaleur  sur  l’image  latente  après  le  dévelop¬ 
pement  simultané  dans  une  même  cuvette. 

Le  dispositif  pour  chauffer  consistait  en  une  étuve  à  dessiccation 
carrée  entourée  d’eau  chaude  sur  cinq  de  ses  parois,  et  munie  en 
avant  d’une  porte,  genre  d’appareil  d’un  usage  fréquent  dans  les 
laboratoires. 

Dans  cette  boîte,  les  plaques  y  étant  placées,  l’eau  était  amenée  à 
une  température  déterminée,  constante,  indiquée  par  un  thermo¬ 
mètre. 

Pour  garantir  l’exclusion  absolue  de  toute  lumière,  les  plaques  se 
trouvaient  enfermées  dans  une  boîte  de  zinc. 

Mais  comme,  d’après  les  expériences  de  Colson,  les  vapeurs  de 
zinc,  et  surtout  à  une  température  élevée,  peuvent  voiler  les  plaques 
sèches,  et  d’autre  part  comme,  d’après  Russell,  le  verre  est  imper¬ 
méable  à  ces  vapeurs,  la  boîte  était  recouverte  sur  toutes  ses  faces 
d’un  vernis  émail  dont  l’efficacité  a  été  d’abord  expérimentée. 

L’impression  lumineuse  fut  telle  que  sur  la  plaque  développée  les 
nus  9,  10  et  11  étaient  lisibles. 

1.  En  chauffant  à  60°  c.  pendant  une  heure,  les  plaques  demeu¬ 
raient  sans  voile  aucun,  mais  les  nos  9  et  10  se  trouvaient  tant  soit 
peu  plus  faibles  et  le  n°  11  n’était  plus  lisible. 

2.  Le  chauffage  durant  une  heure  de  90  à  93n  c.  produisait  une 
forte  réduction  des  nos  9  et  10  et  la  disparition  du  11,  tandis  que  les 
plaques  restaient  absolument  claires. 


597  — 


3.  Après  un  chauffage  pendant  trois  heures  de  80  à  85°  c.,  le 
résultat  a  été  celui  de  l’expérience  2. 

4.  Chauffées  pendant  douze  heures  de  70  à  85°  c.  :  apparition  du 
voile  et  affaiblissement  de  l’image  totale. 

5.  Répétition  de  l’expérience  4  :  voile  ;  toute  l’image  plus  faible 
et  moins  contractée.  Disparition  du  n°  11. 

6.  Répétition  du  4.  Les  plaques  n’ont  pas  été  développées  immé¬ 
diatement,  mais  après  un  laps 

de  temps  de  douze  heures. 

Dans  ce  cas,  le  voile  était 
moindre  que  dans  les  expé¬ 
riences  4  et  5.  L’ensemble  de 
l’image  était  plus  aplati  et  le 
n°  11  avait  disparu. 

Dans  tous  les  cas,  il  s’était 
donc  produit  une  réduction  de 
l’image  latente  par  l’effet  de  la 
température  élevée. 

On  ne  peut  dire  si  ce  nu¬ 
méro  (11),  dans  les  expériences 
4,  5  et  G,  s’est  perdu  dans  le 
voile,  car  si  la  plaque  voilée  III 
était  placée  sur  la  plaque  I,  le 
n°  11  ne  se  trouvait  pas  recou¬ 
vert  par  le  voile  et  était  parfai¬ 
tement  lisible. 

L’action  de  la  température  de  30°  c.  environ  sur  l’image  latente 
est  donc  le  contraire  de  celle  d’une  faible  lumière  demeurant  en 
dessous  de  l’inertie. 

Puisque  la  chaleur,  à  la  condition  d’agir  d’une  façon  continue, 
produit  le  voile,  cela  peut  être  dû  à  une  action  indirecte  et  peut  être 
attribué  à  une  action  secondaire  sur  la  gélatine  ou  sur  l’humidité 
absorbée  par  cette  substance. 

Cette  explication  s’est  trouvée  confirmée  par  quelques  observa¬ 
tions  afférentes  aux  expériences  ci-dessus  décrites. 

Les  plaques  employées  étaient  très  anciennes  et  elles  avaient  par 


Cil.  Puttemans. 

Château  de  Vève. 


—  598  — 


suite  des  bords  colorés,  lesquels  bords,  à  peine  visibles  sur  les 
plaques  conservées  froides,  étaient  bien  plus  accentués  sur  les 
plaques  chauffées  et  donnaient  l’impression  de  plaques  ayant  subi 
une  exposition. 

Les  petites  plaques  avaient  des  bords  fraîchement  coupés  et  un 
ou  deux  bords  appartenant  aux  vieilles  plaques  plus  grandes  dont 
elles  étaient  des  fragments. 

Ces  deux  bords,  indiqués  en  dernier  lieu,  montraient  une  colora¬ 
tion  d’un  noir 
plus  intense, 
tandis  que  les 
autres  n’en  dé¬ 
celaient  aucune 
trace. 

Ce  fait  nous 
amène  à  nous 
occuper  de  la 
formation  de 
ces  bords  colo¬ 
rés,  et  il  paraît 
probable  qu’il 
n’en  faut  pas 
rechercher  1  a 

cause  dans  l’exposition  qui  peut  être  le  résultat  d’une  action  pro¬ 
longée  à  travers  la  boîte,  puisque  la  chaleur  peut,  d’autre  part, 
produire  une  forte  réduction,  mais  non  un  renforcement  considé¬ 
rable. 

Il  est  beaucoup  plus  probable  que  la  gélatine  a  absorbé  sur  les 
bords  une  certaine  somme  d’humidité  qui  provenait  du  carton  de  la 
boîte  et  l’avait  traversé,  laquelle  avait  agi  sur  la  gélatine  à  une  haute 
température,  et  que  cette  action  est  due  à  la  gélatine  elle-même. 

Une  autre  observation  secondaire  a  été  la  suivante  : 

Dans  l’expérience  n° 2,  la  plaque  III,  qui  n’a  pas  été  exposée,  était 
chauffée,  recouverte  d’une  plaque  de  verre  paraissant  très  propre, 
mais  ayant  été  exposée  pendant  quelque  temps  à  l’air. 

Lors  du  développement,  la  plaque  en  question  restait  générale- 


L.  Rlisonne. 


—  599 


ment  propre,  mais  elle  montrait  en  un  seul  endroit,  au  milieu,  des 
bandes  particulières  de  parties  voilées. 

Quand  on  insufflait  de  l’haleine  sur  la  plaque  de  verre  employée 
à  recouvrir  l’autre,  on  y  remarquait  une  image  semblable  à  celle  du 
voile,  ayant  la  forme  de  la  partie  voilée. 

La  plaque  de  verre  avait  donc  absorbé  à  sa  surface  nue  de  l’humi¬ 
dité  ou  de  la  vapeur,  lesquelles  ont  agi  sur  la  plaque  sèche  à  une 
température  élevée. 

Si  l’on  nettoyait  fraîchement  la  plaque  de  verre,  ce  phénomène 
ne  se  produisait  plus. 

D’autres  effets  se  sont  manifestés  aussi,  mais,  jusqu  a  présent,  on 
ne  saurait  donner  des  explications  admissibles. 

Si  une  petite  plaque  est  posée  sur  la  couche  d’une  plaque  sèche 
plus  grande  et  qu’on  les  expose  ensemble  à  une  haute  température, 
on  remarquera  au  développement  que  les  côtés  de  la  petite  plaque 
ont  formé  des  lignes  noires  mais  non  continues  sur  la  plaque  sèche, 
tandis  que  la  surface  de  la  plaque  n’a  exercé  aucune  action. 

Il  est  difficile  de  se  rendre  compte  de  la  cause  exacte  de  ce  fait; 


ces  effets  méritent  de  faire  l’objet  d’expériences  sérieuses,  exécutées 


dans  des  conditions  diverses  pour  en  arriver  à  des  résultats  d  une 


valeur  pratique  dans  le  maniement  et  la  conservation  des  plaques 


sèches. 

{Èder's  Jahrbucli.)  J-  Gaedicke. 


L’article  de  M.  J.  Gaedicke,  relatif  à  l’action  d’une  température 
élevée  sur  les  plaques  sèches,  appelle  l’attention  des  fabricants  de 
plaques  sur  les  précautions  à  prendre  pour  assurer  leur  conservation. 

Il  est  reconnu  que  les  plaques  très  sensibles  sont  celles  surtout 
dont  la  conservation  en  bon  état  dure  le  moins  longtemps. 

On  remarque  d’abord  leur  tendance  à  un  voile  de  plus  en  plus 
prononcé  à  mesure  qu’elles  vieillissent  davantage,  et  ce  voile  se 
montre  plus  intense  sur  les  bords  que  sur  la  partie  centrale  des 
plaques;  d’où  il  résulte  évidemment  qu’une  cause  extérieure  exerce 
sur  elles  une  action  qu’il  semble  possible  de  restreindre  ou  même  de 
supprimer  avec  certaines  précautions. 

Les  boîtes,  généralement  en  carton,  sont  de  nature  à  absorber  de 


—  600  — 


l’humidité,  à  se  laisser  traverser  par  de  certaines  radiations  qui  ont 
pour  effet  cette  altération  des  couches  sensibles. 

En  lisant  l’intéressant  article  de  M.  J.  Gaedicke,  on  arrive  aisé¬ 
ment  à  comprendre  que  certaines  études  s’imposent  dans  cette  voie, 
non  seulement  dans  le  but  d’arriver  à  une  conservation  normale 
plus  satisfaisante  des  plaques  sensibles,  mais  encore  dans  le  cas  des 
voyages,  où  l’on  est  exposé  à  des  causes  encore  plus  fréquentes  de 
détérioration,  par  exemple  dans  les  pays  très  chauds  et  humides. 

Il  semble  que  quelques  expériences  entreprises  dans  cette  voie 
conduiraient  certainement  à  une  amélioration  notable  de  l’état  actuel 
des  choses,  en  ce  qui  concerne  la  préservation  possible  des  plaques 
sensibles,  contre  toutes  atteintes,  soit  intérieures,  soit  provenant  de 
l’extérieur. 

Nous  ne  saurions  trop  y  insister. 

Léon  Vidal. 

(Moniteur  de  la  Photographie.) 


REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


Photography. 

(N°  502.) 

Renforcement  des  épreuves  au  platine.  —  Un  renforcement  physique  seul  est 
possible.  Une  solution  d’acide  gallique  et  d’argent  est  excellente.  On  prépare 
une  solution  saturée  à  froid  d’acide  gallique  et  une  solution  à  10  p.  c.  de  nitrate 
d’argent;  on  fait  le  mélange  un  peu  avant  l’usage  comme  suit  : 


Solution  d’acide  gallique  .  _ . 52  cc. 

Solution  de  nitrate  d’argent . 2  cc. 

Eau . 52  cc. 

Acide  acétique  cristallisable . 10  gouttes. 


On  trempe  l’épreuve  au  platine  préalablement  mouillée  dans  ce  bain  et  on  l’y 
laisse  jusqu’à  intensité  suffisante.  On  rince  ensuite  et  lave  avec  de  l’eau  acidulée. 
Si  l’image  est  devenue  brune,  on  peut  la  noircir  de  nouveau  dans  le  bain 


suivant  : 

Chloroplatinate  de  potasse .  1  gr. 

Acide  phosphorique . ■  15  gr. 

Eau .  750  gr. 

Puis  on  lave  et  fait  sécher. 

Une  autre  recette  pour  renforcer  est  aussi  donnée  : 

1.  Hydroquinone .  2  gr. 

Acide  citrique . 20  gr. 

Eau . 450  cc. 

2.  Nitrate  d'argent .  3  gr. 

Eau . 30  cc. 

Prendre  30  centimètres  cubes  de  1, 

—  10  gouttes  de  ...  2. 


(N°  503.) 

Le  grain  du  bromure  d’argent.  —  Dans  une  lecture  faite  à  la  R.  P.  S.,  le  capi¬ 
taine  Abncy  a  attiré  l’attention  des  photographes  sur  le  grain  des  plaques.  On  a 


—  602  — 


souvent  prétendu  que  les  plaques  rapides  avaient  un  grain  plus  gros  que  les 
plaques  lentes  et  que  l’emploi  du  bromure  amenait  aussi  un  gros  grain.  Abney 
démontre  que  c’est  du  temps  de  pose  que  dépend  le  grain.  Une  longue  pose 
donne  un  grain  fin.  De  là  la  nécessité  de  donner  une  pose  suffisante  aux  petites 
plaques  employées  dans  les  chambres  à  main  et  destinées  le  plus  souvent  à  être 
agrandies. 

11  conseille  donc  l’emploi  : 

1°  D’une  plaque  très  rapide; 

2°  D’un  objectif  travaillant  à  pleine  ouverture; 

3°  D’une  vitesse  aussi  réduite  que  possible  de  l’obturateur. 

Verre  nu  celluloïd.  —  M.  Stillmann,  correspondant  du  Times  à  Rome  et  pho¬ 
tographe,  écrit  qu’il  a  recommandé  l’usage  de  plaques  en  celluloïd  aux  voya¬ 
geurs  italiens  se  rendant  dans  la  colonie  de  l’Érythrée  et  qu’ils  s’en  sont  tou¬ 
jours  bien  trouvés.  Le  capitaine  Bottego,  de  la  première  expédition  italienne  en 
1803,  avait  uniquement  avec  lui  des  pellicules  en  rouleaux  et  coupées.  Ces 
pellicules,  fabriquées  en  1892,  donnaient  encore  de  bons  résultats  en  1898,  mais 
elles  avaient  perdu  la  moitié  de  leur  sensibilité. 

M.  Stillmann  ne  dit  malheureusement  pas  de  quelle  marque  sont  ces  pelli¬ 
cules,  ce  qui  est  peut-être  le  renseignement  le  plus  intéressant. 

D’autre  part,  M.  J.  C.  Warburg,  un  photographe  bien  connu  de  Londres, 
relève  les  affirmations  de  M.  Stillmann.  11  a  eu  à  développer  des  pellicules  reve¬ 
nues  des  pays  chauds,  un  an  ou  deux  après  qu’elles  avaient  été  exposées. 
C’étaient  les  meilleures  pellicules  du  marché,  en  deux  rapidités.  Les  résultats 
étaient  franchement  mauvais,  les  pellicules  lentes  donnant  mieux  que  les 
autres.  Quelques-unes  ne  donnaient  plus  trace  aucune  d’images. 

Cette  question  des  pellicules  reste  donc  ouverte,  et  il  nous  semble  qu’il  y 
aurait  lieu  de  s’en  occuper  sérieusement  chez  nous,  car  ses  avantages  en  voyage 
sont  considérables. 

(N°  511.) 

Photographie  d'éclairs.  — Les  éclairs  très  intenses  et  très  rapprochés  seuls 
impressionnent  une  plaque.  II  faut  donc,  pour  obtenir  de  bons  résultats,  tra¬ 
vailler  avec  des  plaques  extra-rapides  et  l’objectif  à  pleine  ouverture. 


(N-  512.) 


P  la  linotypie.  —  La  plupart  des  mécomptes  dont  se  plaignent  ceux  qui  tra¬ 
vaillent  avec  le  papier  au  platine  proviennent  de  l’humidité  de  l’air.  Il  faut 
recouvrir  le  papier  dans  le  châssis  d’une  feuille  de  caoutchouc  ou  de  celluloïd 
et  éviter  toute  exposition  inutile  du  papier  à  l’air  libre 
On  aura  alors  des  résultats  excellents.  Le  papier  au  platine  se  conserve  bien 
pendant  six  mois,  dans  les  tubes  en  fer-blanc  soudés. 


—  603  — 


(N°  513.) 

Le  développement  en  temps  chaud.  —  Pour  éviter  le  frilling,  très  rare  aujour¬ 
d’hui  avec  les  plaques  de  bonnes  marques,  il  faut,  par  les  fortes  chaleurs,  s’abs¬ 
tenir  de  soumettre  la  gélatine  à  dos  températures  trop  différentes.  Il  est  donc 
dangereux  de  laver  dans  une  eau  à  8  ou  10  degrés,  comme  l’eau  de  la  distribu¬ 
tion,  des  plaques  développées  dans  un  révélateur  à  20  degrés. 

Andrew  Pringle  recommande  donc  de  garder  dans  la  chambre  l’eau  des  pre¬ 
miers  lavages  afin  de  leur  donner  une  température  identique  à  celle  du  révéla¬ 
teur. 

N’employez  jamais  une  solution  d’hyposulfite  nouvellement  préparée;  elle  a  une 
température  beaucoup  trop  basse.  En  temps  chaud,  évitez  les  solutions  trop 
concentrées.  1  partie  d’hypo  pour  7  d’eau  est  sufiîsante. 

Si  malgré  ces  précautions  le  frilling  causé  par  la  chaleur  apparaît  encore,  11 
faut  avoir  recours  à  des  remèdes  plus  énergiques. 

L’alun  n’est  pas  recommandable.  Le  capitaine  Abney  a  proposé  de  couler  une 
couche  de  collodion  sur  la  gélatine  avant  le  développement.  Les  résultats  sont 
bons.  Le  développement  est  simplement  plus  lent,  le  collodion  est  perméable 
comme  on  sait. 

On  a  depuis  recommandé  la  formalinc.On  fait  une  solution  à  3  p.  c.  de  for¬ 
mol  et  l’on  y  trempe  les  plaques  pendant  trois  à  quatre  minutes,  avant  le  déve¬ 
loppement.  La  plaque  doit  être  ensuite  bien  rincée,  puis  on  la  recouvre  du 
révélateur. 

Une  autre  substance  peut-être  meilleure  que  le  formol,  mais  moins  connue, 
est  le  chlorure  d’aluminium.  Une  solution  à  2  p.  c.  appliquée  sur  une  feuille 
de  papier  au  gélatino-chlorure  permet  de  tremper  cette  feuille  dans  l’eau 
bouillante.  Mais  l’auteur  n’a  pas  essayé  si  l’on  pouvait  l’appliquer  aux  plaques 
avant  le  développement. 

Si  le  frilling  apparaît  après  le  fixage,  on  enlève  immédiatement  la  plaque  de 
l’eau,  on  la  trempe  dans  de  l’alcool,  on  la  fait  sécher.  Puis  on  la  baigne  dans  une 
solution  d’alun,  de  formol  ou  de  chlorure  d’aluminium,  et  on  la  lave  ensuite 
sans  qu’il  y  ait  danger  de  voir  la  gélatine  se  soulever.  M.  V.  • 

(N°  518.) 

Éclairage  de  la  chambre  noire.  —  Depuis  que  l’emploi  d’émulsions  sensibles 
aux  rayons  colorés  est  plus  fréquent,  le  choix  d’une  lumière  inactinique 
devient  de  plus  en  plus  importante.  M.Saugcr  Shepherd, discutant  cette  question 
dans  une  lecture  faite  à  la  Royal  Photographie  Society,  le  28  juin  1898,  propose 
la  combinaison  de  jaune  brillant,  vert  naphtol  et  aurantia,  qui  arrête  tous  les 
rayons  du  spectre,  sauf  une  bande  étroite  de  rouge,  qui  n’a  en  pratique  aucun 
effet  sur  les  plaques. 

Dernièrement  le  capitaine  W.  Abney,  à  une  séance  du  Caméra  Club,  disait 
qu’un  mélange  de  violet  rnéthyl  et  d’un  orange  convenable  donnerait  une 
lumière  sûre  M.  V, 


—  604 


The  Photogram. 

(N°  r>5.) 

Transport  d'appareil  photographique,  à  bicyclette.—  Tous  ceux  qui  ont  emporté 
avec  eux  un  appareil  photographique  dans  un  voyage  à  bicyclette  savent  com¬ 
bien  est  délicate  la  question  du  port  de  la  chambre  noire.  Nous  l’avons  éprouvé 
nous-mème  récemment  sans  trouver  la  solution  absolument  idéale.  Il  s’agit  en 
effet  de  concilier  deux  extrêmes.  Tout  appareil  photographique  sérieux  pèse  et 
le  cycliste  doit  avoir  les  mouvements  libres. 

Le  Photogram ,  dans  son  numéro  de  juillet,  nous  montre  quelques  dispositifs 
ingénieux,  mais  dont  aucun  ne  nous  séduit.  Eu  effet,  le  cycliste  en  voyage  a, 
outre  son  appareil,  encore  ses  bagages  à  transporter  et  les  différentes  méthodes 
que  l’on  nous  indique  semblent  ne  tenir  compte  que  de  la  détective. 

Le  bagage  du  cycliste  se  transporte  presque  toujours  dans  le  cadre  ou  sur  la 
roue  de  devant.  Nous  préférons  de  beaucoup  le  système  qui  permet  de  placer  un 
sac  dans  le  cadre,  devant  les  genoux  du  cycliste.  Les  mouvements  restent  libres 
et  la  direction  de  la  roue  d’avant  n'est  pas  entravée. 

Quant  à  l’appareil,  la  meilleure  place  est  sur  le  dos  du  cycliste;  la  chambre 
supporte  ainsi  le  minimum  de  secousses  et  est  immédiatement  à  la  disposition 
de  l’amateur. 

11  suffit  de  la  laisser  pendre  assez  bas  dans  le  dos,  si  on  la  porte  en  bandou¬ 
lière,  pour  qu’elle  ne  puisse  glisser  sur  la  poitrine.  Mais  si  l’appareil  a  un  poids 
dépassant  2  kilogr.,  il  finit  pas  fatiguer  beaucoup  et  il  faut  alors,  afin  de  ne  pas 
compromettre  un  voyage,  trouver  un  autre  dispositif.  C’est  ici  que  l’ingéniosité 
des  amateurs  photo-cyclistes  se  donne  libre  carrière.  D’après  notre  expé¬ 
rience  et  les  dessins  reproduits  dans  le  Photogram,  la  meilleure  place  serait 
dans  le  cadre,  à  l’avant.  Mais  si  le  bagage  occupe  cette  place,  il  faut  fixer  l’appa¬ 
reil  au-dessus  de  la  roue  directrice  en  l’attachant  au  guidon.  Mais  encore  une 
fois,  les  appareils  décrits  par  le  Photogram.  ne  tiennent  pas  compte  du  frein. 
Or,  un  frein  est  indispensable  en  voyage.  Il  faut  aussi  que  l’on  trouve  sur  le 
guidon  place  pour  la  pèlerine,  le  veston  et  la  carte. 

De  tout  cela  résulte  que  le  transport  d’un  appareil  dans  un  voyage  à  bicyclette 
n’est  pas  chose  facile,  et  nous  ne  saurions  assez  recommander  à  ceux  qui  n’en 
ont  pas  fait  l’expérience  de  n’emporter  que  des  détectives  ultra-légères.  Elles 
finiront  toujours  par  peser  trop  sur  les  épaules  du  cycliste. 

Peut-être  existe-t-il  un  dispositif  meilleur  auquel  nous  n’avons  pas  songé  et 
qu’un  de  nos  confrères  connaît;  dans  ce  cas,  il  nous  rendrait  un  grand  service 
en  le  décrivant  au  Bulletin.  j\{.  y. 


The  Practical  Photographer. 

(N°  104.) 

Photographie  des  nuages.  —  «  Pour  photographier  les  nuages,  l’homme  doit 
avoir  la  patience  de  Job  et  la  philosophie  de  Diogène  »;  la  patience  d’attendre 


—  605  — 


pendant  des  heures,  sous  le  vent,  et  la  pluie  au  besoin,  qu’un  effet  heureux  se 
présente;  la  philosophie  suffisante  pour  supporter  son  sort  avec  résignation. 

11  faut  avoir  une  collection  nombreuse  de  nuages  pour  pouvoir  en  trouver 
qui  puissent  s’appliquer  aux  divers  sujets.  Gardez-vous  des  effets  de  coucher  de 
soleil!  lien  faut,  mais  pas  trop.  Vous  devez  avoir  des  nuages  pris  à  toutes 
les  heures  de  la  journée  et  à  toutes  saisons.  La  meilleure  place  pour  les  prendre 
est  au  bord  de  la  mer.  11  faut  qu’aucun  objet  ne  vienne  se  détacher  sur  le  ciel  et 
que  vous  puissiez  vous  tourner  dans  tous  les  sens. 

Les  meilleures  plaques  :  les  orthochromatiques  lentes  avec  l’usage  de  l’écran 
jaune.  Ayez  des  négatifs  assez  intenses  pour  qu’ils  mettent  à  s’imprimer  le  même 
temps  qu’un  paysage.  —  Auteur  :  Percy  Barron. 

(N°  105.) 

Association  belge.  —  Ce  numéro  renferme  un  article  élogieux  pour  notre  der¬ 
nière  Exposition  avec  un  grand  nombre  d’illustrations  empruntées  à  notre 
numéro  de  mai-juin. 

M.  V. 


Caméra  Notes. 

(2e  année,  n°  1.) 

Diapositives  à  projection.  —  Nous  avons  indiqué  l’année  dernière  ( Bulletin , 
1897,  p.  591,  la  méthode  de  M.  Alfred  Stieglitz  qui  surexpose  et  surdéveloppe 
ses  diapositives  et  réduit  ensuite  au  réducteur  de  Farmer  (hyposulfitc  et  ferri- 
cyanure)  les  parties  trop  noires,  système  qui  lui  permet  d'exercer  un  grand 
contrôle  sur  la  diapositive,  puisqu'il  travaille  à  la  lumière  du  jour. 

Les  Caméra  Notes  donnent  aujourd’hui  un  procédé  pratique  employé  par  le 
même  auteur  pour  éviter  ces  désastreux  ciels  blancs  qui  déshonorent  malheu¬ 
reusement  encore  trop  de  vues.  Quand  donc  nos  lanternistes  prendront-ils  le 
parti  radical  de  rejeter  toute  diapositive  dont  le  ciel  est  blanc?  Ce  serait  rendre 
un  immense  service  aux  amateurs. 

M.  Stieglitz  ne  veut  pas  de  ciels  blancs.  Lors  donc  qu’il  a  une  diapositive  dont 
le  ciel  est  absolument  transparent,  il  fixe  une  cache  appropriée  sur  sa  plaque  et 
applique  contre  elle  une  nouvelle  plaque  sensible,  dans  la  chambre  noire.  11 
expose  le  tout  un  instant  à  la  lumière  du  gaz,  développe,  fixe  et  réduit  au  ferri- 
cyanure  là  où  il  le  juge  nécessaire.  Ainsi,  tous  les  points  entre  les  arbres,  par 
exemple,  qui  étaient  avant  blancs,  seront  teintés  et  l’ensemble  de  l’image  y  aura 
gagné.  11  fait  un  essai  à  la  lanterne,  et  si  le  résultat  n’est  pas  satisfaisant,  il  réduit 
encore  les  parties  trop  foncées. 

«  Je  sais  bien,  »  dit-il,  «  qu’avec  cette  méthode  je  n’arrive  à  faire  que  dix  dia¬ 
positives  quand  d’autres  en  font  cent.  Mais  qu’importe  ?  Il  vaut  mieux,  n’est-ce 
pas,  dix  bonnes  vues  que  cent  mauvaises.  » 

De  la  qualité,  mes  chers  confrères,  mais  de  grâce,  pas  de  quantité!!! 


—  606  — 


Une  nouvelle  méthode  de  développement.  —  Vous  savez  tous  combien  il  est 
difficile  d’obtenir  un  négatif  intense  avec  des  poses  courtes.  Si  vous  poussez  trop 
loin  le  développement,  vous  risquez  de  voiler  votre  plaque.  M.  W.  C.  Harris 
recommande  un  procédé  qui  nous  semble  assez  ingénieux  et  que  nous  n’hési¬ 
tons  pas  à  signaler. 

Lorsque  vous  avez  tiré  tout  ce  que  vous  pouvez  d’un  négatif  sou  s-exposé,  vous 
arrêtez  le  développement  avant  toute  manifestation  de  voile.  Vous  avez  ainsi  un 
négatif  superficiel  dont  l’image  n’a  guère  pénétré  dans  la  couche  sensible  dont 
le  dos  reste  blanc.  Vous  exposez  la  plaque,  sans  la  rincer,  un  instant  à  la  flamme 
du  gaz  et  vous  continuez  à  développer.  Vous  aurez  alors  une  image  positive  qui 
apparaîtra  au  dos  de  la  plaque. 

Au  fixage,  la  première  image  disparaît  presque.  Du  positif  vous  tirez  ensuite 
un  négatifqui  sera  bien  plus  intense  que  n’aurait  pu  être  le  premier. 

Avec  un  révélateur  métol-hydroquinone,  M.  Harris  donne  une  seconde  pose 
de  trois  à  cinq  secondes  avec  une  lampe  à  incandescence  de  35  bougies  à  73  cen¬ 
timètres  au-dessus  de  la  cuvette.  M.  V. 


The  Amateur  Photographer. 

(N°  712.) 

Virage  des  épreuves  au  bromure.  —  On  peut  enlever  le  ton  gris  sale  qu’ont 
souvent  les  épreuves  au  bromure  en  les  soumettant  au  bain  suivant.  Mais  aupa¬ 
ravant  il  faut  les  passer  dans  une  solution  d’alun  à  3  p.  c. 

Le  bain  de  virage  se  compose  de  : 


Hyposulfite  de  soude . 100  gr. 

Alun . 10  gr. 

Eau .  700  gr. 


On  dissout  l’hyposulfite  dans  de  l’eau  chaude,  puis  on  ajoute  graduellement 
l’alun.  Plus  le  bain  est  vieux,  mieux  il  agit.  Il  est  préférable  de  mettre  l’épreuve 
à  virer  dans  une  solution  tiède  de  ce  bain,  on  chauffe  ensuite  graduellement; 
ainsi  on  évite  les  ampoules.  Lorsque  le  ton  voulu  est  obtenu  (rouge  brique),  on 
lave  l’épreuve  dans  une  première  eau  tiède.  Si  l’on  craint  les  ampoules,  il  faut 
en  effet  éviter  le  passage  brusque  de  l’épreuve  dans  des  bains  de  températures 
trop  différentes. 

(N°  718.) 

Renforcement  des  épreuves  au  platine.  —  On  recommande  les  solutions  sui¬ 
vantes  : 

A.  Méthode  HïibL 

1.  Formiatc  de  soude . 3  gr. 

Eau  distillée . 30  cc. 

2.  Bichlorure  de  platine .  .  .  0,630  gr. 

Eau  distillée . 30  ce. 


607  — 


Usage  : 

Eau . 60  ce. 

Solution  l . 1  ce. 

Solution  2 . 1  ce. 

Laver  ensuite  l’épreuve  et  la  laisser  sécher. 

B.  Méthode  Dollond. 

1.  Chlorure  d’or .  1  gr. 

Eau  distillée . 26  ce. 

Neutraliser  avec  de  la  chaux,  filtrer  et  ajouter  : 

Acide  chlorhydrique .  1  goutte. 

2.  Glycérine  pure. 

3.  Sulfite  de  soude . 30  cc. 

Eau  pour  faire .  300  cc. 

Métol .  3  gr.  26 

4.  Carbonate  de  potasse . 30  cc. 

Eau . 30  cc. 


L’épreuve  au  platine  est  trempée  dans  l’eau,  puis  mise  sur  une  plaque  de 
verre,  et  l’excès  d’eau  est  enlevé  au  papier  buvard. 

On  l’enduit  ensuite  d’un  peu  de  glycérine,  puis  on  verse  quelques  gouttes  de 
la  solution  1  que  l’on  mêle  rapidement  à  la  glycérine.  On  passe  lentement  avec 
une  brosse  douce  sur  l’épreuve  pour  que  l’action  soit  bien  régulière.  Aussitôt 
(pie  les  blancs  menacent  de  se  teinter,  on  lave  à  l’eau  pour  enlever  toute  trace 
de  glycérine  et  l’on  verse  sur  l’épreuve  : 

Solution  3  . I  partie. 

Solution  4 . 1  partie. 

On  enduit  aussi  l’envers  de  l’épreuve  de  cette  solution.  Puis  on  lave  pendant 
vingt  minutes  et  on  laisse  sécher. 

L’épreuve  aura  été  renforcée  d’une  façon  très  notable. 

M.  V. 


Photographische  Correspondenz. 

(N°  466.) 

Éclair  magnétique.  —  L’auteur  recommande  : 

3  parties  de  magnésium  en  poudre, 

4  1/2  parties  de  permanganate  de  potasse  en  pondre, 

1  partie  sulfure  d’antimoine,  également  pulvérisé. 

Le  mélange  se  fait  non  pas  en  broyant  les  matières  dans  un  mortier  —  ce  qui 
est  dangereux  —  mais  en  introduisant  les  matières  dans  un  flacon  que  l’on 
bouche  et  que  l’on  agite  ensuite  vigoureusement.  La  durée  de  l’éclair  est 
environ  de  l/20e  de  seconde,  ce  qui  est  suffisant  pour  que  les  mouvements 
reflexes  des  personnes  photographiées  ne  se  reproduisent  pas  sur  la  plaque. 


G08  — 


Das  Atelier  des  Photographen. 

(N°  8.) 

Développement  lent.  —  Le  Dr  Miethe  parle  de  nouveau  en  faveur  de  ce  mode 
opératoire,  en  cuvette  verticale.  Les  amateurs  s’en  sont  déjà  emparés  lorsqu’ils 
ont  un  grand  nombre  de  clichés  à  développer.  Pourquoi,  dit-il,  n’en  serait-il 
pas  de  même  des  photographes  professionnels  ?  Parmi  toutes  les  substances 
révélatrices,  c’est  le  rodinal  qui  a  donné  dans  ce  cas  le  meilleur  résultat. 
Si  l’opération  doit  durer  environ  trois  heures,  on  prendra  par  litre  de  bain 
4  à  5  cm3  de  rodinal.  Prendre  de  préférence  de  l’eau  distillée  pour  la  prépara¬ 
tion  du  bain.  La  température  de  celui-ci  ne  doit  pas  être  trop  élevée,  sinon  la 
couche  gélatineuse  pourrait  se  détacher  de  son  support.  En  été,  il  est  bon  de 
laisser  couler  de  l’eau  sur  la  cuvette  fermée,  afin  de  refroidir  le  bain.  Au  bout 
de  deux  heures,  on  examine  l’état  des  clichés.  On  retire  ceux  dont  les  détails 
dans  les  ombres  sont  suffisamment  venus,  sans  s’inquiéter  de  la  densité  plus  ou 
moins  grande  des  lumières.  En  cas  de  surexposition,  il  arrive  que  l’on 
n’obtienne  que  difficilement  la  densité  nécessaire.  Cette  catégorie  de  clichés 
doit  être  redéveloppée  dans  un  bain  contenant  pour  20  parties  d’eau  1  partie 
de  rodinal. 


Photographische  Mittheilungen. 

IN°  8.) 

Cartes  postales  platinotypiqu.es.  —  L’envers  de  la  carte  est  enduit  au  moyen 
d’une  solution  d’amidon  à  2  p.  c.  On  laisse  sécher,  puis  on  sensibilise,  à  la 
lumière  d’une  lampe,  avec  les  solutions  suivantes  :  6  cm5  d’une  solution  conte¬ 
nant  1  gramme  de  chlorure  platino-potassique  dans  7  d/2  me3  d’eau;  f>  1/2  cm3 
d’oxalate  ferrique;  10  gouttes  d’une  solution  de  chlorure  sodico-platinique  à 
10  p.  c.  On  fait  sécher  dans  l’obscurité.  L’exposition  et  le  développement  sont 
identiques  au  mode  opératoire  du  procédé  de  développement  à  chaud. 

(N°  10.) 

Obturateur  à  rideau.  —  Nous  avons  souvent  déjà  attiré  l’attention  sur  cet 
obturateur  qui,  au  point  de  vue  du  rendement  optique,  ne  peut  être  égalé  par 
aucune  autre  construction.  Au  début,  ces  obturateurs  à  rideau,  glissant  devant 
la  plaque,  n’ont  donné  qu’une  seule  vitesse  de  descente;  il  fallait,  pour  donner 
plus  ou  moins  de  pose,  suivant  le  mouvement  du  sujet  à  photographier,  élargir 
ou  diminuer  la  fente  horizontale  du  rideau.  Actuellement,  il  y  a  deux  moyens 
pour  obtenir  une  plus  courte  exposition  :  tendre  le  ressort  qui  actionne  le  mou¬ 
vement  de  descente  du  rideau,  et,  d’autre  part,  diminuer  la  largeur  de  la  fente. 
A.  Reichwein  a  mesuré  les  différentes  vitesses  que  l’on  peut  ainsi  réaliser  : 


—  609 


Tension  du  ressort  Tension  du  ressort  Tension  du  ressort 


Index  1  Index  5  Index  10 


Fente  de  0m04 

Exposition  1/35" 

Exposition  1/50" 

Exposition  1/65" 

»  0,n03 

»  1/47" 

» 

1/60" 

» 

1/87" 

»  0"'02 

»  1/70" 

)) 

1/100" 

» 

1/130" 

»  0n,01 

»  1/140" 

)) 

1/200" 

)) 

1/260" 

»  0m005 

»  1/280" 

)) 

1/400" 

» 

1/520" 

»  0'”0025 

»  1/500" 

)) 

1/800" 

» 

1/1000’ 

On  voit  que  îles  vitesses  égales  peuvent  être  obtenues  par  des  moyens  diffé¬ 
rents  :  Pour  une  pose  de  1/65''  on  peut,  ou  travailler  avec  une 


fente  de  0"’04  et  une  tension  du  ressort  correspondant  à  l’index  10 
ou  bien  »  0,n03  »  »  »  »  5 

ou,  enfin  »  0m02  »  »  »  »  1 

Au  point  de  vue  de  la  reproduction  exacte  d’un  sujet  en  mouvement,  il  est 
préférable  d’augmenter  la  tension  du  ressort  et  d’augmenter  proportionnelle¬ 
ment  la  largeur  de  la  fente.  C’est  ainsi  que  la  déformation  inévitable  sera  réduite 
au  minimum.  Autre  point  à  considérer  :  faire  glisser  la  fente  dans  la  môme 
direction  que  suit  l’objet  en  mouvement;  cette  condition  sera  toujours  réali¬ 
sable  avec  les  chambres  à  main. 


Praktischer  Rathgeber. 


(N°  15.) 

Temps  d'exposilion.  —  La  durée  de  l’exposition  est  d’une  importance  capitale 
pour  la  réussite  des  travaux  du  photographe;  c’est  d’elle  que  dépend  le  carac¬ 
tère  de  la  reproduction  photographique  d’un  paysage.  Comment  estimer  le 
temps  de  pose  nécessaire;  lhat  is  the  question?  L’expérience  est,  certainement, 
le  plus  sur  guide.  Les  tables  peuvent  aussi  être  d’un  certain  secours.  Voici  une 
méthode  pour  arriver  à  se  fixer  sur  le  temps  de  pose  des  paysages,  dans 
diverses  circonstances. 


Saison  ==r  i 

Mai,  juin,  juillet,  août  =  1-2 

Mars,  avril,  septembre,  octo¬ 
bre,  novembre  —  2-3 

Décembre,  janvier,  février  =  3-5 

Nuages  =  b 

Sans  nuages  =  1 

Temps  demi-couvert  =  2 

Temps  couvert  =  3 

Temps  sombre  =  4-10 

Pluie  =  5-8 


Heure  =  u 

Soleil  au  zénith  =  1 

Soleil  à  45°  =  2-3 

Soleil  à  l’horizon  =  4-8 

Sujet  =  g 

Effet  de  neige,  nuages,  marine  =  1/2 
Lointains  et  avant-plans  =  1 
Avant-plans  et  lointains  =  2 
Avant-plans  exclusivement  =  3  5 
Intérieur,  sous-bois  —  8-10 

44 


610  — 


Étant  donnée  une  marine  à  photographier  en  juin,  entre  4  et  5  heures,  par 
un  temps  demi  couvert,  on  aura  le  facteur  F  =  1  X  2  X  2  X  0,5  =  2. 

Ce  facteur  doit  encore  être  multiplié  par  celui  qui  donne  le  temps  d’expo¬ 
sition  en  secondes  et  qui  dépend  de  l’ouverture  du  diaphragme  : 


Diaphragme- 

Temps  d’exposition 

F/7,7  . 

. l/400e  de  seconde 

F/9 . 

.  1/200°  » 

F/12  ... 

. 1/100°  » 

F/ 18 . 

.  .  .  .  .  1/50°  » 

F/25 . 

l/25e  « 

F/36 . 

.  1/12°  « 

F/50 . 

.  1/6°  » 

F/75 . 

.  1/3°  » 

On  est  libre,  naturellement,  dans  le  choix  du  diaphragme.  Pour  trouver  le 
temps  de  pose,  on  multiplie  le  facteur  F  par  le  nombre  de  secondes  corres¬ 
pondant  au  diaphragme  choisi.  Exemple  :  mois  d’octobre,  soleil  assez  près  de 
l’horizon,  temps  couvert  arbres  à  l’avant-plan  :  F  —  3  X  4  X  5  X  2  =  120.  En 
choisissant  le  diaphragme  F/50,  on  aura  120  X  1/6  =  20  secondes  comme 
temps  d’exposition. 


Photographische  Chronik. 

• 

L'emploi  de  la  lanoline  en  photographie  est  très  recommandable  pour  tous 
ceux  qui  ont  l’épiderme  sensible  et  qui  sont  sujets  à  des  éruptions  do  la  peau, 
causées  par  l’action  des  différents  bains  dévcloppateurs  et  de  leurs  constituants. 
La  lanoline,  qui  est  un  corps  gras  extrait  de  la'laine  animale,  possède  la  propriété 
de  se  mélanger  à  l’eau,  ce  qui  la  rend  éminemment  propre  à  l’usage  externe 
comme  onguent,  etc.  La  lanoline,  employée  comme  tel,  s’oppose  à  la  pénétration 
des  bains  révélateurs  dans  l’épiderme.  Neville  recommande  : 

30  grammes  lanoline, 

7,5  gr.  savon  castillan, 

60  cm3  d’eau. 

Pour  préparer  cet  onguent,  on  prend  la  quantité  voulue  de  lanoline  pure 
(exempte  d’eau',  on  la  triture  avec  un  peu  d’eau,  on  y  mélange  le  savon  pulvé¬ 
risé,  et,  tout  en  mélangeant,  on  ajoute  le  restant  des  60  cm3  d’eau. 

On  peut  aussi,  dans  une  capsule  en  porcelaine,  faire  fondre  la  lanoline, 
ajouter  l’eau  et  le  savon,  et  remuer  le  mélange  jusqu’à  refroidissement  complet. 

V.  H. 


Bifoliocjf'aptne 


A  simple  Guide  to  tlie  choice  ofn  Photographie  Lens , 
par  T. -R.  Dallmcyer,  F.  R.  A.  S.,  Londres. 

Ce  petit  traité  pratique  sur  le  choix  d’un  objectif  a  eu  en  Angleterre  un  succès 
considérable.  11  est  écrit  dans  une  langue  claire,  précise  et  de  nombreuses  illus¬ 
trations  font  de  cette  brochure  un  guide  qui  devrait  se  trouver  entre  les  mains 
de  tous  les  photographes. 


Sentiment  d’Art  en  Photographie,  Camille  Smits  et  Cie,  Bruxelles. 

Nous  recevons  le  premier  numéro  de  la  publication  Sentiment  d’Art  en  Pho¬ 
tographie  qui  vient  de  paraître  à  Bruxelles.  Cette  publication  a  pour  but  de 
reproduire  des  œuvres  photographiques  primées  en  concours  mensuels,  et  elle 
s’adresse  aux  photographes  du  monde  entier. 

Tout  ce  qui  touche  à  l’art  photographique  nous  est  trop  cher  pour  que  nous 
ne  saluions  pas  avec  plaisir  cette  jeune  consœur.  Nous  souhaitons  de  la  voir 
réussir  dans  l’œuvre  qu’elle  s’est  proposée. 

A  signaler  dans  ce  premier  numéro  une  intéressante  lettre  de  M  Th.  Hofmeis- 
ter,  de  Hambourg. 

31.  V. 


T,c  Développement  de  l'image  latente  en  photographie,  par  A.  Sf.yf.wetz,  sous- 
directeur  et  chef  des  travaux  à  l’école  de  chimie  industrielle  de  Lyon.  Un 
vol.  in-18  jésus.  —  Paris,  librairie  Gauthier-Villars,  1899. 

Les  procédés  photographiques  qui,  il  y  a  peu  d’années  encore,  étaient  pure¬ 
ment  empiriques,  relèvent  pour  la  plupart,  aujourd’hui, de  la  Science  pure,  et  la 
mise  en  œuvre  de  réactions  chimiques  pour  expliquer  un  grand  nombre  de 
phénomènes  photographiques  n’a  pas  contribué  pour  une  faible  part  à  cette 
transformation  rapide... 

Grâce  aux  études  de  3131.  Auguste  et  Louis  Lumière,  la  liste  des  déve- 


—  G12  — 


loppateurs,  limitée  depuis  longtemps  à  quelques  substances  consacrées  par  la 
pratique,  s’est  subitement  accrue  d’une  quantité  considérable  de  nouveaux 
représentants. 

C’est  la  conception  exacte  du  rôle  prépondérant  que  devaient  jouer  les 
phénomènes  chimiques  dans  l’étude  des  propriétés  développatrices  des  subs¬ 
tances  organiques,  qui  permit  à  MM.  Lumière  de  fixer,  avec  une  rigoureuse 
précision,  les  éléments  de  la  fonction  dcveloppalricc,  véritable  critérium  des 
propriétés  révélatrices  des  substances  organiques.  Par  suite,  le  nombre  des 
substances  douées  de  ces  propriétés  s’est  accru  dans  de  telles  proportions, 
qu’il  est  devenu  de  plus  en  plus  difficile  aujourd’hui  au  débutant  de  faire  un 
choix  judicieux  et  d’accorder  la  préférence  à  une  substance  plutôt  qu’à  une 
autre. 

Afin  d’essayer  de  combler  cette  lacune  dans  une  certaine  mesure,  l’auteur  a 
exposé,  dans  la  première  partie  de  cet  ouvrage,  l’état  actuel  de  nos  connaissances 
sur  l’opération  du  développement  ainsi  que  tous  les  travaux  théoriques  relatifs 
aux  développateurs,  en  insistant  particulièrement  sur  ceux  qui  peuvent  avoir 
un  intérêt  pratique.  11  a  en  outre  montré  quelles  sont  les  conditions  que 
doit  remplir  un  bon  développateur  et  comment  ces  desiderata  sont  réalisés 
dans  les  divers  révélateurs  commerciaux. 

Enfin,  la  deuxième  partie  est  entièrement  consacrée  à  la  pratique  du  déve¬ 
loppement  et  l’on  y  trouvera  tous  les  renseignements  nécessaires  pour  obtenir 
une  bonne  image  avec  les  seuls  révélateurs  qui,  par  leurs  qualités  spéciales, 
doivent  être  préférés  à  tous  les  autres. 


Liesegang's  Photog ra pliisch e r  Almanach,  19e  année ,  1899.  —  Ed.  Liesegang, 

éditeur  à  Dusseldorf. 

Voici  les  almanachs  photographiques  qui  font  leur  apparition.  Celui  de 
Liesegang  nous  arrive  bon  premier.  Ce  petit  volume,  qui  sera  consulté  avec 
intérêt,  contient  des  articles  variés,  notamment  du  professeur  H.-W.  VogeL  sur 
la  préparation  des  plaques  orthochromatiques;  du  professeur  Valenta,  sur  les 
nouveaux  sensibilisateurs  optiques  pour  le  bromure  d’argent;  du  D1'  Rautcrt, 
sur  la  technique  des  Rayons  X;  de  R.-Ed.  Liesegang,  sur  quelques  nouvelles 
théories  photochimiques,  etc.  11  se  termine  par  les  tables  et  recettes  d’usage 
et  la  liste  des  sociétés  photographiques  d’Allemagne. 


Le  Portrait  en  plein  air,  par  A.  Courrèges,  praticien.  Un  vol.  in-18  jésus,  avec 
figures  et  une  planche  en  photocollographie.  —  Paris,  librairie  Gaulhicr- 
Villars,  1898. 

Le  portrait  est,  en  photographie,  la  chose  la  plus  difficile;  mais  si  l’on  opère 
en  plein  air,  les  difficultés  sont  bien  plus  grandes  encore. 


613  - 


C’est  que,  ce  qui  fait  la  valeur  du  portrait,  c’est  l’éclairage,  c’est-à-dire  les 
lumières,  les  demi-teintes  et  les  ombres  qui,  par  leurs  dispositions  harmo¬ 
nieuses,  concourent  à  modeler  les  traits  du  patient,  avec  plus  ou  moins  d’art 
et  d’exactitude. 

La  pose,  l’expression,  la  réaction  chimique  ont  assurément  une  très  grande 
importance  sur  le  résultat;  mais  la  chose  prépondérante,  celle  qui  prime  toutes 
les  autres  :  c’est  la  distribution  de  la  lumière. 

Les  ateliers  des  professionnels  sont  particulièrement  orientés,  ils  sont  géné¬ 
ralement  garnis  de  verres  dépolis,  afin  que  le  soleil  ne  puisse  y  pénétrer;  puis, 
de  côté  et  au-dessus,  sont  disposés  des  rideaux,  des  tentures,  des  réflecteurs, 
à  l’aide  desquels  on  peut  régler  la  lumière  et  lui  donner  une  direction 
idéalement  favorable. 

En  plein  air,  ce  n’est  plus  cela;  le  jour  arrivant  le  plus  souvent  de  tous  côtés, 
il  faut  rechercher  les  moyens  qui  permettront  de  réduire  cette  abondance  et 
surtout  ce  désordre  de  lumière;  la  chose  n’est  pas  toujours  aisée,  et  l’amateur 
inexpérimenté,  qui  souvent  ne  voit  même  pas  le  mal,  est  sans  armes  en 
présence  de  pareilles  difficultés. 

Afin  qu’il  puisse  lutter  avec  quelques  chances  de  succès,  l’auteur  essaye  de 
lui  tracer  la  voie  qu’il  devra  suivre.  Y  réussira-t-il? 

Rien  n’ayant  été  publié  spécialement  sur  ce  sujet,  il  a  tout  au  moins 
l’assurance  de  pouvoir  dire  des  choses  nouvelles. 


Traité  pratique  de  radiographie  et  de  radioscopie  technique  et  applications 
medicales ,  par  A.  Londe,  directeur  du  service  photographique  et  radio¬ 
graphique  à  la  Salpêtrière  (clinique  des  maladies  du  système  nerveux), 
lauréat  de  l’Académie  de  médecine,  de  la  faculté  de  médecine  de  Paris.  Un 
beau  vol.  gd  in-8°,  avec  113  figures.  —  Paris,  librairie  Gauthier-Villars,  1898. 

La  merveilleuse  decouverte  du  professeur  Rœntgen  a  fait  rapidement  de 
grands  progrès.  Elle  n’a  pas  tardé  à  rendre  à  la  science,  et  notamment  aux 
sciences  médicales,  des  services  tels  que  son  application  se  généralise  de  plus 
en  plus  dans  les  hôpitaux. 

Ces  laboratoires  de  radiographie  doivent  être  pourvus  d’un  personnel  spécial 
ayant  toutes  les  connaissances  requises  et  au  courant  de  la  manipulation  des 
nouveaux  appareils  mis  au  service  de  la  science. 

Depuis  près  de  trois  années,  l’auteur  s’est  consacré  à  la  pratique  de  la  radio¬ 
graphie  dans  le  laboratoire  de  la  Salpêtrière  et  ce  sont  les  idées  qu’il  a  pu  se 
faire  sur  l’état  de  la  question,  l’expérience  qu’il  a  acquise  qu’il  met  à  la  dispo¬ 
sition  de  tous  ceux  qui  voudront  bien  lire  cet  ouvrage. 

La  première  partie  comprend  tout  ce  qui  est  relatif  au  matériel  technique  et 
la  seconde  partie  s’occupe  des  applications  de  la  radiographie. 

.Nous  croyons  que  c’est  l’ouvrage  le  plus  complet  qui  ait  été  publié  sur  la 
matière.  G.  P. 


—  614  — 


Bulletin  du  Photo- Club  de  Neuchâtel. 

Un  nouveau  confrère  qui  se  montre  avec  éclat.  Organe  du  Photo-Club  de 
Neuchâtel,  il  parait  tous  les  deux  mois.  Les  quatre  premiers  numéros  que 
nous  avons  reçus  sont  imprimés  avec  le  plus  grand  soin  sur  beau  papier  et 
contiennent  de  nombreuses  illustrations  en  phototypographie  d’une  très  bonne 
exécution  et  sortant  de  la  maison  Attinger  frères. 

Nous  souhaitons  au  nouveau  journal  la  bienvenue  dans  le  monde  photo¬ 
graphique. 


jouir^æux  n&çus 


Belgique. 

Bulletin  de  V Académie  royale  des  Sciences ,  nos  7.  8. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Belgique,  n°  21. 

L'Objectif,  nos  47,  48,  49,  50. 

Ciel  et  Terre,  nos  11,  12,  13,  14,  15. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  414,  415,  416,  417,  418,  419,  420,  421. 
Revue  bibliographique  belge,  nos  7,  8,  9. 

Revue  de  V  Université  de  Bruxelles,  nos  9,  10. 

La  Presse  universelle,  nos  7,  8. 

Allemagne. 

Deutsche  Photographen  Zeitung,  nos35,  36,  37,  38,  39,  40,  41,  42. 
Dus  Atelier  des  Photographen,  nos  9,  10. 

Der  Amateur-Photograph,  nos  9,  10. 

Photographische  Mitlheilungen,  nos  11,  12,  13. 

Pholographischc  Chronik,  nos  35,  36,  37,  38,  39,  40,  41,  42. 
Pliotographisches  Centralblatt,  nos  15.  16,  17,  18. 

Photographisches  Wochenblalt,  nos34.  35,  36,  37,  38,  39,  40,  41. 
Photographische  Rundschau ,  nos  9,  10. 

Praktischer  Rathgeber,  nos  16,  17,  18,  19. 

Internationale  Photographische  Monatsschrift  fur  Medizin ,  nrs  8,  9. 
Die  Kunst  in  der  Photographie,  n°  4. 

Autriche. 

Photographische  Correspondes,  nos  456,  457. 

Wiener  Photographische  Blàtter,  nos  9,  10. 

Wiener  Freie  Photographen  Zeitung,  nos  8,  9. 

Danemark. 

Beretninger  fra  Dansk  fotografish  Forening,  nos  8,  9. 


—  616  — 


États-Unis. 

Anthony’ s  Bulletin,  nos  9, 10. 

Caméra  Notes,  n°  2. 

St-Louis  Photographer,  n°  10. 

Wilson  s  Magazine,  nos  501,  502. 

La  Revista  cientifica  Uispano-Americana,  nos  9,  10. 

France. 

Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  nos  16,  17,  18,  19. 

Moniteur  de  la  Photographie,  nos  17,  18,  19. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  nos  91,  92. 

Photo-Gazette,  nos  10,  11. 

La  Lanterne  photographique,  n°  1. 

Photo-Revue,  nos  5 bis,  6,  (ibis,  7. 

La  Photographie,  nos  9,  10. 

Le  Photogramme,  nos  9,  10. 

L’ Avenir  photographique,  n°  80. 

Ombres  et  Lumière,  nos  38,  39. 

Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  nos  6,  7. 

Bulletin  de  la  Société  Lorraine  de  Photographie,  nos  1,  2,  3,  4,  5,  6. 

Le  Monde  photographique,  nos  39,  40. 

Gazette  du  Photographe  amateur,  nos  65,  66. 

Bulletin  de  V Association  des  Amateurs  photographes  de  Dijon  et  de  la 
Bourgogne,  nos  9,  10. 

La  Science  illustrée,  nos  561,  562,  563,  564,  565,  566,  567,  56S. 

La  Science  en  famille,  nos  43,  44,  45. 

Photo-Midi,  n°  3. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaisc  de  Photographie,  15  otobre. 

Grande-Bretagne. 

British  Journal  of  Photograpliy,  nos  1999,  2000,  2001,  2002,  2003,  2004,  2005, 
2006. 

Photographie  News,  nos  139,  140,  141,  142,  143,  144,  145,  146. 

The  Photographie  Journal,  nos  12,  1. 

Journal  of  tlie  Caméra  Club,  nos  148,  149. 

Pholography,  nos  511,  512,  513,  514,  515,  516,  517,  518. 

The  Amateur  Photographer,  n°s  725,  726,  727,  728,  729,  730,  731,  732. 

The  Practical  Photographer ,  nos  102,  103,  104,  105. 

The  Photogram,  nos  57,  58. 

Process  Work  and  the  Printer,  nos64,  65. 


617  — 


Italie. 

Il  Progresso  fotografico,  nos  8,  9. 

Il  Dilettante  di  Fotografia,  nos  100,  101. 

Revista  scientifico-artistica  di  Fotografia,  n°  7. 

Suisse. 

Revue  suisse  de  Photographie,  n°  7. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Neuchâtel,  n')S  1,  2,  3,  4. 
La  Photo-Revue  suisse,  nos  19,  20. 


-»•  Dos  Illustpotions  •<- 


Soleil  de  Noël.  —  La  planche  hors  texte  que  nous  publions 
dans  ce  numéro  est  la  reproduction  en  photogravure  d’une  des 
œuvres  de  M.  Vanderkindere  ayant  figuré  à  notre  dernier  Salon. 

La  reproduction,  gravure  et  impression,  a  été  faite  par  MM.  Ble- 
chinger  et  Leykauf,  de  Vienne. 


Illustrations  dans  le  texte  de  MM.  Ch.  Dupont,  A.  Ky- 
meulen,  L.  Misonne,  Ch.  Puttemans  etM.  Vanderkindere. 

Portrait  de  M.  le  lieutenant  général,  F.  van  Eechout,  par 
M.  Edmond  Sacré,  de  Gand. 


Lettrines  de  MM.  Bidart,  L’Olivier,  Maes,  Rousseau,  Selb, 
Stadeler  et  Vanderkindere. 


NECROLOGIE 


lie  lieutenant  général  F-  van  Eeehout 


’ association  belge  de  Photogra¬ 
phie  est  en  deuil  par  la  mort  d’un 
de  ses  fondateurs,  le  lieutenant 
général  Frédéric  van  Eeehout, 
commandant  supérieur  delà  garde 
civique  des  deux  Flandres,  prési' 
dent  d’honneur  du  Cercle  Mili¬ 
taire  Prince  Albert,  grand  offi¬ 
cier  de  l’Ordre  de  Léopold,  décoré 
de  la  Croix  militaire  de  lre  classe, 
commandeur  de  la  Couronne  d’Italie  et  de  la  Couronne  de  Chêne; 
notre  ami  est  décédé  à  Gand  le  20  septembre  dernier,  après  une 
courte  maladie. 

Tandis  que  nous  réunissions  les  éléments  d’une  notice  biogra¬ 
phique,  un  ancien  ami  du  général,  son  compagnon  d’études  et 
d’armes,  officier  distingué  lui-même,  nous  fit  l’honneur  de  nous 
proposer,  sous  de  gracieux  auspices,  un  article  nécrologique.  Nous 
nous  empressons  de  le  communiquer  à  tous  nos  amis. 


«  L’Association  belge  de  Photographie  vient  d’être  cruellement 
éprouvée  par  la  mort  d’un  de  ses  membres  fondateurs  et  collabo¬ 
rateur  des  plus  actif,  M.  le  lieutenant  général  van  Eeehout. 

«  D’un  caractère  bienveillant,  d’un  esprit  droit  et  juste,  d’une 


grande  netteté  de  jugement,  le  général  van  Eechout  n’inspirait 
autour  de  lui  qu’affection  et  respect. 

«  Il  comptait  parmi  les  plus  sympathiques  de  nos  généraux,  et  la 
brillante  carrière  qu’il  a  parcourue  dans  l’armée,  est  uniquement 
due  à  son  travail  opiniâtre  et  à  la  grande  correction  qu’il  apportait 

dans  toutes  les  actions 
de  sa  vie. 

«  Dévoré  du  désir 
de  s’instruire,  d’éten¬ 
dre  tous  les  jours  da¬ 
vantage  ses  connais¬ 
sances  militaires,  il 
entrait  à  l’école  de 
guerre  à  un  âge  où 
beaucoup  d’autres 
aspirent  déjà  au  repos; 
major  de  promotion, 
il  donnait  à  ses  jeunes 
camarades  l’exemple 
du  travailleur  acharné 
qu’aucune  difficulté  ne 
rebute  et  leur  incul¬ 
quait  cet  esprit  de 
tolérance  qu’il  avait 
acquis  dans  le  frotte¬ 
ment  antérieur  avec 
les  éléments  divers  de 
la  société. 

«  Et  son  goût  pour  les  études  ne  se  bornait  pas  uniquement  à 
l’art  militaire  ;  il  cherchait  à  pénétrer  tous  les  secrets  des  sciences 
physiques,  chimiques  et  industrielles,  et  y  apportait  la  même 
ardeur  juvénile. 

«  Avec  son  ami  Rommelaere  il  surveillait  patiemment,  pendant  de 
longues  heures,  le  résultat  d’une  combinaison  nouvelle  ;  avec  son 
ami  Hongern  il  observait,  pendant  des  nuits  entières,  tel  ou  tel 
phénomène  de  la  voûte  céleste. 


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1 


«  Il  fit  un  séjour  en  Suisse  pour  apprendre  l’horlogerie  et  acquérir 
la  sûreté  de  main  nécessaire  au  maniement  des  instruments  les  plus 
délicats,  et  l’on  peut  dire  qu’il  y  était  passé  maître. 

«  Son  cabinet  de  travail  renfermait  les  instruments  les  plus  divers, 
mais  où  dominait  toutefois  les  appareils  de  photographie,  car  c’était 
un  fervent  de  notre  art,  le  général  van  Eechout,  et  son  talent  était 
doublé  d’aptitudes  toutes  spéciales  de  dessinateur  de  la  grande  et 
belle  nature. 

«  Tout  cela  constituait  la  distraction  du  métier  militaire  auquel  il 
appartenait  corps  et  âme.  Nous  l’avons  connu  commandant  de 
régiment,  adoré  de  ses  hommes,  ne  s’intéressant  qu’à  leur  bien- 
être;  il  était  toujours  le  premier  camarade  de  ses  officiers,  qui 
aimaient  à  se  grouper  autour  de  lui. 

«  Les  plus  hautes  distinctions  Lui  avaient  été  octroyées  et  tout 
récemment  le  Roi  avait  tenu  à  lui  donner  un  nouveau  et  suprême 
témoignage  de  sa  haute  satisfaction  pour  les  services  rendus,  en 
lui  conférant  la  croix  de  grand  officier  de  son  ordre. 

«  Plein  de  vigueur,  ayant  conservé  toute  son  aménité  qui  attire 
et  attache,  et  cette  gaieté  qui  reflétait  la  sérénité  de  son  âme,  il  a 
voulu  apporter  à  l’œuvre  de  réorganisation  des  forces  proposées 
au  maintien  de  l’ordre  et  de  la  garde  de  nos  cités,  le  concours 
de  son  érudition  et  de  sa  grande  expérience  acquise  dans  l’exercice 
du  commandement.  Hélas!  c’est  en  plein  travail  que  la  mort  est 
venue  le  surprendre  et  l’empêcha  de  donner  une  nouvelle  preuve  de 
ses  hautes  et  précieuses  facultés. 

«  Si  sa  grande  famille  militaire  déplore  vivement  sa  perte,  nous, 
qui  l’avons  connu  dans  l’intimité,  nous  pleurons  en  lui  l’ami  sûr  et 
dévoué,  le  savant  simple  et  modeste. 

«  Tous  les  habitants  de  Gand  ont  accompagné  sa  dépouille 
mortelle  lors  de  ses  funérailles  et  dans  les  groupes  émus  et  profon¬ 
dément  recueillis,  on  associait  son  nom  à  quantité  d’œuvres  de 
bienfaisance,  de  secours  et  de  dons. 

«  Cette  démonstration  de  respect  et  d’affection  de  toute  une 
population  a  certes  touché  Mme  van  Eechout  a  l’endroit  le  plus 
sensible  du  cœur,  mais  sa  plus  grande  consolation  est  de  penser 


que  son  regretté  mari  a  reçu  du  juge  suprême  la  juste  récompense 
des  vertus  qu’il  a  pratiquées  ici-bas. 

«  Qu’elle  veuille  bien  nous  permettre  de  lui  présenter  ici  l’expres¬ 
sion  respectueuse  de  nos  regrets  et  de  nos  vives  condoléances.  » 

Nous  nous  associons  de  tout  cœur  à  ces  éloges,  tout  en  y 
joignant  l’expression  des  regrets  que  nous  cause  la  disparition  de 
cette  figure  sympathique.  Notre  Association  était  représentée  aux 
funérailles  par  plusieurs  de  ses  membres;  en  son  nom,  nous  avions 
déposé  une  couronne  sur  le  cercueil  de  notre  ami  et  présenté  à 
Mme  van  Eechout  et  à  sa  famille  l’assurance  de  la  part  que  nous 
prenions  à  son  deuil. 

Chaque  fois  que  la  mort  nous  ravit  un  fondateur,  nous  ne 
pouvons  nous  défendre  d’une  pensée  mélancolique  :  le  nombre  de 
nos  anciens  diminue  sans  cesse,,  s’égrenant  le  long  du  chemin  de  la 
vie;  avec  eux,  disparaissent  la  tradition,  le  souvenir  de  la  jeunesse 
de  notre  œuvre  ;  si  notre  société  est  ce  qu’elle  est,  elle  le  doit  à  ces 
vaillants;  ne  l’oublions  pas  et  montrons  nous  aussi  travailleurs, 
aussi  persévérants,  aussi  conciliants  qu’ils  l’étaient. 

C’est  le  souvenir  que  l’Association  tout  entière,  et  notamment 
la  Section  gantoise,  gardera  de  l’homme  courtois,  aimable  et 
ardent  au  travail  que  fut  le  lieutenant  général  van  Eechout. 

Jos.  Casier. 


Félix  Rernacle 


Le  3  octobre  est  décédé,  à  Bruxelles,  M.  Félix  Remacle.  Notre 
confrère  consacrait  à  la  peinture  et  à  la  photographie  les  moments 
de  loisir  que  lui  laissait  la  direction  de  sa  maison  de  commerce.  La 
Section  de  Bruxelles,  dont  il  était  un  des  fidèles,  perd  en  lui  un 
excellent  collègue  aux  relations  les  plus  agréables  et  dont  elle 
conservera  le  meilleur  souvenir. 


SOMMAIRE 


PAGES. 


Conseil  d' administrai  ion.  —  Membres  admis . 561 

Extrait  du  procès-verbal  de  la  Section  de  Louvain.  —  Séance  extraordi¬ 
naire  du  17  septembre  1808. 

Œuvre  de  bienfaisance;  collaboration  de  la  Section  .  ....  562 

Séance  de  projections  du  22  septembre  1808  .  563 

Notes  anglaises. —  Les  deux  expositions  de  Londres,  par  W.  D.  Welford  565 

Développement  après  fixage . 570 

Le  procédé  aux  poudres .  .  .  573 

La  valeur  des  diaphragmes  dans  les  agrandissements,  etc.,  par  le  Rév. 

E.  G.  Lambert,  M.  A . 577 

Affaiblissement,  des  phototypes  négatifs,  par  A.  Miethc . 5Sj 

Différentes  grandeurs  d'image  avec  n’importe  quel  objectif,  par  le  Rév. 

E.  G.  Lambert,  M.  A . 584 

De  l'action  d'une  température  élevée  sur  l’image  latente ,  par  J .  Gaediclce  593 

Revue  des  journaux  photographiques. 

Photograpliy . 

N°  502.  —  Renforcement  des  épreuves  au  platine . 601 

N°  503.  —  Le  grain  du  bromure  d’argent . 601 

Verre  ou  celluloïd . 602 

N°  511.  —  Photographie  d’éclairs . 602 

N°  512.  —  Platinotypie . 602 

N°  513  —  Le  développement  en  temps  chaud . 603 

N°  518.  —  Éclairage  de  la  chambre  noire.  .....  ...  603 

The  Photogram. 

N°  55. —  Transport  d’appareil  photographique  à  bicyclette  .  .  .  604 

The  Practical  Photograplier . 

N°  104.  —  Photographie  des  nuages  ...  604 

N°  105.  —  Association  belge . 605 


—  624  — 


PAGES. 

Caméra  Notes. 

N°  1.  —  Diapositives  à  projections . 605 

Une  nouvelle  méthode  de  développement . GOG 

The  Amateur  Pholograph. 

N°  712.  —  Virage  des  épreuves  au  bromure . 606 

N°  718.  —  Renforcement  des  épreuves  au  platine . 606 

P  h  otograph  ische  Correspondent . 

N°  455.  —  Eclair  magnésiqne . 607 

Bas  Atelier  des  Photographen. 

N°  455.  —  Développement  lent .  .  608 

Photographische  Mittheilungen. 

N°  8.  —  Cartes  postales  platinotypiques . GOS 

N°  10.  —  Obturateur  à  rideau . 608 

Praktischer  Rathgebcr. 

N°  15.  —  Temps  d’exposition . 609 

Photograpli  ische  Chronih . 

L’emploi  de  la  lanoline  en  photographie . 610 

Bibliographie .  611 

Journaux  reçus .  615 

Nos  illustrations . 618 

Nécrologie. 

Le  lieutenant  général  F.  van  Eechout . 619 

Félix  Remacle . .  •  •  622 

Sommaire. 


* 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


J.  Casier. 


Phototypographie  J.  Malvaux. 


APDAIN  E 


PORTAIL  DE  L’EGLISE  ABBATIALE 


Association  belge  de  Photographie 

SOUS  LE  PROTECTORAT  DU  ROI 

et  la  Présidence  d'honneur  de  S.  A  R.  Monseigneur  le  Prince  Albert  de  Belgique. 


BULLETIN 

N°  11.—  25me  ANNÉE.  -  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  V.) 


Conseil  d’Administration 

NT  été  admis  : 

Membres  effectifs  : 

MM.  Dei.ize,  J.,  à  Grive- 
gnée  (Liège),  présenté  par 
MM.  L.  et  G.  Laoureux. 
Henry,  Édouard,  courtier. 


44 


—  G2G  — 


27,  Marché-aux-Œufs,  Anvers,  présenté  par  MM.  Hanssens  et 
Yanderkindere. 

Lamarche,  Alfred,  38,  rue  Louvrex,  Liège,  présenté  par 
MM.  Oscar  Lamarche  et  Laoureux. 

Lyon-Claessen,  Edg.,  8,  rue  Berckmans,  Bruxelles,  présenté 
par  MM.  Casier  et  Yanderkindere. 

Orban,  Albert,  à  Quareux- Aywaille,  présenté  par  MM.  I..  et 
G.  Laoureux. 

Winssinger,  C.,  ingénieur,  GG,  rue  Hôtel-des-Monnaies,  Bru¬ 
xelles,  présenté  par  MM.  Y.  Ernotteet  Puttemans. 


RÉSULTAT  DU  CONCOURS  PHOTOGRAPHIQUE 

DES  RÉGATES  D’ANVERS 


1er  Concours.  —  La  plus  belle  série  de  G  épreuves  : 

Prix  :  M.  A.  Lunden  à  Deurne,  Anvers. 

2e  Concours.  —  La  plus  belle  série  d’au  moins  12  épreuves  : 
Prix  :  M.  G.  Servaes,  Gand. 

3e  Concours.  —  La  plus  belle  épreuve  24  X  30  ou  au-dessus  : 
Prix  :  M.  G.  Servaes,  Gand. 

Mention  honorable  :  M.  A.  Hye  de  Crorn,  Gand. 

4e  Concours.  —  La  plus  belle  série  de  G  épreuves  13  X  18  : 
Prix  du  Yacht-Club  :  M.  A.  Lunden  à  Deurne. 


æ 


Section  cFAnve^s 


SEANCE  DU  3  OCTOBRE  1898 


Présidence  de  M.  Maes,  président 


ont  présents  :  MM.  Angenot, 
Bâstyns,  Bourgeois,  Bouvart, 
Brand,  Gife,  Hahn,  Homblé, 
Hunter ,  Keusters ,  Lannoy, 
Maes,  Myin,  Nieuwland,  Pau- 
wels,  Ommeganck,  Pliicker, 
Peyrot,  Selb,  Van  Bellingen, 


van  den  Broeck,  Van  Meerbeek,  Wüst. 

Le  président  ouvre  la  séance  en  constatant  avec  plaisir  l’affluence 
des  membres  présents;  il  espère  voir  continuer  cette  assiduité  pen¬ 
dant  le  cours  de  l’hiver  prochain.  Il  prie  les  membres  de  préparer 
leurs  diapositives  en  vue  des  séances  de  projection. 

M.  Maes  fait  ensuite  l’éloge  de  M.  le  lieutenant  général 
van  Eechout,  membre  fondateur  de  l’Association,  décédé  derniè¬ 
rement  à  Gand  ;  il  rappelle  qu’il  était  un  des  fervents  de  la  photo¬ 
graphie  et  était  présent  au  dernier  concours  de  régates  sur  l’Escaut. 

Une  discussion  s’engage  ensuite  sur  le  jour  à  adopter  pour  les 
séances;  le  lundi  est  maintenu. 

Les  circulaires  relatives  à  un  concours  d’instantanés  ouvert  par 
la  Chambre  syndicale  de  Paris  sont  distribuées. 

Le  président  engage  les  membres  à  lui  faire  part  des  questions 
qu’ils  désireraient  voir  traiter  au  cours  des  séances. 


—  G28  — 


M.  le  major  Plücker  fait  passer  des  phototypes  affaiblis  par  le 
persulfate  d’ammoniaque,  qui  sont  examinés  avec  grand  intérêt. 

M.  Maes  montre  les  nouvelles  pellicules  Vitrose de  MM.  Lumière; 
les  ayant  reçues  dans  la  journée,  il  n’a  pu  encore  en  faire  l’essai;  il 
fait  passer  aussi  une  série  d’épreuves  imprimées  sur  papier  Electric 
de  la  Bernaert  Compan}^  ;  elles  sont  très  admirées. 

M.  Maes  termine  la  séance  en  procédant  avec  succès  à  la  confec¬ 
tion  de  diapositives  pour  projection  et  stéréoscopie,avec  les  plaques 
Cadett;  il  emploie  les  nouveaux  châssis  construits  sur  ses  indica¬ 
tions  et  permettant  de  redresser  parfaitement  les  images  obtenues 
souvent  de  travers  avec  les  chambres  à  main. 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


Sectioi?  de  Bruxelles 

SÉANCE  DU  12  OCTOBRE  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


a  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures. 
Sont  présents  :  MM.  Vermeiren, 
Delevoy,  Nopère,  baron  de  Jam- 
blinne  de  Meux,  Lefebvre  de  Sar- 
dans,  Pollet,  Streich,  Vanderkin- 
dere,  Watrigant,  Durieu,  Bidart, 
J.  Van  Beesen,  De  Coen,  de  Raet,  Dricot,  D>  Paradis,  V.  Van 
Beesen,  Bronckhorst,  Anspach,  Poupart,  Bottiau,  Simon,  Mou¬ 
ton,  Kymeulen,  Broothaerts,  Langlé,  Cumont,  Frennet,  Van  Lint, 
Smeesters,  Bayart,  Bray,  Moens,  Boitson,  Louvois,  D1  Pater- 
notte,  Leys,  Delcroix  et  Stadeler,  secrétaire. 

M.  Magnien  s’excuse  de  ne  pouvoir  assister  à  la  réunion. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  22  juin  est  lu  et  adopté. 

M.  le  président  enregistre  le  grand  succès  obtenu  par  l’excursion 
organisée  sur  l’Escaut  par  la  Section  de  Bruxelles  à  l’occasion  du 
XXVe  anniversaire  de  sa  fondation.  Si,  au  point  de  vue  photogra¬ 
phique,  le  temps  n’a  pas  entièrement  répondu  à  l’espoir  des  excur¬ 
sionnistes,  par  contre,  comme  voyage  d’agrément,  l’anniversaire 
de  la  fondation  de  la  Section  a  été  oh  ne  peut  plus  joyeusement 
fêté.  Une  centaine  de  membres  et  leurs  dames  avaient  pris  part  au 
voyage.  L’innovation  de  voir  les  membres  accompagnés  de  leur 
famille  à  nos  excursions  a  été  consacrée  par  un  tel  succès  qu’on 
peut  déclarer  qu’elle  est  admise  en  principe  pour  l’avenir. 


—  630 


Des  remerciements  sont  dus  à  M.  Maes,  le  distingué  président 
de  la  Section  d’Anvers,  pour  les  services  qu’il  nous  a  rendus  en 
cette  circonstance. 

M.  le  président  propose  également  des  remerciements  à  la  Section 
d’Anvers  pour  la  réception  si  cordiale  qu’elle  nous  fait  chaque  année 
lors  de  l’excursion  organisée  à  l’occasion  des  régates  internatio¬ 
nales  sur  l’Escaut. 

M.  le  président  annonce,  avec  regret,  le  décès  de  M.  Remacle, 
un  des  membres  les  plus  assidus  de  la  Section  bruxelloise. 

Il  rend  un  dernier  hommage  à  la  mémoire  du  lieutenant-général 
van  Eechout,  membre  fondateur  de  l’Association,  décédé  à  Gand. 
Il  rappelle  les  grandes  qualités  du  défunt  qui  s’adonnait  avec 
ardeur  à  l'étude  des  sciences  et  qui  devait  à  son  travail  opiniâtre 
la  haute  situation  à  laquelle  il  était  arrivé. 

M.  Vanderkindere  propose  d’adopter  une  étiquette  uniforme 
pour  toutes  les  positives  à  confectionner  par  les  membres.  La  dis¬ 
cussion  de  cette  proposition  est  remise  à  une  prochaine  réunion. 

MM.  Paradis,  Vanderkindere  et  Magnien,  qui  s’étaient  chargés 
de  faire  des  essais  de  développement  à  la  pyrocatéchine,  se  déclarent 
fort  satisfaits  de  ce  produit. 

M.  le  président  rappelle  aux  membres  le  concours  de  photogra¬ 
phie  qui  doit  se  clôturer  le  31  de  ce  mois.  Il  estime  que  l’on  pourrait 
organiser  une  exposition  des  œuvres  présentées  au  concours  et  de 
celles  que  les  membres  lui  feront  parvenir  hors  concours. 

Il  montre  les  résultats  obtenus  avec  les  nouvelles  pellicules 
Vitroses  de  la  maison  Lumière.  Les  premiers  essais  ont  été  des  plus 
favorables;  cependant  un  nouvel  envoi  de  pellicules  n’a  pas 
répondu  à  son  attente,  car  il  y  avait  tendance  au  voile. 

M.  Coudesonne,  de  Paris,  fait  circuler  quelques  spécimens  de 
portraits  estampés  en  relief.  L’effet  obtenu  est  très  intéressant, 
malheureusement  aucune  explication  technique  n’est  donnée  par 
l’auteur. 

M.  Vanderkindere  montre  quelques  épreuves  sur  papier  Self 
toning  de  M.  Bauer,  de  Monclair  (E.-U.).  Ce  papier  a  l’aspect  d’un 
papier  au  collodiochlorure.  Après  le  noircissement  au  châssis-presse 
sous  le  négatif,  il  n’y  a  plus  qu’à  le  fixer  à  l’hyposulfite  à  5  p.  c.  et 


631  — 


à  le  laver.  En  séchant,  il  prend  le  ton  d’un  papier  richement  viré. 
Les  manipulations  de  ce  papier  sont  donc  des  plus  simples  ;  il  se 
fabrique  en  mat  ou  en  brillant  et  son  prix  est  sensiblement  le  même 
que  celui  des  autres  papiers  préparés.  ( Applaudissements .) 

M.  Puttemans  fait  une  causerie  des  plus  instructives  sur  ce  qu’il 
faut  entendre  par  acides,  bases  et  sels.  Il  expose,  avec  démonstra¬ 
tions  à  l’appui,  les  caractères  de  ces  trois  classes  de  corps  et  s’étend 
principalement  sur  la  formation  des  sels  par  voie  directe  et  indi¬ 
recte  .  {App  la  u  dissent  en  ts .  ) 

Vu  l’heure  tardive,  les  projections  de  positives  sont  remises  à  une 
réunion  ultérieure. 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


SÉANCE  DU  26  OCTOBRE  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 

La  séance  est  ouverte  à  8  1/2  heures.  Sont  présents  :  MM.  Mas¬ 
son,  Durieu,  Magnien,  Vermeiren,  Fabronius,  commandant  Peltzer, 
Ernotte,  Hanssens,  J.  Van  Besen,  Nopère,  Mouton,  De  Meuter, 
Bidart,  Vanderkindere,  Bayart,  Lefebvre  de  Sardans,  Hofmans, 
Smeesters,  Maurin,  Simon,  Nyst,  Dr  Paternotte,  Fonson,  Langlé, 
V.  Van  Besen,  de  Raet,  Bray,  Rutot,  Van  Lint,  Marynen,  Du- 
pret,  Broothaerts,  Boitson,  Alf.  Géruzet,  Delcroix,  Frennet,  Ky- 
meulen,  Dr  Paradis,  Bertrand  et  Stadeler,  secrétaire. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  12  octobre  est  lu  et  adopté. 

M.  le  président  annonce  que  M.  Mathieu,  de  Paris,  donnera,  le 
12  novembre  prochain,  une  conférence,  avec  démonstrations,  sur  le 
procédé  de  reproduction  des  couleurs  dont  il  est  l’un  des  auteurs. 

La  discussion  est  ouverte  sur  le  concours  de  photographie.  L’as¬ 
semblée  désigne  M.  Boitson  pour  être  adjoint  au  bureau  et  former 
ainsi  le  jur}^  chargé  d’apprécier  les  envois. 

Des  membres  expriment  le  vœu  que  les  photographies  envoyées 
au  concours  ne  soient  pas  encadrées  ;  d’autres  estiment,  au  con¬ 
traire,  que  le  cadre  ne  peut  être  une  entrave  aux  envois. 

On  s’en  tiendra,  aux  termes  de  la  circulaire  qui  laissent  la  liberté 


—  632  — 


la  plus  absolue  aux  concurrents  et  leur  donnent  le  droit  le  plus 
large  de  soumettre  au  jury  les  épreuves  dans  telles  conditions  qui 
leur  conviennent  le  mieux. 

M.  le  président  félicite  M.  Masson  pour  son  heureuse  combinai¬ 
son  d’un  nouveau  type  de  châssis-presse  pour  l’impression  des  posi¬ 
tives. 

La  description  de  ce  châssis  fait  l’objet  d’une  note  spéciale  au 
présent  Bulletin. 

M.  le  président  présente  à  l’assemblée  M.  Weiss  venu  expressé¬ 
ment  de  Strasbourg  pour  expérimenter  sa  «  lampe-éclair  » . 

M.  Weiss  s’exprime  comme  suit  : 

Messieurs, 

J’ai  l’honneur  de  venir  vous  entretenir  ce  soir  de  la  photogra¬ 
phie  avec  la  lampe  éclair,  et  je  désire  principalement  en  parler  au 
point  de  vue  de  la  photographie  des  portraits;  je  voudrais  surtout 
vous  faire  connaître  mon  nouveau  système.  Mais  pour  bien  faire 
comprendre  les  avantages  qu’il  offre  à  ceux  d’entre  vous  qui  n’au¬ 
raient  pas  encore  travaillé  à  la  lumière  artificielle,  permettez-moi 
de  mettre  en  évidence  les  inconvénients  des  autres  systèmes. 

Nous  employons  la  lumière  de  l’arc  électrique,  qui  possède  des 
qualités  actiniques  de  tout  premier  ordre  ;  mais  cette  lumière  a  cer¬ 
tains  défauts  qui  ne  permettent  pas  d’en  généraliser  l’emploi.  L’arc 
électrique,  avec  sa  lumière  blanche,  est  mal  supporté  par  les  enfants 
et  les  personnes  nerveuses.  Cette  lumière  éblouissante  produit  des 
contractions  des  muscles  faciaux  et  rend  pour  ainsi  dire  impossible 
l’obtention  de  portraits  de  ces  personnes. 

Lorsque  l’on  combine  plusieurs  lampes  à  arc,  on  produit  souvent 
des  efiets  de  réflexion  désagréables;  de  même,  avec  l’emploi  d’un 
réflecteur  et  d’une  lampe  seulement.  Nous  constatons  encore  dans 
les  portraits  ainsi  obtenus  un  manque  de  modelé  dans  le  côté  ombre, 
ce  qui  les  rend  plats.  Enfin,  une  installation  électrique  n’est  pas 
transportable  et  elle  est  très  coûteuse. 

Quant  aux  lampes  à  incandescence,  leur  lumière  est  si  pauvre  en 
rayons  bleus  et  ultra-violets  et  si  riche  en  lumière  jaune  et  rouge 
qu’on  ne  peut  y  songer  pour  les  portraits. 


—  G33 


La  lumière  émise  par  les  becs  à  gaz  incandescents,  tels  que  le  bec 
Auer,  est  plus  actinique,  mais  elle  est  à  écarter,  dans  la  pratique, 
pour  les  mêmes  raisons  que  l’arc  électrique. 

Nous  en  venons  maintenant  à  la  lumière  au  magnésium.  Nous 
pouvons  diviser  en  deux  groupes  les  appareils  qui  produisent  cette 
lumière  :  ceux  où  la  poudre  est  lancée  dans  une  flamme  ( Pustlicht 
en  allemand)  et  ceux  où  la  flamme  est  approchée  de  la  poudre 
{Blit\lichi).  (Afin  de  faciliter  les  explications,  nous  appellerons  ces 
deux  systèmes  respectivement  la  lumière  par  insufflation  et  la 
lumière  éclair.) 

Dans  la  lumière  par  insufflation,  on  lance,  comme  on  sait,  de  la 
poudre  pure  de  magnésium  à  travers  une  flamme,  ce  qui  trans¬ 
forme  ce  magnésium  en  oxyde  de  magnésium.  On  obtient  par  ce 
procédé  un  éclair  brillant,  très  actinique;  la  combustion  dure  un 
peu  plus  d’environ  l/5e  de  seconde. 

Mais,  d’après  Swanson,  pour  faire  un  portrait,  la  combustion 
doit  se  faire  en  1  /13e  de  seconde,  et  dans  des  circonstances  favo¬ 
rables,  lorsque  les  personnes  ne  s’attendent  pas  à  l’éclair,  elle  doit 
se  faire  un  peu  plus  vite  qu’en  l/5e  de  seconde. 

Comme  l’éclair  par  insufflation  dure  plus  de  l/5e  de  seconde, 
les  portraits  ainsi  obtenus  ont  les  traits  contractés,  les  yeux 
fermés,  etc.  Cette  lumière  n’est  donc  pas  à  recommander  ici. 

Nous  en  venons  donc  à  la  lumière  éclair. 

La  poudre-éclair  s’obtient  par  un  mélange  de  magnésium  ou 
d’aluminium  pulvérisé,  de  substances  riches  en  oxygène  et  aban¬ 
donnant  l'oxygène  par  la  combustion. 

En  enflammant  un  tel  mélange,  l’oxygène  est  rendu  libre  et  les 
métaux  qui  s’y  trouvent  s’oxydent  instantanément  avec  production 
d’un  éclair  brillant. 

Mais  malgré  ce  caractère  instantané  de  l’inflammation,  certaines 
personnes  éprouvent  encore  des  contractions,  et  l’on  trouve  sur  le 
négatif  des  yeux  fermés,  des  bouches  ouvertes,  etc... 

Comme  photographe  professionnel,  j’avais  été  frappé  de  tous  les 
inconvénients  de  ces  divers  systèmes,  et  après  avoir  essayé  un  peu 
de  tout,  j’en  vins  à  me  convaincre  qu’il  fallait  repousser  tout  pro¬ 
cédé  dans  lequel  l’allumage  serait  visible,  de  même  que  l’emploi 


—  634  — 


de  plusieurs  lampes  qui,  dans  bien  des  cas,  ne  s’allument  pas  en 
même  temps  ;  là  était  la  cause  des  yeux  fermés  et  des  traits  con¬ 
tractés. 

Je  fus  donc  amené  à  imaginer  un  appareil  pour  lumière-éclair 
dans  lequel  l’allumage  serait  invisible  et  se  produirait  au  moment 
voulu,  et  qui  pût  servir  dans  tous  les  cas  qui  se  présentent  en  pho¬ 
tographie. 

Je  savais  que  la  combustion  de  la  poudre  mise  en  tas  n’est  pas 
complète  et  qu’un  noyau  sombre  absorbe  encore  une  partie  des 
rayons.  En  étendant  la  poudre  sur  une  surface  plus  grande,  on 
devait  donc  obtenir  avec  la  même  quantité  une  source  lumineuse 
plus  intense. 

Ce  sont  ces  considérations  qui  m’ont  conduit  à  construire  l’appa¬ 
reil  que  je  vous  présente  ce  soir.  Au  sommet  d’une  tige  de  cuivre, 
je  fixe  une  tablette  également  en  cuivre  qui  peut  à  volonté  être 
agrandie  par  des  allonges.  L’allumage  est  des  plus  simples.  La  tête 
d'une  allumette  suédoise  est  mécaniquement  frottée  sur  la  boîte  et 
elle  s’enflamme  au  moment  où  elle  atteint  la  poudre;  l’allumage  est 
donc  instantané  et  invisible. 

La  tige  peut  être  construite  en  forme  de  télescope,  de  manière  à 
s’allonger  à  volonté;  elle  se  fixe  à  une  table,  une  chaise,  etc.,  par 
une  vis  de  pression;  on  peut  donc  placer  l’appareil  où  l’on  veut  et  à 
n’importe  quelle  hauteur. 

Pour  rendre  la  lampe  tout  à  fait  pratique,  il  fallait  encore  trou¬ 
ver  une  poudre  qui  pùt  s’allumer  instantanément,  même  en  étant 
dispersée  sur  une  longue  ligne  droite.  J’ai  été  assez  heureux  de  la 
trouver,  et  la  preuve,  vous  la  verrez  dans  cette  photographie  de 
l’intérieur  de  la  cathédrale  de  Strasbourg  ;  nous  avons  employé  une 
traînée  de  poudre  de  4  mètres  et  les  personnages  qui  se  promenaient 
dans  l’église  sont  très  nets.  Ce  qui  démontre  l’instantanéité  de 
l’éclair. 

Pour  pouvoir  employer  cette  poudre  dans  un  atelier,  il  fallait 
enfin  trouver  le  moyen  d’emmagasiner  la  fumée  produite  par  la 
combustion.  J’ai  donc  surmonté  ma  lampe-éclair  d’un  sac  ouvert 
par  dessous  et  suspendu  à  l’appareil  par  un  fil  de  soie.  Au  moment 
ou  l’éclair  se  produit,  le  fil  brûle  et  le  sac  tombe  rempli  de  fumée; 


—  635  — 


je  serre  vivement  la  coulisse  qui  entoure  l’ouverture  et  je  vais  vider 
mon  sac  au  dehors.  Ainsi  je  puis  faire  plusieurs  poses  dans  la  même 
chambre  sans  être  incommodé  par  la  fumée. 

Après  avoir  donné  l’explication  théorique  de  sa  lampe,  M.  Weiss 
passe  à  la  pratique  en  photographiant  notre  confrère  M.  Bayart. 
Le  cliché  obtenu  est  des  mieux  réussis.  Il  fait  ensuite  le  groupe  de 
toute  l’assemblée.  L’opération,  quoique  faite  dans  des  conditions 
inconnues  d’objectif  et  de  plaques  pour  l’inventeur  et  de  plus  dans 
une  atmosphère  de  fumée  de  tabac  très  intense,  a  donné  des 
résultats  très  satisfaisants. 

M.  Puttemans  remercie  M.  Weiss  de  son  intéressante  causerie 
et  le  félicite  chaleureusement  pour  les  dispositions  si  ingénieuses 
de  ses  appareils  et  les  résultats  si  remarquables  qu’il  obtient  avec 
ceux-ci  et  sa  poudre  éclair.  [Applaudissements .)  Il  remercie  égale¬ 
ment  M.  Schubel  qui  avait  bien  voulu  se  charger  de  traduire  en 
français  les  explications  de  l’inventeur. 

La  séance  est  levée  à  11  heures. 


Sectiot)  de  Gafjd 

SEANCE  DU  2  JUIN  1898 
Présidence  de  M.  Goderus,  président 


ont  présents  :  MM.  d’Hoy,  Go¬ 
derus,  D1  De  Nobele,  Morel  de 
Boucle,  Spilthorn,  De  Moor, 
Brunin,  De  Clercq,  De  Beer, 
Servaes ,  Wauters ,  Leirens , 
général  van  Eechout,  Coupé, 
de  Kemmeter,  de  Hemptinne, 
Van  den  Hove. 

M.  le  président  rappelle  que  la  session  annuelle  de  l’Union  inter¬ 
nationale  de  Photographie  aura  lieu  à  Gand,  du  17  au  21  juillet, 
il  engage  vivement  les  membres  de  la  Section  à  y  prendre  part. 

M  Spilthorn  fait  une  intéressante  causerie  sur  le  bain  fixateur  ; 
il  regrette  que  l’on  prenne  si  peu  de  soin  dans  l’emploi  de  ce  bain 
qui,  le  plus  souvent,  constitue  un  mélange  impur  et  malpropre,  et 
de  concentration  inconnue.  Ce  reproche  s’adresse  surtout  aux  pro¬ 
fessionnels,  dont  la  plupart  conservent  indéfiniment  leur  bain  de 
fixage  en  y  ajoutant  de  temps  en  temps,  au  gré  de  leur  fantaisie, 
quelques  poignées  d’hyposulfite.  M.  Spilthorn  recommande  surtout 
d’employer  un  bain  de  fixage  de  faible  concentration  et  souvent 
renouvelé. 

Les  bains  forts  donnent  lieu  à  plusieurs  inconvénients  et  parmi 
eux,  l’un  des  non  moindres,  c’est  le  soulèvement  :  si  le  bain  est  trop 
concentré,  aucune  couche  ne  peut  résister,  surtout  pendant  les  temps 


—  637 


chauds.  Une  autre  recommandation,  c’est  de  laver  à  fond  les 
plaques  et  surtout  les  papiers  sensibles  au  sortir  des  bains  révéla¬ 
teurs,  et  avant  de  les  plonger  dans  le  bain  de  fixage  de  les  faire 
passer  par  une  solution  de  sel  de  cuisine.  Cette  dernière  a  l’avan¬ 
tage  de  transformer  en  chlorure  d’argent  les  dernières  traces  de 
nitrate  d’argent  non  employé  à  former  l’image.  Or,  le  nitrate  d’ar¬ 
gent,  en  présence  du  thiosulfate  de  soude,  donne  naissance  à  du  sul¬ 
fite  d’argent,  et  ce  dernier  précipite  sous  forme  d’un  nuage  brun  qui 
vient  se  fixer  sur  la  surface  de  l’épreuve.  Il  faut  en  outre  se  servir 
d’hyposulfite  pur  et  rejeter  les  échantillons  de  couleur  jaune  qui 
contiennent  des  traces  de  sulfite  et  du  soufre  libre. 

M.  De  Nobele  rapporte  qu’il  a  appris  d’un  astronome  que  ce  der¬ 
nier  se  servait,  pour  fixer  les  photographies  astronomiques,  d’une 
solution  d’hyposulfite  de  soude  à  1  pour  mille.  Dans  ces  conditions, 
le  fixage  durait  très  longtemps,  il  est  vrai,  mais  on  conservait  mieux 
les  détails. 

M.  Coupé  a  fait  des  essais  avec  des  plaques  au  chlorure  d’argent 
et  a  remarqué  également  qu’en  laissant  les  plaques  pendant  long¬ 
temps  dans  le  bain  d’hyposulfite  de  soude,  beaucoup  de  détails  dis- 
paraissaienl. 

M.  le  président  a  observé  le  même  phénomène  pour  les  plaques 
au  chlorure  d’argent  développées  au  fer,  mais  il  fait  remarquer  que 
ce  n’est  pas  uniquement  le  bain  fixateur  qui  peut  faire  perdre  de 
l’intensité  aux  plaques,  mais  également  la  lumière  lorsque  les 
plaques  sont  au  séchage.  Ainsi  si,  lors  du  séchage,  on  couvre  la 
moitié  de  la  plaque  et  qu’on  expose  le  reste  à  la  lumière  du  soleil, 
on  remarque  que  cette  seconde  partie  est  plus  faible  que  l’autre. 
D’un  autre  côté,  plus  le  séchage  de  la  plaque  est  rapide,  plus  l’in¬ 
tensité  sera  grande. 

M.  Spilthorn  présente  ensuite  l’appareil  stéréoscopique  et  le  sté¬ 
réoscope  de  Bellieni,  ainsi  que  l’album  fourni  par  la  maison  Bellieni. 
Tout  le  monde  admire  les  résultats  obtenus  avec  cet  appareil. 

Projection  par  M.  Spilthorn  de  diapositives  prises  au  cours  d’un 
voyage  en  Suède,  nombre  de  vues  sont  remarquables. 

A  la  fin  de  la  séance,  M.  Maere  distribue,  comme  jeton  de  pré¬ 
sence,  un  superbe  agrandissement. 


SÉANCE  DU  4  AOUT  1898 
Présidence  de  M.  Goderus,  président 

Présents  :  MM.  Leirens,  Goderus,  D>  De  Nobele,  Spilthorn, 
général  van  Eechout,  De  Beer,  De  Kemmeter,  de  Hemptinne,  De 
Clercq,  Servaes,  De  Brouwer,  d’Hoy,  De  Breyne. 

M.  le  président,  rendant  compte  de  la  session  de  l’Union  interna¬ 
tionale  de  photographie  qui  vient  d’avoir  lieu  à  Gand,  manifeste 
toute  sa  satisfaction  de  la  réussite  de  cette  réunion.  Il  rend  hom¬ 
mage  aux  étrangers  qui  sont  venus  de  loin  augmenter,  par  leur  pré¬ 
sence  et  par  leurs  communications,  l’intérêt  des  séances.  Il  pense  que 
tous  les  membres  de  la  Section  qui  ont  suivi  les  séances  en  auront 
tiré  un  grand  profit,  et  espère  que  l’année  prochaine  ils  seront  nom¬ 
breux  à  la  session  qui  doit  se  tenir  à  Hambourg. 

M.  le  président  engage  les  membres  cà  répondre  à  l’invitation  que 
les  membres  de  la  Section  d  Anvers  viennent  de  faire  et  d’assister 
à  l’excursion  organisée  sur  l’Escaut. 

Tous  ceux  qui  ont  assisté  l’année  dernière  aux  régates  à  voiles 
sur  l’Escaut,  se  rappellent  avec  plaisir  l’agréable  journée  qu’ils  ont 
passée. 

Discussion  sur  le  rôle  du  diaphragme  dans  les  objectifs  photo¬ 
graphiques.  —  Cette  question  est  longuement  exposée  par  M.  de 
Kemmeter,  qui,  formules  en  main,  démontre  d'une  manière  parfaite 
l’importance  et  les  avantages  du  diaphragme. 

A  la  suite  de  cette  communication,  une  intéressante  discussion 
s  est  élevée  entre  A1M.  Goderus  et  De  Kemmeter;  ces  messieurs 
n’ayant  pu  se  mettre  d’accord,  il  est  décidé  qu’ils  étudieraient  cha¬ 
cun  en  particulier  la  question  et  présenteraient  dans  une  prochaine 
séance  le  résultat  de  leurs  recherches. 

Al.  le  président  décrit  une  nouvelle  machine  à  imprimer  décou¬ 
verte  par  un  Russe,  et  permettant  d’obtenir  des  reproductions  en 
différentes  couleurs,  tout  en  n’exigeant  qu’un  seul  tirage  et  évi¬ 
tant  de  cette  façon  tous  les  inconvénients  et  les  difficultés  du  repé¬ 
rage.  Les  résultats  obtenus  sont  superbes  ;  l’orateur  a  vu  des  des¬ 
sins  guillochés  en  différentes  couleurs  qui  étaient  remarquables. 


—  G39  — 


M.  Spilthorn  présente,  au  nom  de  M.  Maes,  un  livre  intitulé 
Anvers  maritime  et  qui  est  illustré  de  superbes  reproductions  pho¬ 
tographiques  faites  par  l’auteur,  dont  la  réputation  n’est  du  reste 
plus  à  faire  pour  ce  genre  de  travail.  ( Félicitations .) 

SÉANCE  DU  6  OCTOBRE  1898 
Présidence  de  M.  Goderus,  président 

Présents  :  MM.  Coupé,  Morel  de  Boucle,  Marcel  De  Clercq, 
Louis  De  Clercq,  Brunin,  Van  Oost,  Servaes,  Sacré,  Boute,  De 
Kemmeter,  Tyman,  De  Brouwer,  d’Ho}r,  Dr  De  Nobele,  Goderus, 
De  Bre}rne. 

M.  le  président  annonce  qu’il  vient  d’apprendre  que  le  jury 
chargé  de  juger  les  épreuves  faites  lors  des  régates  sur  l’Escaut  à 
Anvers  a  décerné  deux  premiers  prix  à  M.  Servaes,  l’un  pour  la 
plus  belle  série  de  douze  épreuves,  l’autre  pour  un  agrandissement 
24  X  30.  ( Applaudissements .) 

M.  le  président  fait  l’éloge  du  général  van  Eechout,  que  la  Sec¬ 
tion  vient  de  perdre.  Il  rend  un  juste  hommage  au  caractère 
aimable  et  sympathique  que  tout  le  monde  a  pu  apprécier  chez  le 
défunt.  Il  rappelle  combien  il  était  assidu  aux  séances  de  la  Section 
et  combien  il  s’intéressait  à  toutes  les  questions  photographiques. 
La  Section  de  Gand  perd  en  lui  l’un  de  ses  membres  les  plus  zélés, 
l’iVssociation,  l’un  de  ses  membres  fondateurs. 

M.  Sacré  présente  des  épreuves  en  couleur  obtenues  par  le  pro¬ 
cédé  Mathieu  Dery.  Ce  procédé  reproduit  les  couleurs  sans  inter¬ 
vention  d’un  travail  graphique  ou  pictural;  on  peut  tirer  sur  le 
cliché  un  nombre  indéfini  d’épreuves  ;  la  pose  pour  le  portrait  varie¬ 
rait  entre  trois  et  quinze  secondes.  Ce  résultat  est  obtenu  au  moj^en 
de  pellicules  détachables,  l’une  colorée  en  bleu,  l’autre  en  jaune  et 
la  troisième  en  rouge,  et  qu’on  superpose  en  appliquant  d’abord  le 
jaune  sur  le  papier,  puis  le  rouge,  puis  le  bleu.  M.  Sacré  fait  remar¬ 
quer  que  c’est  une  modification  de  l’ancien  procédé  de  Vidal. 

M.  De  Nobele  fait  une  causerie  sur  l’identification  anthropomé¬ 
trique  par  la  méthode  de  Bertillon.  Il  décrit  quels  sont  les  prin- 


—  (340 


cipes  sur  lesquels  est  basée  cette  méthode,  et  attire  surtout  l’atten¬ 
tion  sur  la  manière  dont  sont  classés  tous  les  renseignements  ainsi 
fournis,  afin  de  pouvoir  facilement  retrouver  dans  un  grand  nombre 
de  signalements  celui  de  l’individu  que  l’on  recherche.  Il  indique 
les  règles  que  l’on  doit  suivre  pour  l’obtention  du  portrait  des  pré-  * 
venus  et  présente  un  spécimen  des  fiches  que  l’on  remet  entre  les 
mains  des  agents  à  la  recherche  d’un  criminel. 

Passant  cà  la  pratique,  il  montre  les  appareils  que  l’on  emploie 
pour  faire  les  mensurations  et  projette  sur  l’écran  une  série  de  por¬ 
traits  de  criminels,  attirant  l’attention  sur  les  détails  qui  les  carac¬ 
térisent. 

M.  le  président  présente,  de  la  part  d’un  modeste  anonyme,  une 
communication  sur  les  nouveaux  réducteurs  photographiques  et  les 
moyens  de  les  caractériser. 

M.  d’Ho}' présente  un  nouveau  papier,  appelé  papier  résine,  mis 
en  vente  par  la  Compagnie  Hélios;  il  montre  de  jolies  épreuves 
obtenues  avec  ce  papier  et  distribue  quelques  échantillons  les  uns 
virant  par  l’or,  les  autres  par  le  platine. 

La  séance  se  termine  par  la  projection  de  diapositives  apportées 
par  quelques  membres  de  la  Section.  On  a  surtout  admiré  les  effets 
de  nuages  obtenus  par  M.  Van  Oost  qui,  bien  que  débutant  dans 
notre  art,  a  obtenu  un  résultat  à  faire  envie  à  plus  d’un  vétéran 
photographe.  Admiré  également  les  paysages  et  les  effets  de  neige 
de  M.  Tyman. 

Distribution  de  jetons  de  présence  par  MM.  Sacré  et  Servaes. 
L’éloge  de  ces  deux  artistes  n’est  plus  à  faire. 


Secfciot?  de  Liécje 

SÉANCE  DU  11  OCTOBRE  1898 
Présidence  de  M.  Noaillon,  président 


a  persistance  du  beau  temps  est 
sans  doute  la  cause  que  les  rangs 
de  nos  confrères  sont  assez  clair¬ 
semés  pour  cette  séance  de  ren¬ 
trée.  Ont  cependant  signé  la  liste 
de  présence:  MM.  Beaujean, 
Noë,  Kemna,  Goffart,  Bernimo- 
lin,  Bronne,  Hassreidter,  deKo- 
ninck,  Marissiaux,  Labouverie, 
Mathien,  A.  Détaillé,  Olivier,  Dacier,  Grenson,  G.  Laoureux, 
Zeyen,  Dejace  et  Dupont,  secrétaire.  Lecture  est  faite  du  procès- 
verbal  de  la  réunion  du  24  mai,  qui  est  adopté. 

M.  Noaillon,  en  prenant  possession  du  siège  présidentiel,  fait 
brièvement  l’éloge  de  son  prédécesseur,  le  sympathique  M.  L.  Ro¬ 
land,  et  propose  de  lui  voter  des  remerciements  pour  la  façon  dis¬ 
tinguée  dont  il  a  présidé  nos  réunions  et  le  dévouement  dont  il  a 
fait  preuve  pendant  l’exercice  écoulé.  Cette  motion  est  accueillie 
par  des  applaudissements  unanimes. 

Le  président  rappelle  que,  depuis  notre  dernière  séance,  a  eu  lieu 
à  Liège  une  exposition  d’art  photographique  organisée  par 
MM.  G.  Oury  et  Roland,  avec  une  partie  des  œuvres  exposées  à 
Bruxelles,  et  il  montre  l’intérêt  que  présentait  cette  exposition  en 
permettant  la  comparaison  entre  deux  écoles  :  l’école  de  Hambourg, 
qu’il  trouve  trop  audacieuse,  pour  laquelle  le  flou  semble  être  syno- 


—  042  — 


nyme  d’art,  et  l’école  du  Photo-Club  de  Paris,  plus  modérée, 
admettant  également  le  flou  et  la  netteté  suivant  les  sujets.  C’est 
cette  dernière  école  qui  paraît,  à  notre  président,  être  dans  le  vrai 
et  il  croit  que  c’était  aussi  le  sentiment  de  la  plupart  des  visiteurs. 

M.  Noaillon  expose  le  programme  qu’il  voudrait  voir  suivre  pour 
nos  séances.  D’abord,  Liège  devant  avoir  en  1899  l’assemblée 
générale  et  une  exposition  des  œuvres  des  membres  de  l’Association, 
il  espère  que  la  Section  de  Liège,  qui  s’est  peut-être  endormie  un 
peu  sur  ses  lauriers,  se  retrouvera  vaillante,  comme  par  le  passé, 
pour  recevoir  dignement  nos  confrères.  Nous  ne  devons  pas  oublier 
que  Liège  est  l’aînée  des  Sections,  car  si  l’Association  a  eu  son 
XXVe  anniversaire  l’année  dernière,  c’est  cette  année  que  nous  fête¬ 
rons  le  nôtre.  Le  président  fait  donc  appel  à  tous  les  travailleurs  de 
la  Section. 

M.  Noaillon  parle  .ensuite  de  notre  budget  et  montre  que  la 
situation  n’est  pas  très  brillante,  il  termine  en  proposant  que  des 
deux  séances  mensuelles,  l’une  soit  consacrée  à  une  causerie,  soit 
sur  l’art,  soit  sur  la  technique  photographique  ou  sur  des  sujets  s ’}r 
rapportant  plus  ou  moins  directement,  et  que  la  seconde  séance  du 
mois  soit  réservée  aux  projections  des  diapositives,  à  l’examen  des 
œuvres  des  membres  et  à  des  discussions  intimes. 

Fixation  du  jour  des  séances.  —  Quelques  membres  ayant 
demandé  que  le  jour  des  réunions  soit  changé,  parce  qu’ils  se  trou¬ 
vent  dans  l’impossibilité  d’y  assister  le  mardi,  la  Section,  après  un 
vote,  décide  de  se  réunir  dorénavant  le  lundi. 

M.  Noaillon  donne  ensuite  lecture  de  diverses  pièces  de  corres¬ 
pondance. 

M.  Ed.  Guérette,  ne  pouvant  assister  aux  séances,  envoie  sa 
démission  de  membre  de  l’Association. 

M.  de  Koninck  propose  de  demander  au  Conseil  d’administration 
d’attribuer  un  jeton  de  présence  aux  fonctions  de  commissaire 
délégué  :  ce  jeton  ayant  pour  chaque  Section  la  valeur  d’un  billet 
de  seconde  classe  à  Bruxelles.  A  l’iinanimité  des  membres  présents, 
la  Section  vote  ce  vœu  et  charge  le  bureau  de  le  transmettre  au 
Conseil  d’administration. 

Pellicules  sur  vitrose  rigide.  —  Le  Bulletin  a  déjà  publié  un 


article  sur  ce  sujet.  M.  Noaillon,  qui  a  fait  l’essai  de  ce  nouveau 
produit,  le  compare  au  celluloïd.  Il  n’y  voit  pas  grande  différence; 
les  pellicules  sur  vitrose  sont  cependant  plus  transparentes  ;  il  paraît 
que  ce  produit  peut  se  conserver  six  mois  sans  altération,  ce  qui 
constituerait  un  progrès  sérieux.  Elles  sont  vendues  ou  bien  libres 
ou  bien  avec  un  porte-pellicules  formé  d’un  carton  noir  et  d’un 
cadre  métallique.  Comme  émulsion,  c’est  celle  de  MM.  Lumière, 
frères.  M.  Noaillon  a  fait  trois  essais  :  pose  normale,  excès  et 
manque  de  pose.  Les  résultats  sont  ceux  qu’on  obtient  avec  les 
plaques  Lumière. 

Divers.  —  a.  M.  Noaillon  montre  une  épreuve  stéréoscopique 
dans  laquelle  des  images  présentent  un  halo  très  accentué,  attribué 
d’abord  à  une  imperfection  de  l’objectif,  mais  qui  n’était  dû  qu’à  la 
souillure  d’une  lentille  et  qu’un  simple  nettoyage  a  fait  disparaître. 
C’est  un  cas  qui  peut  se  présenter  souvent. 

b.  M.  Dupont  fait  part  d’une  méthode  de  double  développement 
qu’il  a  tirée  du  Bulletin  du  Photo-Club.  Cette  méthode  convient 
surtout  pour  les  instantanés,  afin  d’éviter  les  négatifs  à  contrastes 
durs  ou  les  épreuves  plates  et  voilées  par  un  excès  de  pose.  Ce 
procédé  consiste  à  développer  d'abord  la  plaque  dans  un  révélateur 
qui  fera  sortir  rapidement  l’image:  métol,  rodinal,  amidol,  etc., 
qui  donnerait  une  image  un  peu  faible  si  l’on  en  restait  là;  on  ren¬ 
forcera  cette  image  par  un  second  développement  pour  lequel  on 
conseille  la  formule  suivante  :  Solution  A  :  Hydroquinone,  2  gr.  ; 
sulfite  de  soude,  1(5  gr.;  bromure  de  potassium,  2  gr.;  eau  bouil¬ 
lante,  100  cent,  cubes.  —  Solution  B  :  Carbonate  de  soude,  IG  gr.; 
sulfite  de  soude,  10  gr.;  eau  pour  faire  100  cent,  cubes.  On  prend 
parties  égales  de  .4  et  B. 

Le  négatif  doit  être  rincé  simplement  entre  les  deux  opérations. 
Le  premier  révélateur  a  une  action  immédiate  sur  la  surface  de  la 
couche  sensible,  tandis  que  le  second  la  pénètre  plus  profondément. 

M.  Marissiaux  fait  circuler  quelques  épreuves  remarquables,  qui 
sont  fort  admirées. 

La  Section  ratifie  les  présentations  de  MM.  Albert  Orban  et 
J.  Delize,  patronnés  par  MM.  Léon  et  Georges  Laoureux. 

La  séance  est  levée  à  9  1/2  heures. 


Section  de  Louvain 

SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  1898 

Présidence  de  M.  De  Walque,  président 


ont  présents  :  MM.  Stalpaert,  Pavard, 
Ranwez,  Van  Grinderbeek,  Clément, 
Misonne,  Legrand,  François  De  Walque 
et  Joseph  De  Walque. 

Se  sont  fait  excuser  :  MM.  Thiebaut 
et  comte  Adrien  du  Bois  d’Aissche. 

Avant  de  procéder  au  jugement  du  concours  des  vacances,  M.  le 
président  rappelle  les  conditions  de  ce  concours  ;  le  jury  aura  à 
examiner  les  séries  de  trois  épreuves  sur  papier  qui  ont  été 
envoyées  au  secrétaire  sous  enveloppe  fermée  et  avec  devises,  puis 
on  projettera  les  diapositives,  afin  de  juger  le  deuxième  concours, 
qui  porte  sur  la  plus  belle  diapositive,  chacun  des  concurrents  pou¬ 
vant  en  présenter  trois  au  maximum,  puis  enfin  on  jugera  le  con¬ 
cours  pour  la  série  des  six  plus  belles  diapositives. 

Le  jugement  a  lieu  au  scrutin  secret  ;  les  œuvres  sont  cotées  de 
1  à  5  points. 

Pour  le  premier  concours,  dans  la  catégorie  des  séniors,  c’est-à- 
dire  des  membres  ayant  déjà  obtenu  une  distinction  dans  des  con¬ 
cours  antérieurs,  le  Lr  prix  est  attribué  au  commandant  Pavard 
pour  sa  série  de  trois  épreuves  :  une  jeune  femme,  très  élégam¬ 
ment  vêtue,  feuillette  l’Album  jubilaire;  un  grand  charme  s’épanche 
de  cette  gracieuse  figure,  dont  l’éclairage  est  très  admiré. 


Une  deuxième  épreuve  montre  la  même  jeune  femme,  en  toilette 
de  bal,  légèrement  inclinée  vers  un  haut  vase  renfermant  une  rose 
perdue  dans  un  bouquet  de  bruyère  ;  même  charme,  accessoires 
coquets,  on  remarque  sur  une  table  de  soie  un  élégant  service  à 
thé  en  vieux  chine.  Une  épreuve  très  harmonique. 

La  troisième  épreuve,  le  chant,  est  moins  bonne;  son  exécution, 
plus  technique  qu’artistique,  est  moins  admirée. 

Le  2e  prix  échoit  à  M.  Joseph  De  Walque  dont  les  paysages  sont 
très  remarqués,  quoiqu’un  peu  de  variété  dans  le  sujet  eût  été  à 
désirer. 

Dans  la  catégorie  des  juniors,  le  1er  prix  est  décerné  à  M.  Jacobs, 
un  nouveau  membre  qui  vient  de  se  révéler  ;  ses  scènes  de  genre 
sont  bien  conçues  ;  une  très  bonne  épreuve  représente  une  jeune 
femme  triste  et  pensive,  dans  une  pauvre  chambre,  elle  semble 
pleurer  son  abandon  ;  un  peu  plus  de  recul  eût  rendu  l’épreuve 
encore  meilleure.  LTn  paysage  crépusculaire  avec  des  moutons 
surveillés  par  un  berger  accompagné  d’un  chien  de  garde  eût  été 
parfait  avec  un  peu  moins  d’avant-plan.  —  Des  vanniers  bien 
groupés  constituaient  la  troisième  épreuve  de  la  série. 

Pour  la  plus  belle  diapositive  :  Dans  la  campagne,  aux  environs 
de  Wilseele,  des  arracheurs  de  pommes  de  terre  sont  au  travail  ; 
un  ciel  mouvementé  complète  cette  épreuve  très  réusie.  Elle  est 
du  commandant  Pavard. 

Le  second  prix,  obtenu  par  M.  Joseph  De  Walque,  témoigne  de 
goûts  artistiques  réels. 

C’est  M.  Jacobs  qui,  dans  les  juniors,  remporte  le  2e  prix.  Ses 
deux  diapositives,  projetées  sur  l’écran,  sont  d’un  grand  effet. 

Le  concours  pour  les  six  plus  belles  diapositives  a  témoigné, 
comme  l’a  dit  le  président,  d’un  grand  progrès  artistique  parmi  les 
membres  de  la  Section,  quelques-unes  étaient  des  plus  remar¬ 
quables  et  l’assemblée  a  acclamé  les  noms  des  auteurs  des  œuvres 
primée.  Le  1er  prix  est  attribué  au  commandant  Pavard,  catégorie 
des  séniors,  et  à  M.  Jacobs,  dans  celle  des  juniors. 

Le  jugement  du  concours  terminé,  M.  Van  Grinderbeek  annonce 
que  des  prix  importants  sont  mis  à  la  disposition  de  la  Section  pour 
l’organisation  d’un  nouveau  concours,  qui  doit  être  terminé  pour  le 


-  64G  — 

25  décembre  prochain.  C’est  d’abord  MM.  Zeiss  et  Roussel  qui 
offrent  un  objectif  de  leur  importante  et  si  remarquable  fabrication, 
puis  la  maison  van  Monckhoven  qui  donne  en  prix  vingt-cinq  dou¬ 
zaines  de  boîtes  de  plaques;  c’est  là  un  cadeau  qui  permettra,  une 
fois  de  plus,  de  constater  l’excellence  des  produits  de  cette  ancienne 
et  très  renommée  firme.  Enfin,  un  obturateur  Thornton-Pickart, 
qui  se  trouve  presque  sur  tous  les  objectifs,  tant  il  offre  d’avan¬ 
tages,  complète  la  série  de  ces  généreux  dons. 

L’assemblée  décide  que  le  concours  est  ouvert  ;  on  traitera  un 
paysage  d’automne. 

Il  est  ensuite  donné  lecture  par  M.  le  président  de  la  circulaire 
de  la  maison  Suter,  à  Bâle,  qui  organise  un  concours  d’épreuves 
obtenus  avec  ses  objectifs. 

Sur  la  proposition  de  M.  Van  Grinderbeek,  une  demande  sera 
adressée  à  M.  Baisieux  pour  qu’il  veuille  bien  venir  donner  à  la 
Section  une  séance  de  démonstration  sur  la  photographie  en  cou¬ 
leurs.  M.  le  président  rappelle  avoir  eu  l’occasion  de  présenter  aux 
membres  un  appareil  qui  se  trouve  actuellement  dans  tous  les  cabi¬ 
nets  de  physique,  c’est  l’appareil  Vidal  servant  de  base  au  procédé 
de  la  photographie  des  couleurs.  Une  très  intéressante  causerie  sur 
les  divers  procédés  actuellement  en  usage  s’engage  entre  les  mem¬ 
bres  de  la  Section  et  témoigne  de  l’intérêt  que  la  causerie  démons¬ 
trative  de  M.  Baisieux  aura  pour  tous. 

La  séance  est  levée  à  11  heures  du  soir. 


Secbiof)  de  ISfamüt* 

SÉANCE  DU  5  OCTOBRE  1898 
Présidence  de  M.  Jossart,  président 


T  aient  présents  :  MM.  Jossart, 
Vassal,  Suars,  Beghin,  Devaux, 
Fallon,  Henin,  Mathieu,  Mi¬ 
chaux,  Rousseau  et  Tiange. 

Le  secrétaire  dépose  sur  le 
bureau  les  livraisons  destinées 
à  la  bibliothèque  de  la  Section  et  remet  aux  membres  des  échan¬ 
tillons  des  plaques  «  Noir  et  Blanc  »  lui  expédiées  par  la  maison 
du  Bois  d’Aissche.  Il  prie  les  membres  de  vouloir  bien  les  essayer 
et  de  rendre  compte  des  résultats  obtenus. 

M.  Jossart  fait  circuler  une  série  d’épreuves  représentant  des 
sites  de  la  Suisse.  Ces  épreuves  font  l’admiration  des  membres,  qui 
félicitent  chaleureusement  l’auteur. 

M.  Rousseau  nous  fait  assister  ensuite  à  une  séance  intime  de 
projections  au  moyen  de  la  lumière  à  l’acétylène,  produite  par  un 
appareil  que  M.  Parmentier,  de  Bruxelles,  avait  bien  voulu  mettre 
à  sa  disposition.  Ce  générateur  à  acétylène  est  portatif,  ce  qui  est 
un  précieux  avantage  et,  de  plus,  d’un  maniement  simple  et  presque 
sans  danger.  D’un  fonctionnement  régulier,  l’appareil  fournit  une 
lumière  intense  et  fixe  qui  remplace  avec  avantage  l’éclairage  au 
bec  Auer  et  surtout  la  lumière  au  pétrole  pour  les  agrandissements 
et  les  séances  de  projections. 


—  048  — 


Ce  générateur  se  compose  d’un  récipient  dans  lequel  se  trouve 
une  cloche,  contenant,  suspendu  à  sa  partie  supérieure,  un  petit 
panier  en  toile  métallique  renfermant  le  carbure  de  calcium,  destiné 
à  produire  le  gaz  éclairant. 

Avant  de  se  remplir  de  gaz  acétylène,  la  cloche  descend  pour 
permettre  au  carbure  de  calcium  contenu  dans  le  panier  de  prendre 
l’humidité  nécessaire  au  dégagement  du  gaz,  qui  alors  remplit  la 
cloche  et  force  celle-ci  à  remonter.  Ce  mouvement  de  montée  et 
de  descente  se  renouvelle  au  fur  et  à  mesure  de  l’échappement  du 
gaz  vers  les  brûleurs. 

Le  gaz  est  amené  aux  brûleurs  par  un  tuyau  adapté  à  la  cloche  et 
poussé  à  l’extérieur  par  la  pression  du  dégagement  de  l’acétylène. 

Ce  générateur,  fort  simple  dans  sa  construction  et  dans  son 
maniement,  est  appelé  à  rendre  de  grands  services  là  où  les  séances 
de  projections  sont  rendues  presque  impossibles  par  l’absence  du 
gaz  ordinaire  et  de  l’électricité. 

AI.  le  président  remercie  AI.  Rousseau  de  son  intéressante  com¬ 
munication  et  le  prie  d’être  auprès  de  AI.  Parmentier  l’interprète 
de  la  Section  de  Narnur. 

La  séance  est  levée  à  10  1/2  heures. 


^!li^ll,ll~~~lll~lmilllllllllllll'llllllllll''llllll!IIIIM  ~ 


_ j*.**niHl»lilliiliiiiiiiiiiiiiiiïïïïi'Miiiiiiiniiaiiiiiiiiiiii|iiiHiiMiiiiiiiiiiiiiii|iiiiiiiiiiiiiiini.iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiliiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiifti|iiii|iii||ii|l,|iiiii[||l|lî^||||||| 


La  Latitude  du  fsempp  de  pope 

EH  PHOTOGRAPHIE 

Par  P.  MERCIER. 


es  plaques  sensibles 
au  gélatino-bromure 
d’argent  offrent  géné¬ 
ralement  une  latitude 
assez  faible  dans  le 
temps  de  pose.  Le 
meilleur  remède  à  la 
surexposition  était 
jusqu’ici  de  dévelop¬ 
per  les  clichés  avec 
un  révélateur  à  l’hy- 
droquinone  et  au  sulfite-carbonate  de  soude  plus  ou  moins  bro- 
muré.  Mais  ce  révélateur  est  souvent  insuffisant  pour  obtenir  de 
bons  résultats  lorsque  la  pose  a  été  un  peu  exagérée. 

Le  révélateur  joue  un  grand  rôle  dans  le  résultat  fourni  par  un 
cliché  inexactement  posé.  Seuls,  les  révélateurs  lents  peuvent  donner 
une  image  acceptable  lorsque  la  pose  a  été  exagérée.  On  peut  en 
effet  diviser  les  révélateurs  alcalins,  généralement  usités  en  trois 
groupes  : 

1°  Les  révélateurs  violents  qui  sont  ceux  à  l’amidol  ou  diamido- 


(1)  Extrait  du  Bulletin  des  ingénieurs  civils  de  France. 


—  650  — 


phénol,  au  métol  et  à  l’orthol,  quel  que  soit  l’alcali  qui  leur  est 
ajouté  (l’amidol  agit  par  simple  addition  de  sulfite  sans  carbonate). 

Les  révélateurs  à  l’hydroquinone,  à  l’acide  pyrogallique,  etc., 
additionnés  d’alcali  libre  sont  également  des  révélateurs  violents, 
agissant  rapidement  et  demandant  beaucoup  de  bromure; 

2°  Les  révélateurs  intermédiaires,  tels  que  l’acide  pyrogallique, 
l’iconogène  et  la  pyrocatéchine,  plus  maniables  que  les  précédents; 

2°  Enfin,  les  révélateurs  lents  dans  lesquels  on  classera  les  bains 

d’hydroquinone  ou  de 
glycine  préparés  aux 
carbonates  alcalins,  sans 
alcali  libre.  Ces  derniers 
seuls  permettent  une 
grande  élasticité  dans 
le  temps  de  pose.  Agis¬ 
sant  lentement,  le  déve- 
loppateur  a  le  temps  de 
traverser  la  couche  sen¬ 
sible,  et  les  noirs  ont  le 
temps  de  monter  avant 
que  la  plaque  ne  se  soit 
voilée  par  la  venue  pré¬ 
maturée  des  détails. 

C’est  en  cherchant  à 
diminuer  le  temps  de 
pose  que  j’ai  rencontré  un  certain  nombre  de  produits  chimiques 
qui,  introduits  dans  la  couche  sensible  elle-même,  permettent  non 
seulement  de  diminuer  un  peu  ce  temps  de  pose  avec  les  révélateurs 
à  l’hydroquinone,  mais  permettent  surtout  de  l’augmenter  jusqu’à 
des  limites  extrêmes  lorsqu’on  emploie  le  dit  révélateur. 

Pour  obtenir  ce  résultat,  il  suffit  de  préparer  les  solutions  qui 
vont  être  indiquées  et  d’y  plonger  la  plaque  sensible  pendant  un 
temps  déterminé.  On  secoue  alors  fortement  la  plaque  pour  chasser 
l’excès  de  liquide  qui  produirait  des  taches,  et  on  la  fait  sécher.  Elle 
peut  alors  être  utilisée. 

On  peut  diviser  les  produits  en  question  en  deux  groupes  : 


Ch.  Paradis. 


Un  premier  groupe  A.  comprend  ceux  qui  doivent  être  employés 
à  la  dose  de  1  à  H  gr.  par  100  gr.  de  solution.  Ce  sont  :  1°  l’émé¬ 
tique  et  certains  sels  d’arsenic;  2°  la  morphine  et  la  codéine  ou 
leurs  sels. 

Un  deuxième  groupe  B.  comprend  des  substances  employées  à 
doses  extrêmement  faibles.  Ce  sont  :  1°  les  produits  qui  forment  la 
base  même  des  révélateurs  dits  alcalins  ordinaires,  c’est-à-dire 
l’amidol,  le  métol,  l’orthol,  l’hydroquinone,  l’acide  pyrogallique, 
auxquels  il  convient  d’ajouter  l’ésérine  et  l’apomorphine,  etc.,  qui 
sont  également  des  révélateurs,  ces  produits  devant  être  introduits 
dans  la  couche  sensible  à  leur  état  normal,  c’est-à-dire  non  oxydés  ; 
2°  les  mêmes  substances  oxydées. 

D’après  ce  qui  a  été  dit  plus  haut,  dans  tous  les  cas  où  il  y  a 
surexposition,  l’usage  de  ces  produits  doit  être  complété  par  l’em¬ 
ploi  exclusif  d’un  révélateur  à  l’hydroquinone  tel  que  celui-ci  : 


Hydroquinone  .  .  . 

Sulfite  de  soude  anhydre  . 
Carbonate  de  soude. 

Eau . 


8  gr. 

30  à  40  gr. 
GO  à  80  gr. 
1  litre. 


Auquel  on  ajoute  1  à  5  gr.  de  bromure  de  potassium  selon  que  la 
pose  a  été  plus  ou  moins  prolongée.  On  pourrait  aussi  utiliser  un 
révélateur  analogue  à  la  glycine,  mais  l'hydroquinone  est  préfé¬ 
rable. 

Groupe  A.  L’émétique  (tartrate  double  d’antimoine  et  de 
potasse)  doit  être  employé  à  la  dose  de  2,50  gr.  pour  100  gr.  d’eau. 
La  plaque  doit  séjourner  dans  le  bain  exactement  deux  minutes.  On 
la  secoue  alors  fortement,  puis  on  la  fait  sécher. 

On  constate  qu’avec  les  plaques  sensibles  ainsi  traitées  l’image 
se  développe  beaucoup  plus  vite  et  monte  beaucoup  plus,  dans  le 
révélateur  à  l’hydroquinone,  que  les  mêmes  plaques  non  traitées  et 
qu’elles  donnent  encore  de  bonnes  images  avec  des  temps  de  pose 
qui  peuvent  aller  jusqu’à  plus  de  300  fois  l’exposition  normale, 
c’est-à-dire  le  temps  d’exposition  qui  donnerait  un  bon  cliché  avec 
tout  autre  révélateur,  notamment  avec  les  révélateurs  violents. 

Il  faut  remarquer  que  l’émétique  accélère  le  développement  même 


en  cas  de  manque  de  pose,  de  telle  sorte  qu’il  ne  peut  être  nuisible. 
Ce  sel  n’a  aucune  action  notable  avec  les  révélateurs  autres  que 
l’hydroquinone,  sauf  avec  l’acide  pyrogallique  et  la  pj  rocatéchine  ; 
avec  ceux-ci  le  développement  est  beaucoup  retardé. 

Les  sels  d’arsenic  que  l’on  pourrait  utiliser  sont  les  arsénites 
alcalins  additionnés  de  citrates.  Ces  produits  étant  très  dangereux, 
et  du  reste  de  beaucoup  inférieurs  aux  sels  d’antimoine,  il  faut  en 
éviter  l’emploi.  Les  sels  de  morphine  et  la  codéine,  bien  que  véné¬ 
neux,  peuvent  être  manipulés  sans  danger.  On  emploie  de  préférence 
la  morphine  à  l’état  de  sulfate  et  à  la  dose  de  2  gr.  de  ce  sel  pour 
100  gr.  d’eau.  Pour  la  codéine  on  fait  usage  d’une  solution  légère¬ 
ment  alcoolique  à  1  p.  c.,  et  l’on  y  plonge  la  plaque  à  traiter  pen¬ 
dant  2  minutes  comme  pour  l’émétique  et  la  morphine. 

Lorsqu’on  utilise  les  sels  de  morphine,  il  est  bon  d’acidifier  légère¬ 
ment  la  solution  avec  un  peu  d’acide  acétique  pour  éviter  la  préci¬ 
pitation  de  la  morphine,  due  à  l’alcalinité  que  présentent  la  plupart 
des  plaques  sensibles  du  commerce. 

La  morphine  et  la  codéine  accélèrent  toujours  le  développement  à 
l’hydroquinone  et  favorisent,  comme  l’émétique,  la  montée  des 
noirs,  même  en  cas  de  manque  de  pose.  Avec  le  révélateur  à  l’hy- 
droquinone  très  bromuré,  elles  permettent  également  d’exagérer 
l’exposition  jusqu’à  2  ou  300  fois  la  pose  normale. 

En  développant  de  telles  plaques  à  l’acide  pyrogallique,  on  cons¬ 
taterait  qu’elles  ne  retardent  aucunement,  mais  qu’elles  l’avancent 
légèrement  au  contraire  de  l’émétique. 

Groupe  B.  1°  Réducteurs-développateurs  non  oxydés.  —  Ces 
produits,  bien  qu’éminemment  altérables,  peuvent  cependant  être 
introduits  dans  la  couche  sensible  argentique,  à  la  condition  d’aci- 
duler  légèrement  la  solution  avec  un  peu  d’acide  acétique.  La  dose 
convenable  est  de  0,10  gr.  à  0,20  gr.  du  produit  choisi  pour  100  gr. 
d’eau  auxquels  on  ajoute  20  à  30  gouttes  d’acide  acétique.  Les 
plaques  acides  donnent  les  meilleurs  résultats.  On  emploiera  de 
préférence  l’orthol,  le  métol  ou  l’ésérine.  Le  développement  des 
plaques  ainsi  préparées  est  très  rapide,  et  l’image  monte  considéra¬ 
blement  dans  le  révélateur.  Ils  permettent  facilement  jusqu’à  100  à 
200  fois  la  pose  normale. 


2°  Réducteur  s-développateur  s  oxydés.  —  Ces  produits,  à  l’en¬ 
contre  des  précédents,  retardent  le  développement  à  l’hydroquinone 
au  lieu  de  l’avancer,  lorsque  la  pose  a  été  normale  ou  insuffisante. 
Mais,  en  revanche,  ils  permettent  d’exagérer  le  temps  de  pose  d'une 
façon  extraordinaire  en  donnant  encore  des  clichés  utilisables. 

Ils  doivent  être  employés  à  dose  extrêmement  faibles.  C’est  ainsi 
que  l’amidol,  qui  fournit  les  meilleurs  résultats,  permet  d’obtenir 
des  clichés  passables,  même  lorsque  le  temps  de  pose  est  porté  jus¬ 
qu’à  10,000  et  20,000  fois  l’exposition  normale,  avec  des  plaques 
traitées,  comme  il  est  dit  pour  les  produits  cités  précédemment, 
par  une  solution  contenant  seulement  0,01  gr.  d’amidol  par  100  gr. 
d’eau. 

Le  métol,  l’orthol,  l’acide  pyrogallique,  la  morphine  oxydés  don¬ 
nent  des  résultats  analogues  et  permettent  de  poser  jusqu’à 
1,000  fois  le  temps  d’exposition  normal.  Pour  obtenir  ces  solutions 
de  développateurs  oxydes,  il  suffit  de  préparer  des  solutions  avec 
les  produits  frais  et  de  les  laisser  exposées  à  l’air  jusqu’à  ce  qu’elles 
se  soient  plus  ou  moins  colorées. 

Toutes  les  substances  dont  il  a  été  question  donnent  les  meilleurs 
résultats  lorsqu’on  les  emploie  avant  la  pose. 

Mais  la  plupart  d’entre  elles  peuvent  être  utilisées  après  la  pose, 
à  la  condition  d’ajouter  à  la  solution  un  antiseptique  convenable, 
tel  que  20  gr.  d’une  solution  alcoolique  de  thymol  à  1  p.  c. 


L’Éclairage  du  Laboratoire 

POUR  LES  PLAQUES  ORTHOGHROMATIQUES 

Par  RE  CAPITAINE  W.  DE  W.  Abney. 


ouvent  on  nous  a  demandé  quels 
étaient  les  meilleurs  écrans  pour 
filtrer  la  lumière  destinée  à  éclai¬ 
rer  le  laboratoire  lorsqu’on  em¬ 
ploie  des  plaques  orthochroma¬ 
tiques.  Avant  de  pouvoir  répondre 
à  ces  questions,  nous  avions  d’abord  plusieurs  questions  à  poser, 
dont  la  principale  était  de  savoir  l’espèce  de  plaques  employées  et 
ensuite  de  quelle  lumière  il  s’agissait.  Il  existe  sur  le  marché  plu¬ 
sieurs  marques  de  plaques  orthochromatiques  qui  ont  chacune  leurs 
propriétés  particulières  et  pour  lesquelles,  probablement,  il  faut 
employer  des  lumières  différentes.  Nous  savons  que  des  hommes 
très  habiles  se  contentent  de  l’obscurité  complète;  mais  alors  il  ne 
peut  etre  question  d  éclairage.  Dans  tous  les  cas,  l’éclairage  sera 
très  réduit  si  on  le  compare  à  celui  que  l’on  pouvait  employer  au 
temps  des  plaques  humides,  lorsqu’il  suffisait  d’arrêter  les  rayons 
ultra-violets,  violets  et  bleus. 

Pour  assurer  l’éclairage  le  plus  inoffensif  pour  une  espèce  de 
plaques  donnée,  il  faut  employer  le  spectre,  et  il  vaut  mieux  obtenir 
un  tel  spectre  à  l’aide  de  la  lumière  solaire  ou  de  l’arc  électrique 


plutôt  qu’à  l’aide  d’une  source  de  lumière  émettant  peu  de  rayons 
de  la  région  bleue  du  spectre  ;  car  c’est  dans  cette  région  que  nous 
devons,  avant  tout,  étudier  l’action  qui  peut  se  produire.  Avec  le 
spectre  d’une  flamme  de  gaz  nous  pouvons  croire  qu’aucune  action 
ne  se  produit  dans  cette  partie,  et  nous  tirerons  alors  de  fausses 
conclusions  à  cause  de  ce  peu  d’action.  Sans  aucun  doute,  une 
exposition  prolongée  nous  révélera  l’effet  de  la  petite  quantité  de 
bleu  qui  filtre,  mais  lorsque  la  région  est  vingt  fois  plus  forte  en 
intensité,  il  est  évident  que  les  indications  d’une  absorption  impar¬ 
faite  de  ces  rayons  seront  plus  claires. 

La  question  de  l'éclairage  du  laboratoire  pour  des  plaques  bien 
plus  difficiles  à  manier  que  les  plaques  orthochromatiques  ordinaires 
a  attiré  notre  attention  il  y  a  une  douzaine  d’années  ou  plus.  Les 
plaques  que  nous  préparions  n’étaient  pas  seulement  sensibles  au 
spectre  visible,  mais  encore  aux  rayons  au  delà  du  rouge,  qui  sont 
communément  mais  erronément  appelés  rayons  calorifiques.  C’est 
seulement  l’étude  de  l’action  du  spectre  sur  cette  espèce  particulière 
de  bromure  d’argent  qui  nous  a  permis  d’arriver  à  une  conclusion 
satisfaisante  sans  entrer  dans  la  théorie  de  la  matière,  théorie  qui  a 
été  expliquée  dans  le  temps  ;  nous  avons  pensé  qu’il  devait  y  avoir 
moins  d’action  dans  la  région  verte  du  spectre  que  dans  ses  deux 
extrémités,  et  l’expérience  a  confirmé  cette  manière  de  voir.  Il  y 
avait  moins  d’action  d’une  façon  marquée  et  nous  en  avons  profité 
pour  n’employer  qu’une  lumière  formée  de  ces  rayons  qui  affectent 
le  moins  le  bromure  d’argent.  Sans  doute,  ce  n’était  pas  là  une 
lumière  sûre,  mais  c’était  la  meilleure  que  l’on  pût  utiliser;  le 
développement  se  faisait  dans  la  partie  la  plus  obscure  du  labora¬ 
toire,  et  il  s’opérait  le  mieux  dans  une  chambre  à  température 
basse . 

Ce  sont  des  principes  identiques  qui  doivent  nous  guider  dans  le 
choix  de  la  lumière  pour  les  différentes  plaques. 

Avec  certaines  plaques  faites  par  les  frères  Lumière,  par  exem¬ 
ple,  les  fabricants  ont  recommandé  de  travailler  avec  une  lumière 
verte  faible  et  en  étudiant  le  spectre  obtenu  sur  ces  plaques  on 
reconnaît  qu’en  effet  la  lumière  dont  il  s’agit  est  la  meilleure,  saut 
cependant  la  lumière  rouge  telle  qu’elle  est  donnée  par  la  partie 


-  656  — 


extrême  du  spectre  qui  serait  encore  préférable.  Ces  plaques  sont 
en  effet  bien  moins  sensibles  aux  rayons  verts  qu’elles  ne  le  sont 
aux  deux  extrémités  du  spectre.  Mais  le  vert  à  employer  doit  être 
le  vert  convenable,  qui  ne  laisse  passer  ni  rayons  bleus,  ni  rayons 
rouges.  Ceci  ne  peut  s’obtenir  que  par  des  essais  de  combinaisons  ; 
évidemment  un  des  intermédiaires  sera  un  jaune  foncé  et  l’autre  un 
vert  tel  que  le  vert-signal,  mais  la  combinaison  doit  être  examinée 
à  l’aide  du  spectre. 

Nous  avons  d’autres  plaques  sur  lesquelles  le  spectre  produit 

d’autres  effets 
sur  toute  sa 
longueur.  Dans 
toutes  les  pla¬ 
ques  dans  les¬ 
quelles  l’éosine 
ou  des  sensibi¬ 
lisateurs  analo¬ 
gues  sont  em¬ 
ployés  seuls,  il  y 
a  un  manque  de 
sensibilité  dans 
les  raies  du  vert 
jaune  et  la  pla¬ 
que  n’est  pas 

très  sensible  au  rouge  sombre.  Une  plaque  qu’il  était  très  difficile 
de  manier  dans  une  lumière  quelconque  était  l’ancienne  Cadett 
spectrum  plate ,  sensible  aux  raies  extrêmes,  sauf  peut-être  aux 
raies  extrêmes  du  rouge.  L’idéal  était  de  trouver  un  médium  ne 
laissant  passer  que  ces  rayons  rouges,  et  nous  croyons  qu’il  n’y 
avait  presque  pas  moyen  de  trouver  une  pareille  lumière.  En 
tout  cas,  la  lumière  devait  être  très  très  faible,  et  probablement 
le  médium  ne  devait  pas  laisser  passer  1 /500e  de  la  lumière  émise. 
Cette  ancienne  espèce  de  plaques  a  été  remplacée  par  une  nouvelle, 
dans  laquelle  la  limite  de  l’action  du  spectre  se  rapproche  un  peu 
plus  du  jaune  et  dans  laquelle  les  raies  à  l’extrémité  du  rouge 
n  agissent  plus.  Nous  pouvons  donc  employer  toute  lumière  corres- 


pondant  à  l’extrémité  du  spectre  rouge,  et  avec  sécurité,  si  une 
telle  lumière  peut  se  rencontrer.  Nous  disons  avec  sécurité, 
quoiqu’il  faille  tenir  compte  de  ce  qu’aucune  plaque,  ortho¬ 
chromatique  ou  non,  exposée  pendant  un  temps  assez  long  avant 
le  développement,  n’est  insensible  à  la  lumière  la  plus  sombre. 

En  faisant  des  expériences  sur  d’autres  matières,  nous  avons  eu 
le  bonheur  de  trouver  un  médium  qui  semble  pouvoir  être  employé 
sans  danger  pour  ces  plaques  et  même  pour  d’autres  plaques  si  on  le 
combine  avec  d’autres  médiums.  Dans  certaines  expériences  de  colo¬ 
rants,  nous  avions  employé  le  violet  méthyl  pour  absorber  certains 
rayons  et  en  examinant  le  spectre  à  travers  une  solution  assez  con¬ 
centrée,  nous  avons  trouvé  que  seul,  le  rouge  extrême  du  spectre 
était  visible  à  un  bout  et  le  violet  et  le  bleu  à  l’autre  bout.  Cela 
semble  donc  mettre  à  notre  portée  une  teinture  utilisable  dans  la 
confection  des  écrans.  Nous  avons,  il  est  vrai,  le  violet  et  le  bleu, 
mais  ces  raies  peuvent  être  absorbées  par  un  orangé  convenable  qui 
rarement  absorbe  encore  les  rayons  rouges.  Le  point  à  atteindre  est 
de  trouver  un  orangé  qui  absorbe  cette  partie  du  bleu  qui  se  rap¬ 
proche  le  plus  du  rouge.  Beaucoup  d’orangés  laissent  passer  de 
faibles  traces  de  ce  bleu.  Mais  nous  avons  un  verre  appelé  orange 
parfait  qui  ne  laisse  rien  passer  et  qui,  combiné  avec  le  méthyl  vio¬ 
let,  donne  une  lumière  d’un  rouge  cramoisi  pur,  différent  du  rouge 
produit  par  le  verre  rubis  qui  laisse  passer  des  raies  oranges  du 
spectre,  sauf  si  l’on  emploie  une  lumière  si  faible  qu’elle  équivaut  à 
zéro.  Il  est  à  remarquer  qu’aucun  verre  rubis  n’est  absolument  sûr 
par  lui-même,  car  il  laisse  passer  des  traces  de  bleu;  c’est  tout  au 
moins  ce  que  nous  avons  trouvé  avec  tous  les  échantillons  mis  sous 
nos  yeux.  La  couleur  cramoisie  de  ce  rouge  rubis  est  précisément 
donnée  par  ces  traces  de  bleu. 

La  combinaison  du  méthyl  violet  avec  un  orange  nous  donne  une 
lumière  qui,  si  elle  n’est  pas  intense,  est  cependant  suffisante.  Si  le 
lecteur  possède  une  plaque  à  la  gélatine  non  exposée  et  qu’il  la  fixe 
sans  la  développer,  qu’il  la  lave  bien  et  l’immerge  dans  une  solution 
de  la  teinture  qu’il  faut  essayer  et  doser  d’après  les  plaques 
employées,  il  aura,  après  dessiccation,  l’écran  voulu  qui  sera  trans¬ 
parent.  Nous  préférons  cette  méthode  à  celle  qui  consiste  à  user 


—  658  — 


d’une  cuvette  verticale  remplie  du  liquide  coloré,  quoiqu’elle 
puisse  aussi  se  défendre.  On  peut  emplo3rer  de  même  une  teinture 
orange,  mais  ces  teintures  doivent  être  employées  avec  précaution. 
On  sait  qu  il  y  a  très  peu  —  s’il  y  en  a  —  de  ces  teintures  qui  ne 
laissent  pas  passer  les  rayons  ultra-violets,  raj^ons  qui,  quoique 
invisibles,  ne  doivent  pas  moins  être  absorbés  Un  écran  au  sulfate 
de  quinine,  par  exemple,  absorberait  cette  lumière,  mais  plus  il  y  a 
d’écrans  et  plus  les  expériences  deviennent  difficiles.  Lorsqu’on  a 
trouvé  les  teintes  voulues,  on  placera  l’écran  orange  vers  la  source 
de  lumière,  de  façon  à  arrêter  le  passage  des  rayons  violets. 

(Traduit  de  Photography .) 

Comme  la  question  de  l'éclairage  du  laboratoire  devient  de  plus 
en  plus  importante  à  mesure  que  l’emploi  des  plaques  orthochroma¬ 
tiques  se  généralisé,  nous  croyons  rendre  service  a  nos  lecteurs  en 
résumant,  à  la  suite  de  1  article  de  JV1.  W .  de  Wr.  Abncy,  une  lecture 
faite  au  Caméra  Club  de  Londres,  par  AI.  E.  Sangar  Shepherd  sur 
le  même  sujet. 

Comme  le  capitaine  Abney,  M.  Shepherd  recommande  de  pho¬ 
tographier  le  spectre  solaire  avec  les  plaques  que  l’on  emploie.  On 
choisit  alors  l’éclairage  qui  correspond  à  la  raie  qui  ne  se  marque 
pas  sur  la  plaque. 

On  peut  préparer  un  filtre  ne  laissant  passer  que  les  rayons  ultra- 
rouges  de  la  façon  suivante  : 

1°  On  fixe  et  lave  une  plaque  non  exposée  et  on  la  trempe  dans 
une  solution  d’aurantia  (soluble  dans  l’eau); 

-  On  trempe  de  même  une  deuxième  plaque  dans  du  naphtol 
jaune  (soluble  dans  l’eau). 

Les  plaques  sont  rapidement  rincées,  séchées  et  collées  ensemble, 
gélatine  contre  gélatine. 

On  prépare  alors  une  solution  de  collodion  dans  laquelle  on 
mélange  du  méthyl  violet  (soluble  dans  l’alcool)  et  on  l’étend  sur  une 
des  faces  des  deux  plaques  jumelles. 

Les  plaques  panchromatiques  ou  sensibles  à  toutes  les  raies  du 
spectre  doivent  être  préparées  et  développées  dans  l’obscurité  com¬ 
plète. 


M.  Vanderkindere.* 


Nouveau  DéVeloppafceui1  à  la  (Jli[cine  11 


PAR  J.  BECK 


E  retour  d’un  assez  long  voyage,  j’ai 
appris  que  le  baron  Hübl  a  trouvé 
une  formule  nouvelle,  plus  parfaite  que 
les  anciennes,  pour  l’emploi  de  la  gly¬ 
cine  comme  développateur,  et  que 
cette  nouvelle  composition  se  trouve 
déjà  dans  le  commerce. 

La  haute  compétence  de  l’auteur  en 
cette  matière  m’a  engagé  à  développer 
toutes  les  plaques  rapportées  de  mon  voyage  au  moyen  de  cette 
formule  et  sans  faire  des  essais  préalables.  J’ai  lieu  de  m’en  réjouir, 
car  je  n’ai  jamais  obtenu  de  négatifs  plus  beaux,  plus  transparents 
et  mieux  fouillés  que  cette  fois-ci. 

Gomme  toujours,  je  procède  par  développement  lent  en  cuvette 
verticale,  en  me  tenant  strictement  aux  prescriptions  du  baron 
Hübl  :  12  cm3  de  bain  concentré  par  litre  d’eau  dont  la  température 
est  d’environ  10°  C.  Dans  ce  bain,  les  négatifs  sont  achevés  au  bout 
d’une  demi-heure  à  trois  quarts  d’heure.  En  ajoutant  au  révélateur 
10  cm3  d’une  solution  de  bromure  à  10  p.  c.  par  litre  de  bain,  on 
augmente  la  durée  du  développement  d’environ  la  moitié,  mais  les  né¬ 
gatifs  y  gagnent  incontestablement  en  beauté.  Ce  bain  convient  quel 


(I)  Voir  nos  articles,  décembre  1807,  janvier  1898,  etc. 


GC>0  — 


que  soit  le  genre  de  négatifs  à  développer  :  vues  posées  en  plein  air, 
instantanés  ou  intérieurs.  Remarquons  seulement  qu’il  faut  assez 
souvent  contrôler  la  marche  progressive  du  développement,  car  il 
arrive  que  des  plaques  fortement  surexposées  sont  arrivées  au 
terme  de  leur  développement  au  bout  de  10  minutes  et  qu’un  séjour 
plus  prolongé  produit  du  voile. 

Les  grands  avantages  de  la  glycine  ont  engagé  M.  Hübl  à  le 


préparer  sous  forme  de  révélateur  en  poudre,  et,  après  de  longues 
recherches,  il  a  atteint  le  but  qu’il  s’était  proposé. 

Il  est  inutile,  pensons-nous,  d’insister  sur  les  avantages  que  pré¬ 
sente  ce  développateur  en  poudre  pour  le  photographe  en  voyage  ou 
en  séjour  à  la  campagne. 

Pour  les  plaques  dont  on  est  sûr  de  l’exactitude  du  temps  de 
pose,  on  prendra  G  gr.  de  poudre  par  litre  d’eau;  si  l’exposition  est 
douteuse,  on  n’en  prendra  que  3  gr.  par  litre  d’eau;  enfin,  en  cas  de 
surexposition  probable,  on  prendra  12  gr.  de  poudre  pour  10  libres 
d’eau  (développement  lent). 

En  raison  du  peu  de  temps  que  j’emploie  cette  formule,  il  se  peut 


—  661  — 


que  j’aurai  encore  à  compléter  mes  appréciations;  mais  jusque 
maintenant  et  dans  tous  les  essais  faits,  j’ai  acquis  la  certitude 
qu’on  peut  obtenir  d’excellents  résultats.  Quel  que  soit  le  degré  de 
dilution,  le  bain  agit  toujours  d’une  façon  égale,  il  donne  les  détails 
et  la  vigueur  nécessaires.  La  glycine  en  poudre  appartient  à  la  caté¬ 
gorie  des  développateurs  lents;  les  détails  n’apparaissent  qu’au 
bout  d’un  certain  temps,  et  la  vigueur  de  l’image  ne  s’accentue  que 
peu  à  peu.  Mais  c’est  là,  à  mes  yeux,  un  avantage  de  plus. 

(Wiener  Photogr aphische  Bldtter.) 

Traduit  par  V.  H. 


Châssis  pour  le  tirage 

des  diapositives 


orsqu’on  tire  des  images  sur 
papier,  on  n’a  pas  à  s’inquiéter 
de  la  mise  en  place  de  l’épreuve, 
c’est  lors  du  rognage  que  cette 
opération  s’effectue.  Il  n’en  est 
pas  de  même  lorsqu’on  tire  des 
diapositives  pour  la  lanterne. 
Il  importe  dans  ce  cas  que  la 
mise  en  place  et  le  centrage 
soient  obtenus  du  premier  coup, 
car  toute  correction  ultérieure  est  impossible.  Si  le  sujet  n’occupe 
pas  le  centre  de  la  diapositive,  la  cache  doit  forcément,  pour  l’en¬ 
cadrer,  être  plus  large  d’un  côté  que  de  l’autre,  il  en  résulte  que, 
lors  de  la  projection,  les  images,  au  lieu  de  rester  au  centre  de 
l’écran,  se  montrent  à  droite  ou  à  gauche  de  celui-ci.  De  même,  si 
es  lignes  verticales  ne  sont  pas  bien  d’aplomb,  les  projections 
seront  fatalement  inclinées.  Disons,  en  passant,  qu’il  faut  aussi  que 
les  images  ne  dépassent  pas  la  dimension  adoptée  (7  X  7),  sinon 
les  projections  débordent  sur  le  cadre  de  l’écran  et,  en  outre,  dVec 
certaines  lanternes,  on  n’obtient  que  des  images  peu  nettes  sur  les 
bords  qui  se  montrent  parfois  irisés. 

Lorsqu’on  dispose  d’un  négatif  sur  lequel  l’image  est  bien  en 
place,  il  est  aisé  de  mettre  la  glace  diapositive  dans  la  position 


voulue,  il  suffit  de  la  superposer  à  la  glace  négative  en  observant  le 
parallélisme  des  bords  ;  mais  les  clichés,  obtenus  au  moyen  des 
détectives,  sont  rarement  dans  ces  conditions;  il  faut  alors,  dans  le 
cabinet  noir,  rectifier  la  position  de  l’image  en  regardant  celle-ci 
par  transparence  au  travers  de  la  glace  diapositive.  Cette  opération 
ne  laisse  pas  que  d’être  assez  délicate,  les  deux  verres  glissent  par¬ 
fois  au  dernier  moment  et  l’on  a,  par  ce  moyren,  un  nombre  assez 
considérables  de  ratés. 

Pour  éviter  ces  inconvénients,  j’emploie  un  châssis  spécial  dont 
l’usage  m’a  donné  une  entière  satisfaction.  L’appareil  est  simple  et 
peu  coûteux,  voici  sa  description  : 


Le  cadre  est  celui  d’un  châssis-presse  ordinaire  dont  les  tra¬ 
verses,  munies  de  ressorts,  sont  éloignées  de  19  centimètres.  Sur  la 
glace  du  châssis  est  collée  une  feuille  de  papier  noir  A,  au  centre 
de  laquelle  on  a  découpé  une  ouverture  carrée  B  de  75  X  75mm, 
c’est-à-dire  un  peu  plus  grande  que  celle  de  la  cache  normale. 

La  planchette  pliante  du  châssis  ordinaire  est  remplacée  par  une 
planchette  rigide  C,  au  centre  de  laquelle  est  découpée  une  ouver- 


—  664  — 


ture  D  de  101  X  86mm,  soit  la  dimension  de  la  plaque  pour  lan¬ 
terne,  plus  un  peu  de  jeu. 

Quand  la  planchette  est  placée  dans  le  châssis,  les  centres  des 
deux  fenêtres  se  superposent  exactement. 

L’ouverture  destinée  à  la  plaque  peut  être  fermée  par  une  plan¬ 
chette  E  de  même  dimension,  munie  d’un  bouton  permettant  de  la 
manœuvrer  facilement.  Cette  planchette  est  doublée  de  papier  noir 
et  est  pressée  contre  la  glace  du  châssis  par  deux  lames  FF  for¬ 
mant  ressorts  et  fixées  sur  la  planche  rigide.  Voyons  maintenant 
comment  on  se  sert  de  l’appareil. 

On  tient  le  châssis  de  la  main  gauche  à  hauteur  de  l’œil,  les 
traverses  ouvertes  vers  le  bas  ;  de  la  main  droite,  on  place  le  négatif 
en  face  de  la  fenêtre  découpée  dans  le  papier  noir  collé  sur  la  glace 
du  châssis,  en  ayant  soin  que  l’image  soit  bien  en  place  sur  l’ouver¬ 
ture  ;  cela  peut  se  faire  en  pleine  lumière.  Une  fois  le  négatif  en 
place,  on  repose  le  châssis  à  plat  sur  la  table  et  l’on  y  met  la  plan¬ 
chette  rigide  que  l’on  fixe  au  moyen  des  traverses  à  ressorts. 

Le  négatif  se  trouve  donc  fixé  entre  la  glace  et  la  planchette 
ajourée  et  l’on  peut  tout  à  son  aise  vérifier  si  l’image  se  présente 
dans  les  meilleures  conditions.  Il  n’y  a  plus  alors  qu’à  rentrer  dans 
le  cabinet  noir  et  à  placer  la  glace  diapositive  dans  l’ouverture  de 
la  planchette,  elle  se  met  nécessairement  juste  où  elle  doit  être; 
on  place  alors  la  petite  planchette,  on  fait  pivoter  les  deux  ressorts 
qui  pressent  la  diapositive  contre  le  cliché  et  l’on  expose  à  la 
lumière. 

Le  châssis  que  j’ai  montré  à  la  Section  de  Bruxelles  a  une  lon¬ 
gueur  de  30  centimètres  et  une  largeur  de  2Q  centimètres.  Avec  ces 
dimensions,  on  peut  l’utiliser  avec  des  négatifs  stéréoscopiques,  ou 
avec  des  plaques  13  X  18  ou  18  X  24,  si  l’on  veut  prendre  une  par¬ 
tie  du  cliché  pour  obtenir  une  diapositive  par  contact. 

Il  va  de  soi  qu’une  fois  le  cliché  fixé  dans  le  châssis,  on  peut  tirer 
un  nombre  indéfini  de  positives  sans  recommencer  la  mise  en  place, 
et  c  est  surtout  dans  ce  cas  que  l’emploi  de  l  appareil  fera  gagner 
beaucoup  de  temps. 

On  peut  aussi  remplacer  la  glace  recouverte  de  papier  noir  par 
une  planchette  dans  laquelle  on  a  découpé  une  ouverture  de 


—  665  — 


75  X  76,  mais  si  l’on  a  affaire  à  de  petits  clichés  (quart  anglais), 
on  a  quelquefois  l’inconvénient  que  le  négatif  n’appuie  pas  sur  tous 
les  bords  et  la  manipulation  est  moins  commode. 

Avec  le  papier  noir  collé,  le  contact  entre  la  glace  du  châssis  et 
le  négatif  n’est  pas  suffisant  pour  qu’il  puisse  se  former  des  anneaux 
de  Newton,  ces  petits  arcs-en-ciel  qui  viennent  parfois  se  mêler 
de  désagréable  façon  à  l’image. 

Ch.  Masson. 


photographie  priçhpome 


ous  extrayons  d’un  article  publié  par 
le  journal  Pliotography .  de  Londres, 
quelques  passages  intéressants  relatifs 
au  procédé  Joly.  Ce  que  nos  lecteurs 
en  connaissent  déjà  ne  saurait  être  de 
nouveau  reproduit  ici  ;  mais  il  est  quel¬ 
ques  explications  de  détails  touchant  à 
la  théorie  même  du  procédé  qu’il  nous 
semble  opportun  d’indiquer. 

«  On  peut  considérer  un  négatif  Joly  comme  se  composant  réel¬ 
lement  de  trois  négatifs  dont  l’un  aurait  été  obtenu  à  travers  un 
écran  orange,  l’autre  à  travers  un  écran  vert  et  le  troisième  à  tra¬ 
vers  un  écran  bleu,  et  ces  trois  négatifs  sont  entremêlés  les  uns  avec 
les  autres  de  bandes  minces  d 'égale  largeur.  » 

Chacun  de  ces  négatifs  distincts  a  été  exposé  dentelle  façon  que 
les  plus  hautes  lumières  de  l’orangé,  du  vert  et  du  bleu,  donnent 
des  opacités  d’un  degré  tel  que  la  transparence  à  travers  ces  opaci¬ 
tés  montre  le  verre  à  nu,  tandis  que  les  ombres  de  la  coloration  la 
plus  intense  auront  une  densité  telle  que  toute  lumière  ne  pourra  les 
traverser. 

Si  toutes  les  couleurs  de  l’écran  pour  voir,  soit  rouge,  vert  et  bleu, 
étaient  également  lumineuses,  il  est  tout  à  fait  évident  que  nous 
aurions  une  impression  erronée  de  la  couleur  de  l’objet.  Mais  en 
obtenant  des  lignes  de  luminosités  différentes,  nous  arrivons  à 
l’impression  réelle  de  la  couleur.  Enfin  la  couleur  d’un  objet 


s’obtient  en  traçant  les  lignes  de  l’écran  pour  voir,  à  travers  lequel 
est  vue  l’image  transparente,  avec  une  couleur  plus  ou  moins 
foncée. 

Quant  au  négatif  qui  doit,  à  l’état  monochrome,  donner  la  valeur 
isochromatique  la  plus  rapprochée  de  celle  des  objets,  il  est  obtenu 
à  travers  les  milieux  orangé,  vert  et  bleu. 

Le  négatif  du  vert  corrigera  à  peu  près  complètement  le  négatif 
de  l’orangé  (usant  des  mots  négatifs  orangé  et  vert  pour  indiquer  les 
négatifs  obtenus  respectivement  à  travers  les  milieux  orangé  et 
vert),  et  si  nous  l’effaçons  avec  le  négatif  du  bleu,  l’objet  sera  repré¬ 
senté  comme  à  l’état  monochrome.  L’addition  du  négatif  du  bleu 
rend  le  résultat  un  peu  moins  correct,  mais  évidemment  beaucoup 
plus  correct  qu’il  le  serait  si  l’on  avait  pris  un  négatif  avec  une 
lumière  ordinaire  et  son  écran  ;  car,  dans  ce  cas,  nous  aurions  ce 
que  l’on  peut  pratiquement  désigner  comme  une  image  entièrement 
reproduite  en  lumière  bleue,  puisque  les  radiations  bleues  sont  bien 
plus  actives,  dans  la  lumière  du  jour,  que  toutes  les  autres. 

Il  est  vrai  que,  comme  Joly  fait  usage  des  plaques  panchroma¬ 
tiques  (spectrum)  de  Cadett,  il  y  a  présomption  de  la  possibi¬ 
lité  de  reproduire  les  autres  couleurs  en  outre  du  bleu  ;  mais 
elles  seront  noyées  dans  une  très  large  proportion  par  les  radiations 
bleues. 

Cadett  dit  que  pour  obtenir  un  rendu  correct  avec  ses  plaques,  il 
est  nécessaire  de  faire  usage,  en  guise  d’écran,  d’une  solution  jaune 
assez  saturée,  de  telle  sorte  qu’il  reconnaît  évidemment  l’absence  de 
sensibilité  de  ces  plaques  aux  couleurs,  dans  la  partie  du  spectre  la 
moins  réfrangible,  soit  dans  les  rouge,  jaune  et  vert.  Il  n’est  donc 
pas  loin  d’être  exact  que  l’emploi  séparé  d’écrans  orangé  et  vert, 
ainsi  que  cela  existe  dans  l’écran  ligné  de  Joly,  donne  pratiquement 
le  même  résultat. 

Il  serait  opportun  de  savoir  quelle  sorte  de  plaque  convient  le 
mieux,  soit  pour  des  reproductions  destinées  à  l’impression  des 
couleurs,  soit  pour  des  monochromes  d’un  rendu  correct. 

Quant  à  ce  dernier  cas,  nous  n’avons  plus  à  être  troublé  par 
aucune  des  théories  relatives  à  la  vision  des  couleurs.  Ce  qu’il  faut, 
c’est  une  plaque  d’une  sensibilité  correspondant  à  toutes  les  couleurs, 


668  — 


de  telle  sorte  que  les  lumières  du  monochrome  correspondent  aux 
luminosités  des  couleurs. 

L’objet  coloré  qu’on  devra  reproduire  à  l’état  monochrome  doit 
être  un  spectre,  et  si  nous  arrivons  à  le  reproduire  correctement, 
chaque  couleur  sera  convenablement  reproduite  quant  à  sa  valeur, 
puisque  la  couleur  de  tout  objet  est  simplement  un  mélange  des 
couleurs  du  spectre. 

Il  est  donc  évident  que  la  plaque  idéale  dont  on  puisse  user,  est 
celle  qui  donnerait  une  transparence  reproduisant  le  spectre  lui- 
même  à  l’état  monochrome,  avec  ses  différentes  luminosités. 

Une  pareille  plaque  est  purement  idéale,  car  elle  n’existe  pas 
malheureusement. 

Il  n’y  a  pas  de  plaque  donnant  le  bleu  avec  le  manque  d’actinisme 
photographique  qui  serait  nécessaire  en  vue  du  succès.  Notre 
plaque  idéale  est  donc  celle  qui  aurait  sa  sensibilité  la  plus  rappro¬ 
chée  du  jaune  et  qui  la  perdrait  aux  abords  du  bleu  et  du  rouge. 

Il  faut  user  d’écrans  employés  ainsi  qu’il  a  été  dit,  pour  réaliser 
une  image  convenablement  rendue. 

Pour  produire  trois  négatifs  également  imprimés  par  les  trois 
couleurs  distinctes,  nous  devons  rechercher  une  plaque  ayant  des 
qualités  très  différentes. 

Dans  ce  cas,  il  est  évident  que  la  plaque  voulue  est  celle  qui  sera 
à  peu  près  également  sensible  à  toutes  les  couleurs  du  spectre 
solaire. 

En  d’autres  mots,  si  nous  considérons  les  trois  courbes  des  sen¬ 
sations  des  couleurs  et  que  nous  les  combinions  entre  elles  pour  n’en 
former  qu’une  courbe  unique,  la  plaque  la  plus  convenable  sera 
celle  qui  donnera,  dans  le  négatif  du  spectre,  des  opacités  capables  de 
conduire  graphiquement  à  une  courbe  d’une  forme  identique. 

En  ce  cas,  si  l’on  fait  usage  d’écrans  colorés  convenables,  lesquels 
devront  tout  couper  de  la  lumière  blanche  excepté  la  sensation  d’une 
des  courbes,  nous  obtiendrons  trois  négatifs  parfaitement  corrects 
et  ceux-ci  nous  fourniront  trois  diapositifs  également  parfaits. 

Toutefois  nous  trouvons  encore  qu’il  n’existe  aucune  plaque 
répondant  au  but  désiré  ;  aussi  est-il  nécessaire  d’admettre  un  com¬ 
promis. 


On  doit  comprendre  que  nous  supposons  toujours  que  les  lumino¬ 
sités  relatives  des  trois  couleurs  dont  on  doit  user  pour  donner  cor¬ 
rectement  la  reproduction  en  couleur  d’un  original,  sont  obtenues 
par  l’emploi  d’écrans  comparables  aux  luminosités  des  couleurs  du 
spectre  qui  sont  employées. 

Il  est  un  autre  moyen  d’obtenir  les  mêmes  résultats,  lequel  con¬ 
siste  dans  la  modification  des  opacités  des  diapositifs  de  façon  à 
ramener  à  leur  vraie  luminosité  les  couleurs  trop  brillantes. 

Dans  ce  cas,  naturellement,  les  diapositifs  du  bleu  ne  présenteront 
aucun  point  de  la  surface  ayant  le  verre  à  nu,  et  la  gradation  entre 
les  plus  grandes  lumières  et  les  ombres  les  plus  intenses  devra  être 
sérieusement  réduite,  ajoutons,  d’une  façon  impraticable.  Encore 
cela  pourrait-il  se  faire  et  nous  avons  eu  nous-même  un  succès  rela¬ 
tif  en  adoptant  cette  méthode,  bien  que  le  travail  présente  d’im¬ 
menses  difficultés. 

Jusqu’à  présent  on  a  considéré  comme  propre  à  tout  genre 
d’applications  toute  plaque  sensible  au  jaune,  mais  une  étude  plus 
approfondie  montrera  que  pour  obtenir  la  rapidité  pour  telle  ou 
telle  coloration,  la  couleur  sensibilisante  de  la  plaque  doit  être 
absolument  différente. 


(Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris.) 


L’ÂIurpinium  dans  la  Lithographie 


l  est  intéressant  de  fournir  aux  zinco- 
graphes  tous  renseignements  relatifs  à 
la  substitution  fort  avantageuse  de  l’alu¬ 
minium  au  zinc,  dans  les  travaux  d’im¬ 
pression  du  genre  lithographique. 

Il  va  sans  dire  que  les  réserves  peuvent 
y  être  créées  avec  l’aide  de  la  photogra¬ 
phie  tout  comme  sur  le  zinc  et  avec 
les  mêmes  méthodes  :  au  bitume  de  Judée 
ou  bien  à  la  gélatine,  à  la  gomme  ou 
à  l’albumine-bichromatée. 

Nous  extrajons  de  l’ Imprimerie  les  précieuses  indications  qui 
suivent  : 

«  Depuis  que  l’expérience  a  prouvé  que  l’aluminium  était  suscep¬ 
tible  de  remplacer  la  pierre  en  lithographie,  l’attention  des  spécia¬ 
listes  s’est  portée  sur  ce  sujet,  et  l’on  s’est  informé  de  connaître 
quelle  méthode  il  fallait  employer  pour  la  préparation  des  plaques 
d’aluminium.  On  était  impatient  de  pouvoir  tirer  une  comparaison 
entre  ce  métal  léger  et  la  pierre  universellement  utilisée  jusqu’à  ce 
jour. 

«  Il  y  a  deux  manières  de  se  servir  de  l’aluminium  pour  l’impres¬ 
sion  lithographique  :  1°  par  la  méthode  de  la  presse  à  bras  où  l’on 
adapte  sur  un  cadre  en  fer  une  feuille  d’aluminium,  le  tirage  se  fai- 


—  671  — 


sant  de  même  que  pour  une  pierre  lithographique  ;  2°  par  le  système 
de  la  presse  mécanique.  Les  planches  d’aluminium  sont  d’un  manie¬ 
ment  infiniment  plus  aisé;  elles  peuvent  être  emmagasinées,  facile¬ 
ment  réservées  pour  un  tirage  ultérieur,  tandis  qu’il  est  peu  prati¬ 
cable  de  conserver  les  pierres  lithographiques  à  cause  de  leur 
poids,  de  l’espace  qu’elles  prennent  et  surtout  du  capital  qu’elles 
représentent. 

«  La  préparation  des  plaques  d’aluminium  destinées  à  l’impres¬ 
sion  est  très  analogue  à  celle  des  plaques  de  /inc.  On  peut,  au  sor¬ 
tir  du  laminoir,  passer  la  planche  à  la  meule  et  appliquer  directement 
le  transport.  Pour  certains  travaux  originaux,  il  est  nécessaire  de 
dépolir  ou  donner  du  grain  à  la  surface  du  métal;  on  y  arrive  par 
la  méthode  de  projection  de  sable  ou  par  un  brassage  avec  des 
billes  de  marbre.  La  plaque  d’aluminium  prête  et  le  transport  ou  le 
dessin  fixé  dessus,  on  continue,  de  même  que  pour  le  zinc  ou  la 
pierre,  en  attaquant  la  surface  avec  une  solution  de  gomme  arabique 
acidulée  légèrement.  Dans  l’impression  à  la  pierre,  on  se  sert  d’acide 
nitrique  et  de  gomme  arabique;  l’acide  attaque  légèrement  la  sur¬ 
face  de  la  pierre,  tandis  que  la  gomme  remplit  les  interstices  du 
grain,  de  telle  sorte  que  les  régions  de  la  pierre  où  ne  se  trouve  pas 
de  dessin  ne  prennent  pas  l’encrage  des  rouleaux. 

«  Dans  le  cas  de  plaques  en  aluminium,  on  se  sert  de  même  d’une 
solution  de  gomme  arabique  acidulée  avec  de  l’acide  chlorhydrique, 
gallique  ou  fluorhvdrique.  Il  y  a  encore  divergence  entre  les  spécia¬ 
listes  sur  le  meilleur  acide  à  employer  ;  certains  préfèrent  un  acide  à 
un  autre,  mais  sans  qu’il  y  ait  un  avantage  bien  marqué.  Quelques 
lithographes  trouvent  utile  de  nettoyer  la  surface  de  l’aluminium 
avant  le  fixage  du  transport,  d’abord  à  la  benzine  pour  enlever  toute 
trace  de  corps  gras,  puis  par  immersion  dans  un  bain  concentré  de 
soude  ou  de  potasse  caustique  un  temps  suffisant  pour  noircir  la 
surface.  Cela  fait,  la  plaque  est  lavée  à  l’eau  bouillante  et  séchée 
dans  de  la  sciure  de  bois  très  chaude.  Ce  procédé  de  décapage  est 
cependant  loin  d’être  général,  car  beaucoup  d’imprimeurs  estiment 
que  pour  tous  les  tirages  usuels,  le  métal  est  suffisamment  propre. 
Ce  décapage  est  même  utilisé  pour  enlever  la  couche  superficielle 
du  métal  au  sortir  du  laminoir  au  lieu  de  faire  le  dépolissage. 


—  672 


«  Les  deux  procédés  sont  avantageusement  employés  ;  cependant 
il  est  hors  de  doute  que  le  décapage  à  la  potasse  caustique,  puis  à 
l’acide  nitrique,  étant  rapide  et  économique,  sera  adopté  très  géné¬ 
ralement.  Néanmoins  il  ne  faut  pas  se  faire  d’illusions;  le  décapage 
demande  beaucoup  de  soins  et  de  coup  d’œil  pour  juger  du  temps 
strictement  nécessaire,  autrement  la  corrosion  devient  intense  si  le 
métal  reste  trop  longtemps  dans  le  bain. 

«  Tout  travail  pouvant  être  exécuté  sur  la  pierre  lithographique 
peut  de  même  être  exécuté  sur  une  plaque  d’aluminium.  Le  résultat 
est  absolument  équivalent,  sinon  supérieur. 

«  Dans  bien  des  cas,  »  ajoute  en  terminant  Y  Industrie  française , 
journal  auquel  nous  devons  une  partie  des  instructions  ci-dessus, 
«  il  est  impossible  d’obtenir  un  tirage  satisfaisant  avec  le  zinc,  ce 
métal  ayant  une  structure  cristalline  préjudiciable.  Il  n’en  est  pas 
de  même  avec  l’aluminiurrï,  qui  est  beaucoup  plus  homogène  et  qui 
possède,  en  outre,  une  porosité  qui  le  rend  justement  avantageux 
pour  faire  l’impression. 

«  Afin  de  remédier  à  l’état  cristallin  du  zinc,  il  faut  traiter  ce 
métal  au  cyanure  de  potassium  ou  avec  une  autre  composition  chi¬ 
mique.  Or,  il  arrive  souvent,  dans  le  cas  de  planches  de  zinc  qui  ont 
subi  l’action  d’un  de  ces  mordants,  que  les  couleurs  sont  détruites 
ou  altérées  et  certaines  couleurs  ne  peuvent  pas  être  utilisées.  » 

(Moniteur  de  la  Photographie.) 


REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


Wiener  freie  Photographen-Zeitung. 

(N°  9.) 

Agrandissements  sur  papier  au  bromure.  —  L’amidol,  comme  développateur, 
tient  toujours  le  record.  E.  Gun,  à  Londres,  préconise  4  gr.  d’amidol,  50  gr.  de 
sulfite  et  650  gr.  d’eau.  Si  l’action  est  trop  rapide,  on  peut  diluer  avec  de  l’eau  ; 
être  prudent  avec  l’addition  de  bromure;  1  goutte  suffit  pour  augmenter  les 
contrastes.  Le  fixage  se  fait  dans  une  solution  d’hyposulfite  de  soude  à  ‘20  p.  c. 
Pendant  le  fixage,  les  contrastes  s’accentuent;  il  est  donc  bon  d’interrompre 
le  développement  avant  que  l’image  ait  atteint  toute  sa  vigueur.  Pour  tons 
sépia ,  on  plonge  l’épreuve,  préalablement  séchée,  dans  un  bain  composé  de 
300  gr.  de  sulfite  de  soude,  30  gr.  d’alun  et  2.000  gr.  d’eau,  chauffé  à  44°  C. 
La  solution  possède  un  aspect  laiteux  et  émet  l’odeur  d’acide  sulfureux.  11  est 
bon,  par  conséquent,  d’opérer  en  plein  air.  L’image  s’affaiblit  dans  ce  bain, 
ce  dont  il  faut  tenir  compte  au  développement  qu’on  poussera  un  peu  plus. 

V.  H. 


Photographisches  Centralblatt. 

(N°  16.) 

Chlorure  d'or.  —  Tandis  que  tous  les  objets  d’or  doivent  porter  le  poinçon  de 
vérification,  il  n’en  est  malheureusement  pas  ainsi  en  ce  qui  concerne  le  chlorure 
d’or,  dont  l’acheteur  ignore  presque  toujours  la  teneur  en  métal.  Talbot  pro¬ 
pose  d’obliger  les  vendeurs  de  chlorure  d’or  d’inscrire  sur  leurs  étiquettes  : 

1  gramme  chlorure  d’or,  contenant . gramme  d’or  métallique  pur.  Outre 

l’avantage  qui  en  résulte  pour  l’acheteur,  la  connaissance  de  la  teneur  exacte 
en  or  est  extrêmement  importante,  lorsqu’il  s’agit  de  préparer  des  bains  de 
virage  suivant  des  formules  données. 

V.  IL 

48 


—  074  — 


Photographisches  Wochenblatt. 

(N°  39.) 

Préparation  de  cartes  postales  sensibilisées. 

I.  Citrate  ferrico-amraonique  (vert)  .  .  .  33  gr. 


Acide  tartrique .  4  » 

Eau  distillée . .200  cm3 

II.  Gélatine  de  bonne  qualité .  G  gr. 

Eau  distillée . 100  cm3 

III.  Nitrate  d’argent . 10  gr. 

Eau  distillée . 100  cm3 


Les  solutions  I  et  III  se  conservent  indéfiniment;  la  solution  I  doit  être 
conservée  dans  l’obscurité  ou  dans  des  flacons  noircis.  Afin  d’assurer  davan¬ 
tage  sa  bonne  conservation,  il  est  bon  d’ajouter  2  gouttes  de  formaline.  La 
solution  II  doit  toujours  être  fraîchement  préparée,  en  faisant  gonfler  la  quan¬ 
tité  voulue  de  gélatine  dans  un  peu  d’eau,  en  y  ajoutant  le  restant  d’eau  et  en 
chauffant  légèrement  au  bain-marie,  en  ayant  soin  que  la  température  ne 
dépasse  pas  50°  C.  Toutes  les  substances  employées  doivent  être  exemptes  de 
chlorures. 

Puis  on  chauffe  la  solution  I  à  3o  40n  C.,  on  la  verse  dans  la  solution  II,  et 
peu  à  peu,  en  agitant  constamment,  on  y  ajoute  la  solution  III.  Si  les  produits 
employés  sont  purs,  aucun  trouble  laiteux  ne  se  produira.  C’est  au  moyen 
de  ce  mélange  que  l’on  sensibilise  les  cartes  postales,  en  les  plaçant  une  à  une 
sur  un  support  propre  et  en  les  enduisant,  au  moyen  d’un  blaireau,  du 
mélange  chaud. 

S’il  est  devenu  froid,  l’enduit  uniforme  s’obtient  plus  difficilement;  par  con¬ 
séquent,  il  est  bon  de  laisser  au  bain-marie  chauffé  à  35-/i0°  C.  le  flacon 
contenant  le  mélange.  Ensuite  on  sèche,  de  préférence  dans  un  endroit  sec  et 
légèrement  chauflé.  Conservées  a  l’abri  du  jour,  les  cartes  ainsi  préparées  se 
gardent  pendant  plusieurs  semaines.  Inutile  d’ajouterque  la  sensibilisation  doit 
se  faire  à  la  lumière  d’une  lampe  à  pétrole.  La  sensibilité  est  supérieure  à  celle 
des  papiers  celloïdins.  Pour  obtenir  de  bonnes  épreuves,  il  Huit  des  clichés 
assez  denses,  avec  suffisamment  de  détails  dans  les  ombres. 

(A  suivre.) 


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V.  IL 


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Concours  Photographique 

ORGANISÉ  PAR  LA 

MANUFACTURE  D’OPTIQUE  E.  SUTER,  fl  BAÜE 

POUR 

Photographes  professionnels  et  amateurs. 


La  manufacture  d’optique  E.  Suter,  à  Bàle,  offre  à  l’occasion  du 
20  anniversaire  de  la  création  de  la  maison,  une  collection  de  prix 
de  la  valeur  de  3,000  francs,  pour  les  concours  suivants  : 

lre  Série.  —  Portraits.  Est  demandée  une  collection  d’au  moins 
3  portraits  isolés  d’une  conception  non  conventionnelle  et  ayant  un 
cachet  artistique  et  un  genre  tout  personnel. 

Dimension  des  épreuves  :  De  la  carte-album  à  grandeur  natu¬ 
relle.  Impression  sur  papiers  à  l’albumine,  au  platine  ou  au  charbon. 

1er  Prix,  un  objectif  de  la  valeur  de  700  francs. 

2e  —  —  —  350  — 

3e  —  —  —  175  — 

4e  —  —  —  100  — 

2“  Série.  —  Groupes.  Est  demandée  une  collection  d’au  moins 
3  groupes  pris  soit  dans  l’atelier,  soit  au  dehors.  Ces  groupes 
devront  dévier  du  genre  habituel  et  montrer  dans  l’arrangement  une 
originalité  à  laquelle  on  puisse  donner  une  valeur  artistique. 

1er  Prix,  un  objectif  de  la  valeur  de  500  francs. 

2e  —  —  —  300  — 

3e  —  —  —  150  — 

4e  —  —  —  100 

3e  Série. — Instantanés,  Paysages,  Architecture.  Est  demandée 


—  G76  — 


une  collection  d’au  moins  3  épreuves  des  genres  ci-dessus.  Pour  les 
instantanés,  il  sera  tenu  compte  tout  spécialement  de  la  netteté  des 
épreuves,  pour  les  paysages  de  l’effet  artistique. 

1er  Prix,  une  chambre  à  main  12  X  16  1/2,  valeur  250  francs. 

2Ü  —  une  trousse  ou  un  objectif  .  .  —  200  — 

3e  —  un  objectif  de  la  valeur  de  ...  .  100  — 

4e  —  —  —  ....  75  — 

Conditions  particulières.  —  Toutes  les  épreuves  envoyées  pour 
le  concours  devront  avoir  été  obtenues  avec  des  objectifs  provenant 
de  la  manufacture  d’optique  E.  Suter,  à  Bâle,  le  cas  échéant,  la 
preuve  devra  en  être  fournie.  Autant  que  possible  ces  épreuves  ne 
devront  pas  encore  avoir  figuré  à  une  exposition  photographique. 

Le  jury  sera  composé  de  MM.  Reutlinger,  Paris;  L.  Schrank, 
Vienne;  B.  Dittmar,  Munich;  C.  Ruf,  Fribourg;  G. -H.  Emmerich, 
Munich;  F.  Tersch,  Munich;  E.  Suter,  Bâle. 

Les  épreuves,  collées  sur  carton,  mais  non  encadrées,  devront 
être  envoyées  jusqu’au  15  mars  1899,  à  la  manufacture  d’optique 
E.  Suter,  à  Bâle;  les  membres  du  jury  commenceront  leur  travail 
le  18  mars  et  le  résultat  sera  connu  le  15  avril  1899. 

Les  épreuves  primées  seront  reproduites  dans  plusieurs  journaux 
photographiques.  Pour  ces  épreuves  ainsi  que  pour  toutes  les  autres 
envoyées,  le  droit  de  reproduction  passera  à  la  maison  E.  Suter,  à 
Bâle,  qui  organise  le  concours. 

Les  primés  des  pe  et  2e  séries  auront  le  droit  du  choix  de  l’objec¬ 
tif  suivant  le  catalogue  de  la  maison. 

Les  épreuves  doivent  être  envoyées,  munies  d’une  devise  et  de 
l’indication  exacte  de  l’objectif  employé;  sous  pli  spécial,  l’envoyeur 
donnera  le  nom  correspondant  à  la  devise  marquée  sur  les  épreuves. 


JOUtflNMUJX  ÎREÇUS 


Belgique. 

L'Objectif,  n°  51. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Belgique,  n°  22. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  422,  423,  424,  425. 

Revue  bibliographique  belge,  n°  10. 

Allemagne. 

Deutsche  Photographen  Zeitung,  nos  43,  44,  45,  46. 
Photogruphisches  Centralblatt,  nos  19,  20. 

Der  Amateur-Photograph,  n°  11. 

P hotographische  Mittheïlungen,  nos  14,  15. 

Photographische  Chronih,  nos  43,  44,  45,  46. 

Photographisclxes  Wochenblatt,  nos  42,  43,  44,  45. 

Internationale  Photographische  Monatsschrift  fur  Medizin,  n°  10. 
Praktischer  Rathgeber,  n°  20. 

Lias  Atelier  des  Photographen,  n°  11. 

Photographische  Rundschau,  n°  11. 

Autriche. 

Photographische  Correspondenz,  n°  45S. 

Wiener  Photographische  Blqtter,  n°  11. 

Wiener  freie  Photographen  Zeitung,  n°  10. 

Danemark. 

Beretninger  fra  Dansk  fotografish  Forening,  n°  10. 

États-Unis. 

Anthony' s  Bulletin,  n°il. 

St-Louis  Photographen,  n°  11. 


678 


France. 


Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  nos  20,  21. 
Moniteur  de  la  Photographie,  nos  20,  21. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  93. 

Photo-Gazette,  n°  12. 

Photo-Journal,  n°  104. 

La  Photographie,  n°  11. 

Ombres  et  Lumière,  n°  40. 

L’ Avenir  photographique,  n°  SI. 

Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  nos  S,  9. 

Photo-Revue,  n°  7 bis. 

Bulletin  de  la  Société  photographique  du  Nord'  de  la  France,  n°  S. 
La  Science  illustrée,  nos569,  570,  571,  572. 

La  Science  en  famille,  nos  46,  47. 


Grande-Bretagne. 


British  Journal  of  Photography ,  nos  2007,  200S,  2009,  2010. 
Photographie  News,  nos  147,  148,  149,  150. 

The  Photographie  Journal,  n°  2. 

The  Journal  of  the  Caméra  Club,  n°  150. 

Photography ,  nos  519,  520,  521,  522. 

The  Amateur  Photographe r,  nos733,  734,  735,  736. 

The  Practical  Photographe)',  nos  102,  103,  104,  105. 

The  Photogram,  n°  59. 

Proccss  Work  and  the  Printer,  n°  66. 


Italie. 


Revista  scientifico-artistica  di  Fotografia,  n0K  S,  9. 
Il  Progresso  fotografico,  n°  10. 

Il  Dilettante  di  Fotografia,  n°  102. 


Suisse 


Revue  suisse  de  Photographie,  nos  8,  9. 

Les  Procédés  modernes  d’illustration,  n°  5. 


•g  >»1»|  1*1»  cfr»  Hy>  I*j">  *1*1  cjl  »>>  !»1*|  i*i*i  1*1*1  *1*1  cj^  '»!**  <»!•>  O 


Qos  IllustpQtions  -«*• 


Le  Chemin  sablonneux  de  M.  Gehrkens  jun.,  membre  de 
la  Gesellscliaft  \ur  Forderung  der  Amateur  Photographie  de 
Hambourg,  est  la  reproduction  d’une  épreuve  à  la  gomme  bichro- 
matée  qui  a  figuré  à  notre  dernier  salon. 

Ardaine.  —  Portail  de  l’ Église  abbatiale.  —  M.  Joseph 
Casier,  président  de  Y  Association a  bien  voulu  nous  autoriser  à 
reproduire  cette  planche  extraite  de  son  charmant  album  :  En 
Normandie. 

Les  reproductions  en  phototypographie  sortent  des  ateliers  de 
M.  J.  Malvaux,  à  Bruxelles. 


Illustrations  dans  le  texte  de  MM.  le  D*  Paradis  et 
L.  Misonne.  L’épreuve  de  la  phototypographie  de  la  page  GGO 
n’étant  pas  signée,  l’auteur  est  prié  de  se  faire  connaître. 


Lettrines  de  MM.  Bayart,  Bidart,  Maes,  Michel,  Puttemans, 
Léon  Roland,  Rousseau  et  Stadeler. 


Conseil  d' administration.  —  Membres  admis . 

Résultat  du  concours  'photographique  des  régates  d’Anvers 

Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  d’Anvers.  —  Séance  du  3  octobre  1898. 

Décès  du  lieutenant  général  van  Eechout.  —  Date  des  séances.  — 

Concours.  —  Questions  à  traiter  en  séance . , 

Phototypes  affaiblis  par  le  persulfate  d’ammoniaque.  —  Pellicules 
Vitroses.  —  Épreuves  sur  papier  Electric.  —  Confection  de  diapo¬ 
sitives,  par  M.  Maes . 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  12  octobre  1898. 

Excursion  sur  l’Escaut  du  mois  de  juillet . 

Décès  de  MM.  Remacle  et  du  lieutenant  général  van  Eechout.  _ 

Etiquette  pour  diapositives.  —  Essai  de  la  pyrocatéchine.  —  Con¬ 
cours  de  photographie.  — ■  Pellicules  Vitroses  —  Photographies 

en  relief.  —  Papier  Self  toning . 

Causerie  de  M.  Puttemans  :  Acides,  bases  et  sels . 

Séance  du  26  octobre  1898. 

Conférence  de  M.  Mathieu  sur  la  reproduction  des  couleurs.  —  Con¬ 
cours  de  photographie . 

Châssis  pour  diapositives  de  M.  Masson.  —  Conférence  de  M.  Weiss 
sur  la  lampe-éclair  de  son  invention . 

Section  de  Gand.  —  Séance  du  2  juin  1898. 

Session  de  l’Union  internationale  —  Causerie  de  M.  Spilthoorn 

sur  le  bain  fixateur . 

Appareil  stéréoscopique  et  stéréoscope  de  Bellieni.  —  Projections. 
—  Jeton  de  présence . 


PAGES. 

625 

626 


627 

62S 


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631 


631 

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637 


—  681  — 


PAGES. 

Séance  du  4  août  1808. 

Compte  rendu  de  la  session  de  l’Union  internationale.  -  Excursion. 

—  Concours  sur  l’Escaut.  —  Le  rôle  du  diaphragme  dans  les  ob¬ 
jectifs.  —  Machine  à  imprimer  donnant  par  un  tirage  unique  des 

reproductions  en  différentes  couleurs . 638 

Anvers  maritime,  présentation  par  M.  Spilthoorn . 639 

Séance  du  6  octobre  189S 

Concours  des  régates  d’Anvers.  —  Décès  du  lieutenant  général  van 
Eechout.  —  Épreuves  en  couleurs  de  MM.  Mathieu-Dery.  —  Cau¬ 
serie  de  M.  de  Nobele  sur  l’identification  anthropométrique  .  .  639 

Papier  Résine.  —  Projections.  —  Jeton  de  présence . 640 

Section  de  Liège.  —  Séance  du  11  octobre  1898. 

Remerciements  à  M.  Léon  Roland,  président  sortant.  —  Exposition 

d’art  photographique . 644 

Programme  des  séances.  —  Budget.  —  Fixation  du  jour  des  séances. 

—  Jeton  de  présence  au  commissaire  délégué  auprès  du  Conseil 

d’administration.  —  Pellicules  Vilroscs . 642 

Halo.  —  Double  développement.  —  Épreuves  de  M.  Marissiaux.  — - 
Présentation  de  membres  .  .  . 643 

Section  de  Louvain.  —  Séance  du  4  novembre  1898. 

Concours  des  vacances . 644 

Organisation  d’un  nouveau  concours . 645 

Concours  Suter.  —  Photographie  des  couleurs . 646 

Section  de  Namur.  —  Séance  du  5  octobre  1898. 

Plaques  «  Noir  et  Blanc  ».  —  Épreuves  deM.  Jossart.  —  Projections 

à  la  lumière  de  l’acétylène . 647 

La  latitude  du  temps  de  pose  en  photographie,  par  P.  Mercier  .  .  .  649 

L'éclairage  du  laboratoire  pour  les  plaques  orthochromatiques,  par  h; 

capitaine  W.  de  W.  Abney . 654 

Nouveau  dévcloppateur  à  la  glycine,  par  J.  Bock  .  .  .  f  .  .  .  659 

Châssis  pour  le  tirage  des  diapositives,  par  Ch.  Masson . 662 

Photographie  trichromc,  par  W.  de  W.  A . 666 

L’aluminium  dans  la  lithographie . 670 

Revue  des  journaux  photographiques. 

Wiener  freie  Photographen-Zeitung . 

N°  9.  —  Agrandissements  sur  papier  au  bromure . 673 

P hotographisches  Centralblatt. 

N°  16.  —  Chlorure  d’or . 673 

Photographisches  Wochenblatt. 

N°  39.  —  Préparation  de  cartes  postales  sensibilisées . 674 


682  — 


PAGES. 

Concours  photographique  organisé  par  la  manufacture  d'optique 


E.  Suter,  à  Bàle .  .  675 

Journaux  reçus . 677 

Nos  illustrations . 679 

Sommaire. 


1 


i 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


C.  Puyo. 


i’hototypographie  J.  Mal  vaux. 


CAUSERIE  NOCTURNE 


ASSOCIATION  BELGE  DE  PHOTOGRAPHIE 


m-pifp 


Karl  Greger. 


Phototypograplue  J.  Malvaux. 


L’ETANG  DANS  LA  FORET 


BULLETIN 


N°  12.  —  25me  ANNÉE.—  VOL.  XXV. 

(3e  SÉRIE.  —  VOL.  V.) 


ASSEJVlBliÉE  GÉJJÉl?AIiE  EXTl}flOf}DlflAIf?E 

tenue  à  Bruxelles,  le  20  novembre  1898 
Présidence  de  M.  Jos.  Casien,  président 


ssistaient  à  la  séance  :  Mes¬ 
sieurs  Massange  de  Louvrex, 
Joseph  Maes,  A.  Nyst,  Ch. 
Puttemans,  Noaillon,  comman¬ 
dant  H.  Peltzer,  Masson,  Ro¬ 
bert,  Léon  Roland,  de  Raet, 
docteur  Paternotte,  comman¬ 
dant  L.  Pavard,  Suars,  J.  Fallon,  Éd.  Jossart,  Ad.  Dupont, 

49 


—  68G  — 


H.  Vassal,  J.  Bardin,  Vermeiren,  Magnien,  Lefebvre  de  Sardans, 
A.  Rutot,  R.  Rousseau,  Parmentier,  Nopère,  Mouton,  Paul  Da- 
vreux,  A.  Malvaux,  Durieu,  M.  Hanssens,  P.  Fraikin,  Alexandre, 
R.  Simoneau,  J.  Frennet,  Smeesters,  Ernotte,  Bourgois,  Anspach, 
H.  Anspach,  J.  Boitson,  Lavalette-Weinknecht,  G.  Dupret, 
Ant.  Massange,  A.  Lunden,  V.  Selb,  V  .  Prinz,  A.  Leirens, 
A.  Goderus,  H.  Brunin,  G.  Servaes,  L.  Declercq,  L.  Van  Neck, 
Van  Lint,  Bronkhorst,  G.  Masure,  écuyer  de  Creeft,  Ledure, 
Watrigant,  Brand,  Deridder,  Langlé,  De  Vincke,  Stadeler,  Del- 
croix  et  Vanderkindere,  secrétaire  général. 

Se  sont  fait  excuser  :  MM.  Bucquet,  R.  Ickx  et  A.  de  Gryse. 

La  séance  est  ouverte  à  2  1/2  heures. 

La  parole  est  au  secrétaire  général  pour  donner  lecture  du  pro¬ 
cès-verbal  de  l’assemblée  générale  du  15  mai  1898. 

Ce  procès-verbal,  qui  ne  donne  lieu  à  aucune  observation,  est 
adopté. 

M.  Casier,  président,  se  lève  pour  rendre  un  dernier  hommage 
aux  deux  éminents  collègues  que  l’Association  a  perdus  depuis  la 
dernière  assemblée,  M.  le  Dr  Candèze,  de  la  Section  de  Liège, 
ancien  président  de  l’Association,  et  M.  le  lieutenant  général  van 
Eechout,  de  la  Section  de  Gand,  deux  membres  fondateurs  qui  ont 
toujours  montré  un  très  grand  dévouement  à  notre  Associa¬ 
tion. 

Élection  d'un  commissaire  en  remplacement  de  M.  Orban-Viot, 

démissionnaire. 

M.  E.  Orban-Viot,  que  ses  occupations  empêchaient  d’assister 
régulièrement  aux  séances  du  Conseil  d’administration,  ayant  donné 
sa  démission,  il  y  a  lieu  de  pourvoir  à  son  remplacement.  La  Sec¬ 
tion  de  Liège  à  laquelle  appartient  M.  Orban,  a  émis  le  vœu  de 
voir  nommer  M.  Léon  Roland,  ancien  président  de  la  Section  lié¬ 
geoise.  Aucun  autre  candidat  n’est  proposé. 

On  passe  au  vote.  Le  dépouillement  donne  le  résultat  suivant  : 

Votants,  63.  —  M.  Roland  obtient  58  voix. 

En  conséquence,  M.  Casier,  président,  proclame  M.  Léon  Ro¬ 
land  commissaire  au  Conseil  d’administration. 


—  087  — 


M.  Roland  remercie  l’assemblée  de  cette  marque  de  confiance. 
Choisi  par  la  Section  de  Liège,  il  représentera  les  intérêts  de  sa 
Section,  mais  élu  par  l’assemblée  générale,  il  considérera,  avant 
tout,  l’intérêt  général  de  l’Association  à  laquelle  il  promet  son  con¬ 
cours  le  plus  dévoué.  {Applaudissements .) 

Présentation,  comme  membres  d'honneur,  de  MM.  Maurice  Buc- 

quet  et  Ernst  Juki. 

M.  le  Président  dit  qu’à  la  suite  des  fêtes  du  XXVe  anniver¬ 
saire  de  la  fondation  de  l’Association,  le  Conseil  d’administration 
avait  décidé  de  proposer  à  la  première  assemblée  générale  de  nom¬ 
mer  membres  d’honneur  MM.  Bucquet,  président  du  Photo-Club , 
de  Paris,  et  Ernst  Juhl,  président  de  la  Gesellschaft  \ur  Farde- 
rung  der  Amateur  Photographie,  de  Hambourg.  Il  rappelle  le  rôle 
important  joué  par  ces  messieurs,  dans  leur  pays,  pour  la  défense 
et  la  propagation  de  l’art  photographique  qui  leur  doit  l’épanouis¬ 
sement  auquel  il  est  arrivé  en  France  et  en  Allemagne.  L’Associa- 
tion  est  heureuse  de  pouvoir  leur  rendre  un  hommage  public  en 
leur  décernant  un  titre  jusqu’ici  réservé  aux  savants  qui  avaient 
tait  faire  des  progrès  à  la  photographie  comme  science.  L’Associa¬ 
tion  doit  savoir  gré  en  outre  à  MM.  Bucquet  et  Juhl,  d’avoir  assisté 
l’Association  d’une  façon  très  efficace  dans  l’organisation  de  la  der¬ 
nière  exposition.  Enfin,  ils  ont  montré  dans  quelle  estime  ils  tenaient 
notre  Société  en  se  rendant,  le  15  mai  dernier,  à  Bruxelles,  pour 
honorer  nos  fêtes  de  leur  présence. 

M.  Roland  appuie  la  proposition  et  ajoute  que  ces  messieurs 
ont,  de  la  façon  la  plus  aimable,  permis  à  la  Section  de  Liège  d’ex¬ 
poser  pendant  quelques  jours  les  œuvres  de  leurs  deux  sociétés 
après  la  fermeture  du  Salon  de  l’Association. 

La  proposition  du  Conseil  d’administration  est  adoptée  par  accla¬ 
mations;  en  conséquence,  MM.  Maurice  Bucquet  et  Ernst  Juhl 
sont  proclamés  membres  d’honneur  de  l’Association.  ( Longs  applau¬ 
dissements.) 

Le  Musée  de  photographies  documentaires. 

La  parole  est  donnée  à  M.  L.  Roland  qui  expose  le  but  pour¬ 
suivi  par  les  fondateurs  du  Musée  de  Paris.  Il  voudrait  voir  l’Asso- 


—  688  — 


ciation  créer  une  institution  pareille  en  Belgique.  Il  montre  le 
grand  intérêt  qu’il  y  aurait  pour  tous  à  trouver  réunis  en  un  local 
les  innombrables  photographies  éparpillées  aujourd’hui  dans  les 
albums  des  amateurs,  sans  profit  aucun  pour  les  arts  et  les 
sciences.  Et  pourtant  quel  trésor  de  documents  sont  ainsi  perdus. 
Nous  n’en  sentons  peut-être  pas  assez  l’intérêt,  parce  qu’il  n’est 
pas  immédiat,  mais  il  faut  travailler  pour  les  générations  futures. 
Combien  ne  regrettera-t-on  pas  souvent  le  manque  de  documents 
précis  sur  des  événements  historiques  !  Tout  est  intéressant  pour 
la  science,  tout  est  document.  M.  Roland  convie  donc  l’Association 
qui  est  mieux  placée  en  Belgique  que  n’importe  qui  de  créer  un 
Musée  de  photographies  documentaires. 

M.  Noaillon  se  lève  pour  combattre  la  proposition  de  M.  Ro¬ 
land,  dont  il  est  cependant  partisan  : 

Voilà  quatre  ans  que  M.  Roland  défend  la  cause  du  Musée 
documentaire,  et  voilà  quatre  ans  qu’il  me  rencontre  en  adversaire 
de  son  projet.  Et  je  me  réjouis  d’avoir  combattu  M.  Roland,  car  je 
vois,  avec  plaisir,  qu’aujourd’hui  il  a  fait  un  pas  vers  moi.  Il  y  a 
quatre  ans,  M.  Roland  demandait  de  nous  affilier  au  Musée  de 
Paris.  Je  me  suis  opposé  à  cette  idée.  On  ne  comprend  bien  des 
documents  que  dans  leur  pays  d’origine.  Ce  que  je  voudrais,  c’est 
que  chaque  Section  s’occupât  de  créer  un  Musée  local;  je  suis 
adversaire  de  la  centralisation.  Nous  réussirons  beaucoup  mieux  en 
commençant  par  faire  petit. 

Je  soumets  donc  ces  idées  au  Conseil  d’administration,  et  j’es¬ 
père  qu’il  en  tiendra  compte  lorsqu’il  discutera  la  proposition  de 
M.  Roland.  . 

M.  Roland  répond  que  s’il  a  modifié  sa  première  proposition  et 
s’il  préconise  le  Musée  belge,  c’est  que  depuis  lors,  le  Conseil  d’ad¬ 
ministration  a  admis  le  principe  d’un  Musée  documentaire,  et  que, 
dans  ces  conditions,  il  n’était  plus  nécessaire  de  s’adresser  à  celui 
de  Paris. 

Le  Président  dit  qu’il  ne  peut  entrer  dans  les  vues  de  l’Assem¬ 
blée  de  discuter  aujourd’hui  la  proposition  de  M.  Roland  (Non! 
non  !)  et  qu’elle  sera  examinée  en  Comité  et  reviendra  devant  une 
prochaine  assemblée.  — Adopté. 


G89  — 


Photographies  astronomiques. 

Le  président  accorde  la  parole  à  M.  W.  Prinz,  professeur  à 
l’Université  libre  de  Bruxelles.  M.  Prinz  fait  passer  sous  les  yeux 
de  l’assistance  une  superbe  série  de  photographies  lunaires. 

Il  commence  par  montrer  les  appareils  anciens  et  modernes  qui 
ont  servi  ou  servent  à  photographier  les  astres,  puis  projette  une 
vue  superbe  de  la  pleine  lune;  il  explique  ensuite  la  formation 
des  cratères  et  des  mers  lunaires  et  démontre  que  les  phénomènes 
qui  se  sont  passés  sur  notre  satellite  se  présentent  également  sur  la 
terre. 

Des  applaudissements  prolongés  succèdent  à  la  dernière  vue,  et 
prouvent  l’intérêt  que  l’assistance  a  éprouvé  à  écouter  l’instructive 
causerie  de  M.  Prinz  et  en  admirant  les  superbes  diapositives 
obtenues  par  l’honorable  professeur. 

Le  président  se  fait  l’interprète  de  ces  sentiments  en  félicitant 
M.  Prinz  et  en  le  remerciant  de  son  important  concours  au  succès 
de  l’assemblée  de  ce  jour. 

Diapositives  Joly. 

Le  secrétaire  général  annonce  que  l’Association  a  la  bonne  for¬ 
tune  de  pouvoir,  la  première  sur  le  continent,  montrer  des  diapo¬ 
sitives  obtenues  d’après  le  procédé  inventé  par  le  professeur  Joly, 
de  Dublin.  Il  explique  brièvement  le  procédé  avant  de  passer  à  la 
projection. 

Nous  nous  contenterons,  ici,  de  rappeler  qu’il  s’agit  d’un  procédé 
qui  permet  la  projection  de  photographies  en  couleurs  à  l’aide  d’un 
seul  cliché. 

On  fait  un  négatif  sur  une  plaque  panchromatique  devant  laquelle 
a  été  placé  un  écran  rayé  de  lignes  oranges,  vertes  et  bleues.  On 
tire  alors  un  positif  sur  une  plaque  ordinaire  au  gélatino-chlorure, 
on  applique  contre  cette  plaque,  au  lieu  du  verre  mince  ordinaire,  un 
nouvel  écran  ligné  de  rouge,  vert  et  bleu,  et  si  les  opérations  ont 
été  bien  conduites,  les  couleurs  des  objets  sont  fidèlement  repro¬ 
duites. 

Les  projections  qui  suivent  cette  démonstration  sont  fort  admi¬ 
rées  pour  leur  pureté  dans  le  rendu  des  couleurs. 


—  690  — 


Quelques-uns  trouvent  déplaisant  le  réseau  qui  se  marque  assez, 
l’agrandissement  des  clichés  8X8  ayant  été  porté  à  2m,80.  L’image 
a  l’aspect  d’une  tapisserie;  mais  on  s’accorde  à  trouver  que  les 
couleurs  sont  très  franches  et  exemptes  des  tons  déplaisants  qui 
déparent  tant  de  photographies  obtenues  à  l’aide  du  procédé  aux 
trois  couleurs. 

Bref,  les  projections  obtiennent  un  très  grand  succès,  et  sur  la 
proposition  du  secrétaire  général,  l’assemblée  vote  des  remercie¬ 
ments  à  M.  L.  Warnerke,  membre  d’honneur  de  l’Association,  qui 
a  bien  voulu  servir  d’intermédiaire  entre  l’Association  et  MM.  New¬ 
man  et  Guardia  qui  représentent  à  Londres  la  Natural  Color  Pho¬ 
tographie  Society  de  Dublin,  détentrice  des  brevets  Joly. 

Procédé  1res. 

Le  dernier  objet  à  l’ordre  du  jour  est  la  projection  de  photogra¬ 
phies  en  couleurs  d’après  le  procédé  Ives. 

Le  secrétaire  général  explique  brièvement  le  mécanisme  de  ce 
procédé. 

M.  Ives  est  l’inventeur  du  Chromoscope  que  l’on  commence  à 
connaître  assez  bien.  Il  a  appliqué  son  système  à  la  projection. 

Comme  pour  le  Chromoscope,  on  cherche  à  obtenir  trois  néga¬ 
tifs  monochromes  rendant  respectivement  la  valeur  exacte  des  trois 
couleurs  primaires.  On  tire  trois  positifs  monochromes  également. 
Les  couleurs  s’obtiennent  par  l’interposition  de  verres  colorés.  Un 
verre  bleu,  un  verre  vert  et  un  verre  rouge. 

L’appareil  qui  sert  à  projeter  ces  images  est  une  lanterne  ordinaire 
dont  on  enlève  l’objectif  et  le  condensateur  qu’on  remplace  par 
un  appareil  spécial  appelé  The  Lantern  Kromskop.  Cet  appareil 
est  composé  d’un  petit  condensateur,  d’un  jeu  de  glaces  et  de  mi¬ 
roirs  qui  divisent  la  lumière  en  trois  faisceaux  lumineux.  Ces  fais¬ 
ceaux  lumineux  traversent  les  verres  en  couleur  et  les  positifs  qui 
sont  projetés  sur  l’écran  par  trois  objectifs  montés  de  telle  sorte 
que  les  trois  images  puissent  se  superposer  exactement. 

Les  projections  qni  succèdent  à  cette  explication  sont  très  inté¬ 
ressantes;  le  fondu  des  couleurs  semble  meilleur  que  dans  les  vues 
Joly;  mais  l’appareil  de  projection,  très  compliqué  en  somme,  ab- 


—  691 


sorbe  une  grande  quantité  de  lumière;  aussi  les  couleurs  sont-elles 
moins  vives.  On  admire  surtout  un  papillon  aux  ailes  bleues  et  un 
panier  de  fraises  renversées  sur  une  feuille  de  chou.  Un  des  intérêts 
de  ce  procédé  réside  dans  la  possibilité  qu’il  y  a  de  décomposer  la 
lumière  et  de  montrer  ainsi  à  un  grand  auditoire,  d’une  façon 
frappante,  le  rôle  de  chaque  couleur  primaire. 

Un  des  inconvénients  de  l’appareil  réside  dans  le  foyer  du  petit 
condensateur  qui  est  tellement  court  que  l’arc  électrique  doit  pres¬ 
que  être  en  contact  avec  le  verre,  d’où  échauffement  considérable  de 
la  caisse  et  danger  de  bris  de  la  lentille. 

L’assemblée  ne  ménage  néanmoins  pas  ses  applaudissements.  Ici 
encore  il  convient  de  remercier  M.  Warnerke  de  son  bienveillant 
concours  ainsi  que  le  Photochromoscope  Syndicate,  limited,  de 
Londres,  qui  a  gracieusement  mis  à  notre  disposition  l’appareil  de 
projection  ainsi  que  douze  vues 

La  séance  se  termine  par  la  remise,  comme  jeton  de  présence, 
d’une  superbe  photogravure,  le  Faucheur,  de  notre  confrère  Maris- 
siaux,  de  Liège,  gravée  par  M.  Malvaux,  ou,  au  choix,  la  Mare ,  de 
notre  collègue  D.  Declercq,  gravée  par  MM.  Meisenbach,  Rif- 
farth  et  Cie,  de  Berlin. 

La  séance  est  levée  à  6  heures. 

A  l’issue  de  la  séance,  M.  Van  Neck  présente  un  nouveau  modèle 
de  lampe  électrique  pour  lanterne,  une  série  de  photographies  en 
couleurs  d’après  le  procédé  Mathieu-Dery,  un  objectif  Cooke,  un 
stéréoscope,  etc. 


Sectiof)  de  Bruxelles 

SÉANCE  DU  9  NOVEMBRE  1898 
Présidence  de  M.  Puttemans,  président 


ssistaient  à  la  séance  :  MM.  Cu- 
mont,  Rutot,  Lefebvre  de  Sar- 
dans,  Magnien,  Peltzer,  Ver- 
meiren,  Nyst,  Delevoy,  Durieu, 
Bidart,  Masson,  Ernotte,  de 
Raet,  Bayart,  Mouton,  Boit 
son,  Nopère,  AVatrigant,  Ky- 
meulen,  Paradis,  Dupret,  Pollet,  Leys,  Y.  Van  Beesen,  Lavalette, 
Maurin,  Smeesters,  Poupart,  Simon,  Hanssens,  Dricot,  Vander- 
kindere,  Delcoigne,  Broothaerts,  Louvois,  Langlé,  Bronckhorst, 
Paternotte,  Lacomblé,  Frennet,  Van  Lint,  Delcroix,  Parmentier, 
J.  A  an  Beesen,  Bray,  Van  Lint  et  Stadeler,  secrétaire. 


Le  procès-verbal  de  la  séance  du  26  octobre  est  lu  et  adopté. 

M.  le  président  donne  lecture  d’une  lettre  de  notre  confrère 
M.  De  Meuter,  qui  met  gracieusement  à  la  disposition  des  membres 
son  salon  de  pose,  ses  laboratoires  et  son  atelier  d’agrandissement, 
le  tout  éclairé  à  l’électricité,  ce  qui  permet  de  travailler  par  tous  les 
temps  et  le  soir. 

L’Assemblée  prend  bonne  note  de  cette  amabilité  et  M.  le  Pré¬ 
sident  propose  de  remercier  notre  confrère.  (. Applaudissements .) 

Lecture  est  donnée  des  conditions  du  concours  Suter,  dont  le 
programme  figurera  au  Bulletin. 

Il  est  mis  en  circulation  une  épreuve  des  clichés  faits  dans  le 


—  693  — 


local  à  la  lumière  aluminique,  à  l’aide  de  la  lampe  éclair,  par 
M.  Weiss  et  dont  il  a  été  rendu  compte  dans  le  dernier  procès- 
verbal. 

M.  Bidart  fait  part  des  résultats  qu’il  a  obtenus  avec  le  réducteur 
au  persulfate  d’ammoniaque.  Non  seulement  la  réduction  des  clichés 
s’est  parfaitement  produite  en  respectant  les  détails,  mais  de  plus 
le  réducteur  a  enlevé  toute  trace  de  voile  jaune  ou  rouge.  La  solu¬ 
tion  employée  était  composée  de  10  grammes  de  persulfate  pour 
300  grammes  d’eau.  Il  faut  agir  de  préférence  sur  des  clichés  secs, 
ainsi  que  cela  a  déjà  été  recommandé,  mais  en  évitant  avec  le  plus 
grand  soin  toute  trace  d’iryposulfite  de  soude  aux  doigts,  qui  pro¬ 
voque  des  taches  indélébiles. 

M.  le  président  montre  un  ajutage  qui  peut  être  placé  à  tous  les 
robinets,  en  vue  d’éviter  le  rejaillissement  de  l’eau  à  haute  pression, 
comme  cela  se  produit  avec  la  distribution  de  la  ville. 

Avant  de  donner  les  résultats  des  délibérations  du  jury  qui  a  eu 
à  apprécier  les  œuvres  envo}rées  au  concours  de  photographie, 
M.  le  président  exprime  à  cette  occasion  toute  sa  satisfaction. 
Depuis  bien  des  années,  la  Section  n’a  eu  à  enregistrer  semblable 
succès.  Il  se  félicite  surtout  de  voir  que  nos  membres,  qui  se  consa¬ 
crent  avec  tant  de  zèle  à  la  projection,  savent,  à  l’occasion,  produire 
des  épreuves  de  valeur. 

Le  secrétaire  donne  lecture  de  son  rapport. 

Le  jury  a  accordé  les  distinctions  suivantes  : 

Section  A.  —  Trois  épreuves  d’une  dimension  d’au  moins 
18  X  34  centimètres. 

Cinq  concurrents.  —  1er  prix  (médaille)  :  M.  M.  Vanderkindere  ; 
2e  prix  une  photogravure)  :  M.  M.  Hanssens. 

Le  jury  adresse  des  félicitations  à  MM.  Bray,  Ernotte  et  Piot. 
M.  Piot  a  présenté,  entre  autres,  un  Marais  d’un  impressionnant 
effet. 

Section  B.  —  Six  épreuves  de  dimensions  inférieures  à 
18  X  34  centimètres. 

Huit  concurrents.  —  1er  prix  (médaille)  :  M.  F.  Leys;  2e  prix 
(nécessaire  de  Radiotint  offert  par  M.  Brothaerts)  :  M.  M.  Hans¬ 


sens. 


—  694  — 


Le  jury  a  remarqué  les  envois  de  MM.  Decoen,  Ernotte,  Peltzer, 
Kymeulen,  Paradis  et  Magnien. 

Section  G.  —  Six  diapositives  pour  projections. 

Six  concurrents.  —  1er  prix  (médaille)  :  M.  C.  Masson. 

Le  jury  félicite  particulièrement  M.  Bidart  pour  ses  épreuves 
très  remarquables. 

M.  le  président  félicite  les  lauréats  et  annonce  que  la  distribution 
des  médailles  et  primes  aura  lieu  à  la  prochaine  séance. 

On  passe  ensuite  à  la  projection  des  positives  envoyées  au  con¬ 
cours. 

On  applaudit  divers  paysages  de  MM.  Paradis,  Kymeulen  et 
Hanssens.  Quelques  scènes  de  genre  de  M.  Peltzer  obtiennent  un  vif 
succès,  mais  la  lutte  est  surtout  circonscrite  entre  MM.  Bidart  et 
Masson  qui  présentent  différents  paysages  d’égale  valeur  de  part  et 
d’autre.  En  fin  de  compte,  quelques  clichés  de  glaciers  pris  par 
notre  confrère  M.  Masson,  lors  d’une  excursion  récente  en  Nor¬ 
vège,  emportent  les  suffrages  de  l’auditoire. 

L’ordre  du  jour  étant  épuisé,  les  membres  continuent  à  deviser 
sur  la  valeur  des  œuvres  exposées,  et  l’assemblée  se  sépare  à 
10  1/2  heures. 


Sectiof)  de  Gaf?d 

SÉANCE  DU  3  NOVEMBRE  1898 

Présidence  de  M.  Goderus,  président 


RÉSENTS  :  MM.  Servaes,  Leirens, 
Coupé,  Casier,  d’Hoy,  de  Kem- 
meter,  Boute,  Van  Oost,  Canfyn, 
Tyman,  L.  De  Clercq,  Morel  de 
Boucle,  Goderus,  docteur  De 
Nobele,  Marcel  De  Clercq,  Bru- 
nin,  Sacré,  De  Brouwer,  Heins, 
Van  Loo,  Herremans. 

M.  Goderus  présente,  au  nom  de  M.  Van  Neck,  une  publication 
sur  le  sentiment  d’a  t  en  photographie.  Il  présente  également,  au 
nom  du  même,  une  reproduction  d’un  billet  de  banque  ainsi  qu’une 
série  d’autres  photocopies  très  intéressantes.  ( Remerciements .) 

M.  Goderus  attire  l’attention  des  membres  de  la  Section  sur  un 
concours  photographique  organisé  par  la  maison  Suter;  il  y  aura 
pour  B, 000  francs  de  prix.  Les  conditions  de  ce  concours  ont  été 
publiées  au  Bulletin. 

M.  Goderus  présente  un  spécimen  des  plaques  pelliculaires  sur 
vitrose  de  la  maison  Lumière.  La  vitrose  est  une  espèce  de  celluloïd; 
l’émulsion  dont  elle  est  couverte  y  adhère  fortement  et  n’a  pas  de 
tendance  au  frilling.  Ces  plaques  étant  légèrement  bombées,  on  est 
obligé  de  les  maintenir  dans  un  châssis  métallique  qui  les  tient 
planes.  La  vitrose  est  très  transparente  et  a  une  teinte  légèrement 
jaunâtre.  Ces  plaques  ont  l’inconvénient  de  ne  pas  pouvoir  être 
employées  dans  les  détectives  à  pompe. 


—  G96 


M.  Casier  a  vu  des  positifs  faits  sur  celluloïd,  l’amateur  qui  les 
lui  montrait  y  voyait  de  nombreux  avantages  ;  le  seul  inconvénient, 
c’était  une  tendance  à  l’enroulement. 

M.  Heins  emploie  des  plaques  sur  celluloïd  pour  le  photo-livre  et 
en  est  très  satisfait. 

M.  De  Clercq  fait  un  compte  rendu  de  l’état  de  la  photographie 
en  couleurs,  surtout  en  Angleterre.  Cette  conférence  très  intéressante 
sera  publiée  dans  le  Bulletin. 

M.  Sacré  présente  des  épreuves  en  couleurs  qu’il  a  obtenues  lui- 
même  par  le  procédé  Dugardin.  Il  a  fait  trois  négatifs  avec  les  trois 
médiums  rouge,  jaune  et  bleu  et  les  a  tirés  sur  papier  mixtionné 
rouge,  jaune  et  bleu  de  la  maison  Van  Monckhoven. 

M.  Goderus  présente,  au  nom  de  M.  de  Lanier,  un  appareil 
appelé  chromotoscope  dans  lequel  on  peut  voir  les  trois  négatifs 
monochromes  noirs,  chacun  à  travers  un  verre  coloré  d’une  des 
trois  couleurs  fondamentales  ;  ces  trois  images  sont  superposées  et 
l’on  a  ainsi  la  sensation  des  couleurs  accompagnées  de  celle  du 
relief,  parce  que  les  clichés  sont  stéréoscopiques. 

Les  photographies  qu’il  a  ainsi  présentées,  ont  fait  l’admiration 
de  tout  le  monde,  et  l’on  a  été  unanime  pour  remercier  M.  de 
Lanier,  qui  avait  bien  voulu  prêter  ce  merveilleux  appareil. 

M.  Leirens  a  essayé  de  répéter  les  expériences  du  D1  Neuhaus 
signalées  dans  le  dernier  numéro  du  Bulletin ,  c’est-à-dire  le  déve¬ 
loppement  des  clichés  après  fixage.  Les  résultats  qu’il  a  obtenus, 
prouvent  que  cette  méthode,  quelque  extraordinaire  qu’elle  puisse 
paraître,  peut  cependant  donner  lieu  à  des  résultats  très  satisfai¬ 
sants.  A  la  fin  de  la  séance,  M.  Tyman  distribue  comme  jeton  de 
présence,  une  série  de  photographies  de  Sous  bois  d’un  effet  très 
artistique. 


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lRappo^b  sût*  la  ct*éatioD 

D’UH  1VIUSÉE  DE  PHOTOGRAPHIES  DOCÜ|VIEHTAlRES 

présenté  à  V Assemblée  générale,  du  20  novembre  1898 

par  M.  Léon  Roland 


i  j’ai  l’honneur  de  figurer  à  l’ordre  du 
jour  de  cette  assemblée  générale,  je 
le  dois  certes,  en  partie,  au  retentis¬ 
sant  procès  qui,  depuis  trop  de  mois 
déjà,  agite  nos  voisins  d’outre-Quié- 
vrain,  car  c’est  au  moment  où  l’on  dis¬ 
cutait  le  plus  dans  la  presse  la  valeur  du  fameux  document  que 
notre  sympathique  secrétaire  général,  inspiré  sans  doute  par  une 
association  d’idées  bien  naturelle,  m’a  chargé  de  vous  présenter  un 
rapport  sur  les  Documents  photographiques. 

Sa  lettre  m’a  surpris  à  la  campagne,  dépourvu  des  documents 
nécessaires  pour  réaliser  cette  tâche,  que  j’ai  cru  néanmoins  devoir 
accepter  parce  que  le  premier,  à  la  Section  de  Liège,  j’ai  défendu 
et  applaudi  l’initiative  des  fondateurs  du  Musée  de  Photographies 
Documentaires,  de  Paris. 

Ma  seule  crainte,  en  me  faisant  l’avocat  de  cette  cause,  bonne, 
mais  peu  goûtée,  est  de  la  compromettre  et  je  ne  me  serais  pas 
permis  de  la  plaider  si  je  n’avais  escompté  la  confraternelle  indul¬ 
gence  de  mon  auditoire  ! 

D’ailleurs,  qui  fait  ce  qu’il  peut,  fait  ce  qu’il  doit,  et  tous,  nous 


—  698  — 


devons  avoir  à  cœur,  chacun  selon  nos  forces,  d’apporter  notre 
petite  pierre  cà  l’œuvre  que  poursuit  notre  Association  :  «  Faire 
respecter  la  Photographie  en  prouvant  ses  moyens  et  son  utilité  !  » 
Les  uns,  et  j’accorde  que  ce  sont  les  mieux  doués,  le  font  en  contri¬ 
buant  par  des  chefs-d’œuvre  à  rehausser  les  expositions  d’art  que 
nous  organisons;  les  autres,  curieux  d’analyser  les  phénomènes 
physiques  et  chimiques  de  la  lumière,  collaborent  aux  articles  scien¬ 
tifiques  de  notre  Bulletin,  si  apprécié  à  l’étranger;  enfin,  les  troi¬ 
sièmes,  qui  sont  les  plus  nombreux,  qui  ne  cherchent  dans  la  pho¬ 
tographie  qu’une  distraction  et  un  délassement  à  des  labeurs  plus 
ardus,  pourraient  se  rendre  utiles  en  s’adonnant  au  document, 
lequel  n’exclut  nullement  le  côté  artistique  ou  scientifique. 

Mais  qu’entend-on  par  document? 

Document  vient  du  latin  docere,  enseigner  —  ce  qui  instruit;  or, 
tout  étant  dans  tout,  le  moindre  objet  peut  instruire.  «  Il  n’est  point 
de  petite  chose  dont  il  ne  vaille  la  peine  de  se  souvenir,  »  dit 
S.  Smiles,  «  il  n’en  est  point,  quelque  indifférente  qu’elle  paraisse, 
dont  on  ne  puisse,  en  l’interprétant  avec  soin,  tirer  quelque  utilité.  » 

Donc  la  représentation  exacte  de  tous  les  objets  qui  nous  entou¬ 
rent,  de  tout  ce  qui  constitue  notre  vie  matérielle,  disons  mieux, 
notre  civilisation  actuelle,  mérite  d’ètre  conservé  par  l  image  et 
pourra  profiter  à  nos  descendants. 

Cette  définition  du  document  que  je  donnais  il  y  a  deux  ou  trois 
ans  à  la  Section  de  Liège  m’a  valu  de  la  part  d’un  collègue  plus  spi¬ 
rituel  que  documentaire  une  série  d’épreuves  très  réussies  de 
poteaux  télégraphiques,  peu  esthétiques,  je  l’avoue,  qui  bordent,  en 
la  gâtant,  la  vieille  route  de  Polleur  à  Spa.  Mais  qui  vous  dit  que  ce 
document  photographique,  s’il  tombe  un  jour  sous  les  yeux  d’un 
ingénieur  de  l’avenir,  je  n’ose  espérer  sur  ceux  de  notre  siècle,  ne 
lui  suggérera  pas  l’idée  de  modifier  la  forme  de  ces  poteaux  et  même 
de  les  supprimer? 

L’art  (du  paysage)  devra  ce  jour  un  peu  de  gratitude  au  docu¬ 
ment  ! 

Qui  vous  dit  que  la  photographie  d’un  faux  col  ne  peut  avoir  dans 
les  temps  prochains  un  effet  que  ma  perspicacité  ne  prévoit  pas,  et, 
ne  riez  pas,  je  vous  prie,  de  la  trivialité  de  mon  évocation,  car  un 


—  699  — 


rien  intelligemment  observé  provoque  parfois  des  conséquences 
importantes.  N’est-ce  pas  en  se  promenant  dans  son  jardin,  par  une 
matinée  d’automne  et  en  y  apercevant  une  toile  d’araignée  couverte 


J  Casier. 


Maisor)  à  Lisieux 


de  rosée,  suspendue  en  travers  du  chemin,  que  sir  Samuel  Brown 
eut  l’idée  de  construire  un  pont  en  fils  ou  chaînes  de  fer,  ce  qui  lui 
valut  d’être  l’inventeur  du  pont  suspendu  ! 

Il  me  paraît  donc  qu’un  document,  même  banal  et  insignifiant, 
est  respectable. 


700  — 


Il  est  inutile,  je  suppose,  d’insister  sur  la  valeur  du  document 
architectural  ou  archéologique. 

La  meilleure  des  descriptions  écrites  ne  vaut  pas  une  représenta¬ 
tion  iconographique,  constituant  un  reflet  immédiat  de  l’objet  lui- 
même. 

Les  archéologues  les  plus  distingués  l’admettent  et  c’est  ce  qui 
faisait  dire  à  Emile  Burnouf  en  1880,  dans  un  savant  article  de  la 

Revue  des  Deux  Mondes  : 

«  Ni  les  villes,  ni  les  Etats  ne  sont  éternels,  un  jour  à  venir  il 
ne  restera  plus  rien  de  l’antiquité.  » 

Nous  n’avons  qu’un  seul  mo}ren  d’en  donner  au  moins  le  souvenir, 
c’est  de  le  publier  par  la  photographie  et  par  tous  les  procédés  que 
la  presse  met  en  nos  mains. 

Pour  les  êtres  animés  la  photographie  documentaire  est  appelée 
à  perpétuer  la  vie. 

Le  spectacle  de  notre  vie  publique  et  privée  d’aujourd’hui,  grâce 
à  elle,  sera  fixé  et  pourra  être  légué  dans  toutes  ses  manifesta¬ 
tions  et  avec  une  authenticité  indéniable,  à  nos  descendants. 

Ne  croyez-vous  pas,  Messieurs,  qu’il  serait  intéressant  de  possé¬ 
der  un  instantané  de  l’entrée  de  Godefroid  de  Bouillon  à  Jéru¬ 
salem? 

Eh  bien,  nous,  nous  aurons  à  transmettre  à  la  génération  future 
celle  de  l’entrée  de  Guillaume  IL 

Voyez  la  reproduction  des  fêtes  franco-russes  qui  constituent  une 
page  d’histoire,  et  sans  remonter  aux  Croisades,  comparez-les  aux 
fêtes  du  second  Empire  que  l’illustration  a  perpétuées. 

Ne  croyez-vous  pas  que  l’imagination  frappée  du  dessinateur  ne 
nous  rend  qu’une  très  fausse  et  très  subjective  impression  de  ces 
scènes? 

Et,  à  plus  forte  raison,  si  nous  possédions  des  souvenirs  photo¬ 
graphiés  de  tous  les  faits  qui  ont  marqué  la  Révolution  française  et 
le  premier  Empire,  au  lieu  des  images  de  haute  fantaisie  qui,  en  se 
perpétuant,  consolident  des  légendes,  n’aurions-nous  pas  une  vision 
bien  plus  nette,  bien  plus  logique  de  cette  époque  ? 

Dans  un  désir  de  vérité,  je  ne  désespère  pas  de  voir  bientôt  les 
journaux  relater  entièrement  par  le  document  photographique  les 


701  — 


faits  divers  qu’ils  décrivent  chacun  à  leur  manière,  suivant  le  tempé¬ 
rament  des  reporters. 

Que  de  discussions  et  d’interprétations  évitées  s’ils  étaient  rédi¬ 
gés  au  mo\ en  de  clichés  empêchant  d’altérer  l’exactitude  des  scènes 
reproduites,  à  moins  cependant  que  de  peu  scrupuleux  journalistes 
n  emploient  le  même  cliché  pour  des  faits  variés,  comme  cela  se  fait 
déjà  pour  les  réclames. 

Tout  donc,  je  le  répète,  est  documentable. 

Et  quel  est  celui  d  entre  nous,  voire  les  plus  récalcitrants,  qui  ne 
documente  pas  sans  le  savoir  ? 

Qui  n  a,  de  \oyage,  rapporté  ou  acheté  la  photographie  des 
monuments  ou 

des  sites  qui 
l’ont  charmé? 

Ces  albums 
que  chacun  de 
nous  possède 
et  dans  les¬ 
quels  nous  re  - 
cueillons  les 
images  de  nos 
parents, de  nos 
amis,  ne  con¬ 
stituent-ils  pas 
un  musée  in¬ 
time  documentaire,  musée  vers  lequel,  à  de  certaines  heures  de  la 
a  ie,  nous  recourons  avec  une  douce  émotion  et  un  douloureux 
orgueil  de  revivre  des  moments  passés  avec  les  disparus...! 

Mais  ces  documents  multiples  qui  éclosent  journellement  sous  la 
pression  de  milliers  d’obturateurs  restent  éparpillés  et  perdus  pour 
les  savants,  les  artistes,  les  historiens,  les  éditeurs,  pour  tous  les 
tra\ ailleurs  de  1  avenir  qui  pourraient  en  faire  ressortir  un  enseigne¬ 
ment  quelconque. 

Certes,  les  progrès  réalisés  en  phototypographie  permettent 
1  emploi  d  un  certain  nombre  de  clichés  qui  trouvent  leur  place 
dans  des  revues  scientifiques  ou  de  vulgarisation.  Mais  le  ralliement 

50 


M.  Vanderkindere. 


—  702  — 


de  ces  documents,  dus  à  l’action  graphique  de  la  lumière,  offre 
d’énormes  sacrifices  de  temps  et  d’argent  aux  savants  et  aux  édi¬ 
teurs  qui  désirent  les  employer,  et  c’est  ce  qu’a  si  bien  compris 
M.  Léon  Vidal  se  faisant  le  promoteur  du  Musée  de  photographie 
documentaire  installé  à  Paris  depuis  le  9  mai  1894  et  qui  a  son  siège 
provisoirement  à.  l’Hôtel  du  cercle  de  la  Librairie,  boulevard  Saint- 
Germain,  117,  à  Paris. 

M.  Vidal,  avec  cette  ardeur  et  cet  enthousiasme  qu’il  apporte  à 
tout  ce  qui  regarde  la  photographie,  a  su  intéresser  à  l’idée  d’un 
musée,  et  est  parvenu  à  grouper,  pour  l’établir,  un  certain  nombre 
d’esprits  distingués  qui  ont  constitué  un  conseil  directeur  que  pré¬ 
side  M.  le  colonel  Laussedat,  de  l’Institut. 

Le  but  est  de  réupir,  classer  et  conserver  les  épreuves  photogra¬ 
phiques  documentaires  de  toute  nature,  ainsi  que  leurs  dérivés, 
épreuves  sur  papier,  sur  verre,  planches  de  photographie,  de  typo¬ 
graphie,  etc. 

Grâce  au  musée,  une  foule  de  documents  voués  à  la  destruction 
ou  tout  qu  moins  à  l’éparpillement,  seront  désormais  groupés,  con¬ 
servés  au  très  grand  avantage  des  savants  et  surtout  des  éditeurs, 
qui  trouveront  des  éléments  précieux  pour  l’illustration  de  leurs 
publications. 

Le  musée  fonctionne  et  possède,  à  l’heure  actuelle,  plus  de 
15,000  documents  catalogués  d’après  la  méthode  décimale  de 
Melvil-Dewey  qui  a  été  décrite  dans  le  Bulletin ,  et  qu’a  ratifié 
l’Union  internationale  de  photographie  à  sa  Session  de  Liège  en 
août  1896. 

Ce  musée,  pour  porter  tous  ses  fruits,  devrait  être  consacré  par 
l’Etat.  M.  Vidal  espère  obtenir  le  transfert  de  la  collection  des  pho¬ 
tographies  documentaires  au  Conservatoire  national  des  arts  et 
métiers,  où  elle  deviendrait  un  service  public.  Ce  serait  le  seul 
moyen  d’en  assurer  la  pérennité  et  l’utilité,  car  il  ne  suffit  pas  de 
réunir  des  documents,  il  faut  encore  s’en  occuper  d’une  façon  inces¬ 
sante  et  en  organiser  le  recrutement,  en  usant  de  tous  les  moyens 
d’action  dont  dispose  une  administration  de  l’Etat. 

En  même  temps  que  se  fondait  ce  musée,  une  publication  pério¬ 
dique  sous  le  titre  de  Bulletin  de  F  Association  des  photographies 


—  70.3  — 


documentaires  se  publiait  pour  compléter  utilement  l’œuvre  du 
musée  ! 

Ce  bulletin  s’est  occupé  jusqu’ici  particulièrement  de  la  classifi¬ 
cation  des  documents,  et  ce  travail  a  été  admirablement  fait  par 
M.  J.  ’S  allot  qui,  je  le  répète,  a  approprié  la  classification  décimale 
avec  une  très  heureuse  habileté  au  Musée  du  boulevard  Saint- 
Germain. 

Mais  si  l’œuvre  conçue  par  M.  Vidal  de  constituer,  maintenant 
que  la  photographie  existe,  les 
archives  permanentes  du  pré¬ 
sent  au  profit  de  l’avenir,  est 
reconnue  comme  indispensable, 
elle  ne  doit  pas  être  localisée, 
mais  rendue  universelle. 

La  France  n’est  pas  l’huma¬ 
nité.  Tous  les  peuples  ont  leur 
civilisation  propre  dont  les  ma¬ 
nifestations  reproduites  offri¬ 
ront  autant  d’intérêt  au  pro¬ 
grès  et  à  la  vérité. 

La  Belgique  doit  donc  aussi 
avoir  son  musée  de  photogra¬ 
phies  documentaires,  et  c’est  à 
l’Association  si  puissante  et  si 
laborieuse  qu’il  incombe  de  le 
créer,  quitte  un  jour  à  le  lé¬ 
guer  au  gouvernement  qui, 
reconnaissant  Futilité  de  l’œu- 
'  re>  ^era  acte  d  intelligence  et  de  prévojrance  à  la  patronner. 

Je  sais,  Messieurs,  qu’il  est  plus  facile  d’émettre  un  vœu  que  de 
le  réaliser  et  je  ne  me  fais  aucune  illusion  sur  les  difficultés  maté¬ 
rielles  que  rencontreront  ceux  qui  voudraient  s’y  dévouer. 

Le  recrutement  d  épreuves  et  de  clichés  pour  ce  musée  que  je 
voudrais  voir  instituer  par  l’Association  sera  laborieux,  car  comme 
me  1  écrivait,  il  y  a  un  an,  M.  Léon  Vidal  lui-même  : 

«  Les  amateurs,  d’une  façon  très  générale,  se  soucient  fort  peu 
de  contribuer  à  des  œuvres  utiles. 


—  704  — 


«  Ce  ne  sera  qu’avec  beaucoup  de  patience  et  graduellement  qu’il 
nous  sera  possible  de  faire  entrer  dans  les  mœurs  des  photographes 
amateurs  ou  professionnels,  la  pensée  d’effectuer  dans  une  collec¬ 
tion  documentaire,  celles  de  leurs  œuvres  offrant  quelque  intérêt  au 
point  de  vue  scientifique,  artistique,  historique,  etc. 

«  Cette  accumulation  de  documents  semble  pour  le  moment  d’une 
utilité  fort  relative,  si  l’on  n’a  en  vue  que  l’heure  présente;  mais 
laissons  passer  là-dessus  quelque  dix  ou  vingt  années  et  vous  verrez 
ou,  si  vous  préférez,  nos  descendants  verront  combien  l’intérêt  se 
sera  accru,  et  combien  on  comprendra  et  appréciera  l’utilité  d’une 
pareille  collection. 

«  Nous  avons  précisément  à  lutter  contre  ce  que  l’on  peut  consi¬ 
dérer  comme  une  absence  d’utilité  immédiate  et  la  plupart  des  ama¬ 
teurs  se  croient  fort  peu  tenus  vis-à-vis  d’une  postérité  même  pro¬ 
chaine.  » 

C’est  là  une  erreur,  pour  ne  pas  dire  une  faute,  d’égoïsme  d’autant 
plus  grand  que  le  sacrifice  demandé  est  mince  ;  que  de  peu  de 
valeur  et  de  frais  serait  le  don  de  quelques  épreuves  et  combien 
elles  prennent  d’importance  ajoutées  à  d’autres,  venant  compléter 
des  collections  spéciales,  des  monographies! 

Que  de  clichés,  enfouis  dans  des  greniers  et  qui,  catalogués, 
exhumés,  trouveraient  leur  emploi  ! 

Pourquoi  chaque  amateur  un  peu  sérieux,  à  l’article  de  la  mort, 
n’inscrirait-il  pas  dans  son  testament  qu’il  lègue  ses  collections  au 
musée,  au  lieu  d’en  embarrasser  ses  héritiers? 

Ce  qui  arrête  aussi  beaucoup  d’amateurs,  c’est  le  manque  de 
confiance  qu’ils  ont  encore,  non  sans  quelque  raison,  en  l’inaltéra¬ 
bilité  des  documents  photographiques. 

Il  est  évident  que  nous  n’arriverons  pas  à  transmettre  à  nos  des¬ 
cendants,  à  la  10e  génération,  une  épreuve  au  sel  d’argent. 

Mais  il  en  est  d’autres,  et  ce  sont  celles-là  qu’il  faudra  surtout 
rechercher,  qui,  obtenues  avec  des  encres  d’imprimerie  indélébiles 
offriront  une  stabilité  aussi  grande  que  les  documents  écrits. 

Les  épreuves  au  platine,  au  charbon,  beaucoup  de  clichés  mêmes 
pourront  se  conserver  assez  longtemps  pour  porter  leur  fruit,  c’est- 
à-dire  pour  servir  aux  savants,  aux  historiens  futurs  qui  viendront 


les  consulter  et  qui,  en  les  reproduisant  pour  leurs  travaux,  leur  assu¬ 
reront  la  perpétuité  et,  de  cette  façon,  si  pas  tout  ce  qu’une  généra¬ 
tion  de  photographes  aura  réuni  sera  sauvé,  le  plus  important  au 
moins  contribuera  à  l’éducation  de  nos  descendants  éloignés. 

Ce  sera  d’ailleurs  au  comité  de  réception  à  apprécier  si  le  docu¬ 
ment  à  enregistrer  offre  quelque  chance  de  conservation. 

J’ajouterais  même  que  si  une  pièce  s’efface  avec  le  temps,  elle 
contribuera  peut-être  à  produire  un  nouveau  Champollion. 

N’est  on  pas  aussi  parvenu  à  faire  revivre  la  première  écriture 
des  palimpsestes? 

Enfin,  n’oublions  pas  que  le  Musée  de  photographies  documen¬ 
taires  est  ou  sera  bien  plus  une  bibliothèque  qu’un  musée. 

Les  documents  photographiques  y  sont  non  pas  exposés,  mais 
classés,  répartis  par  casier,  méthodiquement  catalogués,  occupant 
ainsi  un  espace  infiniment  moins  grand  que  s’ils  étaient  étalés  sur 
une  surface  plane,  sans  compter  qu’ils  seront  à  l’abri  des  agents 
destructeurs  :  la  lumière  et  l’air. 

Le  temps  seul  décidera  de  l’exactitude  de  mes  pronostics. 

Je  ne  sais,  Messieurs,  si  les  quelques  considérations  assez  décou¬ 
sues  que  je  viens  d’avoir  l’honneur  de  vous  soumettre,  vous  auront 
convaincus,  comme  je  le  suis,  de  la  nécessité  de  créer  le  Musée  de 
photographies  documentaires  belge. 

Dans  ce  cas  ce  musée,  qui,  pour  son  organisation,  devrait  être 
calqué  sur  celui  de  Paris,  afin  que,  si  ces  institutions  se  généralisent, 
elles  aient  toutes  une  uniformité  de  direction  et  un  catalogue  com¬ 
parable,  pourrait  encore,  avec  la  collaboration  de  toutes  les  sections, 
réunir  un  ensemble  bien  complet  de  tout  ce  qui  a  été  photographié 
en  Belgique,  depuis  que  Niepce  et  Daguerre  ont  doté  l’art  et  la 
science  de  ce  merveilleux  moyen  de  copier  la  nature. 

LTn  triage  sérieux  dans  cette  grande  quantité  de  documents  cons¬ 
tituerait  un  édifice  national  iconographique  de  grande  valeur. 

Et  nous  aurions  acquis  la  reconnaissance  de  nos  successeurs 
tout  en  confirmant  l’exactitude  de  cette  parole  de  M.  Janssen,  qui 
résume  la  raison  d’être  du  .Musée  de  photographies  documentaires, 
que  la  photographie  noue  la  chaîne  des  phénomènes  à  travers  le 
temps,  comme  l’écriture  noue  la  chaîne  des  pensées  et  des  senti¬ 
ments  à  travers  les  âges. 


SUR  L’EJVTPLOI 

des  Amines  comme  Succédanés  des  Alcalis 

dans  les  Développateurs  alcalins 

Par  MM.  LUMIÈRE  Frères  et  SEYEWETZ 

- A/V-  •  AfV - 

1°  Emploi  des  amines  grasses. 


es  amines  de  la  série 
grasse  proviennent, 
comme  on  le  sait,  du 
remplacement  de  l'hy¬ 
drogène  de  l’ammonia¬ 
que  par  des  radicaux  de 
carbures  gras,  tels  que 
CH3,  CHP,  C5H7,  etc- 
Ces  substances  jouis¬ 
sant,  comme  l’ammoniaque  dont  elles  dérivent,  de  très  fortes 
propriétés  basiques,  nous  avons  pensé  qu’elles  pourraient  jouer  le 
rôle  d  alcali  dans  les  développateurs  alcalins.  Nos  prévisions  ont 
été  en  effet  confirmées  par  l’expérience,  et  nous  avons  reconnu  que 
ces  substances  se  comportaient  à  l’égard  des  développateurs  alca¬ 
lins  comme  de  véritables  alcalis  caustiques. 

lousnos  essais  ont  été  faits  comparativement  avec  l’ammoniaque, 
afin  de  voir  si  les  amines  grasses,  qui  présentent  tant  d’analogies 
avec  cette  base,  se  comportent  comme  elle  vis-à-vis  des  dévelop¬ 


pateurs  alcalins. 


707  — 


Nous  avons  constaté  que,  dans  aucun  cas,  sauf  avec  l’acide  pyro¬ 
gallique  (1),  l’ammoniaque  ne  pouvait  être  utilisée  pratiquement 
comme  succédané  des  alcalis  caustiques  ou  carbonatés  pour  le 
développement  de  l’image  latente;  car,  par  suite  de  sa  propriété  de 
dissoudre  le  bromure  d’argent,  non  seulement  l’ammoniaque  donne 
toujours  naissance  à  un  fort  voile  dichroïque,  mais  en  outre  l’image 
ne  monte  pas  et  reste  peu  intense,  quelle  que  soit  la  durée  du  déve¬ 
loppement. 

Les  amines  grasses  se  comportent  vis-à-vis  des  révélateurs  alca¬ 
lins,  comme  nous  le  verrons  plus  loin,  d’une  façon  tout  à  fait  diffé¬ 
rente  de  l’ammoniaque  et  donnent  dans  le  développement  des 
résultats  qui  seraient  très  intéressants  si  ces  substances  ne  possé¬ 
daient  une  odeur  désagréable,  qui  est,  croyons-nous,  une  cause 
suffisante  pour  qu’elles  ne  trouvent  aucun  emploi  dans  la  pratique. 

Développateur  à  l'hydroquinone.  —  Nous  avons  étudié  l’action 
des  amines  grasses,  mono,  di  et  trisubstituées,  employées  à  la  place 
des  alcalis  dans  le  révélateur  à  l’hydroquinone.  Nous  avons  constaté 
que  la  monométhy lamine  NH-(CH3)  ou  la  monoéthy lamine 
NH’(C  H’)  agissent  avec  une  très  grande  énergie  sur  le  révélateur 
à  l’hydroquinone.  Ainsi,  avec  1/2  cc.  de  la  solution  commerciale  à 
33  %  dans  100  cc.  de  bain,  on  obtient  déjà  un  révélateur  très  éner¬ 
gique,  mais,  dans  tous  les  cas,  il  se  produit  du  voile  dichroïque,  et 
celui-ci  est  d’autant  plus  marqué  que  la  proportion  d’amine  est 
plus  grande. 

La  diméthylamine  NH(CH3)1 2  agit  avec  un  peu  moins  d’énergie 
que  l’amine  monosubstituée,  mais  provoque  néanmoins  très  rapide¬ 
ment  le  développement  en  donnant  à  dose  faible  des  images  très 
vigoureuses.  Pourtant  elle  a  des  tendances  à  donner  du  voile 
dichroïque. 

La  triméthylamine  N  (CH3)3  est  la  seule  des  trois  méthylamines 
qui  ne  donne  pas  de  voile  dichroïque.  Les  images  développées  sont 
très  pures.  Son  action  est  un  peu  moins  énergique,  à  dose  égale, 


(1)  On  sait  qu’avec  le  développateur  à  l’acide  pyrogallique,  l'ammoniaque 

ne  peut  être  employée  qu’à  une  très  faible  dose,  sans  quoi  on  obtient  du  voile 

dichroïque. 


que  celle  de  la  mono  et  de  la  diméthylamine,  mais  en  augmentant  la 
proportion  de  triméthylamine,  on  arrive  à  obtenir  sensiblement  la 
même  énergie  qu’avec  les  autres  méthylamines. 

En  augmentant  la  proportion  de  Iriméthylamine  jusqu’à  10  cc. 
de  solution  commerciale  à  33  %  pour  100  cc.  de  développateur  à 
l’hydroquinone,,on  obtient  un  révélateur  très  énergique  donnant 
des  effets  comparables  à  ceux  que  fournit  le  paramidophénol  et  de 
beaucoup  supérieurs  à  ceux  que  donne  l’emploi  des  alcalis  caus¬ 
tiques,  et  cela  sans  altérer  sensiblement  la  couche  gélatinée  ni  pro¬ 
duire  sur  l’épiderme  cette  impression  désagréable  qui  est  caracté¬ 
ristique  des  alcalis  caustiques. 

^  oici  la  formule  du  révélateur  à  l’hydroquinone  et  aux  amines 
grasses  qui  nous  a  paru  donner  les  meilleurs  résultats  : 


Eau .  1.000  gr. 

Hydroquinone .  8  gr. 

Sulfite  de  soude  anhydre .  35  gr. 

Solution  de  triméthylamine  à  33  °/0  .  .  100  cc. 

Développaient'  à  l'acide  pyrogallique.  —  Les  amines  grasses 
ajoutées  à  la  place  des  alcalis  dans  le  révélateur  à  l’acide  pyrogal¬ 
lique  produisent  des  effets  à  peu  près  analogues  à  ceux  qu’elles 


donnent  avec  l’hydroquinone.  Pourtant  les  résultats  sont  encore 
plus  intéressants,  car  on  obtient  ainsi  avec  ce  révélateur  une  énergie 
beaucoup  plus  grande  qu’avec  les  carbonates  alcalins,  et  cela  sans 
production  de  voile,  si  l’on  emploie  la  triméthylamine.  De  plus,  la 
solution  développatrice  n’est  pas  plus  colorée  qu’avec  les  carbo¬ 
nates  alcalins. 

Ce  résultat  est  surtout  intéressant  parce  que  l’on  ne  pouvait 
jusqu’ici,  sans  produire  de  voile,  introduire  de  l’alcali  caustique 
dans  le  révélateur  pyrogallique.  Les  amines  grasses  augmentent 
le  pouvoir  réducteur  et  paraissent  jouer  véritablement  le  rôle 
d’alcali  caustique. 

Voici  la  formule  du  révélateur  à  l’acide  pyrogallique  et  amines 
grasses  qui,  déterminée  à  la  suite  d’essais  méthodiques,  nous  a  paru 
donner  les  meilleurs  résultats  : 


Eau . .  .  1.000  gr. 

Sulfite  de  soude  anhydre .  30  gr. 

Acide  pyrogallique .  10  gr. 

Solution  de  triméthy lamine  à  33  %.  .  .  00  cc. 

Développateur  au  paramidophénol .  —  En  remplaçant  par  les 


amines  grasses  la  lithine  caustique,  qui  est  l’alcali  dissolvant  le 
mieux  le  paramidophénol,  on  obtient  des  résultats  particulièrement 
intéressants,  car  jusqu’ici 
on  n’avait  pu  trouver  au¬ 
cun  succédané  des  alcalis 
caustiques  pour  ce  révéla¬ 
teur,  le  paramidophénol 
n’étant  que  peu  ou  pas 
soluble  dans  les  solutions 
des  corps  utilisés  jusqu’ici 
avec  les  autres  révélateurs 
comme  succédanés  des 
alcalis. 

Par  contre,  le  paramido¬ 
phénol  se  dissout  très  faci¬ 
lement  dans  les  trois  mé- 
thylamines,  et  sa  solubilité 
va  en  décroissant  de  la 
monométhylamine  à  la  tri- 
méthylamine. 

Ce  fait  est  d’autant  plus 
curieux  à  signaler  que  le  paramidophénol  n'est  pas  sensiblement 
soluble  dans  /’ ammoniaque. 

Les  solutions  se  conservent  aussi  bien  que  dans  la  lithine  caus¬ 
tique,  et  l’on  peut  obtenir  un  révélateur  plus  énergique  qu’avec  cet 
alcali. 

La  monométhylamine  employée  à  faible  dose  donne  de  bons 
résultats,  mais  avec  une  dose  supérieure  à  1  cc.  de  solution  à  33  % 
pour  100  cc.  de  révélateur,  on  obtient  du  voile  dichroïque. 

La  diméthylamine  se  comporte  d’une  façon  analogue  au  dérivé 


M.  Hanssens. 

Portrait  de  JVI.  B.  P. 


-  710  - 


monosubstitué,  sauf  que  pour  produire  les  mômes  effets,  il  faut  une 
quantité  plus  grande  de  substance. 

C’est  encore  la  triméthylamine  qui  donne,  avec  ce  révélateur,  les 
meilleurs  résultats.  Employée  en  quantité  suffisante,  elle  donne  des 
images  très  intenses,  plus  vigoureuses,  que  celles  fournies  dans  les 
mômes  conditions  par  la  lithine  caustique. 

Voici  la  formule  de  révélateur  donnant  les  meilleurs  résultats  : 

Solution  de  sulfite  de  soude  saturée .  1.000  gr. 

Paramidophénol  base .  10  gr. 

Solution  commerciale  de  triméthylamine  à  33  %  .  150  cc. 

Emploi  de  différentes  amines  grasses.  -  Nous  avons  essayé  de 
substituer  aux  alcalis,  outre  les  méthylamines ,  les  éthylamines ,  qui 
se  comportent  d’une  façon  analogue  aux  premières,  ainsi  que  toute 
une  série  d’autres  amines  homologues  :  les  propylamines,  les  baty- 
lamines,  amylamines,  etc.  Toutes  ces  substances  agissent  comme 
alcalis,  mais  à  un  degré  moindre  que  les  amines  les  plus  simples; 
en  outre,  elles  donnent  toutes  des  voiles  dichroïques  plus  ou  moins 
intenses  lorsqu’on  ne  les  emploie  qu’à  très  petite  dose. 

Comme  type  des  diamines  grasses,  nous  avons  essayé  Y  éthylène 
CH2— NH2 

diamine  i  qui,  tout  en  se  comportant  également  comme 

NH2  —CH  ^  8 

un  alcali,  a  donné  des  résultats  notablement  inférieurs  à  ceux  fournis 

par  les  méthyl  et  éthylamines. 

Citons  enfin  l’action  d’une  amine  grasse  possédant  une  substitu¬ 
tion  aromatique  :  la  benzylamine  NH2  —  CH'2  —  C6H6.  Cette  subs¬ 
tance,  ajoutée  à  un  révélateur  alcalin,  ne  permet  d’obtenir  qu’une 
image  très  faible.  La  présence  du  groupement  aromatique  paraît 
donc  avoir  détruit  presque  totalement  la  propriété  de  pouvoir  pro¬ 
duire  le  développement. 

2°  Emploi  des  amines  aromatiques. 

Nous  avons  également  essayé  de  remplacer  les  alcalis  dans  les 
divers  révélateurs  par  les  amines  aromatiques  qui  proviennent, 
comme  on  le  sait,  de  la  substitution  des  radicaux  de  carbures  aro¬ 
matiques  à  l’hydrogène  de  l’ammoniaque. 


—  711 


Les  amines  que  nous  avons  expérimentées  sont  les  suivantes  : 
aniline,  toluidines,  xylidines,  monométhyl  et  diméthyl aniline, 
mono  et  diéthyl aniline,  diphény lamine,  métaphénylène  dia- 
mine,  etc. 

Aucune  d'elles  n’a  pu  jouer  le  rôle  d’alcali,  et  bien  que  plusieurs 
d’entre  elles  soient  des  bases  énergiques,  le  développement  ne  s’est 
produit  dans  aucun  cas.  Les  amines  aromatiques  ne  peuvent  donc 
pas  remplacer  les  alcalis  dans  le  développement. 

Conclusions.  —  En  résumé,  on  voit  que  les  amines  grasses  seules 
se  comportent  comme  de  véritables  alcalis  vis-à-vis  des  révélateurs 
alcalins. 

Leur  action  est  d’autant  plus  énergique  qu’elles  sont  substituées 
par  des  radicaux  plus  simples  et  que  le  nombre  des  substances  est 
moins  considérable. 

Contrairement  à  ce  que  l'on  pouvait  prévoir,  elles  agissent 
d'une  façon  toute  différente  de  l'ammoniaque. 

Leur  action  est  non  seulement  très  intéressante  dans  les  révéla¬ 
teurs  à  l’hydroquinone  et  à  l’acide  pjTogallique,  mais  aussi  dans  le 
révélateur  au  paramidophénol  pour  lequel  les  divers  succédanés  des 
alcalis  proposés  jusqu’ici  n’avaient  pu  recevoir  d’application,  le 
paramidophénol  étant  à  peu  près  insoluble  dans  leurs  solutions. 

Dans  les  amines  grasses,  au  contraire,  le  paramidophénol  se 
dissout  très  bien  et  peut  fournir  des  révélateurs  d’une  énergie  plus 
grande  qu’avec  la  lithine  caustique. 

Malheureusement,  ainsi  que  nous  l’avons  fait  remarquer  plus 
haut,  l’odeur  fort  désagréable  que  possèdent  ces  substances  limitera 
beaucoup  leur  emploi.  Malgré  cet  inconvénient,  nous  avons  tenu  à 
donner  les  meilleures  formules  de  développement  avec  ces  corps 
pour  les  cas  spéciaux  où  l’on  aurait  à  utiliser  leurs  propriétés 
réductrices  si  énergiques. 


✓ 


ans  toute  installation  pour  agran¬ 
dissement,  l’écran  sur  lequel  se  fait 
la  mise  au  point,  fait  partie  du  maté¬ 
riel  nécessaire. 

En  général,  on  assure  le  parallé¬ 
lisme  de  cet  écran  avec  le  phototype  à  agrandir,  en  l’appliquant 
sur  un  chevalet  mobile  monté  sur  rails,  lesquels  sont  fixés  soit  sur 
le  sol,  soit  sur  une  longue  table. 

De  là,  un  matériel  très  encombrant,  surtout  pour  les  agrandis¬ 
sements  de  grand  format. 

Cette  complication  disparaît  avec  l’écran  que  j’ai  imaginé,  non 
seulement  pour  résoudre  plus  pratiquement  cette  difficulté  du  paral¬ 
lélisme,  mais  encore  et  surtout  pour  obtenir  plus  commodément  et 
plus  sûrement  une  mise  au  point  rigoureuse  de  l’image  dans  toutes 
ses  parties  ou  dans  une  partie  seulement. 

Cet  écran  représenté  ci-contre  se  compose  de  quatre  parties  : 

1°  Une  petite  table  de  forme  rectangulaire  portant  sur  les  deux 
petits  côtés,  et  à  quatre  centimètres  du  bord  supérieur,  deux  glis¬ 
sières  à  galets  ; 

2°  Un  chariot  roulant  sur  ces  glissières  et  portant  un  cadre  fixe 
maintenu  vertical  par  deux  contreforts. 


—  713  — 


Contre  ce  cadre  vient  s’appliquer,  soit 

3°  Un  cadre  avec  un  verre  dépoli  de  0m,55  X  0m,55; 

4°  Soit  une  planche  à  dessiner  ayant  exactement  les  dimensions 
de  ce  cadre,  notamment  la  même  épaisseur. 


> 


La  manœuvre  de  cet  appareil  est  des  plus  simples. 

Soit  un  phototype  à  agrandir  à  un  format  déterminé  : 

Le  centre  de  l’objectif  est  amené  à  la  distance  voulue  du  photo¬ 
type,  distance  facile  à  déterminer  à  l’aide  du  tableau  suivant,  dans 
lequel  F  représente  le  foyer  de  l’objectif  employé  : 


—  714  — 


Agrandissement. 


1  fois. 


3,0  — 

3.5  — 
4,0  — 

4.5  — 
5,0  — 


Distance  du  phototype 
au  centre  de  l’objectif. 

2  F 

F  4  2/3  F 
F  +  1/2  F 
F  +  2/5  F 
F  +  1/3  F 
F  4  28/100  F 
F  4  1/4  F 
F  4  22/100  F 
F  4  1/5  F 


Exemple  :  D  un  photot}rpe  8  X  9  on  désire  faire  un  agrandisse¬ 
ment  égal  à  3  fois  ces  dimensions  8X9?  soit  une  image  de 
0m,24  X  0m,27,  à  l’aide  d’un  objectif  de  0m,25  de  foyer. 

Dans  ce  cas,  la  distance  entre  le  phototype  et  le  centre  de 

l’objectif  sera  F  44,  c’est-à-dire  0"\25  4  — ^  =  0,33. 

Avec  un  objectif  de  0m,15  de  foyer  cette  distance  serait 

f)m  ]  K 

0m,15  4  3~  =  0m,20. 

L’objectif  étant  arrêté  à  la  distance  indiquée,  l’écran  muni  du 
cadre  avec  verre  dépoli  est  transporté  en  avant  de  l’objectif  et 
déposé  à  l’endroit  où  l’image  entière  vue  par  transparence  appa¬ 
raît  avec  une  netteté  approximative.  En  manœuvrant  ensuite  le 
chariot  portant  le  verre  dépoli,  on  arrive  immédiatement  et  sans 
hésitation  à  la  netteté  désirée  en  s’aidant,  au  besoin,  d’une  loupe 
pour  une  mise  au  point  rigoureuse. 

L’image  étant  vue  dans  toutes  ses  parties,  il  est  aisé,  en  dépla¬ 
çant  1  écran  à  volonté,  d’obtenir  la  netteté  de  l’image  entièrement 
ou  en  partie  seulement. 

Dans  le  premier  cas,  la  glace  dépolie  sera  évidemment  parallèle 
au  phototype  à  agrandir. 

La  mise  au  point  faite,  le  chariot  est  rendu  immobile  à  l’aide 
d’une  vis  qui  le  serre  contre  la  table. 

Pour  augmenter  la  stabilité  de  celle-ci,  il  est  bon  de  déposer  un 
objet  assez  lourd  sur  la  planche  du  bas. 


715  — 


Le  cadre  avec  verre  dépoli  est  enlevé  et  remplacé  par  la  planche 
à  dessiner  dont  l’épaisseur  est  exactement  identique  à  celle  du  cadre 
du  verre  dépoli. 

Celui-ci  étant  encadré  de  telle  façon  que  la  face  dépolie  du  verre 
dépasse  d’un  demi-millimètre  l’épaisseur  du  cadre,  il  en  résulte  que 
le  papier  sensible  fixé  sur  la  planche  à  dessin  se  trouvera  exacte¬ 
ment  à  la  place  de  la  face  dépolie  du  verre. 

Les  figures  ci-contre  me  paraissent  suffisamment  claires  pour  me 
dispenser  de  les  décrire  plus  amplement. 

Il  est  évident  que  l’on  peut  varier  à  son  gré  les  dimensions  de  cet 
écran.  Celui  qui  est  représenté  ci-contre  sert  pour  le  travail  fait 
debout. 

L’opération  des  agrandissements  étant  terminée,  cet  écran  qui 
tient  peu  de  place  est  remisé  dans  un  coin  où  il  ne  gêne  nullement 
l’opérateur;  ou  bien  encore,  on  enlève  simplement  le  chariot  et  l’on 
dispose  d’une  petite  table  très  pratique  dont  on  trouve  facilement 
l’emploi  dans  un  laboratoire  photographique. 


E.  Olivier. 


Tonp  pépia  pour1 2  ÉpfeuVep  puf  papier 


Éo  Baekeland 


N  1888,  j’ai  men¬ 
tionné  pour  la 
première  fois 
une  méthode 
pour  virer ,  à 


1  aide  d  un  mélange  d  hyposulfite  et  d’alun,  les  épreuves  obtenues 
par  développement  (1).  En  1890,  MM.  Détaillé,  frères,  ont 
publié  au  Bulletin  de  l'Association  Belge  de  Photographie  (2),  les 
résultats  de  quelques  expériences  chimiques  très  intéressantes  de 
ce  procédé  de  virage,  tout  en  rappelant  aimablement  mes  travaux 


antérieurs.  Grâce  à  des  expériences  méthodiques,  ils  ont  pu 
démontrer,  sans  doute  possible,  que  l’action  de  ce  mélange  d’alun  et 
d  hyposulfite  de  soude  est  due  à  une  sulfuration.  Dans  un  tel 
mélange,  le  soufre  est  lentement  rendu  libre;  en  fait,  la  lenteur  est 
telle,  qu  ila  faudrait  des  mois  et  même  des  années  pour  que  la  réac¬ 
tion  fût  complète.  Mais  si,  par  contre,  on  fait  bouillir  la  solution, 
1  action  chimique  est  beaucoup  accélérée  et  après  quelques  heures, 
tout  le  soufre  sera  mis  en  liberté.  Le  précipité  blanc,  dans  ce 


(1)  Yoy.  Bulletin ,  1889,  n°  1,  p.  fi. 

(2)  Yoy.  Bulletin ,  -1890,  n°  4,  p.  336. 


—  717  — 


mélange,  contient  une  grande  proportion  d’hydroxyde  d’alu¬ 
minium,  qui  n’a  aucune  action  sur  l’argent  métallique,  et  le  seul 
agent  actif  dont  il  y  a  lieu  de  tenir  compte  ici  est  le  soufre.  Si 
l’hyposulfite  et  l’alun  ont  été  portés  à  l’ébullition  pendant  plusieurs 
heures  et  que  l’on  filtre  ensuite,  le  liquide  clair  aura  perdu 
toutes  ses  qualités  de  virage,  par  la  raison  bien  simple  que, 
tout  le  soufre  ayant  été  précipité,  toute  sulfuration  subséquente 
est  impossible. 

Lorsque  j’ai  essayé  ce  procédé  de  virage  à  l’hypo-alun,  je  n’ai 
jamais  pensé  le  voir  mis  en  pratique,  et  je  le  considérai  plutôt 
comme  une  curiosité  chimique,  parce  que  le  temps  qu’il  fallait 
pour  virer  une  épreuve  était  trop  long.  De  plus,  je  n’accor¬ 
dais  pas  beaucoup  de  permanence  aux  épreuves  ainsi  virées. 
Quelques  années  plus  tard,  j’appris  qu’une  firme  américaine,  dont 
la  spécialité  est  l’agrandissement  au  bromure,  avait  mis  en  pratique 
ce  procédé  et  qu’elle  obtenait  par  là  des  agrandissements  aux  tons 
sépia  très  agréables.  Afin  de  réduire  la  durée  du  virage,  elle 
employait  une  solution  très  chaude.  Depuis  lors,  le  virage  à  l’hypo- 
alun  est  devenu  plus  fréquent  et  beaucoup  de  photographes 
l’emploient  régulièrement.  La  plupart  d’entre  eux  préfèrent  user 
d’une  solution  tiède  plutôt  que  chaude  parce  que,  si  l’action  est 
plus  lente,  les  résultats  en  sont  néanmoins  plus  satisfaisants. 

Tous  les  papiers  au  bromure  et  le  Velox  peuvent  être  virés  dans 
un  bain  chaud  d’hypo-alun.  Je  ne  crois  pas  que  ces  épreuves  soient 
aussi  permanentes  que  les  épreuves  noires  non  virées.  Mais  je  sais 
que  ces  tons  sont  plus  durables  que  ceux  obtenus  par  le  virage  à 
l’urane. 

Afin  d’expliquer  pourquoi  les  épreuves  au  bromure  virées  à 
l’hypo-alun  peuvent  être  plus  permanentes  que  si  elles  étaient  faites 
sur  un  papier  d’argent  à  noircissement  direct,  je  ne  puis  que 
répéter  l’opinion  que  j’ai  émise  en  1895  dans  une  lecture  faite 
devant  la  Société  des  Amateurs  photographes  de  New-York  : 

«  L’argent  précipité  par  le  développement  dans  l’image  d’une 
épreuve  au  bromure  ou  d’une  plaque  au  bromure,  est  d’une 
nature  toute  différente  de  celui  d’un  papier  à  noircissement  direct. 
Si  nous  examinons  au  microscope  une  épreuve  ou  une  plaque  au 

51 


—  718  — 


bromure,  nous  trouvons  que  l’image  est  composée  d’une  multitude 
de  petites  particules  d’argent,  très  distinctes  de  formes  et  de 
grandeur  mesurable.  Si  nous  observons,  par  contre,  sous  le  même 
grossissement  une  épreuve  à  noircissement  direct,  nous  ne  par¬ 
venons  pas  à  observer  de  particules  d’argent.  Toute  l’image 
semble  formée  de  particules  d’argent  si  petites,  qu’elles  appa¬ 
raissent  plutôt  comme  un  corps  homogène.  J’ai  quelque  doute  sur 

le  point  de  sa¬ 
voir  si  l’image 
d’argent  noir¬ 
cie  dire  cte- 
ment,  peut 
être  en  rien 
comparée  à 
une  image  dé 
veloppée. 

«  Tandis 
que  nous  som¬ 
mes  certains 
que  dans  une 
épreuve  au 
bromure , 
l’image  est  for¬ 
mée  de  particules  d’argent  pur  précipité,  il  est  plus  que  probable 
que  dans  le  papier  à  noircissement,  le  procédé  de  réduction  n'est 
pas  aussi  radical,  et  ce  qui  est  appelé  communément  une  image 
d’argent  pour  le  papier  à  l’albumine,  à  la  gélatine  ou  au  collodion, 
n’est  rien  de  plus  qu’un  composé  d’argent  organique  noirci  ou 
produit  par  la  décomposition  partielle  du  composé  primitif  d’argent 
chloro-organique.  Si  cette  image  était  pareille  à  celle  du  bromure, 
le  fixage  complet  dans  l’hyposulfite  devrait  donner  une  épreuve 
ayant  le  même  degré  de  permanence  à  peu  près  que  celle  obtenue 
sur  du  papier  au  bromure,  et  l’expérience  démontre  que  tel  n’est 
pas  le  cas.  Mais  le  procédé  de  dorure  —  c’est-à-dire  de  virage  à  l’or 
—  (ou  même  au  platine),  ne  rend  pas  cette  épreuve  aussi  perma¬ 
nente  qu’une  épreuve  au  bromure  (1).  La  conclusion  naturelle  est 


Cli.  Masson. 

Glacier»  de  Bôjum  (Norvège) 


—  719  — 


que  l’image  obtenue  par  noircissement,  n’est  pas  de  l’argent  pur, 
ou  si  elle  contient  une  certaine  quantité  d’argent  métallique  libre, 
il  existe  là  sous  une  modification  allotropique  spéciale  susceptible 
assez  facilement  d’être  affectée  par  les  substances  chimiques,  de 
telle  sorte  que  l’épreuve  se  décolore.  » 

Le  mode  d’emploi  le  plus  pratique  du  bain  d’hypo-alun  est  le 
suivant  : 

Les  épreuves  doivent  d’abord,  comme  d’habitude,  être  fixées  dans 
un  bain  froid  ordinaire  d’hypo-alun  acide  et  passées  ensuite  dans  le 
bain  de  virage-sépia  suivant  : 

Hyposulfite  de  soude  ....  300  gr. 

Alun  en  poudre .  GO  gr. 

Eau  bouillante .  1.500  c.  c. 

Dissolvez  d’abord  l’hyposulfite  dans  l’eau  et  ajoutez  ensuite  len- 
tement  l’alun.  Lorsque  tout  est  dissous,  la  solution  sera  laiteuse.  Il 
ne  faut  pas  la  filtrer.  Elle  travaille  mieux  lorsqu’elle  est  un  peu 
vieille.  On  peut  la  renforcer  de  temps  à  autre  en  ajoutant  de  la 
solution  fraîche,  mais  ne  jetez  jamais  la  vieille  solution. 

Les  résultats  les  plus  rapides  sont  obtenus  dans  un  bain  maintenu 
chaud  ;  la  pellicule  peut  supporter  une  température  de  50°  à  60°  C. 

Dans  ce  bain,  les  épreuves  au  bromure  et  sur  Velox  se  vireront  en 
10  ou  30  minutes.  Le  Velox  se  vire  plus  facilement  que  le  bromure  et 
les  émulsions  lentes  au  bromure  se  virent  mieux  que  les  émulsions 
rapides. 

Si  le  bain  est  froid,  il  faudra  peut-être  plusieurs  jours  avant  que 
le  virage  soit  achevé,  mais  les  tons  seront  plus  agréables. 

Lorsque  le  bain  est  frais,  il  aura  une  tendance  à  affaiblir  un  peu 
les  épreuves;  cette  tendance  diminuera  avec  l’âge  du  bain.  On  peut 
améliorer  les  nouvelles  solutions  en  y  mettant  tremper  des  bandes 
de  papier  d’argent  ou  en  y  ajoutant  un  peu  de  solution  de  nitrate 
d’argent. 


(1  de  la  page  précédente)  Une  épreuve  virée  à  l’or  ou  au  platine  pâlira  bien 
vite  si  on  la  laisse  trop  longtemps  dans  l’hyposulfite,  tandis  que  chacun  sait 
qu’une  épreuve  au  bromure  ne  serait  guère  altérée. 


720  — 


Il  est  bon  d’ajouter  de  temps  à  autre  de  la  solution  fraîche, 
afin  de  maintenir  au  bain  une  même  composition,  mais  il  faut  que 
l’ancien  bain  soit  dominant. 

Après  le  virage,  lavez  comme  d’habitude  et  enlevez  toute  trace 
de  soufre  à  la  surface  du  papier  en  frottant  à  l’aide  d’une  petite 
éponge. 

Nous  recommandons  aussi  un  fixage  supplémentaire  à  l’hypo- 
sulfite  pur  après  avoir  retiré  l’épreuve  du  bain  d’hypo-alun,  parce 
que  l’expérience  a  démontré  que  les  bains  d’hypo-alun  agissent  le 
mieux  lorsqu’ils  sont  chargés  d’argent  et  toute  épreuve  ainsi  virée 
retiendra  des  particules  d’argent  qu’aucun  lavage  ne  pourrait 
enlever.  Le  seul  moyen  donc  de  s’en  débarrasser  est  de  tremper 
l’épreuve  dans  une  solution  d’hyposulfite  où  on  la  laisse  quelques 
minutes.  Après  quoi,  on  lave  comme  d’habitude. 

Les  épreuves  au  bromure  et  sur  Velox  qui  ont  une  teinte  grise 
virent  plus  vite  que  celles  dont  les  noirs  sont  purs  ;  il  faut  donc 
chercher  à  obtenir  ces  tons  gris.  On  peut  y  arriver  facilement  en 
augmentant  légèrement  le  temps  de  pose  et  en  employant  un  bain 
de  développement  plus  faible  avec  une  plus  grande  quantité  de  bro¬ 
mure  de  potassium. 

(Laboratoire  de  la  Nepera  Chemical  Company). 

(Octobre  1898.) 

(Traduit  de  Wilson’s  Photographie  Magazine.) 


REVUE  DES  JOURNAUX  PHOTOGRAPHIQUES 


Photography. 

(N°  523.) 


Pcrsulfate  d'ammoniaque.  —  C-  II.  Bothamlcy  est  d’accord  avec  les  frères 
Lumière  pour  recommander  l’emploi  du  persulfate  d’ammoniaque  comme  agent 
réducteur.  Comme  il  attaque  plus  fortement  les  parties  opaques  du  cliché,  on 
l’utilisera  chaque  fois  que  l’on  veut  réduire  un  cliché  trop  dur. 

En  revanche,  il  faut  s’abstenir  de  l’employer  pour  réduire  un  cliché  surex¬ 
posé  et  voilé.  Le  réducteur  de  Farmer  est  indiqué  dans  ce  cas. 

Ces  deux  réducteurs  se  complètent  donc,  mais  ils  ne  s’excluent  pas. 


M.  V. 


The  Amateur  Photographer. 

(N°  733.) 


Révélateurs  pour  diapositives. 


Fornmle  de  Thomas. 


Solution  A  : 


Sulfite  de  soude  anhydre 
Acide  citrique  .... 
Bromure  de  potassium  . 
Eau  pour  faire  .  .  . 


llydroquinone . 


Solution  R  : 


Soude  caustique 
Eau  .... 


Prenez  1  partie  de  A. 

—  1  —  de  B. 

—  2  parties  d’eau 


_  722  _ 


Formule  de  Cadelt  et  Neal. 

Solution  A  : 

Acide  pyrogallique .  2,5  gr. 

Métabisulfite  de  potasse .  8  gr, 

Bromure  d’ammonium .  2,5  gr. 

Eau  distillée . •  .  600  ce. 

Solution  B  : 

Ammoniaque . 10  ce. 

Eau .  600  cc. 

Prenez  1  partie  de  A. 

—  1  —  de  B. 

Tons  sépias  et  chauds. 

Formule  Elliott. 

Solution  A  : 

Sulfite  de  soude  sec . 6  gr. 

Bromure  d’ammonium . 0,2  gr. 

Carbonate  d’ammonium . 0,4  gr. 

Potasse  caustique . 0,3  gr. 

Au  moment  de  développer,  prenez  : 

-A . 30  cc. 

Acide  pyrogallique . 0,2  gr. 

Tons  noirs  chauds  avec  plaques  rapides,  et  sépias  avec  plaques  lentes. 

Formide  Marion. 

Solution  A  : 


Acide  pyrogallique-  .  . 
Sulfite  de  soude  anhydre  . 
Acide  sulfurique.  .  .  . 
Bromure  de  potassium.  . 
Eau . 

Solution  B  : 

Acétone . 

Eau . 


30  gr. 

60  gr. 

quelques  gouttes. 

2,5  gr. 

600  cc. 

30  cc. 

600  cc. 


Avec  pose  deux  fois  plus  longue  que  pour  la  formule  à  l’ammoniaque,  on 
obtient  des  tons  noirs  chauds. 


M.  Y. 


Saint-Louis  and  Canadian  Photographer. 

(N°  10.) 

Photographie  en  couleurs. — L  Amérique  n’a  plus  rien  à  envier  à  l’Europe;  elle 
aussi  a  sa  photographie  en  couleurs.  Le  malheur,  c’est  que  le  procédé  que  l’on 


—  723 


attribue  à  un  sieur  James  W.  Mac  Donough,  de  Chicago,  est  la  copie  exacte  du 
procédé  Joly,  de  Dublin.  La  seule  différence  que  nous  trouvions,  c’est  que  l’écran 
Mac  Donough  a  de  3  à  600  lignes  au  pouce,  alors  (|ue  l’écran  Joly  n’en  a  que  960. 
Les  États-Unis  devront  donc  trouver  autre  chose. 

M.  V. 


Anthony’s  Photographie  Bulletin. 

(N»  8.) 

Renforçage  au  sel  de  plomb  pour  phototypes  au  trait.  —  Après  avoir  développé 
et  lavé  la  plaque,  on  la  plonge  dans  : 

Prussiate  rouge  de  potasse  ...  69  gr. 

Nitrate  de  plomb . 70  gr. 

Eau .  689  cc. 

le  négatif  y  séjourne,  jusqu’à  ce  que  l’image  soit  complètement  blanchie, 
puis  elle  est  noircie  dans  : 

Sulfure  d’ammonium . 30  gr. 

Eau . 110  cc. 

Il  faut  que  la  couche  noircisse  dans  toute  son  épaisseur;  on  lave  et  l’on 
éclaircit  dans: 

Acide  nitrique .  3  cc. 

Eau . 100  cc. 

(N°  9.) 

Reproduction  de  photocopies  altérées,  sur  albumine  ou  celloidine.  —  Les 
impressions  jaunies  ou  passées  sont  introduites  dans  le  bain  suivant  : 


Solution  concentrée  de  bichlorure  de 
mercure  dans  l’acide  nitrique  .  .  8  cc. 

Eau .  1.000  cc. 

Si  l’épreuve  y  prend  une  teinte  pourpre  violet,  on  la  plonge  dans  le  bain 
suivant  : 

Chlorure  double  d’or  et  de  potassium.  1  gr. 

Eau .  1.000  cc. 

Une  autre  méthode  est  la  suivante  : 

Bromure  de  potassium .  3  gr. 

Sulfate  de  cuivre .  6  gr. 

Eau .  100  cc. 


Quand  l’épreuve  a  complètement  blanchi  dans  ce  bain,  on  la  lave  et  on  la 
laisse  sécher.  Après  dessiccation,  on  l’expose  un  moment  à  la  lumière,  puis 
on  la  développe  au  moyen  de  l’oxalate  ferreux  ou  de  l’amidol.  Après  cette 
opération,  on  fixe  et  l’on  sèche.  1!  est  recommandable  d’acidifier  le  révélateur 


724 


au  moyen  de  l’acide  tartrique  ou  de  l’acide  citrique-  Par  cette  méthode,  on  peut 
restaurer  d’anciennes  épreuves  affaiblies  et  môme  passées. 

Pour  enlever  l’hyposiilfile  de  soude  des  phototypes.  —  On  ajoute  à  une  solution 
concentrée  de  carbonate  de  soude,  quelques  cristaux  d’iode,  il  se  formera  de 
l’iodure  de  sodium  qui  dissout  un  excès  d’iode. 

Deux  parties  de  cette  solution  concentrée  sont  ajoutées  à  100  cc.  d’eau.  On  y 
immerge  la -plaque  rincée,  où  elle  séjourne  durant  deux  minutes.  Le  cliché 
lavé  sera  complètement  débarrassé  d’hyposulfite  A.  L. 


Willson’s  Photographie  Magazine. 


(N°  496.) 


Développement  et  fixage  simultanés.  —  On  réussit  le  mieux  avec  les  plaques  à 
tons  chauds  G.  B.  P.  R.  pour  projections  avec  la  formule  suivante  : 


A .  Eau . 286  cc. 

Métabisulfite  de  potassium  ...  3,6  gr. 

Orthol .  4,5  gr. 

B.  Eau .  400  cc. 

Soude  caustique .  4  gr. 

Bromure  de  potassium  ....  4  gr. 

C.  Eau .  560  cc. 

Hyposulfite  de  soude . 30  gr. 

Pour  développer  et  fixer,  on  prend  : 

A . 30  cc. 

B . .  .  30  cc. 

C . 60  cc. 


L’image  apparaît  avant  le  fixage,  après  quelque  temps,  l’action  du  fixateur 
commence;  on  laisse  encore  agir  le  bain  durant  quelques  minutes  après  fixage 
du  phototype. 

(N°  501.) 

Une  invention  nouvelle.  —  Un  inventeur  australien  est  parvenu  à  adapter  la 
photographie  et  l’électricité  à  l’application  des  dessins  dans  les  manufactures 
de  textiles,  et,  s’il  faut  le  croire,  au  point  de  révolutionner  cette  importante 
branche  de  l’industrie.  On  prétend  que  par  cette  méthode,  un  métier  à  tisser 
demandant  des  mois  ou  même  des  années,  pour  effectuer  un  travail,  pourra 
l’effectuer  en  une  demi-heure.  Le  nouveau  métier  électrique  sera  exhibé  pour 
la  première  fois  à  l’exposition  universelle  de  Paris,  où  l’on  tissera  des 
mouchoirs.  En  trois  minutes,  l’acheteur  sera  photographié,  au  moyen  d’un 
appareil  se  trouvant  dans  le  métier  même,  la  planche  à  dessin  sera  préparée 
par  la  même  machine  et  une  demi-heure  après,  un  mouchoir  en  soie  sera 


—  725 


confectionné,  portant  tissé  le  portrait  de  l’acquéreur.  A  l’exposition  jubilaire 
ouverte  actuellement  à  Vienne,  on  vend  des  mouchoirs  en  soie,  représentant 
de  petits  paysages  et  des  portraits  tissés  d’après  ce  procédé.  Mark  Twain 
et  l’empereur  François-Joseph  ont  reçu  leur  portrait  obtenu  de  cette  manière. 

(N°  502.) 

Halo.  —  Quand  on  a  à  développer  une  plaque,  pour  laquelle  on  craint  le 
halo,  on  fait  usage  d'une  solution  concentrée  de  rodinal.  Quand  tous  les  détails 
sont  venus,  on  renforce  le  phototype  pour  obtenir  l’intensité  voulue. 

Un  bon  enduit  pour  couvrir  le  dos  de  la  plaque  lorsqu’il  s’agit  de  photo¬ 
graphier  des  intérieurs  avec  fenêtres,  des  machines  ou  de  l’argenterie,  c’est  le 
rouge  indien,  couleur  à  l’eau,  que  l’on  trouve  en  tubes.  On  peut  la  mélanger  à 
de  l’alcool  et  la  répandre  ainsi  au  dos  des  plaques.  On  l’enlève  facilement,  avant 
le  développement,  au  moyen  d’une  éponge. 

Plaques  surexposées.  —  Un  moyen  préconisé  consiste  à  plonger  le  photo¬ 
type  durant  une  ou  deux  minutes  dans  une  solution  de  tartrate  de  potasse  et 
d’antimoine,  sel  que  l’on  appelle  ordinairement  tartre  émétique.  Ce  bain  donne 
de  bons  résultats,  même  si  l’exposition  a  dépassé  mille  fois  la  pose  normale. 
On  peut  s’en  servir  avant  ou  après  la  pose,  la  plaque  étant  séchée  préalable¬ 
ment,  avant  de  commencer  toute  autre  manipulation.  Les  meilleurs  résultats 
ont  obtenus  avec  un  révélateur  à  l’hydroquinone. 

A.  L. 


Memento  des  Expositions 


Exposition  d’Art  photographique,  Berlin  1899. 

La  Freie  Photographische  Vereinigung  et  la  Deutsche  Gesells- 
chaft  von  Freunden  der  Photographie  organisent  d’un  commun 
accord,  une  exposition  de  photographie  artistique  à  Berlin  en 
fé\  riei  et  mars  prochains.  Voici  le  règlement  de  cette  exposition  : 

RÈGLEMENT. 

1.  L’Exposition  est  exclusivement  réservée  aux  travaux  présentant  un 
réel  caractère  artistique,  en  même  temps  qu’une  bonne  exécution  technique. 

L  Exposition  aura  lieu  du  1er  février  au  12  mars  1899  dans  les  salles  de 
l’Académie  royale. 

3.  Chaque  épreuve  doit  être  montée  et  encadrée  séparément;  elle  doit  porter 
au  verso  le  nom  et  l’adresse  de  l’auteur,  l’indication  du  sujet,  et,  s’il  est 
possible,  le  prix,  le  procédé  employé  et  une  mention  indiquant  s’il  s’agit 
d’une  reproduction  directe  ou  d’un  agrandissement. 

Chaque  exposant  n’a  droit  qu’à  l’envoi  de  huit  épreuves.  Les  stéréoscopes 
et  les  diapositifs  sont  exclus  de  cette  Exposition. 

h.  Les  œuvres  qui  ont  déjà  figuré  à  l’Exposition  internationale  d’amateurs  de 
Cei  lin,  1896, 11e  peuvent  pas  être  exposées  de  nouveau.  Aucune  épreuve  ne  peut 
être  retirée  avant  la  clôture  de  l’Exposition. 

6.  Les  emplacements  sont  donnés  gratuitement.  L’envoi  et  le  retour  des 
épreuves  ont  lieu  aux  frais  de  l’exposant. 

7.  La  notification  de  la  participation  à  l’Exposition  doit  être  faite  à  il/.  Franz 
Goerke,  Maassenstrasse ,  52,  Berlin,  W.,  avant  le  31  décembre  1898. 

8.  Les  épreuves  doivent  parvenir  au  plus  tard  le  20  janvier.  L’adresse  pour  les 
envois  est  :  An  die  Ausstellung  fur  künstlerische  Photographie,  Kgl.  Kunstaka- 
demie,  Unter  den  Linden,  58,  Berlin,  W. 

9.  I  n  jury  de  cinq  membres  décidera  de  l’admission  des  épreuves  envoyées. 
Ses  décisions  sont  sans  appel. 

10.  La  Commission  de  l’Exposition  n’assume  aucune  responsabilité  en  cas 
d  incendie,  mais  elle  prendra  toutes  les  mesures  nécessaires  pour  la  sécurité. 


727  — 


11.  L’Administration  prêtera  gratuitement  ses  bons  offices  pour  la  vente  des 
épreuves.  Celles  qui  sont  à  vendre  seront  marquées  dans  le  catalogue  d’un  *. 

12.  Il  n’y  aura  pas  de  distribution  de  médailles  ni  de  diplômes. 

13.  Chaque  exposant  recevra  une  carte  d’entrée  permanente  et  personnelle. 

AVIS.  —  Les  membres  de  l’Association  qui  voudraient  prendre 
part  à  cette  exposition,  sont  priés  de  réclamer  la  formule  d’envoi 
au  secrétaire  général,  97,  avenue  Brugmann,  à  Bruxelles.  Le  secré¬ 
taire  se  chargera  de  l’expédition  des  formules  à  Berlin. 

Les  envois  seront  faits  séparément  par  les  soins  de  MM.  Handl, 
Lorel  et  Cie,  rue  de  l’Angle,  à  Bruxelles,  aux  frais  de  l’Association. 
Le  dernier  délai  de  réception  à  Bruxelles,  est  fixé  au  31  décembre 
1898.  Tout  envoi  parvenu  après  ce  délai  sera  retourné  à  son 
expéditeur.  On  est  prié  d’adresser  un  avis  d’expédition  à 
MM.  Handl,  Lorel  et  O  et  d’y  joindre  la  liste  des  œuvres  avec  la 
valeur.  Cette  mention  est  nécessaire  pour  les  formalités  en  douane. 
Les  membres  auront  à  supporter  les  frais  de  port  de  leur  domicile 
à  Bruxelles  et  retour. 


Programme  du  vingt-einquième  Concours  du  Journal  des  Voyages 

Premier  trimestre  de  1898-1899. 

Le  motif  proposé  est  le  suivant  :  Intérieur  pris  dans  un  monument  célèbre. 
Les  motifs  que  nous  proposerons  au  cours  de  l’année  1899  seront  les  suivants  : 
Vingt-sixième  concours  (2e  trimestre,  n°  118  du  o  mars).  Scène  d'automo¬ 
bilisme. 

Vingt-septième  concours  (3e  trimestre,  n°  131  du  14  juin).  Élude  de  chats. 
Vingt-huitième  concours  (4e  trimestre,  n°  144  du  3  septembre).  Un  jeu 
d'écoliers  (billes,  barres,  saut  de  mouton,  marelle,  etc.). 

Vingt-neuvième  concours  (1er  trimestre  de  1899-1900,  n°  157  du  3  décembre). 
Paysage  de  montagne. 

Le  programme  relatif  à  chacun  de  ces  concours  sera  publié  en  temps  et  lieu. 
Nous  rappelons  à  nos  lecteurs  que  tout  le  monde,  soit  abonné,  soit  acheteur  au 
numéro,  peut  prendre  part  à  ce  concours. 

Frédéric  Dillaye. 


Bibliographie 


Las  Figurenbild  in  der  Kunslphotographie. 

Sous  ce  titre  M.  Th.  Hofmeister  vient  de  publier  une  charmante  plaquette 
largement  illustrée  dans  laquelle  l’auteur  expose  ses  idées  sur  le  rôle  que  peut 
jouer  la  figure  humaine  dans  l’art  photographique.  Jusqu’ici  le  photographe 
devait  pour  ses  études  s’en  référer  aux  maîtres  de  la  peinture.  L’auteur  a  voulu 
par  quelques  exemples  qui  peuvent  indiquer  la  voie  à  suivre  montrer  les  résul¬ 
tats  que  l’on  peut  obtenir  et  lions  Croyons  qu’il  intéressera  tous  ceux,  et  ils 
sont  nombreux,  qui  estiment  que  le  photographe  peut  faire  œuvre  d’artiste. 
Pour  nos  lecteurs  qui  ont  suivi  les  dernières  expositions,  la  compétence 
de  M.  Th.  Hofmeister,  le  distingué  photographe  de  Hambourg,  ne  peut  faire 
aucun  doute. 

La  plaquette  remarquablement  illustrée  a  été  imprimée  avec  luxe  par  l’éditeur 
de  Halle  A.  S-,  M.  Wilhelm  Knapp,  dont  nous  n’avons  plus  à  faire  l’éloge. 

Lu  Chimica  fotogruficu,  par  le  professeur  R.  Namias,  directeur  de  R  Progressa 
folografico,  de  Milan.  —  Modène.  Imprimerie  Ange  Namias. 

L’auteur  dans  l’ouvrage  qu’il  vient  de  faire  paraître  a  réuni  les  études 
chimiques  et  photographiques  qu’il  a  publiées  mensuellement,  d’abord  dans 
la  Rcvisla  Scienlifico-Artistica  di  folografxa ,  ensuite,  dans  IL  Progresso  foto- 
grafico. 

Il  s’occupe  spécialement  dans  ce  volume  de  ce  qui  concerne  le  phototype 
négatif.  L’action  des  différentes  lumières,  les  sels  d’argent,  l’image  latente,  les 
divers  procédés  d’obtention  des  négatifs,  le  développement  de  l’image,  l’ortho¬ 
chromatisme  sont  successivement  étudiés  et  il  terminepar  quelques  mots  sur  la 
radiographie. 

Nous  pouvons  dire  que  la  littérature  photographique  italienne  s’est  enrichie 
d’un  excellent  ouvrage  qui  sera  consulté  avec  fruit. 


JOLJfirjiUJX  KEÇUS 


Belgique. 

Bulletin  de  l'Académie  royale  des  Sciences,  nos  9,  10. 
Ciel  et  Terre,  n°  18. 

L'Objectif,  n™  52,  53. 

Le  Cycliste  belge  illustré,  nos  426,  427,  428. 

La  Presse  universelle,  nos  9,  10. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Belgique,  n°  23. 

Allemagne. 

Deutsche  Photographen  Zeitung,  nos  47,  48,  49. 
Photographische  Rundschau,  n°  12. 

Der  Amateur-Photograph,  n°  12. 

Photographische  Mittheilungen,  nos  16,  17. 
Pltotogruphischcs  Centralblatt,  nos  21,  22. 
Pltotographisclxc  Chronik,  n"s  47,  4S. 
Photographisches  Wochenblalt,  nos  46,  47,  48. 
Praktischer  Rathgcbcr,  nos  21,  22. 

Dus  Atelier  des  Photographen,  n°  12. 

Die  Kunst  in  der  Photographie,  n°  5. 

Autriche. 

Wiener  freie  Photographen  Zeitung,  n°  11. 

Danemark. 

Beretninger  fra  Dansk  fotografisk  Forening,  n°  11. 

États-Unis. 

Wilson’s  Magazine ,  n°  503. 

La  Revista  cientifica  Hispano-Americana,  n°  11. 


—  730 


France. 


Bulletin  de  la  Société  française  de  Photographie,  n°  22. 

Moniteur  de  la  Photographie,  nos  22,  23. 

Bulletin  du  Photo-Club  de  Paris,  n°  94. 

Photo-Gazette,  n°  1. 

Le  Photogramme,  n°  11. 

Photo- Journal,  n°  105. 

Bulletin  de  la  Société  Caennaise  de  Photographie ,  15  novembre. 

L' Avenir  photographique,  nos  82,  83. 

Photo-Revue,  nos  8,  8 bis. 

Bulletin  de  la  Société  Lorraine  de  Photographie,  n°  8. 

Bulletin  de  la  Société  Havraise  de  Photographie,  n°  10. 

Bulletin  de  la  Société  ph  otograph  ique  du  Nord  de  la  France,  n°  5. 

Bulletin  de  l’Association  des  Amateurs  photographes  de  Dijon  et  de  la 
Bourgogne,  n°  11. 

Bulletin  du  Photo-Club  Nancéien,  n°  10. 

La  Photographie,  n°  12. 

Gazette  du  Photographe  amateur,  nos  G7,  08. 

La  Science  illustrée,  nos  573,  574,  575. 

La  Science  en  famille,  nos  4S,  49. 


Grande-Bretagne. 


British  Journal  of  P hotography ,  nos  2011,  2012, 
Photographie  News,  n°*  151,  152,  153. 

The  Journal  of  the  Caméra  Club,  n°  151. 
Photography,  nos  523,  524,  525. 

The  Amateur  Pliotographer,  nos737,  738. 

The  Praclical  Pliotographer,  n°  107. 

The  Photogram,  n°  60. 


Suisse 


Revue  suisse  de  Photographie,  n°  10. 
Bulletin  du  Photo-Club  de  Neuchâtel,  n° 


aÜ^ZC  \ZN\f:i.  fîdC 


|^1^I^7V1^A^  V'ÿ YtJJT  'Ar7''A5AA!j^'ArAA?''A?''A/^ 


~>  Dos  Illustrations  -*- 

Nous  continuons  à  offrir  à  nos  lecteurs  les  reproductions  des 
principales  œuvres  qui  ont  figuré  au  dernier  Salon  de  l’Association. 
Nous  publions  dans  ce  numéro  : 

Causerie  nocturne,  de  M.  C.  Pu}ro,  de  Paris. 

Étang-  dans  la  forêt,  de  M.  Karel  Greger,  de  Londres. 


Illustrations  dans  le  texte.  —  Une  Maison  à  Lisieux. 
Epreuve  extraite  de  l’album  En  Normandie  de  notre  président, 
M.  J.  Casier. 

Les  épreuves  de  MM.  Vanderkindere,  Hanssens,  Leys  et  Mas¬ 
son  ont  été  choisies  parmi  celles  que  nos  confrères  avaient  pré¬ 
sentées  au  dernier  concours  organisé  par  la  Section  de  Bruxelles 
et  dans  lequel  ils  ont  obtenu  les  distinctions  mentionnées  au  procès- 
verbal  de  la  séance  du  9  novembre. 


M.  Ch.  Dewit  nous  fait  connaître  qu’il  est  l’auteur  de  l’épreuve 
Port  de  Concarneau  (Bretagne),  qui  figure  à  la  page  (5(50  du  n°  11 
du  Bulletin. 


Lettrines  de  MM.  Bidart.  Puttemans,  Selb,  Van  den  Hove  et 
Vanderkindere. 


@'WY^7V^@ 


SO^VqVtAItfE 


Assemblée  générale  extraordinaire,  terme  à  Bruxelles,  le  20  novem¬ 


bre  1898.  —  Procès-verbal . 685 

Extraits  des  procès-verbaux  des  séances  des  sections. 

Section  de  Bruxelles.  —  Séance  du  5  novembre  1898. 

Laboratoire  de  M.  De  Meuter.  —  Concours  Suler.  —  Epreuves  à 

la  lampe-éclair  de  M.  Weiss . 692 

Action  du  persulfate  d’ammoniaque.  —  Ajutage  pour  robinets. — - 

Résultats  du  concours  de  photographie . 693 

Projections . 694 

Section  de  Garni.  —  Séance  du  3  novembre  1898. 


Envois  de  M.  Van  Ncck. —  Concours  Suler.  — Plaques  «  Vitroses  «  695 

La  Photographie  en  couleurs  ;  causerie  de  M.  L.  Declercq.  — 
Epreuves  en  couleurs  par  le  procédé  Dugardin.  —  Le  chromo- 
toscope.  —  Développement  après  fixage.  —  Jeton  de  présence  .  696 

Rapport  sur  la  création  d'un  musée  de  photographies  documentaires, 

par  M.  L.  Roland . 697 

Sur  l'emploi  des  amines  comme  succédanés  des  alcalis  dans  les  déve- 
loppateurs  alcalins,  par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz  ....  706 

En  écran  pratique  pour  agrandissement,  par  M.  Et.  Olivier  ....  712 

Tons  sépia  pour  épreuves  sur  papier,  par  Léo  Baekeland . 716 

Revue  des  journaux  photographiques. 

Photography. 

N°  523.  —  Persulfate  d’ammoniaque  .  . 721 

The  Amateur  Photograph. 

N°  733.  —  Révélateurs  pour  diapositives . 721 

Saint-Louis  and  Canadian  Photograpjher. 

N°  10.  —  Photographie  en  couleurs  . 


722 


—  733  — 


PAGES. 

Anthony' s  Photographie  Bulletin. 

N°  8.  —  Renforçage  au  sel  de  plomb  pour  phototypes  au  trait.  .  .  723 

N°9.  --Reproduction  de  photocopies  altérées,  sur  albumine  ou 


celloïdine . 723 

Wilson’ s  Photographie  Magazine. 

N°  490.  —  Développement  et  fixage  simultanés . 724 

N°  501.  —  Une  invention  nouvelle . 724 

N°  502.  —  Halo.  —  Plaques  surexposées . 725 

Moment o  des  Expositions . 72G 

Programme  du  25e  concours  du  Journal  des  Voyages . 727 

Bibliographie . 723 

Journaux  reçus . 729 

Nos  illustrations . 731 

Sommaire. 


52 


TABLE  ©ES  lVLATIÈf?ES 

du  vol.  XXV  de  la  collection 

TROISIÈME  SÉRIE.  —  VOLUME  V 


PAGES. 


Acétones  ou  aldéhydes.  (Sur  la  valeur  pratique  des  principales  aldéhydes 
ou  acétones  comme  succédanés  des  alcalis  dans  les  développateurs 
alcalins),  par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz . 

Affaiblissement  des  phototypes  négatifs,  par  A.  Miellie . 

Affaiblissement  et  renforcement  produits  autour  des  impressions  photogra¬ 
phiques,  par  M.  le  capitaine  Golson . 

Agrandissements  (La  valeur  des  diaphragmes  dans  les),  etc.,  par  le  Rôv. 

E.-C.  Lambert,  M.  A . 

Aldéhydes  ou  acétones.  (Sur  la  valeur  pratique  des  principales  aldéhydes 
ou  acétones  comme  succédanés  des  alcalis  dans  les  développateurs 

alcalins),  par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz . 

Aluminium  (L’)  dans  la  lithographie . 

Amines  comme  succédanés  des  alcalis  (Sur  l’emploi  des)  dans  les  développa¬ 
teurs  alcalins,  par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz  ..... 

A  nos  lecteurs .  • 

Art.  (La  Photographie  est-elle  un  art?)  par  Robert  Demachy  .  .  . 

Art  photographique.  (Gomment  un  artiste  photographe  peut  être  un  pho¬ 
tographe  artiste),  par  Gustave  Marissiaux . 

Assemblée  générale  annuelle  tenue  à  Bruxelles,  le  17  avril  1898  .  .  .  . 

Assemblée  générale  extraordinaire  tenue  à  Bruxelles,  le  20  novembre  1898. 

Assemblée  générale  ordinaire . 

Bibliographie . 14S,  222,  295,  4G3,  551,  G1 1, 

Causerie  artistique  :  La  3e  Exposition  d’arl  photographique  à  l’Associa¬ 
tion  belge  de  Photographie . 


111 

5S1 

511 

577 


111 

670 

706 

10 

105 


270 

303 

GS5 

ICO 

72S 


399 


—  735  — 


PAGES. 

Châssis  pour  le  tirage  des  diapositives,  par  Ch.  Masson . 662 

Concours  d’épreuves  positives . 410 

Concours  (21e)  du  «  Journal  des  Voyages  ».  —  Programme . 64 

Concours  (22e)  du  «  Journal  des  Voyages  ».  —  Programme . 221 

Concours  (23°)  du  «  Journal  des  Voyages  ».  — Programme . 410 

Concours  (24e)  du  «  Journal  des  Voyages  •• . 553 

Concours  (25e)  du  «  Journal  des  Voyages  » . 727 

Concours  photographique  des  régates  d’Anvers  (Résultat  du) . 626 

Concours  photographique  organisé  par  la  manufacture  d’optique  E.  Suter,  à 

Bâle . 575 


Conseil  d’administration.  —  Composition . 234 

Conseil  d'administration.  —  Membres  admis.  5,  73,  159,  231,  30J,  417,  485, 

561,  625 

Cuvette  verticale  (Le  développement  en),  par  M.  Vanderkindere . 203 

Développateur  nouveau  à  la  glycine,  par  J.  Beck .  •  •  659 

Développement  après  fixage . 570 

Développement  confiné  (Le),  par  M.  le  capitaine  R.  Colson . 514 

Développement  confiné  (Application  du),  par  M.  le  capitaine  R.  Colson  .  518 


Développement  des  papiers  par  noircissement  direct,  par  R.-Ed.  Liescgang  .  290 
Développement  des  plaques  photographiques  au  gélatino-bromure  dont  l’exposi¬ 
tion  exacte  est  incertaine . 38 


Développement  (Le)  en  cuvette  verticale,  par  M.  Vanderkindere  ....  203 

Développement  moderne  (Le),  par  Alfred  Watkins . 194 

Diaphragmes  (La  valeur  des)  dans  les  agrandissements,  etc.,  etc.,  par  le 

Rév.  E.-C.  Lambert,  M.  A . 577 

Diapositives  (Châssis  pour  le  tirage  des),  par  Ch.  Masson  .  . 662 

Éclairage  (L’)  du  laboratoire  pour  les  plaques  orthochromatiques,  par  le  capi 

taine  W.  de  W.  Abncy . 554 

Écran  (Un)  pratique  pour  agrandissement,  par  M.  Et.  Olivier . <12 

Épreuves  d’exposition . 151 

Exposition  d’art  photographique  (Notes  à  propos  de  la  3°),  par  M.  \  ander- 

kindere . 43S 

Exposition  (Ve)  internationale  de  photographie  artistique  organisée  à  Hambourg 
par  la  «  Gesellschaft  zur  Forderung  der  Amateur  Photographie  »,  par 

Ernest  Juhl . 51 

Fêtes  du  XXVe  anniversaire  de  la  fondation  de  l’Association  belge  de  Photogra¬ 
phie . . .  8,  162 

Compterendu  des  fêtes  des  14,  15,  16  et  17  mai  1898  : 

Première  journée.  —  Samedi  14  mai . 33.» 


—  730  — 


PAGES. 

Deuxième  journée.  —  Dimanche  15  mai  :  Assemblée  générale 

extraordinaire . 335 

—  Le  banquet . 349 

Troisième  journée.  —  Lundi  10  mai  :  Soirée  de  projections  .  364 
Quatrième  journée.  —  Mardi  17  mai  :  Excursion  à  Groenen¬ 
dael  . '  308 

Glycine  (Développateur  nouveau  à  la),  par  J.  Beck  .  . 059 

Gomme  bichromatée  (Le  procédé  à  la),  par  James  Packham  .  .....  182 

Image  latente  (De  l’action  d’une  température  élevée  sur  l’j,  par  J.  Gaedicke  .  593 

Images  de  différentes  grandeurs  avec  n’importe  quel  objectif,  par  le  Rév. 

E.-C.  Lambert,  M.  A .  ....  584 

Impression.  —  Le  procédé  aux  poudres . 573 

Journaux  reçus .  65,151,223,290,472,554,015,075,  729 

Jury  de  la  3e  Exposition  d’art  photographique .  ....  74 

Liste  des  membres,  1898 . ...  23S 

Memento  des  expositions .  219,294,411,402,  720 

Microphotographie  (Note  sur  l’orthochromatisme  appliqué  à  la),  par  M.  M011- 

pillard . 523 

Musée  (Le)  de  photographie  artistique  au  Parc  du  Cinquantenaire,  par  M.  Van- 

derkindere . 447 

Musée  de  Photographies  documentaires  (Rapport  sur  la  création  d’un),  par 

M.  L.  Roland . 597 

Nécrologie.  —  Achille  Sacré .  .  .  68 

—  P. -G.  Van  Renterghem . 08 

—  Le  docteur  René  Brecx . 155 

A.  Gauthier-Vil  lars . 227 

—  Henri  De  Bonnier . 227 

Maurice  Hovelacque . 413 

—  Le  Dr  Ernest  Gandèzc  .  .  470 

—  Le  lieutenant  général  Van  Eechout . 019 

Félix  Remacle . 022 

Négatifs  (Affaiblissement  des  phototypes),  par  A.  Miethe .  581 

Noircissement  direct  (Développement  des  papiers  par),  par  R.  Ed.  Liesegang.  290 

Nos  illustrations .  07,  154,  226,  298,  412,  475,  556,  618,  679,  731 

Notes  anglaises.  —  L’Exposition  de  la  «  Royal  Photographie  Society  » 

au  Cristal  Palace,  par  M.  Walter  D.  Welford  .  .  432 

—  Les  deux  expositions  de  Londres,  par  W.  D.  Wel¬ 
ford  . 505 

Numéro  jubilaire . . JGI 

Orthochromatisme  appliqué  à  la  microphotographie  (Note  sur  I’),  par  M.  Mon- 

pillard . 523 

Papier  Velox  (Les  révélateurs  pour),  par  Je  B1  Léo  Baekeland  . 


117 


737  — 


PAGES. 


Papier  Velox  (Méthodes  de  développement),  par  M.  Lco  Baekeland  .  .  .  405 

Pelliculisation  des  clichés,  par  R.  Rousseau . 41 

Persulfate  d’ammoniaque  (Action  curieuse  du)  sur  l’argent  des  phototypes  et  uti¬ 
lisation  de  cette  action,  par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz  ...  441 

Photographie  en  couleurs  par  la  méthode  indirecte,  par  MM.  Auguste  et  Louis 

Lumière . 445 

Photographie  trichrome,  par  W.  de  W.  A . 066 

Plaques  extra-sensibles  (Procédé  au  gélatino-bromure  donnant  couramment  les 

25  degrés  Warnercke  pour),  par  M.  A.  Blanc  .  .  . . 120 

Plaques  orthochromatiques  (L’éclairage  du  laboratoire  pour  les),  par  le  capi¬ 
taine  W.  deW.  Abney . 654 

Plaques  sur  vitrcse  rigide  (Les) . 541 

Profondeur  de  champ  (De  la),  par  M.  Charles-E.  Manierre . ,544 

Projections.  —  Des  rapports  entre  la  longueur  focale  de  l’objectif,  la 
dimension  de  l’image  projetée  et  la  distance  à  laquelle  on  opère, 
par  Ch.  Puttemans . 276 


Projections  ar.imées  (Sur  un  mécanisme  pour  appareil  à),  par  F.  Drouin  .  . 

Radiotint  Chassagne,  par  L.  Schrank . 

Rapport  du  secrétaire  général . 

Rapport  sur  la  création  d’un  Musée  de  photographies  documentaires,  par 

M.  L.  Roland . 

Régates  internationales  à  voiles  à  Anvers . 

Renforçage  physique  des  phototypes  négatifs,  par  D.  Declercq . 

Renforcement  et  affaiblissement  produits  autour  des  impressions  photogra¬ 
phiques  par  le  développement,  par  M.  le  capitaine  R.  Golson.  .  .  . 

Révélateurs  les  plus  connus  (Réactions  caractéristiques  des),  parle  D1'  H.  An- 

dresen . 

Salon  d’art  photographique  (Le  troisième),  par  M.  Sulzberger . 

Section  de  Bruxelles.  —  XXVe  anniversaire  de  l’installation  de  la  Section. 

—  Excursion  sur  l’Escaut,  de  Termonde  à  Anvers . 

Section  de  Bruxelles.  —  Inauguration  des  matinées  de  projections  pho¬ 
tographiques  . 

Sections  de  l’Association.  —  Bureaux . 

Statuts  de  l’Association . 

Substitutions  alkylées  (Sur  les)  dans  les  groupes  de  la  fonction  développatrice, 

par  MM.  Lumière  frères  et  Seyewetz . 

Température  élevée  (De  l'action  d’une)  sur  l’image  latente,  par  J.  Gaedicke  . 
Temps  de  pose  en  photographie  (La  latitude  du),  par  M.  P.  Mercier.  .  .  . 

Tirage  des  épreuves  par  développement  (Procédé  de),  par  M.  F.  Drouin  .  . 

Tons  sépias  pour  épreuves  sur  papier,  par  Léo  Baekeland . 


136 

306 


607 

505 

46 

511 


1-23 

372 

406 


170 


236 

76 


200 

503 

649 

508 

716 


738  — 


PAGES. 

Union  internationale  de  photographie.  —  6e  session  tenue  à  Gand  du  17  au 

21  juillet  189S . 547 

Vitrose  rigide  (Les  plaques  sur) . 541 

Procès-verbaux  des  séances  des  Sections. 

Section  d’Anvers. 

Séance  du  13  décembre  189  7. 

Décès  de  M.  Van  Renterghem.  —  Hommages . 13 

Développement  des  papiers  au  gélatino-chlorure.  —  Situation 
morale  de  la  Section.  —  Projections . 14 

Séance  du  11  janvier  1898. 

Comptes  de  l’année  1897.  —  Élection  du  bureau  pour  1898.  .  .  83 

Le  papier  Velox.  —  Projections . 84 

Séance  du  31  janvier  1898. 

XXVe  anniversaire  de  l’Association.  —  Papier  Éclair.  —  Nomi¬ 
nation  du  bureau . 164 

Ordres  du  jour  des  séances.  —  Présentation  d’appareils.  —  Pro¬ 
jections . 165 

Séance  du  3  octobre  1898. 

Décès  du  lieutenant  général  van  Eechout.  —  Dates  des  séances. 

—  Concours.  —  Questions  à  traiter  en  séance . 627 

Phototypes  affaiblis  par  le  persulfate  d’ammoniaque.  —  Pelli¬ 
cules  Vitroses.  — Épreuves  sur  papier  Electric.  —  Confection 
de  diapositives  par  M.  Maes .  ...  628 

Section  de  Bruxelles. 

Séance  du  10  novembre  1897. 

Concours  d’illustration  du  numéro  jubilaire.  —  Présentation  de 

membres . 15 

Photomètre  Decoudun.  —  Papier  Velox.  —  Papier  Schering. 
Excursion.  —  Causerie  de  M.  Puttemans  sur  l’emploi  du 

papier  albuminé . 16 

Séance  annuelle.  —  Projections . 17 

Séance  du  24  novembre  1897. 

Séance  de  projections  de  la  Section  de  Namur.  —  Remercie¬ 
ments  à  M.  de  Smet  du  Hayon.  —  Objectif  stigmatic  Dall- 

meyer . 18 

L’acétone.  —  Causerie  avec  projections  de  M.  Rulot  sur  les 
phénomènes  volcaniques . 19 


739  — 


PAGES. 


Séance  du  8  décembre  18!) 7. 

Décès  de  MM.  Van  Renterghem  et  Achille  Sacré.  —  Electric 
paper.  —  Papier  Éclair . 

L’art  en  photographie,  par  M.  de  la  Gizerane.  —  Hommage.  — 
Papier  Schering.  —  Projections . 

Séance  du  22  décembre  1807. 

Local  de  l’Association.  —  Hommage . 

Table  des  matières  du  Bulletin.  —  Excursions.  —  Plioto-jumelle 
et  stéréoscope  de  M.  De  Meuter.  —  Plaques  Tackels.  — 
Electric  paper  de  la  Bernaert’s  Cy . 

Projections . 

Séance  du  12  janvier  1808. 

Electric  paper  de  la  Bernaert’s  Gy. —  Papier  Éclair  de  la  maison 
Van  Monckhoven.  —  Séance  intime  de  projections.  —  Plaques 
et  pellicules  radiographiques  de  la  maison  Jougla.  —  Séance 
publique  de  projections . 


21 

22 

85 

8G 

87 


SS 


Séance  du  26  janvier  1808. 

Décès  du  Dr  Brecx.  —  Conférence  de  M.  Hovelacque  .  .  .  . 

Démonstration  du  disque  obturateur  pour  projections,  de 
M.  Selb . 


Séance  du  0  février  1808. 

Remerciements  de  Mrae  veuve  Brecx.  —  Remerciements  de  la 
Section  de  Namur.  —  Album  des  sociétés  photographiques.  — 
Discussion  au  sujet  du  disque  obturateur  de  M.  Selb. —  Soirée 

de  projections . 

Plaques  Gem.  —  Projections . 

Séance  du  22  février  1808. 

Plaques  Gem.  —  Papier  Éclair.—  Le  développement  en  cuvette 

verticale . 

Révélateur  Diogène.  —  Excursion.  —  Chalumeau  de  la  compa¬ 
gnie  L’Oxhydrique.  —  Projections . 

Inauguration  des  matinées  de  projections  photographiques  .  . 


168 

169 


169 

17U 

179 


Séance  du  2  mars  1808. 

Soirée  publique  de  projections . 

Projections . 

Séance  du  13  avril  1808. 

Communication  de  M.  Misonne.  —  Soirée  publique  de  projec¬ 
tions.  —  Remerciements.  —  Boîtes  pour  transport  de  diapo¬ 
sitives.  —  Plaques  radiographiques  Gratte.  —  Conférence  de 
M.  .Buis.  —  Élection  du  délégué  au  Comité.  —  Fêtes  du 
XXVe  anniversaire.  —  Projections . 


—  740  — 


Séance  du  11  mai  1808. 

Conférence  de  M.  Masy  «  Du  fleuve  bleu  à  Péking  -> 

Séance  publique  de  projections  du  11  mars  1898 
Conférence  de  M.  Buis,  bourgmestre  de  la  ville  de  Bruxelles, 
donnée  le  mercredi  24  mars  1898  à  la  Section  de  Bruxelles.  -  ! 
Séance  du  27  avril  1808. 

Échantillons  de  plaques  et  de  révélateurs 
Fêtes  jubilaires.  -  Pose-mètre  de  Winnc.  —  Soirée  de  projec¬ 
tions  du  IG  mai . . 

Causerie  sur  le  sulfite,  le  bisulfite  et  l’hyposulfite  de  soude. _ 

Projections . 

Séance  du  25  mai  1808. 

Décès  de  M.  Hovelacque.  —  Exposition.  —  Anniversaire  de  la 
Section  de  Bruxelles.  —  Don  de  M.  de  Schokalsky.  —  Causerie 
sur  les  phénomènes  chimiques.  —  Remise  de  diplômes  et 

d’illustrations . 

Projections . 

Séance  du  8  juin  1808. 

Ordre  du  jour.  —  XXV®  anniversaire  de  la  fondation  de  la  Sec¬ 
tion.  Excursion  de  Grammont.  —  Concours  de  photogra¬ 
phie.  —  Eikronomètre  de  Watkins . 

Projections . 

Séance  du  25  juin  1808. 

Musée  d’œuvres  photographiques  du  Palais  du  Cinquantenaire. 
—  Pyrocatécliine . 

Positives  sans  nom.  -  Concours  de  photographie.  -  Situation 
financière  de  la  Section.  —  Renouvellement  des  membres  du 

Comité . 

Excursion  sur  l’Escaut.  —  Le  Radiotint . ’ 

Le  chromoscope.  —  Réunions  d’été . 

Séance  du  12  octobre  1808. 

Excursion  sur  l’Escaut  du  mois  de  juillet. 

Décès  de  MM.  Remacle  et  du  lieutenant  général  van  Eechout.  - 

Étiquettes  pour  diapositives.  —  Essai  de  la  pyrocatécliine.  _ 

Concours  de  photographie.  —  Pellicules  Vilroses.  —  Photo¬ 
graphies  en  relief.  —  Papier  self-toning . 

Causerie  de  M.  Puttemans  :  Acides,  bases  et  sels . 

Séance  du  26  octobre  1808. 

Conférence  de  M.  Mathieu  sur  la  reproduction  des  couleurs. _ 

Concours  de  photographie . 

Châssis  pour  diapositives  de  M.  Masson.  —  Conférence  de 
M.  Weiss  sur  la  lampe-éclair  de  son  invention 


PAGES. 

317 

319 

321 

419 

420 

421 

422 

423 


488 

489 


489 


490 

491 

492 

629 


G30 

G31 

631 

632 


741  — 


PAGES. 

Séance  du  9  novembre  1 898. 

Laboratoire  de  M.  De  Meuter.  —  Concours  Suter.  —  Épreuves 

à  la  lampe-éclair  de  M.  Weiss . 692 

Action  du  persulfate  d’ammoniaque.  —  Ajutage  pour  robinets. 

—  Résultats  du  concours  de  photographie . 693 

Projections . 694 

Section  de  Courtrai. 

Séance  du  10  janvier  1898. 

Démonstration  du  papier  Velox . 265 

Séance  du  11  janvier  1898. 

Séance  annuelle  de  projections.  —  Papier  Éclair . 266 

Séance  du  2  mai  1898. 

Fêtes  jubilaires.  —  Le  procédé  à  la  gomme  bichromatée.  — 
Papiers  Éclair  et  Electric . 493 

Séance  du  18  juin  1898. 

Album  jubilaire.  —  Décès  de  M.  Eug.  Bekaert.  — Excursion.  — 
Présentation  d’appareils . 494 

Section  de  Gand. 

Séance  du  2  décembre  1897. 

Félicitations  à  M.  J.  de  Smet.  —  Élections.  —  La  propriété  du 

cliché  photographique . 23 

Stéréo-jumelle  de  Krauss . 24 

Boîte  pour  lé  transport  des  diapositives.  —  Plaques  Sandell.  •— 
Papier  Schering.  —  Papier  Éclair . .  .  .  25 

Séance  du  13  janvier  1898. 

Causerie  de  M.  le  D1’  de  Nobele  sur  les  rayons  X  et  leurs  appli¬ 
cations  . 89 

Jeton  de  présence . 90 

Séance  du  3  février  1898. 

Soirée  de  projections.  —  Fêtes  jubilaires  de  l’Association.  — 

Appareils  de  la  Compagnie  L’Oxhydrique . 171 

Emploi  du  fixatif  Vibert . 172 

Projections .  . 173 

Séance  du  3  février  1898. 

Session  de  l’Union  internationale  —  Hommage  de  M.  Casier.  — 

Cliché  intéressant.  —  Lanterne  de  projections . 268 

Jeton  de  présence .  .  269 


742  — 


PAGES. 

Séance  du  7  avril  1898. 

Causerie  sur  l’acétylène . .  •  424 

Papier  pour  impression  par  développement  de  la  maison  Van 
Monckhoven. — Séance  de  projections  de  la  Section  de  Liège. 

—  Jeton  de  présence . 425 

Séance  du  5  mai  1898. 

Causerie  sur  les  diapositives.  —  Présentation  d’appareils.  — 
Jeton  de  présence . 42(3 

Séance  du  2  juin  1898. 

Session  de  l’Union  internationale.  —  Causerie  de  M.  Spilthoorn 

sur  le  bain  fixateur . 636 

Appareil  stéréoscopique  de  Bellieni.  —  Projections.  —  Jeton  de 
présence . 637 

Séance  du  4  août  1898. 

Compte  rendu  de  la  session  de  l’Union  internationale.  —  Excur¬ 
sion.  —  Concours  sur  l’Escaut.  —  Le  rôle  du  diaphragme  dans 
les  objectifs.  —  Machine  à  imprimer  donnant  par  un  tirage 

unique  les  reproductions  en  différentes  couleurs . 63S 

Anvers  maritime,  présentation  par  M.  Spilthoorn . 639 

Séance  du  6  octobre  1898. 

Concours  des  régates  d’Anvers.  —  Décès  du  lieutenant  général 
van  Eeehout.  —  Épreuves  en  couleurs  de  MM.  Mathieu-Dery. 

—  Causerie  de  M.  de  Nobele  sur  l’identification  anthropomé¬ 


trique  . 639 

Papier  résine.  —  Projections.  —  Jeton  de  présence . 640 

Séance  du  3  novembre  1898. 

Envois  de  M.  Van  Neck.  —  Concours  Suter.  —  Plaques 
«  Vitroses  » . 695 


La  photographie  en  couleurs;  causerie  de  M.  L.  Declercq.  — 
Épreuves  en  couleurs  par  le  procédé  Dugardin.  —  Le  chromo- 
toscope.  —  Développement  après  fixage.  —  Jeton  de  présence.  696 

Section  de  Liège. 


Séance  du  26  novembre  1897. 

Album  international  des  Sociétés  photographiques.  —  Félicita¬ 
tions  à  M.  Marissiaux.  —  Présentations  de  membres.  ...  26 

Causerie  par  M.  O.  Loiseau  sur  la  microphotographie  ....  27 

Séance  du  10  décembre  1897. 

Décès  de  M.  Achille  Sacré.  —  Hommage . 27 

Présentation  de  membres.  —  Causerie  de  M.  O.  Loiseau  sur  la 
microphotographie . 28 


—  743  — 


PAGES. 

Séance  du  17  décembre  1897. 

Concours  de  diapositives.  —  Changement  de  local  et  achat  d’un 
appareil  de  projections . * . 91 

Démonstration  du  papier  Velox.  —  Papier  négatif  de  Moh.  — 
Projections . 92 

Séance  du  14  janvier  1898. 

Exposition  de  l’Association.  — Remerciements.  —  Papiers  Eclair 
et  Velox.  —  Folding  Pocket- Kodak.  —  Présentations  de 
membres.  —  Essai  de  lanterne  de  projections . 93 

Séance  du  28  janvier  1898. 

Fêtes  jubilaires  de  l’Association.  —  Changement  du  jour  des 
réunions.  —  Comité  chargé  du  fonctionnement  de  la  lanterne. 

—  Acquisition  pour  la  bibliothèque . 174 

Présentation  d’un  membre.  —  Démonstration  du  développement 
physique  des  papiers  à  noircissement  direct.  —  Epreuves 
radiographiques.  .  175 


Séance  du  8  février  1898. 

Catalogue  de  la  bibliothèque  . . 175 

Exposition  de  l’Association.  —  Séance  annuelle  de  projections. 

—  Projections.  —  Concours  de  diapositives.  —  Bibliothèque. 

—  Présentation  d’un  membre . 17<» 

Séance  du  15  février  1898. 

Correspondance.  —  Traductions  de  M.  Hassreidter. —  La  gomme 

bichromatée  ...  ....  ' . 924 

Concours  de  diapositives . 925 

Séance  du  8  mars  1898. 

Concours  de  diapositives.  —  Séance  publique  de  projections .  .  325 

Conférence  de  M.  Marissiaux  :  «  Comment  un  artiste  photo¬ 
graphe  peut  être  un  photographe  artiste.  « . 520 

‘197 

Projections . 

Séance  du  22  mars  1898. 

Lanterne  de  projections. —  Causerie  de  M.  Fredericq,  professeur 

de  philosophie  à  l’Université,  sur  les  crustacés . 327 

Bibliothèque.  —  Le  Chromoscope . 928 

Séance  du  5  avril  1898. 

Fêtes  du  25e  anniversaire.  —  Causerie  de  M.  le  professeur  Nuel 
sur  les  couleurs . 928 


Séance  du  26  avril  1898 

Remerciements.  —  Soirée  de  projections.  —  Fêtes  jubilaires  .  427 

Excursion.  —  Présentations  démembres.  —  Jeton  de  présence. 

.  49c 

—  Projections . 


—  744 


PAGES. 

Séance  du  10  mai  1808. 

Soirée  publique  de  projections.  —  Conférence  de  M.  Bourgeois.  429 

Séance  du  24  mai  1898. 

Remerciements.  —  Fêtes  jubilaires.  —  Exposition  des  œuvres 
des  membres  du  Photo-Club  de  Paris  et  de  la  Société  de  Ham¬ 
bourg.  —  Excursion  annuelle . 430 

Situation  financière.  —  Discours  de  M.  Roland,  président  sor¬ 
tant.  —  Election  d’un  vice-président.  —  Présentation  d’un 
membre.  — Jeton  de  présence . 431 

Séance  du  11  octobre  1898. 

Remerciements  à  M.  Léon  Roland,  président  sortant.  —  Expo¬ 
sition  d’art  photographique . (341 

Programme  des  séances.  —  Budget.  —  Fixation  du  jour  des 
séances.  — Jeton  de  présence  au  commissaire  délégué  auprès 
du  conseil  d’administration.  — Pellicules  Vitroses . G42 

Halo.  Double  développement.  —  Épreuves  de  M.  Marissiaux. 
Présentations  de  membres . 643 

Section  de  Louvain. 

Séance  du  17  novembre  1897. 

Renouvellement  du  bureau . 29 

Concours  d’illustrations.  —  Jeton  de  présence.  —  Présentation 
d’un  membre.  —  Excursions . 30 

Séance  du  15  décembre  1897. 

Démission.  —  Demande  de  congé.  —  Causeries . 95 

Excursions  photographiques.  —  Radiographie.  —  Jeton  de  pré¬ 
sence. —  Papiers  Velox  et  Eleclric. —  Plaques  Jougla.  —  Por¬ 
trait  du  P.  Van  Tricht . cjq 

Séance  du  5  janvier  1898. 

Album  international  des  Sociétés  photographiques. — Hommage. 

— Développement  des  papiers  par  noircissement  direct. — Pho¬ 
tographies  d’étincelles  électriques.  —  Diapositives  Bernaert. 


—  Papier  Éclair. — Jeton  de  présence .  ...  98 

Séance  du  G  avril  1898. 

Local  de  la  Section . 330 

Fêtes  du  25e  anniversaire.  —  Remerciements.  —  Causeries  .  .  331 

Œuvre  de  bienfaisance.  —  Collaboration  de  la  Section  ....  562 
Séance  de  projections  du  22  septembre  1898 .  563 

Séance  du  4  novembre  1898. 

Concours  de  vacances . 644 


745 


PAGES. 

Organisation  d’un  nouveau  concours . 645 

Concours  Suter.  —  Photographie  des  couleurs . 646 

Section  de  Namur. 

Séance  du  1er  décembre  1897. 

Séance  de  projections.  —  Papier  Volox . 99 

Séance  du  15  décembre  1897. 

Hommages.  —  Développateur  Orthol.  —  Comptes  de  l’exercice 
1897.  —  Élection  du  bureau . 100 

Séance  du  5  janvier  1898. 

Papier  Éclair.  —  Épreuves  de  M.  Rousseau.  —  Papier  Electric.  177 
Séance  du  2  février  1898. 

Remerciements.  —  Soirée  de  projections  du  21  janvier.  — 
Épreuves  sur  papier  Elliott  and  Sons.  —  Plaques  Sandell.  — 
Papier  Barnett . 178 

Séance  du  5  octobre  1898. 

Plaques  «  Noir  et  Blanc  »,  épreuves  de  M.  Jossart.  —  Projections 
à  la  lumière  de  l’acétylène . 647 

Résumés  des  journaux  étrangers 

Amateur  Photographe  de  Saint-Pétersbourg. 

N°  1.  —  Une  méthode  de  préparation  des  plaques  diapositives  .  217 

N°  7.  —  Impression . 217 

N°  9.  —  Nouveau  virage  fixage . * . 217 

American  Amateur  Photographer. 

N°  12.  —  Un  nouveau  venu . 144 

Anthony’s  Photographie  Bulletin. 

N°  4.  —  Traits  noirs  sur  papier  blanc . 144 

N°  7.  —  Tubes  de  Crookes . 145 

N°  3. — Une  nouvelle  méthode  pour  éliminer  l’hyposulfite  de 
soude  contenu  dans  les  phototypes.  —  Teinte  rouge 

sanguine . 460 

N°  8.  —  Renforçage  au  sel  de  plomb  pour  phototypes  au  trait.  723 
N"  9.  —  Reproduction  de  photocopies  altérées  sur  albumine  ou 
celloïdine . 723 

British  Journal  of  Photography. 

Nu  1913.  —  Nuages,  filtre-écran . 57 

N°  1915.  — Virage  au  platine . 57 


—  74fi  — 


PAGFS. 

N°  1918.  —  Renforçage . 57 

N°  1922.  —  Virage  rouge . 58 

N°  1923.  —  Halo . .  .  58 

Écrans  jaunes.  —  Essai  du  sulfite  de  soude.  —  Éti¬ 
quettes  pour  flacons . 59 

N°  1924.  —  Clichés  jaunes  pour  renforçage  au  bichlorure  de 

mercure . 59 

N°  1925.  —  Écran  jaune . 59 

N°  1927.  —  Noir  pour  cuivre . GO 

N°  1929.  —  Neutralité.  —  Aluminium  noirci.  —  Urane,  renfor¬ 
çage . 60 

N°  1939.  —  Procédé  Artigue . 60 

N°  1944.  —  Halo . _ . 60 

N°  1946.  — Halo.  —  Collodion  anti-halo.  — Éliminateur  d’hypo- 

sulfite .  ...  61 

N°  1947.  —  Renforçage  à  l'argent . 61 

Noir  pour  fer  et  pour  acier.  —  Développateur  sec.  .  62 

N°  1948. — Nouvel  objectif  G oerz . 62 

N°  1951.  —  Papier  albuminé . 62 

N°  1959.  —  Orthol.  —  Vernis . 210 

N°  1959.  —  Bouquet  de  virages . 212 

Caméra  Notes. 

N°  3.  —  Caméra  Notes . 143 

N°  1.  —  Diapositives  à  projections . 605 

Une  nouvelle  méthode  de  développement . 606 

Das  Atelier  des  Photographe^. 

N°  455.  —  Développement  lent . 60S 

Der  Amateur  Photograph. 

N°  131. — Encre  indélébile  pour  écrire  sur  verre.  —  Neige 

comme  réflecteur . 216 

N°  139.  —  Développateur  pour  le  voyage . 550 

Journal  russe  de  photographie  de  Saint-Pétersbourg. 

Nosl,2,4.  —  Prime.  —  Photographie  stéréoscopique.  —  Illus¬ 
tration  . 218 

Photographisches  Centralbiatt. 

N°  16.  —  Chlorure  d’or .  . 673 

Photographische  Chronik. 

L’emploi  de  la  lanoline  en  photographie . 610 

Photographische  Correspondenz. 

N°  450.  —  L’Aristocope  stéréoscopique . 454 


—  747  — 


PAGES. 

Photographie  au  magnésium  avec  plaques  orthochro¬ 
matiques  . 456 

Le  triple  anastigmat . 456 

N°  455.  —  Éclair  magnésique . 607 

Photographische  Mittheilungen. 

N°  21. —  Développement  à  l’acétone  ou  à  l’aldéhyde  ....  456 

N°  6.  —  Les  couleurs  par  le  procédé  Chassagne . 550 

N°  24.  —  Virage  des  papiers  à  la  celloïdine . 456 

N°  2.  —  La  Ve  exposition  d’art,  à  Hambourg.  —  Statistique  .  .  457 

N°  8.  —  Cartes  postales  platinotypiques . 608 

N°  10.  —  Obturateur  à  rideau . 608 

Photographische  Rundschau. 

Décembre  1897.  —  Nuages.  —  Diapositives  aux  tons  pourpres  .  216 

Diapositives  bleues . 217 

Février  1898.  —  Effluviographie.  —  Images  produites  par  diffé¬ 
rences  de  température . 454 

Photographisches  Wochenblatt. 

N°  23.  —  En  avant,  le  procédé  à  l’albumine . 550 

No  39.  _  Préparation  de  cartes  postales  sensibilisées  ....  674 

Photography. 

N°  469.  —  Projections . 140 

No  473.  _  H.  P.  Robinson  et  le  Linked  Ring . 141 

No  475.  _  Effets  de  soleil  dans  les  diapositives . 141 

N°  467.  —  Lippmann . 142 

N°  478.  -  Photographies  métalliques . 142 

No  490.  —  Influence  des  substances  organiques  et  métalliques 

sur  la  plaque  sensible . 45S 

No  494.  _  Plaque  tixée  et  développée  ensuite . 459 

No  502.  —  Renforcement  des  épreuves  au  platine . 601 

No  503.  —  Le  grain  du  bromure  d’argent . 001 

Verre  ou  celluloïd . 002 

N°  511.  —  Photographie  d’éclairs . (,02 

N°  512.  —  Platinotypie . 002 

N°  513.  —  Le  développement  en  temps  chaud . 603 

No  sis.  —  Éclairage  de  la  chambre  noire . 003 

No  523.  —  Persulfate  d’ammoniaque . ‘21 

Praktischer  Rathgeber. 

No  22.  —  Un  amateur  qui  lâche  la  musique  et  la  chasse  pour  la 

photographie . '05 

N»  15.  —  Temps  d’exposition . 009 


—  748  — 

PAGES. 

Saint-Louis  and  Canadian  Photographer. 

N°  10.  —  Photographie  en  couleurs . "122 

N°  11.  —  Agrandissements . 144 

The  Amateur  Photographer. 

N°  0S3.  —  F.  R.  P.  S.  et  F.  R.  C.  S . 142 

N°  0S6.  —  Renforçateur  pour  diapositives . 142 

N°  G92.  —  Photographie  au  clair  de  lune.  —  Platine . 20S 

N°  693.  —  Orthol . 208 

N°  697.  —  Révélateur  pour  positives  à  projection . 209 

N°  700.  —  Impression  double  de  nuages . 457 

N°  703.  —  Gomme  bichromatée . 458 

N°  707.  —  La  Lanoline . 458 

N°  708.  —  Deux  diaphragmes.  .  458 

N°  712.  —  Virage  des  épreuves  au  bromure . 606 

N°  718.  —  Renforcement  des  épreuves  au  platine . 606 

N°  733.  —  Révélateurs  pour  diapositives . 721 

The  Photogram. 

No  48.  —  Photographie  de  poissons  vivants . 139 

N°  55.  —  Transport  d’appareil  photographique  à  bicyclette  .  .  604 

The  Photographie  Journal. 

N°  2.  Négatifs  renversés . 209 

The  Practical  Photographer. 

N°  99.  —  Conseils  aux  portraitistes . 139 

N°  97.  —  L’éclairage  de  l’atelier.  -  Temps  de  pose . 140 

N°  100.  -  Frank  M.  Sutcliffe . 459 

N°  104.  —  Photographie  des  nuages . 604 

N°  105.  —  Association  belge  . . 605 

Wiener  freie  Photographen  Zeitung. 

N°  9.  —  Agrandissements  sur  papier  au  bromure . 673 

Wiener  Photographische  Blatter. 

Octobre  1897.  —  Renforcement  des  platinotypies . 213 

Septembre  1897.  —  Copies  par  contact  sur  papier  au  gélatino¬ 
bromure  . 213 

Décembre  1897.  —  Sur  l’efficacité  des  écrans  rouges  pour  lan¬ 
ternes  de  chambres  noires . 215 

Janvier  1S9S.  —  Glycine  pour  diapositives . 453 

Février  1898.  —  Photographie  maritime . 453 

Wilson’s  Photographie  Magazine. 

N°  486.  —  Pour  s’assurer  de  la  valeur  réelle  des  couleurs  dans 

les  photographies  de  paysages . 145 


—  749 


TAGE3. 


N°  488.  —  Le  gaz  acétylène  pour  le  portrait . 14G 

L’acide  citrique  comme  retardateur . 147 

N"  491.  —  Méthode  pour  rendre  les  bouchons  en  liège  imper¬ 
méables  aux  vapeurs . . 293 

N°  493.  —  Un  bon  vernis  pour  phototypes  ne  se  fendillant  pas. 

—  Les  rayons  lunaires  comparés  aux  rayons  X  .  .  293 

N°  495.  —  Orthol . 460 

N°  496.  —  Développement  et  fixage  simultanés . 724 

N°  501.  —  Une  invention  nouvelle . 724 

N°  502.  —  Halo.  —  Plaques  surexposées . 725 


53 


LISTE  ALPHABÉTIQUE 

DES  NOMS  D’AUTEURS  CITÉS 


PAGES. 

Abney  (cap.  W.  de  W.)  .  .  .  654,  666 

Andresen  (M.) . 123 

Baekeland  (L.)  .  .  .  .  117  ,  405,  716 

Beck  (J.) . 659 

Blanc  (A.) . .120 

Casier  (J.) . 10 

Colson  (cap.  R.)  .  .  .  511,  514,  518 

Coupé  (abbé  J.),  procès-verbaux.  23 

Declercq  (D.) . 46 

Résumés  : 

B.  J.  P . 57,  210 

A.  P . 208 

P.  J. . 209 

Demachy  (R.) . 105 


De  Nobele  (D1),  procès-verbaux.  89, 
171,  268,  424,  425, 
636,  638,  639,  695 

de  Schokalsky  (colonel). 

Résumés  : 


A.  P.  S.  P . 217 

J.  P.  P . 218 

Drouin  (F.) .  53,  508 


Dupont  (Ch.),  procès-verbaux.  26,  27, 
91,  92,  174,  175,  324,  325, 
327,  32S,  427,  428,  429,  641 
Falion  (J.),  procès-verbaux.  99,  100, 

177,  647 

Gaedicke  (J.) . 593 


PAGES. 

Goderus  (A.) . 68 

Hassreidter  (V.) 

Traductions.  .  .  38,  123, 136, 
290,  581,  659 

Résumés  : 


W.  P.  B . 

213,  453 

P.  R . 

215.  609 

A.  P . 

P.  Rd . 

216,  454 

Ph.C . 

454,  607 

Ph.  M.  .  . 

456,  608 

At.  Ph . 

.  .  608 

Ph.  Chr . 

.  610 

W.  F.  Ph.  Z.  ...  . 

.  673 

Ph.  C.  B.  ... 

Ph.  W.  .... 

.  674 

Ickx  (R.),  procès-verbaux  .  . 

.  265, 

266, 

493,  494 

Juhl  (Er.) . 

.  31 

Keusters  (L.),  procès-verbaux. 

.  13, 

83,  164 

Lambert  (Rév.E.-C.)  .  .  . 

577,  584 

Lannoy  (P.),  procès-verbal 

Leirens  (A.) 

.  627 

Résumés  : 

A.  P.  B . 144, 

460,  723 

W.  P.  M.  .  145,  293, 

460,  724 

Liesegang  (R.-Ed.) . 

.  290 

751  — 


PAGES. 

Lumière  (A.  et  L.) . 445 

Lumière  frères  et  Seyewetz  .  .  .111, 

200,  441,  706 

Maes(J.).  .  • . 68 

Manierre  (Ch.-E.) . 544 

Marissiaux  (G.) . 270 

Masson  (Ch.) . 662 

Mercier  (P.) . 649 

Miethe  (A.) . 581 

Monpillard  (M.) . 523 

Neuhauss  (Dr) . 570 

Olivier  (Et.) . .  712 

Packham  (J.) . 182 

Pavard  (commandant  L.)  .  .  .  563 

Puttemans  (Ch.).  .  .  .  67,154,155, 


226,  227,  286,  298,  368, 
412,  475,  496,  505,  541,  . 
547,  556,  618,  679,  731 


Traduction . 577 

Roland  (L.) .  476,  697 

Rousseau  (R.) . 41 

Rutot  (A.)  .  .  179,  3l9,  321,  364,  413 

Schrank  (L.) . 136 

Seyewetz  et  Lumière  frères  .  .  .  111, 


200,  441,  706 


PAGES 

Stadeler  (E.),  procès-verbaux  .  .  15, 

17,  21,  85,  87,  166, 
167,  169,  314,  315, 
317,  419,  421,  487, 
489,  629,  631,  692 
Stalpaert  (abbé  E.),  procès-ver¬ 


baux.  .  29,  95,  97,  330,  562,  644 

Sulzberger  (M.) . 372 

Van  den  Bergen-Dries  (A.)  .  .  .  399 

Vanderkindere  (M.)  .  .  203,  43S,  447 

Procès-verbaux  .  .  303,  333, 

335,  685 

Rapport . 306 

Traductions.  .  .  .  182,  194, 

432,  565,  573,  5S4,  654 

Résumés  : 

Phm .  139,  604 

P.  P .  139,  459,  604 

Ph.  ■  .  .  .  140,  458,  601,  721 

A.  P.  .  .  .  142,  457,  606,  721 

C.  N. .  143,  605 

S.  L.  C.  P .  144,  722 

A.  A.  P . 144 

Watkins  (A.) . 104 

Welford  (W.-D.)  ....  432,  565 


ILLUSTRATIONS 


1.  Phototype  R.  Pauli,  photogravure  J.  Malvaux .  1 

2.  —  G.  Servaes,  phototypographie  J.  Malvaux . 73 

—  Langili,  impression  sur  papier  «  Velox  » . 73 

3.  —  A.  Degryse,  phototypographie  J.  Malvaux . 159 

—  V.  Selb,  phototypographie  J.  Malvaux . 159 

4.  —  R.  Ickx,  photogravure  Blechinger  et  Leykauf . 231 

5-6.  —  R. -H.  Furman,  impression  sur  papier  «  Yelox  ».  .  .  301 

—  R.  Rousseau,  phototypographie  F.  Dricot . 301 

7.  —  E.  Fraeys,  phototypographie  J.  Malvaux . 417 

—  Alex.  Allan,  phototypographie  J.  Malvaux . 417 

8-9.  —  R.  Ickx,  phototypographie  J.  Malvaux . 4S5 

—  G.  Einbeck,  phototypographie  J.  Malvaux . 485 

—  Aston  W.  Smedley,  phototypographie  J.  Malvaux  ....  516 

10.  —  M.  Vanderkindere,  photogravure  Blechinger  et  Leykauf .  .  561 

U.  —  H.-M.  Gehrkens,  phototypographie  J.  Malvaux . 625 

—  J.  Casier,  phototypographie  J.  Malvaux  .......  625 

12.  —  C.  Puyo,  phototypographie  J.  Malvaux . 683 

—  K.  Greger,  phototypographie  J.  Malvaux . 6S3 


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THE  GETTY  CENTER 


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